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La semaine de tous les dangers à Alger

by sur 25 juillet 2014

C’est ce que l’on a appelé la semaine de tous les dangers !

Le gouvernement malien et les groupes armés du Nord ont entamé le processus de négociations à Alger, sous l’oeil des différentes médiations et institutions régionales ou internationales.

Si le ministre algérien des affaires étrangères s’est donné 100 jours pour réussir, la semaine qui s’est écoulée a été rude et truffée de rebondissements : du remplacement du chef de la délégation MNLA-HCUA-MAA et, sur le terrain, des combats sanglants opposant le MNLA à une faction du MAA.

Elle s’est terminée par la signature, le 24 juillet, d’une « feuille de route » pour la paix et le principe de la reprise des contacts du 17 août au 11 septembre.

Voici le dossier complet des articles, événements et commentaires qui se sont passés cette semaine.

En fin de dossier, vous trouverez la composition de la délégation gouvernementale du Mali.

Mali : le gouvernement et six groupes armés signent à Alger une « feuille de route » pour la paix

25/07/2014 à 09:38 Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Après d’âpres tractations et plusieurs mois de blocage, le gouvernement malien et six groupes armés ont signé jeudi à Alger un document sur la « cessation des hostilités ». Une première étape du plan de paix dont la signature pourrait intervenir au mois d’octobre, selon la diplomatie algérienne.

À Alger, un petit pas vers la paix au Mali a été enregistré, le 24 juillet, à l’issue des négociations difficiles entamées plus d’une semaine plus tôt entre Bamako et les groupes armés maliens. Les deux parties ont en effet signé une « feuille de route » ayant pour objet « la mise en place d’un cadre pour des négociations de paix pour permettre l’émergence d’une solution globale et négociée ».

Le document signé prévoit également un cessez-le-feu entre belligérants. Une commission conjointe est chargée de « prendre contact avec les acteurs en vue de faciliter la consolidation de la cessation des hostilités, sous l’égide de la Mission des Nations unies pour le Mali (Minusma) ». Dans le même cadre, est prévue la libération des prisonniers et de toute autre personne détenue « du fait du conflit ».

Un « résultat satisfaisant », selon Alger

Pour Ramtane Lamamra, ministre algérien des Affaires étrangères, la signature de cette feuille de route constitue un « résultat satisfaisant qui vient de couronner la phase initiale du dialogue intermalien ». Même s’il ne s’agit pas encore d’un accord définitif destiné à mettre fin à la crise malienne…

Les négociations doivent reprendre à Alger du 17 août au 11 septembre et se terminer en octobre par un plan de paix qui devrait être signé à Bamako à une date non précisée. Ces pourparlers sont les premières à rassembler l’ensemble des parties prenantes au conflit depuis celles qui avaient abouti à un accord intérimaire le 18 juin 2013 à Ouagadougou, au Burkina Faso, ayant ouvert la voie à la tenue d’élections présidentielle et législatives.

En sont exclus les groupes liés à Al-Qaïda qui, à un moment alliés du MNLA, ont occupé pendant plus de neuf mois le nord du Mali avant d’en être partiellement chassés par une intervention armée internationale lancée le 11 janvier 2013 par la France, toujours en cours via la Minusma.

Mali : ce que Bamako et les groupes armés négocient à Alger

Jeune Afrique – 24/07/2014 à 17:34 Par Benjamin Roger

Réunis à Alger, les groupes armés du Nord-Mali et les autorités maliennes tentent de se mettre d’accord sur une feuille de route commune pour la suite des négociations de paix.

Ils se sont de nouveau assis autour de la table. Après de longs mois de blocages et de tensions, les groupes armés du nord du Mali et le gouvernement ont renoué le dialogue le 16 juillet à Alger. Ces discussions, rendues possibles grâce à la médiation algérienne, visent à remettre les négociations de paix sur les bons rails. Jusqu’au 24 juillet, les belligérants tenteront de s’accorder sur la feuille de route à tenir jusqu’à la signature d’un accord de paix définitif.

Le gouvernement malien, affaibli depuis la défaite de son armée à Kidal et dans plusieurs localités du Nord à la fin mai, est représenté par une importante délégation. Menée par le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, elle est composée de quatre autres ministres (Intérieur, Réconciliation Nationale, Solidarité, et Décentralisation) et d’une trentaine d’officiels.

Mic-mac malien

Face à elle sont présents six groupes armés du Nord : le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la Coalition du peuple pour l’Azawad, les Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CM-FPR) et une dissidence du MAA. Au milieu de ce mic-mac malien, une batterie de « facilitateurs » est déployée, avec des représentants des pays du « G5 du Sahel » (Tchad, Niger, Burkina, Mauritanie, Mali) et d’organisations régionales et internationales (ONU, UA, UE, Cedeao, OCI).

Ces derniers n’ont pas empêché des mésententes notoires entre les groupes armés, les principaux mouvements du Nord (MNLA, HCUA, MAA) accusant les trois autres (CPA, MAA-dissident, CM-FPR) d’être « trop proches de Bamako ». Les trois premiers sont logés au même endroit que les représentants du gouvernement, au grand hôtel El-Aurassi, tandis que les autres sont installés à l’ancien Saint-Georges.

Encore 8 à 9 mois de négociations ?

Quant aux membres de la délégation malienne, ils préfèrent insister sur « l’esprit positif » qui règne à Alger. « Malgré leurs divergences, les groupes ont un message constructif, basé sur le respect de l’intégrité territoriale du Mali et un règlement pacifique de la crise », se félicite Abdoulaye Diop. Autre signe d’apaisement entre les deux camps, que les médiateurs qualifient de « mesure de confiance » : l’échange, le 15 juillet, juste avant l’ouverture des négociations d’Alger, de 86 prisonniers – 45 militaires et policiers d’un côté et 41 rebelles touaregs de l’autre (voir le détail de l’opération dans l’infographie ci-contre).

Dans un document de plusieurs pages publié le 17 juillet, le MNLA, le HCUA, et le MAA ont proposé une période de négociations en quatre phases dans un « pays neutre », pour une durée totale de 8 à 9 mois. Cette feuille de route précise, mais qui ne mentionne pas les trois autres groupes, a été saluée par les experts internationaux. De son côté, le gouvernement a d’abord été critiqué pour son absence de feuille de route. À tel point que le Premier ministre lui-même a du monté au créneau, affirmant le 18 juillet devant la presse que le projet gouvernemental avait été transmis à la médiation algérienne pour qu’il soit confrontée à celui des groupes. Mais que ce soit à Alger ou Bamako, difficile d’en savoir plus sur les grandes lignes du plan malien.

Une chose est sûre, le gouvernement n’acceptera pas qu’un accord de paix définitif soit signé dans un autre pays que le Mali. D’après plusieurs diplomates, une feuille de route à minima pour la poursuite des négociations devrait être signée par les différentes parties d’ici le 24 juillet. Le cas contraire signifierait l’échec de cette reprise du dialogue inter-malien et un nouveau blocage dans le processus de paix.

