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12 mars : journée sans presse au Mali

by sur 11 mars 2013

Multiples protestations contre l’arrestation d’un journaliste , directeur de publication du Républicain, qui a publié une violente critique des militaires au front contre les privilèges dont jouit le capitaine Sanogo et ses hommes.

Pas de parution ce 12 mars si B. Daou n’est pas libéré

Par Makan KONE – Maison de la Presse – 11/03/2013

La presse malienne entend se mobiliser ce mardi 12 mars pour soutenir le directeur de publication du Républicain, incarcéré depuis 5 jours. Message de la Maison de la Presse. Maison de la presse à Bamako.

Déclaration

Suite à l’arrestation de notre confrère Boukary Daou, Directeur de Publication du journal Le Républicain, qui fait suite à une longue liste de harcèlements dont ont fait l’objet ces derniers temps les journalistes de la presse privée malienne, l’ensemble de la profession (Presse écrite, radio et audiovisuelle) s’insurge contre cette énième atteinte grave à la liberté de la presse au Mali.

L’instauration de l’état d’urgence, ou de tout autre état d’exception, ne saurait justifier en aucun cas ces tentatives manifestes d’intimidation.

L’ensemble de la presse exige donc la libération immédiate de Boukary Daou et le respect par les agents des services de sécurité de l’Etat des procédures nationales en la matière. Les journalistes sont soumis à une loi spécifique en République du Mali, et celle-ci leur garantit, entre autres, le libre exercice de leur profession, dont fait partie le droit à la protection de leurs sources.

Maison de la presse du Mali : Déclaration

11 mars 2013 à 15h45  

Suite à l’arrestation de notre confrère Boukary Daou, Directeur de Publication du journal Le Républicain, le mercredi 6 Mars 2013 et à la longue liste de harcèlements, d’intimidations et d’agressions dont ont  fait l’objet ces derniers temps :

    • Dramane Traoré dit Mamy, animateur à Radio Kayira Niono ;
    • Ramata Dia, Directrice de Radio Guintan ;
    • Dramane Aliou Koné, Directeur de Publication de l’Indicateur du Renouveau et Président de l’ASSEP ;
    • Abi Baby, Rédacteur en chef du journal L’Agora ;
    • Hamidou Wane, Directeur de Publication du journal L’Impact ;
    • Lassine Traoré, Directeur de la radio FR3 ;
    • Makan Koné, Président de la Maison de la Presse du Mali ;
    • Abdrahamane Keïta, Directeur de la Rédaction du journal Aurore ;
    • Chahana Takiou, Directeur de Publication du journal 22 Septembre ;
    • Birama Fall, Directeur de Publication du journal Le Prétoire ;
    • Saouti Haïdara, Directeur de Publication du journal L’Indépendant ;
    • Jacques Dez, Directeur de Radio Klédu ;
    • Kassim Traoré, rédacteur chef adjoint de Radio Klédu ;
    • Les installations de Radio Kayira à Bamako et Koutiala ;

Les Responsables des organisations faîtières de la presse privée malienne,  réunis en Assemblée Générale à la Maison de la Presse ce jour, ont décidé ce qui suit, qu’ils ont l’honneur de porter par cette Déclaration à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale :

    • –  L’instauration de Journées sans presse à compter du mardi  12 Mars 2013, jusqu’à la libération de Boukary Daou,
    • –  La non couverture de toutes les activités institutionnelles, jusqu’à nouvel ordre.
    • –  et le  dépôt d’une plainte contre l’Etat  pour  arrestation arbitraire de notre confrère du journal Le Républicain.

En outre, en vertu de la séparation des pouvoirs Exécutif et Judiciaire, telle que garantie par la Constitution de la République du Mali, l’Assemblée Générale s’indigne des déclarations sur une radio étrangère du ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, accusant Boukary Daou de «faute».

L’Assemblée Générale sait pouvoir compter sur la compréhension, l’accompagnement et la solidarité de tous les démocrates épris de justice, de liberté et de paix, à l’image du Barreau malien.

