Skip to content

Fraudes aux examens : la ministre tape fort

by sur 12 juin 2014

Visiblement, Mme Togola Jacqueline Nana, le ministre de l’Education Nationale, ne veut pas se contenter de punir des lampistes.

Apparemment elle prend des mesures fortes qui n’épargnent personne, quitte à désorganiser un peu la tenue des examens.

Le ministre de l’Education Nationale démantèle un réseau de fuite des sujets d’examens : Des communications téléphoniques accablantes interceptées

Youssouf Diallo – 22 Septembre du 12 juin 2014

Des agents du Centre des examens impliqués jusqu’au cou
Des promoteurs d’établissements privés sur la sellette
Des sanctions à la mesure de la faute

C’est un véritable exploit que le ministre de l’Education Nationale, Mme Togola Jacqueline Marie Nana, vient de réaliser dans le déroulement des examens de fin d’année. Cette dame de fer, réputée très rigoureuse, a pu infiltrer et démanteler le réseau de fuite des sujets des examens du DEF et du Baccalauréat malien.
En effet, les fuites massives des sujets, constatés lors du DEF ont amené la titulaire du département de l’Education Nationale à mettre tout en œuvre pour éviter les mêmes erreurs lors du bac. Pour atteindre l’objectif zéro fuite, Mme Jacqueline Marie Nana a sorti la grosse artillerie, en mettant à contribution ses proches collaborateurs, les forces de l’ordre et même la Sécurité d’Etat.

Ces actions ont permis d’intercepter des communications téléphoniques accablantes. L’enquête a aussi découvert que des agents du Centre national des examens et concours du ministère de l’Education et des promoteurs d’établissements privés sont impliqués jusqu’au cou dans cette fuite de sujets.
Face à ce business devenu très florissant depuis des années dans notre pays, Mme Togola Jacqueline Marie Nana a préconisé des sanctions à la mesure des fautes constatées. De prime abord, elle a suspendu le Directeur du Centre national des examens et concours du ministère de l’Education, Bakoni Ballo et a également averti que tous les promoteurs d’établissements privés qui seront reconnus comme impliqués dans ces malversations se verraient retirer leurs agréments. C’est-à-dire qu’ils verront leurs écoles fermer.

Ce n’est pas tout. Une quinzaine d’agents du Centre des examens, suspectés d’être à la base des fuites généralisées de sujets ont été relevés. En effet, ce qui est révoltant dans cette situation, c’est que des agents que Jacqueline Marie Nana avait relevés à son arrivée à la tête du département de l’Education (parce que suspectés d’être au centre de ce réseau), ont été recrutés par le Directeur Bakoni Ballo, qui les a mis au centre de son dispositif d’organisation, ce qui a provoqué une vive colère chez la patronne du département.

Pour minimiser les risques de fraudes et de fuites des sujets, Mme le ministre a fait changer les sujets de toutes les épreuves du Baccalauréat à Bamako et à Kati et mis en place une équipe restreinte, composée de membres de son cabinet politique, pour choisir ces nouveaux sujets. Selon le Conseiller à la communication du département de l’Education, Mme Togola Jacqueline Marie Nana a responsabilisé cette équipe et fait une sévère mise en garde: «vous répondrez en mon nom. Si jamais il y a eu fuite de sujets, je vous en tiens responsables. Et, d’ici, je vous amènerai directement en prison».
Elle a également pris des mesures pour interdire l’accès des centres d’examens à toute personne étrangère et interdit aux candidats l’accès aux téléphones portables. Son équipe restreinte est enfermée depuis vendredi dernier dans le bureau du Chef de Cabinet et procède aux choix des sujets des différentes épreuves. Ce qui n’a pas plu aux gens du réseau de fraude, que le département a ainsi contournés.

Des tentatives de sabotage du Bac
Le changement des sujets des épreuves, à Bamako et à Kati, n’a pas été sans conséquences sur le déroulement normal du Baccalauréat dans les centres d’examen de la capitale et de ses environs. Elles ont démarré avec un grand retard dans certains centres. Profitant de cette situation, les activistes du réseau de fraude ont tenté de procéder à l’intoxication de l’opinion, faisant croire que les examens avaient été reportés ou annulés.
Pire encore, certains mêmes se promenaient en disant que le ministre avait démissionné. Malheureusement pour eux, ces médisances n’ont rien enlevé à la sérénité de la maîtresse des lieux, déterminée à poursuivre ce qu’elle a commencé sans se laisser distraire par ces chants de sirènes.
D’autant qu’elle a bénéficié de l’accompagnement des parlementaires, à travers la Commission Education de l’Assemblée nationale, décidée à soutenir ses initiatives parce qu’il s’agit de l’avenir de nos enfants et du Mali, ce au grand dam de certains promoteurs d’établissements privés.

Des communications téléphoniques interceptées
Les examens de fin d’année étaient devenus un grand marché, où tout le monde trouvait son compte, au détriment de l’avenir de notre pays. Des agents du Centre national des examens et concours aux promoteurs d’établissements privés, en passant par les parents d’élèves, on n’hésitait pas à mettre le prix pour s’acheter les sujets des examens de fin d’année.
Pour démanteler ce réseau, le ministre de l’Education Nationale a mis à contribution les services de renseignement et les opérateurs de télécommunications. Elle a ainsi pu intercepter des communications téléphoniques entre un marchand de sujets, pardon un promoteur d’établissement de la rive droite, et son client.

Auparavant, dans la matinée, le ministre avait tenté de prendre le promoteur en question la main dans le sac. Pour ce faire, elle avait envoyé l’un de ses agents acheter l’ensemble des épreuves pour 60 000 F. Le promoteur indélicat lui a fait savoir que les sujets qui étaient à son niveau n’étaient plus d’actualité et lui a demandé de revenir vers le crépuscule. C’est à partir de ce moment qu’il a été mis sur écoute.
Et le résultat est très accablant. En effet, le soir même, l’un de ses clients l’a appelé pour savoir, dans leur jargon, si les sujets étaient arrivés à son niveau. Soit «la sauce n’est pas encore prête. Elle sera prête vers le crépuscule».
Selon le Conseiller à la communication du ministre, les promoteurs s’arrangeaient pour que leurs élèves puissent se retrouver à composer dans un même centre. Comme cela, ils traitaient les sujets et pouvaient ensuite corrompre les agents de sécurité, déployés pour sécuriser les examens, pour les acheminer dans les salles. A la proclamation des résultats, ils vantaient la performance de leurs établissements, avec des pourcentages de réussite irréalisables dans des conditions normales.

C’est ce réseau mafieux que Mme Togola Jacqueline Marie Nana a démantelé. Elle mérite d’être soutenue et encouragée pour poursuivre ce chantier, car il y va du devenir de notre nation. Plusieurs de ses prédécesseurs ont en effet failli là où elle est sur le point de réussir.

Fuite aux examens : les mesures du ministre : Le ministre coupe des têtes et forme une équipe restreinte pour les sujets du Baccalauréat

A.H.Maïga – Le Matin du 12 juin 2014
Après avoir limogé le Directeur national des examens et concours, Bakoni Ballo et consort, le ministre de l’Education nationale veut aller plus loin. Togola Jaqueline Marie Nana a saisi la gendarmerie et la police pour faire toute la lumière et démanteler le réseau qui organise la fuite aux examens depuis des années.
Pour annihiler la fuite au baccalauréat, le ministre de l’Education nationale, Togola Jacqueline Marie Nana, a formé une équipe restreinte autour du chef de cabinet depuis vendredi, a-t-on appris de sources proches du cabinet. La mission de cette équipe était de changer les sujets du bac. Ce qui fut fait. En dépit de quelques problèmes décelés dans certains centres d’examens, hier matin, tout laisse croire que les choses sont rentrées dans l’ordre.
Au Def, la fuite massive a amené le ministre de l’Education nationale à limoger certains responsables dont le Directeur national des examens et concours, Bakoni Ballo. Cet état de fait a jeté l’anathème sur le Baccalauréat dont les épreuves ont démarré, hier mardi 10 juin 2014. Mais, le ministre de l’Education nationale, de l’avis de plusieurs observateurs, a pris le taureau par les cornes en formant cette équipe qui écarte d’emblée les anciens techniciens du département apparemment suspects.
En attendant, la vigilance est de mise !

Fuites de sujets au DEF 2014 : Le directeur du centre national des examens suspendu !

Aminata Traoré – Les Echos -10 Juin 2014
Pour des fuites et fraudes au diplôme d’études fondamentales (DEF 2014), le directeur national des examens et concours, Bakoni Ballo, est suspendu de ses fonctions pour le reste des examens de l’année en cours.
Les fraudes et fuites massives des sujets au DEF 2014 ont défrayé la chronique cette année. Le directeur national des examens et concours, Bakoni Ballo, a été suspendu de ses fonctions. La mesure n’a pas encore pris effet, l’intéressé étant encore en poste pour régler les dispositions courantes des examens à venir.
Au DEF, il y a eu fuites de sujets dans des matières comme les sciences naturelles (biologie), la physique-chimie, l’anglais et l’éducation civique et morale (ECM). Ce que réfute le directeur Bakoni Ballo. A l’en croire, des vendeurs d’illusion, ont fait des rumeurs pour faire leurs choux gras. Une multitude de sujets ont effectivement circulé à Bamako, mais rien de ceux-ci, aux dires de M. Ballo, n’avait un rapport avec les sujets réels établis pour l’examen.
Néanmoins, au cours de l’examen du DEF, des sujets se rapportant aux sujets « sans pour autant l’être !« dans les disciplines citées ont été interceptés par les surveillants et les directeurs de centres. Pour le directeur du centre des examens, « ces sujets ont été changés sur les deux rives de Bamako, à Kalabancoro et au Cap de Sangarébougou où ils ont été décelés« .
Ce jour-là, a-t-il ajouté, les élèves ont pris connaissance du nouveau sujet au tableau, à 45 minutes, voire 1 heure de retard sur les autres centres. Aucun des sujets, a affirmé M. Ballo, qui a fait l’objet de fuite n’a passé par Bamako ou dans les centres environnant indiqués.
Il est difficile d’avoir un examen à risque zéro, surtout au Mali, mais pour Bakoni Ballo, les risques pour le DEF ont été amoindris par les dispositions prises. « Sur plus de 1582 centres d’examen au Mali, seulement une dizaine ont présenté des risques. La proportion est infime comparée au plan national« , se défend M. Ballo. « Le travail n’est pas parfait, mais il est à saluer« , se console-t-il.
La suspension du directeur national des examens et concours est certes une sanction, mais ne devrait pas être la seule. Toutes les personnes du cercle restreint de sélection et de scellé des sujets sont les premières concernées par la défaillance dans les dispositions de sécurité des examens.
Les dispositions prises par le ministère de l’Education nationale devront être revues parce qu’il reste encore des examens comme le baccalauréat qui débute ce matin, le brevet de technicien (BT), prévu pour le 16 juin, les examens des Instituts de formation des maîtres (IFM).

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :