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Déscolarisation des filles et droits des enfants

by sur 25 juillet 2014

Plusieurs manifestations (notamment « Oxyjeunes » à Kita, ont récemment attiré l’attention sur les droits des enfants et la déscolarisation des filles.

Quelques articles font le point sur ces questions dans la presse malienne.

Déscolarisation des filles : une pratique qui mine notre société

Fatoumata COULIBALY (Stagiaire) – Le Flambeau du 23 Juillet 2014

Dans notre société, la scolarisation des filles est, au vu et au su de tout le monde, considérée comme une chose non importante, voire inutile jusqu’à preuve de contraire, dans nos brousses, villages et campements. Et cela, malgré tant de sensibilisations et de campagnes de sensibilisation.

Ne dit-on pas qu’instruire un garçon, c’est instruire une seule personne ; mais qu’instruire une fille, c’est instruire une famille, une société ; en un mot c’est instruire une Nation. Le rôle joué par les femmes et leur utilité dans la vie quotidienne sont indubitablement des avancements du progrès dans un pays. Par ailleurs, le constat de la déscolarisation des filles est très amer dans nos campements, brousses et villages. Les parents ne les inscrivent pas à l’école, alors que d’autres sont inscrites, mais prématurément abandonnées au motif du mariage.

Mais, certains ont craint de n’avoir pas les filles instruites, lettrées, parce qu’ils disent que ce genre des filles perdent la valeur de nos us et coutumes, soit même elles les dénaturent. Et pourtant, il est grand temps de savoir qu’un homme seul ne peut pas subvenir à la réussite d’une réussite d’une Nation. Alors pourquoi, ignore-t-on ou minimise-t-on les filles ?

Tandis que d’autres trouvent la déscolarisation des filles normale, certains la jugent par un manque de moyen (la pauvreté). C’est pourquoi, nombre de parents n’ont pas de moyens financiers qui permettent d’entretenir tous les enfants sur le plan scolaire. Alors, ils jugent nécessaire d’amener les garçons qu’ils considèrent comme un avenir. Car, ces derniers, selon eux, seront un jour un pilier de la famille ; donc, ils méritent un certain privilège que les filles. Contrairement, la fille ne sera qu’une épouse d’un homme, c’est-à-dire, être commandée et non être une commandante. Ainsi, les parents ont des devoirs à remplir envers leurs enfants ; qu’ils soient filles ou garçons en les inscrivant à l’école. Notamment les filles pour qu’elles puissent être autonomes intellectuellement. Ils devraient savoir que les filles instruites sont plus soutenables au foyer que les non instruites.

La déscolarisation des filles, il faut le dire, serait due à l’obscurantisme. Un obscurantisme qui est une catastrophe, car une fille, une épouse, une mère, en un mot une femme est le pilier d’un foyer. Son instruction améliore à cet effet le bon déroulement de la famille et le bon fonctionnement de son foyer (éducation, sensibilisation). Pour tout dire, elle joue un rôle capital dans le développement de la Nation.

En somme, nous dirons que dans la vie, il ne faut jamais confondre tradition et trahison. Car, toute personne privée de son droit, est injustement trahie. Les autorités, les chefs des religieux sont donc tous interpellés !

Kanté Fatoumata Diancoumba, une militante des droits de l’enfant

Par Modibo FOFANA – 22/07/2014

Administratrice sociale de son Etat, Mme Kanté Fatoumata Diancoumba est également la vice-présidente du club « Tous et chacun », et chargée de programme à la direction des enfants et de la famille.

« L’affection développe l’intelligence des enfants » estime cette ancienne professeure de biochimie. Pour Mme Kanté Fatoumata Diancoumba, un enfant qui bénéficie d’une affection de ses parents s’épanouit intellectuellement plus que ceux qui ont été sevrés de cet amour parental. « Tu ne peux pas être impulsif avec les enfants. Raison pour laquelle j’essaie de gérer les humeurs de ces enfants » indique-t-elle.

De Kayes à Mopti en passant par Ségou et Sikasso dans le cadre de la caravane médiatique « Tous et chacun » dont elle est vice-président du club, cette activiste des droits de l’enfant a posé ses marques dans les animations publiques et les causeries éducatives. Grâce à son savoir-faire, dont elle a le secret, Mme Kanté accroche son auditoire surtout quand il s’agit de parler des gestes simples qui sauvent l’enfant, le planning familial et le droit des enfants.

Connue comme rigoureuse dans l’éducation des enfants, Mme Kanté aime dire dans les causeries qu’« on a beau faire pour l’enfant, mais si son éducation est ratée c’est son avenir qui est hypothéqué ». Elle n’est jamais dépourvue d’énergie quand s’il s’agit de parler de la lutte contre la mortalité néonatale et de sensibiliser ses collègues femmes à dorloter leurs enfants, à veiller sur leur santé et celle des mères.

Extravertie, ceux qui la connaissent ne tarissent pas d’éloges à son égard. « Madame Kanté, est vraiment quelqu’un de compréhensible, et puis elle nous rend toujours la tâche facile grâce à son expérience et son sens de management » témoigne Mme Fofana Molobali Diallo, présidente du club Tous et chacun ». Pour les journalistes, c’est la « grande sœur nationale » à cause de son sens d’écoute, sa précision dans les réponses et égale à elle-même. Mme Kanté est mariée et mère de quatre enfants.

 

Lalla Wangara : « Les droits des enfants ne sont pas toujours respectés au Mali »

Par Moussa CAMARA – 21/07/2014

Elève en 11ème année Lettres au lycée Sacré Cœur, la présidente du Parlement des enfants, 16 ans, s’est confiée à Journaldumali en marge de la 8ème édition de ‘’Oxyjeunes’’ à Kita.

Que représente Oxyjeunes pour les jeunes et les enfants ?

Lalla Wangara : Oxyjeunes est un atelier stratégique de formation et de participation des enfants à travers les médias. Nous sommes formés et nous faisons des exercices pratiques en presse écrite et en audiovisuel. Nous sommes également formés en arts et culture ainsi qu’en « slam ». Oxyjeunes est donc important car il nous permet de divulguer des informations de droits à travers les médias et de faire des plaidoyers et interpellations sur différentes questions relatives aux enfants et aux jeunes.

Quelle appréciation faites vous de la situation des enfants en termes de respect des droits de l’homme ?

En général, les droits des enfants ne sont tellement respectés au Mali. En ville ça va mais ce n’est pas le cas dans les zones rurales. Combien d’enfants (filles) y sont mariées précocement ou excisées? Combien d’enfants y vont à l’école, y bénéficient de prise en charge sanitaire de la part de leurs parents en cas de maladie? Combien d’enfants y sont exploités ? Donc les droits des enfants ne sont pas toujours respectés au Mali.

Justement que fait le parlement des enfants pour trouver une solution à ces problèmes évoqués ?

Je dois d’abord rappeler que le Parlement des enfants est une tribune d’expression de tous les enfants du Mali sans distinction aucune. Nous sommes chargés (enfants parlementaires, ndlr ) de mener des activités d’information, de sensibilisation, plaidoyer, d’interpellation des leaders religieux, la société civile sur tout ce qui peut contribuer à l’amélioration au bien-être physique mental, social et économique des enfants. Donc à travers nos interpellations ou sensibilisations, nous essayons d’apporter des solutions à ces maux.

Quel rôle peut jouer les enfants et les jeunes dans le processus de sortie de crise ?

Nous avons un rôle capital à jouer dans ce processus de sortie de sortie. Si vous remarquez, les adultes ont parlé de la stabilité, du retour de la paix et de la réconciliation. Les jeunes ont aussi parlé. Mais on n’a pas entendu parler les enfants dans ce processus. C’est de cela qu’est venue l’idée d’organiser un forum national à Bamako réunissant tous enfants du Mali de Kayes à Kidal.

