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Les ministres du gouvernement de M.Mara

by sur 12 avril 2014

 Listes des ministres et quelques commentaires

Remaniement au Mali: de nouveaux entrants, mais pas de bouleversement

 RFI le 12 avril 2014 

 Moussa MaraMoussa Mara, le 9 avril à Bamako, lors de sa prise de fonction en tant que nouveau Premier minitsre malien.  AFP PHOTO / HABIBOU KOUYATE

On connaît à présent la composition du nouveau gouvernement. Une semaine après la nomination de Moussa Mara au poste de Premier ministre, les autorités maliennes ont dévoilé vendredi soir la composition de l’équipe gouvernementale qui compte 31 ministres. Quelques nouveautés, mais pas d’immenses bouleversements.

31 ministres contre 29 dans l’ancien gouvernement. Les nombreux observateurs qui pariaient sur une équipe resserrée, pour réduire les dépenses, ont donc mal vu. Pas de révolution, non plus, question parité avec cinq femmes, une de plus seulement que dans l’ancien gouvernement.

Les ministres maintenus

Le ministre de la Justice, Mohamed Ali Bathily, peu populaire auprès des magistrats, mais très apprécié par le président IBK, conserve son poste. Deux autres poids lourds de l’ancien gouvernement sont maintenus : Soumeylou Boubèye Maïga à la Défense, et le général Sada Samaké qui, en plus du portefeuille de la Sécurité, hérite de celui de l’Intérieur. Bouaré Fily Sissoko est également maintenu au ministère de l’Economie et Tiéman Hubert Coulibaly aux Domaines de l’Etat. Zahabi Ould Sidi Mohamed a pour sa part été transféré, passant des Affaires étrangères à la Réconciliation nationale.

Deux généraux non reconduits

A noter la sortie du gouvernement du général Moussa Sinko Coulibaly, jusqu’ici ministre de l’Administration territoriale. L’organisateur de la dernière présidentielle – un succès – était aussi l’un des membres de l’ex-junte à l’origine du coup d’Etat militaire de mars 2012. Abdoulaye Koumaré, qui fut également très proche du chef de l’ex-junte Amadou Sanogo, n’a pas été maintenu au poste de ministre de l’Equipement.

Les nouveaux ministres

Abdoulaye Diop, qui fut pendant plusieurs années ambassadeur du Mali aux Etats-Unis, fait son entrée au gouvernement en tant que ministre des Affaires étrangères. Première expérience gouvernementale pour Mamadou Camara, qui quitte le poste stratégique de directeur de cabinet du président de la République pour le portefeuille de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication. Un vétéran des vétérans de la classe politique malien, Me Mountaga Tall, hérite quant-à lui du ministère de l’Enseignement supérieur. Tous les partis de la mouvance présidentielle ne sont pas représentés dans ce nouveau gouvernement.

 Le MinLe Min. Secrétaire Général de la Présidence de la République annonçant la composition du nouveau Gouvernement

La liste complète et officielle du gouvernement de Moussa Mara :

Ministre de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux : Mohamed Ali Bathily
Ministre de la Défense et des Anciens Combattants : Soumeylou Boubèye Maïga
Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité : Général Sada Samaké
Ministre de l’Économie et des Finances : Mme Bouaré Fily Sissoko
Ministre de la Réconciliation Nationale : Zahabi Ould Sidi Mohammed
Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération internationale : Abdoulaye Diop
Ministre du Développement Rural : Bocari Treta
Ministre de la Solidarité, de l’Action Humanitaire et de la Reconstruction du Nord : Hamadou Konaté
Ministre de l’Équipement, des Transports et du Désenclavement : Mamadou Hachim Koumaré
Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : Mountaga Tall
Ministre de la Planification, de l’Aménagement du Territoire et de la Population : Cheickna Seydi Ahamady Diawara
Ministre des Domaines de l’Etat, des Affaires Foncières et du Patrimoine : Tiéman Hubert Coulibaly
Ministre du Travail, de la Fonction Publique et des Relations avec les Institutions : Bocar Moussa Diarra
Ministre du Commerce : Abdel Karim Konaté
Ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement : Abdoulaye Idrissa Maïga
Ministre de la Décentralisation et de la Ville : Ousmane Sy
Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat : Mahamadou Diarra
Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique : Ousmane Koné
Ministre de l’Éducation Nationale : Mme Togola Jacqueline Marie Nana
Ministre de l’Économie Numérique, de l’Information et de la Communication : Mahamadou Camara.
Ministre de l’Énergie : Mamadou Frankaly Keïta
Ministre des Mines : Boubou Cissé
Ministre de l’Industrie et de la Promotion des Investissements : Moustapha Ben Barka
Ministre de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, Porte-parole du Gouvernement : Mahamane Baby
Ministre de la Femme de l’Enfant et de la Famille : Mme Sangaré Oumou Ba
Ministre des Maliens de l’Extérieur : Abdourhamane Sylla
Ministre de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne : Mamadou Gaoussou Diarra
Ministre des Sports : Housseïni Amion Guindo
Ministre de l‘Artisanat et du Tourisme : Mme Berthé Aïssata Bengaly
Ministre de la Culture : Mme Ramatoulaye N’diaye Diallo
Ministre des Affaires Religieuses et du Culte : Thierno Amadou Omar Hass Diallo