Alger : 100 jours pour un accord ?

Le Journal du Mali – Par Mame Diarra DIOP – 23/07/2014

Quelle sera la durée complète des négociations inter-maliennes qui ont débuté à Alger ? Combien de temps pour parvenir à un accord de paix définitif ? 100 jours selon la diplomatie algérienne.

Déjà une dizaine de jours à Alger pour la délégation malienne, négociateurs et facilitateurs ensemble pour un premier round qui s’achève ce 24 juillet. Logés dans un même hôtel de la capitale blanche, les parties se sont d’abord appréhendées par réunions séparées, puis en huit-clos, avant de confronter leurs feuilles de route respectives.

Le tout sous l’œil avisé des facilitateurs (Union Africaine, UE, CEDEAO Minusma et OCI entre autres). Un accompagnement nécessaire pour pousser les parties à trouver un terrain d’entente avant le deuxième round des négociations prévu pour Août, et qui devrait abriter des discussions plus engagées.

100 jours suffisent-ils pour un accord durable ?

Combien de temps vont prendre ces négociations inter-maliennes ? Nul ne peut le dire avec précision, mais si l’on s’en tient aux propos du ministre algérien des affaires étrangères Ramtane Lamamra, dans une interview accordée à Jeune Afrique, il faudra 100 jours au minimum à compter du 24 juillet, puisque le diplomate espère que la signature de l’Accord définitif coïncide le 24 octobre prochain : « Un calendrier définitif étant prématuré à ce stade des discussions, notre souhait est que l’accord soit solennellement signé le 24 octobre, une date qui coïncide avec la Journée des Nations unies, donc de la paix », a donc déclaré Lamamra à l’hebdomadaire panafricain.

Soit trois mois donc. 100 jours pour être précis. Un timing raisonnable ? « Tout dépendra de la capacité des parties à ne pas buter sur des obstacles et considérations partisanes et à aller au-delà de leurs intérêts personnels », estime un expert.

A Alger, difficile de savoir ce qui se dit exactement dans les couloirs, pas grand-chose ne filtre, mais l’on sait que le MNLA a d’abord montré sa désapprobation à négocier avec d’autres groupes armés à la même table. On n’ignore pas non plus que ces mêmes groupes s’affrontent sur le terrain et menacent le processus de paix.

A supposer qu’un accord soit trouvé à la date évoquée par Ramtane Lamamra, qu’est-ce qui garantit son application concrète sur le terrain ?

Bonnes ou mauvaises volontés

Les accords de Ouagadougou du 18 juin 2013, ont montré la mauvaise volonté manifeste de groupes armés comme le MNLA à désarmer et à cantonner et malgré la bonne volonté des médiateurs de la CEDEAO. Faut-il alors prendre tout le temps nécessaire pour parvenir à un texte qui satisfasse toutes les parties : « L’histoire nous enseigne que chaque fois que des dirigeants politiques ont accepté un mauvais accord de paix à la va-vite pour éviter une « bonne guerre », ils ont fini par avoir les deux : le mauvais accord et la guerre », écrivait à l’époque Feu le professeur Dialla Konaté.

Tout comme des associations et ONG avaient dénoncé le fait « que subsistait un risque d’effritement de l’autorité de l’État, que ces accords d’Alger constituaient un moyen de déplacer le problème dans le temps et non une solution durable comme préconisée dans le préambule ».

Et le RPM, le parti de l’actuel chef d’Etat avait de son côté, critiqué le fait que l’accord ne respectait le principe de l’unité nationale. Si ensuite, l’instabilité au nord s’est tue, la rébellion du 17 janvier 2012, a plongé le Mali dans la plus grave crise institutionnelle et politique de son histoire.

Sans être pessimiste, on peut aussi voir dans les évènements du 21 Mai 2014 à Kidal, une défiance claire des groupes armés, qui le doigt sur la gâchette et aidés par les mouvances terroristes, ont infligé à l’armée malienne une cuisante défaite, en reprenant leurs positions à Kidal.

La médiation algérienne donnera t’elle cette fois plus de résultats qu’en 2006 ? Puisqu’au final, c’est à Bamako que devra être signé cet accord historique et qui redonnera aux populations éprouvées du nord du Mali, l’espoir de la paix tant voulue. Inch’Allah…

 

Chérif Ousmane Madani Haïdara s’adressant aux autorités maliennes sur les pourparlers d’Alger : « Ne tombez pas dans le piège d’un statut particulier pour Kidal… »

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant du 23 Juillet 2014

 « Un statut particulier » accordé à Kidal peut avoir un précédent fâcheux pour notre pays, a déclaré Chérif Ousmane Madani Haïdara. Et de préciser : « Le gouvernement doit trouver une forme de gouvernance permettant aux groupes armés de retourner dans le giron de la République ». Il prévient que « la résolution de cette crise ne peut aller sans la France ».

Les pourparlers inclusifs inter-maliens, qui ont débuté le mercredi 16 juillet dans la capitale algérienne, sont suivis de très près par l’ensemble des Maliens. Cela, en raison même de l’enjeu de cette rencontre. Ces négociations ont buté dès leur démarrage sur la mauvaise foi des séparatistes touaregs déterminés à obtenir « un statut particulier » pour Kidal (voire tout le nord) aujourd’hui livrée à des narcojihadistes depuis la déroute le 21 mai de l’armée malienne.

Joint par nos soins, le coordonnateur du groupement des leaders spirituels musulmans, l’imam Chérif Ousmane Madani Haïdara, s’est réjoui de l’ouverture de ces discussions entre les autorités de Bamako et les groupes armés du nord. Il estime que les armes n’ont jamais été définitives pour le règlement d’une crise.

Aussi, les discussions à Alger sont l’occasion inespérée, selon lui, pour que les frères maliens fument le calumet de la paix. Le guide spirituel de l’association Ançar Dine a toutefois mis en garde les autorités maliennes de ne pas céder face à la pression des groupes armés. Les émissaires du gouvernement doivent « élargir les angles de discussion tout en restant sur leur garde ». « Ils ne doivent pas tomber dans le piège d’un statut particulier pour Kidal encore moins l’octroi d’une autonomie pour cette région. Une telle concession peut constituer un précédent fâcheux pour l’avenir » a-t-il déclaré.

Selon Chérif Ousmane Madani Haïdara, le gouvernement à travers ses émissaires présents à Alger, doit trouver une forme de gouvernance permettant ainsi aux groupes armés de retourner dans le giron de la République. Il a précisé que l’unité du pays doit être préservée et que les autorités doivent tenir compte des doléances qui leur seront soumises en ce qui concerne le développement des localités du nord.

« Ce dossier est tellement complexe que le moment n’est plus à la déchirure entre les Maliens. Nous devons tous nous mettre ensemble sans considération partisane, que l’on soit de l’opposition ou de la majorité, nous devons conjuguer nos efforts afin que cette crise soit résolue » a déclaré Chérif Ousmane Madani Haïdara.

Cependant, il s’est voulu sans équivoque : « La gestion de la crise du nord ne peut aller sans la France. Les plus hautes autorités du pays doivent penser à associer ce pays dans leur démarche. Il serait intéressant qu’elles prennent langue avec leurs homologues français à ce sujet afin d’avoir un compromis. La France est un acteur clé de cette crise. Pour qui connait les dessous de cette crise, le simple fait de vouloir résoudre cette crise sans son apport est, un véritable leurre » a-t-il précisé.

S’agissant du traité de coopération franco-malien signé le 16 juillet, le plus illustre des prédicateurs a salué sa signature entre nos deux pays. Cela pour diverses raisons. Cet accord, dit-il, permet à notre pays de bénéficier de l’expertise française à travers la formation de nos militaires, leur entraînement et équipement. « Je crois savoir que c’est ce dont nous avons fortement besoin pour mieux préparer notre outil de défense ».

Chérif Ousmane Madani Haïdara estime qu’après l’occupation du nord par des groupes armés et l’intervention française qui a permis de libérer une bonne partie du pays, on devrait plutôt chercher à mieux nous équiper pour que pareille situation ne se reproduise plus. Cela, explique-t-il, passe par la formation et l’équipement de nos militaires.

 

Malgré les divergences, un accord pourrait être obtenu sur la feuille de route d’ici à jeudi prochain

Bruno D SEGBEDJI – L’independant – 22 juillet 2014

Les négociations entre les groupes armés et le gouvernement malien, qui ont débuté mercredi 16 juillet, se poursuivent toujours dans la capitale algérienne. Ce premier round des discussions devra en principe prendre fin jeudi 24 juillet si l’on en croit la médiation qui est en train de tout mettre en œuvre pour obtenir un accord sur la feuille de route. Cela, en attendant la poursuite des discussions prévue courant août prochain.

A cet effet, Alger compte tenir des réunions séparées entre les différentes parties afin de parvenir à la conclusion d’un accord sur la feuille de route.

De source proche du dossier, le gouvernement et les mouvements politico-militaires du Nord ont été engagés par la délégation algérienne et l’équipe de médiation qui la soutiennent, sur « les différents volets des négociations devant couvrir les questions de défense et de sécurité, les questions économiques, sociales et culturelles, ainsi que celles relatives à la réconciliation, à la justice et à la situation humanitaire « . Dans le sillage de ce dialogue, lancé mercredi dernier à Alger, s’est tenue, au cours du week-end, une série de réunions avec l’équipe de médiation composée de l’ONU, l’UA, la CEDEAO, l’OCI, l’UE, le Niger, le Nigeria, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie, a indiqué la même source. Ces réunions se sont, semble-t-il, élargies à des séances de travail avec le gouvernement, mais aussi avec les groupes armés.

Ces consultations ont débouché sur un accord de principe portant sur la méthodologie ainsi que sur les questions devant être traitées en priorité au cours de la phase initiale du dialogue inter-Maliens qui doit prendre fin jeudi 24 juillet.

Il est à rappeler que depuis le début de ces pourparlers, le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), estiment que les groupes dissidents ne peuvent pas participer aux négociations.

Dans une certaine presse, ils ont accusé les trois autres groupes armés dissidents d’ » être des auxiliaires de l’armée malienne « .

Réagissant à ces propos, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a déclaré que » la position de Bamako est la position de l’équipe de facilitation. A notre avis, ce sont ces six groupes qui sont parties prenantes de la négociation. Et c’est ce que la facilitation a proposé et c’est ce que le Mali soutient également… « .

 

Gouvernement malien et groupes armés : Des pourparlers en eau de boudin !

Lassina NIANGALY – Le Tjikan du 22 juillet 2014

Après une semaine de pourparlers, dits inclusifs entre différents groupes armés et gouvernement malien, dans la capitale Algérienne, rien d’intéressant n’a encore filtré.  Frustrées, les organisations de la société civile, qui affirment ne pas avoir été associé, au processus de dialogue, dénoncent le mépris du  gouvernement à leur égard.

Depuis le mercredi 16 juillet dernier, le gouvernement malien et les groupes armés rebelles sont autour de la table des négociations à Alger, sous la supervision, des Nations Unies et de l’Algérie. Le temps que les parties parviennent à un accord, à Bamako, les critiques fusent de partout. Pour cause,  plusieurs organisations et associations membres de la société civile dénoncent le mépris du gouvernement à leur égard. Car nombre d’entre elles affirment ne pas avoir été associé au processus par le gouvernement. Pire, selon un membre du Haut Conseil Islamique, le premier ministre, Moussa Mara, n’a trouvé mieux que de les informer par SMS, à travers le ministre des affaires religieuses et du culte, Thierno Oumar Hass Diallo, afin, dit-il, que les musulmans prient pour le Mali.  « Dans un pays sérieux, nous   devrions être informé officiellement…», assène-t-il.

Chez d’autres organisations et associations de la société civile, non moins importantes comme, le COREN, la plate forme  Kel Tamscheq, et les associations féminines, c’est le même son de cloche. Tous, ils se disent avoir été tenus à l’écart du processus de dialogue, qui pourtant sans leur concours peut difficilement réussir.

Par ailleurs, le hic qui fait tilt, en est que la presse et les médias privés ont tous été tenus à l’écart, sans exception. Seule,  la chaîne nationale ; ORTM, a eu le privilège d’être dans les secrets des pourparlers d’Alger. Et dans une certaine mesure, le quotidien national l’ESSOR.

Après une semaine de pourparlers à Alger, la confiance peine toujours à sa rétablir  entre Bamako et les groupes armés rebelles.  « Il n’y a jusque là pas eu d’échanges directs entre les mouvements rebelles et le gouvernement malien », nous indique t-on.  Et la division, entre les groupes armés rend le processus plus compliqué.

Pour cause, faut-il, le rappeler, les éléments du MNLA et du MAA se sont affrontés, deux fois en moins d’une semaine dans les localités de Anéfis et de Tabankort, faisant plusieurs victimes.  Le dernier en date, c’était le dimanche 20 juillet dernier, soit le 5ème  jour de l’ouverture des pourparlers à Alger.

Aux dernières nouvelles, selon nos sources, une délégation composée des notabilités, devait quitter Kidal, hier lundi 21juillet, pour se rendre à Anéfis, afin de trouver un terrain d’entente entre  les groupes dissidents. Selon les sources dignes de foi,« Le MNLA et le HCUA, veulent que le MAA fasse son choix entre le gouvernement malien et le camp adverse».

Quant au ministre des affaires étrangères et de l’intégration africaine, Abdoulaye Diop,  non moins, chef de la délégation malienne à Alger, il déclare pour sa part que les parties avancent à petit pas. « On apprend à se connaître, nous sommes entrain de voir quelles sont les possibilités pour nous et l’importance à accorder à tel ou tel dossier. Mais le plus important c’est que nous avons commencé à nous parler et il est important d’aller vite », dit-il.

Pendant ce temps, les Maliens retiennent leur souffle. Mais aussi s’interrogent, notamment sur la fameuse question du DDR (désarmement -démobilisation- réinsertion). Car cela semble  être désormais, une évidence. Et pas uniquement, à cause du fait que les groupes armés sont en position de force depuis les événements du 21 mai, mais surtout, par ce que le premier ministre, Moussa Mara, s’est déjà inscrit dans cette logique contrairement à ce qu’il avait été dit lors de sa déclaration de politique générale à l’hémicycle. A savoir qu’aucun  rebelle ne sera désormais réintégré dans l’armée.

Pourquoi, donc tenir de tel langage, du moment où le président de la république, Ibrahim Boubacar Keïta, avait déjà déclaré, « que tout est négociable sauf l’intégrité territoriale et le caractère laïc de la république ».

 

Pourparlers inter Maliens d’Alger : le Coren dénonce l’absence des communautés du nord

B. Daou – Le Républicain du 22 juil 2014 à 00:18

Dix mois après l’élection du Président Ibrahim Boubacar Kéita, s’est ouvert le dialogue inter-maliens à Alger, entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du Mali. Prévus dans l’accord de Ouagadougou du 18 juin 2013, les pourparlers inclusifs de paix devraient être engagés 60 jours après la mise en place d’un pouvoir élu.

Mais à cause de certaines réticences, de dilatoires en atermoiements, ce dialogue politique s’ouvre avec huit mois de retard et paradoxalement dans l’impréparation et des insuffisances chaotiques. Voulus pour être un franc dialogue inter Maliens, les pourparlers inclusifs sont devenus « un tête à tête avec les groupes armés », selon une déclaration signée par le secrétaire général du Coren, Abdoulaye Albadia Dicko. Le risque est grand de voir les populations du Nord rejeter les résultats de ces pourparlers dont ils dénoncent le caractère inclusif et qui sont pris en leur nom.

Les parties maliennes en conclaves à Alger, sont au cours de cette première phase des négociations, à la recherche d’un cadre de négociation, un calendrier et une feuille de route consensuelle. Mais déjà des voix s’élèvent pour émettre un doute sur la pertinence du choix des participants à la rencontre d’Alger.

Les couacs ont commencé depuis Bamako où des organisations comme cette dissidence de la Coordination des Mouvements et Forces patriotiques de résistance (CMFPR2) signataire par adhésion de l’accord de Ouagadougou, a dénoncé à travers une conférence de presse, son exclusion des négociations d’Alger.

S’estimant exclus du processus politique, les responsables de ces mouvements restent convaincus sur la pertinence de la présence à Alger des différents acteurs qui ont contribué par leur présence dynamique, en la réussite de « l’accord préliminaire du 18 juin pour l’élection présidentielle et les pourparlers inclusifs de paix au Mali ». Mais quand on sait que même le négociateur de l’accord de Ouagadougou, en la personne de Tiebilé Dramé a été exclu du processus, cela en dit long sur l’erreur de Bamako de ne pas faire de ces négociations d’Alger un vrai dialogue politique vers une paix définitive.

Non satisfait d’avoir exclu le négociateur de l’accord de Ouagadougou, la CMFPR2 et des ressortissants du nord, les autorités maliennes suscitent la colère du Collectif des Ressortissants du nord (COREN), qui à travers une déclaration remise à la presse, marque son désaccord sur les insuffisances notoires qui marquent les pourparlers inter maliens d’Alger et qui met en évidence la politique d’exclusion du pouvoir IBK. « Le COREN, organisation composée des ressortissants des régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal, toutes communautés confondues, dénonce toutefois l’absence des communautés du Nord autour de la table des pourparlers.

Le COREN, regrette que le gouvernement, ne tirant pas les leçons du passé, et en violation des différentes résolutions des Nations Unies ainsi que de l’Accord Préliminaire de Ouagadougou en son article 20, s’enferme dans un tête-à-tête avec les groupes armés », indique le secrétaire général du Coren, Abdoulaye Albadia Dicko, à travers cette déclaration. Le COREN a ainsi attiré l’attention du gouvernement et de la communauté internationale, sur les risques de voir les populations du Nord rejeter les résultats de ces pourparlers, et de ne pas se reconnaître dans les engagements qui seront pris en  leur nom.

 

Pourparlers préparatoires d’Alger : Les femmes maliennes valablement représentées par Mme Seck Oumou Sall !

Georges Diarra – Tjikan – 22 juil 2014 à 00:08

Depuis le 16 juillet 2014, l’avenir du Mali se joue à Alger en Algérie où se tiennent les pourparlers préparatoires pour la signature d’un accord de paix définitif entre le gouvernement du Mali et les groupes armés du nord du pays. Parmi les représentants du Mali à cette étape inéluctable  de la résolution de la crise, Mme Seck  Oumou  Sall, maire de Goundam, ambassadrice sans relâche de la cause du Mali à l’extérieur pendant toute la période de la crise.

Symbole de la diversité au Mali, fruit d’un brassage entre le sud et le nord du pays, Mme Seck Oumou Sall puisque c’est- d’elle qu’il s’agit, mérite d’être retenue dans la délégation représentant le Mali aux pourparlers préparatoires d’Alger.

Car cette élue de Goundam est une militante de la cause nationale qui a toujours témoigné de son attachement indéfectible au Mali.

Raison pour laquelle, depuis le début de la crise du nord qui s’est envenimée avec l’occupation des trois régions du nord par les djihadistes, avec son corollaire de privations de liberté, de viols, lapidations, mariages forcés, déplacements massifs des populations, elle a pris son bâton de pèlerin pour sillonner le monde entier afin de demander du secours pour le Mali.

Dans son périple à travers le monde, cette globetrotteuse pour la cause du Mali a rencontré plusieurs personnalités dont les voix ont été déterminantes pour l’adoption de la résolution des Nations-unies qui a permis le déclenchement de l’opération militaire pour chasser les djihadistes qui imposaient aux populations du nord, des pratiques dignes d’une autre époque : mariages forcés, mariage d’une femme à plusieurs hommes, des amputations, lapidations…

Mais, c’est surtout le sort des femmes  et les enfants dont le vécu quotidien lors de cette occupation qui l’a particulièrement émue.

Aussi, connaissant bien les leaders de la rébellion Touaregs (MNLA) par lesquels tout  est arrivé pour les avoir souvent côtoyé, elle s’est assignée une mission  (avec certaines autres de ses sœurs élues du nord dont à l’image de l’honorable Haidara Aissata Cissé) : Celle de mener une communication sur le Mali lors des foras à l’extérieur, des débats télévisés et radiophoniques pour donner la vraie information et battre en brèche les allégations mensongères des leaders du  MNLA.

Une mission qu’elle a certainement réussi car, aujourd’hui, elle a pu  drainer derrière elle, plusieurs personnalités influentes du monde entier sur le sort du Mali. Lesquels, après ses nombreux plaidoyers sur le Mali ont exprimé tout leur soutien au Mali. Il s’agit, entre autres, de personnalités politiques, écrivains, journalistes, députés…

Et c‘est fort de tout cela qu’elle a été retenue parmi la délégation qui représente le Mali aux pourparlers préparatoires de paix avec les groupes armés à Alger.

Lors d’une rencontre, le week-end dernier, les organisations féminines du Mali ont estimé qu’elles n’ont pas été suffisamment représentées   dans cette délégation.

C’est à juste titre qu’elles l’ont fait, mais elles peuvent se targuer  d’être valablement représentées par une des leurs : Mme Seck Oumou Sall dont les compétences sont avérées. Et qui a toujours été au devant de la scène pour plaider la cause du Mali.

 

Délégation malienne aux pourparlers d’Alger : les femmes réclament un quota plus élevé

Khadydiatou Sanogo – Le Républicain – 22 juil 2014 à 00:11

La plateforme de veille pour des élections apaisées a abrité le samedi 19 juillet 2014, une conférence de presse animée par les femmes leaders du Mali. La conférence visait à dénoncer la faible représentativité des femmes dans le processus de pourparlers d’Alger.

L’objectif de la rencontre était de réclamer un quota  plus élevé de femmes dans les pourparlers qui se tiennent actuellement à Alger pour la paix au nord du Mali.  Sur la cinquantaine de négociateurs maliens présents à Alger,  elles ne sont que seulement 3 femmes à y participer : Oumou Sall Seck, maire de Goundam et Fatimata Touré, de l’ONG Greffa, y sont comme expertes.   Pour  les femmes leaders du Mali,  la gente féminine est  faiblement  impliquée dans le processus de négociation pour la paix dans notre pays.

Un constat qu’elles ont relevé à travers la faible représentativité des femmes parmi la délégation malienne à Alger pour les pourparlers. Comme l’a noté   la présidente  du conseil d’Administration de l’APEJ, Maïga Sina Damba,  il est impossible de faire la paix sans les femmes. Elle ajoutera que depuis le début de la crise, les femmes revendiquent un rôle important dans le processus de paix.

Mme Maïga n’a pas manqué de déplorer  la sous-représentativité des femmes dans les pourparlers à Alger. Rappelons  qu’en prélude à cette rencontre, les femmes leaders  avaient organisé un  atelier dans le but de réfléchir sur les stratégies à élaborer pour leur implication effective dans le processus du dialogue national et des pourparlers inclusifs.

Et  à travers la plateforme, les femmes vont procéder au suivi du processus et faciliter leur participation à la mobilisation sociale dans les campagnes d’informations et de sensibilisation. Mais pour ce qui concerne le cadre formel, les femmes souhaitent que le gouvernement implique au moins 30% des femmes dans les collèges de médiations et de facilitation.

Un quota que les femmes leaders veulent voir transparaître parmi le nombre des observateurs désignés pour mener les négociations. Selon les femmes de l’espace de la plate-forme, ce sont elles  qui souffrent le plus lors des conflits et crises, aussi elles estiment qu’elles devraient être impliquées dans les prises de décision. Les femmes des régions du nord avaient effectué le déplacement en grand nombre.

 

L’avenir du Mali : Près du fédéralisme, loin de la régionalisation

Rokia DIABATE – Le Prétoire du 21 Juillet 2014

Concernant la résolution de la situation de Kidal, le Mali n’a plus vraiment une grande marge de manœuvre. Force est de reconnaitre que toutes les conditions sont réunies pour briser la pérennité d’un État malien unitaire. L’on tend plus vers le fédéralisme que la régionalisation.

En position de faiblesse, chacun sait que le Mali est prêt à tout pour la paix et la stabilité. Pour rien au monde, il ne s’engagera dans une guerre fratricide dont il n’a pas les moyens. De ces deux dernières années de crise, notre pays n’aura obtenu qu’un seul trophée à défaut de la victoire militaire pour sa souveraineté : l’humiliation par la force des armes. Récemment, le Mali s’est lucidement rendu compte qu’il ne pourra pas compter sur les armées des autres pour reconquérir Kidal. Alors, il part à Alger avec comme pièce de rechange la fameuse régionalisation.

Des esprits plus ouverts diront clairement que cette option est une décentralisation poussée menant à un fonctionnement proche de celui d’une fédération. En réalité, le Mali voit en la régionalisation une sorte de bouée de sauvetage pour affronter les dures réalités des négociations sur laquelle reposent tous ses espoirs de paix et de stabilité.

Les dés sont déjà jetés, les choix ne sont pas multiples, les pourparlers d’Alger ne seront pas. Le Gouvernement malien, les groupes armés et les autres intervenants (ONU, Cedeao, Algérie, UE, UA) sont d’accord qu’il n’y a plus de patience pour les tergiversations. Le Mali reconnait actuellement qu’une de ses grandes erreurs fut le fait de ne pas mettre en valeur, dans sa politique de décentralisation, la diversité sociale afin que des identités distinctes acceptent que la négociation et la coopération des uns avec les autres fassent partie intégrante de l’autonomie traditionnelle.

Ce qui a engendré l’incapacité de l’Etat d’asseoir son autorité sur l’étendue territoriale nationale. Ce doit surement être la raison pour laquelle il adopte la notion de régionalisation. Certes, elle semble moins menacer l’unité nationale, la régionalisation à laquelle le Mali tient tant parviendra difficilement à panser tous ses maux.

Loin d’être parfait, l’esprit fédéral, plus qu’une conception, c’est une réalité en soit. Ce système politique permet la délicate synthèse entre respect des cultures et progrès des sociétés. Si le fédéralisme réussit au Mali, il se fera le vainqueur de l’unité nationale dans la diversité.

 

Dialogue inter-malien: une semaine pour boucler les négociations

Publié le 21-07-2014 Modifié le 21-07-2014 à 07:52 par RFI

Les négociations entre groupes armés du Nord du Mali et les autorités de Bamako qui ont débuté mercredi 16 juillet à Alger, se poursuivent. L’enjeu des discussions, qui doivent durer jusqu’à la fin de la semaine, est de se mettre d’accord sur la feuille de route et le cadre des futures négociations en vue d’un futur accord de paix.

Pour le moment, le consensus est loin d’être acquis.

Un accord de paix d’ici la fin de l’année, et une base de travail commune, c’est ce que prévoit notamment l’accord de Ouagadougou. Le consensus qui se dessine après cinq jours de discussions semble mince face au principal point de blocage.

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), estiment que les groupes dissidents ne peuvent pas participer aux négociations, comme l’explique Moussa Ag Acharatoumane, un des porte-paroles du MNLA. Le MNLA demande à ces dissidents « de revoir leur position et de revoir surtout leur relation avec le pouvoir malien. Parce qu’on ne peut pas être des auxiliaires de l’armée malienne sur le terrain, et être des auxiliaires du gouvernement malien au niveau politique, et prétendre quelque part défendre l’Azawad. Cela va en contre-sens. »

Les autorités maliennes n’ont pas le même avis. « La position de Bamako est la position de l’équipe de facilitation », détaille Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères. « A notre avis, ce sont ces six groupes qui sont parties prenantes de la négociation. Et c’est ce que la facilitation a proposé et c’est ce que la facilitation et c’est ce que le Mali soutien également. » Malgré cette opposition de fond, Alger semble bien déterminée à obtenir un accord sur la feuille de route, même s’il faut tenir des réunions séparées jusqu’à jeudi prochain.

 

Ramtane Lamamra : « Un accord dans cent jours » sur le Nord-Mali

Par Jeune Afrique – 21 juillet 2014 – Propos recueillis à Alger par Cherif Ouazani, envoyé spécial.

Le chef de la diplomatie algérienne fait le point sur le dialogue inter-malien, entamé le 16 juillet, et qui devrait être suspendu le 24 juillet avant une reprise à la mi-août. Première importante décision : les négociations prévues à Bamako se dérouleront à Alger avec la bénédiction du gouvernement malien et l’approbation des pays voisins, ainsi que des partenaires du processus : ONU, Cedeao, UA, UE et OCI.

Jeune Afrique : Trois jours après son entame, comment se présente le dialogue inter-malien ?

Ramtane Lamamra : Il se présente très bien. Sept mois nous séparent de la visite, le 19 janvier à Alger, du président Ibrahim Boubacar Keïta au cours de laquelle il avait demandé au président Abdelaziz Bouteflika que l’Algérie dirige le processus de sortie de crise, souhait partagé par les mouvements politico-militaires du nord du Mali. Sept mois de travail, de persévérance et de pédagogie.

Nous nous sommes attelés à réunir le gouvernement malien et les mouvements politico-armés du Nord, en présence des pays de la région, des organisations régionales et internationales. C’est déjà un résultat non-négligeable. Les choses sont sur les rails et nous nous en félicitons.

Le début est tout de même laborieux. Le climat de méfiance est perceptible et les positions semblent inconciliables…

Une médiation internationale est, par définition un processus ardu. Son objectif est de concilier l’inconciliable. La complexité du dossier malien ne nous a pas empêchés d’obtenir un échange de prisonniers à la veille du début des négociations. Dois-je vous rappeler que la libération, le 15 juillet, des personnes détenues par l’État malien était prévue par l’accord de Ouagadougou signé il y a plus d’un an ?

Le même jour, 45 agents gouvernementaux, civils et militaires, détenus depuis l’accès de fièvre du 21 mai à Kidal, ont pu enfin rejoindre leur foyer à la veille du lancement du dialogue à Alger. Cette mesure d’apaisement et de confiance ainsi que son aspect humanitaire démontrent la détermination des parties maliennes à aller de l’avant.

Les mouvements armés contestent la présence de groupes politico-militaires de l’Azawad estimant qu’il ne s’agit pas de belligérants. Cela pollue-t-il davantage les négociations ?

Ce n’est pas une situation inédite. Nous avons été confrontés au même problème à Ouaga. Je vous rappelle que l’accord arraché, en juin 2013, par le président Blaise Compaoré et le ministre Djibril Bassolé a, dans un premier temps, été signé par les mouvements armés avant de voir, quelques jours plus tard, les autres groupes politico-militaire y adhérer.

Dans la préparation du dialogue que nous avons entamé, le 16 juillet, nous sommes en présence d’un groupe de mouvements ayant signé la déclaration d’Alger, le 9 juin, et d’un autre s’étant engagé dans une plateforme adoptée, le 14 juin, toujours à Alger.

Nous sommes convaincus d’une chose : un dialogue inclusif est la meilleure garantie pour la durabilité d’un accord et sa crédibilité aux yeux de l’opinion malienne. En d’autres temps et d’autres lieux, ces querelles de représentativité ont retardé les solutions de sortie de crise avec souvent des conséquences douloureuses pour les populations…

Des cadres dirigeants du MNLA ont fait part de leur étonnement de l’absence de la France dans ce processus. En avez-vous eu vent ?

Non, mais je précise que le médiateur algérien est en contact étroit avec la France et les États-Unis qui soutiennent sans réserves le processus que nous menons. L’Algérie conduit ces négociations en toute transparence. Elle le fait pour elle-même, pour le Mali et pour l’ensemble de la communauté internationale qui a exprimé ses vives préoccupations à l’égard de la crise malienne.

Techniquement, comment les négociations se déroulent-elle ? Y-a-t-il un consensus sur la méthode de travail ?

C’est ce sur quoi nous nous sommes attelés au cours des trois premiers jours du dialogue (ces propos ont été recueillis le 19 juillet en fin de journée, NDLR). Pour l’heure l’équipe de la médiation travaille avec les trois composantes de ce processus : le gouvernement, la Coordination du 9 juin (MNLA, HCUA et MAA) et la coalition de la plateforme du 14 juin.

Échangent-elles durant les séances de travail ?

Il y a des rencontres informelles en marge de travaux dont l’objectif est d’arriver à l’élaboration d’une feuille de route pour le déroulement des négociations proprement dites. Cela devrait être fait d’ici au 24 juillet, date de la suspension du dialogue avant une reprise à la mi-août.

Notre souhait est que l’accord soit solennellement signé le 24 octobre, une date qui coïncide avec la Journée des Nations unies, donc de la paix.

Les négociations prévues à Bamako par l’accord de Ouaga ne sont donc pas pour demain ?

Pour accélérer le processus et lever toute entrave, le gouvernement malien a donné son accord pour que toutes les négociations se déroulent à Alger à la seule condition que la phase ultime se déroule au Mali. Pas spécialement à Bamako, car cette cérémonie peut se dérouler dans une autre ville du territoire malien.

Avez-vous une estimation de temps que devraient durer ces négociations ?

Selon nos projections, 100 jours. Un chiffre symbolique pour vous et vos confrères puisque vous en avez fait la durée d’un état de grâce pour un président, voire une échéance pour faire un premier bilan. Un calendrier définitif étant prématuré à ce stade des discussions, notre souhait est que l’accord soit solennellement signé le 24 octobre, une date qui coïncide avec la Journée des Nations unies, donc de la paix.

 

Après quatre jours de réunions stériles : Les pourparlers d’Alger ont buté sur la mauvaise foi du Mnla

Massiré Diop – L’Indépendant du 21 Juillet 2014

Après quatre jours de discussions stériles, les acteurs de la crise malienne ne sont finalement pas arrivés à parler un même langage. Cela, du fait que chaque partie avait déjà un agenda bien ficelé avant même le démarrage de la phase initiale des pourparlers, le mercredi 16 juillet dernier.

En effet, ces trois groupes armés ont d’abord refusé de s’asseoir à la même table que les signataires de la plateforme d’Alger, composés de la Coordination des mouvements et fronts patriotiques pour la République (Cm-FPR), la dissidence du Mouvement arabe de l’Azawad et la Coordination pour le peuple de l’Azawad, dirigée par l’ancien député de Bourem, Ibrahim Ag Assaleh. Leur prétexte était que ces derniers sont des alliés du gouvernement malien et n’ont pas pris les armes.

Par conséquent, le terme « belligérant » ne s’applique pas à eux. On se souvient également que le MNLA et ses alliés, en signant le document convenu d’appeler« la Déclaration d’Alger » avaient menacé les autres groupes, qu’ils considèrent comme des dissidences, de les rejoindre ou de s’exposer à des représailles.

Une attitude qui a déjà commencé à se matérialiser, en témoignent les affrontements sanglants entre la coalition du MNLA et la branche MAA dirigée par Ahmed Ould Sidi Mohamed. Du coup, la définition du cadre même de la discussion a achoppé sur ce point. Ensuite, le MNLA n’a pas hésité à contester le document élaboré par le gouvernement malien, lequel prévoit une feuille de route proposant un redéploiement de l’administration malienne dans les régions du nord y compris à Kidal, le développement de cette zone ou encore le désarmement et la réinsertion des combattants.

Le MNLA, le HCUA et le MAA avaient également élaboré leur propre feuille de route qui prévoyait des négociations en quatre phases, d’une durée totale de neuf mois, qui auraient lieu « dans un pays neutre ». La première partie de ce processus s’étendrait sur un mois consacré à un accord sur les mesures de préparation aux discussions, comme le respect du cessez-le-feu et la libération de prisonniers toujours détenus dans le cadre de ce conflit depuis l’accord de Ouagadougou du 18 juin 2013. Ils estiment également que les négociations doivent se dérouler en commission plénière et également sous forme de commissions thématiques. Ces groupes ne s’opposent plus à ce que les futures négociations se tiennent au Mali mais pas à Bamako

Par ailleurs, les différentes parties ont également buté sur la médiation. En effet, le gouvernement malien et les experts internationaux présents ont plaidé pour un collège de médiateurs impliquant l’Algérie, l’Union africaine, la CEDEAO et l’ONU. Alors que du côté de la coalition dirigée par le MNLA, l’on préfère un médiateur « neutre , » tout en restant vague sur le concept de la neutralité.

Même si cette phase des pourparlers n’a pas donné les résultats escomptés, elle aura quand même eu le mérite de mettre les différents protagonistes autour de la même table et permis d’étaler la mauvaise foi du MNLA qui n’a toujours pas renoncé à ses velléités indépendantistes.

 

Moussa Mara à propos des discussions inter-maliennes : « Le Mali a bel et bien une feuille de route »

Yaya Samaké – Le 22 Septembre du 21 Juillet 2014

Contrairement à ce qu’on avance dans une certaine presse, Bamako dispose bel et bien d’une feuille de route pour les discussions inter-maliennes qui se sont ouvertes le 15 juillet dernier à Alger, dans la capitale algérienne. Face aux journalistes, vendredi dernier sur l’esplanade de la Primature, le chef du Gouvernement, Moussa Mara, s’est inscrit en faux contre ces allégations tendancieuses, qui n’ont pour seul but selon lui que « de dénigrer les gouvernants ».

Ouvertes à Alger, dans la capitale algérienne, les discussions inter-maliennes focalisent toutes les attentions. Pour ceux qui doutent de la capacité des négociateurs maliens d’opposer un document bien ficelé à la partie touareg, il faut se se détromper. Bamako dispose bel et bien d’une feuille de route.

C’est du moins ce qu’a laissé entendre Moussa Mara lors de la cérémonie de rupture de jeûne qu’il a offerte aux journalistes vendredi dernier. Profitant de cette tribune, le Premier ministre, dans la posture agressive qu’on lui connait désormais depuis les débats sur la motion de censure, a répondu à ses détracteurs. Il a sèchement répliqué à ceux qui soutiennent dans la presse que le Gouvernement manque de visions et d’orientations pour les discussions d’Alger.

« Au Mali, on a tendance à dénigrer les gens. Certains disent que nous n’avons pas de feuille de route. Soyez-en sûrs, tout ce que nous faisons est minutieusement contrôlé, diligenté pour que nous ayons les meilleurs accords possibles. Nous souhaitons que ces accords puissent être les derniers » a précisé le chef du Gouvernement. Moussa Mara a aussi expliqué que l’équipe de négociateurs maliens, composée de cinq ministres, avec à sa tête le chef de notre diplomatie, fera tout pour ramener des accords acceptables.

A en croire le chef de l’exécutif malien, cette équipe de négociateurs est appuyée par 40 autres personnes, dont certaines ont participé à l’élaboration des deux derniers accords entre Bamako et les irrédentistes touareg.

Même si Mara n’a pas voulu rentrer dans les détails de ce qui peut bien être le contenu de cette feuille de route, certainement par mesure de prudence, on peut croire que ladite feuille existe bien. « Il est impensable que le Gouvernement puisse se rendre à une rencontre aussi importante que celle d’Alger, où se joue l’avenir du Mali, sans une feuille de route » fulminait un leader de parti politique, qui accuse les ennemis du Mali de jouer avec les nerfs de nos compatriotes pour faire échec aux négociations.

Au delà de ces propos, l’équipe Mara a publié un petit document dans lequel sont recensées les principales préoccupations de Bamako, sous forme de questionnaire pour comprendre ces discussions d’Alger. Parmi ces préoccupations figurent, entre autres, l’intégrité du territoire, la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire, la laïcité de l’Etat et l’unicité de la nation.

En somme, pour le Gouvernement, il n’y aura ni indépendance ni autonomie. Comme on le voit, l’objectif de ces discussions est d’aboutir à un accord de paix durable, qui ferme définitivement le chapitre de la guerre au Mali. Dans les coulisses, on soutient que les négociations devaient aboutir à un nouveau mécanisme institutionnel qui préserve l’intégrité territoriale du Mali et l’unicité de la nation.

S’adressant toujours à la presse, Mara a déclaré qu’il ne pouvait y avoir de démocratie sans les médias. Il a expliqué que son équipe, sous le leadership du Président de la République, ne ménagerait aucun effort pour leur permettre de travailler dans les conditions les meilleures. Moussa Mara les a aussi invités à travailler en toute indépendance et en toute impartialité.

 

Après son coup de gueule lors du lancement du dialogue inclusif inter-malien à Alger : Mahamadou Djéri Maïga débarqué de son poste de Chef de délégation Mnla-Hcua-Maa Il est remplacé par Alghabass Ag Intalla, secrétaire général du Hcua

Moussa TOURÉ –  Soir de Bamako – 21 juillet 2014

Lors du lancement du dialogue inclusif inter-maliens, le mercredi 16 juillet 2014, la coalition Mnla-Hcua-Maa a longuement trainé dans les coulisses avant de gagner la salle au moment où les représentants de la communauté internationale, les représentants des autorités algériennes et la délégation malienne au grand complet étaient déjà sur place.

