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Kayes : projets agricoles mal engagés

by sur 10 juillet 2014

En région de Kayes on a décidé de « mettre la gomme » sur l’agriculture.

Le ministre a lancé la saison en fixant les traditionnels objectifs.

Mais en relevant aussi les insuffisances locales dans la gestion des gros projets engagés.

La politique « clef en mains » ou la participation des usagers n’est pas partie prenante dès la conception . Constat d’un gachis.

Lancement de la campagne agricole à Kayes : ENJEUX NOUVEAUX ET DEFIS TRADITIONNELS

L’Essor du 19 juin 2014 – M. COULIBALY

La campagne prend en compte pour la première fois les objectifs de production animale et piscicole en vue de répondre à la problématique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle
Faire d’une pierre, deux coups : voilà un mot d’ordre auquel a répondu la visite, lundi, du ministre du Développement rural à Kayes. Le Dr Bocari Tréta a ainsi procédé au gouvernorat de Kayes au lancement officiel de la campagne agricole 2014-2015 de la région et présidé les travaux de l’atelier sur l’élaboration du Programme national d’investissement du secteur agricole (PNISA) et des agropoles. Le draft sur lequel l’atelier a planché, a été ébauché par la Cellule de planification et de statistiques du ministère du Développement rural (CPS).
Le lancement de la campagne agricole a eu lieu en présence du gouverneur Salif Traoré, du directeur national de l’agriculture, Moussa Camara, des responsables des services techniques centraux et régionaux des régions de Kayes et de Koulikoro.
Cette campagne agricole recèle la particularité de prendre en compte pour la première fois les objectifs de production animale et piscicole. Cette innovation participe de la réponse à la problématique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle que le gouvernement veut promouvoir. Il est important pour le département de faire comprendre tous les enjeux liés à ces objectifs et de demander aux agents d’encadrement de s’investir di mieux possible pour atteindre les productions végétale, animale et piscicole assignées. Aussi, chaque région, prise séparément, doit pouvoir intégrer ses productions dans la part des objectifs nationaux assignés, a expliqué Bocari Tréta.
Les directeurs régionaux des services techniques relevant du département doivent faire le point de leurs objectifs de production en céréales, lait, viande, cuir et peau, poisson frais et transformé, etc. Une synergie d’actions doit être créée entre les différents intervenants. Bocari Tréta a souhaité une mobilisation effective de tous les agents autour des objectifs du plan de campagne 2014-2015.
Le ministre a mis en garde tout agent de l’Etat ou producteur surpris en flagrant délit de malversations sur les engrais. Le directeur national de l’agriculture a annoncé, pour sa part, la mise en service d’un numéro vert (96 18 82 07) qui fonctionnera de 7h30 à minuit tous les jours et permettra de dénoncer toute pratique malsaine sur les engrais subventionnés. L’anonymat est garanti et les auteurs encourront des sanctions, a assuré Moussa Camara.

LE BILAN DE MAPUTO.

