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Sur l’ Accords : qu’en pensent les Maliens (2)

by sur 25 juillet 2014

 

Les accords de coopération et de défense signés entre la France et le mali continuent d’alimenter les commentaires dans la presse malienne.

Chienlit dans le nord du Mali : le message fort de la France au Mnla

Amadou SANGHO – Le Prétoire du 24 juillet 2014

Trop c’est trop et c’est massivement trop. Ainsi se résume l’état d’âme des amis du Mali au chevet de l’emblématique grabataire, cruellement balafré par des bandits de tout acabit depuis le 17 janvier 2012. La France, la grande France dans un ultime numéro de Vaudeville vient de ruiner à jamais bien d’espoirs et pour cause !

Décidément, la caque sent le hareng du côté des barbouzes du Mnla. L’estocade tant redoutée n’est certainement pas venue de l’armée malienne en pleine restructuration mais plutôt du coté de la France qui a préféré dilué l’irrédentisme Touareg dans l’abondant solvant de ses enjeux géostratégiques.

La signature du Traité de coopération militaire en matière de défense signé avec le Mali a résonné tel le chant du cygne pour les «  Bad company » du nord. Une Chappe de plomb vient ainsi de couvrir le ciel brumeux de l’Adrar des Ifoghas dont les grondements continuent d’être entendus jusqu’à Alger où une kyrielle d’experts, en tous genres, s’égosillent à faire raisoner ceux qui ont poignardé la mère patrie dans le dos. Sacrilège suprême.

Au delà de l’événementiel, ce traité  signé par la France avec le Mali  à valeur de symbole. S’il ne réduit pas en coupe réglée les ambitions malveillantes et incongrues du Mnla et de ses affidés.

Le message de la France est d’une clarté lunaire. Point donc  de salut pour les apatrides et autres pourfendeurs de la République. Comme disposé dans le paragraphe 1  dudit traité « Par le présent traité et dans le respect de leur engagements internationaux les parties s’engagent dans une coopération en matière de défense  a fin de concourir à une paix durable et une sécurité des espaces frontaliers  et la lutte contre le terrorisme ainsi que dans leur environnement régional  respectif » .

Un texte on ne peut plus limpide qui sous-entend une réelle volonté de l’ancienne métropole à dérouler son agenda international,  quitte à ce que des amitiés lointaines  en pâtissent. Finie donc la récréation. Les responsables du Mnla qui se prenaient  pour la prunelle des yeux de François Hollande  voient ainsi leurs espoirs s’éroder, eux qui ont usé et abusé de l’hospitalité française au point de jeter un voile sombre sur la position française dans le règlement de la crise malienne.

Aujourd’hui, la France, la grande France des droits de l’homme, fidèle à ses amitiés et respectueux de ses engagements a clairement affiché ses intentions d’accompagner notre Pays dans la lutte pour sa survie et dans la construction d’une société démocratique imbue des valeurs républicaines.

S’il y a une raison et non des moindres qui a poussé la France à mettre le holà au Nord du Mali, c’est indéniablement le péril islamiste et la montée en puissance du terrorisme international. Convaincue que la bordure méditerranéenne  jouxtant les Pays Sahélo-sahariens  demeure un repaire idéal  pour les terroristes, la France a préféré s’afficher en tête de Turc dans le combat périlleux contre ces fléaux de notre siècle : vu que le Nigeria semble débordé par la percée  de Boko haram, que le Niger ploie sous la guerre en Lybie et que le Mali joue sa survie face à la nébuleuse Jihadistes. D’ou l’opération Barkhane véritable soupape de sécurité pour estomper toute velléité des Prophètes du malheur d’atteindre l’Europe.

De ce qui précède, il convient de retenir deux déterminants majeurs à l’origine de ce bond qualificatif dans le dossier de la crise malienne. Le premier déterminant à l actif du gouvernement malien a été le temps pris par IBK pour analyser la situation, mettre en débat certains aspects fâcheux  de la crise, élargir le spectre des médiateurs et enfin permettre à la diplomatie malienne  de prêcher la bonne parole :Alors que les accords  de Ouagadougou ne prévoyait  que deux petits mois pour prendre langue avec les groupes rebelles. On peut dire aujourd’hui  que: bien lui en a pris.

Le piège était grotesque. On peut bien s’interroger si le temps imparti permettait au président IBK et à son gouvernement de mettre en place fussent-ils leurs cabinets respectifs pour mieux aborder le virage. Le temps d’observation du gouvernement malien interprété par certains comme de la tergiversation  a tout de même évité à notre Pays de se précipiter dans l’abime avec dans son escarcelle un accord bancal.

