Aller au contenu principal

Béret vert contre béret rouge

by sur 9 février 2013

J’ai longtemps hésité à mettre ce dossier en ligne car j’ai pensé, à plusieurs reprises, que les choses allaient rentrer dans l’ordre. Ce n’est pas le cas.

Vous lirez donc ci-dessous, les rebondissements de la guerre entre bérets verts et bérets rouges, l’armée de terre contre les paracommandos.

Si un tiers des bérets rouges a accepté de rejoindre les affectations proposées dans d’autres régiments, acceptant ainsi de se « fondre » dans l’armée, la libération de 29 bérets rouges par le Procureur général (internés après le contre coup d’Etat de la fin avril) a provoqué l’ire des bérets verts du capitaine Sanogo, dont le principal boulot est de veiller à la sécurité de leur chef confortablement installé dans sa villa au sein du camp de Kati, à 18 km au nord de Bamako, tandis que d’autres soldats sont au combat.

Les bérets rouges ont alors décidé de fêter ces libérations avec éclat, au sein du camp du 33ème régiment de paracommandos dans le quartier de Djikoroni à Bamako, demandant à être réarmés pour partir au front sous leurs couleurs, puisqu’officiellement le régiment de paracommandos n’a toujours pas été dissoud….

Ce qui n’a pas plu du tout au chef d’état-major des armées qui s’est empressé de le faire savoir à la télévision. 24h plus tard, au petit matin, bérets verts, gendarmes et gardes nationaux attaquaient le camp, tuant deux adolescents et blessant une vingtaine de personnes dont plusieurs enfants.

Le président et la presse unanime se sont empressés de dénoncer cette action qui discrédite encore un peu plus une armée malienne déjà bien affaiblie.

Encore n’a-t-on pas fait la lumière sur la « disparition » de 21 bérets rouges après leur arrestation par « les hommes de Kati ».

Béret vert contre béret rouge, ce n’est pas nouveau. N’est-ce pas un béret rouge, le lieutenant parachutiste colonel Amadou Toumani Touré, un béret rouge, qui a destitué le Général Moussa Traoré, chef de l’Etat, un béret vert, en mars 1991 ?

Depuis, sous ATT comme sou Alpha Oumar Konaré son prédécesseur à la présidence, c’est en permanence le bataillon de bérets rouges qui a veillé sur la sécurité présidentielle, recevant les meilleurs armemements, et vivant dans le camp de Djikoroni, qui est souvent apparu comme un état dans l’état de l’armée malienne…

On n’en sort pas.

Divisions au sein de l’armée

« Je vous demande d’arrêter définitivement ces affrontements répétés au sein de l’armée malienne qui doit tout faire pour se ressaisir et se hisser à hauteur de mission », a déclaré vendredi soir Dioncounda Traoré, lors d’une allocution empreinte de gravité à la télévision publique ORTM. Le président malien a précisé que le Premier Ministre Diango Cissoko recevrait lundi les représentants des Bérets rouges « pour trouver une solution définitive à cette crise ».

Cette attaque, qui illustre les divisions au sein de l’armée malienne laminée par les groupes islamistes armés et les rebelles touareg en 2012, a été motivée par le refus des Bérets rouges de quitter leur camp à Bamako et d’être réaffectés dans d’autres unités pour aller combattre les islamistes dans le Nord. Les Bérets rouges sont les membres du Régiment des commandos parachutistes, un corps d’élite de l’armée malienne jusqu’au coup d’Etat ayant renversé, le 22 mars 2012, le président Amadou Toumani Touré, un ancien de cette unité.

Fin avril 2012, les Bérets rouges avaient vainement tenté de reprendre le pouvoir après le coup d’Etat mené par les hommes du capitaine Amadou Haya Sanogo, membres d’un autre corps d’armée, les Bérets verts. L’attaque a coïncidé avec l’arrivée à Bamako d’un premier contingent de 70 militaires européens, chargés de former l’armée malienne, qui est « en état de délabrement avancé », selon le général français François Lecointre, qui dirige la mission de l’Union européenne.

 

Affrontement au camp Para, la Maison de la presse condamme.

Par Makan KONE – 08/02/2013

Suite aux coups de feu tirés ce vendredi matin au camp Para, le corps de la presse condamne avec la dernière vigueur, dans ce communiqué, la brouille entre frères d’armes.

Les populations du quartier de l’ACI 2000, à l’ouest de Bamako, ont été réveillé tôt ce matin par des coups de feu nourris, entendus et émanant de plusieurs membres des forces de défense et de sécurité malienne, principalement des militaires, postés à l’intérieur et tout autour du camp dit des commandos parachutistes de Djikoroni.

Ces coups de feu sont le prolongement de la discorde qui prévaut depuis le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012, entre frères d’armes, repartis en la circonstance, entre bérets verts et rouges. Cet incident vient mettre au grand jour, la forte et dangereuse tension qui prévaut au sein de l’armée nationale, désormais disloquée, clanique et poursuivant par ce genre de comportement bien d’autres objectifs que celui de la libération du territoire national, malheureusement laissé à d’autres.

Avant même que des responsabilités évidentes soient situées à la suite de cet incident et que des sanctions fermes soient prises, il paraît indéniable d’en appeler aujourd’hui à la responsabilité première du chef suprême des armées qu’est Monsieur le Président de la République par intérim.

Le peuple du Mali ne saurait plus longtemps accepter ni tolérer ces graves dérapages qui viennent troubler l’ordre et la sécurité publics, par le fait innaceptable de ceux-là mêmes qui sont chargés de les préserver.

L’honneur et la dignité militaires commandent plutôt une réelle prise de conscience nationale de l’ensemble des forces de l’ordre, de sécurité et de défense, mais aussi, un engagement plus net dans cette dynamique de reconquête du territoire national et de retour de la paix dans notre pays.

Seul ces objectifs valent et rien d’autres.

A travers la présente, la Maison de la Presse :

    • condamne avec la dernière énergie les actes de trouble à l’ordre public ;
    • exigeons l’ouverture immédiate d’une enquête ;
    • exigeons que les personnes mises en cause soient déférées devant la justice ;
    • demandons à Monsieur le Président de la République et au Gouvernement d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens durant ces période d’état d’urgence ;
    • en appelle au sens élevé du devoir civique et citoyen de tous

Makan Koné – Président de la Maison de la Presse du Mali

 

Camp Para de Djicoroni-Para : Un mort et des blessés

Par Moussa CAMARA avec AFP – 08/02/2013

La population de Djicoroni-Para s’est réveillée ce vendredi sous les coups de feu en provenance du camp des commandos paras.

