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Vers un second Haut Conseil Islamique ?

by sur 25 avril 2014

Si le leader musulman Mahamoud Dicko a été réélu à la tête du Haut Conseil Islamique du Mali pour cinq ans, c’est apparemment à la suite de contorsions et de manoeuvres dans lesquelles le pouvoir n’est pas étranger.

Le congrès qui devait sceller l’unité des musulman semble, de ce point de vue, un échec.

Au point de parler de la création d’un second Haut conseil Musulman au Mali…

Une menace bien réelle q ui consacrerait la politisation de la religion musulmane … ce ne serait pas une bonne nouvelle.

Mohamed Macki Ba, Président De L’Ujmma « IBK a installé son Haut conseil islamique, nous allons installer le nôtre »

Réalisée par Oumar KONATE et Bakary SOGODOGO – Le Prétoire du 24 Avril 2014.

Le 2ème congrès ordinaire du Haut conseil islamique du Mali, consacré au renouvellement du bureau, fait beaucoup de tintamarre.
Le Groupement des leaders spirituels musulmans, qui soutenait la candidature de Thierno Hady Oumar Thiam au poste de président, rejette le nouveau bureau dirigé par l’Imam Mahamoud Dicko, et a décidé de se retirer du dit bureau.
C’est ce qui ressort de l’interview que le président de l’Union des jeunes musulmans du Mali (Ujmma), Mohamed Macki Ba, nous a accordée.

Le Prétoire : La fixation de la date du 2ème congrès du Haut Conseil Islamique a fait l’objet de polémique. Vous avez même boudé la rencontre. Pouvez-vous nous donner les raisons de ces polémiques ?
Le report du congrès a été officiel. Quand tous les candidats et la commission nationale d’organisation étaient à Niaréla chez les fondateurs de Bamako pour trouver un terrain d’entente à travers un consensus, afin d’éviter ce genre de polémiques après le communiqué lu à la télévision nationale, le Président de la République a instruit au Chef du gouvernement, qui à son tour a envoyé le ministre chargé des affaires religieuses pour annoncer aux candidats le report du congrès.
Ainsi, Dicko a exigé qu’il y ait un papier officiel pour officialiser ce report à une date ultérieure. Ce qui fut fait.
Le lendemain, ils ont payé le transport des 300 délégués venus de l’intérieur pour regagner leurs foyers respectifs.
Deux jours après le départ des délégués, nous apprenions sur les ondes des radios Nieta et Dambé que Mahmoud Dicko et le Président de la République, IBK, ont convenu de tenir le congrès, le samedi 19 avril. Nous avons dit que nous ne sommes pas au courant de cela et nous ne reconnaissons pas cette date. Car on a estimé que le Président devrait écouter toutes les parties pour fixer la nouvelle date de façon officielle.
Ainsi, nous avons demandé au Premier ministre, au ministre des affaires religieuses et à toutes les autorités impliquées dans ce dossier. Ils nous ont répondu de ne pas être informés de la fixation de la nouvelle date du congrès.
Entre temps, nous avons appris que le Président IBK devrait rencontrer Mahmoud Dicko chez lui à Sébénikoro, et qu’il rencontrera ensuite Thiam pour fixer la date du congrès. Pour cela, nous avons décalé le voyage de Chérif Ousmane Haïdara qui devait accompagner notre candidat le vendredi nuit, c’est-à-dire après leur rencontre avec IBK.
En attendant de rencontrer le Président, le vendredi, nous sommes passés dans les radios pour informer nos délégués comme quoi la tenue du congrès pour le samedi 19 avril n’est pas fondée, car non officielle. C’est dans cette attente que, par un communiqué du protocole de la présidence, le vendredi à 20h, nous avons appris que le président de la République présidera l’ouverture des travaux du congrès le samedi.

Voulez-vous dire que les délégués des régions qui n’ont pas pu assister au Congrès sont les vôtres ? Est-ce que seuls vos délégués ont regagné les régions ?
Par la suite, nous nous sommes rendu compte que seuls nos délégués étaient rentrés chez eux. Car, à la suite du report du congrès, nous avons adressé une correspondance au Président, au Premier Ministre et au ministre pour leur demander de mettre en place une commission neutre, un collège transitoire pour organiser le congrès.
Mais après le report à une date ultérieure et l’arrêt des travaux, certains sont restés au QG au HCI et ont élaboré de faux mandats et procurations, de mardi à samedi, pendant que les autres attendaient la fixation d’une nouvelle date.
En plus, la confirmation de cette date que nous considérions comme des rumeurs par le Président IBK nous a déçus. Nous n’avons pas apprécié cette position du Président. Ainsi, nous nous sommes réunis la nuit et j’ai décidé de ne pas participer à ce congrès. Car j’ai des informations que je ne vais pas vous divulguer. Mais ces informations nous ont permis de comprendre que le congrès était fait à l’avance.

Nous avons appris que le Président a donné 25 millions à Mahmoud Dicko pour se faire réélire président du Haut Conseil. Est-ce vrai, cette information ?
D’habitude, le gouvernement apporte son soutien à l’organisation du congrès. Dans ce cadre, IBK a donné 15 millions à Dicko, a-ton appris à l’approche du congrès. Sur les lieux, il aurait ajouté 10 millions, ce qui fait donc les 25 millions.
Mais notre combat ne vise pas l’argent, il vise plutôt à promouvoir l’islam du Mali qui est devenu un club d’amis. Certains veulent profiter de cette religion pour conduire le pays dans le gouffre. Nous avions pensé que ce congrès était l’occasion pour créer la cohésion et éloigner le pays de l’ornière. Mais l’implication du Président dans le renouvellement du bureau a pesé dans la balance en faveur d’un côté (Ndir : Mahmoud Dicko) et le mal continue de nous guetter. Mieux que cela, le Président ne doit pas s’impliquer dans la mise en place du bureau car le Haut Conseil islamique n’est pas une institution de la République.
Le gouvernement peut apporter son soutien en restant à l’écart comme ce fut le cas avec les Président Alpha Oumar Konaré et ATT. Mais c’est IBK qui a donné du poids à Mahmoud Dicko. C’est à cause de son implication que Dicko a été réelu. Car un consensus avait été trouvé.
Les Niaré et Touré avaient proposé que Haïdara soit le Président s’il n’y a pas d’entente entre Thiam et Dicko. Un principe que le clan Dicko avait accepté. Je vous rappelle que les bureaux des cercles, régions et District ont été installés par consensus. Quand ils ont su que le Président était de leur côté, ils ont récusé le principe de consensus. Car c’est le Président IBK qui pèse lourd.

Alors que pensez-vous du nouveau bureau ?
J’avais demandé à nos partisans de ne pas participer à ce congrès mais c’est le Chérif Ousmane Madani Haïdara qui a imploré les gens afin qu’ils participent pour sauvegarder la stabilité et la cohésion du pays. En tout cas, j’ai décidé de ne pas partir car les informations que nous détenions n’auguraient pas la bonne tenue de cette assemblée.
J’ai dit que si nous partons, on allait regretter. Ils sont partis, ils ont regretté et ont par la suite boycotté le congrès car il ne servait à rien de défendre une cause déjà perdue. L’ancien bureau du Haut conseil de 2002 a été reconduit en 2008, avec seulement le changement de Président.
Ce sont ces mêmes personnes souvent âgées de plus de 90 ans qui sont à leurs places. Or, on dénonçait la gestion du Haut Conseil par une seule tendance, et cette tendance a été renforcée. On le savait à l’avance. Car si c’était entre nous, on pouvait gérer la chose avec pédagogie, mais avec l’implication du Président IBK, ils sont sûrs que la force était de leur côté et nous, on ne devait plus participer à l’Assemblée.

Des informations nous sont parvenues que le groupement des leaders religieux a mis en place un bureau parallèle au Haut conseil islamique, le lundi 21 avril. Le bureau est-il installé ou en voie de l’être ?
Pas encore ! depuis le samedi, nos partisans ont commencé à boycotter la salle. Malgré cela, ils ont inséré certains des nôtres dans leur bureau comme d’habitude. Ce qu’il faut noter, c’est que le bureau est dirigé par la même tendance. Le président Mahmoud Dicko, le 1er vice-président, Mody Sylla, Président de conférence des oulémas, Secrétaire général, secrétaire général adjoint, 1er secrétaire administratif, 2ème secrétaire administratif, 1er secrétaire à l’organisation, Trésorier général, affaires religieuses et développement social, tous ces postes jusqu’au dernier sont tous occupés par les wahhabites. Avec ce forfait, ils ont choisi Bouyé comme chapeau au conseil des sages.
Avant d’engager quoi que ce soit, le Groupement des leaders religieux a tenu une réunion. A l’issue de cette rencontre, on a décidé d’adresser des correspondances aux autorités pour dénoncer ce qui a été fait. Ensuite, tous les membres du Groupement dont les noms sont sur la liste du bureau de Mahmoud Dicko vont démissionner. Ainsi, le groupement va installer son propre Haut Conseil Islamique. Il y aura donc deux Conseils Islamiques au Mali. IBK a installé son Haut Conseil, nous allons installer le nôtre.

Et pourtant, Mahmoud Dicko et Thierno Hady Oumar THiam sont avec IBK au Maroc.
Quand on était en réunion pour l’organisation de notre Haut Conseil Islamique, on a appris qu’IBK doit partir au Maroc et qu’il a demandé, qu’il a souhaité être accompagné par Dicko et Thiam. De toutes les façons, le mardi 22 avril nos correspondances ont été envoyées aux autorités pour clarifier notre position. Nous attendons la réponse desdites autorités, et nous vous tiendrons informés de la suite dans les jours à venir.

Un dernier appel aux musulmans et autorités maliennes ?
Notre combat est de dissocier la politique de la religion. Dans ce bureau figurent les frères musulmans, un islam politisé. Il y a aussi les pro Ennahda de la Tunisie. Avec la présence de ces confréries, le Mali s’achemine vers l’islam politique. Or, notre pays n’est ni militairement ni économiquement ni religieusement préparé à faire face à cette situation. Les autorités ne le savent pas mais, nous, nous le savons.
Que les religieux restent des forces vives qui contrôlent et conseillent le pouvoir. Lui dire la vérité chaque fois qu’il y a dérive. Mais que les religieux soient plus politiques que les politiques, ce sera une grande déception pour le peuple. Sinon nous aimons tous cela, nous avons les moyens de ces micmacs, mais c’est le Mali qui va sombrer.
Malgré le danger, depuis le régime d’ATT jusqu’à maintenant, les gouvernements sont en train de soutenir cette politisation de l’islam. Mais cette fois-ci, nous allons prendre notre décision qui sera irréversible. Car pour nous, le Mali nous appartient à tous, nous n’allons pas nous asseoir regarder la situation dégénérer.

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