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Un cessez le feu : et maintenant ?

by sur 26 mai 2014

Après le carnage au gouvernorat le samedi 17 mai et la défaite de l’armée malienne dans sa reconquête du bâtiment le mercredi 21 (une initiative malheureuse de l’armée malienne soucieuse de « montrer ses muscles » comme le dit maintenant le gouvernement ?), un cessez le feu a été signé le samedi 23 après une médiation éclair du président mauritanien, qui préside actuellement l’Union Africaine.

Immédiatement effectif, tout le monde, ou presque, s’en félicite.

La population  pour sa part, en veut à la Minusma et à la France qui ont refusé de prendre part à un combat « entre Maliens ».  « Peut-on faire la guerre avec l’armée des autres ? »

Reste à observer les conséquences politiques.

Les pourparlers de paix entreront-ils  dans la phase active exigée par la communauté internationale ?

Cette fois, Bamako ne semble plus avoir le choix : le pouvoir  est sur le fil du rasoir. Après avoir obtenu un large soutien et reçu des appuis conséquents pour organiser des élections (largement « suggérées » elles aussi) et former une partie de l’armée, le Mali semble de plus en plus « contraint ».

« C’est désespérant »…

RFI – repris par Lerepublicainmali – 26 mai 2014 à 4h00

Bernard Nageotte : L’accord de cessez-le-feu, obtenu de haute lutte, ce vendredi 23 mai, par le président Ould Abel Aziz de Mauritanie, suffira-t-il à faire oublier la déroute des troupes régulières maliennes à Kidal ? Et cette impression d’un dramatique retour en arrière du Mali !… On se serait cru revenus deux ans auparavant, lorsque le MNLA et ses alliés djihadistes, après avoir humilié les soldats maliens, ont pris, avec une surprenante facilité, le contrôle de la moitié nord du pays, pour y finalement instaurer la charia et des pratiques d’une barbarie qui fait encore frémir. N’est-ce pas décevant de répéter ainsi des erreurs qui ont coûté si cher par le passé ?
Jean-Baptiste Placca : C’est désespérant ! La guerre, tous ces soldats français, tchadiens, nigériens, togolais et autres, venus mourir pour, croyait-on, sauver le Mali ! Les morts – nos morts ! –, les milliards de francs CFA injectés dans le processus électoral pour un retour à la démocratie, les élections, les milliards d’euros mobilisés pour donner au Mali les moyens d’être à nouveau un Etat présentable… Oui, l’on a eu subitement l’impression, en effet, que cela a été en pure perte !
Si les Maliens ne veulent pas se l’avouer, il faut le leur dire ! Les événements de cette journée du 21 mai font perdre à leur pays énormément de sa crédibilité aux yeux du monde. Beaucoup se demanderont si le Mali, les Maliens méritaient ces sacrifices consentis pour les aider à se relever.
D’un autre côté, c’est tout le programme politique du président Ibrahim Boubacar Keïta qui s’effondre. « Le Mali d’abord ! », « La dignité du peuple ! », « Pour l’honneur du Mali ! », tous ces slogans qui ont rythmé sa campagne, ces cris de guerre apparaissent subitement vides de sens, avec cette nouvelle humiliation que vient de subir l’armée malienne à Kidal.
Ses adversaires lui reprochaient de n’avoir vendu aux Maliens que des slogans, en flattant leur orgueil bafoué…

…Néanmoins, le peuple malien est encore mobilisé. On voit des manifestations presque tous les jours à Bamako, et beaucoup pointent du doigt l’armée française et la Minusma, qui ne sont pas allés en renfort…
Là aussi, c’est le retour aux incantations. Vous ne partez pas en guerre avec l’armée des autres. C’est agaçant de s’en prendre de la sorte à ceux qui ont versé leur sang pour sauver l’honneur de votre pays. Vous ne déclenchez pas une nouvelle guerre, alors que vous avez encore besoin de l’aide des autres pour panser les plaies de la précédente.Et puis, avant d’accuser les autres, les Maliens devraient peut-être s’interroger sur l’usage qu’ils font de l’assistance qu’on leur apporte. Ils ne sont pas seuls au monde ! Ce qu’ils font aujourd’hui pourrait décourager les donateurs, par rapport à la Centrafrique, par exemple.
Un auditeur a analysé ces événements, en affirmant que les Maliens n’ont pas les moyens de leur orgueil. C’est peut-être féroce, mais cela devrait les faire réfléchir.