C’est la panique dans le quartier déjà échaudé par l’épisode du contre coup d’Etat manqué des bérets rouges. Tous les établissements scolaires ont libéré les élèves et beaucoup de boutiques ont fermé au marché. Difficile de s’approcher des lieux. Les gens forment des petits groupes dans les rues pour deviser sur la situation. 

Selon un habitant du camp-para qu’on a pu joindre au téléphone, les coups de feu seraient tirés par des bérets verts et des gardes et des gendarmes qui ont investi le camp depuis 5 heures à l’aube pour empêcher un rassemblement prévu par les bérets rouges ce matin. « Ils ont tiré dans le camp, fait des tirs de sommation. Ensuite, un jeune de 18 ans aurait été tué par balle. On dénombre cinq femmes et une dizaine d’enfants blessés par balle », a indiqué notre interlocuteur, médecin de son état.

Au moment de le joindre, il était en train apporter les premiers soins aux blessés pour, dit-il, arrêter l’hémorragie. En guise de représailles, des jeunes du camp s’agitent pour faire la peau à des militaires coincés dans certains bureaux.

L’attaque du camp militaire est liée à la déclaration à la télévision nationale du chef d’état-major des armées, a affirmé le soldat Bouaré.

Intervenant en début de semaine à l’ORTM (télévision nationale), le général Tahirou Dembélé, chef d’état-major, avait fait part de sa volonté d’envoyer les Bérets rouges au front combattre aux côtés des soldats français les groupes islamistes armés qui avaient occupé le nord du pays en 2012.

Comme on a le problème du Nord sur les bras, vous allez combattre auprès de vos autres frères d’armes, avait déclaré le général à la télévision, à l’issue d’un entretien avec le commandement des Bérets rouges. Après cet entretien on a pris toutes les dispositions pour les affecter dans leur régiment, avait-il ajouté.

Bien que l’unité d’élite des Bérets rouges n’ait pas été officiellement dissoute, le général Dembélé avait déclaré avoir décidé de réaffecter ses membres dans d’autres unités, parce que si vous êtes à Bamako on fera toujours face aux mêmes problèmes.

Tout le monde n’a pas rejoint son unité d’affectation (…) il y en a 417 qui ont rejoint leur unité d’affectation. Mais il y a une partie à Bamako qui refuse d’obéir à leurs autorités. Ils ont pris l’habitude de se réunir au camp. On a donc pris la décision de dégager les éléments qui vont se rassembler., avait-il ajouté.

Hormis les 417 Bérets rouges affectés en dehors de Bamako, environ 800 se trouvent toujours dans la capitale malienne, mais le gros de leur armement leur a été confisqué, indique-t-on de source militaire.

Fin avril 2012, les Bérets rouges avaient vainement tenté de reprendre le pouvoir après le coup d’Etat du 21 mars ayant renversé le président Toumani Touré, mené par les hommes du capitaine Amadou Haya Sanogo, membres d’un autre corps d’armée, les Bérets verts.

Les combats entre les deux unités avaient fait une vingtaine de morts.

 

Après un rassemblement des bérets rouges au camp para malgré l’état d’urgence : Le chef d’état-major général des armées menace de sévir contre les agitateurs

Moussa SIDIBE – L’Independant – 2013-02-06 – 15h

Après un rassemblement des bérets rouges au camp para malgré l’état d’urgence : Le chef d’état-major général des armées menace de sévir contre les agitateurs

Dans un entretien accordé à l’ORTM, le chef d’Etat-major général des armées, le Général de brigade Ibrahima Dahirou Dembélé, n’est pas allé de main morte pour menacer les militaires qui ont «défié l’état d’urgence». Il a affirmé que ces militaires, en agissant ainsi ont violé la discipline militaire.  Une situation qu’il ne saurait tolérer, a-t-il fait savoir. Cette sortie du Général Dembélé fait suite à un rassemblement du régiment des commandos parachutistes, le jeudi 31 janvier, pour fêter la libération de certains des leurs et demander leur participation à la reconquête du nord.

Dans cet entretien, Ibrahima Dahirou Dembélé a fait le récit des événements du 30 avril au 1er mai 2012. Le chef d’Etat-major a affirmé que depuis son arrivée, il a manifesté son désir de travailler avec le 33è régiment des commandos parachutistes de Djicoroni. Mais, à sa grande surprise, cette unité a attaqué l’ORTM et l’aéroport en tuant les éléments qui se trouvaient sur les lieux. C’est à cette date, poursuit-il, que le ministre de la Défense a pris la décision de convoquer tous les éléments de cette unité à se présenter à la gendarmerie.

Ibrahima Dahirou Dembélé a déclaré qu’avec l’ensemble des chefs d’Etat-major, il a discuté avec les éléments de ce régiment. Ils ont décidé de les réaffecter dans leurs unités d’origine en prenant toutes les dispositions nécessaires. Il a soutenu que cette décision a pour objectif de sécuriser la ville de Bamako. Il ne s’agissait pas d’une dissolution du régiment, mais plutôt de s’attaquer à l’urgence, c’est-à-dire la libération des régions du nord. Cette décision n’a pas eu  l’accord de tous, a précisé le chef d’Etat-major. Qui déplore que seulement 417 éléments ont accepté de rejoindre l’armée.

Parmi ceux-ci un grand nombre se trouve sur le front. Ceux qui ont refusé de rejoindre leur unité ont pris l’habitude de se regrouper à l’intérieur du camp des commandos parachutistes. C’est pourquoi, a-t-il fait savoir, une décision a été prise pour dégager ces éléments.  Ce regroupement au sein du camp, constate le général Dembélé est une violation de l’état d’urgence décrété par le président de la république mais c’est aussi une atteinte grave à la hiérarchie militaire. Laquelle n’a pas donné son autorisation pour un tel rassemblement. Il a mis en garde  ceux qui sont à la base de cette indiscipline en réaffirmant que des mesures seront prises pour les sanctionner.

Le ministre de la Défense, les chefs-d’Etat major des armées, les directeurs généraux et les partenaires du Mali, notamment le commandant de l’opération Serval, sont tous d’accord pour que les militaires qui ont violé l’état d’urgence soient réprimandés.

Rappelons que vingt-huit militaires et policiers, arrêtés en 2012 dans le cadre de l’enquête sur l’affaire dite des bérets rouges, ont été relâchés mercredi 30 janvier.

