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Le ministre SBM sert de fusible

by sur 28 mai 2014

Dernière mise à jour jeudi 29 mai à 8h00

C’est donc Soumeylou Boubèye Maïga, ministre de la défense, qui sert de fusible dans la catastrophe de Kidal.

On lira ci-dessous comment il paye l’irresponsabilité des militaires maliens agissant sans ordre, et sa différence d’appréciation avec le premier ministre Moussa Mara sur la situation du Nord. Mais connaissant le bonhomme, il ne devrait pas mettre longtemps à rebondir.

En sus, IBK en a besoin.

Ministère de la Défense et des Anciens Combattants : Bah Ndaw, un homme de rigueur et d’expérience, prend les rênes

Yaya Sidibé – 22 Septembre du 29 mai 2014.

Ba N'Daou ministre de la défense le 27 mai 2014
Celui qui remplace Soumeylou Boubèye Maïga au ministère de la Défenses et des Anciens Combattants, le Colonel Major à la retraite Bah N’Daw (Ndr aussi écrit N’Daou – photo ci-dessus), jouit de préjugés plutôt favorables dans le microcosme militaire, à cause du sérieux dont il a toujours fait preuve dans l’accomplissement de sa charge.

Il est connu comme quelqu’un à cheval sur les principes et le règlement militaire. En un mot, une espèce de responsable qui est en voie de disparition au sein de notre armée. C’est au nom du respect de cette ligne de conduite qu’il n’a pas hésité à rendre le tablier, alors qu’il était l’aide de camp du Généralissime Moussa Traoré, qui régnait d’une main de fer sur le Mali d’alors. Un grand risque dans ce contexte, qu’il a pris pour respecter ses convictions et les valeurs cardinales de la culture minianka, dont il est profondément pétri.
Il est toujours prêt à aller plutôt cultiver son champ à Kimparana qu’à se compromettre dans des combinaziones improbables, en cette ère d’affairisme ambiant. C’est d’ailleurs à Kimparana (cercle de San) qu’il est né, il y a 64 hivernages.
Titulaire du grade de Colonel Major avant d’aller à la retraite, le nouveau ministre de la Défense et des Anciens Combattants, ancien pilote d’hélicoptère, a une carrière militaire très riche. Elément de la promotion 1973 de l’Ecole Militaire Inter-Armes (EMIA), il est breveté de l’Ecole de Guerre de Paris.
Il a également suivi plusieurs stages en ex-URSS. Il a été successivement Chef d’Etat major de l’Armée de l’Air, son corps d’origine, Chef d’état major Adjoint de la Garde nationale, Directeur de l’Equipement des armées, Directeur du Génie Militaire, Conseiller Militaire à la Primature et au ministère de la Défense et des Anciens Combattants. Il fut aussi, entre autres, Commandant de Base.
Avant de faire valoir ses droits à la retraite, il dirigeait l’Office National des Anciens Combattants, Veuves et Victimes de Guerre, où il a donné toute l’étendue de sa grande sociabilité et de son humilité sans borne. C’est cet homme d’expérience et de conviction qui vient de prendre en main le destin de l’armée malienne.

Le «Grand» – il mesure 1,95 mètre – comme l’appellent ses intimes, a officiellement pris fonction hier, le 28 mai 2014, dans l’après-midi. Un défi titanesque l’attend: la reconstruction-refondation de l’armée malienne. Pour ce faire, il devra notamment y instaurer la discipline – l’épine dorsale de toute dans le monde – la former, l’équiper, pour en faire une armée professionnelle et républicaine. Dans cette mission difficile, mais combien noble et exaltante, il aura besoin de toute son expérience, de sa foi, de son énergie et de tout son génie.
Le nouveau ministre de la Défense et des Anciens Combattants est médaillé du Mérite militaire, Chevalier de l’Ordre National et Officier de l’Ordre National. Marié et père de deux enfants, il parle couramment le bamanan, le français, le russe et l’anglais.

