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Orpaillage et multinationales : des prédateurs ?

by sur 10 juillet 2014

Remis à jour le 11 juillet à 10h35

L’affaire a fait grand bruit dans le cercle de Kangaba et s’est soldée, jeudi dernier, par 2 morts et 14 blessés. C’est la bagarre entre les orpailleurs et les grandes compagnies, et, avouons-le, on a quelques difficultés à y voir clair.

D’un côté les grandes compagnies étrangères, multinationales, qui s’octroient des parts de territoires qu’elles ne respectent pas davantage que les populations, premiers occupants du terrain.

Fortes de leurs appuis bamakois et des textes signés, elles arrivent en terrain conquis. En revanche, elles sont parfois plus attentives aux dégâts à l’environnement.

Quoique…

Selon le code minier malien, elles ne sont responsables des dégâts causés à l’environnement que durant les cinq années suivant la cessation de l’exploitation… Alors que cyanures et mercure sont durablement installés dans des sols devenus infertiles.

En face, l’orpaillage traditionnel, pratiqué depuis des millénaires, tend à s’organiser, de plus en plus, avec les méthodes industrielles, peu soucieuses de l’environnement : un site d’orpaillage aux multiples placers, c’est un peu le Far West au 19ème siècle : exploitation des enfants déscolarisés, prostitution, violences, drogues, maladies, déforestation, braquages… du moins, c’est ainsi que cela est perçu à Bamako.

Le conflit qui a eu lieu, il y a une semaine, sur les sites de Kobada et Foroko, dans les communes de Nouga et de Kaniogo (cercle de Kangaba) résume à lui seul toute la complexité d’une situation que le nouveau code minier n’aide pas à éclaircir.

Divers éclairages ci-dessous.

Le ministre des Mines, Boubou Cissé, à propos de l’Affaire Kobada : « Force restera à la loi… »Le ministre des Mines, Boubou Cissé, à propos de l’Affaire Kobada : « Force restera à la loi… »