Pour fêter cette libération, un rassemblement a été organisé jeudi 31 janvier au camp para de Djicoroni pour demander aussi la participation des bérets rouges aux opérations dans le Nord.

Depuis le coup de force du 30 avril au 1er mai 2012, la rupture est consommée entre les bérets rouges  et les bérets verts du capitaine Sanogo. Le chef de l’ex-junte avait même annoncé la dissolution pure et simple de l’unité.

 

Affaire dite des « bérets rouges » : La sortie mal-à-propos du chef d’état-major des armées

Bréhima Sidibé – L’Indicateur du Renouveau  du   6 fév 2013

L’ORTM a diffusé lundi soir un entretien avec le chef d’état-major des armées du Mali, le général Ibrahim Dahirou Dembélé. L’entretien était relatif au malaise qui couve visiblement encore au sein de la « Grande muette » depuis les malheureux événements du 30 avril 2012. La délicatesse du sujet et le contexte dans lequel il intervient, justifient-ils l’expression de « gêne » perceptible sur le visage du Céma et que les téléspectateurs n’ont pas manqué de remarquer ? Y avait-il donc une quelconque urgence à cette « mise au point » ?

Pour de nombreux observateurs, la sortie médiatique du Céma, lundi soir, n’était pas opportune surtout à une période si cruciale dans la vie de notre pays en tant que nation. En tout cas, l’élément, dont un extrait avait passé d’abord dans le JT de 20 heures, a fait l’objet d’une diffusion intégrale par la suite. Pourquoi ?

Beaucoup de compatriotes se posent la question sur le bien-fondé d’une telle initiative à un moment où notre armée nationale a besoin d’une totale sérénité et de l’ensemble des ressources disponibles pour mener à bien la mission dans laquelle elle est engagée aux côtés d’autres forces pour reconquérir la partie du territoire annexée et occupée depuis plus d’un an par des forces négatives et rétrogrades.

Pour rappel, une mutinerie des éléments de la garnison militaire de Kati, conduite par le capitaine Amadou Haya Sanogo, a abouti au coup d’Etat du 22 mars 2012 renversant ainsi le régime d’Amadou Toumani Touré à quelques jours de la fin de son second et dernier mandat.

Le mécontentement de la troupe suite aux difficultés rencontrées par l’armée nationale face aux rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et autres mouvements terroristes dans le Nord du pays depuis le 17 janvier 2012, a servi de prétexte aux mutins pour prendre le pouvoir. Lire autres articles sur maliweb.net. Un Comité militaire dit de redressement de la démocratie et de restauration de l’Etat (CNRDRE) a suspendu toutes les institutions républicaines et s’est octroyé les pleins pouvoirs pour « donner les moyens à l’armée afin de laver l’affront et l’humiliation subie par les défaites successives devant l’ennemi ».

Une fois le coup d’Etat consommé, le climat sociopolitique s’est rapidement détérioré. Le consensus qui avait jusque-là prévalu dans la classe politique par rapport à la gestion des affaires publiques a fait place à un antagonisme exacerbé entre « pro-putschistes » et « anti-putschistes ».

En plus de la condamnation unanime de la communauté internationale, le coup d’Etat du 22 mars a contribué à accélérer l’occupation des 2/3 du territoire national par les bandits armés, les terroristes, les narcotrafiquants et les djihadistes de tous bords. Les menaces de sanctions de la Cédéao et l’arrêt de toute forme de coopération à l’exception de l’assistance humanitaire, par les partenaires techniques et financiers, ont largement contribué à polluer davantage le climat déjà assez délétère à l’intérieur du pays.

C’est dans un contexte aussi tendu qu’est survenue une tentative de contrecoup d’Etat dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2012. Elle a été attribuée aux éléments du 33e Régiment des commandos parachutistes de Djicoroni. Cette tentative de contre coup a été perçue par beaucoup d’observateurs comme une autre manifestation de la rivalité longtemps entretenue, à tort ou à raison, entre certains corps de l’armée nationale.

Comme il fallait s’y attendre, les opérations ont causé des pertes en vies humaines et les représailles qui ont suivi ont également été d’une extrême violence contre les auteurs et tous ceux qui étaient perçus comme « complices » dans la tentative de contre coup. Des organisations de défense des droits de l’Homme ont protesté contre ce qu’elles ont qualifié d’arrestations et d’exécutions extrajudiciaires, de pires formes de tortures et d’atteintes graves aux droits les plus élémentaires de l’homme.

La justice s’est saisie du dossier et depuis lors les enquêtes se poursuivent pour faire toute la lumière sur ces malheureux événements de tristes souvenirs pour le peuple malien. Récemment, le juge d’instruction en charge du dossier a ordonné la mise en liberté provisoire de certaines personnes détenues à ce sujet. Ils sont ainsi environ 29 sur la cinquantaine à avoir bénéficié de cette mesure judiciaire.

Sûrement que pour « célébrer » cette libération de leurs camarades, les éléments du Camp para de Djicoroni ont organisé la semaine dernière une rencontre dans leur fief en vue de « manifester leur joie et réitérer leur entière disponibilité à se joindre à leurs frères d’armes pour la libération, la défense et la préservation de l’intégrité de notre territoire », selon leur porte-parole.

Certes, compte tenu des mesures exceptionnelles décrétées par le gouvernement, notamment l’état d’urgence que l’Assemblée nationale vient de proroger pour une période de 3 mois, la situation nécessite vigilance, retenue, modération et cohésion à tous les niveaux de la société. Mais, elle incite également à plus de sérénité et surtout de lucidité de la part des autorités (de quelque niveau que ce soit) afin de ne pas en rajouter à une situation déjà suffisamment difficile et complexe sur tous les plans.

Les succès engrangés par les soldats malien et français au front et qui nous valent aujourd’hui la reconquête de la quasi-totalité du Nord du pays, doivent être mis à profit pour recoller tous les morceaux du tissu social sérieusement délabré par la crise actuelle. Plus que toute autre entité, les autorités administratives et politiques ont un rôle beaucoup plus important à y jouer dans l’avènement d’un climat apaisé et serein.

L’opinion a certes droit à l’information. Mais une affaire qui est encore pendante devant les tribunaux et qui n’a pas connu son épilogue doit être traitée avec la plus grande attention et au besoin dans la discrétion qui sied en la matière. Toutes les précautions nécessaires ont-elles été prises pour que cette « mise au point » du chef d’état-major des armées soit perçue et comprise comme telle ? Pas si sûr !

 

En exclusivité : Liste des bérets rouges, gardes et policiers mis en liberté provisoire par la justice

Abdoulaye Koné – Procès Verbal  du  4 fév 2013.

Le camp du 33è régiment des commandos parachutistes a abrité, jeudi 31 janvier, un rassemblement des bérets rouges. C’était pour montrer à l’opinion leur détermination, maintes fois réitérée, à aller au front  et leur reconnaissance à la justice qui a décidé, en toute souveraineté, de mettre certains de leurs camarades en liberté provisoire. Plusieurs centaines de commandos, habillés en uniforme et coiffés de leur béret rouge, mais sans armes, se sont rassemblés à la place d’armes du camp où ils ont chanté à l’unisson. Ils se sont dits fidèles aux idéaux de l’armée. A leurs cotés: leurs épouses et enfants habillés en rouge.

Selon le sergent-chef Bou Traoré, les bérets rouges, à travers ce regroupement, veulent démentir ceux qui pensent qu’ils ont fui ou ne veulent pas aller au front. « Nous nous sommes toujours battus pour ce pays  et nous continuerons à le faire », a-t-il dit. Il fera savoir que les bérets rouges ont écrit au président Dioncounda, à l’ambassadeur de France et à l’Union Européenne afin qu’on leur donne les moyens d’aller se battre aux cotés de leurs frères d’armes bérets verts, gardes et gendarmes.

« Nous ne pouvons comprendre que malgré les milliards investis dans notre formation, on nous ignore dans la guerre de reconquête du Nord », s’étonne Bou Traoré au micro de votre fidèle serviteur. « Certains pensent que nous gardons une dent contre eux, c’est faux. Ce qui compte pour nous, hier comme aujourd’hui, c’est l’union de l’armée contre l’ennemi de notre pays. Nous sommes frustrés de voir la France se battre, sans nous, pour libérer le Mali », ajoute-t-il.

Après le rassemblement, nous avons rencontré des bérets rouges récemment libérés par la justice. L’un d’eux, l’adjudant-chef Faranan Doumbia, dit avoir été arrêté le 30 juin 2012, deux mois après les autres bérets rouges. « 3 porteurs d’uniforme m’ont conduit à Kati. Selon eux, j’aurais perçu 200 millions à distribuer aux bérets rouges afin qu’ils participent au contre-coup d’Etat. J’ai été arrêté à mon domicile; je servais à l’état-major des armées». Le lieutenant Yaya Niambelé, également libéré, s’était vu reprocher… a  mine trop serrée et le fait qu’il n’aimait jamais rire avec les militaires ! Il servait aussi à l’état-major des armées. 25 porteurs d’uniforme ont été libérés mercredi dernier, dont 11 bérets rouges. Les bérets rouges libérés sont: général Hamidou Sissoko dit Man, lieutenant Cheick Oumar Sogoba, lieutenant Moussa Traoré N°4, lieutenant Mohamed Ouattara, lieutenant Aly Traoré, sous-lieutenant Youssouf Moussa Ouattara, adjudant-chef Boubou Sidibé, sergent Mady Sangaré, soldat de 2ème classe Moussa Niaré, soldat de 2ème classe Massa Sogoba et lui-même Yaya Niambélé.

Les autres détenus libérés sont des policiers, gendarmes et gardes : colonel Abdoulaye Cissé, commandant Mamadou Lamine Konaré, commissaires de police Adama Coulibaly dit Chine et Ismaila Traoré; sergents-chefs Cheick Hamala Diakité et Mamadou Sissoko; sergents de police Abdoulaye Doumbia, Adama Tinto et Moro Diallo.

Les 3 gardes libérés sont: maréchal de logis Ba Lassine Bathily, lieutenant Mohamed Kanouté et lieutenant Abdoul Wahab Coulibaly.

 

Affaire bérets rouges : Enfin la liberté après neuf longs mois

Moussa WELE DIALLO – L’Agora  du   4 fév 2013.   

La plupart des militaires du 33 ème des commandos parachutistes arrêtés à la suite des événements du 30 avril 2012, ont été libérés. Cette libération est intervenue seulement le mercredi 30 janvier  dernier alors que le juge d’instruction Daniel Tessougué, avait autorisé depuis le 18 janvier de les relâcher purement et simplement. En somme, 29 personnes ont recouvré leur liberté et 19 autres  restent toujours emprisonnés.

Ce n’était pas le Djoliba qui jouait au championnat national ce jeudi 31 janvier, mais  la fête des militaires pour célébrer la libération des bérets rouges qui étaient en taule depuis 9 mois. L’histoire remonte au 30 avril  de l’année 2012. Après le coup d’Etat ayant renversé le 22 mars 2012, il eut un affrontement entre frères d’armes : Bérets verts contre Bérets rouges.

Une douloureuse histoire qui ouvrira les portes de la prison pour ces militaires accusés d’avoir pris part à un contre coup d’Etat pour renverser le capitaine Sanogo. Au nombre des militaires libérés, on pourrait citer quelques figures bien connues de l’armée malienne : le fils de l’ancien président de la République et ex Président de la Commission de l’Union Africaine Alpha Oumar Konaré, le commandant de l’armée de l’air Mohamed  Lamine Konaré, et  le général Hamidou Sissoko, ancien chef d’état-major particulier du président A.T.T.

Cependant, de sources dignes de foi  affirment que 19 militaires sont toujours emprisonnés. Mais qui pourraient être libres dans les heures  ou  les  jours  à venir. Pourquoi pas ? Pour participer  aux   côtés  des forces franco-africaines à la libération du nord du Mali. On se souvient, au mois de janvier, les bérets rouges avaient exprimé, dans une lettre adressée au Président de la République par intérim leur ferme engagement de se battre pour l’unité malienne et pour l’honneur du Mali tout court.

C’est peut-être  la fin d’une époque avec la libération amorcée  des bérets rouges. Ces  militaires ont arboré jeudi dernier leur uniforme et circulaient librement à Bamako ce jour-là. Au camp para de Djicoroni où nous étions, l’ambiance était tout à fait remarquable. Les militaires, leurs femmes et leurs enfants, tout le monde respirait le bonheur au cours d’un rassemblement pour  donner un éclat particulier à cette liberté. Les épouses de militaires ont même arboré des foulards rouges comme pour honorer leurs époux. Partout dans le camp, c’était la fête.