Déconfiture de l’armée malienne : Enfin un bouc émissaire trouvé

Par Le Prétoire – Oumar KONATE – 29 mai 2014 à 7h00

Depuis la débâcle de l’armée malienne à Kidal, le mercredi 21 mai, le chef de l’Etat et son chef du gouvernement étaient à la recherche de boucs émissaires. Ça y est, le ministre de la Défense et des anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga fait les frais en attendant d’autres.
A la suite de la débâcle de notre armée nationale à Kidal, le mercredi 21 mai 2014, la population aussi bien que les plus hautes autorités de la République étaient désemparées. Ni le président de la République, IBK ni le chef du Gouvernement, Moussa Mara, ni personne d’autre n’a voulu endosser la responsabilité de cette énième humiliation du Mali. Mais pour autant, il fallait trouver un coupable. Car le peuple attendait fermement des explications sur la déroute de l’armée.
Depuis lors, l’atmosphère est devenue électrique au sommet de l’Etat. Les justifications des ministres se multipliaient, à commencer par le Premier ministre Mara. Les ministres de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, de l’Economie numérique, de l’information et de la communication, Mahamadou Camara ainsi que le porte-parole du gouvernement, Mahamane Baby, se succédaient sur les plateaux de télévisions pour se faire comprendre.
Troublé, le Ministre Camara a même effectué un déplacement jugé insensé par le public malien sur l’Europe pour donner la vraie version des faits aux médias occidentaux, a-t-on appris. Entre temps, l’opposition monte au créneau pour demander la démission du Premier ministre, au même moment, une certaine presse réclament la tête du ministre de la Défense.
Dans cette course effrénée à la justification, le ministre de la Défense et des anciens combattants a été reçu par la commission Défense de l’Assemblée nationale, dirigée par le fils du chef de l’Etat.
Selon nos informations, au cours de cette réunion, le Ministre Maïga n’a pas été convainquant et la rencontre a terminé en queue de poisson. Ensuite, précisent les mêmes sources, il est monté à Koulouba pour rencontrer le président de la République.
C’est au sortir de cet entretien, affirment les mêmes sources, qu’IBK a instruit à Soumeylou Boubèye Maïga de présenter sa démission. Ce qui fut fait sans murmure ni hésitation.
C’est ainsi que, depuis 19 heures, la rumeur faisant état de la démission du ministre de la Défense a fait le tour de la ville. Finalement, par un flash spécial, c’est plutôt le limogeage de Soumeylou Boubèye Maïga qui a été annoncé par le Secrétaire général de la Présidence, Toumani Djimé Diallo, sur les antennes de la télévision nationale (Ortm).
Dans le communiqué lu par le Secrétaire général de la Présidence, on ne fait nulle part mention d’une démission du Ministre Maïga, il s’est contenté de lire le décret apportant un changement au poste de ministre de la Défense et des anciens combattants. Bah N’Daw remplace Soumeylou Boubèye Maïga à la tête du Département chargé de la Défense, précise ledit communiqué. Tout laisse croire que Soumeylou Boubèye Maïga a été tout simplement limogé par le président de la République et qu’il est le premier bouc émissaire.

Sur le même chapitre, des informations qui nous parviennent affirment que d’autres têtes vont bientôt tomber. En attendant, le Premier ministre Moussa Mara est à son tour interpelé au Parlement sur la même question de Kidal, apprend-t-on.

