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Yoro Ould Daha, ex-terroriste emblématique…

by sur 14 août 2014

 Rien n’est simple au Mali !

L’armée française a jugé bon d’arrêter, chez lui à Gao, un « chef de guerre » du MAA dissident (des membres du Mouvement Arabe de l’Azawad qui se battent désormais aux côtés de l’armée malienne contre le MNLA), un ancien du MUJAO, en poste à Gao où il a sévi contre une population qui aujourd’hui le défend ; parce qu’il paye bien ? Ou parce que, réellement, il la protège des exactions d’un MNLA pourtant chassé de cette région ?

Le MUJAO est considéré comme un mouvement terroriste, mais qui, à travers des alliances familiales a fait souche dans toute la région de Gao.

Le MUJAO qui fait désormais cause commune avec Mockhtar Bel Mockhtar au sein des « Morabitounes », narco-trafiquants-terroristes sous couvert d’islam radical à géométrie variable…

Toujours est-il qu’en arrêtant le gaillard, la France a subi les foudres de la population de Gao, de l’armée malienne (qui l’accuse d’emprisonner un ennemi du MNLA) et de la justice puisqu’après quatre jours d’interrogatoire par l’armée française, il a été transféré à Bamako et quasiment aussitôt relâché.

Vous pouvez découvrir, ci-dessous, à travers les articles publiés durant deux semaines par la presse malienne (du 29 juillet, date de son arrestation jusqu’à ces derniers jours où il a abondamment répondu aux questions des journalistes) , toute la complexité de la situation… et de la lutte antiterroriste qui est désormais la priorité de l’opération Barkhane…

 

Yoro ould Daha

Yoro Ould Daha

L’ancien membre du MUJAO Yoro Ould Daha libéré

 Koulouba infos maliennes le 12 août 2014

La libération de Yoro Ould daha a été confirmée par une source sécuritaire du Mali sans donner plus de précision. Les accusations qui pesaient contre le présumé terroriste n’ont, semble-t-il, pas pu être démontrées. « Yoro Ould Daha a été libéré parce qu’on avait rien à lui reprocher », a déclaré sur RFI une personnalité politique proche de l’homme.

Selon une autre source l’arrestation de Yoro pourrait être due à une confusion avec Yoro Abdoul Salam, également membre du MUJAO. «Et c’est ce dernier qui aurait revendiqué les attentats contre les forces internationales dans le nord du pays », ajoute la même source.

Yoro Ould Daha était l’ancien chef de la police islamiste du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Mais depuis l’intervention de l’Opération Serval, il avait regagné les rangs du MAA (mouvement arabe de l’azawad). Le présumé terroriste aurait même participé il y a quelques semaines aux affrontements qui ont opposé ce mouvement au MNLA .

L’arrestation de Yoro Ould Daha avait suscitée beaucoup de polémiques et d’indignation dans la ville de Gao. Des jeunes ont même manifesté pour demander sa libération.

Selon Ousmane Cornew, expert en sécurité du Sahel, même si les circonstances de l’arrestation de Yoro Ould ont été confuses, c’est plutôt son revirement du côté du MAA qui a joué en sa faveur. « Déjà l’arrestation de ce monsieur était entourée de mystères. Ce sont les français qui l’ont arrêté et l’ont remis aux autorités maliennes. Mais aussi son positionnement déjà avec le mouvement arabe de l’Azawad qui serait proche du gouvernement pose problème côté malien quand à le maintenir en détention. Je crois bien que c’est peut-être, faute de preuve qu’on l’a libéré. Et je ne sais pas pourquoi le garder quand on n’a pas de preuves contre lui, d’autant plus que le monsieur vivait dans le nord tranquillement.

