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L’enjeu de la présidence du HCIM

by sur 16 avril 2014

L’événement passerait presque inaperçu, il est pourtant de taille dans l’enjeu que constitue la présidence du Haut Conseil Islamique du Mali, dont le congrès vient d’être reporté.

En tous cas il n’a pas échappé à Ibrahim Boubacar Keita, qui termine une visite d’Etat au Sénégal, et qui a souhaité être présent à l’ouverture du congrès prévu ce mardi.

Du coup il a été reporté siné dié.

Car, sous les mots feutrés, se déroule une bataille féroce : l’actuel président du HCIM, Mahamadou Dicko, iman  wahaabite, qui a supplanté le traditionnel islam de rite malékite de mise au Mali, entend bien « rempiler ».

Du coup, le vice président du HCIM, Cheik Ousmane Haïdara, leader du mouvement Ançar Dine (à ne pas confondre avec le mouvement Ançar Eddine, créé par Iyad Ag Ghali, touareg salafiste pronant la charia) a suscité la création d’un Rassemblement des leaders religieux, de courant malékite, qui entend bien renouer avec la tradition, et remettre à la tête du HCIM, un président plus respectueux de la tradition de l’islam malien, Thierno Hady Thiam, .

Et comme le HCIM est une création de l’Etat malien, le ministre des cultes était fondé à décider du report d’un congrès dont les enjeux sont autant politiques de religieux. Voire plus…

En raison des tiraillements entre les différentes tendances religieuses : Le congrès du Haut conseil islamique reporté sine die

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant -16 avr 2014
Le troisième congrès ordinaire du Haut conseil islamique initialement prévu les 15, 16 et 17 avril a finalement été reporté.
Le ministre des Affaires religieuses et du Culte, Thierno Diallo qui est intervenu sur le plateau du journal télévisé de 20h, le lundi 14 avril dernier, a imputé ce report à la visite d’Etat que le président de la République effectue actuellement à Dakar.
Avant d’ajouter que ce dernier avait souhaité lui-même présidé la cérémonie d’ouverture. Après vérification, il nous revient que cette sortie du ministre ne tient pas la route.
C’est son homologue de la Sécurité intérieure qui, semble-t-il, a demandé ce report en raison des informations qui lui sont parvenues relatives à des tiraillements, au manque de consensus et au risque d’implosion qui entouraient la tenue de ces assises.
Deux candidats et non des moindres devaient s’affronter pour ce troisième congrès. Il s’agit du président sortant Mahmoud Dicko et Thierno Hady Oumar Thiam membre du Haut conseil islamique depuis plus d’une décennie non moins vice-coordonnateur du Groupement des leaders spirituels musulmans dont Chérif Ousmane Madani Haïdara est le coordonnateur.
Au regard du travail abattu sur le terrain, Thierno Hady Oumar Thiam partait largement favori et bénéficiait du soutien des six communes du district de Bamako et de la plupart des capitales régionales ainsi que des villes de l’intérieur du pays.
Ce qui n’était pas du goût de l’autre camp qui, semble-t-il, avait entrepris des actions pour bloquer l’élection de Thierno Hady Thiam. Son leitmotiv étant « Dicko ou personne ».
Il nous revient que le camp fidèle à Mahmoud Dicko faisait même prévaloir les relations de proximité qu’il entretiendrait avec le président IBK. Une façon pour eux de faire savoir à qui veut l’entendre que ce dernier cautionnerait sa réélection.
Au cours d’un point de presse tenu mardi à son siège, le groupement des leaders spirituels musulmans a déploré la décision du report du congrès. » Nous avons fait venir nos délégués de l’intérieur. Nous nous sommes préparés pour ce congrès depuis très longtemps. C’est lorsque nous étions en réunion pour les derniers réglages que nous avons été informés de ce report. Nous sommes des légalistes et nous ne ferons aucun obstacle à cette décision » a déclaré le candidat du groupement des leaders spirituels musulmans, Thierno Hady Oumar Thiam.
Chérif Ousmane Madani Haïdara de son côté fera savoir qu’ « il est du rôle des leaders religieux de conforter la cohésion sociale et le vivre-ensemble et qu’ils n’ont pas vocation d’attiser la haine ». Déplorant le report, il a tout de même émis le vœu que tout se passerait bien à condition que chacun joue sa partition en toute transparence.
Il est à rappeler que les congrès du Haut conseil islamique se sont toujours déroulés sur fond de crise. Lors du premier congrès ordinaire de l’organisation faitière, des dissensions avaient opposé les deux candidats en lice. Faute d’entente, un bureau consensuel a été mis en place sous la direction d’un certain Thierno Ibrahim Oumar Thiam. Il était d’ailleurs, le premier président du HCIM. Après son départ à la faveur du deuxième congrès, ces dissensions sont réapparues. Des associations ont été empêchées d’accéder à la salle du congrès.
C’est dans ce contexte que Mahmoud Dicko a été élu. Il sera très vite contesté et les plaignants vont jusqu’à demander la dissolution de son bureau. Le tribunal finira par l’accorder. Cette dissolution fut évitée de justesse après plusieurs interventions.
Le troisième congrès qui devait s’ouvrir hier mardi vient d’être annulé pour les mêmes raisons.
Faute de consensus entre Dicko et Thiam, les autorités coutumières avaient opté pour le choix de Chérif Ousmane Madani Haïdara. Ce dernier a expliqué qu’il n’est pas intéressé par le poste de président du HCIM.
Par ailleurs, le groupement des leaders spirituels musulmans a demandé la mise en place d’un bureau provisoire impartial à la tête du Haut conseil islamique avant l’élection d’un nouveau président. Il a aussi insisté sur la mise en place d’une commission d’organisation crédible et transparente.