Edito : Les raisons du limogeage de Boubèye

Chahana Takiou – Par 22 Septembre – 7h00
C’est à 23h 30 que l’ORTM a annoncé ce mardi soir la nouvelle du limogeage du désormais ancien ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Soumeylou Boubèye Maïga, et son remplacement par Bah N’Daw, un officier supérieur en retraite, ancien Aide de camp démissionnaire de Moussa Traoré (voir son parcours ci-dessous).
Déjà, dans notre parution n°454 du jeudi 22 mai, nous titrions: «Carnage à Kidal, Boubèye et Sada Samaké doivent démissionner». Nous écrivions dans cet article que ces deux ministres «ont en charge la formation et la mise en condition des militaires… Ils doivent démissionner, parce que les Maliens ne peuvent pas mourir bêtement sans que les responsabilités ne soient situées. S’ils ne cèdent pas le tablier, IBK doit être suffisamment courageux pour les limoger».
La révocation de Boubèye n’étonne personne, parce qu’il est le premier responsable de l’armée. Il doit donc payer le prix de la défaite militaire. S’y ajoute le nombre très élevé de morts, une cinquantaine, des dizaines de blessés et plusieurs autres dizaines d’otages. Dans un système démocratique, républicain, un tel bilan doit conduire le chef du département à rendre immédiatement le tablier, en attendant d’autres enquêtes supplémentaires.
Boubèye ne l’a pas fait. Il s’est adonné tardivement à une communication désastreuse, qui fait ressortir tous les jours des incohérences, des non dits et autres spéculations. Une semaine après, pendant qu’il s’expliquait mardi en début d’après-midi, à la Commission Défense de l’Assemblée nationale, Koulouba le cherchait pour lui imposer une démission. Ce qui signifie qu’il a été limogé, c’est-à-dire qu’il n’a pas quitté le gouvernement de son propre chef, que ce n’est pas de gaieté de cœur qu’il a finalement rendu le tablier.
Intrinsèquement, Boubèye est incontestablement un homme de valeur, mais il n’a pas eu de chance. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Les responsabilités qui étaient les siennes n’ont pas été clairement et nettement assumées. Il en paye le prix fort, au nom de la démocratie, au nom du devoir de rendre compte.
Sinon, Boubèye était l’un des hommes le plus puissant et le plus envié du gouvernement. Mais l’Etat est au dessus de nous tous. Quand l’Etat, dans toute sa plénitude, sévit, il n’y a point de place pour les sentiments, les tergiversations, les atermoiements. Cette force par laquelle Boubèye a été sanctionné doit continuer à guider l’Etat.
Il ne faut pas chercher de victimes expiatoires à la crise, d’agneau sacrificiel, de bouc émissaire d’une armée très faible, incapable de remplir son obligation régalienne, à savoir la défense du territoire national.
La force de l’Etat, qui a frappé Boubèye, doit s’exercer également sur les éléments des forces armées et de sécurité qui ont pêché, en désertant les champs de bataille, en abandonnant leurs positions, avant même l’arrivée de l’ennemi. Le règlement militaire doit s’appliquer à tous: dura lex sed lex (la loi est dure, mais c’est la loi).
Quid de Sada Samaké? Il doit également être chassé du gouvernement, parce qu’en sa qualité de ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, il est le premier responsable des préfets et sous-préfets qui ont été sauvagement assassinés, ainsi que des policiers et gendarmes morts et ou blessés. L’élégance républicaine voudrait qu’il s’en aille. Il est toujours là. IBK doit donc le limoger, sans états d’âme, pour éviter le deux poids, deux mesures.

Le ministre de la Défense claque la porte du gouvernement Mara : Les conséquences politiques du désamour entre IBK et Boubèye