Quand au fait de se tromper de cible, je pense qu’on ne s’est pas trompé, on a bien arrêté le monsieur qu’on voulait arrêter. Peut-être, actif avant, aujourd’hui il a changé de fusil d’épaule, il est du côté de la partie malienne, c’est à cause de ça qu’il a l’estime et la faveur des maliens » 

En un mot : L’impossible justice au nord 

DAK – Par L’Indicateur du Renouveau – 13 aout 2014

Les aveux faits à la fin de sa détention par le célèbre Yoro Ould Dada font froid dans le dos. Celui qui aurait été arrêté par les militaires français par méprise donne finalement les preuves de sa culpabilité : il reconnaît avoir collaboré avec les terroristes pendant l’occupation des régions du Nord et évoque aussi ses relations avec les narcotrafiquants.

Un passé de crimes d’autant plus facile à assumer qu’il rappelle qu’il existe des centaines de Yoro Ould Dada dans tous les mouvements armés conviés aux pourparlers inter-maliens qui débutent ce 17 août à Alger. A commencer par les leaders d’Ançar Eddine recyclés par le HCUA, parmi lesquels des députés élus sous la bannière du parti présidentiel, qui paradent à Bamako aujourd’hui comme dans les couloirs des trafics à Kidal.

Aux organisations de défense des droits de l’Homme de se résoudre à accepter de passer par pertes et profits les crimes commis dans le Nord comme l’inacceptable carnage de soldats maliens à Aguelhok. Enfin, face à l’impossible justice, il faudrait peut-être se soulager avec l’impérieux pardon pour faire la paix 

Mali – Yero Ould Daha : « Le Mujao nous protégeait du MNLA »

 Jeune Afrique – 11/08/2014 à 17:53 Par Dorothée Thiénot, à Bamako

Yero Ould Daha, ancien cadre du Mujao à Gao, a rejoint le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), groupe armé opposé au MNLA qui participe aux négociations d’Alger en vue d’un accord de paix. Arrêté par les forces françaises, transféré à Bamako, il a finalement été relâché. Interview.

Jeune Afrique : quelles ont été les conditions de votre arrestation par la force Barkhane ?

Yero Ould Daha : C’était le jour de la fête de l’Aid el-Fitr. J’ai quitté la base militaire de Tarkint, où je dirige 200 hommes, pour Gao. À cinq heures du matin, plusieurs véhicules ont encerclé ma maison. Pendant quatre jours, les Français m’ont interrogé nuit et jour. Ils croyaient que j’étais responsable de l’attentat du 14 juillet, de l’enlèvement du personnel du CICR… Un soir, le colonel est venu : « Demain on t’amène à Bamako, dans deux jours tu seras relâché, et alors tu travailleras avec nous. » On m’a relâché. La loi m’a sauvé ».

Vous avez été un membre actif du Mujao. Pour quelles raisons avez-vous rejoint le mouvement ?

À l’époque, soit on s’appuyait sur l’armée, mais elle avait fui, soit on entrait dans le MNLA, soit on était avec les jihadistes. Leur chef, Ahmed Tilemsi, a été blessé. On l’a amené chez moi pour le soigner et le cacher. Après ça, ils m’ont recruté. Puis, le MNLA [Mouvement national de libération de l’Azawad, NDLR] a créé son espèce de gouvernement de l’Azawad. Nous les Arabes, on est pour le Mali alors on s’est battus contre le MNLA. Le Mujao nous protégeait des exactions de ce groupe. C’est deux ou trois mois plus tard que le mouvement a parlé de charia. Là, il n’y avait plus de MNLA, plus de Mali. Est-ce qu’on avait un autre choix ? À 80%, le Mujao est constitué de trafiquants, de commerçants, de gens qui cherchent de l’argent. On est des broussards !

Quels ont été vos rapports avec les chefs du Mujao, à l’époque ?

Ahmed Tilemsi, il nous faisait peur. On le connaît depuis la guerre contre les kounta (ethnie arabe), avant 2 000 : il avait volé nos armes pour les donner à Belmokhtar. Il est réapparu avec lui, en 2012. C’est un vrai terroriste. Belmokhar, lui, voulait toujours arranger les populations de Gao. C’est un homme très simple, très accessible, il dormait à même le sol, nous demandait de fermer les yeux sur certaines erreurs des habitants. Quant à Oumar Ould Amaha, il était à moitié fou, tous les jours il changeait de groupe ! Il disait qu’il voulait attaquer les États-Unis, mais il n’osait même pas se battre contre le MNLA.

