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Naufrage mortel : on en cause au Mali…

by sur 7 août 2014

Incontestablement, l’information publiée dans la presse régionale du Nord de la France, relayée auprès des organes de presse maliens et des autorités gouvernementales font parler du drame qui touche une dizaine de villages du Nord du cercle de Bafoulabé.

Rappelons que l’on compte vraisemblablement près de 70 victimes âgées de 15 à 35 ans, tous originaires d’une dizaine de villages situés au Nord du cercle de Bafoulabé, dans les communes de Bafoulabé et Oussoubidiagna.

On publie même sur le net, un article paru dans je journal régional édité à Lille, « La Voix du Nord », sous la signature d’Anne Courtel, hélas, sans en indiquer la provenance. Mais cela c’est du détail.

Ce qui est plus important c’est qu’on en parle beaucoup alors que, jusqu’ici, le sujet était tabou, y compris chez les migrants ressortissants installés à Paris.

Est-ce le début d’une véritable prise de conscience ? Les décisions prises dans les villages d’interdire cette « route de la mort » seront-t-elles respectées ?

Voici ce qu’en dit la presse malienne dans notre deuxième livraison sur le sujet.

Naufrage du 28 juillet sur les cotes libyennes : Des organisations de la société civile malienne montent au créneau

7 août 2014 à 04:45 AM

L’Association malienne des expulsés, en partenariat avec l’Association malienne des droits de l’Homme et l’Espace migrations et développement de la région de Kayes, dans une déclaration, déplore que « la recherche du mieux-être ailleurs a encore fait des victimes en mer Méditerranéenne ! » La déclaration de presse suite au naufrage du 28 juillet 2014 de candidats maliens à la mobilité au large des côtes libyennes.

La recherche du mieux- être ailleurs a encore fait des victimes en mer méditerranéenne !

Après un demi-siècle d’indépendance, les Etas africains peinent toujours à mettre en place des politiques sociales et économiques répondant aux besoins et aux attentes des populations, surtout en termes de mobilité humaine et de protection de leurs citoyens à l’étranger.

La mauvaise gouvernance et les crises multiformes à répétition plombent les programmes de développement et brident les initiatives, particulièrement dans les secteurs sociaux de base (éducation, santé, accès à l’eau potable et à un travail décent, sécurité alimentaire). En un mot le bien-être.

Pour trouver des réponses à ces facteurs, les candidats entreprennent des projets migratoires au péril de leur vie en empruntant des routes qui deviennent de plus en plus mortelles depuis la création du Frontex (Agence de surveillance de frontières extérieures de l’Union européenne) et la signature des accords entre l’UE (Union européenne) et/ou des pays membres avec les pays de transit et d’origine des acteurs de la mobilité.

Le Mali n’a pas échappé à cette règle. Au fil des ans et avec les divers bouleversements socio- politiques dans les traditionnels pays d’accueil (en Afrique), les pratiques migratoires ont changé. Les points de passage se diversifient et les parcours s’allongent avec l’approche sécuritaire et la contribution des pays de transit à bloquer les flux de mobilité des personnes.

Les nombreuses formes de blocages dans les pays « tampons » maghrébins et les diverses opérations « humanitaires » de sauvetage, conduisent en réalité aux drames avec pour seules réponses visibles la répression, la rétention et le refoulement pour les plus chanceux, la mort sur les routes migratoires terrestres (faim et soif) et maritimes (noyades suite au chavirement des embarcations de fortunes ou par la crainte d’être repéré et reconduites) pour plusieurs.

Après Ceuta-Melilla et autres drames de l’émigration telle qu’à Lampedusa, le Mali vient de subir une lourde perte de candidats à la recherche du mieux-être au large des côtes libyennes en partance pour l’Europe. Ces candidats viennent majoritairement de la région de Kayes (une région d’émigration par excellence !) dont la plupart est originaires de villages du Nord du cercle de Bafoulabé (Sélinkegny, Madalaya, Kania, Djungo), l’un des plus enclavés et les pauvres du Mali.

Suite à cet événement tragique, l’Association malienne des expulsés (AME), l’Espace migration et développement en région de Kayes (EMDK) et l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) saluent tout d’abord la mémoire des victimes et adressent leurs condoléances les plus attristées à tout le peuple malien notamment aux familles des illustres disparus.