De là à cesser de se porter au secours de la Centrafrique, sous prétexte que les Maliens ramènent, d’eux-mêmes, leur pays deux ans en arrière…
Cesser de se porter à leur secours, peut-être pas. Mais les Africains doivent bien comprendre que, de plus en plus, il y a une lassitude dans le monde, par rapport aux problèmes que l’Afrique crée et ne peut résoudre d’elle-même. Des problèmes fabriqués par la main de l’homme, parce qu’ils ne relèvent pas d’un tremblement de terre, d’une éruption volcanique ou d’autres calamités naturelles. C’est surtout le côté répétitif de ces problèmes qui pousse à la lassitude. Comme si cela ne cesserait jamais… La Somalie paraît-elle insoluble ? La RDC s’invite aussitôt. Et elle n’en est pas sortie, que le Mali s’y met, à son tour.Et lorsque l’on croit le Mali sorti d’affaires, il faut déjà se pencher sur la Centrafrique. Et pendant que l’on vole au secours de la Centrafrique, les leaders du Soudan du Sud déclenchent un carnage, chez eux. Et voilà que le Mali resurgi à nouveau. En attendant le prochain… Avouez que c’est épuisant !

Une confidence : même les Africains commencent à s’en lasser.

L’on ne peut pas pour autant ne pas intervenir…
Non. Mais il serait peut-être temps, pour ceux qui veulent vraiment aider l’Afrique, d’investir un peu plus spontanément sur les pays sérieux, une partie de ce qu’ils déboursent, souvent à contrecœur, pour réparer les dégâts de ceux qui n’ont d’autres projets que d’abîmer leur propre patrie.
Il faut commencer à récompenser sérieusement ceux qui font, sur la durée, des efforts de rigueur dans la gestion économique, et des progrès constants sur le plan de l’état de droit et de la démocratie. Il faut mettre en valeur et privilégier un peu plus les meilleurs, pour contraindre les cancres à renoncer à leurs mauvaises habitudes.

Guerre de Kidal / Le gouvernement rejette la responsabilité

Par Lerepublicainmali – B. Daou – 26 mai 2014 – 4h00

« Les terroristes ont déclaré la guerre au Mali, le Mali est donc en guerre contre ces terroristes », avait dit le Premier ministre Moussa Mara à Gao, dernière étape de sa visite dans le nord du Mali, le dimanche, 18 mai 2014.
« A l’heure où je vous parle [lundi à 18 h NDLR], il y a près de 1000 soldats maliens qui sont arrivés en renfort à Kidal et d’autres renforts sont en cours de route. Les armes que nous disposons nous permettent de faire de Kidal ce que nous voulons », déclarait le Premier ministre Mara au congrès de la Ligue des Prédicateurs du Mali (LIPMA) lundi, 19 Mai 2014.
Le 21 mai 2014, le ministère de la Défense a confirmé à la mi-journée « qu’une opération de sécurisation des biens et des personnes était en cours ».
Dans un tweet posté le même jour à 13h15, le ministre de la Communication, Mahamadou Camara indique « Gouvernorat de Kidal récupéré par les Fama après des combats. MNLA et groupes armés alliés demandent cessez-le-feu ».
Auparavant à 13h06, sur le compte tweet de la présidence du Mali (@PresidenceMali), on a pu lire : « Le gouvernement annonce les opérations militaires à Kidal en vue de récupérer cette localité envahie par le MNLA et ses alliés ».
Jeudi 22 mai 2014, le Premier ministre rencontre des ‘’journalistes–citoyens ‘’ et leur confie : «L’attaque lancée par l’armée malienne n’est pas venue de l’autorité politique». Le quotidien L’Indépendant du 23 mai fait le constat d’un virage à 180° du Premier ministre dans son discours sur la situation à Kidal.
Le vendredi, sur RFI, le ministre de la Communication Mahamadou Camara réitère la nouvelle ligne : l’ordre ne venait pas d’une autorité politique, et ce n’est absolument pas IBK qui en est à l’origine.
Et c’est en haut lieu, au sommet de l’Etat, que se joue ce ping-pong, parce que personne ne veut s’assumer. Et le niveau politique travaille à rejeter la responsabilité. Après la visite du Premier ministre à Kidal, sur l’opportunité de laquelle, les Maliens sont divisés, et après la bataille perdue du 21 mai à Kidal, c’est la déroute politique à Bamako, pour fuir la responsabilité de l’engagement des FAMA. Tous veulent se maintenir et aucune tête ne veut tomber. Il appartient donc au président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, seul bénéficiaire du suffrage universel direct de situer cette responsabilité, et d’en tirer toutes les conséquences. L’histoire retient que dans son message à la Nation, suite à la tension créer par la visite du Premier ministre à Kidal, le chef de l’Etat avait soutenu : « Nous allons donc au dialogue, convaincus que nous sommes que le salut passe impérativement par là. »