Le deuxième déterminant, même s’il est macabre celui là, à savoir le déplacement du descendant de Toukoto Ly à Kidal, demeure un élément catalyseur de la situation déconfite dans laquelle baignera désormais la racaille du nord suite à la signature du traité de défense.

Aujourd’hui plus qu’hier, ce traité vient ainsi rassurer nombre de maliens accusant à tort la France d’ambivalence surtout lorsqu’elle n’a pas daigné sortir son armée le 21 Mai dernier pour épauler les forces armées malienne à Kidal. Chapeau noir et blanc tout de même pour le Premier ministre, Moussa Mara.

C’est donc la queue entre les jambes que les groupes armés du nord se sont rendus à Alger pour un ultime Baroud d’honneur. Le verbe haut, le ton vindicatif, tout y est passé au pays de Bouteflika où la délégation malienne a senti le souffle, avant d’être rassérénée par un semblant de compromis en perspective sur la méthodologie de travail, les sujets de fond, les différentes étapes de la négociation pour enfin aboutir à un accord global et définitif qui sera signé au  Mali, pas ailleurs.

C’est ainsi qu’il faut comprendre les récentes convulsions  meurtrières constatées ces derniers jours entre groupes rivaux dans le nord dont le seul et unique but est de se donner bonne contenance, donc davantage d’envergure lors des discussions en cours.

En tout état de cause, le traité franco-malien signé à Bamako au-delà de sa symbolique, vient ainsi sonner le glas pour le Mnla et ses ouailles. Vive le Mali, vive la France, la grande France, celle de nos ancêtres les  Gaulois souvenir, souvenir !

 

Traité de coopération en matière de défense entre la France et le Mali : LE POUR ET LE CONTRE

L’Essor du 23 juillet 2014 – A. DIARRA

 Le texte recueille des appréciations généralement positives, mais une voix discordante se fait quand même entendre

Le 16 juillet dernier, les ministres de la Défense Jean Yves Le Drian de la France et Bah N’Daw du Mali ont paraphé les documents qui matérialisent le traité de coopération en matière de défense entre nos deux pays. La signature  de ce texte a évidemment suscité  de vifs commentaires, surtout dans la classe politique malienne.

Il convient d’indiquer tout d’abord que cet accord rappelle dans son préambule l’attachement aux engagements pris par chaque Etat dans le cadre de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’Organisation des nations unies.

Dans ses grandes lignes, le traité fixe les objectifs et les principes de la coopération militaire entre nos deux pays, ainsi que les domaines et les formes qu’elle prendra. Il précise le statut des membres du personnel et des personnes à charge. Autres rubriques non moins importantes, le partage des compétences entre les juridictions, les conditions d’entrée et de séjour, les dispositions fiscales et douanières, les règlements des dommages, ou encore le soutien logistique et les moyens de communication.

Le traité couvre les personnels français et les personnes à charge au Mali et les personnels militaires maliens et les personnes à charge en France. Le traité est conclu pour une durée de cinq ans reconductible. Il doit être examiné par l’Assemblée nationale qui en autorisera la ratification.

Si dans les sphères militaires maliennes, l’unanimité se constate sur le fait que ce traité vise à concourir à une paix et une sécurité durables, du côté des partis politiques, les points de vue divergent.

Au niveau de la majorité présidentielle, évidemment l’opinion est largement favorable à la signature de ce traité. C’est ce que confirme le chargé à la communication du RPM, Boubacar Touré. Pour lui, le Mali a tout à gagner dans ce traité qui garantit trois choses fondamentales : le règlement pacifique du conflit armé qui oppose la République du Mali aux groupes armés, le respect de l’intégrité territoriale ainsi que la qualité de la coopération militaire (notamment en matière de renseignements). Il a également précisé que le peuple aura son mot à dire à travers l’Assemblée nationale qui pourrait apporter des modifications si nécessaire. « Le Mali seul, à l’état actuel, ne peut pas faire face aux menaces terroristes. La France nous a secouru en janvier 2013 pour stopper l’avancée des groupes armés », a rappelé Boubacar Touré.

Yelema, la formation politique du chef du gouvernement Moussa Mara, avait déjà indiqué au cours de son dernier congrès national qu’elle ne voyait pas d’un mauvais œil la signature d’un accord de coopération militaire avec la France ainsi qu’avec les pays voisins du Mali. A condition que l’intégrité territoriale soit respectée et que les citoyens retrouvent la paix définitivement.

Même jugement positif porté par le professeur Tiémoko Sangaré, leader de l’ADEMA.

Du côté de l’opposition, notamment le PARENA, la signature de ce traité était également attendue.

PAS DE CESSION DE BASE. « Le PARENA est favorable à cet accord de coopération. Comment ne pas l’accepter si on se souvient que la France est venue à notre secours quand nous étions au fond de l’abîme et qu’aujourd’hui sa présence au Nord constitue notre principal bouclier contre le terrorisme ? Sur cette question, le PARENA se situe aux antipodes des putschistes qui ne voulaient pas de l’intervention Serval, et qui en complicité avec les djihadistes projetaient de renverser la Transition et d’installer le chef putschiste en lieu et place du président de la République par intérim. Nous sommes d’autant plus d’accord avec cette collaboration militaire avec la France qu’elle n’implique pas de cession d’une quelconque base militaire et n’exclut aucunement que demain le Mali signe de pareils accords avec d’autres pays », a commenté Djiguiba Keïta dit « PPR », Secrétaire général du parti du Bélier blanc.

La voix discordante que nous avons entendue est venue du SADI. A en croire, Nouhoum Kéita, Secrétaire administratif du Bureau politique du parti, le traité signé entre les deux pays est « un nouveau pacte colonial scellé au détriment de la morale et de l’unité du Mali. Le document signé, qui reste strictement confidentiel, accorde des privilèges et immunités au personnel du détachement français sur la base de la Convention des Nations-Unies signée à Vienne le 13 février 1946. »

Keïta assure que « Paris agira selon ses besoins. Un meilleur échange de renseignements est officiellement prévu, mais pour la France, cela n’ira pas jusqu’à informer au préalable les autorités maliennes des actions entreprises ».

Pour le responsable de SADI, si la France avait voulu se mettre au service de la MINUSMA elle aurait intégré les troupes onusiennes et donné à ces dernières un mandat consistant comme celui de la MONUSCO en République Démocratique du Congo.

Nouhoum Keita juge que conscient des limites juridiques de l’opération Serval déclenchée à la suite d’une simple lettre du président d’une Transition décrédibilisée, Paris a décidé de renforcer aujourd’hui le poids juridique de son intervention au Mali et de donner un cadre nouveau à son implantation durable.

Le nouvel accord franco-malien ira donc, pour notre interlocuteur, au-delà de la simple coopération de défense classique.

Du coté de l’URD, toutes nos tentatives de joindre les principaux responsables se sont soldées par des échecs.

 

Au nord, des militaires maliens jubilent !

Kassim TRAORE – Le Reporter du 22 Juillet 2014

La signature du traité de coopération militaire entre la France et le Mali semble inaugurer un nouveau climat de confiance entre les deux parties. L’événement a été accueilli très favorablement par les militaires maliens au front.

Il n’est un secret pour personne que les militaires maliens au front étaient dans la confusion, ne sachant plus que faire depuis la débâcle du 21 mai 2014 à Kidal. Certains avaient déserté leurs positions initiales abandonnant ainsi les villes avant l’arrivée de l’ennemi. L’annonce de la signature d’un traité de coopération entre la France et le Mali semble leur donner un second souffle. Ils ne s’en cachent pas, puisque c’est une immense joie qui a accueilli la signature de ce traité dans les différents camps, à Gao, Tombouctou, Ménaka, Tessalit, Aguel Hoc, Ansongo.

En effet, selon des témoignages de militaires maliens à Aguel-hoc, aussitôt le traité de coopération militaire paraphé, les militaires français auraient cessé de les regarder avec un certain mépris. Ces soldats maliens piaffent présentement d’impatience de porter à nouveau leurs armes qui leur avaient été retirées depuis la signature du cessez-le feu, le 23 mai 2014, par la Minusma. Fait important à souligner, une grande partie de ces militaires maliens se trouve actuellement à Tessalit où règne un calme plat.

De fait, la confiance revient petit à petit entre les militaires français et ceux du Mali en poste à Tessalit. Dans les différentes zones de Tombouctou, où le commandant du théâtre Maliba le colonel-major Yamoussa Barazi Maïga était en tournée, les militaires maliens ont le moral au beau fixe. Cependant, le colonel-major leur a fait savoir qu’il n’y aura plus de recul, et qu’ils doivent se mettre en tête que le travail de sécurisation des villes sera bientôt enclenchée.

Par ailleurs, le colonel Keba Sangaré a dit sa satisfaction au commandant de l’opération du théâtre Maliba pour cette tournée. Il lui a fait savoir que les positions des éléments de sa zone sont intactes, de Tombouctou à Nara. À noter que le commandant du théâtre d’opération Maliba va continuer sa tournée, dont l’objectif est de rassurer les hommes au front tout en leur demandant de maintenir leurs positions et sécuriser les populations et leurs biens.

Dans le camp de Gao, les militaires estiment que le traité est venu au bon moment. Ceux de Ménaka aussi ont commencé à respirer et se disent déterminés à poursuivre leurs missions pour le bonheur des populations. Autant dire que le traité de coopération militaire a beaucoup changé les relations sur le terrain. Espérons que ce climat de confiance perdure et soit soutenu par une bonne application du traité de coopération militaire signé ce 16 juillet 2014.

 

Signature enfin de l’Accord de défense Mali-France : où résidaient les blocages ?

Bruno LOMA – Le Flambeau du 23 Juillet 2014

Annoncé pour être signé le 20 janvier 2014, fête de l’Armée malienne, l’Accord de défense entre notre pays et la France, a été finalement paraphé la semaine dernière. Bien-fondé, dit-on, de cet accord : circonscrire non seulement les véléités jihadistes auxquelles nous sommes confrontées dans notre septentrion, mais aussi et surtout faire face à la criminalité en bandes organisées dans le Sahel. Cette décision du gouvernement malien ne fait pas l’unanimité dans les milieux politiques et de la société. Mais, à regarder de très près, ce n’est pas cette « opposition » à cet Accord qui aurait retardé l’échéance de sa signature. Notre analyse.

L’Accord de Défense entre le Mali et la France, annoncé donc pour le 20 janvier dernier, avait dû être reporté. Et pour cause, certains hommes politiques s’en étaient insurgés à travers une fronde. De ce fait, le Gouvernement a voulu laisser la tempête et leur rage passer, avant de passer à l’offensive. Aujourd’hui, cet Accord est signé, après que dans les Etats-majors militaires des deux pays, plusieurs tractations aient été faites pour peaufiner les stratégies pouvant permettre sa signature et sa bonne mise en œuvre. Mais, cette fronde de certains politiques et d’une partie de la société n’était que la partie visible de l’iceberg ayant retardé la signature de cet Accord de défense entre la France et notre pays.

En fait, pour mieux comprendre le grand retard accusé dans la signature dudit Accord de défense, il est important de remonter depuis la brillante élection démocratique du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK). Élu à la Magistrature suprême malgré la grave crise socio-politico militaire qui régnait dans le pays, IBK était aperçu comme « le sauveur, le prophète, le messie attendu » pour redonner à notre pays sa notoriété d’antan. Surtout que lors de la campagne présidentielle, l’homme avait convaincu plus d’un : il travaillera pour le Mali d’abord ; pour l’honneur du Mali ; pour le bonheur des Maliens. Il est alors applaudi tant au plan national qu’international, notamment par la France qui entendait là avoir « une bonne marionnette » pour parvenir à ses fins inavouées : soutenir, nous révèle-t-on, le Mnla pour contraindre le pouvoir central de Bamako aux négociations et avoir « sa part de gâteau » à travers la région de Kidal qui revêt pour cette France une importance géostratégique. Les Maliens, sentant le mauvais vent français venir, acculent IBK qui finit par indexer la France par rapport à la gestion de Kidal et du Mnla lors d’un Sommet des chefs d’Etats africains et François Hollande tenu à Paris.

Depuis lors, la France voit en IBK « un président trop ambitieux, trop suffisant, suspecté de ne pas jouer son jeu ». Et alors qu’elle s’attendait à la signature le 20 janvier dernier, fête de l’Armée malienne, d’un Accord de défense qu’elle a tant convoité depuis belle lurette, c’est la déception. Elle exerce alors des pressions tous azimuts. Dans la foulée, surgissent l’affaire Michel Tomi, puis celle dite de l’achat de l’avion présidentiel et de l’armement, avec son corolaire de suspension de l’aide au Mali de la part du Fmi et de l’Ue.

