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Ses amis corses menacent-ils IBK ?

by sur 29 mars 2014

Comme pas mal d’hommes politiques français, comme le MNLA, IBK a des amis corses; ceux-là très présents dans le monde des affaires et des jeux dits « de hasard ».

De là à dire qu’il est sous leur contrôle, il y a un pas que n’ont pas hésité à franchir les journalistes du « Monde » enquêtant sur celui qu’ils appellent « le parrain des parrains ». Il y a une dizaine de jours, Nicolas Beau, sur le site Mondafrique, déclenchait l’enquête et terminait l’article que nous publions également ci-dessous par ces phrases : « Cette démocratie d’opérette prépare des lendemains qui déchantent. Qui s’en soucie à Paris, où le Mali est passé de mode ? »

La présidence de la République du Mali a immédiatement réagi, se réservant le droit d’attaquer « le Monde » pour diffamation.

Le point sur ce que l’on sait au jour d’aujourd’hui.

La présidence du Mali réagit à un article diffamatoire du Monde

Par Koulouba – 29/03/2014

Bamako, le 28 Mars 2014
Dans le communiqué de la Présidence de la République, il est précisé qu’ « IBK prend l’attache d’avocats malien et français et étudie toutes les suites judiciaires possibles »
Dans un article du journal français « LE MONDE », daté du 28 mars 2014, sous le titre La justice sur la piste du « parrain des parrains » diffusé sur le site Internet du dit quotidien, les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme affirment que « plusieurs chefs d’Etat seraient impliqués dans le « système Tomi », en citant le nom du Président de la République du Mali, Monsieur Ibrahim Boubacar KEÏTA.
Cet article vise à salir l’honneur d’un homme, Ibrahim Boubacar KEÏTA, dont les valeurs d’intégrité et de rigueur morale n’ont jamais été remises en cause, et ce par qui que ce soit. Mais au delà de la personne du Chef de l’Etat et de l’institution qu’il incarne, il veut jeter le discrédit sur les efforts inlassables de toute une nation pour sortir d’une crise sans précédent.
C’est pourquoi, ayant pris toute la mesure de cet article, le Chef de l’Etat a pris l’attache d’avocats malien et français, afin d’étudier toutes les suites judiciaires possibles, y compris en termes de mesures urgentes et à titre conservatoire.

La justice sur la piste du « parrain des parrains »

LE MONDE | 28.03.2014 Gérard Davet et Fabrice Lhomme Journalistes au Monde

Deux juges et des dizaines d’enquêteurs sont à ses trousses depuis de longs mois. Pour eux, pas de doutes possibles : l’homme d’affaires corse Michel Tomi, 66 ans, à la tête d’un empire industriel en Afrique, serait le dernier « parrain des parrains » français. L’affaire inquiète jusqu’à l’Elysée, elle risque même de provoquer de forts remous dans les milieux diplomatiques, avec la mise en cause pour corruption du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, dit « IBK ».
Selon les informations du Monde, depuis le 25 juillet 2013, date de l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet de Paris pour « blanchiment aggravé en bande organisée », « abus de biens sociaux » et « faux en écriture privée », les juges Serge Tournaire et Hervé Robert enquêtent en toute discrétion sur Michel Tomi, son groupe industriel Kabi, mais également sur ses réseaux politiques. L’homme est soupçonné de blanchir en France une partie de l’argent gagné en Afrique. Et de financer des présidents africains. Plusieurs chefs d’Etat seraient impliqués dans le « système Tomi » : IBK, donc, mais aussi le président gabonais, Ali Bongo, et les présidents tchadien ou camerounais.
Deux enquêtes financières ouvertes à Ajaccio et Marseille, ainsi que des rapports de Tracfin (l’organisme anti-blanchiment de Bercy), visant M. Tomi, ont été centralisés à Paris à l’automne 2013, et joints au dossier. En mars, les magistrats ont frappé fort : ils ont demandé un réquisitoire supplétif au parquet, afin d’étendre leurs investigations à des faits de « corruption d’agent public étranger ». Leur cible : Ibrahim Boubacar Keita, président du Mali depuis septembre 2013, activement soutenu par la France.
C’est dire si l’affaire gêne la diplomatie française. Les présidences malienne et gabonaise n’ont pas répondu aux sollicitations réitérées du Monde. Une autre piste est examinée par les policiers : celle des soutiens dont bénéficierait M. Tomi (condamné en 2008 pour « corruption active » pour avoir financé illégalement la campagne du Rassemblement pour la France de Charles Pasqua aux élections européennes) dans la classe politique française.
Cette enquête hyper-sensible démarre en 2011, dans le prolongement de l’affaire du cercle Wagram. La police découvre qu’un clan corse tente de mettre la main sur l’établissement de jeux parisien. Trois hommes, réputés dangereux, prennent la fuite : Frédéric Federici, Stéphane Luciani et Jean-Luc Germani. La direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris s’empare du dossier. Et tombe sur M. Tomi, suspecté de subvenir aux besoins du trio en Afrique. Dès lors, les policiers prennent en filature l’homme d’affaires. Et découvrent l’étendue de ses relations.

