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Double élection le 26 octobre ?

by sur 12 juin 2014

Malgré quelques protestations, et dans l’attente d’une deuxième rencontre entre le gouvernement, les partis politiques et les institutions, la date du 26 octobre semble de plus en plus confirmée pour des élections locales regroupants les communales et les régionales.

Avec l’élection des maires et des présidents de Régions au suffrage universel direct; mais là, il faudrait en passer par une réforme constitutionnelle…

Sortie de crise et parachèvement du processus électoral : Vers le couplage des élections communales et régionales le 26 octobre prochain

Bruno Djito SEGBEDJI – L’Indépendant – 10 Juin 2014
Le processus électoral qui a permis d’élire le président de la République et de désigner les représentants du peuple à l’Assemblée nationale ne connaîtra son terme qu’avec l’élection des responsables à la tête de nos communes et régions.
C’est pourquoi, compte tenu du temps et des réformes à entreprendre dans ce domaine, le gouvernement vient de décider du couplage des prochaines élections communales et régionales dont la date de la tenue est fixée au 26 octobre 2014.

L’élection présidentielle a permis au peuple malien de porter son choix sur Ibrahim Boubacar Kéita pour présider à ses destinées durant un mandat de cinq ans, les législatives ont conduit à pourvoir les 147 sièges de députés de l’Assemblée nationale. Ainsi, au plan institutionnel, il reste le maillon local et régional pour parachever le processus électoral.
Ce constat s’impose surtout que les autorités communales actuelles ont été installées à l’issue des élections de 2009 ; leur mandat de cinq ans s’achevant donc en cette année 2014. Le gouvernement conscient de l’impérieuse nécessité de relever le défi du fonctionnement institutionnel normal de l’Etat a dû proroger le mandat des élus communaux jusqu’en octobre prochain.
Pour ne pas être obligé de mettre en place au niveau des municipalités des délégations spéciales, qui constituent de véritables pouvoirs locaux d’exception, le ministre de l’Intérieur, le Général Sada Samaké a rencontré la classe politique la semaine dernière pour échanger avec elle sur les dispositions à prendre pour relancer le processus électoral.

Malgré les légers soubresauts qui ont marqué le terrain sécuritaire ces dernières semaines donnant un coup de frein aux activités politiques, le ministre tient à aller rapidement aux élections. Il a même souligné que le gouvernement tient à coupler les élections communales et régionales avant de fixer la date de ce double scrutin au 26 octobre prochain.
Contexte de crise défavorable à la tenue des élections
Il faut relever que certains acteurs politiques sont restés perplexes face à cette décision gouvernementale. Dans la mesure où le pays est plongé dans une crise sécuritaire à Kidal, à propos de laquelle, les voies et moyens d’une négociation avec les groupes armés sont laborieusement explorés. A cela s’ajoute la crise socio-économique généralisée dans laquelle le pays a sombré, avec un mal-vivre tout aussi généralisé marqué par la raréfaction de l’argent. A ce titre, les responsables politiques évoquent le manque de moyens financiers pour aller aux urnes à un double échelon (communal et régional).

Ces récriminations ne sont pas partagées par une partie de la classe politique qui estime que malgré les difficultés du moment, il faut aller courageusement aux urnes pour poser les fondements du redressement démocratique à la base. A ce propos, le ministre Ousmane Sy a été clair : « il n’y pas d’élection parfaite. Il faut renforcer la décentralisation malienne dans ce contexte de reconstruction du pays ».
Dans une de ses récentes tribunes publiée dans les colonnes de L’Indépendant, le père de la décentralisation malienne, le ministre Ousmane Sy disait que la mise en œuvre de la décentralisation doit être pensée comme un processus de longue durée.
« Les principes directeurs qui la guident doivent nécessairement émerger d’un dialogue national qui mobilise l’ensemble des acteurs sociaux et territoriaux. Pour avoir une chance d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés, la reforme doit être mue par deux éléments que sont :

a) une volonté politique lisible au plus haut niveau de l’appareil d’Etat ; pour éviter qu’elle ne s’embourbe dans les « marécages » des préalables à satisfaire et
b) une approche inclusive dans le choix des orientations, des objectifs, et de la modalité de mise en œuvre. Aucune catégorie d’acteurs de la société ne doit être laissée en marge ».

A en croire les membres du gouvernement, les récents états généraux sur la décentralisation, les assises sur le nord ont dégagé la voie pour cette relance rapide du processus électoral en vue de sceller définitivement la phase de la transition politique post événements de mars 2012. Mais des questions demeurent sans réponse : comment aller à des élections communales et régionales paisibles à Kidal, Ménaka, Léré, Ber et même à Ténenkou ? Ce qui n’empêche pas le ministre Sy d’appeler à avancer sur le chemin de la régionalisation.

Nécessité de relire la loi électorale
« Le Mali, un pays dont la diversité est l’une des caractéristiques les plus visibles, doit s’appuyer sur cet atout pour sortir de la crise. Les acquis de plus d’une décennie de mise en œuvre sont aujourd’hui plus que suffisants pour sortir des interrogations et s’engager résolument dans la régionalisation qui est la deuxième étape après la communalisation. La paix, la stabilité et le développement du pays sont à ce prix. Pour guider la conduite à tenir dans cette seconde étape du réveil du pays profond, le Premier Ministre est le meilleur ministre de la décentralisation et l’implication personnelle et le leadership du Président de la République sont indispensables », disait Ousmane Sy.

Signalons que pour rapidement enclencher ce virage vers la redynamisation de la démocratie locale, une relecture de la loi électorale est attendue. Pour, dit-on, élire des maires et des présidents des assemblées régionales au suffrage universel direct avec un scrutin de liste. Une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pourrait être convoquée à cette fin probablement en juillet prochain.

Les enjeux des élections régionales

Pour calmer les ardeurs bellicistes des groupes armés qui opèrent à Kidal, le gouvernement a opté pour une « décentralisation renforcée » visant à conférer une large autonomie, non seulement à la cité des Ifoghas mais à toutes les régions existantes et celles qui seront créées.
C’est vers une autonomie qui ne dit pas son nom que l’Etat malien tend inexorablement pour mettre un terme à l’irrédentisme des groupes armés qui se font menaçants à partir de Kidal. C’est ainsi que le gouvernement vient d’opter pour la tenue, pour la première fois au Mali, d’élections régionales. Celles-ci permettront de doter toutes les régions d’exécutifs régionaux élus au suffrage universel. A priori, le MNLA et ses alliés devraient se féliciter de cette avancée issue des états généraux sur la décentralisation organisée récemment par les nouvelles autorités.
Dans le document rédigé à ce propos par le ministère délégué à la décentralisation et intitulé « stratégie et plan d’actions prioritaires pour la mise en œuvre des recommandations des états généraux de la décentralisation », le gouvernement opte pour le principe « d’une décentralisation renforcée, fondée sur la régionalisation, la mise du développement régional au centre de la gouvernance, de la croissance de l’activité et de la solidarité nationale dans le respect des diversités culturelles, en préservant l’unité et l’intégrité nationales ».

En clair, pour ne pas céder à un particularisme de la région de Kidal, les autorités ont choisi de conférer un système d’auto-gestion aux différentes régions du pays. Il s’agit de faire en sorte qu’au-delà de sa dimension administrative liée à l’érection des régions en collectivités territoriales, la régionalisation participe de la volonté politique réaffirmée de faire de cette collectivité le moteur du développement économique, social et culturel.
Ainsi, à travers l’élection au suffrage universel des véritables« membres du gouvernement régional » , l’Etat se délestera de certaines de ses responsabilités et ne sera plus accusé d’avoir abandonné ses démembrements. Il n’interviendra qu’en appuis ponctuels dans certains domaines particuliers. Par ce système, les populations de nos régions, dont Kidal, éliront désormais directement leurs administrateurs pour impulser leur développement. Donc, les prochaines élections régionales ne sont qu’une réponse aux rebellions récurrentes à Kidal.

 

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