Bamako, le 11 Mars 2013

L’Assemblée Générale

 

Pourquoi la S.E détient-elle le journaliste Boukary Daou? La liberté d’expression n’existe-t-elle pas 22 ans après l’instauration de la démocratie au Mali ?

Paul N’Guessan – Le combat

L’ère du renouveau démocratique née de la Conférence des forces vives de la Nation de juillet-aout 1991, qui a instauré au Mali un climat d’espoir et de renaissance politique après plusieurs années d’instabilité, est-elle de nos jours à la croisée des chemins ?

 Cette conférence, qui avait réconcilié la Nation malienne avec elle-même, avait également institué un cadre favorable à l’expression des libertés publiques avec, pour conséquence, l’avènement de près de 200 formations politiques, d’une dizaine de centrales et confédérations syndicales, de plus de 100 journaux et de 100 chaînes de radios et d’une télévision privée. Cette liberté retrouvée après plus de 23 ans de règne sans partage de l’ancien Président Moussa Traoré a également permis au peuple malien d’organiser quatre élections présidentielles et quatre élections législatives sans que la paix et la stabilité du pays ne soient remises en cause. Jusqu’à ce fameux coup de force militaire du 22 mars 2012…

La descente aux enfers du processus démocratique

Beaucoup de situations ont amené plus d’un à brandir le problème de la liberté de la Presse. En effet, ces dernières années, la liberté d’expression a régressé au Mali, dans les classements de «Reporters sans frontière », surtout après le coup d’Etat du Capitaine Sanogo. Aux dires de membres de la société civile malienne, ce rang occupé par le Mali dans les classements annuels de «Reporter sans frontière» démontre tout simplement que liberté de la Presse n’est plus respectée au Mali. Plusieurs indices sont favorables à cette dégringolade du pays, notamment les nombreux cas de violences perpétrées sur des professionnels de médias par des agents de Police, des militaires et des gendarmes. Le Directeur de publication du quotidien «Le Républicain», Boukary Daou, a été interpellé par la Sécurité d’Etat (S.E.) depuis le 6 mars dernier, et jusque-là, on ignore le motif réel de son interpellation. Aussi, «Reporters sans frontière» demande aux autorités maliennes de fournir sans délai des explications sur les conditions de l’interpellation du confrère par la S.E.

«Si Boukary Daou se trouve bien dans les locaux de la S.E. une structure sous tutelle du ministère de l’Intérieur, cette institution doit reconnaître qu’elle le détient et annoncer publiquement ce qu’elle lui reproche. Est-il interpellé pour un délit de droit commun  ou pour un délit de presse ? Nous pressons également les autorités de relâcher ce journaliste», a déclaré «Reporters sans frontière» avant de déplorer : «Après l’interpellation du Directeur de publication du Républicain, il s’agit du sixième incident impliquant la Presse et la SE en moins d’un an ». Face à cette situation qui commence à prendre une tournure inquiétante, la Presse malienne organisera,  à partir du  mardi 12 mars 201, une journée sans presse si Boukary Daou n’est pas libéré. Cette décision a été prise par les organisations professionnelles de la Presse au cours d’une assemblée générale tenue le vendredi 8 mars à la Maison de la Presse. Libérez donc notre confrère !

Insécurité à Bamako : L’inquisition continue

Cheick Tandina – Le pretoire 15H30

Patrouille de l’armée malienne dans les rues de Bamako en janvier (STJEPANOVIC DANKO/SIPA

Les forces armées et de sécurité du Mali, qui sont fortement attendues dans le nord du pays où elles sont censées contribuer au recouvrement de l’intégrité du territoire national, semblent plus préoccupées par le soin de leur image à Bamako, c’est-à-dire à plus de mille cinq cents kilomètres du théâtre des opérations. Même si elles ne combattent pas sur le front, elles font la guerre ici dans la capitale.

Ainsi, en plus des rentables patrouilles dans les rues, des fructueuses fouilles opérées sur des personnes qu’elles rendent suspectes et des lucratives descentes dans certains lieux animés, les forces armées et de sécurité n’ont eu de cesse de vouloir museler la presse et d’assassiner la libre expression. Après les tabassages, les arrestations, les séquestrations arbitraires au détriment de certains directeurs de publication dont celui de votre journal,  Boukary Daou, directeur de la publication de Le Républicain a été interpellé le 06 mars, et depuis ce mercredi il est gardé dans les locaux de la Direction générale de la Sécurité d’Etat. Selon un porte-parole de la Dirpa (Direction des relations publiques des armées), le confrère a été interpellé pour «incitation à la révolte et à la désobéissance» dans un commentaire fait par sa rédaction, suite à la publication d’une lettre ouverte adressée au président de la République. Pour d’autres, il serait interpellé pour «atteinte à la sûreté nationale». Ce qui revient au même.

Cependant, il y a des choses que le citoyen lambda ne comprend pas. Par exemple, comment des soldats qui savaient déjà que les auteurs du putsch du 22 mars ont eu des gratifications vont maintenant se rebeller à la suite d’une simple lettre ? Ne sont-ils pas suffisamment occupés à assurer les arrières des soldats français et tchadiens dans les villes libérées du nord ? Pourquoi interpeller seulement le journaliste alors que l’auteur de la lettre est toujours en liberté ? En réalité, la Sécurité d’Etat veut juste démontrer qu’elle est un Etat dans un Etat par intérim dans lequel toutes les institutions le sont par intérim. Et ce, justement depuis le putsch du 22 mars qui a permis aux groupes armés terroristes d’investir le nord et de s’adonner aux pires exactions. Qui a permis également l’éclipse de la démocratie et la restriction des libertés individuelles et collectives. Ce qu’on demande à la Sécurité d’Etat, c’est de jouer son rôle d’agence de renseignements permettant aux militaires qui ont osé aller sur le front de gagner la guerre de libération. Il ne s’agit pas de jouer aux inquisiteurs auprès de journalistes dans l’exercice de leur devoir d’informer l’opinion.

Mais cette dernière sortie de la SE est une preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que le capitaine Sanogo est bien loin de se mettre en retrait en se contentant de ses 3 950 000 Fcfa de revenus mensuels. Il suffit de s’en prendre quelque peu à lui pour se retrouver privé de liberté. A moins que certains, sans même l’aviser ou recevoir des instructions de lui, ne prennent des initiatives personnelles croyant recevoir des dividendes de leurs actions abusives. Après tout, le capitaine est maintenant riche et, surtout, il est capable de nommer l’homme à la place qu’il ne faut pas.

Mali: opération « presse morte » jusqu’à la libération d’un journaliste

2013-03-11 – 14H30

Les journalistes maliens ont décidé de lancer à compter de mardi une opération « presse morte » jusqu’à la libération d’un des leurs arrêté la semaine dernière par les services de renseignements, a constaté lundi un journaliste de l’AFP.

« Nous avons décidé à l’issue de notre Assemblée générale de ne pas paraître, et de ne pas diffuser, par voie des ondes, jusqu’à la libération de notre confrère du Républicain arrêté », a déclaré à la presse Sambi Touré, directeur de publication d’Info Matin, autre journal de Bamako.

Au cours de l’Assemblée générale, plusieurs journalistes ont pris la parole pour « dénoncer les violations répétées de la liberté d’expression au Mali ».

Le directeur de publication du quotidien Le Républicain, Boukary Daou (bien Daou), a été arrêté le 6 mars à Bamako, en raison de la publication d’une lettre ouverte de soldats contre le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo.

Dans cette lettre au président par intérim Dioncounda Traoré, « des soldats au front » se disaient « révoltés par les avantages accordés » au capitaine Sanogo.

« Nous avons appris que pendant que nous mourons, nous, dans le grand désert, le capitaine Sanogo, pour avoir fait un coup d’Etat, et mis le pays dans la situation que nous connaissons, doit bénéficier d’un salaire de quatre millions FCFA » (plus de 6.000 euros) par mois, indiquait cette lettre signée d’un certain « capitaine Touré ».