Situation inacceptable à Kidal : grande manifestation des Bamakois ce samedi matin

Abdoulaye Diakité – Par Malijet – 15h- le 24-05-204

A l’appel de plusieurs mouvements et associations, des partis politiques de la majorité présidentielle, les populations de Bamako ont encore battu le pavé ce samedi matin. Les habitants des six communes de Bamako ont convergé vers le monument de l’indépendance pour un grand meeting auquel ont pris part plusieurs députés, le Premier ministre, Moussa Mara et des membres de son gouvernement. Une déclaration a été remise au chef du gouvernement et ce dernier a invité les populations à rester mobilisées derrière l’armée et les autorités du pays.
Ce sont des milliers de manifestants qui ont investi tôt ce matin les rues de Bamako.
De la Commune I à la Commune VI, les Bamakois sont sortis nombreux pour dire non à la division du Mali, non aux rebelles du MNLA, HCUA, MAA et leurs alliés narcotrafiquants d’AQMI, Ançar Eddine, Boko Haram etc.
Le boulevard de l’indépendance était noir de monde, chacun armé de colère et de détermination contre ce qui se joue à Kidal. Plusieurs députés de la majorité présidentielle étaient présents, de même que des membres du gouvernement. Beaucoup de responsables politiques étaient aussi présents.
Les manifestants ont été rejoints au monument de l’indépendance par le Premier ministre Moussa Mara aux envions de 10heures. Une déclaration lui a été remise par le président de la CDS Mogotigui, Mamadou Sangaré dit Blaise. Dans cette déclaration faite au nom des partis de la majorité présidentielle, il est demandé au peuple malien de rester débout pour défendre l’armée et les autorités de la République. « Nous apportons notre soutien aux autorités du pays et exigeons que Kidal soit libéré. Nous renouvelons notre incontournable coopération avec la France et la Minusma. », précise la déclaration.
En recevant la déclaration, Moussa Mara a demandé au peuple de rester mobilisé. « Le Mali a besoin de vous et nous comptons sur votre mobilisation. Toute guerre a besoin de l’armée et la population. IBK a demandé la mobilisation. Restez mobilisés derrière l’armée. La guerre n’est pas finie, il y a plusieurs façons de la mener. L’armée va retourner dans ses positions initiales. Nous avons voté IBK et c’est lui qui a mis le gouvernement en place. Le Mali ne sera jamais trahi. La situation sera gérée avec stratégie et nous en avons. Unis, aucune trahison, aucun complot ne pourra nuire au Mali », a expliqué le Premier ministre Moussa Mara en langue nationale bambara.

La défaite militaire à Kidal provoque une tempête politique à Bamako

Par RFI – 24 mai 2014 à 06:55

Devant un marchand de journaux de Bamako, ce vendredi 23 mai. Les évènements de Kidal de mercredi font la Une de tous les médias. AFP
Mercredi, l’armée malienne a été mise en déroute par les mouvements armés. Les combats ont fait au moins 30 morts. Le gouvernement malien assure que l’exécutif n’a jamais donné l’ordre à l’armée d’attaquer et a mis en place une commission d’enquête. Qui est responsable de la déroute militaire de mercredi 21 mai à Kidal ? A Bamako, la polémique enfle.
Dans le paysage politique malien, tout le monde s’accorde sur l’importance et la gravité des événements de Kidal. Pour l’ancien candidat à la présidentielle Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la république et la démocratie (URD), que l’ordre ait été donné ou non par l’exécutif, les têtes doivent tomber, et en premier lieu celle du Premier ministre Moussa Mara. « Cette crise est venue de la visite du Premier ministre, Moussa Mara [visite à Kidal, le vendredi 16 mai, ndlr], suivie de l’offensive de l’armée. Je crois que la tête qui doit tomber la première, c’est celle du Premier ministre. Le Premier ministre doit démissionner, parce que c’est tout simplement républicain », martèle l’opposant d’IBK lors du second tour de la présidentielle malienne, interrogé par RFI. « Aujourd’hui, il y a des dizaines de morts, une opération non préparée, non maîtrisée. Il est évident, aujourd’hui, que le pays a besoin d’un message fort. »
Pour Dramane Dembélé de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), lui aussi candidat à la présidentielle en 2013, il faut attendre les résultats de l’enquête, mais la démission du gouvernement n’arrangera rien. Cela « ajouterait une crise à la crise », considère le président de l’Adema. « On arrangera rien. On est dans une situation de crise. Ce n’est pas avec l’émotion que l’on doit résoudre la question. »
La mouvance présidentielle resserre les rangs
Au sein de la majorité présidentielle, on se range bien entendu derrière les explications du gouvernement, qui pointe des dysfonctionnements au sein de l’armée pour expliquer la débâcle de Kidal. Une commission d’enquête a été ainsi créée, pour établir les responsabilités au sein de la hiérarchie militaire. Choguel Kokalla Maïga, président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), juge ainsi que les responsabilités sont à chercher « au niveau de la hiérarchie militaire ». « Je ne comprends pas qu’une opération puisse être déclenchée et que, deux heures après, cela se conclut par ce que vous appelez une débâcle », s’interroge-t-il. Alors que le procès en incompétence de l’armée malienne monte dans l’opinion, la mouvance présidentielle appelle ses partisans à serrer les rangs derrière l’exécutif. Une marche est programmée ce samedi.

Mali: Bamako forcé au dialogue avec les touareg qui contrôlent Kidal

AFP, 23/05/2014 – 19:49
Après la défaite de ses forces face à des groupes armés touaregs qui contrôlent au moins la ville du Nord, Kidal, le gouvernement malien était vendredi sous pression internationale pour relancer le dialogue, et éviter une nouvelle et grave crise après celle de 2012-2013.
Les appels à l’ouverture de discussions se sont multipliés au lendemain de violents combats, le 17 mai à Kidal (nord-est), entre forces maliennes et groupes armés, qui ont pris le contrôle de Kidal, -1.500 km au nord-est de Bamako- traditionnellement fief des rebelles, mais aussi de Ménaka, 660 km au sud-, selon l’ONU, à l’issue de nouveaux affrontements meurtriers mercredi. Bamako a demandé un cessez-le-feu dès mercredi soir.
Ces développements ont poussé le chef de l’Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président de l’Union africaine (UA) a écourter une visite en Afrique de l’Ouest pour se rendre jeudi à Bamako, puis à Kidal, où il a exhorté au dialogue pour résoudre la crise et tenté d’arracher un cessez-le-feu aux rebelles.
Le président Aziz « vient pour obtenir un cessez-le-feu des groupes rebelles, et la relance des pourparlers avec le gouvernement malien », a indiqué à l’AFP un collaborateur du président mauritanien.
La France, fer de lance d’une intervention militaire internationale en cours depuis janvier 2013 au Mali, demande « un cessez-le-feu, le retour des parties à leurs positions antérieures puis des négociations entre le gouvernement malien et les différents groupes » armés, a-t-on indiqué vendredi de source diplomatique française.
Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel, reporté après les affrontements dans le nord du Mali, devrait être engagé « d’ici un mois ou deux si les choses évoluent bien », a souligné cette source.
Ce redéploiement, qui doit notamment comprendre le départ de 600 hommes, dont 300 vers le Tchad et le maintien de 1.000 hommes sur place, devrait être finalement engagé « d’ici un ou deux mois si les choses évoluent bien », selon cette source.
Paris avait déjà annoncé le 20 mai le report de « quelques semaines » du redéploiement prévu de son dispositif militaire au Sahel, prolongeant d’autant l’opération Serval au Mali.
Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a discuté avec plusieurs de ses homologues, « notamment Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) et François Hollande », a indiqué une source à la présidence malienne, assurant: « A tous nos interlocuteurs, nous avons affirmé que nous sommes irréversiblement pour le dialogue ».
Une vingtaine de soldats maliens ont été tués et une trentaine blessés dans les combats, a déclaré le ministre de la Défense, Soumeylou Boubeye Maiga, à la télévision .
Un dirigeant du Mouvement national de libération de l’Azawad, la rébellion touareg indépendantiste, a dressé un bilan différent, parlant de 40 soldats maliens tués et 70 faits prisonniers depuis le début des hostilités samedi, ainsi que de la prise de dizaines de véhicules, d’armes et de munitions.
Selon l’ONU, en plus de Kidal, le MNLA a pris Ménaka, 20.000 habitants, situé près de la frontière nigérienne dans l’est du Mali, ce que conteste le gouvernement malien, qui a reconnu sa défaite à Kidal.
Nous avons toujours été ouverts au dialogue, à l’échange avec nos frères »,a déclaré le président malien Ibrahim Boubacar Keïta.
Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, a appelé à « un cessez-le-feu » et au retour « à la situation antérieure ».
Les combats avaient éclaté le 17 mai à Kidal entre forces maliennes et groupes armés touareg, à l’occasion d’une visite du Premier ministre Moussa Mara.
– Un défi de taille –
Kidal représente un défi de taille pour l’Etat malien: dans ce fief du MNLA, il n’a jamais réussi à complètement reprendre pied, malgré l’offensive lancée en 2013 par l’armée française.
Les rebelles touareg réclament de longue date l’indépendance ou l’autonomie des vastes étendues désertiques du nord du Mali, et ont lancé déjà mené plusieurs insurrections depuis les années 1960.
Les dernières violences ont suscité à Bamako et dans plusieurs villes des réactions d’hostilité envers les soldats français et onusiens déployés dans le Nord, accusés de passivité vis-à-vis du MNLA et des indépendantistes touareg.
« Libérez Kidal! », « Minusma (force de l’Onu), à bas! La France, à bas! », « Minusma dégage! », a-t-on notamment entendu lors de manifestations à Bamako, Gao, Goundam (nord), Niono (centre). Le lycée français de Bamako est resté fermé jeudi pour raisons de sécurité.
Les autorités ont multiplié les appels au calme et à la retenue: « La Minusma, la force Serval et les représentants de la communauté internationale (…) ne sont pas nos ennemis », ont-elles souligné.
Pour Bamako, des « groupes rebelles » touareg sont responsables de l’attaque, mais avaient reçu le soutien de « terroristes d?Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et (de) narcotrafiquants ».
Des renforts français ont été envoyés à Gao et à Kidal (un peu moins de cent hommes).