Eu égard à la plus value des mobilités humaines à la fois dans les milieux de départ et d’accueil (impulsion des dynamiques sociales, économiques ; transfert des compétences techniques, des savoirs-faires innovants, et mobilisation de partenaires autour du développement de territoires), nous condamnons fermement et regrettons cet événement tragique qui n’est que le résultat des dispositifs visant à réduire les mobilités humaines. Nous recommandons d’une part aux gouvernements des pays de transit comme d’accueil des acteurs de la mobilité le respect des droits de l’Homme et l’assistance aux personnes en danger.

Nous appelons les autorités maliennes à achever dans l’immédiat le processus d’élaboration de la Politique nationale migratoire en inscrivant dans les priorités :

  • l’orientation, la protection, l’assistance de tous les Maliens de l’extérieur ou souhaitant tenter leur chance ailleurs ;
  • les initiatives de préparation/qualification des candidats à la migration ;
  • les actions de développement des régions afin que les personnes ne soient pas obligées à migrer ;
  • la meilleure valorisation de la mobilité humaine et de ses acteurs.

Fait à Bamako, le 6 août 2014

Pour l’AME, Ousmane Diarra

Président

Fait à Kayes le 6 août 2014

Pour l’EMDK, Bandiougou Diawara

Président du Conseil régional de Kayes 

 

Le ministre des Maliens de l’Extérieur face à la presse: 54 719 Maliens reconduits chez eux de 2002 à 2010

Pierre Fo’o Medjo – 22 Septembre  du  7 août 2014 à 03:09 AM

Le ministre des Maliens de l’Extérieur, Abdouramane Sylla, était face à la presse, le 5 août, dans la salle de conférences de son cabinet. Objectif, débattre des derniers évènements dramatiques liés à la migration irrégulière et des efforts déployés par le gouvernement pour juguler les flux migratoires avec les hommes et femmes des médias.

Le ministre Sylla, entouré de ses plus proches collaborateurs a tout d’abord présenté l’état  des  lieux de la migration au Mali. C’est ainsi qu’il a fait remarquer que, de par l’histoire de son peuplement et sa position géostratégique, le Mali est un pays de vieille tradition migratoire. Avant d’indiquer que, depuis 2005, le pays est largement confronté aux conséquences désastreuses des migrations irrégulières.

Les flux d’émigration non organisés, a-t-il soutenu, aboutissent généralement à des reconduites aux frontières, à des rapatriements et à des expulsions, fréquentes et importantes. A titre d’illustration, il dira qu’entre 2002 et 2010, ce sont au total 54 719 Maliens qui ont été reconduits et que cette situation s’était détériorée en 2011, à la suite de la crise en Libye, d’où ont été rapatriés 22 850 Maliens.

Toujours selon le ministre Sylla, pour l’année 2014, à la date du 31 juillet, 2 101 Maliens, dont 1891 de Centrafrique et le reste en Lybie, au Congo Brazzaville et au Gabon, ont été rapatriés par le gouvernement du Mali. En outre, il dira que 225 Maliens sont détenus dans les prisons libyennes et 11 au Sénégal.

Pour terminer le ministre Sylla a fait cas, avec beaucoup d’émotion, de la noyade de dizaines de nos compatriotes de Bafoulabé au large de la Libye, dont deux frères. Face à cette situation, a déclaré le ministre des Maliens de l’Extérieur, son département, en collaboration avec d’autres chargés eux aussi des questions migratoires dans le cadre de leurs missions, a porté assistance aux Maliens en détresse, par la mobilisation de gros moyens logistiques et d’assistance psycho-sociale et sanitaire.

S’y ajoute un programme de réinsertion socio économique, à travers la Délégation des Maliens de l’Extérieur (DGME) et le Centre d’information et de sensibilisation et de Gestion des Migrations (CIGEM), en faveur des membres des associations de migrants. Enfin, une campagne d’information et de sensibilisation soutenue et intensive contre les risques de la migration irrégulière a été menée.