AMITIÉS
Avril 2012. Par un bel après-midi printanier, un homme en costume azur sort du restaurant parisien huppé La Maison de la truffe, escorté par ses gorilles. C’est IBK. Il serre dans ses bras un Michel Tomi en petite forme. Atteint d’une sclérose en plaques, il se déplace en fauteuil roulant. Son lieutenant, Jean-Luc Codaccioni, dit « Johnny », est également présent.
Les trois hommes ne sont pas seuls : les policiers, en planque, mitraillent la scène au téléobjectif. M. Tomi sait entretenir ses amitiés. Il fournit des vêtements de marque au futur président malien, paie ses séjours à l’hôtel parisien La Réserve, met à sa disposition des avions pour sa campagne présidentielle – M. Tomi possède deux compagnies aériennes, Afrijet et Gabon Airlines.
Fin juillet 2013, la police judiciaire est saisie par les juges Tournaire et Robert. Une petite équipe travaille dans le secret. Au sein de la direction centrale de la PJ, l’enquête provoque des dissensions : le clan Tomi a des amis dans la maison, comme dans le monde politique. Placé sur écoute, M. Tomi est bavard au téléphone. Il discute avec ses hommes de main, chargés de rapatrier l’argent en France. Le nom d’IBK revient souvent. M. Tomi est d’ailleurs présent à la cérémonie d’intronisation du nouveau chef d’Etat malien, à Bamako, en septembre 2013. Dans un coin, pour ne pas se faire remarquer.
En décembre 2013, en marge d’un sommet africain qui se tient à Paris, IBK effectue un déplacement privé à Marseille, où il est pris en main par les hommes de M. Tomi. Celui-ci multiplie les séjours dans la cité phocéenne : il se rend deux fois par mois à l’hôpital de la Timone. Plus récemment, du 8 au 10 février, M. Tomi héberge son ami, tous frais payés, dans une suite du palace parisien le Royal Monceau. Il lui procure aussi des véhicules haut de gamme. Il s’occupe même de sa sécurité.

« JE NE FAIS PAS D’AFFAIRES AVEC TOMI ! »
Fin 2013, il contacte ainsi Bernard Squarcini, l’ancien patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), proche de Nicolas Sarkozy et débarqué par le pouvoir socialiste mi-2012.
M. Squarcini est désormais consultant en sécurité dans le privé. M. Tomi, qui connaît bien l’ex-chef du contre-espionnage, le sollicite pour organiser la protection de son ami IBK. Les enquêteurs s’interrogent sur les relations entre M. Tomi et M. Squarcini. Le demi-frère de M. Tomi travaille d’ailleurs à la DCRI – il a été recalé par la PJ en raison de son patronyme sulfureux…
« Il fallait sauver le soldat IBK, protégé par la France, justifie M. Squarcini au Monde. Mais je ne fais pas d’affaires avec Tomi ! Ce n’est pas un ami. En revanche, il a des liens privilégiés avec un commandant de la police judiciaire… »
L’enquête va maintenant conduire les policiers à plonger au coeur de l’empire Tomi. Selon les services de renseignement, il est depuis 2009 l’unique détenteur d’une autorisation d’ouverture de casinos à Bamako, où il a créé la salle de jeux Fortune’s club.
D’après les enquêteurs, IBK y détiendrait des parts. M. Tomi reproduit partout le modus operandi qui lui a si bien réussi au Gabon, où son groupe est basé et emploie… 40 000 personnes !
Fort de ses relations privilégiées avec l’ex-président Omar Bongo, mort en 2012, il a su faire fructifier ses intérêts. Il possède le PMU local, a empoché, en 2010, 10 % de la vente à l’Etat gabonais pour 16 millions d’euros de quatre vedettes de surveillance maritime, sans compter des milliers de logements en construction.
Son notaire au Gabon ? Le propre frère du président Bongo…

INTOUCHABLE
Aux yeux des autorités gabonaises, M. Tomi est intouchable. D’ailleurs, en novembre 2013, elles ont refusé d’accorder un visa aux journalistes du Monde désireux d’enquêter à Libreville. Très proche d’Alexandre Rodriguez, un homme d’affaires qui loue des yachts de luxe, il permet au couple présidentiel Ali et Sylvia Bongo de passer de bonnes vacances à Corfou, en juillet 2013, sur le yacht Grazia Dio.
Il joue aussi les intermédiaires avec des investisseurs chinois, opère au Tchad, au Cameroun, au Bénin, au Niger, au Sénégal ou au Togo, et vise des marchés en Serbie, dans le golfe persique, en Asie… Les secteurs sont nombreux : BTP, centrales hydrauliques, sécurité, textile…
Une expansion commerciale qui en a fait un milliardaire… sous surveillance : le 2 juin 2013, les enquêteurs surprennent une conversation entre M. Tomi et Edgard Ngo’o, ministre camerounais de la défense. Ce dernier demande à son interlocuteur que les cadeaux offerts par le clan Tomi ne « laissent pas de traces ».
Car son argent, Michel Tomi le redistribue. Il subvient aux besoins de Sandra Germani, la veuve de Richard Casanova, membre du gang de la Brise de mer. Il supervise la réunion, toujours sur le Grazia Dio, de Sandra Germani, Felix Antonietti ou encore Dominique Pasqualetti, tous sous surveillance policière. Car s’il étend son empire en Afrique, Michel Tomi semble aussi, selon les enquêteurs, garder des liens avec le milieu corse, tout en soignant ses relations haut placées en France. L’enquête ne fait donc que débuter…

 

Qui est Michel Tomi, le « parrain des parrains » poursuivi par la justice ?

LE MONDE | 28.03.2014 |Par Jacques Follorou – Journaliste au Monde

Voilà longtemps que certains magistrats et policiers rêvent d’accrocher à leur tableau de chasse Michel Tomi, celui qu’ils considèrent comme le dernier parrain corse à l’ancienne.
Au carrefour du monde politique, de l’entreprise, des voyous, des chefs d’Etat africains et des jeux, ce patriarche, né en 1947, qui se déplace en chaise roulante et n’en est pas moins vif d’esprit, le sait bien.
« Je suis sur écoute depuis des années alors que je n’ai rien à me reprocher et je défie quiconque de montrer que j’ai une seule affaire en France ou même en Europe », assure-t-il au Monde d’une voix calme. Il ne se connaît qu’un seul investissement par le biais d’une société civile immobilière à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) pour un studio et dément les projets qu’on lui prête en Autriche.
« Je suis davantage africain que corse ou français, ma logique a été payante, ne jamais faire d’affaires en Corse », note-t-il. Il a débuté comme croupier à Monaco avant d’intégrer, en 1968, l’un des cercles de jeux parisien contrôlé par les Francisci, les empereurs des jeux d’alors, qui lui mettent le pied à l’étrier. En 1974, il est au casino Ruhl, à Nice, où règne Jean-Dominique Fratoni, le « Napoléon des tapis verts » lié à la mafia, avant de tenter l’aventure à l’étranger.
De retour en France, il est interdit de gestion dans le casino dont son frère, Jean Tomi, est l’actionnaire principal à Bandol (Var). Un établissement fermé en 1988 après l’ouverture d’une enquête. Lors du procès, en 1996, il apparaît que de l’argent du casino était versé à des poids lourds du milieu marseillais.

FINANCES À L’ABRI EN AFRIQUE ET DANS LES PARADIS FISCAUX
Après cette affaire, Michel Tomi rebondit grâce à un homme qui lui ouvre les portes de l’Afrique : Robert Feliciaggi. Tomi apporte sa connaissance des jeux et une idée : implanter le PMU en Afrique francophone. L’Afrique subsaharienne leur ouvre les portes. Leur fortune est faite.
Ses finances, aujourd’hui illimitées, sont à l’abri en Afrique et dans les paradis fiscaux car il n’a plus aucun compte bancaire en France depuis l’affaire du casino d’Annemasse. Il a été condamné pour avoir financé, par le biais de sa fille, directrice du PMU au Gabon, la campagne du Rassemblement pour la France de Charles Pasqua pour les élections européennes de 1999 en contrepartie d’autorisations pour exploiter l’établissement de jeux de Haute-Savoie.
Michel Tomi vit, de fait, en Afrique, au Maroc, au Gabon et au Mali. Il vient à Paris régulièrement et à Marseille. En 2007, la mise sur écoute de son téléphone dans l’enquête sur l’assassinat, en mars 2006, de son ami Robert Feliciaggi, avait levé une partie du voile sur ses activités. Dirigeant des principaux établissements de jeux en Afrique de l’Ouest, son groupe Kabi s’est étendu géographiquement et s’est enrichi d’autres activités comme l’hôtellerie, le BTP et l’immobilier.
Quand la justice lui prête alors la construction de 250 villas au Maroc, il dit n’avoir connaissance que d’une dizaine de maisons. « Ces surveillances n’ont rien donné, mais Dieu merci, relève-t-il, quelque temps après la mort de Robert, on a compris que je n’y étais pour rien. Son fils travaille avec moi. »

RELATIONS PRIVILÉGIÉES AVEC LA FAMILLE D’OMAR BONGO
Depuis 2005, Michel Tomi est également à la tête, avec son fils, Jean-Baptiste, que l’on voit souvent à Dubaï, de la compagnie Afrijet Business Service, qui possède des Falcon. Avec un associé, il a mis la main sur Gabon Airlines. Les écoutes de 2007 soulignaient ses relations privilégiées avec la famille du président gabonais d’alors, Omar Bongo, et surtout son fils, Ali, à l’époque ministre de la défense. Ce dernier a succédé à son père, mort le 8 juin 2009.
Les Tomi avaient aussi noué des liens solides avec Frédéric Bongo, chef du renseignement. Les enquêteurs pointaient les services rendus à la famille Bongo : frais d’hospitalisation en France, mise à disposition d’avions, de bateaux et achats de véhicules de prestige en guise de présents. « Ils n’ont pas besoin de moi pour cela », corrige-t-il.
Mais l’ère gabonaise des Tomi est aujourd’hui terminée. Leur influence a reculé à mesure que celle du directeur de cabinet d’Ali Bongo, Maixent Accrombessi, grandissait. Les Tomi ont réduit leurs activités au Gabon pour s’investir au Mali où leur ami Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », a été élu président en 2013.

« RESTER À MA PLACE SANS INTERFÉRER »
Durant l’élection présidentielle, IBK a voyagé avec les avions d’Afrijet mais Michel Tomi dément avoir financé sa campagne. Selon un diplomate français, rencontré en juin 2013 à Bamako, « la force des Tomi, c’est qu’ils étaient proches d’IBK quand il n’était rien, ils ont du flair ». Aujourd’hui, alors qu’IBK installe encore son pouvoir, il s’appuie sur cette confiance scellée avec les Tomi.
« J’ai un casino à Bamako depuis vingt ans et je n’en ai pas ouvert un deuxième parce que je sais où me situer, je connais beaucoup de chefs d’Etat africains mais ma relation avec eux est de rester à ma place sans interférer », dit Michel Tomi.
Il admet simplement avoir recommandé la société française de sécurité Gallice, chargée de former la garde personnelle d’IBK. Frédéric Gallois, cofondateur de Gallice, confirme que Michel Tomi est intervenu en leur faveur mais précise que le vrai coup de main est venu d’Ali Bongo, que sa société protège également.
Sur ses liens avec une figure du grand banditisme insulaire, Richard Casanova, tué en 2008, Michel Tomi confirmait aux policiers, le 18 mai 2010, « une relation presque familiale » et il confiait sa proximité avec le beau-frère de Richard Casanova, Jean-Luc Germani, recherché pour assassinat et présenté comme le nouvel homme fort du milieu français.
Un petit voyou, premier repenti corse, Claude Chossat, avait révélé, en 2010, que le groupe criminel de la Brise de mer, dont M. Casanova était un pilier, avait blanchi « 4 millions d’euros » par l’intermédiaire de M. Tomi. Ce dernier dément. « Si nous étions amis avec Richard, je n’ai jamais fait d’affaires avec lui. »
Un an plus tôt, le 11 mars 2009, dans un restaurant situé près de l’office central de lutte contre le crime organisé, à Nanterre, une scène avait pourtant ajouté au trouble sur son statut de parrain. Entouré de gardes du corps, il rencontrait, ce jour-là, M. Germani et Stéphane Luciani, autre braqueur chevronné. Le milieu insulaire était alors à feu et à sang. Les policiers pensent que cette rencontre a permis d’y mettre fin. « C’est faux, se défend M. Tomi, ils sont venus me voir pour installer des machines à sous à Kinshasa. »
Dubitatifs, les enquêteurs commentaient ainsi, en 2010, son audition comme témoin : « Il décrivait, dans un mélange très surprenant de candeur, de prudence et de rouerie, le fonctionnement de type mafieux de certains personnages autrefois ou toujours influents dans le sud de la Corse. »

Françafrique, les Corses de Pasqua conseillent désormais le président malien

Nicolas Beau – Mondafrique – le 17 mar 2014 – 1:36
Lieutenants de Charles Pasqua en Corse et en Afrique, Michel Tomi et son fils Jean Baptiste, sont devenus les plus proches conseillers du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, surnommé IBK.
Elu dans la foulée de l’opération militaire française « Serval », IBK a toujours été présenté comme…le candidat de la France. Ce n’est un secret pour personne que la diplomatie française, Laurent Fabius en tète, a soutenu la candidature d’IBK.
C’est vraiment un étrange téléscopage auquel on assiste entre les réseaux les plus éculés de la Françafrique et les relais politiques de Hollande et Fabius à Bamako. Entre truculence et magouilles, les patrons de jeux et de casinos corses, traditionnellement proches de Charles Pasqua, viennent de mettre la main sur le casino de Bamako avec l’appui bienveillant de la présidence malienne, qui les consulte désormais régulièrement.
Au cinéma les amis corses de Charles Pasqua, les Feliciaggi et les Tomi, joueraient le rôle des mauvais garçons : de lourdes paupières, des lèvres épiasses, des visages figés. Leur impassibilité est traversée parfois par une lueur d’intelligence, baptisée en Corse, « le vice du berger », ou encore « le vice du renard ». Ce sont eux qui depuis un quart de siècle ont fait main basse sur l’industrie du jeu dans les principales capitales de l’Afrique francophone. Eux encore qui ont été mis en cause dans plusieurs procédures judiciaires pour avoir aidé Charles Pasqua à la tète du mouvement qu’il avait créé, le RPF.
Ainsi Robert Feliciaggi, abattu voici quelques années de quelques balles sur le tarmac de l’aéroport d’Ajaccio, devait renflouer en 1999 les comptes de la patronne du PMU gabonais, Marthe Mandolini, la fille de Michel Tomi (qui refait surface à Bamako). Il s’agissait alors pour l’amie Marthe d’aider « Monsieur Charles » (Pasqua) à recevoir un prèt de sept millions et demi pour renflouer le RPF.

Les Tomi, le retour
Or Michel Tomi et son fils Jean Baptiste, sont en train de réussir un formidable retour au Mali. Non seulement ils ont désormais les clés du casino de Bamako, mais ils conseillent le nouveau président malien, IBK, qui les consulte à tout propos. Empereur des jeux et des casinos en Afrique, Michel Tomi, qui tutoie Pasqua, n’est pas un perdreau de l’année. Condamné dans la débâcle du casino de Bandol en 1996 à un an de prison, une peine confirmée par la Cour de cassation, cet honnête garçon avait obtenu du juge d’application d’Ajaccio un régime de semi liberté.
Ce retour en force à Bamako des Tomi, père et fils, n’a pas manqué d’agacer fortement un certain nombre de diplomates et de coopérants occidentaux qui pensaient que l’ère de la françafrique était révolue. Vieux cheval de retour de la politique malienne, IBK, voulait-on faire croire au quai d’Orsay, était un homme neuf.
Plus troublant, ce retour en force des corses intervient au moment où le président malien semble sombrer dans le clientélisme et le contrôle de l’argent public à son profit. Lors d’un récent conseil des ministres, il a annoncé que dans chaque ministère un homme de confiance de la présidence veillerait aux appels d’offre et aux dossiers impliquant les finances de l’Etat.
Plus que jamais, la vie politique malienne reste un formidable ascenseur social pour le clan de la présidence. Cette démocratie d’opérette prépare des lendemains qui déchantent.
Qui s’en soucie à Paris, où le Mali est passé de mode ?

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