Le Tjikan – Moustapha Diawara – 11 juil 2014 à 00:10

Le Ministre de l’Industrie et des Mines, Dr Boubou Cissé
La question des orpailleurs traditionnels constitue un véritable goulot d’étranglement pour les autorités maliennes. La tournure prise par les récents événements de Kobada entre des exploitants artisanaux et les forces de l’ordre, aura été la petite goutte qui a fait déborder le vase. D’où l’occasion pour le ministre des Mines, Boubou Cissé de briser le silence, à travers une conférence de presse, organisée le mercredi dans la salle de conférence de son département.
La mine serrée et le ton pesant, le patron du département des mines , Boubou Cissé, n’entendait pas faire de cette sortie une séance de conte. Mais plutôt, un compte-rendu détaillé et officiel des tenants et aboutissants de l’incident de Kobada, arrondissement de Kangaba du jeudi 03 juillet dernier, ayant entrainé des morts d’hommes, dont un gendarme, l’adjudant Sékou N’Daw.
L’occasion fut opportune pour le ministre Cissé d’égrener le long chapelet des efforts, concessions et mesures engagés par les autorités maliennes, afin d’assainir le milieu d’affaires du secteur des mines dans notre pays.
« Le Gouvernement veut faire du secteur minier un moteur de développement socio-économique pour créer des emplois et réduire la pauvreté », dira d’emblée le ministre. Avant de rappeler, à titre d’exemple, qu’en 2012 l’or a représenté 80% des recettes d’exportation du Mali et a contribué à hauteur de 8% du PIB. Et d’ajouter qu’avec une production moyenne de 50 tonnes d’or par an, le secteur emploie près de douze mille travailleurs. Pour cela, que la stratégie du gouvernement malien a consisté à attirer les investisseurs miniers privés, cibler les exploitations minières industrielles, semi-mécanisées et l’orpaillage.
Cependant, que la cohabitation entre les mines industrielles et l’orpaillage constitue de nos jours une source de conflits dans les zones minières. « Les orpailleurs mènent leur activité sur des titres miniers attribués régulièrement à des compagnies minières », déplore Boubou Cissé. Avant de s’insurger devant l’état de fait que l’orpaillage qui est supposé avoir un impact direct sur les économies des zones minières se développe de manière informelle et anarchique malgré les dispositions pertinentes prévues par le code minier de 2012.
L’orpaillage, une mine dans les mines !
Que si autrefois les règles d’organisation de cette activité et de vie sur les sites étaient assurées par des institutions de suivi et contrôlées par les dépositaires du droit coutumier (Tombolomas). De nos jours, il s’agit des associations et groupements qui échappent aux contrôles des anciennes bonnes pratiques. Or, l’exploitation artisanale des substances minérales est régie par les dispositions de la loi N°2012/015 du 27 février 2012 portant Code Minier en République du Mali, lesquelles prévoient essentiellement trois (03) modes d’exploitation des ressources minières: l’exploitation artisanale (traditionnelle ou mécanisée), l’exploitation en petite mine et l’exploitation industrielle.
Aux termes de cette loi, l’exploitation artisanale traditionnelle des substances minérales est exercée par les détenteurs d’une autorisation d’exploitation artisanale, délivrée par les autorités des Collectivités territoriales suivant l’avis technique de l’Administration chargée des Mines pour une durée n’excédant pas trois (03) ans renouvelable pour des périodes n’excédant pas trois (03) ans jusqu’à l’épuisement des réserves. Que cette autorisation peut être annulée à tout moment. Contrairement à celle portant sur l’exploitation artisanale mécanisée de substances minérales, qui est autorisée par Arrêté du Ministre chargé des Mines. « Cette autorisation confère à son titulaire, dans les limites de son périmètre et jusqu’à une profondeur de quinze (15) mètres, le droit exclusif d’exploiter, selon des méthodes et procédés artisanaux ou mécanisés, les substances pour lesquelles elle est délivrée. L’exploitant est tenu, cependant, de réhabiliter les sites d’exploitation et de réparer les dommages causés aux tiers », a précisé le ministre des Mines.
Ce qui n’est pas le cas pour les orpailleurs traditionnels, qui aux dires du ministre des mines, ne respectent plus les dispositions réglementaires, défient les autorités et détruisent l’environnement. « Face au niveau élevé du prix de l’or, les orpailleurs se focalisent maintenant sur les sites exploités par les sociétés minières avec utilisation des méthodes et des techniques modernes (broyeurs, détecteurs de métaux, minage aux explosifs etc.) et l’usage de produits chimiques toxiques et dangereux (mercure, cyanure, acides, etc.), sans respect des normes d’hygiène et de sécurité » a renseigné, le ministre Cissé. Avant de s’indigner face au refus catégorique de ceux-ci à s’installer dans les couloirs délimités par l’Administration minière au prétexte que les dits couloirs ne contiennent pas beaucoup d’or.
Au-delà, le ministre des Mines a partagé avec les hommes de médias quelques conséquences fâcheuses de ce phénomène. Qui draine non seulement des incidences socio sanitaires (prostitution, SIDA, drogue, alcoolisme…), mais aussi environnementales que juridiques et celles économiques, financières et sécuritaires. Rien que sur le plan sécuritaire, le ministre a rappelé quelques cas d’accidents graves et mortels. Notamment à Bougoudalé (Yanfolila), 4morts ; Loulo (Kénieba), 01 mort et Loulo (Kéniéba), 3morts et 3 blessés graves le 25 mai 2012.
Ainsi il ressort de l’analyse de ces accidents que c’est surtout en période hivernale que les effondrements mortels sont les plus fréquents. C’est pour éviter de telles éventualités funestes que les autorités actuelles ont pris le taureau par les cornes, à travers la mise en œuvre d’un arrêté interministériel N° 2014-1663 MM-MIS-MEEA-MDV du 06 juin 2014 portant l’interdiction de l’Activité de l’Orpaillage pendant l’hivernage. Elle court du 15 mai au 30 octobre de chaque année. Toute chose qui a amené le département des Mines, aux dires de Boubou Cissé, a organisé plusieurs réunions de partage et de sensibilisation avec l’ensemble des parties, dont les organisations de la société civile et les structures faitières.
Que c’est au cours d’une mission de surveillance pour l’applicabilité de cet arrêté, une équipe de patrouille de la gendarmerie a surpris des orpailleurs clandestins, opérant en violation de l’arrêté interministériel à Kobada, arrondissement de kangaba.