Malgré tous ces efforts, déplore le ministre Sylla, «nous assistons à de véritables drames sur les routes de la migration irrégulière, au cours desquels de nombreux Maliens perdent la vie. Et quand bien même ils réussissent leur dangereux périple, ils vivent dans des conditions précaires, dégradantes et dépourvues de toute humanité. Sans possibilité de retour digne au pays, comme c’est le cas en Italie où de nombreux migrants africains sont hébergés dans des conteneurs».

Phénomène nouveau, a souligné le ministre des Maliens de l’Extérieur, la migration irrégulière d’enfants mineurs, de 12 à 15 ans, parce qu’on estime que la loi protège des mineurs. «Malheureusement, ce sont les parents qui sont à la base». Pour le ministre Sylla, c’est un crime.

En réaction aux questions des journalistes concernant les candidats à la migration originaires de Bafoulabé noyés au large des côtes libyennes, le ministre Sylla a déclaré que son département avait accueilli la nouvelle avec beaucoup de tristesse. «On ne sait jamais quand ils partent en Libye et, malheureusement, nous n’avons pas d’interlocuteur en Libye actuellement», a-t-il  déploré, avant d’assurer: «nous avons un programme de réinsertion au niveau du ministère».

Il dira également: «nous sommes en train de mettre en place des initiatives pour que, dans les zones de départ, les gens puissent être fixés, à l’exemple des projets d’aménagement de plusieurs hectares à Bafoulabé». Enfin, il a cité le document de «Politique nationale migratoire» qui sera bientôt publié, pour endiguer le phénomène de la migration irrégulière.

 

Maliens de l’extérieur : Le double drame de la migration irrégulière

Be COULIBALY –  L’Essor  du   7 août 2014.  7 août 2014 à 06:58 AM

Ceux qui s’embarquent dans une aventure périlleuse non seulement affrontent des périls inouïs, mais se condamnent à la précarité au bout de leur voyage

On ne stigmatisera jamais assez le fléau que représente la migration irrégulière. Chaque jour qui passe, cette dernière engendre des drames endeuillant des familles entières. La dernière tragédie en date est survenue le 28 juillet dernier au large des côtes libyennes lorsqu’un bateau marchand a chaviré en mer non loin de Tripoli avec plusieurs centaines de personnes à son bord, dont des Maliens. Sur nos 87 compatriotes (estimés) qui se trouvaient sur le vaisseau, une seule personne a survécu, selon les informations recueillies jusqu’ici par le ministère des Maliens de l’extérieur. Cet énième naufrage interpelle une fois encore en faveur de la mise en œuvre d’actions concrètes et urgentes en vue de réduire le nombre de candidats à l’émigration clandestine. Tel était le plaidoyer développé lors de la conférence de presse que le ministre des Maliens de l’Extérieur, Abdrahamane Sylla, a animé mardi dernier dans les locaux de son département.

Le Mali, a rappelé le ministre Sylla, est de par sa position géostratégique un pays de vieille tradition migratoire. Selon le dernier recensement administratif à vocation d’état civil (Ravec), le nombre de Maliens se trouvant à l’extérieur du territoire national est estimé à environ quatre millions d’individus. Ce chiffre n’est pas exhaustif, mais il permet aujourd’hui de dire avec certitude que nos compatriotes de l’extérieur représentent au moins 30% de la population nationale. Avec l’accroissement démographique, la détérioration des termes de l’échange, le manque de ressources financières nécessaires aux besoins croissants des populations, un contexte international défavorable et la crise multidimensionnelle qui a frappé notre pays en 2012, le phénomène de la migration s’est accru, malgré les efforts déployés par l’Etat.

DES CONDITIONS PRÉCAIRES ET DÉGRADANTES.

Il ressort du rapport sur la situation socio-économique du Mali 2010 qu’en dépit des mesures restrictives prises pour juguler l’émigration clandestine, de jeunes Maliens continuent d’emprunter les routes de l’exil. « Notre pays est largement confronté aux conséquence désastreuses des migrations irrégulières. Les flux d’émigration n’étant pas organisés aboutissent généralement à des reconduites aux frontières, des rapatriements et des expulsions fréquentes et importantes », a déploré le ministre. A titre d’illustration de 2002 à 2010, 54 719 migrants maliens au total ont été reconduits dans leur pays. La situation s’est encore détériorée en 2011 à la suite de la crise politique survenue en Libye d’où ont été rapatriés 22 850 maliens.