En 2003, dans une Déclaration dite de Maputo, les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Union africaine avaient demandé aux pays d’allouer au moins 10% de leur budget national au développement de leur agriculture. L’heure est venue de faire le point de cet engagement. La semaine prochaine notre pays sera présent à la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de Malabo pour présenter le bilan des 10 ans de Maputo. Notre pays aborde en confiance cette rencontre continentale avec des points forts comme les 10% du budget alloués à l’agriculture et les 15% qui y seront consacrés à partir de 2015.
Malabo sera aussi l’occasion de parler du Plan national d’investissement du secteur agricole (PNISA). Le PNISA qui court sur dix ans (2015-2025) ambitionne de faire de l’agriculture le moteur de la croissance économique et la source de la réduction de la pauvreté. Le plan va assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations urbaines et rurales et générer des emplois et des revenus significatifs dans une logique de développement durable.
Le plan comprend 5 axes stratégiques : le renforcement des capacités des acteurs étatiques et non étatiques ; l’investissement dans le foncier, les ressources naturelles, l’irrigation et la gestion de la ressource eau ; la production et la compétitivité des filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques ; la formation et recherche et la protection sociale contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle conjoncturelle.
Le PINSA s’intègre parfaitement dans la Politique de développement agricole (PDA) et constitue la réponse du Mali au Programme détaillé de développement agricole en Afrique (PDDAA) du NEPAD dans le cadre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).
En attendant de finaliser le document du PNISA, le Programme national d’investissement prioritaire du secteur agricole (PNIPSA) avait été exécuté afin de répondre aux préoccupations du département. Pour prendre en compte les besoins des régions, la Cellule de planification et de statistiques organise en collaboration avec le département des ateliers régionaux dont la première étape a été Kayes qui a regroupé aussi les acteurs de la région de Koulikoro.
La région de Sikasso regroupera aussi les participants de Ségou et du District de Bamako tandis que la région de Mopti réunira les acteurs des régions de Gao, Tombouctou et Kidal. Un autre atelier regroupera les acteurs de la profession agricole, la société civile et les autres départements sectoriels pour élaborer un plan consensuel d’investissement du secteur agricole.
Le coût total du PNISA sur les dix ans est évalué à 6918 milliards Fcfa, soit plus de 600 milliards par an. Les perspectives d’accroissement de la production agricole n’étant pas des plus fameuses, le département réfléchit à la création d’agropoles de développement rural. Ceux-ci contribueront à l’accroissement des productions dans le cadre des bassins de production végétale, animale (lait, viande, œufs, volaille et cuirs et peaux) et piscicole (poissons, aquaculture).
La création d’une agence de promotion des agropoles est envisagée afin d’exploiter au mieux les potentialités de chaque bassin identifié. Les responsables des services ont signalé les contraintes posées par les objectifs assignés. Ils ont cité l’insuffisance de moyens logistiques et de personnel, l’absence de plan de carrière pour les cadres et agents, la spéculation foncière des municipalités et des services du domaine et du cadastre sur le patrimoine immobilier bâti et non bâti des structures du développement rural et l’insuffisance de personnel de certains services de l’Etat de la région.
Bokary Tréta a pris note des doléances et annoncé le recrutement de 250 agents d’encadrement dès cette année et la programmation d’un millier d’agents à recruter d’ici 5 ans. Il a souhaité la réactivation des instruments de suivi-évaluation au niveau des comités locaux, régionaux et communaux de la région.

 

Visite du ministre Treta à Kayes : DEUX PROJETS MAL ENGAGES

L’Essor – M. COULIBALY – 20-06-2014

En visite dans la Région de Kayes où il a procédé au lancement de la campagne agricole pour cette partie du pays (l’Essor d’hier), le ministre du Développement rural, le Dr Bocari Treta, a visité mardi le complexe maraîcher de Kamankolé et une mini-laiterie. Les deux exploitations sont situées dans la périphérie de la ville de Kayes.
Le complexe maraîcher de Kamankolé avait déjà accueilli les prédécesseurs du ministre Treta à la tête de l’Agriculture. La structure est loin d’être exploitée à son niveau optimum. Pour les exploitants, le périmètre n’est pas opérationnel en raison des défauts de conception sur le réseau d’irrigation implanté. Ils incriminent également la fonctionnalité des motopompes qui tombent fréquemment en panne.
Pour les responsables de l’Agence de développement rural de la vallée du Sénégal (ADRS), les périmètres maraîchers ne souffrent d’aucune mauvaise conception. Seulement, les paysans ne maîtrisent pas le fonctionnement du système d’irrigation qui distribue l’eau à travers une tuyauterie enterrée.
Les motopompes installées sur les berges du fleuve Sénégal renvoient l’eau vers des bassins de récupération. De ces bassins, l’eau est drainée par des tuyaux enterrés vers les parcelles à cultiver. Il est vrai que lorsque le niveau de l’eau baisse dans le fleuve, les motopompes captent difficilement, sinon ne peuvent même pas pomper l’eau. Ce qui rend aléatoires l’irrigation et l’exploitation du périmètre.
Les paysans qui ont reçu clef en mains le périmètre, ne sont pas liés par un contrat de performance envers l’ADRS. Le ministre Treta a demandé la signature d’un cahier de charges qui définira les obligations de toutes les parties (ADRS et exploitants).
La mini-laiterie qui a été construite et équipée depuis 2010 par le Projet d’appui aux productions animales dans la zone de Kayes Sud (PADEPA-KS) n’est pas fonctionnelle. Pire, les deux groupes électrogènes livrés pour alimenter les équipements ne peuvent pas en supporter la charge. Les membres de la coopérative ont demandé, en vain jusqu’ici, un branchement au réseau électrique d’Energie du Mali.
Pour ne pas rester les bras croisés, la coopérative a acheté des marmites dans lesquelles elle pasteurise le lait frais livré par les éleveurs. Elle achète ce lait à 300 Fcfa le litre pour le revendre à 325 Fcfa. Et à ce jour, elle a encaissé plus de 810.000 Fcfa de bénéfices. Toutefois, la coopérative reste confrontée à d’autres difficultés comme l’ensachage et le refroidissement du lait pasteurisé. Le ministre a promis d’examiner ces doléances.
Avant de quitter Kayes, le responsable du département a fait le point des objectifs de production agricole, animale et piscicole avec les cadres des services techniques de la région. Ainsi sur les objectifs de production nationale, la région de Kayes espère récolter 735.569 tonnes de céréales et dégager un excédent céréalier de 150.545 tonnes, dont 13.220 tonnes de riz paddy.