Kidal : Comment les jihadistes de l’Algérien Bel Mockhtar ont permis au MNLA et au HCUA de prendre le dessus sur les FAMA

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant du 23 Mai 2014
Dominés par l’armée malienne lors des combats de Kidal : Comment les jihadistes de l’Algérien Bel Mockhtar ont permis au MNLA et au HCUA de prendre le dessus sur les FAMA
Il ne fait l’ombre d’aucun doute que des jihadistes proches de Mokhtar Belmokhtar, dissident d’Aqmi aujourd’hui à la tête de sa propre brigade, ont pris part au combat de mercredi 21 mai aux côtés des groupes armés du nord. Ces hommes et certains lieutenants de Iyad Ag Ghaly, membre fondateur d’Ansar Eddine, ont été aperçus à divers endroits de Kidal. Preuve que les séparatistes touaregs se sont toujours alliés à des terroristes pour combattre les militaires maliens.
Les problèmes de renseignement et de coordination évoqués par le ministre porte-parole du gouvernement ne semblent pas être les seuls facteurs de l’affaiblissement et de la déroute des militaires maliens pourtant très déterminés, mercredi après-midi, à en découdre avec le MNLA et ses alliés jihadistes.
De source sécuritaire, les soldats ont nettement dominé les groupes armés, réussissant même à les déloger momentanément du Gouvernorat. Cette victoire ne fut que de très courte durée puisque le HCUA, l’un des groupes armés signataires de l’Accord du 18 juin 2013 de Ouagadougou, a fait appel à des alliés islamistes proches du jihadiste algérien, Mokhtar Belmokhtar, dit le « le borgne . »
Certains jihadistes étaient à Kidal quand les hostilités ont débuté alors que d’autres se trouvaient en dehors de la ville. C’est après cet appel du HCUA qu’une colonne de pick-up, estimée entre une quinzaine, une vingtaine, voire une trentaine selon les sources, a fait son entrée dans la ville vers le côté sud. Ces renforts jihadistes vont permettre aux groupes armés MNLA, HCUA, MAA, de repousser les forces armées maliennes.
Et, pendant que celles-ci cherchaient à se replier vers le camp I d’où est partie la contre-offensive, la colonne des FAMA est brisée avec l’irruption d’autres assaillants retranchés dans des habitations. Plusieurs militaires tombèrent et d’autres se firent prendre.
Allahou Akbar !
De source proche de Kidal, des islamistes reconnaissables à travers leur accoutrement ont été aperçus dans divers endroits de la ville et scandaient « Allahou Akbar ».
C’est un secret de polichinelle. Le MNLA, très actif sur le plan international et très habile en matière de communication, ne constitue pas, en réalité, une force combattante contrairement à ce qu’il laisse croire. Ce mouvement séparatiste s’est toujours appuyé sur des terroristes pour attaquer les positions de l’armée malienne. Comme ce fut le cas en janvier 2012, lors de l’occupation des régions nord du pays. Aujourd’hui, nous fera remarquer une source sécuritaire, c’est la même stratégie utilisée par les séparatistes touaregs.
Un jihadiste doté d’un ordre de mission de la MINUSMA
Par ailleurs si Iyad Ag Ghaly n’a pas été aperçu dans les rues de Kidal, beaucoup de ses lieutenants, notamment Cheick Haoussa, Haroun Saïd étaient visibles dans la ville.
Il n’y a guère longtemps « L’Indépendant » annonçait l’entrée dans Kidal du jihadiste Cheick Haoussa à la tête d’une colonne de huit pick up. L’homme, en son temps, n’a nullement été inquiété parce qu’il avait réussi à faire croire à tout le monde qu’il venait pour faire la paix et restituer ses armes. Ce qui n’a jamais été le cas. Il était pourtant muni d’un ordre de mission de la MINUSMA.