« Si cette décision n’était pas annulée dans les deux semaines suivantes, nous cesserons, nous, c’est-à-dire mes éléments et moi, de combattre », ajoutait-il.

Lors d’une conférence de presse lundi à Nouakchott, le président Traoré a déclaré: « Nous sommes en situation de guerre, tout Malien doit avoir une conscience aiguë de la portée de ce qu’il peut dire ou écrire. Car pousser les troupes à déserter, à quitter le front (…) dépasse la liberté de la presse ».

Le capitaine Sanogo a été officiellement investi en février à la tête d’un comité de réforme de l’armée.

Le coup d’Etat du 22 mars 2012 avait précipité la chute du nord du Mali aux mains des islamistes armés liés à Al-Qaïda qu’une intervention militaire franco-africaine a depuis chassés des principales villes de la région.

Les combats se poursuivent cependant dans des zones désertiques du nord-est du Mali où se sont retranchés des islamistes armés.

Journée sans presse le 12 mars

Journaldumali.com, 13h49

Journée sans radio et sans presse, le mardi 12 Mars 2013 au Mali, si Boukary Daou,rédacteur en chef du journal le Républicain n’est pas libéré. La décision a été prise par les organisations professionnelles de la presse au cours d’une Assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue ce vendredi 8 Mars 2013 à la Maison de la Presse.

Le journaliste est incarcéré depuis deux jours après avoir été interpellé au siège du journal par des hommes armés. Le Républicain a de nouveau reçu la visite de militaires ce vendredi. Ils étaient semble-t-il à la recherche du Directeur et du secrétaire de rédaction, d’après nos confrères du journal.

Violation de la liberté de la Presse : Boukary Daou, Directeur de publication du Républicain interpelé

La rédaction. – Le Républicain du 7 Mars 2013

Suite à la publication par le Républicain dans sa parution du 6 mars 2013 d’une lettre ouverte adressée au Président de la République, Boukary Daou, Directeur de publication du journal, a été interpelé le 6 mars 2013, vers 11h 30 par 6 éléments de la sécurité, dont deux se sont présentés comme des agents de la sécurité d’Etat : inspecteur Cissé et inspecteur Dembélé.

L’heure est toujours grave au Mali. La liberté de la presse a du plomb dans les ailes. La presse Malienne est toujours inquiète. Elle est inquiète du sort qui lui est réservé depuis un 22 mars 2012. Une lettre ouverte d’un certain Capitaine Touré, adressée au Président de la République, publiée sous le titre « les soldats au front révoltés par les avantages accordés au Capitaine Sanogo », vient de poser problème. Pourtant, le Républicain n’avait nullement la volonté de nuire ou de faire sensation. Ces derniers mois, face à la crise que vit notre pays, le quotidien est resté attentif aux préoccupations de tous les citoyens sans distinction de races, ni d’ethnies. La vérification, le recoupement des informations, avant publication, ont toujours été la règle d’or. Durant toute cette période de convulsions politiques dans notre pays, le Républicain a toujours pris de la hauteur. Il s’agit là d’un engagement que le personnel a pris pour informer sainement.

Le métier de journaliste est un sacerdoce. Mais, voilà que plus on informe, plus on dérange. Après les récentes arrestations successives, la presse Malienne pensait que le temps des intrigues, des enlèvements, des menaces avait pris fin. Mais Hélas, le Républicain vient de suivre le sort que certains avaient connu. Il s’agit de Birama Fall du « Prétoire », d’Abdrahamane Keita d’« Aurore », de Chahana Takiou du « 22 septembre », de Saouti Haidara de « l’Indépendant », de Kassim Traoré de « La Radio Kledu » etc. Les autorités actuelles de la transition doivent savoir raison garder et prendre toutes les dispositions pour faciliter le travail des journalistes qui ne se sentent plus libres d’exercer leur profession. Au moment où notre pays est acculé par les associations des droits de l’homme, nos forces de sécurité doivent s’abstenir de procéder à des arrestations de nature à mettre en péril les acquis des libertés individuelles et collectives. Tout en respectant l’éthique et la déontologie, le Républicain pour sa part ne cédera jamais face aux menaces de quelque nature que ce soit.

« Vive la liberté de la presse dans un Mali démocratique ».

Vive émotion au Mali suite à l’arrestation de Boukary Daou

lavoixdelamerique.com/ 7 mars 2013

 Vive émotion dans les milieux de la presse au Mali suite à l’arrestation du directeur de publication du quotidien Le Républicain mercredi à Bamako.

L’interpellation de Boukary Daou est intervenue en début d’après-midi. Elle a fait suite à la publication d’une lettre ouverte de soldats concernant le capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d’Etat de mars 2012 contre le président Amadou Toumani Touré.

Selon l’Agence France Presse (AFP), les militaires se sont déclarés dans leur Lettre ouverte « révoltés par les avantages accordés » au capitaine Sanogo. Ce dernier a été officiellement investi en février à la tête d’un comité de réforme de l’armée.

Dans une interview téléphonique, Assane Koné, chef de rédaction du quotidien Le Républicain, a précisé que M. Daou a été emmené par des forces de sécurité, mais qu’on ignore actuellement où il se trouve. Des membres de la rédaction du Républicain auraient filé la voiture dans laquelle il avait été embarqué.

Pour l’instant, ni le capitaine Sanogo, ni la présidence malienne, ne se seraient exprimées sur cette arrestation.

Liberté de la Presse : Boucary Daou toujours aux arrêts !

Par Lalla M – 07/03/2013

Interpellé mercredi aux environs de midi par la Sécurité d’Etat, le Directeur de Publication du Républicain est toujours retenu, pour avoir diffusé une lettre ciblant le capitaine Sanogo… 

On croyait l’ère des interpellations musclées et arrestations arbitraires de directeurs de journaux au Mali, derrière nous. Après la journée morte sans Presse du 17 décembre 2012, c’est tout le corps de la presse malienne qui avait battu le pavé pour protester contre le tabassage de Saouti Haidara, Directeur de l’indépendant, mais aussi les interpellations de Birama Fall du Prétoire, de Chahana Takiou du 22 septembre ou encore d’Abdramane Keita de l’Aurore également molesté par des hommes en civils etc..

Cette fois, il s’agit de Boucary Daou, Directeur de publication du Républicain, mis aux arrêts mercredi par la Sécurité d’Etat. On lui reproche d’avoir publié la lettre du capitaine Touré, militaire au front et critiquant les avantages accordés gracieusement au Capitaine Sanogo, dernièrement investi à la tête du Comité de suivi et de réformes de l’armée, par les autorités de transition.

Dans cette lettre, certains militaires se demandent pourquoi le Capitaine Sanogo touche des émoluments avoisinant les 4 millions de CFA, alors que d’autres risquant chaque jour leur vie au front. La lettre dudit Capitaine Touré, basé à Gao, aurait ainsi été déposée à la rédaction du Républicain, qui l’a aussitôt publiée.

On croyait les ardeurs des hommes de Kati calmées. On se demande bien pourquoi au moment tout semble rentrer dans l’ordre, une nouvelle sommation vient viser l’un de nos confrères, qui n’a fait que son travail. Quel rapport avec Sanogo ? Le poste nouvellement confié à lui, serait-il qu’une couverture ? Sans toutefois pointer du doigt du doigt Kati, on se demande surtout si les autorités de transition, ont la pleine mesure de leur rôle dans un climat où règne encore la suspicion contre de simples civils. Et pourquoi le citoyen malien ne se sent décidément toujours pas en sécurité !

Du reste, s’il n’a toujours pas été libéré, Boucary Daou garde toute la solidarité du corps de la presse, qui n’entend pas en rester là ! Affaire à suivre..

Mali: la police arrête un journaliste pour une lettre ouverte anti-Sanogo

Le directeur de publication du quotidien malien Le Républicain a été arrêté mercredi à Bamako, en raison de la publication d’une lettre ouverte de soldats contre le capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur d’un coup d’Etat en 2012, a appris l’AFP du journal et de source sécuritaire.

« Des hommes de la sécurité d’Etat (service de renseignement de la police) sont venus aujourd’hui mercredi vers 13H00 (GMT et locales) pour arrêter Boukary Ndaou », directeur de publication du Républicain (privé), a déclaré un journaliste de la rédaction.

M. Ndaou a été arrêté « à cause de notre Une qui publie une lettre ouverte » de soldats combattant contre des islamistes armés dans le nord du Mali « qui dénonce les avantages accordés au capitaine Sanogo », a expliqué Assane Koné, autre journaliste du Républicain.

Cette Une a également été publiée « par le site d’informations Maliweb, en version électronique, avec notre accord, parce que nous avons eu des problèmes techniques à l’imprimerie pour la sortie du journal » mercredi, a-t-il précisé

Une source sécuritaire malienne a confirmé à l’AFP l’information sans plus de détails.

Dans la « Lettre ouverte au Président de la République » Dioncounda Traoré, »des soldats au front » se disent « révoltés par les avantages accordés » au capitaine Sanogo, chef des putschistes ayant renversé en mars 2012 le président Amadou Toumani Touré.

« Nous avons appris que pendant que nous mourons, nous, dans le grand désert, le capitaine Sanogo, pour avoir fait un coup d’Etat, et mis le pays dans la situation que nous connaissons, doit bénéficier d’un salaire de quatre millions FCFA » (plus de 6.000 euros) par mois, indique cette lettre signée d’un certain « capitaine Touré ».

« Les autres de son groupe, c’est-à-dire son clan, qui refusent de venir combattre, bénéficient également des mêmes traitements. Si cette décision n’était pas annulée dans les deux semaines suivantes, nous cesserons, nous, c’est-à-dire mes éléments et moi, de combattre », ajoute le capitaine Touré.

Le capitaine Sanogo a été officiellement investi en février à la tête d’un comité de réforme de l’armée.

Le coup d’Etat du 22 mars 2012 avait précipité la chute du nord du Mali aux mains des islamistes armés liés à Al-Qaïda qu’une intervention militaire franco-africaine a depuis chassés des principales villes de la région.

Les combats se poursuivent cependant dans des zones désertiques du nord-est du Mali où se sont retranchés des islamistes armés.

Presse : le directeur de publication du Républicain, interpellé ce mercredi 6 mars 2013 à 12h30

Afribone – Seydou Coulibaly – 6/03/2013

 Selon des informations proches du quotidien « Le Républicain », quatre personnes, en tenues civiles, se sont présentées dans les locaux de l’organe ce mercredi 6 mars 2013 aux environs de 12heures 30. Ils ont sommé le journaliste Boukary Daou , directeur de publication, de les suivre. Ce dernier s’est exécuté. Il s’agirait, selon les témoins de l’interpellation, d’éléments de la sécurité d’Etat.

Si la raison de cette interpellation n’a pas été notifiée, il n’est guère difficile de faire la relation avec la parution de l’article ce matin même dans les colonnes du journal. La publication incriminée a pour titre : «  Lettre ouverte au Président de la République : les soldats au front révoltés par les avantages accordés au Capitaine Sanogo  », une lettre d’un capitaine de l’armée malienne sur le champ des opérations, qui proteste contre les émoluments attribués au capitaine Sanogo pour salaire au sein du comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité.

Celui-ci, selon la lettre, « exige » du président de la République par intérim l’annulation du décret accordant ce traitement mensuel de près de Quatre millions de F Cfa au président dudit comité.

Article en ligne : http://www.afribone.com/spip.php ?article47312

 

Boukary DAOU, Dirpub du Républicain interpellé par la SE

Le Républicain – 6 mars 2013.   

 Le Directeur de publication du journal « Le Républicain » , Boukary Daou a été interpellé dans les environs de 12 H 30  au siège du journal par quatre hommes armés habillés en civil. Il lui  aurait   été reproché  d’avoir publié dans la parution du journal de ce matin,  la lettre ouverte adressée au président de la République par les soldats au front signé par un Capitaine Touré. Il est toujours gardé dans les locaux de la Sécurité d’Etat

Lettre ouverte au Président de la République : Les soldats au front révoltés par les avantages accordés au Capitaine Sanogo

Le Républicain  du   6 mar 2013

Six semaines après sa signature, le décret fixant les avantages accordés aux membres et au Secrétaire général du Comité militaire de suivi de la Réforme des forces de défenses et de sécurité indigne  des  soldats maliens au front qui ont demandé son annulation à travers une lettre au Président de la République. Dans un document déposé à la rédaction du Républicain, le message est clair : la décision a créé une révolte dans les rangs des combattants. Un ultimatum de deux semaines est lancé par ces soldats au front qui demandent « des explications claires et nettes » au Président de la République.

« Monsieur le Président, nous avons appris, pendant que nous mourons, nous, dans le grand désert, que le Capitaine Sanogo, pour avoir fait un coup d’Etat, et mis le pays dans la situation que nous connaissons, doit bénéficier d’un salaire de quatre millions.  Et les autres de son groupe, c’est-à-dire son clan, qui refusent de venir combattre,  bénéficient également des mêmes traitements », peut-on lire dans la lettre ouverte au Président de la République et signée par le Capitaine Touré (dont nous taisons le prénom).  

Ces soldats de l’armée malienne déclarent leur incompréhension et exigent du Président du République « des explications claires et nettes ». Ils veulent savoir s’il faut faire un coup d’Etat pour être récompensé et reconnu comme bon soldat, chose qu’ils affirment ne jamais accepter. Et « si cette décision n’était pas annulée avant  dans les deux semaines suivantes, nous cesserons, nous, c’est-à-dire moi et mes éléments, de combattre et nous sommes prêts à en subir toutes les conséquences », soutiennent les auteurs de la lettre ouverte.

Le Décret n 2013-043 /P-Rm du 22 janvier 2013 fixe les avantages accordés aux membres et au Secrétaire général du Comité militaire de suivi de la Réforme des forces de défenses et de sécurité. Son président, le Capitaine Amadou Aya Sanogo, bénéficie d’un traitement de 2 500 000 Fcfa et d’autres avantages comme l’indemnité de responsabilité et la prime de sujétion pour risque qui sont de 300 000 et 250 000 Fcfa, une indemnité de logement de 500 000 Fcfa, une indemnité forfaitaire d’entretien au titre de la consommation d’eau, d’électricité et de téléphone de 400 000 Fcfa, une Prime d’installation de 2 500 000 Fcfa, un véhicule de fonction, la gratuité des soins et examens médicaux, une Assurance couvrant les accidents de transport par voie aérienne ou de surface.

La Rédaction

 

La lettre ouverte au Président de la République :

Monsieur le Président,

Nous avons appris, pendant que nous mourons, nous, dans le grand désert, que le Capitaine Sanogo, pour avoir fait un coup d’Etat, et mis le pays dans la situation que nous connaissons, doit bénéficier d’un salaire de quatre millions.  Et les autres de son groupe, c’est-à-dire son clan, qui refusent de venir combattre,  bénéficient également des mêmes traitements.  Nous ne comprenons pas cela et nous exigeons de vous, nous autres soldats de l’armée malienne des explications claires et nettes. Nous voulons savoir s’il faire un coup d’Etat pour être récompensé et reconnu comme bon soldat ? Nous n’accepterons jamais cela. Si cette décisions n’était pas annulée avant  dans les deux semaines suivantes, nous cesserons, nous, c’est-à-dire moi et mes éléments, de combattre et nous sommes prêts à en subir toutes les conséquences.

Fait à Gao, le 1er mars 2013

Le Capitaine TOURE

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