Aujourd’hui, il est grand temps de revenir à de meilleurs sentiments au nom de l’unité malienne et des valeurs républicaines. Le temps n’est plus à la guerre entre les Maliens, mais à la guerre contre des hommes sans foi ni loi.

 

Les bérets rouges en assemblée générale hier : « La vraie guerre commence maintenant et notre rôle sera plus déterminant »

Abdoulaye Diakité –  L’Indicateur du Renouveau  du   1 fév 2013.  

Un bœuf tué pour le festin, des centaines de bérets rouges et leurs familles en liesse, c’était vraiment la fête des grandes retrouvailles hier au 33e régiment des commandos parachutistes de Djocoroni-para, communément appelé bérets rouges, autour  de leurs  semblables libérés le mercredi 30 janvier 2013.

Mais cette fête n’a pas occulté le souci du corps à prendre part activement à la phase actuelle de la guerre de libération de notre pays. Pour eux, c’est maintenant que la vraie guerre contre l’ennemi va commencer, après qu’il se soit réfugié dans les grottes de Tégharghar, et c’est aussi maintenant que leur rôle sera le plus déterminant.

Il y avait de la liesse hier au 33e régiment des commandos parachutistes, communément appelé bérets rouges, suite à une assemblée générale, qui était certes prévue de longue date, mais qui, opportunément, a coïncidé avec la libération d’une partie (12 parmi les 29 militaires libérés le mercredi 30 janvier 2013) des éléments de ce corps, jetés en prison suite au contre-coup d’Etat du 30 avril au 1er mai 2012. La cour était bondée de bérets rouges en liesse avec leurs familles.

C’était vraiment les grandes retrouvailles entre les frères d’armes, et il n’y avait pas meilleure manière de célébrer l’évènement que de le faire autour d’un festin. Un bœuf a été sacrifié pour la cause. Le jeu en valait la chandelle, parce qu’il était question de faire une démonstration de force afin de prouver aux autorités du pays que le régiment est bel et bien existant, conscient du rôle que la nation attend de lui en cette période de libération de la patrie.

Selon le caporal G. Togo  » c’est la preuve que contrairement à ce qui se dit, le régiment des bérets rouges n’a jamais été dissout et que nous sommes tous là pour servir le pays.

Les bérets rouges qui ont accepté les affectations sont généralement ceux qui ont des liens de parenté avec les gens de Kati ou qui, faute de moyens financiers pour subvenir aux charges de leurs familles, ont été obligés de se soumettre. Et ceux-ci ne représentent pas plus de 2% du corps. C’est dire que le corps est bel et bien existant et vous-mêmes vous voyez la mobilisation de ce matin ».

Dans la foule on a pu remarquer la présence de Moussa Seydou Diallo, l’officier qui était en grève de la faim depuis un certain temps. Il y avait aussi les représentants des autorités traditionnelles, venus apporter un réconfort au corps. Après avoir immolé le bœuf, tout ce beau monde s’est retrouvé sur la place publique pour une montée des couleurs. Là, il y a eu des pas de danse, des chants de bravoure et des embrassades.

C’était vraiment la fête, mais une fête qui n’a pas occulté le souci du corps à prendre part activement à la phase actuelle de la guerre de libération de notre pays. Surtout en ces moments où l’ennemi, chassé des grandes villes, est allé se refugier dans les grottes des Ifoghas, précisément à Tégharghar.

Le Sergent-chef Bouaré a expliqué que  » les bérets rouges attendent que les autorités restaurent le corps et les remettent dans leurs droits (payement des salaires) et leur livrent leurs armes pour qu’ils aillent au front. Nous ne menons pas la guerre de quelqu’un, nous sommes là pour le pays lequel, avec l’accompagnement des partenaires étrangers, a beaucoup investi pour notre formation. Nous voulons simplement rembourser cette dette en participant à la libération de ce pays, dont l’existence est mise à mal par des groupes terroristes. Nous ne pourrons le faire que lorsque les autorités vont accepter des restaurer le corps et nous restituer nos armes « .

Le Sergent-chef Bouaré de poursuivre :  » Nous n’appelons pas ça une libération parce que l’ennemi a été chassé des villes mais n’a pas été tué. Or, c’est ce qu’il faut afin d’éviter qu’il ne se réorganise pour revenir à la charge. Ces jihadistes se sont retirés dans les grottes de Tégharghar, c’est maintenant que la vraie guerre va commencer et c’est maintenant que nous bérets rouges, notre rôle sera plus déterminant. Il n’y a pas un coin de l’Adrar des Ifoghas que moi je ne connais pas, pour avoir servi longtemps au Nord. Il ne faut pas qu’on nous empêche d’aller accomplir notre mission « .

Des bérets rouges ont expliqué aussi qu’ils ont écrit au président de la République par intérim, de même qu’au président de l’Assemblée nationale et ont fait plusieurs autres démarches auprès des autorités traditionnelles, pour leur faire part de la nécessité d’enterrer la hache de guerre entre les frères d’armes et de déterrer les armes de la guerre contre les ennemis de la patrie, connus de tous. Ils ont espoir que le reste des bérets rouges arrêtés sera libéré dans les jours à venir, pour le salut de l’armée malienne.

 

Retrouvaille au camp des commandos parachutistes : Plus de 400 bérets rouges demandent à aller au front

Cléophas TYENOU –  L’Indépendant  du   1 fév 2013.  

C’est dans une atmosphère conviviale que les commandos parachutistes se sont retrouvés dans leur Camp à Djicoroni para, hier jeudi 31 janvier.  L’objectif de cette rencontre était de demander des moyens aux plus hautes autorités de notre pays afin de rejoindre les autres militaires maliens au front. Elle a été marquée par la présence de certains des bérets rouges libérés, le 29 janvier et du gréviste de la faim, le lieutenant-colonel Seydou Moussa Diallo.

Les bérets rouges étaient dispersés depuis le coup de force manqué dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2012. C’est hier, seulement, qu’ils se sont retrouvés dans l’enceinte de leur Camp à Djicoroni para pour réclamer leur participation à la libération du Nord du Mali. Ils étaient  tous en uniforme avec leurs bérets rouges sur la tête pour manifester leur détermination à aller combattre au front pour la reconquête de l’intégrité territoriale du Mali.