Témoignages : des directeurs régionaux et admnistrasteurs civils racontent leur calvaire à Kidal

A.DIARRA – Essor du 22 Mai 2014
Ils ont été reçus par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et son homologue de la Solidarité, de l’Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord qui leur ont donné l’assurance qu’ils vont bénéficier du soutien financier et psychologique de l’Etat
Les ex-otages libérés sont arrivés à Bamako, mardi au petit soir. Ils ont été accueillis à l’aéroport Bamako-Sénou par le président de la République qui avait à son côté le Premier ministre Moussa Mara. Plusieurs membres du gouvernement ainsi que les amis et parents des ex-otages étaient présents à l’accueil.
Hier ils ont été reçus hier par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Sada Samaké et son homologue de la Solidarité, de l’Action Humanitaire et de la Reconstruction du Nord Hamadou Konaté. C’était dans la salle de conférence du ministère de l’Intérieur. Après s’être enquis de leur état physique et mental les deux ministres ont donné l’assurance que les ex-otages bénéficieront d’un soutien financier et psychologique.
Nous avons approché certains d’entre eux pour en savoir un peu plus sur les conditions dans lesquelles ils ont passé les 72 heures de captivité.
C’était très dur, reconnaissent nos confrères Tiémoko Sagara, Fousseyni Tounkara et Sidiki Ballo de la station régionale de l’ORTM-Kidal.
Il ressort des différents témoignages que parmi les assaillants, il y avait des jihadistes, très barbus, en tenue kaki, pantalon court arrivant à la cheville qui criaient « Allahou Akbar ». Une trentaine de minutes après le départ de la délégation ministérielle du gouvernorat, les tirs se sont intensifiés, racontent Sidiki Ballo et Fousseyni Tounkara de l’ORTM . » Les tirs ont continué de part et d’autre jusqu’à ce que nous nous sommes rendus compte que les tirs ne venaient que du seul côté du camp de l’ennemi. C’était trop tard, ils avaient déjà investi la cour du gouvernorat y compris la résidence où nos confrères et certains fonctionnaires étaient terrés. Pendant les échanges de tirs, Mory Samba, le secrétaire général de la coordination régionale de l’UNTM a pris une balle perdue et a crié : « hé, je suis touché » en indiquant la partie traversée par la balle, à savoir le thorax raconte Fousseyni Tounkara. Entre-temps, certains éléments des groupes armés avaient déjà mis en joue les personnes qui se trouvaient près de la porte d’entrée. »
Le directeur de la DRPIA (direction régionale des productions et industries animales) a demandé à ses proches de sortir les mains levées. « Ils pensaient que les militaires étaient cachés parmi nous dans les locaux. Pour gagner leur confiance, les femmes Tamasheqs qui étaient parmi nous, sont venues les supplier pour ne pas passer à l’acte », raconte un otage.
Pendant ces quelques secondes de discussions, d’autres assaillants sont rentrés dans les locaux de la résidence du gouvernorat pour dénicher les autres agents de l’Etat qui s’y trouvaient. Mazou Ibrahim Touré, un ancien cadre de l’ANPE, militant du MNLA débarque de nulle part, kalachnikov en bandoulière et s’exclame face au journaliste de l’ORTM Fousseyni Tounkara : « Tiens, tiens, c’est toi ? Rassures-toi, on ne te touchera pas. On n’a rien contre vous mais contre le système… ».
Pendant la discussion, un jeune armé est venu ramasser ses affaires (sac à main, ordinateur portable, appareil photo, etc) et disparaître avec. Impuissant, il le regardait s’éloigner. « Mais le plus important pour moi était de rester en vie, a dit Fousseyni Tounkara. Un autre homme armé qui me connaissait est venu me demander la clef du véhicule (Toyota Hilux offert par l’Unicef récemment). Ensuite, ils sont venus nous demander d’embarquer à bord de la dizaine de véhicules qui étaient venus rencontrer la délégation ministérielle ».