 

Mali: le nouveau gouvernement formé, le ministre de la Réconciliation remplacé

 Afp du 12 avr 2014 

 Le nouveau Premier ministre du Mali, Moussa Mara, a formé son gouvernement, dans lequel ne figure plus le ministre sortant de la Réconciliation, remplacé par l’ex-chef de la diplomatie, selon un décret présidentiel lu vendredi soir sur la télévision publique.

Dans ce nouveau gouvernement composé au total de 31 ministres – contre 35 dans l’équipe précédente – Zahabi Ould Sidy Mohamed, un Arabe natif de Tombouctou (nord-ouest du Mali), est ministre de la Réconciliation, en remplacement de Cheick Oumar Diarrah, qui quitte le gouvernement. M. Ould Sidy Mohamed est remplacé au ministère des Affaires étrangères par Abdoulaye Diop, un diplomate.

Huit personnalités font leur entrée dans le nouveau gouvernement qui compte cinq femmes.
Plusieurs ministres de la précédente équipe conservent cependant leur portefeuille dans le nouveau cabinet qui a pour particularité de ne compter aucun ministre délégué.

Parmi les principaux reconduits, figurent Mohamed Ali Bathily (Justice), Soumeylou Boubèye Maïga (Défense), Sada Samaké (Intérieur et Sécurité) et Mme Bouaré Fily Sissoko (Economie et Finances).
D’autres ministres ont été remerciés, dont Moussa Sinko Coulibaly, qui fut ministre durant la transition et avait été reconduit dans le gouvernement comme ministre de l’Administration territoriale après l’élection du président Ibrahim Boubacar Keïta. M. Coulibaly est remplacé par Cheikna Seydi Ahmadi Diawara qui dirige le nouveau ministère de l’Aménagement du territoire, de la Planification et de la Population.

Autres partants: Ousmane Ag Rhissa (ex-Environnement) et Abdoulaye Koumaré (ex-Equipement et Transport), un militaire qui, comme Sinko Coulibaly, fut aussi ministre durant la transition. Mountaga Tall, chef du parti Comité national d’initiative pour le développement (CNID), fait une entrée remarquée dans le gouvernement comme ministre de l’Enseignement supérieur tandis que Ousmane Sy, un ex-ministre sous le régime du président Alpha Konaré (2002-2012) est nommé ministre de la Décentralisation.

Les ministres chargés des Sports et de l’Economie numérique ont de nouveaux chefs qui sont respectivement Housseïnou (bien H. selon la liste officielle) Amion Guindo, candidat battu à la présidentielle de 2013, et Mahamadou Camara, jusqu’alors directeur de cabinet du président Keïta.

La formation de ce nouveau gouvernement a lieu six jours après la nomination de Moussa Mara, qui s’est fixé plusieurs priorités dont la sécurité et la réconciliation, essentielles pour son pays qui sort d’une longue crise. « La sécurité de l’ensemble des Maliens là où ils se trouvent et sur l’ensemble du territoire national », est prioritaire, avait affirmé M. Mara mercredi, lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Oumar Tatam Ly.
M. Mara a été nommé Premier ministre le 5 avril peu après la démission de M. Ly, qui fut Premier ministre pendant un peu plus de sept mois. Dans sa lettre de démission dont l’AFP a obtenu une copie, M. Ly évoquait des « dysfonctionnements » et « insuffisances (…) dans la marche du gouvernement » qui réduisaient sa capacité d’action.

