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IBK-Mara : les points de divergence

by sur 10 mai 2014

Moussa Mara ne devait pas se faire d’illusions en acceptant le poste de Premier ministre : rendues publiques par la publication de la lettre, les conditions de la démission de son prédécesseur, Oumar Tatam Ly, lui annonçaient une marge de manoeuvres restreinte.

Mais IBK peut-il pour autant tout se permettre ? Ses sept premiers mois de pouvoir ont déjà mis à mal sa gouvernance, les critiques sont précises.

Et en matière de lutte contre la corruption, ses relations personnelles avec des « hommes d’affaires » parfois peu recommandables, comme les conditions de l’achat du fameux avion à 17, puis 18, puis finalement 20 milliards de CFA dans un pays en ruines, font un peu tâche.

Et les explications données par le Premier ministre lors de la discussion de sa Déclaration de politique générale sur le sujet (l’avion acheté par ATT n’était pas immatriculé et hors d’usage) n’ont pas vraiment convaincu.

Mais, puisqu’il ne s’agit pas de l’avion du président mais d’un avion pour le Mali, on peut espérer qu’il serve au plus grand nombre.

Il y a plus grave :  c’est la manière dont on va (enfin ?) aborder les négociations avec les « mouvements armés du Nord », qui viennent de se refaire une santé en s’accordant… sur le refus du plan proposé par Bamako.

Et ce au moment où les divergences entre Mara et IBK apparaissent aussi au grand jour. Il faut dire qu’entre la nomination d’un ministre de la réconciliation, la remise en selle de la commission dialogue et réconciliation, et celle d’un représentant spécial du Président pour le Nord, on a un peu l’impression qu’on veut brouiller les cartes pour continuer à privilégier le pourrissement tout en affichant une bonne volonté.

Or, le pourrissement et la pire des choses : un huitième militaire français tué et un nouveau tir de deux obus sur Gao avant hier montre que le serpent est toujours dans la place… et qu’il pique encore quand il veut et là où il veut.

Gestion de la réconciliation nationale : Bras de fer Mara et Zahabi

Cheick Tandina – Le Prétoire -05-05-14

Le torchon brûlerait entre le Premier ministre, Moussa Mara, et son ministre en charge de la réconciliation nationale, à propos du remplacement du secrétaire général de ce département.
Le ministre veut quelqu’un pour remplacer l’actuel Ségal qui, pas plus que son ancien ministre, Cheick Oumar Diarrah qui l’a amené, n’a brillé à ce poste. Mais le chef du gouvernement fait de la résistance sans doute soumis à des pressions diverses venant de la présidence et de certains milieux touareg proches de lui.
Rien ne va plus entre le ministre de la réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, et le chef du gouvernement, Moussa Mara. La raison de cette guéguerre, selon des indiscrétions parvenant en bas, serait la volonté de nommer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, notamment au poste de secrétaire général de son département.
Depuis le limogeage inexplicable et contesté de Zeïdane Ag Sidalamine par le ministre sortant, Cheick Oumar Diarrah, le secrétariat général est dirigé par un autre membre de la communauté touarègue.
Pour faire mentir tous ceux qui croient, à raison plus qu’à tort, que ce poste ne devrait être géré que par des Touareg, Zahabi Ould Sidi Mohamed, reconduit dans l’actuel gouvernement et chargé depuis de la question de la réconciliation compte remplacer le Targui, dont la gestion serait trouble, par Baba Hamane, présentement conseiller technique au ministère de l’intérieur et de la sécurité.
Avis contraires
Dans ce département depuis des décennies, il ne s’occupe et ne connait que les questions du nord, questions relatives à la sécurité mais aussi au développement.
C’est d’ailleurs quand il était au commissariat au nord, créé pour gérer l’application du pacte national et de nombreux autres accords de paix, au début des années 1990, que lui et Zahabi Ould Sidi Mohamed ont collaboré. C’est dire que l’actuel ministre connait l’expertise du conseiller technique des problèmes du nord et ses compétences de médiateur et de négociateur. Raison pour laquelle il est en train de tout mettre en œuvre pour l’avoir à ses côtés dans l’épineuse gestion de la réconciliation.
Si le technicien a longtemps été réticent à accepter de venir dans ce département, c’est parce que, selon certains de ses proches, il ne voyait pas la nécessité de la création d’un ministère de la réconciliation nationale, il ne croyait pas non plus aux capacités des hommes qu’IBK avait choisi pour l’animer.
Entrepris par de bonnes volontés qui croient qu’il est celui qu’il faut pour appuyer les actions de son ministre, Baba Hamane se serait aujourd’hui laissé convaincre, conscient que cette mission sera cruciale et déterminante pour l’avenir du Mali.
Il aurait l’aval de hauts cadres du nord, lesquels avaient décrié la gestion de Cheick Oumar Diarrah et de son équipe. Il est donc incompréhensible que Moussa Mara refuse d’accéder à la demande de son ministre qui sait, tout de même, qui lui convient le plus comme collaborateur.
Moussa Mara serait-il en train de se venger sur ses ministres en leur imposant des collaborateurs parce que, à lui-même, on a imposé certains membres de son gouvernement ou cède-t-il à des pressions venant d’ailleurs? Peut-être.
En effet, le puissant lobby des Touareg, toujours très actif quand il s’agit de défendre leurs intérêts y compris en trompant la communauté internationale, ce lobby s’est mis en branle pour convaincre les plus hautes autorités de renoncer à ce changement de secrétaire général. En particulier Moussa Mara aurait déjà enterré la proposition de nomination de Baba Hamane que Zahabi Ould Sidi Mohamed avait déposée sur sa table. Par ce faire, le Premier ministre écouterait plus la voix du cœur que celle de la raison.
Le cœur plus que la raison
Il sait pourtant que rien ne va sans une atmosphère de confiance réciproque entre un ministre, quel qu’il soit, et ses plus proches collaborateurs, dont le secrétaire général, cheville ouvrière du département. Le département de la réconciliation nationale est donc voué à l’échec. C’est peut-être ce que veulent certains esprits malins et malsains.
C’est peu de le dire mais les groupes armés terroristes seraient prêts, en effet, à mettre des bâtons dans les roues du plan de réconciliation concocté par l’actuel ministre en charge de la question. Les Mnla, Hcua, MAA, etc. ne font plus mystère de leurs hostilités envers Zahabi Ould Sidi Mohamed.
Ils ne seraient pas les seuls car, ici même à Bamako, d’autres seraient prêts à cela sans que l’on connaisse leurs véritables motivations.
De plus, l’architecture mise en place par IBK (une commission vérité, dialogue et réconciliation nationale, un médiateur national, un ministère en charge de la question) est trop lourde et compliquée, surtout que les différentes parties ne se concertent pas. Ne se concertent pas non plus les trop nombreux médiateurs étrangers et ces hauts représentants ou envoyés. Tout cela fait désordre et crée une situation de cacophonie et de distorsion dans laquelle personne ne concerte les véritables acteurs concernés par la gestion de cet épineux dossier.
Pendant ce temps, les autorités observent tout cela comme si le nord ne les concerne plus, n’est plus la priorité de la campagne électorale. La situation de Kidal est perçue comme entrant dans l’ordre normal des choses, les roquettes peuvent continuer de pleuvoir et les mines, de sauter.
Pourtant, une des raisons pour lesquelles IBK a été élu, ce sont justement ses promesses de campagne de faire libérer Kidal et de ramener la paix et la sécurité dans tout le nord. Tout cela est aujourd’hui oublié.
A croire que le président est décidé à se contenter d’une république tronquée comme s’il avait adhéré à la cause du Fores, une association satanique des ressortissants du sud qui plaide pour le soulèvement du sud contre le nord. Et, rien d’étonnant, ce mouvement séparatiste est dirigé par un député élu, comme des terroristes dans le nord, sous les couleurs du RPM, le parti présidentiel.

 

Gao : Tirs d’obus sur la ville

A. B. Cissé – Par AMAP – 09-05-2014

(AMAP/09/05) Deux roquettes ont été tirées sur Gao dans la nuit du 7 au 8 mai vers 1 heure du matin. L’un des projectiles a chuté dans le village de Baboundié dans la commune rurale de Gounzourey non loin de l’aéroport de Gao. Il a soufflé les bâtiments de la direction du second cycle de l’école fondamentale, sans faire de victime. Heureusement, les locaux étaient vides à cette heure avancée de la nuit. On n’ose même pas imaginer la scène d’horreur que l’engin aurait pu causer s’il était tombé en plein jour en présence des enseignants et des élèves.
Le point d’impact du deuxième obus n’a pas été localisé. Selon les différents responsables de la zone de défense n° 1, les 2 tirs sont encore partis de la zone de Battal dans la commune rurale de Sonni Ali Ber à 15 km environ de Gao ville. Cette zone a été identifiée depuis longtemps comme étant l’endroit que les terroristes choisissent habituellement pour procéder au lancement de leurs engins de mort. On ne compte même plus le nombre d’obus tirés sur la ville à partir des faubourgs.
Il est temps que les forces armées nationales, les forces onusiennes et les soldats français de Serval, tous présents à Gao, trouvent les moyens d’empêcher ces tirs d’obus à répétition. Les terroristes, réduits à des poses de mines et des lancements d’obus sur les localités, veulent simplement prouver qu’ils conservent encore une capacité de nuisance.

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