Imam Mahmoud Dicko : « Il faut nécessairement que tous les musulmans se retrouvent dans le bureau qui va être mis en place »

Propos recueillis par Aguibou Sogodogo & Moussa Dagnoko – Le Républicain du 16 Avril 2014
Initialement prévu les 15, 16 et 17 avril, le congrès du Haut conseil islamique du Mali (Hcim) a été reporté sine die par les hautes autorités maliennes. Le président de la République qui se trouve présentement en visite d’Etat à Dakar, souhaite présider la cérémonie d’ouverture dudit congrès.
Le Républicain a approché le président du Haut Conseil islamique qui souhaite que le congrès se tienne « dans de bonnes conditions et très rapidement ». Il n’y a pas d’animosité entre les musulmans du Mali, contrairement à ce que certains pensent, a fait savoir l’Imam Dicko.
Avant la date du congrès, il y eu des tractations pour aller au congrès avec un bureau consensuel, inclusif, mais sans succès. « Il faut nécessairement que tous les musulmans se retrouvent dans le bureau qui va être mis en place. Nous travaillons pour cela », tranche-t-il, s’érigeant contre toute exclusion. Quelque que soit celui qui va être président, il faut nécessairement que toutes les tendances, tous les courants se retrouvent dans le bureau qui va être mis en place.

L'iman Mahmoud Dicko Président du HCIM
Le Républicain : Qu’est ce qui a motivé le report du congrès du haut conseil islamique qui était prévu pour ce mardi ?

Mahmoud Dicko : C’est l’ouverture du congrès qui était prévu aujourd’hui (ndlr, hier mardi 15 avril 2014). La nouvelle nous est parvenue par le ministre des Affaires religieuses et du culte, que le président de la République souhaite être présent à la cérémonie d’ouverture du congrès. Voilà à peu près ce qui a motivé ce report.
Après ce report, quand est-ce que le congrès va-t-il se tenir ?
C’est ce que nous sommes en train de chercher à savoir, on nous a demandé le report sans nous donner une date fixe. On va le savoir dès ce soir « Inchallahou ». Les autorités vont nous dire si ça va être quelques jours, ou plus tard.
Ce congrès se tient-il dans un climat apaisé entre les leaders musulmans ?
Je l’espère bien je ne vois pas ce qui va nous empêcher de tenir notre congrès dans un climat apaisé. Il n’y a pas d’animosité entre nous contrairement à ce que les gens pensent. Il n’y en a pas du tout. Un congrès est un congrès, quels que soient les enjeux, quelles que soient les tractations par-ci par-là, mais ça n’a rien à avoir avec une animosité. Non pas du tout !
Est-ce que le nouveau bureau sera consensuel avec un président consensuel ou y aura-t-il une élection ?
C’est au congrès de décider cela. Avant la date du congrès, il y eu des tractations pour qu’on puisse aller au congrès avec un bureau consensuel, inclusif. Tout le monde doit être là. J’avoue qu’on n’était pas parvenu à le faire, parce qu’on ne s’est même pas mis ensemble pour pouvoir le faire.
Mais on a pensé que les deux jours du congrès seront mis à profit pour pouvoir le faire avant la clôture. Il faut nécessairement que tous les musulmans se retrouvent dans le bureau qui va être mis en place. Nous travaillons pour cela. Quelque que soit celui qui va être président, il faut nécessairement que toutes les tendances, tous les courants se retrouvent dans le bureau qui va être mis en place.
En tant que président du Haut conseil Islamique, quel bilan peut-on dresser du bureau sortant ?
Moi je ne veux pas parler en termes de bilan. Ce n’est pas une action politique ou un mandat politique pour lequel je dois parler de bilan pour être réélu. Je préfère ne pas parler comme ça. C’est la religion, c’est spirituel, c’est au musulman d’apprécier tout simplement ce qui a été fait, s’ils renouvellent leur confiance tant mieux ; s’ils pensent qu’il faut changer la main et donner à quelqu’un d’autre, ça aussi c’est leur plein droit ; mais je ne veux vraiment pas me lancer dans un calcul de bilan ou présentation de bilan de cette façon. On est au congrès, ce qui a été fait va être présenté au congrès. Mais en dehors de ça, le Haut conseil est avant tout spirituel.
Votre mot de la fin ?
Je souhaite que le congrès puisse se tenir bientôt. Les délégués de toutes les localités sont là ; si nous pouvons avoir la chance que le représentant de la région de Kidal soit là, c’est une occasion à ne pas manquer. Mon souhait est que le congrès se tienne dans de bonnes conditions et très rapidement.

 

Chérif Ousmane Madani Haïdara : « Il faut des pourparlers … afin que tout se passe dans la transparence »

Madiassa Kaba Diakité/Moussa Samba Diallo – Le Républicain du 16 Avril 2014
Suite au report du congrès du Haut Conseil Islamique(HCI), qui était initialement prévu les 15,16 et 17 avril 2014, le regroupement des leaders spirituels musulmans du Mali et son candidat au poste de président du Haut Conseil Islamique, Thierno Hady Thiam ont animé ce mardi 15 avril 2014, un point de presse au siège du regroupement.
Et selon Thierno Hady Thiam et les autres leaders du regroupement, dont le chérif Ousmane Madani Haidara, après le report du congrès, il faut mettre en place une commission neutre afin de piloter les travaux du congrès. « Les querelles sont dues aux intérêts personnels. Il faut des pourparlers pour gérer cette crise afin que tout se passe dans la transparence », selon le chérif Ousmane Madani Haidara

Cheik OUsmane Haïdara
L’Etat, à travers le ministre du culte et des affaires religieuses Thierno Hass Diallo, vient de reporter sine die le congrès tant attendu du Haut Conseil Islamique. Raison évoqué par l’Etat, le voyage à l’extérieur du pays du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita.
En effet, selon le ministre Diallo, le président souhaiterait être présent à la cérémonie d’ouverture dudit congrès eu égard à l’importance qu’il accorde à la religion, singulièrement à l’Islam. Chose qui ne poserait pas de problème selon le regroupement des leaders spirituels musulmans du Mali. Mais ils ont tenu à faire une recommandation pour la bonne tenue du congrès.
Le candidat du regroupement au poste de président du Haut Conseil Islamique, Thierno Hady Thiam, lors du point de presse, a annoncé qu’il faut la mise en place d’une commission neutre pour le bon déroulement du congrès.
« On était prêt pour aller au congres. Donc on a été surpris du report. On a été informé tard dans la nuit du report par le ministre du culte. Cette décision nous convient. Le HCI n’est pas une institution, mais une association créée par l’Etat. Donc le report est justifié. Nous demandons tout simplement la création d’une commission neutre pour préparer le congrès », a expliqué le candidat pour le poste de président du HCI.
Dans son allocution, le chérif Ousmane Madani Haidara, le guide spirituel des ançars a indiqué qu’ils n’ont pas d’ennemi sauf celui qui compte piétiner la religion musulmane. Selon lui, ce n’est pas une première fois qu’un congrès du Haut Conseil Islamique se tient dans un climat délétère. « Les querelles sont dues aux intérêts personnels. Il faut des pourparlers pour gérer cette crise afin que tout se passe dans la transparence », a-t-il suggéré.
Pour justifier sa candidature, le candidat du regroupement des leaders spirituels musulmans du Mali, Thierno Hady Thiam a déclaré que nous sommes dans une démocratie et non dans un émirat. En démocratie, ajoute-t-il, il y a le pluralisme. « Ce n’est pas étonnant que je sois candidat à ce poste », a-t-il dit.
Rappelons qu’ils sont deux candidats, pour l’instant, à briguer la présidence du Haut Conseil Islamique, à savoir : le président sortant, Mahmoud Dicko et le candidat du groupement des leaders spirituels musulmans, Thierno Hady Thiam.

 

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