« Le Mali ne sera plus le ventre mou pour des révoltes ethniques ! »
Sans faire de tournures, le ministre des Mines lors de cette conférence de presse a fait preuve de désapprobation totale au regard des événements de Kobada.
« Comment pouvez-vous comprendre que les gendarmes en poste sur le site soient pris à partie par des individus mal intentionnés qui ont tiré sur eux avec des fusils de chasse, faisant un mort et huit blessés ? », s’est interrogé le ministre Boubou Cissé .
Retraçant le film de l’incident, il dira qu’invités à quitter les lieux, les orpailleurs se sont rebellés contre les agents de la force publique, qui au regard de leur nombre très élevé (un millier) a utilisé des grenades lacrymogènes pour se désengager et rejoindre leur base. Une foule de manifestants hostiles et armés s’est attaquée au détachement composé de 37 gendarmes. Ils ont tiré au fusil de chasse, blessant 9 gendarmes dont un succombera lors de son évacuation sur le centre de santé de Sélingué.
A l’en croire, le bilan matériel est très lourd. En raison du saccage et la destruction des installations de l’unité-pilote, bureaux et stock de combustible de la société d’exploration d’African Gold Group (AGG), entièrement incendiés.
Par la suite, le ministre informera la presse, qu’à l’issue des investigations menées sur le terrain, 56 interpellations ont été faites dont deux pris en flagrant délit d’utilisation de fusil de chasse. Quant aux saisies, elles ont été fructueuses avec 4 motos pompes, 6 manchettes, 2 appareils détecteurs d’or, 20 marteaux et 50 pioches, récupérés.
Contrairement à tout ce qui se dit, le ministre s’est dit serein. Et estime que ces actes de vandalisme ne font que porter un coup fatal au secteur des mines dans notre pays. Décourager les investisseurs et inquiéter les potentiels exploitants étrangers. «Les échos de cet incident de Kobada sont arrivés jusqu’au niveau de la bourse de Toronto » a indiqué le ministre Cissé. Qui face aux rumeurs et autres menaces véhiculées à travers les médias, dira que : « force restera à la loi ».

Le ministre des mines a propos de l’orpaillage : « Souvent l’avis technique de mon département n’est pas demandé »