Samedi au petit soir, tous les otages ont été embarqués à bord des véhicules, certains se font insulter ou maltraiter en recevant quelques coups sur la tête avec le bout du fusil. C’est le cas de certains directeurs régionaux. Le convoi des otages a démarré à présent pour une direction inconnue. Les convoyeurs jouent à la diversion d’abord avant de ramener leurs passagers dans une villa très bien aménagée en dehors de la ville.
« Nous passerons la nuit là sans savoir où nous sommes. C’est au petit matin que nous avons su où nous étions. Nous n’avions pas encore quitté la ville de Kidal », explique Tounkara. Et de poursuivre : « Au cours de la nuit, un homme habillé en bazin bleu, enturbanné, les yeux cachés derrière des lunettes est venu se présenter à nous comme étant un représentant des droits de l’homme. Il a tenté de nous rassurer avant de disparaître dans le noir. La nuit sera très longue pour otages ».
« Au petit matin, un petit déjeuner relativement copieux nous a été servi. Au menu : spaghetti, lait, thé eau à boire. Les fumeurs ont eu même droit à la cigarette. Quelques instant plus tard, l’homme qui s’était présenté la veille comme étant un représentant de des droits de l’homme est revenu montrer son vrai visage et décliner son identité : c’était Moussa Ag Aassarid du MNLA. Il a présenté ses excuses aux Sonrai, Peulh, et autres ressortissants du Sud pour les avoir pris en otage. Il nous a rassuré que nous serons remis entre les mains de la MINUSMA, sans souci », poursuit le rescapé. Promesse à moitié tenue car 8 civils dont 6 administrateurs civils ont été sauvagement abattus.
Après le déjeuner, les otages yeux bandés, mains liées derrière le dos, ont été embarqués à bord des mêmes véhicules pour une autre destination. Après quelques minutes de route, ils seront débarqués dans la Cité des logements sociaux communément appelés ATT-bougou, un peu en dehors de la ville. Les otages reconnaissent les lieux car certains y habitaient avant la crise de 2012. Ils passeront la deuxième et dernière nuit de captivité à ATT-bougou. Pendant ces deux nuits, ils mangeaient à satiété, même si le menu n’était pas varié. En tout cas, il y avait suffisamment à manger, des spaghetti et beaucoup de viande de mouton, reconnaissent certains otages.
Qui étaient les auteurs de cet enlèvement ? Selon un ex-otage du groupe qui ne souhaite pas être cité, puisqu’il a encore des membres de sa famille à Kidal, le MNLA s’est fait aider par des islamistes d’Ansardine de Iyad Ag Ghali.
Un autre du groupe des otages a reconnu les jeunes hommes armés qui se réclamaient du MIA (Mouvement islamique de l’Azawad) devenu HCUA (Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad).
C’est Kassim Sangaré, conseiller aux affaires économiques au gouvernorat qui faisait office d’imam du groupe des otages. Mais « un monsieur qui se réclamait du MNLA est venu nous demander s’il y avait des chrétiens parmi nous. Nous avons répondu que non ». Il a dit, « Ne vous inquiétez pas, nous sommes laïcs », a t-il dit avant de s’éloigner.
L’enfer durera ainsi jusqu’à lundi à 16h. « Le même Moussa Ag Assarid est revenu nous informer que nous serons libérés. Vers 16h, des Casques bleus de la MINUSMA sont venus nous transporter vers le Camp 1 où se trouvait l’armée malienne avec le gouverneur de la Région de Kidal », témoigne un autre otage.
Tout s’est passé sous les yeux d’une équipe du CICR qui suivait cependant la scène de loin. Après cette brève escale, les otages sont conduits par les mêmes casques bleus à la base de la Minusma où ils passeront leur troisième et dernière nuit. Le lendemain mardi, les otages sont repartis en deux groupes. C’est ainsi qu’ils arriveront à Gao l’un après l’autre. C’était le ouf du soulagement et pour les otages et pour la MINUSMA.

Mali : un rescapé des combats de Kidal raconte le « carnage »

Jeudi, 22 Mai, 2014 – 08:43 – Par Sébastien RIEUSSEC – Bamako (AFP) © 2014 AFP
Dans le gouvernorat, ça a été un « carnage » : Abdoulaye Maïga, fonctionnaire à Kidal (nord du Mali) et rescapé des derniers combats dans cette ville entre armée malienne et rebelles touaregs, a cru que sa dernière heure était arrivée.
Directeur régional du Développement social à Kidal (plus de 1.500 km au nord-est de Bamako), Maïga, explique qu’à ce titre, il ne pouvait pas manquer la rencontre avec le Premier ministre Moussa Mara venu dans la ville le 17 mai avec une importante délégation de ministres.
La rencontre se déroule dans une grande salle au gouvernorat quand soudain, à l’extérieur, des affrontements éclatent entre soldats maliens et groupes armés. La délégation venue de Bamako quitte précipitamment les lieux, y laissant les infortunés fonctionnaires – hommes et femmes.
« Quand la délégation s’est retirée, on a été encerclés. L’un d’entre nous (…), un préfet, est venu nous dire : +Bon, on est encerclés, c’est fini pour tout le monde+ », raconte Maïga à l’AFP, s’exprimant mercredi à Bamako en marge d’une rencontre avec le ministre de l’Intérieur Sada Samaké.
Les assaillants prennent d’assaut le bâtiment : « ils ont d’abord jeté des roquettes dans la salle » où se tenait la réunion, tous ceux qui s’y trouvaient « ont été arrosés de balles ».
« C’est là où il y a eu le carnage », poursuit Maïga, le ton calme mais encore sous le choc.
Huit fonctionnaires ont été « froidement abattus », selon les autorités. Dont le préfet venu annoncer à ses collègues l’encerclement du bâtiment, précise Maïga.
Les assaillants « se sont ensuite dirigés vers d’autres bureaux, là aussi ils ont fait des rafales », poursuit-il.
Une vingtaine de personnes, dont Maïga, se mettent à couvert « sous un escalier », se serrant le plus possible dans l’espoir de ne pas être vus des assaillants. Ils sont rapidement découverts et capturés, mais échappent à la mort.
« Je crois, dit-il, que c’est le fait qu’on ait été dans l’obscurité qui, en partie, nous a sauvés. Autrement, nous aurions » été tués.
Toutes sortes d’humiliation’-
Selon un bilan officiel du gouvernement, les affrontements du 17 mai ont fait 36 morts (dont huit militaires) et plusieurs dizaines de blessés.
Une trentaine de fonctionnaires -rescapés du gouvernorat- ont été retenus pendant 48 heures, « pris en otage » selon Bamako, « prisonniers de guerre » pour les rebelles touaregs. Tous ont été libérés grâce à des négociations menées par la mission de l’ONU au Mali (Minusma).
« J’ai vu les éléments du MNLA (rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad), c’est surtout eux que j’ai vus », reconnait Maïga, à propos des assaillants.
Kidal est le fief du MNLA indépendantiste, et le gouvernement central n’a jamais réussi à complètement y reprendre pied, malgré l’offensive lancée en 2013 par l’armée française qui a permis de libérer le nord du Mali de l’emprise de groupes islamistes.
Bamako affirme que le MNLA avait reçu lors des affrontements de ce début de semaine le renfort de groupes jihadistes et de narcotrafiquants armés, ce qu’ont nié les rebelles touareg.
Abdoulaye Maïga assure avoir vu « des jihadistes » le jour de sa libération sur le trajet le long de l’aéroport, dont certains « aux pantalons coupés court, criaient « Allah akbar (Dieu est grand) ! Allah akbar ! ».
Il n’évoque pas les militaires français de l’opération Serval, dont plusieurs dizaines sont pourtant présents à Kidal.
Maïga rapporte aussi des conditions de captivité difficiles aux mains des rebelles touareg : otages dépouillés de leurs affaires, séparés, déplacés à plusieurs reprises ou entassés dans une pièce sans aération, sous la surveillance de jeunes combattants, certains visiblement drogués.
Mais aussi des menaces et des tortures psychologiques : quand les proches des fonctionnaires appelaient sur leurs téléphones portables confisqués, les ravisseurs répondaient qu’ils étaient « déjà morts ». « Moi, plusieurs fois on m’a appelé. Ils ont dit que je suis mort », révèle-t-il.
Le ministre de l’Intérieur Sada Samaké a rendu hommage aux ex-otages, pour avoir « accepté d’aller servir (l’Etat malien) à Kidal, dans des conditions extrêmement difficiles. »
« Vous avez subi toutes sortes d’humiliations. Ce qui vous est arrivé est inexplicable et impardonnable », leur a-t-il dit, avant de remettre à chacun quelques billets dans une enveloppe pour couvrir leurs besoins immédiats.

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From → Revue de Presse

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