Selon plusieurs de ces militaires décidés à prendre part à la guerre, cette rencontre est purement un moyen pour appeler les plus hautes autorités de notre pays à les associer  à la libération des trois régions  du Nord de notre pays.  Ainsi, ils ont réaffirmé leur volonté pour la réunification des hommes en treillis, divisés à la suite du coup de force manqué des 30 avril et 1er mai 2012. Selon eux, le temps n’est plus à la division dans la famille des porteurs d’uniformes du Mali.  « Aujourd’hui, notre pays a besoin de toutes ces filles et fils pour recouvrer l’intégrité de son territoire« , ont-ils déclaré. L’occasion était bonne pour les requérants de lancer un appel à l’endroit de tous leurs frères d’armes à enterrer la hache de guerre et faire face à la reconquête des régions du Nord.

Selon eux, les commandos parachutistes n’ont pas pour vocation de rester à la maison au moment où notre pays est en guerre contre les terroristes. Ajoutant que « la seule mission qui vaille actuellement est la mobilisation pour la défense de la patrie », a relevé un responsable du régiment, aujourd’hui tout le corps des bérets rouges est plus que jamais déterminé à monter au front. Les hommes du 33ème régiment des commandos parachutistes de Djicoroni font preuve de beaucoup d’impatience pour avoir l’approbation et les moyens qu’il faut de la part du gouvernement pour rejoindre les autres frères d’armes sur le théâtre des opérations.  Dans son intervention, l’adjudant Chef Yaya  Bouaré n’a pas caché la détermination des commandos parachutistes  de se rendre rapidement au front auprès de leurs frères d’armes maliens, français et africains pour bouter les jihadistes hors du Mali.

 

Camp Para : ENTRE SCENES DE JOIE ET VOLONTE DE MONTER AU FRONT

A.   M. CISSE – L’Essor du 1 fév 2013

Le camp du régiment des parachutistes est sorti hier de sa torpeur, le temps d’un festin. Les parachutistes, leurs femmes et leurs enfants ont célébré hier par un rassemblement symbolique, la libération de leurs camarades incarcérés depuis le sanglant coup de force des 30 avril et 1er mai 2012. A l’entrée de ce camp comme déserté depuis près de huit mois, une dizaine d’éléments de la garde nationale et de l’armée de terre montaient discrètement la garde, installés sur l’aile droite du portail. D’autres « bérets verts » étaient visibles vingt mètres plus loin. Mais hier comme les jours précédents, on accédait au camp des commandos parachutistes sans formalité particulière.

A l’intérieur de l’enceinte, les femmes et les enfants affublés de foulards rouges chantent et dansent la mise en liberté provisoire de 29 accusés de l’affaire des « bérets rouges ». L’atmosphère à la fête est une nouveauté tout comme tous ces bérets rouges vissés sur les têtes et ces chaleureuses poignées de mains s’échangeant à ne point finir.

C’est bien la première fois que l’espoir a réinvesti ces lieux depuis que l’unité avait commis l’irréparable les 30 avril et 1er mai 2012, en attaquant l’ORTM, l’aéroport et le camp militaire de Kati. La folle équipée, vouée à l’échec, s’était achevée comme elle avait commencé, dans la violence, la mort, les arrestations.

Les autorités militaires, après avoir désarmé le camp de Djicoroni, procédèrent à un recensement physique des effectifs du régiment dans les différentes garnisons de la Gendarmerie nationale. Ceux qui s’y sont refusés sont menacés de radiation. Une fois la liste de présence dressée, les « bérets rouges » ont été redéployés dans les différentes unités de l’armée de terre. Cette décision a été mal vécue par le RCP dont nombre d’éléments ont refusé d’exécuter les ordres de redéploiement. Entre temps, leurs femmes se sont mobilisées, pour réclamer la reconstitution du régiment à travers des marches de protestation et des conférences de presse.

Ce bref rappel des évènements est utile pour comprendre la joie des locataires du camp para hier quand, pour la première fois, ils ont pu arborer leur béret. Dans la grande cour, plusieurs femmes étaient occupées à la mi-journée à préparer le repas de la fête. Dans de grosses marmites mijotaient de la viande de boeuf et du riz. L’odeur de cuisson du riz au gras avait attiré une foule compacte de curieux qui s’étaient massé au portail du régiment.

En attendant le copieux repas promis, les scènes de retrouvaille se poursuivent. Pour conter et commenter les évènements, certains engagent une partie de thé à l’ombre des bâtiments ou encore sous les grands arbres de la cour. Installés sur des chaises métalliques, un grand cercle s’est rapidement formé autour d’un homme assis au milieu : c’est le lieutenant colonel Moussa Diallo, un officier qui a ouvertement critiqué la gestion du dossier des « bérets rouges ». Cette sortie médiatique suivie d’une grève de la faim, lui a valu une punition militaire.

L’adjudant-chef Yaya Bouaré, au pied d’un mur, explique que l’objectif de la manifestation n’est autre que le rétablissement du régiment. « Nous demandons qu’on rétablisse notre corps parce que nous voulons aller au front. La guerre ne peut pas se passer sans nous », a réclamé le militaire vêtu d’une tenue camouflée, coiffé d’un béret rouge, un petit sac au dos. Sans arme, comme tous les autres qui rodent au tour de la cuisine. Pour le parachutiste, la guerre contre les rebelles du Nord est loin de finir. « Les Français font ce qu’ils peuvent, mais reste à l’armée de finir le boulot », explique-t-il avant de jurer que ses compagnons d’armes ne rêvent que d’aller combattre.

Il faut préciser à ce propos qu’au sein des unités engagées dans les combats, figurent des éléments du RCP. Ils sont minoritaires, assure l’adjudant-chef qui estime que près de 800 des 1150 éléments du régiment sont restés à Bamako et « sans salaire depuis 8 mois ».

Concernant le port du béret rouge, Yaya Bouaré souligne qu’aucune note de service ne l’a interdit : « J’ai toujours porté ma tenue » mais « sans le béret ». « Pour des raisons de sécurité et compte tenu de la tension qui régnait, il valait mieux de na pas le porter », confie-t-il. « Mais aujourd’hui, c’est différent » juge le parachutiste qui a décidé de ne plus s’en séparer.

 

Les Béréts Rouges(enfin) libres

Par Modibo FOFANA – 31/01/2013

Ils auront passé plus de huit mois aux arrêts, après la tentative ratée de contre-putsch du 30 avril 2012. 29 sur 53 militaires détenus ont finalement pu retrouver leurs familles.

 Ce mercredi 30 janvier 2013 restera un bon souvenir pour les 29 bérets rouges qui ont pu recouvrer la liberté, ainsi que leurs familles qui se sont battues pour obtenir leur retour à la maison.