Bruno Djito SEGBEDJI – Par L’indépendant – 29 mai 2014 – 7h00
S’il est évident que le départ du ministre Soumeylou Boubèye Maïga du gouvernement est hautement lié aux derniers événements de Kidal, il est tout aussi probable que ce clash entre le chef de l’Etat et le plus politique des membres de l’équipe gouvernementale aura des conséquences sur le pouvoir d’IBK.
Plus que le grand stratège, fin connaisseur des questions de défense et ex-patron des services de renseignements du Mali, c’est aussi et surtout l’homme politique, le président de l’Alliance pour la solidarité au Mali- Coordination des forces patriotiques (ASMA-CFP), une formation politique qui compte quatre députés à l’Assemblée nationale et en nette progression sur l’échiquier national, qui vient de claquer la porte du gouvernement Moussa Mara. Un de ses proches nous confiait hier, à l’Hémicycle : « Cet acte aura sûrement des effets d’entraînement au plan politique. Lesquels ? Je ne saurais le dire pour le moment « .
D’abord, il faut rappeler que le parti de Soumeylou Boubèye Maïga s’est, dans le cadre des élections législatives, beaucoup battu pour obtenir au moins cinq députés en vue de constituer son groupe parlementaire. Mais le parti n’a finalement eu à son compteur que quatre élus dont deux élus à Macina (Aboubacar Bah et Lassana Koné), un à Kayes (Modibo Sogoré, transfuge du PDES) et un autre à Bankass (Idrissa Sankaré), non moins président de la Commission lois de l’Assemblée nationale et Secrétaire chargé des questions électorales du parti.
«Alliés à IBK et non au RPM»
Avec la revue à la hausse du nombre de députés pour former un groupe parlementaire (de 5 à 10), les quatre députés ASMA se sont montré réticents à intégrer le groupe APM, redoutant une perte totale de leur identité. Ils ont alors tenté de former un groupe autonome (à l’image de l’ADEMA et de FARE-SADI) avec les 5 députés de la CODEM et le député de Douentza, Ilias Goro. Mais, ils en ont rapidement été dissuadés par des cadres du RPM.
Et leur président, le ministre Boubèye, a entériné cette position en prenant soin d’insister sur son discours favori : « Nous sommes alliés à IBK et non au RPM ! ». Comme pour dire qu’aucune attitude du RPM ne pouvait pousser son parti à quitter la coalition de soutien au chef de l’Etat. Sauf celle du locataire de Koulouba lui-même.
Aujourd’hui, la gestion faite des derniers événements de Kidal et cette démission du ministre de la Défense peuvent-elles être interprétées comme une volonté d’IBK de lâcher Boubèye ? Cette brouille (c’est un euphémisme) scelle-t-elle un divorce entre les deux hommes ? Rien n’est moins sûr. Ce qui l’est en revanche, c’est que Boubèye apparaît comme une tête brulée dans la sphère politique nationale, un véritable dur à cuire au sein du pouvoir d’IBK.
La majorité présidentielle à l’épreuve
L’homme avait été pressenti un moment comme Premier ministre avant la nomination d’Oumar Tatam Ly Faut-il rappeler que Soumeylou est l’ancien 4ème vice-président de l’ADEMA et candidat malheureux à la présidentielle de 2007, candidat aux primaires de l’ADEMA pour la présidentielle de 2013, avant de quitter avec fracas ce parti pour créer l’ASMA et soutenir le candidat IBK ?
Par ailleurs, il est de notoriété publique que le parti de Soumeylou Boubèye Maïga a fait un progrès fulgurant en terme d’implantation, avec dit-on, un important ralliement d’élus locaux venant d’autres formations politiques. Ce qui pousse certains analystes à classer l’ASMA-CFP comme le deuxième plus important allié politique du RPM, après la CODEM (5 députés) au sein du groupe parlementaire Alliance pour le Mali (APM).
Ce rappel pour expliquer que ce qui apparaît désormais comme un clash entre le duo IBK-Mara et Soumeylou Boubèye Maïga va impacter certainement sur le fonctionnement de la majorité présidentielle. L’ASMA-CFP a deux alternatives : conforter sa logique de s’affranchir vis-à-vis du parti présidentiel en quittant l’APM ou au pire des cas virer à l’opposition.
Dans le premier cas, l’ASMA-CFP peut d’abord opter pour le renforcement des non-inscrits à l’Assemblée nationale avant de démarcher éventuellement des députés en vue de constituer un nouveau groupe parlementaire. Vu les frustrations de plusieurs alliés politiques du RPM à Bagadadji, cette option doit être prise au sérieux.
Mais, si le clash entre IBK et Boubèye est très profond, le président de l’ASMA peut, après concertations avec ses principaux lieutenants, décider carrément de quitter la majorité présidentielle pour animer l’opposition. Ce qui sera un coup dur pour le pouvoir d’Ibrahim Boubacar Kéita.
Gageons que le contexte de fragilité politico-institutionnelle dans lequel le Mali vit actuellement n’en ressentira aucun… coup.

Mali : Soumeylou Boubèye Maïga, les raisons d’une démission

28/05/2014 à 13:17 Par Jeune Afrique

Soumeylou Boubèye Maïga a démissionné mardi de son poste de ministre de la Défense, suite aux revers militaires subis par l’armée malienne à Kidal, les 17 et 21 mai. Pourtant, ses responsabilités dans les derniers affrontements avec les groupes armés du nord semblent limitées. Explications.
L’offensive malheureuse de l’armée malienne pour reprendre Kidal, le 21 mai, aurait été une initiative locale venant d’officiers supérieurs présents sur place – parmi lesquels le général Ag Gamou, qui a perdu son adjoint dans la bataille. Ces unités auraient agi sans en avoir reçu l’ordre de l’état-major à Bamako, et sans que Soumeylou Boubèye Maïga, le ministre de la Défense, donne d’instructions en ce sens. C’est du moins ce que des sources au sein de la présidence affirment à Jeune Afrique.
Les soldats de l’armée malienne sont tombés dans le piège tendu par les groupes touaregs qui, visiblement, les attendaient. Parmi ces derniers figuraient, selon des témoins, une centaine de jihadistes reconnaissables à leurs drapeaux noirs, à leurs slogans religieux et à leurs pantalons coupés court.
Conséquence de ces événements : des pertes humaines très importantes pour l’armée (une cinquantaine de morts et 48 blessés), et une grave crise politique puisque le ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, a démissionné mardi 27 mai pour être remplacé dans la foulée par un colonel-major de l’armée de l’air à la retraite, Ba N’Dao, formé dans l’ex-Union soviétique et diplômé de l’école de guerre de Paris.
Épargner des sanctions humiliantes
Comment en est-on arrivé là ? Selon l’un de ses proches cités par l’AFP, l’ancien ministre (de la Défense mais aussi des Affaires étrangères) et ex-chef des services de renseignements, a pris sa décision « lorsqu’il a compris qu’on voulait faire porter le chapeau à la hiérarchie militaire » pour la défaite de Kidal. Il aurait ainsi pris les devants pour proposer sa démission et épargner des sanctions humiliantes à de hauts gradés.
Mais ce rebondissement est aussi sans doute la conclusion d’une différence de vision stratégique entre l’ex-ministre de la Défense et le nouveau Premier ministre, Moussa Mara, qui s’est rendu à Kidal le 17 mai malgré les réticences de la Minusma, des Français de l’opération Serval… et vraisemblablement de Soumeylou Boubèye Maïga lui-même. Une visite qui a déclenché les premiers affrontements entre des soldats maliens et les groupes armés du Nord, avant la contre-offensive ratée du 21 mai.
Le nouveau ministre de la Défense doit désormais gérer le cessez-le-feu signé le 23 mai à la faveur d’une médiation conduite par le chef de l’État mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l’Union africaine. L’accord prévoit également la mise en place d’une commission internationale d’enquête et la libération des prisonniers faits par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui en revendique 70.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué lundi avoir rendu visite à 50 personnes détenues par deux groupes armés à Kidal, le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le MNLA.

Ba N’Daou, le nouveau ministre de la Défense en terrain connu

Par Moussa CAMARA – 28/05/2014

C’est un officier à la retraite mais réputé pour son intégrité et son efficacité qui remplace Soumeylou Boubèye Maïga au Ministère de la Défense et des Anciens combattants.
L’onde choc de provoquée par les événements de Kidal a eu raison de ministre de la Défense et des Anciens combattants, Soumeylou Boubèye Maïga qui a démissionné hier mardi 27 mai 2014. C’est désormais le colonel-major d’aviation, Ba N’Daou qui le remplace à ce poste. A la différence de Soumeylou Boubèye Maïga, c’est un militaire de carrière qui revient aux affaires. Le tout nouveau ministre de la Défense et des Anciens combattants est un produit de l’Ecole militaire interarmes(EMIA), formé en ex-URSS et diplômé de l’Ecole de guerre de Paris.
Le successeur de Soumeylou Boubèye est dépeint comme un homme rigoureux, un militaire à cheval sur la discipline et partisan du travail bien fait. L’ex-aide de camp de l’ancien président, Moussa Traoré s’est révélé au public malien lorsqu’il a démissionné avec fracas en 2004 du poste de chef d’Etat- major de l’Armée de l’Air. L’officier, disait-on à l’époque, avait rendu le tablier pour protester contre la décision des autorités de l’époque de lui imposer ses collaborateurs.
Satisfaction dans l’armée
Ba N’Daou est-il l’homme de la situation ? Des militaires n’hésitent pas à répondre par l’affirmative. Les porteurs d’uniforme interrogés s’accordent à dire que l’ancien directeur du Génie militaire est l’homme de la situation, capable de nettoyer les Ecuries d’Augias de l’armée malienne.« Le nouveau ministre est un militaire qui connaît bien son sujet et je demeure convaincu qu’il pourra relever le défi », confie un adjudant chef -major de l’armée de l’Armée qui cache mal sa joie suite à de la démission de Soumeylou Boubèye Maïga.
Cet autre militaire l’ayant pratiqué embouche la même trompette : «il a les capacités militaires, morales, intellectuelles pour poursuivre le chantier de la refondation et de la restructuration de l’armée. S’il est tout aussi optimiste comme ses frères d’armes quant à la capacité du nouveau ministre, ce sous-officier se veut prudent. L’expérience et la compétence de Ba N’Daou lui permettent de produire des résultats positifs. Mais ce n’est possible que lorsqu’on lui donnera les coudées franches », tempère t-il.
Il faut rappeler que le colonel-major, Ba N’Daou, est l’un des rares militaires à occuper le poste de ministre de la Défense et des Anciens combattants au Mali depuis l’avènement de la démocratie en 1991. Les généraux Sadio Gassama (son camarade de promotion à l’Ecole militaire interarmes) sous Amadou Toumani Touré et Yamoussa Camara (aux arrêts) sous la transition sont les militaires ayant occupé ce poste ministériel avant lui.

Le ministre malien de la Défense et des Anciens Combattants, Soumeylou Boubeye Maiga, a été remplacé par le colonel-major à la retraite Bah N’daou

Abdoulaye Diakité – Par Malijet – 28 mai 2014

Après la débâcle de l’armée malienne face aux groupes armés et leurs corsaires jihadistes le 21 mai 2014 à Kidal, les enquêtes étaient en cours pour situer les responsabilités notamment en ce qui concerne celui qui avait donné l’ordre d’engager la contre-offensive.
Des têtes devraient normalement tomber. Eh bien ça y est ! Le ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga, après avoir tiré tous les enseignements, a purement et simplement démissionné.
Il quitte donc le gouvernement après avoir passé 9 mois aux destinées du ministère de la Défense et des Anciens combattants. Après cette démission de Soumeylou, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a pris un décret qui nomme Ba Daou comme ministre de la Défense et des Anciens combattants. Ba Daou fut garde du corps du général Moussa Traoré avant d’être chef d’Etat-major des armées sous Alpha Oumar Konaré.
C’est dire que Soumeylou Boubèye Maïga se sent responsable de ce qui est arrivé à l’armée malienne le 21 mai 2014 pour avoir pris sur lui la responsabilité d’engager la troupe dans une opération de « sécurisation des personnes et de leurs biens » à Kidal sans se référer au chef suprême des armés qui est le président de la République.
Le Premier ministre, Moussa Mara, de même que le ministre de l’Economie numérique, Mahamadou Camara, avaient tous expliqué par voie de presse que l’ordre d’attaquer les rebelles pour le contrôle de la ville de Kidal le mercredi 21 mai 2014 n’était pas venu du politique. Le ministre Camara était même allé loin sur des médias internationaux en expliquant que des enquêtes sont en cours et qu’il y aura des sanctions. Eh bien les sanctions sont là. On attend de voir la suite des évènements.
Le mercredi 21 mai 2014, l’armée malienne a engagé une opération contre les rebelles à Kidal. L’opération qui a été qualifiée « d’opération de sécurisation des personnes et de leurs biens » par le ministère de la Défense, visait à reprendre la ville des mains de la rébellion laquelle s’était emparée d’elle le samedi 17 mai 2014 suite aux affrontements entre eux et l’armée malienne consécutifs à la visite du Premier ministre dans la ville de Kidal. La contre-offensive a donc mal tourné et le bilan a été très lourd côté malien : une cinquantaine de morts, 48 blessés et plusieurs prisonniers