Entre temps, le nouveau Premier ministre Moussa Mara décide de mettre le pied dans le plat en se rendant, contre vents et marrées, même au prix de sa vie, à Kidal qui fait partie intégrante du Mali, Un et Indivisible. Le bilan est lourd : prise du gouvernorat, mort d’hommes et des prisonniers faits par les groupes armés. Décidée à ramener Kidal dans le giron malien, l’armée républicaine intervient, mais c’est sa débâcle et sa déroute totale qui s’en sont suivies. Le peuple malien est indigné, très indigné. Dès lors, on assiste çà et là à des marches de soutien au gouvernement Mara ; à des marches de protestation contre la France, la Minusma et Serval. Des sit-in se multiplient devant l’Ambassade de France au Mali pour exiger le départ de l’Ambassadeur du sol malien et un boycott des produits français au Mali est décrété par certaines Associations très en courroux.

Au lieu de mettre la balle à terre en procédant au désarment et au cantonnement des rebelles armés du Mnla et de leurs acolytes jihadistes et pseudo-islamistes, la Communauté internationale, particulièrement la France, contraint les nouvelles autorités maliennes aux négociations. Toujours en mettant l’accélérateur sur la nécessité de signature d’un Accord de défense. Très affaiblies depuis la déroute militaire des Forces armées maliennes (Fama), elles sont alors contraintes à négocier à Alger (Algérie) avec des terroristes qui occupent une portion de leur territoire et à signer l’Accord de défense avec la France. Un accord de défense que les pères de l’indépendance du Mali ont courageusement rejeté ; que tous les présidents maliens, même ceux que la France a réussi à placer au sommet de l’Etat malien, n’ont jamais voulu signer. Un Accord de défense peut-être pour offrir à la France la base de Tessalit dont elle rêve depuis qu’il a été demandé le 20 janvier 1961 au dernier soldat français d’y plier bagages. Paradoxal, mais que peut ce Mali d’aujourd’hui ruiné dans tous ses compartiments : politique, économique, sécuritaire, affectif, social, psychologique, moral…

L’Accord de défense entre le Mali et la France était-il opportun ?

Peut-être oui. Car, il faut être objectif, à l’allure où vont les choses actuellement, le Mali, à lui seul, ne peut faire face aux menaces de partition qui le guettent et surtout au terrorisme qui fait petit à petit du Nord de notre pays son nid. Aucun pays du Sahel, ayons tout de même le courage de le reconnaître, pris isolément, ne peut combattre ce phénomène. C’est d’ailleurs ce qui explique la mise en place de l’Opération régionale « Barkhane » contre le terrorisme au Sahel, en remplacement de l’Opération Serval.

Précisons qu’avec cette nouvelle Opération régionale « Barkhane », on assistera à la montée en puissance des armées africaines dans le dispositif militaire, parallèlement à la baisse progressive des effectifs français. À retenir également que la naissance de l’Opération « Barkhane » intervient après la prorogation du mandat de la Minusma (Mission de maintien de la paix des Nations unies), d’environ 8 000 hommes, par le Conseil de sécurité de l’Onu jusqu’au 30 juin 2015.

 

Ce qui n’a pas été dit dans le traité de défense franco-malien : Les bases militaires de Tessalit et Gao seront bien françaises

Massiré Diop – Par L’Indépendant – Date: 22 Juillet 2014

Même si cela n’a pas été clairement dit dans le nouvel accord de défense signé le 16 juillet dernier entre la France et le Mali, la France va accroître son emprise sur les bases militaires de Tessalit et Gao.

Cette exigence entre du reste dans le cadre du nouveau dispositif militaire français pour la sécurisation du Sahel dénommé  » Barkhane  » et dont le président François Hollande était récemment en tournée d’explication dans trois pays africains notamment la Côte d’Ivoire, le Niger et le Tchad.

C’est dans ce dernier pays qui abritera le centre de commandement de cette nouvelle force de 3 000 hommes que l’annonce de la conservation des bases de Gao et de Tessalit a été faite par le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian.

Cette Opération, qui remplacera Serval au Mali et Licorne en Côte d’Ivoire, sera lancée le 1er août prochain sous la conduite du général Jean-Pierre Palasset. Ce dernier dirigeait la force française Licorne et les forces françaises en Afghanistan entre 2011 et 2012.

Il faut rappeler que la base de Tesssalit est stratégique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme en ce sens qu’elle se trouve à quelques encablures de la frontière sud de l’Algérie d’où les jihadistes proviennent souvent et mènent des attaques, comme ce fut le cas le 14 juillet dernier, lorsqu’un neuvième soldat français de l’Opération Serval a été tué.

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