Annoncée 18 janvier dernier, la décision de leur mise en liberté provisoire n’a finalement été appliquée qu’il y a quelques heures.

C’est avec soulagement que leurs proches ont accueilli cette nouvelle. Cette fois ci ils ont pu les embrasser et les serrer dans leurs bras.

(…)

Sous le coup de l’émotion, l’une des épouses de ces détenus n’a pas pu retenir ses larmes pour exprimer sa joie. « Dieu est grand voici mon mari libéré, que Dieu soit loué », s’est–t-elle écriée. Du côté du « camp para » ou résident les familles des bérets rouges la joie est mélangée à l’angoisse car certaines familles n’ont pas vu revenir leur membre toujours retenu. « J’ai un grand frère parmi les arrêtés, mais je l’ai pas vu parmi les libérés qu’est ce qu’il lui est arrivé ou bien il reste toujours en prison » s’interroge, un jeune homme très déçu

Cette libération intervient 24 heures après l’interpellation des autorités de la transition par les élus Me Kassim Tapo et Me Hamidou Diabaté de l’Assemblée Nationale lors du débat sur la feuille de route présentée par le Premier ministre. Au cours de ces débats, Me Kassim Tapo et Me Hamidou Diabaté, en qualité d’hommes de droit, ont appelé les autorités de la transition à mettre un terme définitif à l’affaire dite des bérets rouges. « Ces bérets rouges n’ont pas leur place dans les prisons mais plutôt au front. » avaient déclaré les députés.

L’heure de la réconciliation a-t-elle sonné dans l’armée ?

Apparemment la mise en liberté de ces militaires annonce les prémisses de la réconciliation dans l’armée malienne déchirée, dans un climat de manque de confiance. Certaines sources indiquent même que la libération des autres détenus est prévue pour la semaine prochaine. Des sources militaires nous confient que ce jeudi au 33ème régiment des commandos parachutistes à Djicoroni, les bérets rouges se sont mis en tenue pour le rassemblement, pour montrer à la Nation et au monde entier leur disponibilité à participer aux combats aux côtés de leurs frères pour libérer et sécuriser les territoires occupés par les terroristes. « Nous sommes prêts à aller rejoint nos camarades au front. Nous attendons seulement que les autorités de la transition nous donnent l’ordre et nous mettent dans les conditions de combats » nous confie un béret rouge.

Dans cette libération, le courage du procureur général est à saluer. Car, malgré les menaces et les intimidations il est resté sur sa position à dire rien que la loi. Cité par l’hebdomadaire malien « le Procès verbal », le procureur de la commune 3 dont relève le dossier des bérets a témoigné avoir été menacé par des individus non identifiés. Le procureur général reconnaît que la perspective de libérer les bérets rouges ne fait pas plaisir à tout le monde; il confirme que dans la nuit du vendredi 18 janvier, des inconnus, à travers des numéros cryptés, l’ont personnellement menacé de mort en lui disant: « Si vous libérez ces assassins de bérets rouges, on aura votre peau ! ». Daniel Tessougué révèle même que des hommes politiques l’ont appelé pour exprimer leur désaccord avec la libération des bérets rouges. Il déclare cependant ne pas craindre les menaces : « Je suis au service de la loi, donc je n’ai pas peur de mourir. Des fils de ce pays sont en train de mourir pour libérer le pays; pourquoi pas moi ? ».

 

Réconciliation au sein de l’armée : Une importante délégation des ‘‘bérets rouges’’ rencontre le FDR

Fatoumata Haïdara –  L’Indicateur du Renouveau  du   31 jan 2013.    

Dans le cadre de la réconciliation entre les frères d’armes, une délégation des éléments du 33e régiment des commandos parachutistes communément appelé compagnie des bérets rouges, a rencontré le lundi 28 janvier les responsables du FDR au siège de l’Adéma-PASJ à Bamako-coura.

Forte d’une quarantaine de personnes et conduite par Bourama Camara, représentant du chef de village du quartier Djicoroni Para, la délégation des éléments du 33e RCP communément appelé compagnie des bérets rouges, a été reçue à sa demande le lundi 28 janvier au siège de l’Adema-PASJ à Bamako par les responsables du FDR dont son 1er vice-président Ibrahima Ndiaye, le colonel Youssouf Traoré qui présidait d’ailleurs la séance , l’ambassadeur Fatoumata Siré Diakité et plusieurs députés du regroupement anti-putsch. Deuxième du genre, cette rencontre avait quatre points à l’ordre du jour : la libération des détenus, la problématique dissolution du corps, la mutation des rescapés, et le gel du salaire de ceux qui n’ont regagné leurs postes d’affectation.

Après les mots de bienvenue du président Iba Ndiaye, le porte-parole des bérets rouges un adjudant-chef dont nous tairons volontairement le nom, a remercié aux noms de tous ses camarades présents au Mali ou en fuite et de leurs familles, le FDR pour ses initiatives en faveur de l’apaisement et de la réconciliation. Il est alors revenu sur les démarches initiées par les bérets rouges depuis le 30 avril pour une réconciliation de tous les militaires du Mali, notamment les rencontres avec le ministre de la Défense et son collègue de la sécurité intérieure restés sourds aux demandes de pardon.

Le porte-parole des bérets rouges n’a pas manqué de contester les propos du ministre de la Défense qui, depuis quelques jours, tente à faire croire que le Bataillon des commandos n’a jamais été dissout alors qu’il était passé dans toutes les casernes pour expliquer aux militaires que le corps des bérets rouges été bel et bien dissout et que les soldats sont priés de rejoindre leurs bases d’affectation. Justement, selon le porte-parole le but de cette affectation qui en réalité est le début du démantèlement du 33e RCP est de casser la dynamique de regroupement des bérets rouges et ceux qui ont accepté l’affectation sont des proches de ceux qui collaborent avec la junte.

Aussi, il a expliqué que le fait de certains militaires de s’opposer à la décision judiciaire prise par le garde des Sceaux, ministre de la Justice de libérer des bérets rouges détenus est motivé par la volonté de dissimuler le sort des 22 disparus (exécutés par la junte au lendemain des douloureux événements du 30avril).

Cette certitude vient du fait que jusqu’à ce jour, ces éléments n’ont donné le moindre signe de vie et certaines sources laissent à penser qu’ils ont été enterrés en catimini dans des fausses communes.