Alpha M. Cissé – L’Indicateur du Renouveau – 11 juil 2014 à 03:36 AM

La rude cohabitation entre détenteurs des titres miniers et orpailleurs a amené le ministre des Mines, Dr. Boubou Cissé, à rompre le silence. C’était mercredi dernier au cours d’une conférence de presse.
Quelques jours après les incidents survenus à Kobada, le ministre des Mines, Dr. Boubou Cissé, a rencontré la presse pour partager sa vision du secteur des mines mais aussi des questions liées à la pratique de l’orpaillage.
« Notre souhait est que la contribution de l’or à l’économie nationale profite aux communautés. Que ça soit une croissance durable et un développement socio-économique », a lancé le chef du département des Mines. Et de déclarer que le rôle de l’Etat doit être affirmé dans le secteur.
Mais les sujets qui ont fait débat, ont été la pratique de l’orpaillage et surtout les derniers incidents survenus à Kobada dans le cercle de Kangaba qui coupe le sommeil aux autorités. « C’est au cours d’une mission de surveillance pour l’applicabilité de l’arrêté interministériel qui interdit la pratique de l’orpaillage en période hivernale qu’une équipe de patrouille de la gendarmerie a surpris des orpailleurs clandestins, opérant en violation dudit arrêté à Kobada, arrondissement de Kangaba que le jeudi 3 juillet 2014 aux environs de 8 h, les gendarmes en poste sur le site ont été pris à partie par des individus mal intentionnés qui ont tiré sur eux avec des fusils de chasse, faisant un mort et huit blessés », a expliqué le ministre.
Il a ajouté que les gendarmes ont invité les orpailleurs à quitter les lieux mais ils se sont rebellés contre les agents de la force publique qui, selon lui, au regard du nombre très élevé des frondeurs (un millier) ont utilisé des grenades lacrymogènes pour se désengager et rejoindre leur base.
Le ministre soulignera que « sitôt, une foule de manifestants hostiles et armés s’est attaquée au détachement composé de 37 gendarmes. Ils ont tiré au fusil de chasse, blessant 9 gendarmes dont un succombera lors de son évacuation sur le Centre de santé de Sélingué ».
Le chef du département des Mines a fait part d’un bilan matériel très lourd se traduisant par le saccage et la destruction des installations de l’unité pilote, bureaux et le stock de combustible de la société d’exploration d’Africain Gold Group (AGG) qu’ils ont entièrement incendiée.
La loi et son application ?
A en croire le ministre Cissé, juridiquement, l’exploitation artisanale des substances minérales est régie par les dispositions de la loi n°2012/015 du 27 février 2012 portant code minier en République du Mali.
Ce qui veut dire qu’aux termes de cette loi, l’orpaillage est exercé par les détenteurs d’une autorisation d’exploitation artisanale délivrée par les autorités des collectivités territoriales suivant l’avis technique de l’administration chargée des mines. Mais là où le bât blesse et que Boubou Cissé ne pouvait s’empêcher de faire remarquer, c’est que « souvent l’avis technique de mon département n’est pas demandé par les collectivités territoriales ».
La lenteur dans le règlement des conflits entre détenteurs de titres miniers et orpailleurs trouvent son explication dans les prérogatives de chaque structure étatique. En clair, les propos du ministre des Mines laissent entrevoir une sorte de conflit de compétence. Pour trouver une solution définitive à la problématique, un forum national est prévu dans les mois à venir. En attendant la sensibilisation des acteurs de l’orpaillage continue.

Incidents de Kobada : Les éclairages du ministre des mines

Extrait du document de presse – 22 septembre du 10 juillet 2014
Suite à l’incident de Kobada qui a fait couler beaucoup d’encres, le ministre des mines, Dr boubou Cissé, a rencontré la presse dans l’après-midi d’hier pour éclairer les journalistes sur les évènements dramatiques, soldés par la mort d’un gendarme, d’un civil et de 9 pandores.
C’est au cours d’une mission de surveillance pour l’applicabilité de l’arrêté 2014-1663 MM-MIS-MEEA-MDV du 6 juin 2014 portant « Interdiction de l’Activité de l’orpaillage pendant l’hivernage (elle court du 15 mai au 30 octobre 2014 de chaque année), qu’une équipe de patrouille de la gendarmerie a surpris des orpailleurs clandestins, opérant en violation de ce texte à Kobada, arrondissement de Kangaba.
C’était Ie jeudi 03 juillet 2014 aux environs de 08 heures. Les gendarmes en poste sur Ie site ont été pris à partie par des individus mal intentionnés qui ont tiré sur eux avec des fusils de chasse, faisant un mort et huit blessés.
Invites à quitter les lieux, les orpailleurs se sont rebelles contre les agents de la force publique, qui au regard de leur nombre très élève (un millier) a utilise des grenades lacrymogène pour se désengager et rejoindre leur base. Une foule de manifestants hostiles et armes s’est attaquée au détachement compose de 37 gendarmes. Ils ont tire au fusil de chasse, blessant 9 gendarmes dont un succombera lors de son évacuation sur Ie centre de sante de Sélingué.
Le bilan matériel tres lourd se traduit par Ie saccage et la destruction des installations de l’unité pilote, bureaux et Ie stock de combustible de la société d’exploration d’African Gold Group (AGG) qu’ils ont entièrement incendiée.
(…)

Incidences socio sanitaires
L’orpaillage provoque une surpopulation sur les sites concernés, aux conséquences négatives multiples:

– prostitution;
– prolifération des IST/VIH-SIDA,
– alcoolisme,
– circulation, vente et consommation de la drogue,
– déscolarisation des enfants (travail des enfants),
– perte de l’autorité parentale et perturbation de l’équilibre familial,
– malnutrition,
– morts d’homme et des cas de blessures graves suite à l’effondrement des galeries,
– emploi et effets négatifs des produits chimiques sur l’homme et sur l’environnement etc.

Au plan environnemental, l’activité se traduit par une intensification de la déforestation (coupe abusive de bois), la fragilisation du sol, l’occupation des terres agricoles, la destruction du couvert végétal, de la faune et de la flore, la circulation et l’utilisation de produits prohibes et Ie comblement des cours d’eau etc.
L’orpaillage hors des couloirs d’orpaillage est une activité illégale. La difficile cohabitation née de l’envahissement des sites miniers, les moyens et techniques utilisés constituent des lors une source d’inquiétude et d’insécurité juridique pour les sociétés minières.
Une bonne sensibilisation et large information s’avèrent nécessaires pour prévenir l’envahissement des sites miniers.
L’orpaillage tel que pratique de nos jours ne génère aucun revenu financier pour Ie trésor public.
Aucune statistique fiable n’existe sur la production et la commercialisation de l’or produit dans Ie cadre de l’orpaillage qui fait Ie bonheur d’une poignée de personnes autour des sites. A cela s’ajoute l’évasion fiscale.
Les sites d’orpaillage se caractérisent par :

– la surpopulation due à la porosité des frontières et à la fermeture des sites d’orpaillage de certains pays voisins etc.
– la multiplication des cas de braquage à mains armées,
– la circulation abusive et incontrôlée des armes légères et de petits calibres.

Dans Ie cadre sécuritaire, les risques lies à l’orpaillage artisanal sont nombreux. Les derniers accidents graves et mortels enregistres sont les suivants a:

– Bougoudalé (Yanfolila) : 4 morts Ie 7 juillet 2012
– Loulo (Kéniéba) : 01 mort le 18 mai 2012 ;
– Loulo (Kéniéba) : 3 morts et 3 blessés graves Ie 25 mai 2012.

De l’analyse des accidents, il est apparu que c’est en période hivernale que les effondrements mortels sont les plus fréquents du fait de la nature fragile des sols, d’ou, la demande d’interdiction en cours.
Des différents impacts y découlant et, soucieux de la sécurité des personnes des personnes et des biens, de la préservation de l’environnement, de la sécurité alimentaire, les Ministres des Mines, Ie ministre des Mines, de l’Intérieur et de la Sécurité, Ie ministre de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement, de la Décentralisation et de la Ville ont pris un arrêté interministériel 2014-1663 MM-MIS-MEEA-MDV du 6 juin 2014 portant « Interdiction de l’Activité de l’orpaillage pendant hivernale. Elle court du 15 mai au 30 octobre 2014 de chaque année.
Dans Ie cadre de la mise en œuvre du présent arrêté, Ie départirent a organise plusieurs réunions de partage, de sensibilisation avec I’ ensemble des parties y compris les structures faitières et la société civile. Sur Ie terrain les gouverneurs des régions de Kayes et de Sikasso, ont également fait de la sensibilisation et des actes administratifs dans Ie cadre de la me sure en œuvre de cet arrêté.
Ces différentes actions ont été par la suite suivies des missions de terrain des cadres du département dont la dernière remonte Ie 05 juillet 2014.

 

Affrontements meurtriers entre les forces de l’ordre et les orpailleurs des sites de Kobada et Foroko : L’opposition appelle à la mise en place d’une commission parlementaire

Aboubacar DICKO, Stagiaire – L’Indépendant du 10 juil 2014
Suite aux tristes évènements qui se sont produits dans la journée du jeudi 3 juillet dernier sur les sites d’orpaillage de Kobada et Foroko (dans le cercle de Kangaba) où de violents affrontements ont opposé les forces de l’ordre aux orpailleurs, les partis de l’opposition demandent la mise en place d’une commission parlementaire pour enquêter sur ces actes qui n’en sont pas pourtant à leur première.
En effet, dans la journée du jeudi 3 juillet 2014, de violents affrontements ont eu lieu sur les sites d’orpaillage de Foroko et Kobada. Les affrontements ont fait un bilan très lourd dans les deux camps. Il s’agit de 2 morts et 14 blessés. Du côté des forces de l’ordre, on dénombre 1 mort et 9 blessés graves. Dans les rangs des orpailleurs clandestins, une personne aurait perdu la vie et 5 autres ont été blessé dont un gravement, selon des sources locales.
C’est ainsi que les partis qui animent l’opposition (Urd, Parena et le PRVM Fasoko) au sein de l’Hémicycle, à travers un communiqué, appellent à la mise en place d’une commission parlementaire pour situer les responsabilités et prôner le dialogue social pour éviter d’exacerber la situation.
Ils invitent (les partis de l’opposition), par ailleurs, le gouvernement à faire face à toutes les situations socio-économiques des sites miniers du Mali en général et à l’intérêt des exploitants traditionnels en particulier.
Le communiqué indique, en outre, qu’il s’avère aujourd’hui plus que nécessaire de revoir le code minier malien et de l’adapter aux réalités du moment à travers des débats et échanges impliquant toutes les sensibilités.
Notons que ce n’est pas la première fois que de tels actes se produisent sur les sites miniers maliens, notamment sur ceux de Kobada et Foroko où depuis mai 2013 de vives tensions opposent les orpailleurs traditionnels à la société minière African Gold Group (AGG). Jusque là les différentes médiations menées par les autorités n’ont pas apporté les effets escomptés.

 

COMMUNIQUÉ DE L’OPPOSITION SUR LES INCIDENTS SURVENUS DANS LE CERCLE DE KANGABA

Les jeudi 03, vendredi 04 et samedi 05 juillet, de violents incidents ont éclaté entre les forces de l’ordre et les orpailleurs des sites miniers de KOBADA et de FOROKO, dans les communes de Nouga et de Kaniogo, dans le cercle Kangaba. Un premier bilan fait état d’au moins deux morts et de nombreux blessés dans les deux camps.
Les partis politiques de l’opposition : PARENA, PRVM et URD viennent par la présente inviter le Gouvernement et les forces de sécurité à éviter tout amalgame dans la gestion de cette crise.
Conformément à nos traditions millénaires, le dialogue social reste la première arme pour éviter d’exacerber la situation.
C’est pourquoi les partis signataires rappellent au gouvernement qu’il est impératif de faire face à toutes les situations socio-économiques des sites miniers du Mali en général et de l’intérêt des exploitants traditionnels en particulier.
Il s’agira de revoir le code minier de notre pays et de l’adapter aux réalités du moment à travers des débats et échanges impliquant toutes les sensibilités.
Aujourd’hui, il serait utile de mettre en place une commission parlementaire afin de recueillir toutes les informations sur ces fâcheux événements qui ont causé tant de victimes.
Tout en présentant nos condoléances aux familles des disparus et en souhaitant prompt rétablissement aux blessés, nous attendons du Gouvernement une gestion diligente de cette préoccupante situation.
Bamako, le 08 juillet 2014
Pour I’URD – Le Secrétaire Général Adjoint : Mamadou DIAWARA – Pour le PARENA – Le Secrétaire Général : Djiguiba KEÏTA/PPR – Pour le PRVM/FASOKO – Le Secrétaire Général Adjoint : Adama BERTHÉ

