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Attaque à Gangontéry : Malijet peu inspiré

by sur 31 juillet 2014

Nous avons eu l’occasion de publier un article sur la manière dont s’était passée l’attaque à main armée d’un bar à proximité de l’usine Diamond Cement Mali, le 8 juillet à Gangontéry, sur la route Bafoulabé-Kayes, dans la commune de Bafoulabé.

Nous avons mis en lumière les termes employés dans l’article et la déformation des faits qui provoquaient une surinterprétation d’une simple attaque à main armée.

Le site Malijet, que l’on a souvent connu mieux inspiré, en remet une couche en date du 29 juillet. Dans quel but ? 

Nous publions l’ensemble des informations recueillies sur ce sujet.

Quand Malijet réécrit les faits… trois semaines après

Ci-dessous, la version de Malijet relatant des faits commis le 8 juillet, sur lesquels nous avions eu l’occasion de faire la lumière en interrogeant des sources locales.

Cette fois c’est une trentaine d’individus qui a carrément attaqué le marché en faisant de nombreuses victimes…

Braquage en plein marché à Gongoteri (Bafoulabé) : des hommes armés dépouillent les forains de plus de 8 millions et blessent par balles huit récalcitrants

Dénis T Théra Par Malijet – 29 juillet 2014

Des hommes armés, une trentaine selon leurs victimes ont braqué le mardi 8 juillet dernier, les forains de Gongoteri, localité située à une soixantaine de kilomètres de Bafoulabé en plein marché. Ils ont emporté plus de 8 millions de nos francs, d’autres biens et ont blessé à balles réelles ceux qui tentaient de résister à leur fouille corporelle.

Au nord, les braqueurs procèdent par embuscade sur les axes routiers pour spolier les forains et autres usagers de la route de leurs biens. Au Sud, ils sont plutôt plus audacieux et viennent les attaquer jusqu’au marché. On peut ajouter sans exagérer, sous les yeux des gendarmes.

Et pour cause.  Pour la sécurisation de son usine d’extraction de calcaire à Gongoteri, la société STONE a ouvert un poste de gendarmerie. Il est situé à près de 300 mètres du marché. Et pourtant, c’est dans ce marché que les forains ont été attaqués dans la nuit du mardi 8 juillet dernier vers 23 heures 30mn par une trentaine d’hommes armés, arrivés à bord de deux voitures.

La foire hebdomadaire de Gongoteri se tient les mercredis. Généralement, certains forains arrivent les mardis et passent la nuit au marché. C’est eux qui ont été ciblés ce jour. Les visiteurs ont commencé par tirer en l’air pour se faire respecter.

Ils ont ensuite instruit les cibles de se mettre à plat ventre. Tous ont été fouillés à corps et soulagés de leurs argents, téléphones portables, marchandises. Huit forains qui ont tenté de résister ont essuyé des tirs à balles réelles et ont été blessés. Après leur sale besogne, les braqueurs ont emprunté la route de Kayes impunément.

Ce que nous écrivions le 11 juillet :

INSECURITE : Comment semer le doute…

L’article ci-dessous  comprend deux parties :

  • La première est la relation d’un braquage publiée dans le Républicain (journal de la capitale malienne) comportant, inscrites en bleu, les erreurs et/ou imprécisions que j’ai relevées ; je connais bien les lieux, que je sillonnais encore, à moto et en voiture, dans la deuxième quinzaine de novembre dernier, à l’occasion des élections législatives
  • La seconde partie résulte de l’enquête que j’ai menée auprès des autorités à Bafoulabé et d’amis maliens demeurant à proximité des lieux.

Hubert LEDOUX

 

Insécurité à Bafoulabé : des hommes armés s’attaquent aux marchands à Gankontri

Fakara Faïnké – Le Républicain du 10 juil 2014

Le général Samaké est le ministre de l’intérieur chargé de la sécurité ; publier sa photo à l’occasion de ce qui s’avère être un simple braquage, même si c’est nouveau dans le cercle de Bafoulabé, dramatise un fait divers avec une évidente intention politique, sachant que le propriétaire du Républicain est un opposant au gouvernement actuel.

A bord d’une fourgonnette, des hommes armés se sont attaqués aux populations dans un marché non loin de l’usine d’extraction de minerais de calcaire, exploitée par l’entreprise Stones à Gankontri, dans le cercle de Bafoulabé.

Dés les trois premières lignes de l’article, sa véracité est mise en doute pour trois raisons :

  • L’usine d’extraction de minerais de calcaire, exploitée par l’entreprise Stones est située à Gouroundapé, à 25 km de Gangontéry (et non Gankontri).
  • – A Gangontéry est installée une cimenterie construite par un groupe indien qui a pour nom : « Diamond Cement Mali »
  • – Ni à Gouroundapé, ni à Gangontéry il n’existe de marché au sens entendu au Mali ; juste quelques échoppes brinquebalantes installées en bordure de route.

 Bilan : de nombreux blessés, des marchands ont été dépouillés de leurs biens. C’était le mardi, 8 juillet 2013.

Sommes-nous face à une impuissance des autorités actuelles à assurer la quiétude des populations par leur incapacité à doter les forces de sécurité de moyens adéquats ? En tout cas ça et là, partout où presque, l’insécurité s’installe dans le pays. Si le nord est la plus grande préoccupation, le reste du pays n’est pas exempte d’insécurité.

Le pays est entrain de devenir un « no man’s land » où l’insécurité est totale. Face à cette situation, chaque jour que fait Dieu, les autorités actuelles, ne montrent que  leur amateurisme sur fond de fausses publicités.

La règle veut que dés les premières lignes d’un article on relate directement les faits.

Ici, dans les dix premières lignes, les deux premières parlent des faits (faussement au demeurant, voir ci-dessous : un seul blessé, un seul commerçant volé) que l’on commente ensuite durant huit lignes.

 En tout cas ce qui s’est passé dans le cercle de Bafoulabé est une première pour les populations de cette partie du Mali depuis l’indépendance à nos jours : Des hommes en armes s’attaquent à des paisibles citoyens.

Pourtant, cela s’est passé à 300 mètres du camp de la gendarmerie construite par l’entreprise Stones pour assurer le minimum de sécurité. Cela fut une surprise générale au sein de la population, que des hommes armés fassent  feu de tous les bois pendant plus d’une heure de temps sans que les agents de sécurité ne réagissent.

Les bandits ont tiré sur les gens  au nez et à la barbe de ceux qui sont sensés les sécuriser et qu’il n’y ait aucune réaction de leur part. Pourtant, il est à constater que ces agents de sécurité indélicats comme nous l’avions évoqué dans un précédant article sur leur comportement à Kénièba se livrent aux mêmes rackets des populations dans le cercle de Bafoulabé.

Comme à Kéniéba, les populations dans ce cercle, surtout les forains  ne sont pas dans de bonnes mains. Ces agents indélicats rançonnent de façon systématique les pauvres paysans, motocyclistes et cyclistes, au lieu d’organiser des patrouilles pour traquer les bandits. Le 8 juillet, les bandits, après avoir commis leurs forfaits se sont dirigés  vers Kayes. Le maire de Bafoulabé, contacté par nos soins  nous a confirmé  l’information.

Dans toute cette partie, un récit confus (et faux) n’a de cesse que de mettre en cause les gendarmes nouvellement installés qui deviennent ensuite des « agents de sécurité » et finissent par être mis dans le même sac que leurs collègues du cercle voisin de Kéniéba.

Cela s’appelle « commettre un amalgame ».

Au ministre Sada Samaké de sillonner le Mali pour sensibiliser les agents de sécurité,  pour une prise de conscience afin de sécuriser le pays qui devient le lit de crimes et  les amené à cesser leurs anciennes pratiques révolues. En un mot à les mettre au service du peuple malien qui paye son impôt pour être sécuriser et nos martyrisé par des hommes qu’il arme.

La boucle est bouclée : c’est la faute du ministre qui utilise mal les impôts !

On connaît, on lit ça tous les jours dans les commentaires des réseaux sociaux, mais ce n’est pas du journalisme.

 

L’article que j’aurais écrit après enquête :

Mardi 8 juillet, le bar Mano a été braqué. Il situé à près de 1 km de la cimenterie de Gangontéry, un peu en avant de la cité ouvrière construite en retrait face à l’usine, parmi les échoppes et cases installées de long de la route.

Les bandits (de trois à six selon les témoins), munis d’armes à feu, sont arrivés dans un 4×4 ancien ressemblant à une fourgonnette ; en moins d’une minute ils ont mis le gérant en joue, lui ont dérobé la recette du jour estimée entre 50 000 et 500 000 CFA, avant de s’enfuir précipitamment en direction de Kayes.

Un commerçant voisin est alors monté sur sa moto, les bandits l’ont aperçu et, croyant qu’il allait prévenir les gendarmes du poste installés près de l’usine à 800 m de là, ils ont tiré et l’ont blessé ; il a été hospitalisé à Bamako.

Les bandits, apparemment de la région, ont été arrêtés à leur arrivée à Kayes. 

Les faits établis et les suppositions.

L’action n’a pas duré plus d’une minute, il n’y a pas eu arrosage de balles et on note un seul blessé dont le pronostic vital n’est pas engagé.

Il s’agit d’un fait divers de la criminalité ordinaire qui n’a rien à voir avec les événements du Nord Mali.

Selon différentes informations non confirmées, les bandits comptaient braquer l’agence Ecobank proche de l’entrée de la cimenterie, mais située à l’intérieur de l’enceinte de l’usine et donc sécurisée.

Ils semblaient aussi compter sur la période du ramadan au cours duquel la vigilance diurne des gendarmes se relâche dans le poste de gendarmerie construit il y a quelques mois. Ces derniers n’ont pas eu le temps d’être prévenus et d’intervenir, mais apparemment ils auraient été parmi ceux qui ont averti leurs collègues de Kayes.

 

 

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From → Revue de Presse

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