En plus de cela, ils disent détenir les preuves des cas de tortures avérées perpétrés au vu et au su de tout le monde pendant plusieurs mois contre nombreux bérets rouges et les victimes de ces persécutions sont en vie et prêtes à témoigner.
Enfin, il a assuré que l’objectif principal de la rencontre avec le FDR est la volonté des bérets rouges d’aller combattre aux côtés de leurs frères d’armes surtout que toutes les unités combattantes étrangères sur le terrain sont issues des forces spéciales. « Il serait absurde que les forces spéciales du Mali pour lesquelles l’état malien a investi des centaines de millions de dollars pour la formation soient tenues à l’écart de cette guerre pour des raisons de vendetta personnalisée ».

Tout en réitérant ses remerciements au FDR, le porte-parole a renouvelé aux noms de tous ses frères d’arme le maintien du 33e RCP et la réhabilitation de leur corps qui est et restera à jamais l’unité d’élites de l’armée malienne.

Tout en invitant les militaires à l’union sacrée, Iba N’Diaye a donné l’assurance que le FDR s’investira pour trouver une issue heureuse à cette affaire. D’ores et déjà les députés seront mis à contribution pour porter le cri de cœur des bérets rouges à l’opinion nationale. L’honorable Me Hamidou Diabaté, avocat de certains détenus et membre du FDR continue de faire le lobbying de ces militaires en détresse. Un travail qui demande la patience, dit-on.

Le représentant du chef de quartier a abondé dans le même sens. Bourama Camara a réaffirmé le soutien de tout le quartier de Djocoroni Para à la cause des vaillants bérets rouges.

En retour, le colonel Youssouf et les membres du FDR ont assuré la délégation de leur disponibilité à œuvrer dans le sens de la réconciliation entre les frères d’armes et le maintien du 33è RCP. Ils ont dit faire confiance en la justice pour la future libération de ceux qui sont arbitrairement détenus.

Une grande mobilisation des bérets rouges est prévue ce jeudi 31 au Camp Para à partir de 9 h et la présence de la presse nationale et internationale est vivement souhaitée.

 

Affaire des bérets rouges : Liberté provisoire effective pour vingt-neuf bérets rouges

Markatié Daou – L’Indicateur du Renouveau  du   31 jan 2013.    

Supposés pris entre deux feux, le ministre de la Justice, Malick Coulibaly, et son équipe commencent à se tirer à bon compte dans le dossier dit des « bérets rouges ». Suite à un traitement diligent, marqué par le dessaisissement d’un premier juge d’instruction pour lenteur, 29 des 53 détenus suite au contre-coup d’Etat d’avril dernier viennent d’être mis en liberté provisoire. Seulement, suivant la réglementation en vigueur, ils devaient rester en prison pour 15 jours jusqu’à la décision finale du procureur général. Chose qui est effective depuis hier, a confirmé  le département de la Justice.   

Après neuf mois de détention, des militaires du 33e Régiment des commandos parachutistes de Djicoroni-Para, plus connu sous le vocable « bérets rouges », viennent de bénéficier d’une mise en liberté provisoire. Tombée vendredi 18 janvier dernier, la nouvelle, qui a vite fait le tour de la capitale, n’a pas échappé à l’attention des médias étrangers. Le parquet, qui avait 15 jours pour donner son avis sur l’ordonnance de mise en liberté, l’a simplement ordonnée à 72 heures de l’expiration du délai imparti.
Dans certains milieux militaires, la décision est perçue comme un pas décisif vers la réunification de l’armée malienne, en proie à des dissensions depuis les événements de mars 2013 avec comme corolaire un contre-coup d’Etat. Au plan judiciaire, cette affaire, dont la suite est attendue avec beaucoup d’attention, est de nature à blanchir le département de la Justice qui a toujours promis de dire le droit. Le mardi 29 janvier, le Premier ministre Diango Cissoko a promis que les arrestations et exactions commises au cours des évènements de mars et d’avril feront l’objet d’un minutieux travail judiciaire pour que jaillisse la lumière et que les victimes seront remises dans leurs droits.

Mais avant le PM, le département de la Justice avait abondé dans le même sens.
« Je vous donne ma parole : s’il y a des personnes qui ne sont pas impliquées, elles seront purement et simplement libérées », promettait le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Daniel A. Téssougué, dans la parution du 15 novembre 2012 du quotidien national, « L’Essor ».

Pour démontrer son engagement à bien conduire ce dossier sensible, le parquet avait dessaisi (pour lenteur) le juge d’instruction Adama Fomba au profit de son collègue Fousseyni Togola, également en service au tribunal de première instance de la Commune III.

Un mois plus tard, un premier résultat est tombé : 29 des 53 militaires mis aux arrêts suite à l’affaire dite des « bérets rouges » bénéficient d’une mise en liberté provisoire. Cette décision, qui redore quelque peu le blason de la justice, brise surtout la glace entre différents corps de l’armée malienne qui n’a qu’un ennemi commun : la rébellion aux relents terroristes.

Au ministère de la Justice, on souligne que la décision de mise en liberté provisoire est un droit de l’inculpé à sa demande ou à celle de son avocat. Elle aura été rendue sans aucune influence ou pression extérieure.

Le code de procédure pénale, en son article 181, impose aux parties de notifier aux parties (parties : partie civile inculpée, ministère public) les ordonnances (décisions) qu’il est amené à prendre. Ce qui a été fait par le juge d’instruction  dans le dossier dit des « bérets rouges ».

Le procureur de la République ou le procureur général avaient respectivement un délai de 3 et de 15 jours pour se prononcer sur ce dossier sensible. Passé ce délai, les inculpés bénéficient d’office de la liberté conditionnelle. A 72 heures de l’expiration de ce délai, l’ordonnance de cette mise en liberté a été confirmée hier mercredi 30 janvier. Elle apparaîit comme un acte courageux de la part du ministre Malick Coulibaly et de son équipe qui, dit-on, subiraient de lourdes pressions de la part de l’ex-junte opposée à leur décision.

Le département de la Justice veut aller au bout de sa logique en tranchant conformément au droit cette affaire dans laquelle se joue sa crédibilité. Le dossier des autres détenus qui gardent prison intéresse davantage les associations de défense des droits de l’Homme et les épouses des bérets rouges.

Attendue sur différents dossiers brûlants de l’heure dont celui dit des « bérets rouges », l’équipe du nouveau garde des Sceaux, ministre de la Justice s’attire au fil des dossiers  la sympathie du peuple malien. C’est ce que pensent de nombreux Maliens suite au traitement réservé au dossier des militaires détenus suite au contre-coup d’Etat du 30 avril dernier.

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :