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INSECURITE : Comment semer le doute…

by sur 10 juillet 2014

L’article ci-dessous comprend deux parties :

– La première est la relation d’un braquage publiée dans le Républicain (journal de la capitale malienne) comportant, inscrites en rouge, les erreurs et/ou imprécisions que j’ai relevées ; je connais bien les lieux, que je sillonnais encore, à moto et en voiture, dans la deuxième quinzaine de novembre dernier, à l’occasion des élections législatives
– La seconde partie résulte de l’enquête que j’ai menée auprès des autorités à Bafoulabé et d’amis maliens demeurant à proximité des lieux.

Deux ministres viennent de visiter le chantier de la future école de journalisme qui dépendra du ministère de l’enseignement supérieur. Cette création devrait permettre aux journalistes maliens de disposer de formations plus complètes, plus professionnelles.

C’est une bonne chose, à condition que les patrons de presse maliens ne fassent pas comme leurs homologues français : éviter d’embaucher les journalistes sortant des centres de formation parce qu’ils doivent les payer aux barèmes fixés par la convention collective… et ce très souvent au détriment de la qualité des articles proposés.
Hubert LEDOUX

Insécurité à Bafoulabé : des hommes armés s’attaquent aux marchands à Gankontri

Fakara Faïnké – Le Républicain du 10 juil 2014
Général Sada SamakéLe Général Sada Samaké

Le général Samaké est le ministre de l’intérieur chargé de la sécurité ; publier sa photo à l’occasion de ce qui s’avère être un simple braquage, même si c’est nouveau dans le cercle de Bafoulabé, dramatise un fait divers avec une évidente intention politique, sachant que le propriétaire du Républicain est un opposant au gouvernement actuel.

A bord d’une fourgonnette, des hommes armés se sont attaqués aux populations dans un marché non loin de l’usine d’extraction de minerais de calcaire, exploitée par l’entreprise Stones à Gankontri, dans le cercle de Bafoulabé.

Dés les trois premières lignes de l’article, sa véracité est mise en doute pour trois raisons :

    1. L’usine d’extraction de minerais de calcaire, exploitée par l’entreprise Stones est située à Gouroundapé, à 25 km de Gangontéry (et non Gankontri).
    2. A Gangontéry est installée une cimenterie construite par un groupe indien qui a pour nom : « Diamond Cement Mali »
    3. Ni à Gouroundapé, ni à Gangontéry il n’existe de marché au sens entendu au Mali ; juste quelques échoppes brinque balantes installées en bordure de route.

Bilan : de nombreux blessés, des marchands ont été dépouillés de leurs biens. C’était le mardi, 8 juillet 2013.
Sommes-nous face à une impuissance des autorités actuelles à assurer la quiétude des populations par leur incapacité à doter les forces de sécurité de moyens adéquats ? En tout cas ça et là, partout où presque, l’insécurité s’installe dans le pays. Si le nord est la plus grande préoccupation, le reste du pays n’est pas exempte d’insécurité.
Le pays est entrain de devenir un « no man’s land » où l’insécurité est totale. Face à cette situation, chaque jour que fait Dieu, les autorités actuelles, ne montrent que leur amateurisme sur fond de fausses publicités.

La règle veut que dés les premières lignes d’un article on relate directement les faits.
Ici, dans les dix premières lignes, les deux premières parlent des faits (faussement au demeurant, voir ci-dessous : un seul blessé, un seul commerçant volé) que l’on commente ensuite durant huit lignes.

En tout cas ce qui s’est passé dans le cercle de Bafoulabé est une première pour les populations de cette partie du Mali depuis l’indépendance à nos jours : Des hommes en armes s’attaquent à des paisibles citoyens.
Pourtant, cela s’est passé à 300 mètres du camp de la gendarmerie construite par l’entreprise Stones pour assurer le minimum de sécurité. Cela fut une surprise générale au sein de la population, que des hommes armés fassent feu de tous les bois pendant plus d’une heure de temps sans que les agents de sécurité ne réagissent.
Les bandits ont tiré sur les gens au nez et à la barbe de ceux qui sont sensés les sécuriser et qu’il n’y ait aucune réaction de leur part. Pourtant, il est à constater que ces agents de sécurité indélicats comme nous l’avions évoqué dans un précédant article sur leur comportement à Kénièba se livrent aux mêmes rackets des populations dans le cercle de Bafoulabé.
Comme à Kéniéba, les populations dans ce cercle, surtout les forains ne sont pas dans de bonnes mains. Ces agents indélicats rançonnent de façon systématique les pauvres paysans, motocyclistes et cyclistes, au lieu d’organiser des patrouilles pour traquer les bandits. Le 8 juillet, les bandits, après avoir commis leurs forfaits se sont dirigés vers Kayes. Le maire de Bafoulabé, contacté par nos soins nous a confirmé l’information.

Dans toute cette partie, un récit confus (et faux) n’a de cesse que de mettre en cause les gendarmes nouvellement installés qui deviennent ensuite des « agents de sécurité » et finissent par être mis dans le même sac que leurs collègues du cercle voisin de Kéniéba.
Cela s’appelle « commettre un amalgame ».

Au ministre Sada Samaké de sillonner le Mali pour sensibiliser les agents de sécurité, pour une prise de conscience afin de sécuriser le pays qui devient le lit de crimes et les amené à cesser leurs anciennes pratiques révolues. En un mot à les mettre au service du peuple malien qui paye son impôt pour être sécuriser et nos martyrisé par des hommes qu’il arme.

La boucle est bouclée : c’est la faute du ministre qui utilise mal les impôts !
On connaît, on lit ça tous les jours dans les commentaires des réseaux sociaux, mais ce n’est pas du journalisme.

L’article que j’aurais écrit après enquête :

Mardi 8 juillet, le bar Mano a été braqué. Il situé à près de 1 km de la cimenterie de Gangontéry, un peu en avant de la cité ouvrière construite en retrait face à l’usine, parmi les échoppes et cases installées de long de la route.
Les bandits (de trois à six selon les témoins), munis d’armes à feu, sont arrivés dans un 4×4 ancien ressemblant à une fourgonnette ; en moins d’une minute ils ont mis le gérant en joue, lui ont dérobé la recette du jour estimée entre 50 000 et 500 000 CFA, avant de s’enfuir précipitamment en direction de Kayes.
Un commerçant voisin est alors monté sur sa moto, les bandits l’ont aperçu et, croyant qu’il allait prévenir les gendarmes du poste installés près de l’usine à 800 m de là, ils ont tiré et l’ont blessé ; il a été hospitalisé à Bamako.
Les bandits, apparemment de la région, ont été arrêtés à leur arrivée à Kayes.

Les faits établis et les suppositions.

L’action n’a pas duré plus d’une minute, il n’y a pas eu arrosage de balles et on note un seul blessé dont le pronostic vital n’est pas engagé.
Il s’agit d’un fait divers de la criminalité ordinaire qui n’a rien à voir avec les événements du Nord Mali.
Selon différentes informations non confirmées, les bandits comptaient braquer l’agence Ecobank proche de l’entrée de la cimenterie, mais située à l’intérieur de l’enceinte de l’usine et donc sécurisée.
Ils semblaient aussi compter sur la période du ramadan au cours duquel la vigilance diurne des gendarmes se relâche dans le poste de gendarmerie construit il y a quelques mois. Ces derniers n’ont pas eu le temps d’être prévenus et d’intervenir, mais apparemment ils auraient été parmi ceux qui ont averti leurs collègues de Kayes.

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