L’Unité laitière de Danfagabougou et le périmètre irrigué de Kamankolé : deux causes de la colère du ministre Tréta

Yaya Samaké, envoyé spécial – 22 Septembre du 19 juin 2014 à 14:59
Faisant le bilan de cette visite, Bocary Tréta n’a pas manqué de souligner son mécontentement face à la gestion de deux grandes infrastructures. Il s’agit du périmètre irrigué de Kamankolé et de l’unité laitière de Danfagabougou qui aurait dû commencer à produire d’ailleurs en 2010.
Sur ces sujets, Bocary Tréta est, on ne peut plus, clair : «J’ai eu le sentiment que nous devons approfondir nos approches. Elles doivent être claires et pour nous et pour les bénéficiaires. L’Etat a le devoir d’exprimer sa solidarité vis-à-vis des populations. Mais l’Etat a des limites. Les populations qui ont la chance de bénéficier des investissements de l’Etat, doivent se sentir heureuses. En contrepartie, elles doivent assumer leurs responsabilités. Chaque fois que l’Etat doit transférer un investissement à une collectivité, forcement il y doit avoir un cahier de charges qui indique les responsabilités.
Les deux cas qu’on a visités, c’est de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas normal que chaque deux ans ou trois ans que l’Etat revienne sur un périmètre de 11 hectares à Kayes parce que simplement on a mis beaucoup d’argent, le périmètre n’a pas été bien entretenu, il y a des choses qui sont dégradées, la pompe n’a pas marché.
Mais les responsabilités sont partagées. Si les populations avaient été informées au départ, formées dans la prise en charge de l’infrastructure, je suis convaincu qu’elles se seraient organisées, qu’elles auraient créé des fonds pour l’entretien et la pérennisation de l’infrastructure.
S’agissant du dernier cas qu’on a visité qui concerne l’unité laitière, je crois qu’il y a des fautes avérées. Le Projet d’Appui aux Productions Animales de la zone Kayes Sud (PADPA- KS) a pour vocation, au-delà de tout ce qu’on peut imaginer, la construction des routes et l’augmentation des productions laitières. C’est donc un projet qui est bien ficelé, bien étudié. On sait combien coûte le projet, quels sont les investissements qui vont être faits. Donc, ce n’est pas normal qu’à la réalisation d’un tel projet qu’on s’arrête en cours de chemin ou qu’on prenne des solutions alternatives qui ne sont pas idoines.
L’instruction claire que j’ai donnée, est que le PADEPA- KS m’indique clairement le délai dans lequel elle va assurer l’achèvement de ce projet. Imaginez combien d’unités laitières auraient pu être connectées à ce réseau, combien d’élevages laitiers allaient voir le jour, s’il avait été réalisé depuis 2010. Cela aurait permis d’étendre la production de lait. C’est ce qui a manqué et cela n’est pas normal. Je crois qu’il y a eu des fautes et je crois que l’Etat a les moyens de prendre des sanctions. C’est ce que nous allons faire très concrètement pour corriger cet état de fait» a insisté le ministre Tréta.
Signalons que pour ce lancement, le ministre du Développement rural était accompagné du Gouverneur de la région de Kayes, le colonel Salif Traoré, du Directeur National de l’Agriculture, Moussa Camara, entre autres. 

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