Prenant la parole le premier, le président de la Coordination des Mouvements de l’Azawad, Mahamadou Djéri Maïga (vice-président du Mnla), avait expliqué le retard de sa coordination par le fait qu’elle ne souhaitait pas faire une déclaration dans la salle.

Pour la simple raison qu’elle n’aurait pas été associée aux préparatifs de cette rencontre. Mahamadou Djéri Maïga avait prononcé un discours véhément qui avait surpris l’assistance dans lequel il avait annoncé le refus de la coalition qu’il dirige de s’asseoir à la même table que les autres groupes invités au dialogue.

L’allusion est faite bien entendu au Cpa, au Maa et au Cm-Fpr. La raison ? Pour lui, ils sont proches de Bamako et n’ont pas la légitimité dans la mesure où ils n’ont pas pris les armes contre Bamako.

Bref à ses yeux, ils ne peuvent pas être considérés comme des belligérants. Le vice-président du Mnla avait estimé également que les négociations allaient trop vite.

Mahamadou Djeri Maïga avait dit qu’ils n’ont pas été associés à l’élaboration de la feuille de route du gouvernement malien qui est sensée être le document de base pour les toutes parties.

“Ce qui exige que nous soyons là, [c’est] un premier contact avec le gouvernement du Mali afin de pouvoir [établir] une feuille de route dans laquelle nous allons discuter le quand, le comment, le où des négociations …. Mais nous ne sommes pas prêts, […] et nullement on nous a demandé de fournir une liste de notre délégation de négociations”, avait déclaré Mahamadou Djéri Maïga.

Ce coup de gueule de Mahamadou Djéri Maïga avait fait peser planer de lourdes incertitudes sur le processus de paix, ce jour-là à Alger. Pis, il a conduit la coalition Mnla-Hcua-Maa à procéder à un changement qui a été très remarqué le samedi matin à la reprise des débats.

En effet, les propos tenus par Mahamadou Djéri Maïga ont été mal appréciés par les membres de sa propre délégation. Selon une source proche de la coalition Mnla-Hcua-Maa, les groupes armés ont jugé que Mahamadou Djéri Maïga a commis un “dérapage”, étant donné que tous les détails liés au déroulement de la rencontre (protocole, identité des présents, temps de prise de parole, disposition des chaises, etc.) ont fait l’objet d’un accord préalable. Alors pourquoi Mahamadou Djéri Maïga a choisi de dire tout le contraire dans sa sortie intempestive, lors de la cérémonie de lancement? Il est seul donc à pouvoir répondre à cette question.

En attendant, ses camarades ont préféré le mettre sur la touche, en le démettant de son poste de chef de délégation de la coalition Mnla-Hcua-Maa. Il est remplacé par Alghabass ag Intalla, secrétaire général du Hcua.

 

Dialogue inter-malien à Alger : Liste des membres de la délégation malienne

Le Républicain du 21 Juillet 2014

  • 1- Général Sada SAMAKE, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité ;
  • 2- Monsieur Zahabi Ould Sidi MOHAMED, Ministre de la Réconciliation Nationale ;
  • 3- Son Excellence Abdoulaye DIOP, Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale ;
  • 4- Monsieur Hamadou KONATE, Ministre de la Solidarité, de l’Action Humanitaire et de la Reconstruction du Nord ;
  • 5– Monsieur Ousmane SY, Ministre de la Décentralisation et de la Ville ;
  • 6- Général Naïny TOURE, Ambassadeur du Mali à Alger ;
  • 7– Son Excellence Sékou KASSE, Ambassadeur et Représentant Permanent du Mali auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York ;
  • 8- Son Excellence Sékou dit Gaoussou CISSE, Ambassadeur du Mali auprès du Royaume d’Espagne ;
  • 9- Son Excellence Alhamdou Ag ILLIYENE, Ambassadeur du Mali à Niamey ;
  • 10- Colonel-major Oumar DAO, Chef d’Etat-major Particulier du Président de la République ;
  • 11- Monsieur Inaye Ag Mohamed, Secrétaire Général du Ministère de la Planification, de l’Aménagement du Territoire et de la Population ;
  • 12- Monsieur Naffet KEITA, Conseiller Technique à la Primature ;
  • 13- Monsieur Zeïni Moulaye, Conseiller Technique au Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale ;
  • 14-Général Ould MEYDOU, Chargé de Mission au Ministère de la Défense et des Anciens Combattants ;
  • 15-Général de Brigade Salifou KONE, Inspecteur Général des Armées et Services ;
  • 16-Général de Brigade Minkoro KANE, Expert ;
  • 17-Général Bréhima Siré TRAORE, Expert ;
  • 18-Monsieur Ousmane Oumarou SIDIBE, Secrétaire Général du Bureau du Haut Représentant du Président de la République pour le Dialogue Inclusif Inter-Maliens ;
  • 19-Monsieur Malick ALHOUSSEINI, Expert ;
  • 20-Monsieur Baba BERTHE, Expert ;
  • 21-Monsieur Mahamadou MAGASSOUBA, Expert ;
  • 22-Inspecteur Général Mahamadou DIAGOURAGA, Expert ;
  • 23-Monsieur Zeidan AG SIDALAMINE, Expert ;
  • 24– Madame Seck Oumou SALL, Expert ;
  • 25– Madame Fatimata TOURE, Expert ;
  • 26-Monsieur Sidi Mohamed Ag ICHRACH, Expert ;
  • 27- Colonel-major Eloi TOGO, Haut Fonctionnaire de Défense au Ministère de la Réconciliation Nationale ;
  • 28-Monsieur Moussa Doudou HAIDARA, Chargé de Mission au Ministère de la Réconciliation Nationale ;
  • 29-Madame Camara Maimouna El OUMRANI, Chargé de Mission au Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale ;
  • 30- Monsieur Mohamed Ag ERLAF, Directeur Général de l’Agence Nationale d’Investissement des Collectivités Territoriales ;
  • 31-Monsieur Lassine BOUARE, Commissaire au Développement Institutionnel ;
  • 32- Monsieur Ibrahim AG IDBALTANAT, Expert ;
  • 33- Docteur Amadou TRAORE, Expert ;
  • 34– Monsieur Baba Hamane A. MAIGA, Conseiller Technique au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité ;
  • 35- Colonel-major Adama KAMISSOKO, Gouverneur de la Région de Kidal ;
  • 36- Inspecteur Général Mahamadou NIAKATE, Expert ;
  • 37– Commandant Bougadary SINGARE, Expert ;
  • 38– Maouloud Ould Mohamed, Gérant Intérimaire du Consulat Général du Mali à Tamanrasset ;
  • 39- Monsieur Yaya KONATE, Journaliste ;
  • 40- Monsieur Idrissa TRAORE, Cameraman ;
  • 41- Monsieur Madiba KEITA, Journaliste.

 

 

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