Forces Armées : Boubèye se retire du jeu

Par Mame Diarra DIOP et Modibo FOFANA – 28/05/2014
Son départ va-t-il apaiser la tempête politique née du fiasco de Kidal. S’il peut être vu comme une victime collatérale de ces mêmes évènements.
C’est un vétéran de la politique qui prend un coup. Et est sacrifié sur l’autel des demandes sociales. On avait aussi exigé le départ du PM Moussa Mara après la cuisante défaite du 21 Mai à Kidal, c’est finalement, le chef des forces armées qui rend le tablier, après une pression terrible.
Si IBK n’a pas voulu se délester de son jeune PM, il a accepté la démission de Soumeylou Boubèye Maiga, survenue le 27 Mai au soir. Le communiqué de cette décision, lue hier à la télévision nationale, a ensuite fait mention de la nomination de Bah Ndao, un ancien colonel d’Etat Major, à la retraite et réputé rigoureux dans la tâche, d’autant que le gros défi, aujourd’hui est de refonder cette armée, et de la discipliner.
L’échec de Kidal est surtout vu comme une défaite de la chaîne de commandement, et révèle une armée encore en convalescence. On se souvient encore de ces propos d’IBK au lendemain du nettoyage de Kati, des ex putschistes. « Que la Hiérarchie prévale ! ». Cette même hiérarchie a été foulée au pied dans ladite opération de « sécurisation des biens et des personnes » et qui s’est transformée le 21 Mai dernier en débâcle pour les FAMA, dont certains officiers supérieurs ont dû fuir sous le feu nourri des balles des rebelles et des colonnes ennemies.
Qui a donné l’ordre de mener l’offensive de l’armée malienne ? Le pouvoir malien a usé d’un langage sibyllin en la matière. Soumeylou Boubèye Maiga, a du également s’exprimer sur les ondes nationales, justifier l’opération tant bien que mal, donner des chiffres, un bilan mitigé. On le sentait atteint quand dans la presse, certains parlaient de « carnage ». Enfin de compte, Boubèye est une victime collatérale de la fougue de Moussa Mara à Kidal et de la marche arrière diplomatique du gouvernement face à la communauté internationale et aux forces étrangères en présence à Kidal.
Retomber sur ses pattes
Vétéran en politique et depuis l’ère Alpha Oumar Konaré, Soumeylou Boubèye Maiga n’a pas à rougir de son parcours et retombera très vite sur ses pattes. Ministre de la Défense sous Alpha Oumar Konaré, Ministre des affaires étrangères d’ATT, chef des services des renseignements, et désormais ex ministre de la défense d’IBK, il reste le président du parti politique ASMA-CFP (Alliance pour la solidarité au Mali, convergence des forces patriotiques), né de la scission interne de l’Adema lors de la nomination de leur candidat aux dernières présidentielles. Il reste un homme affable, aimable avec les journalistes, étant lui-même un ancien scribouillard. Un politique d’une grande classe.
Lors de son passage à la Défense, et reconduit à la faveur du dernier remaniement, il aura débuté le vaste chantier de refondation de l’armée malienne, en supervisant la formation et le rééquipement de ces bataillons. Si Boubèye n’était pas très aimé au sein de la grande muette, et notamment parmi les bérets verts, qui l’accusaient de « revanche » ou en tout cas de perpétuer le système ATT, SBM n’aura pas démérité et jouissait de la confiance d’IBK qui avait compris qu’il valait mieux avoir un Boubèye avec que contre soi. Fin connaisseur du terrain et des dossiers, il aura essayé de dissuader le Premier ministre Mara de se rendre à Kidal, en s’extrayant finalement du voyage. Sans doute savait-il les risques liés à ce déplacement… Il en paie les conséquences. En politique, un homme doit aussi savoir démissionner pour l’intérêt supérieur de la nation.

Mali : le ministre de la défense démissionne après la défaite de l’armée à Kidal

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 28.05.2014 à 00h38 • Mis à jour le 28.05.2014 à 09h15

Au Mali, le ministre de la défense, Soumeylou Boubèye Maïga, a démissionné mardi 27 mai, une semaine après la défaite de l’armée malienne à Kidal (nord-est) face à des groupes armés rebelles. « Le ministre malien de la défense a présenté sa démission qui a été acceptée », indique la présidence malienne.
Le président Ibrahim Boubacar Keita avait plus tôt indiqué que le gouvernement n’avait jamais donné son feu vert à l’offensive et qu’une enquête avait été ouverte. « Le président de la République, sur recommandation du premier ministre, a nommé Bah N’Dao ministre de la défense », a déclaré dans la soirée un représentant de la présidence à la télévision d’Etat.

Mali : démission du ministre de la Défense après la défaite de l’armée à Kidal

28/05/2014 à 08:13 Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Une semaine après la lourde défaite de l’armée malienne face à des groupes armés rebelles à Kidal, Soumeylou Boubèye Maïga, le ministre malien de la Défense, a démissionné mardi soir .
Poids lourd de l’exécutif malien, reconduit à son poste stratégique de ministre de la Défense lors du dernier remaniement, Soumeylou Boubèye Maïga a vu son destin basculer avec la débacle de Kidal (Nord-Est). Une semaine après la défaite de l’armée malienne dans le fief de la rébellion touarègue, « SBM » a démissionné mardi 27 mai en début de soirée.
« Le ministre malien de la Défense a présenté sa démission qui a été acceptée », a indiqué un porte-parole de la présidence. Le président Ibrahim Boubacar Keita avait plus tôt indiqué que le gouvernement n’avait jamais donné son feu vert à l’offensive de Kidal et qu’une enquête avait été ouverte. « Le président de la République, sur recommandation du Premier ministre, a nommé Bah N’Dao ministre de la Défense », a déclaré dans la soirée un représentant de la présidence sur l’ORTM, la télévision d’État.
Ce colonel-major est un officier retraité de l’armée de l’air, diplômé de l’École de guerre de Paris. Il est aussi l’ancien aide de camp de l’ex-président malien, le général Moussa Traoré.
La démission de Soumeylou Boubèye Maïga survient quelques jours après la lourde défaite de l’armée malienne face à des groupes armés rebelles, mené par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le 21 mai à Kidal. Cette offensive ratée était liée à de premiers affrontements entre soldats maliens et ces mêmes groupes armés à l’occasion de la visite, le 17 mai, du Premier ministre Moussa Mara dans le bastion touareg.
Cessez-le-feu
Dimanche soir, Soumeylou Boubèye Maïga avait indiqué que les forces maliennes avaient enregistré dans leurs rangs « une cinquantaine de morts » et « 48 blessés » lors de ces combats. Il avait précédemment reconnu que des soldats avaient été faits prisonniers par les combattants rebelles, mais moins que ce que revendiquaient ces groupes. La semaine dernière, le MNLA avait indiqué que 40 soldats maliens avaient été tués, 50 faits blessés et 70 prisonniers depuis le début des hostilités le 17 mai.
Le gouvernement et les groupes armés du Nord ont signé le 23 mai un accord de cessez-le-feu à la faveur d’une médiation conduite par Mohamed Ould Abdel Aziz, chef de l’État mauritanien et président en exercice de l’Union africaine (UA). En plus de la cessation des hostilités qui est effective depuis l’accord, ce dernier prévoit « la libération des prisonniers dans les meilleurs délais » et « la mise en place d’une commission internationale d’enquête ».

Démission du ministre de la défense Soumeylou Boubèye Maiga

journaldumali, 28 mai 2014 – 01h00
Suite aux événements de Kidal, le ministre malien de la défense Soumeylou Boubèye Maiga à rendu le tablier après la déroute des troupes maliennes mercredi 21 mai face aux groupes armés rebelles.
Le haut responsable paie ainsi le tribut de cette défaite et surtout l’incapacité des autorités à s’assumer face à cette opération manquée. En effet ce qui a d’abord été vu comme une opération de sécurisation des biens et des personnes s’est transformée en débâcle pour les FAMA qui ont essuyé de lourdes pertes. Une cinquantaine de soldats ont été tués par les forces rebelles le 21 mai.
De son côté, le premier ministre Moussa Mara avait après son voyage du 17 Mai à Kidal déclaré que l’assaut du 21 Mai était inattendu et le gouvernement laissé entendre qu’aucun ordre politique n avait été donné par la voie du ministre de la communication, ce qui a provoqué l’incompréhension et poussé l’opposition à demander sa démission. Le déclenchement de la guerre en vertu de la constitution revient au seul président de la République.
Il reste que l’armée malienne a perdu dans ces évènements tragiques beaucoup de soldats sous le regard de la minusma et de la force serval et apparaît toujours affaiblie face au MNLA.

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