(….)

Autopsie du nouveau gouvernement : 8 rentrants et 10 partants

Malijet – le 12/4//2014 par Abdoulaye Diakité  

Aucun cadre du parti du PM dans le gouvernement…..IBK et son RPM s’emparent de 23 portefeuilles sur les 31……..Moussa Mara n’a aucune emprise sur ce gouvernement

Le Premier ministre du Mali, Moussa Mara a formé son premier gouvernement ce vendredi. C’est une équipe de 31 membres contre 34 pour son prédécesseur, Oumar Tatam Ly.

Le nouvel attelage gouvernemental comprend 8 nouvelles figures dont le ministre des Affaires étrangères de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, ancien ambassadeur du Mali à l’ONU et très proche du chef de l’Etat. Il y a aussi Mamadou Hachim Koumaré, précédemment conseiller du président de la République qui devient ministre de l’Équipement, des Transports et du Désenclavement.
Un autre proche du chef de l’Etat fait son entrée au gouvernement en l’occurrence Mahamadou Camara, précédemment directeur de cabinet à la présidence de la République. Le 4è nouveau membre du gouvernement proche du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, est une dame. Elle s’appelle Madame N’diaye Ramatoulaye Diallo et hérite du département de la Culture.
Elle est membre du parti présidentiel, le Rassemblement pour le Mali (RPM) et s’est bien battue lors de la campagne présidentielle de 2013 à Sikasso, la 3e région du pays. Le 5e proche du président nouvellement arrivé au gouvernement est le directeur de campagne du président Ibrahim Boubacar Kéita non moins 2e adjoint au secrétaire général du RPM. M. Abdoulaye Idrissa Maïga, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement.
Les 3 autres rentrants sont issus des partis de la majorité présidentielle. C’est le cas de Me Mountaga Tall, président du Cnid Faso Yiriwa Ton auquel on a attribué le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. C’est un dinosaure de la classe politique malienne qui a fait 3 mandats parlementaires. Housseïni Amion Guindo, président de la Codem, membre de la majorité présidentielle, est bombardé ministre des Sports.
L’Adéma, l’ancien parti au pouvoir et membre de la majorité présidentielle, a envoyé une nouvelle tête au gouvernement en la personne de Ousmane Sy, le père de la décentralisation au Mali qui hérite du département de la Décentralisation et de la ville.
Comme on le voit, sur les 8 nouveaux rentrants, 5 sont des proches du chef de l’Etat et 3 sont issus des partis de la majorité présidentiel.
Deux enseignements importants sont à tirer. Premièrement, le Premier ministre, Moussa Mara n’a aucun autre membre de son parti (Yèlèma) dans le gouvernement à part lui-même. Deuxièmement, le président de la République et son parti, le RPM, s’emparent de 23 portefeuilles sur les 31. 8 ministères reviennent aux partis alliés. Il y a un seul ministre qui change de portefeuille, M. Zahabi Ould Sidi Mohamed, précédemment chef de la diplomatie malienne, qui devient ministre de la Réconciliation nationale.
Le parti Yèlèma superbement ignoré

Parmi les ministres partants, il y a Cheick Oumar Diarra qui était ministre de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord. Il y aussi les deux généraux membres de l’ex-junte qui plient bagages en l’occurrence Abdoulaye Koumaré qui était à l’Equipement et des Transports et Moussa Sinko Coulibaly qui était à l’Administration territoriale. Ils pourront se mettre maintenant entièrement à la disposition de la Justice. Ousmane Ag Rhissa et Bruno Maïga respectivement ministre de l’Environnement et de l’Assainissement ; et de la Culture dans le gouvernement précédent sont aussi virés.
Malick Alhousseyni, précédemment ministre délégué chargé de la décentralisation quitte aussi le gouvernement de même que Madani Touré, ministre délégué chargé du Budget. Ce n’est pas tout car, Moustapha Dicko de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ; Jean Marie Sangaré de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information et Nango Dembélé, ministre délégué chargé de l’Elevage de la Pêche et de la Sécurité alimentaire dans le gouvernement sortant, sont tous débarqués.

A part ces quelques changements, tous les poids lourds du gouvernement sortant conservent leurs portefeuilles notamment le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mohamed Ali Bathily, pourtant très décrié dans la famille judiciaire ; Soumeylou Boubèye Maïga qui reste à la Défense et des Anciens combattants ou encore le général Sada Samaké, un proche du chef de l’Etat qui met d’ailleurs une corde à son arc, parce qu’en plus de la Sécurité, il se voit confier aussi l’Intérieur.
Bocary Tréta, secrétaire général du parti présidentiel garde le département du Développement rural. Moustapha Ben Barka, un proche de la famille présidentielle, précédemment ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé de la Promotion de l’investissement et de l’Initiative privée, hérite d’un ministère plein : celui de l’Industrie et de la Promotion des investissements.
L’ex-ministère délégué aux Affaires religieuses et du Culte devient un département à part entière et son titulaire reste le même : M. Thierno Amadou Omar Hass Diallo, un proche du chef de l’Etat.
L’architecture gouvernementale n’a pas connu un grand bouleversement à part le fait que tous les ministères délégués ont disparu. Des ministères ont été aussi reconfigurés. Ainsi, le département de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du nord devient ministère de la Réconciliation nationale tout court.(malijet.com) Le développement des régions du nord est confié au département de la Solidarité et de l’Action humanitaire. L’Industrie quitte les Mines pour être rattachée à la Promotion des investissements de même que l’Eau abandonne le département de l’Energie pour se retrouvée à celui de l’Environnement et de l’Assainissement.
Le département de l’Equipement et des Transports intègre désormais le Désenclavement. Le département de l’Administration territoriale prend le nom de l’Intérieur et est fusionné avec la Sécurité. Les Sports se détachent de la Jeunesse pour constituer un département à part alors que la Jeunesse et la Construction citoyenne sont ensemble. Le ministère de l’Urbanisme et de la Politique de la ville, précédemment occupé par Moussa Mara devenu Premier ministre, est éclaté entre deux départements : l’Urbanisme et l’Habitat sont mis ensemble alors que la Politique de la ville est rattachée au ministère de la Décentralisation.
L’Intégration africaine fait partie désormais des missions du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Le département de la Fonction publique retrouve les Relations avec les institutions. Le Patrimoine s’ajoute au département des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières. Le ministère du Plan et de la prospective se mue en département de la Planification, de l’Aménagement du Territoire et de la Population alors que le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, est aussi chargé des Droits de l’homme.

Le gouvernement Moussa Mara comporte 5 femmes contre 4 dans le précédent.
Ce qu’on peut dire pour l’instant, c’est que le nouveau gouvernement est loin d’être une conception du Premier ministre Moussa Mara. Sinon comment comprendre que le PM soit le président d’un parti politique en l’occurrence Yèlèma et qu’aucun cadre de ce parti ne soit dans son gouvernement. Un proverbe ne dit-il pas que « charité bien ordonnée commence par soi-même » ? Dans tous les cas, c’est la déception actuellement au sein du parti Yèlèma. Comment Moussa Mara a-t-il pu accepter que le président de la République et son RPM s’octroient 23 portefeuilles sur les 31 ? Et dire que le partage du gâteau a été fait sans un clin d’œil au parti Sadi de Dr. Oumar Mariko !
L’autre équation concerne l’indiscipline gouvernementale. Certes, il a prévenu ses futurs collaborateurs dans sa première déclaration, mais sera-t-il entendu ? Il est dit que certains ministres du précédent gouvernement refusaient de se soumettre aux ordres de Oumar Tatam Ly et préféraient rendre compte directement au chef de l’Etat. Ce qui n’est pas sans créer les dysfonctionnements dont a parlé le PM sortant dans sa lettre de démission.

Moussa Mara pourra-t-il avoir une emprise réelle sur son gouvernement ? Pourra-t-il gérer à sa convenance les Soumeylou Boubèye Maïga, Mohamed Ali Bathily, Mme Bouré Fily Sissko, général Sada Samaké, Me Mountaga Tall, Housséini Amion Guindo, Bocary Tréta ? Ceux-ci ne vont-ils pas le sous-estimer eu égard à son poids politique et à son âge ?

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