Pour l’année 2014, à la date du 31 juillet, 2101 maliens ont été rapatriés par le gouvernement malien dont 1891 de la Centrafrique, et le reste de pays comme la Libye, l’Espagne, le Congo Brazzaville et le Gabon. Par ailleurs, de nombreux migrants sont détenus dans les prisons des pays de destinations et/ou de transit dont 225 en Libye et 11 au Sénégal. Toutes ces informations ont été données par le ministre Abdrahamane Sylla. « Il est difficile aujourd’hui de disposer de statistiques fiables sur les flux d’émigration, mais le nombre important de migrants de retour involontaire témoigne suffisamment de l’ampleur du phénomène », a indiqué le ministre des Maliens de l’extérieur.

Fait nouveau : la migration des mineurs prend de plus en plus d’ampleur dans notre pays. « Le constat le plus alarmant et le plus révoltant concerne la migration irrégulière des mineurs par les parcours habituels en dépit des dangers, en violation flagrante de tous les textes qui régissent l’humanité », a rappelé le ministre qui a indiqué que son département va renforcer ses actions de sensibilisation et d’information sur les aspects les plus dramatiques de l’émigration. Ces aspects intègrent le naufrage d’embarcations, les mauvaises conditions de vie de migrants maliens en Italie, le point des situations des Maliens en Centrafrique et en Libye et la problématique des enfants migrants mineurs.

« Contre toute attente, nos compatriotes migrants quand ils réussissent leur dangereux périple se retrouvent à survivre dans des conditions précaires, dégradantes et dépourvues de toute humanité, sans possibilité de retour digne au pays comme c’est le cas en Italie », a dit le ministre qui a indiqué que de nombreux Maliens sont aujourd’hui en situation de détresse en Libye et en Centrafrique. Le gouvernement est à pied œuvre pour leur rapatriement.

 

Naufrage d’une embarcation clandestine en Libye avec plusieurs dizaines de Maliens : Des associations invitent les autorités à achever dans l’immédiat l’élaboration de la politique nationale migratoire

K.THERA – L’Indépendant du 7 août 2014.   

Après le récent naufrage d’une embarcation clandestine en Libye avec plusieurs dizaines de Maliens, des organisations intervenant dans la défense des droits de l’homme, en l’occurrence l’Association malienne des expulsés (AME), l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), Espace migrations et développement en région de Kayes (EMDK) ont, dans une déclaration déposée hier à notre rédaction, interpellé les autorités à mettre en place des actions de développement dans les régions de départ des candidats à l’émigration.

Dans cette déclaration signée par le président de l’AME, Ousmane Diarra et celui du conseil régional de Kayes, Bandiougou Diawara, ces regroupements fustigent le mode de gouvernance en Afrique où   les Etats, après 50 ans d’indépendance «  peinent toujours à mettre en place des politiques sociales et économiques répondant aux besoins et aux attentes des populations, surtout en terme de mobilité humaine et de protection de leurs citoyens à l’étranger ».

A les croire, la mauvaise gouvernance et les crises multiformes à répétition plombent les programmes de développement et brident les initiatives, particulièrement dans les secteurs sociaux de base (éducation, santé, accès à l’eau potable et à un travail décent, sécurité alimentaire, en un mot le bien être).

C’est pourquoi, selon ces associations, « les jeunes au péril de leur vie empruntent des routes qui deviennent de plus en plus mortelles depuis la création du Frontex (agence de surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne). Nous condamnons fermement et regrettons cet évènement tragique qui n’est que le résultat des dispositifs visant à réduire les mobilités humaines. Nous recommandons d’une part aux gouvernements des pays de transit comme d’accueil le respect des droits de l’Homme et l’assistance aux personnes en danger  » peut-on lire dans ledit communiqué.

Les auteurs de ce communiqué   invitent   les autorités maliennes à «  achever dans l’immédiat le processus d’élaboration de la Politique nationale migratoire en inscrivant dans les priorités : l’orientation, la protection, l’assistance de tous les Maliens de l’Extérieur ou souhaitant tenter leur chance ailleurs ; les initiatives de préparation/qualification des candidats à la migration ; les actions de développement des régions afin que les personnes ne soient pas obligées de migrer « .

Enfin, ils adressent leurs condoléances   attristées aux familles des   nombreux disparus.

Le Ministre Abdourahamane Sylla à propos des aspects dramatiques de l’Immigration irrégulière : « Nos compatriotes migrants se retrouvent à survivre dans des conditions précaires, dégradantes et dépourvues de toute humanité »

Modibo KONÉ – Nouvel Horizon – 6 août 2014 à 08:17 AM         

Hier mardi 05 aout 2014, le Ministre des Maliens de l’Extérieur, M. Abdourahamane Sylla, a animé une conférence de presse pour édifier et sensibiliser l’opinion nationale sur les aspects dramatiques de la migration irrégulière. La conférence a porté sur les conditions de vie des migrants maliens en situation irrégulière en Italie, la problématique des enfants migrants mineurs, la situation des maliens en République Centrafrique, la situation des maliens en Libye, et le naufrage de l’embarcation partie de Tripoli survenu le 27 juillet 2014 près des côtes libyennes, etc…

Le Ministre Sylla a commencé par souligner que le Mali, de par l’histoire de son peuplement et sa position géostratégique, est un pays de vieille tradition migratoire. Il a indiqué que le recensement général de la population et de l’habitat de 2009 précisent que les données démographiques sont caractérisées par un taux d’accroissement naturel de 3,6 % avec une forte proportion de jeunes (environ 47,5 %) âgés de 0 à 14 ans, sur une population totale estimée à 14.528.662 habitants.

Toujours selon le Ministre, le dernier Recensement Administratif à Vocation d’Etat Civil indique que le nombre de maliens à l’extérieur est estimé à environ quatre millions, soit 30 % de la population malienne.

À ses dires, les raisons de l’émigration des maliens, irrégulière dans la majorité des cas, sont suffisamment étoffées et se résument à l’enclavement du pays, à l’insécurité environnementale et alimentaire, notamment les grandes sécheresse et les irrégularités de pluies. A cela, dit le Ministre, s’ajoutent une faible productivité des ressources naturelles, base de la croissance, et une insuffisance d’opportunités d’emploi traduites par le sous emploi dans le monde rural et le taux élevé de chômage des jeunes diplômés dont le nombre est estimé à 300.000, selon les sources du CSCRP 2012-2017.

DE VÉRITABLES DRAMES HUMAINS

Toujours selon le Ministre Sylla, avec l’accroissement de sa population, la détérioration des termes de l’échange (d’évaluation du franc CFA), le manque de ressources financières nécessaires aux besoins croissants des familles dans tous les domaines, un contexte international défavorable (crise économique de 2008) et la crise multidimensionnelle qui a frappé le Mali en 2012, le phénomène migratoire n’a cessé de croitre malgré tous les efforts fournis par l’État malien dans le cadre de lutte contre la pauvreté.

“Depuis 2005, le Mali est largement confronté aux conséquences désastreuses des migrations irrégulières. Les flux d’émigration n’étant pas organisés aboutissent généralement à des reconduites aux frontières, des rapatriements et des expulsions fréquentes et importantes. La migration quand elle est organisée, légale et régulière constitue un facteur de développement dans tous les domaines pour les pays d’origine, de transit et de destination”, a affirmé le Ministre Sylla.

Aussi estime-t-il qu’il est difficile aujourd’hui de disposer de statistiques fiables sur les flux d’émigration, néanmoins il indique à titre d’illustration que de 2002 à 2010 au total 54.719 migrants maliens ont été reconduits, selon les statistiques de la Délégation Générale des Maliens de l’Extérieur. La même source préciserait que cette situation s’est détériorée en 2011 à la suite des crises politiques survenues en Libye d’où ont été rapatriés 22.850 Maliens.

Le Ministre Sylla affirme que pour l’année 2014, à la date du 31 juillet, 2.101 maliens ont été rapatriés par leur gouvernement dont 1.891 de la Centrafrique, et le reste des pays comme la Libye, l’Espagne, le Congo Brazzaville et le Gabon. Par ailleurs, le Ministre a déploré le fait que de nombreux migrants soient détenus dans les prisons des pays de destination et/ou de transit dont 225 en Libye, 11 au Sénégal…

Pour attirer l’attention des maliens sur les risques liés à la migration irrégulière et pour ne pas alimenter davantage le réseau des passeurs le long des routes migratoires, mais sans remettre en cause la liberté de circulation qui est un droit fondamental universel, le Ministère des Maliens de l’Extérieur, en collaboration avec ses partenaires, a mené une campagne d’information et de sensibilisation soutenue et intensive contre les risques de la migration irrégulière.

“ Malgré tous les efforts, nous assistons régulièrement à de véritables drames humains sur les routes migratoires irrégulières au cours desquels de nombreux maliens perdent hélas la vie. Contre toute attente, nos compatriotes migrants quand ils réussissent leur dangereux périple se retrouvent à survivre dans des conditions précaires, dégradantes et dépourvues de toute humanité sans possibilité de retour digne au pays, comme c’est le cas en Italie.

Le constant le plus alarmant et le plus révoltant concerne la migration irrégulière des enfants mineurs par les parcours habituels en dépit des dangers, en violation flagrante de tous les textes qui régissent l’humanité”, a déploré le Ministre Abdourahame Sylla.

Pour endiguer le phénomène de la migration, le Ministre a confirmé que le gouvernement est dans la dynamique de mettre en place dans les zones de départ des projets producteurs qui assureront les revenus de ces populations. Aussi le département entend t-il mettre l’accent sur la communication et la sensibilisation pour mettre un frein à l’immigration irrégulière.

 

Naufrage d’une embarcation le 27 juillet : Les conséquences de la migration irrégulière au crible du MME

Bréhima Sogoba –  L’Indicateur du Renouveau – 6 août 2014 à 03:19 AM

Une semaine après le naufrage de l’embarcation partie de Tripoli le 27 juillet dernier près des côtes libyennes, le ministre des Maliens de l’extérieur, Dr. Abdrahamane Sylla a convié la presse pour livrer quelques informations sur la migration irrégulière au cœur de drames évitables.

Depuis 2002, le Mali est confronté aux conséquences désastreuses des migrations irrégulières. Les flux de migrations n’étant pas organisés aboutissent généralement à des reconduites aux frontières, des rapatriements et des expulsions fréquentes.

C’est pourquoi le ministère des Maliens de l’extérieur a rencontré hier, la presse pour informer l’opinion nationale et internationale sur le naufrage survenu sur les côtes libyennes, les conditions de vie des migrants en situation irrégulière en Italie, la problématique des enfants migrants mineurs, la situation des Maliens en République centrafricaine et en Libye.

« Aujourd’hui, il est difficile de disposer de statistiques fiables sur les flux de migration, aussi le nombre important de migrants de retour involontaire. Or, chaque fois que la migration est organisée, légale et régulière, elle constitue un facteur de développement dans tous les domaines pour le pays d’origine, de transit et de destination », a fait remarquer le ministre des Maliens de l’extérieur, Dr. Abdrahamane Sylla. Et de préciser que de 2002 à 2010, 54 719 migrants ont été reconduits au pays, selon les statistiques de la Délégation générale des Maliens de l’extérieur.

« La situation s’est détériorée en 2011 à la suite des crises politiques survenues en Libye d’où ont été rapatriés 22 850 Maliens. Cette année 2101 Maliens ont été rapatriés par le gouvernement dont 1891 de la Centrafrique. Et beaucoup sont détenus dans les prisons de destination et transit », a-t-il déploré.

Parlant du naufrage de l’embarcation partie de Tripoli survenu le 27 juillet dernier près des côtes libyennes, le ministre Sylla dira que 87 Maliens sur 110 passagers étaient à bord du bateau. « Selon nos investigations, le Mali déplore plus de 70 morts. Le gouvernement est à pied d’œuvre pour situer les responsabilités et donner un coup de frein à ses crimes », a annoncé le ministre.

Pour le ministre, les raisons de la ruée des jeunes vers l’immigration sont liées aux systèmes de production non adaptés à la réalité socioéconomique du milieu rural. « Le gouvernement, en collaboration avec la Délégation malienne des Maliens de l’extérieur et le Centre  d’information et de gestion des migrations (Cigem) mutualisent ses efforts pour une réinsertion socioéconomique des jeunes ruraux. Les jeunes ont besoin de revenus que les activités quotidiennes ne leur apportent pas », a-t-il assuré.

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