Il s’agira de former ces enfants sur les droits de l’enfant, la participation de l’enfant et d’ouvrir des débats intergénérationnels. On pourrait faire appel à des anciens comme Seydou Badian Kouyaté et Mamadou Fanta Simaga pour nous expliquer des valeurs et symboles de la nation comme l’hymne national, des armoiries, le drapeau, les emblèmes…

Ils peuvent nous ressourcer également en nous rappelant les valeurs traditionnelles à travers des héros comme Soundjata Kéita ou des hommes de culture comme Massa Makan Diabaté. A l’issue de ce dialogue, on va produire un document « la déclaration des enfants du Mali » qu’on va remettre officiellement aux autorités. Pour l’instant, nous sommes en phase de préparation, nous sommes sur les termes de référence et voir comment obtenir l’aide des partenaires techniques.

8è édition d’ « Oxyjeunes » : tout bénef pour les enfants et les jeunes

Par Moussa CAMARA – 21/07/2014

L’atelier a été marqué par plusieurs activités ludiques et didactiques qui ont contribué à améliorer les connaissances des participants sur diverses thématiques.

Les rideaux sont tombés le vendredi 18 juillet 2014 sur la 8ème édition de « Oxyjeunes » à Kita. La cérémonie de clôture, qui a regroupé le ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne, Mamadou Gaoussou Diarra, celui de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Sangaré Oumou Ba, la représentante adjointe de l’Unicef au Mali, les autorités administratives et notabilités de Kita, était placée sous la présidence de la première dame, Mme Keita Aminata Maïga.

La cérémonie a commencé par un débat intergénérationnel avec en toile de fond la situation des droits des enfants au Mali. Engagé entre madame le ministre de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, la représentante adjointe de l’Unicef au Mali, Alessandra Dentice et la présidente du parlement des Enfants, Mlle Lalla Wangara, ce dialogue a été l’occasion d’aborder les problèmes auxquels font face beaucoup d’enfants comme la mendicité, la situation de l’école et l’exploitation des enfants d’une part, des engagements et propositions de solutions ont été faites, d’autre part.

L’occasion a été également saisie par les enfants participants à cet atelier de cinq jours de faire la restitution des travaux. Ainsi un journal radio, un reportage photo et en presse écrite consacrés aux activités de Oxyjeunes 2014 ainsi que des prestations en théâtre et en slam ont été présentés devant un public visiblement émerveillé par le talent des enfants et des jeunes.

La porte-parole des enfants, Paulina Thiam, a lu les recommandations des enfants du Mali qui sont, entre autres, la pérennisation de Oxyjeunes, un appui institutionnel, faire du mouvement pionnier un moyen de promotion de la culture et de la citoyenneté, l’instauration du Sinanakuya dans les écoles et la création d’une radio FM pour les enfants. Tout en saluant les enfants et les jeunes pour leur engagement et leur assiduité, la représentante adjointe de l’Unicef au Mali, Alessandra Dentice a espéré que : « les résultats des travaux contribueront à améliorer la prise de conscience pour ériger des miradors de la paix dans les cœurs et les esprits, gage d’un meilleur développement ». Le ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne, Mamadou Gaoussou Diarra, a précisé l’initiative qui cadre avec la vision présidentielle avant d’indiquer la place de choix des enfants dans la Construction citoyenne.

Convaincue que la paix est le levier du développement, la première Dame, Mme Kéita Aminata Maiga a affirmé qu’il faut inoculer à forte dose la culture de la paix dans l’esprit des générations futures. Après s’être réjouie du choix du thème, la première Dame n’a pas caché son optimisme envers les enfants : « Je crois en votre engagement, en votre réussite. Vous relèverez relever le défi », a-t-elle déclaré. La boucle a été bouclée par la remise ses attestations aux participants.

 

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