 

Kangaba : Du rififi dans les placers

S. DOUMBIA – AMAP-Kangaba – L’Essor du 09 juil 2014

Un affrontement sanglant a opposé le 3 juillet dernier à Chakabougou dans la commune rurale de Kaniogo (cercle de Kangaba), des gendarmes chargés de la sécurisation du permis de recherche minière de la société African Gold Group (AGG) et des orpailleurs clandestins.
Le bilan de l’affrontement est lourd : 2 morts et 14 blessés. Du côté des forces de l’ordre, il y a eu 1 mort et 9 blessés graves. Dans les rangs des orpailleurs clandestins, on dénombre 1 mort et 5 blessés dont un grave.
Les blessés civils ont été reçus au Centre de santé de référence de Kangaba pour les premiers soins avant d’être évacués au CHU Gabriel Touré. Quant aux gendarmes blessés, ils ont transité par le centre de santé de Sélingué pour les premiers soins puis ont été évacués sur Bamako.
Les premières informations reçues par le commandant de Brigade de Kangaba révèlent que l’incident serait parti d’une tentative de déguerpissement d’orpailleurs qui exploitaient un couloir minier. En effet, quelques éléments des forces de sécurité en patrouille de routine dans le secteur auraient ordonné aux clandestins de vider les lieux. Ils se sont heurtés à la résistance des orpailleurs qui les ont pris à partie.
Des jets de gaz lacrymogène et des coups de fusil s’ensuivirent et un orpailleur fut atteint d’une balle. C’est alors qu’un groupe d’orpailleurs clandestins, furieux, décida de marcher sur le camp de la société AGG pour en découdre avec les gendarmes.
Aussitôt alerté, le préfet du cercle, Komba Samaké, s’est rendu sur les lieux, en compagnie du sous-préfet central, du président du conseil de cercle et du commandant de Brigade de la gendarmerie pour mesurer les dégâts et parler à la population.
La mission a constaté avec tristesse qu’en plus des morts à déplorer, il y a eu beaucoup de dégâts matériels sur les installations d’AGG. L’usine témoin pour l’échantillonnage, le groupe électrogène, trois conteneurs, la cabane des gardiens et les 11 tentes qui servaient de logement au personnel, ont été réduits en cendres. Les autres bâtiments et l’infirmerie ont été saccagés.
La mission du préfet a aussi relevé que deux cases ont été incendiées à Foroko où les habitants se sont réfugiés dans les hameaux voisins. Même exode à Chakabougou où les orpailleurs ont fui les lieux par crainte de représailles des forces de l’ordre.
A Faraba-coungo, village mère de Foroko et Chakabougou, la mission s’est entretenue avec les autorités villageoises. Durant cette rencontre, le préfet a ordonné de stopper toutes les activités d’orpaillage dans la zone, d’éviter d’héberger les clandestins. Il a demandé d’aider les autorités à rechercher et identifier les auteurs des infractions, de relayer les messages de sensibilisation à tous les hameaux voisins et de relancer l’agriculture qui demeure la principale activité de subsistance des populations.
Il faut rappeler que lors d’une récente réunion du Comité local d’orientation, de coordination et de suivi des actions de développement (CLOCSAD) de Kangaba, des maires avaient demandé la fermeture des placers pendant les trois mois de l’hivernage. Leur appel fait écho à un arrêté interministériel qui interdit les activités d’orpaillage pendant la saison des pluies en raison des risques d’éboulement des galeries des mines artisanales et afin que les bras valides aillent travailler dans les champs.

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