Après votre fuite en Algérie, juste avant l’intervention Serval, vos deux maisons ont été détruites par les habitants, qui vous ont désigné comme membre actif du Mujao. Comment vous positionnez-vous par rapport à eux aujourd’hui ?

Les Maliens me considèrent comme leur frère. Le MAA a toujours été pour le Mali. Ma maison a été pillée, c’est vrai. Tout le monde fait des erreurs. Moi aussi. Maintenant j’ai rejoint le MAA, depuis quatre mois. Je ne suis pas un terroriste. Tous ceux qui étaient avec Iyad Ag Ghali sont aujourd’hui au HCUA [Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, NDLR] et au MNLA. Ils n’ont pas de problème. Pourquoi la France est-elle contre nous, pourquoi aide-t-elle le MNLA ? On se demande si les Français ne donnent pas nos positions au MNLA. On a signé un accord de cessez-le-feu avec le MNLA, mais ils continuent d’attaquer nos bases.

Comment expliquez-vous les divergences actuelles, au sein du MAA ?

Une partie du MAA a rejoint le MNLA. Les conflits étaient déjà présents du temps du Mujao. C’est pour des histoires de drogue, de valeurs, de politique. Ceux qui sont passés avec le MNLA étaient dans le groupe « Salah ad-Din », lié au général Ould Maidou, au narcotrafiquant Awainat, et à Sultan Ould Badi. C’est lui qui avait l’otage Gilberto Rodrigues Léal, il avait fait transiter par Gao. Moi, j’étais avec la brigade « Oussama Ben Laden », d’Ahmed Tilemsi. Je travaillais avec des narcotrafiquants rivaux, avant l’arrivée même du Mujao.

Quelle est maintenant votre position par rapport aux forces internationales présentes dans le nord ?

La Minusma travaille beaucoup avec nous. Les Hollandais [dont les forces spéciales sont présentes dans la zone, NDLR] viennent souvent à notre base, on travaille ensemble. Seuls les Français semblent nous considérer comme des ennemis. Ils m’ont pris quatre fois. Mais je leur montre mon ordre de mission, et ils me laissent circuler. Tout le monde est armé. Les militaires ferment les yeux.

Si vous n’obtenez pas satisfaction lors des négociations, un alignement de certains combattants du MAA à la cause jihadiste vous paraît-il possible ?

Nous sommes un groupe armé. Belmokhtar est un terroriste. Il est contre nous. Peut-être que trois ou quatre éléments pourraient être tentés de le rejoindre, par frustration, mais je ne crois pas. Nous sommes pour le Mali. Nous ne nous battrons pas contre la France. La France est notre dernière chance. 

Libre depuis le Mercredi Dernier, le Combattant Yoro Ould Daha témoigne de son odyssée avec La France : « L’Armée française m’a proposé de rejoindre le MNLA »

 Propos recueillis par A. KEITA – Le Témoin du 11 Août 2014

 De son vrai nom Sid’Amar Ould Daha alias Yoro, l’ancien combattant du MUJAO, arrêté par les Forces françaises basées à Gao puis remis à la Gendarmerie malienne, a été libéré finalement sans la moindre charge judiciaire retenue contre sa personne.

Il séjourne pour l’heure dans un quartier huppé de la capitale, mais ne tardera certainement pas à regagner ses positions militaires, après qu’il se sera remis de séquelles physiques et morales de quatre longues journées d’incarcération par l’ancienne ‘Opération Serval’.

L’intrépide guerrier du trio loyaliste MAA-CMFPR-IMGHAD porte encore une balle non extraite à l’épaule gauche et s’estime en devoir d’éviter le triomphe du séparatisme dans son pays. Quoiqu’il ait été assailli de propositions très alléchantes de la part de ses geôliers.

Le Témoin : Comment votre arrestation est survenue ?

OULD DAHA : Permettez-moi de rappeler d’abord que la base que je commande à Tarkint a souvent reçu la visite des éléments de la Minusma dont des Français, des Hollandais, des Allemands, etc.

Leur passage consistait à roder autour de nos positions comme si c’était leur propre base ou à nous survoler à bord de leurs avions. Bref, j’étais sur la ligne de front jusqu’à la dernière attaque du Mnla contre nos positions. Blessé, j’ai souvent conduit certains de mes éléments blessés à l’Hôpital de Gao sans être moi-même admis, bien que j’aie reçu une balle à l’épaule gauche.

À l’occasion de la Fête de Ramadan, j’ai décidé de prendre un répit pour fêter à Gao aux côtés de ma vieille maman très malade. C’est là que j’ai reçu la visite, au lendemain de la fête, très tôt le matin, d’une bonne dizaine de véhicules blindés et de BRDM mobilisés par l’Armée française. Ils ont encerclé notre domicile, frappé aux portes des concessions voisines pour les intimider.

 Et comment avez-vous réagi ?

Je pouvais les voir venir depuis notre étage d’où je suis aussitôt descendu pour voir ma mère. Compte tenu de son état de santé fragile, j’ai tenu à la rassurer. Je lui ai dit que les Français sont venus pour moi mais qu’il n’y aura rien de mal. Je les ai attendus au rez-de-chaussée une quarantaine de minutes environ avant que leurs recherches ne les conduisent enfin à notre porte. Quant ils ont prononcé mon nom, je leur ai aussitôt répondu que c’est bien moi “Sid’Amar Ould Daha dit Yoro”. Le chef de l’opération, un Colonel français, m’a dit qu’ils ont tout juste besoin de moi pour une heure ou deux heures maximum. Parmi ses compagnons se trouvait un arabophone, qui a même rassuré ma mère qu’il ne m’arriverait aucun mal. C’est ainsi que j‘ai été ainsi embarqué à bord d’une V8 blanche et conduit au camp des Français pour quatre longues journées et non les deux heures promises. Au camp, après m’avoir fait décliner mon identité, ils se sont beaucoup intéressés à mon statut de chef militaire du MAA loyaliste et m’ont longuement interrogé sur mes préférences.

Que vous a-t-on concrètement demandé ?

Ils m’ont demandé pourquoi j’ai choisi mon camp et non celui du Mnla, pourquoi je suis un loyaliste et non un allié des séparatistes, etc. Ils m’ont aussi dit, au passage, que si j’étais avec le camp adverse on n’aurait pris l’Azawad ensemble et que j’ai plus de chance avec eux qu’avec l’Etat du Mali. Je leur ai répliqué que je suis avant tout Malien et non Azawadien. J’ai aussitôt compris que toute leur agitation était motivée par la question de l’Azawad.

Et que vous a-t-on spécifiquement reproché ?

Effectivement, ils m’ont fait savoir que j’étais l’objet de soupçons pour l’attaque-terroriste du 14 juillet à Tangara, mais en reconnaissant que leurs enquêtes n’ont pas permis de prouver que j’en suis commanditaire. Ils m’ont dit que j’étais aussi soupçonné pour l’attaque contre une mission de la Croix Rouge. Là également, ils m’ont avoué que leurs recoupements auprès des autorités algériennes (l’interviewé est aussi citoyen algérien, ndlr) n’ont rien prouvé. Dernière accusation : ils m’ont dit que je serais également responsable des persécutions et exactions commises contre les populations de Gao, que j’ai amputé des mains, etc. Je leur ai dit que les populations de Gao sont là pour en témoigner et que les autorités maliennes auraient pu me le reprocher.

Quelle appréciation faites-vous de votre traitement en détention ?

J’estime que j’ai été globalement bien traité pendant ma détention. On me servait constamment à manger que je refusais moi-même de consommer en me contentant seulement de boire. Un médecin a été mis à ma disposition pour m’interroger tout le long des quatre journées passées dans ma cellule sans fenêtre de trois mètres sur quatre, constamment gardée par une sentinelle. Il nous arrive même mon médecin d’échanger des blagues quand il n’y a plus de question à me poser. Mais j’ai été assailli des mêmes questions jour et nuit et pendant tous les quatre jours.

Comment avez regagné Bamako ?

Lorsqu’ils en ont décidé, le colonel m’en a fait part la veille. Ils m’a rassuré qu’ils ne retiennent rien contre moi et qu’ils vont devoir me remettre à l’Etat malien. Il a en outre ajouté qu’il sait que les autorités maliennes étaient avec moi et que je serais libéré au plus tard deux jours plus tard. Il m’a proposé de collaborer avec lui après ma libération. Je lui répondu que je suis très fatigué parce que j’ai passé quatre jours à boire sans manger, mais j’avoue que j’ai plutôt bien dormi la nuit, quand j’ai appris que Bamako est ma prochaine destination.

Avant le voyage de Bamako, ils m’ont porté un casque dès le matin de bonne heure, de sorte que je ne puisse rien voir ni entendre. Nous avons parcouru une distance de deux heures avant d’emprunter un avion à l’Aéroport de Gao. Quand on m’a ôté le casque, je me suis brusquement retrouvé dans une pièce en face d’un officier avec les couleurs de la République du Mali. J’en ai eu l’assurance que c’est bien à Bamako que j’ai atterri et non à Paris. J’ai été ensuite conduit au camp I de la Gendarmerie où je suis resté avec les seules menottes jusqu’à ma libération.

Comment avez-vous vécu l’épisode du Camp I ?

A la gendarmerie du Camp I, j’ai été surtout interrogé sur les raisons de mon arrestation et mes liens supposés avec la persécution des populations de Gao. Mais, je pense que depuis mon arrestation, tout le monde a compris que les motivations avaient trait à l’aide de la France à la cause de l’Azawad, aux tentatives d’adhérer les autres mouvements armés à la même cause. Les accusations d’exactions contre les populations ne sont donc que des alibis car à Gao aussi il y une justice et des procureurs auraient pu se charger de mon affaire. Ils ont choisi de m’amener jusqu’à Bamako, ce qui n’est d’ailleurs pas normal, de mon point de vue. Néanmoins, je rends grâce à Dieu car au Camp I j’ai été bien traité avant d’être libéré par un juge qui n’a rien retenu contre moi.

 Vous reprochez- vous réellement d’avoir persécuté les populations de Gao ?

 Non !

 Quel rôle avez-vous donc joué au Mujao ?

Tout le monde me connait à Gao. Du temps du Mujoa personne n’avait le choix, que l’on soit Bambara, Sonrai, Arabe ou Touareg. Les terroristes d’Al Qaida étaient venus par le biais de leur allié du Mnla et on n’avait le choix, nous commerçants entre rentrer à Bamako avec l’armée malienne, suivre les séparatistes du Mnla ou adhérer au Mujao.

Personnellement, j’ai choisi comme la plupart des jeunes de Gao, de suivre le Mujao sans même savoir de quoi il s’agissait. Si des gens ont séquestré les populations c’est certainement la police ou la justice islamiste : l’une était chargée du maintien d’ordre, l’autre de prononcer les sentences d’amputation et de lapidation, etc. Je n’appartenais ni l’une ni à l’autre ; j’étais un simple combattant du Mujao. Les responsables des exactions sont connus de tous les habitants de la ville.

Etes-vous prêt à accepter l’offre de collaboration que vous a faite le colonel de l’Armée française ?

Je n’ai rien contre la France, mais je ne sais pas pour quelle raison je vais collaborer avec elle. Moi, je suis Malien alors que la France c’est le Mnla. Moi, je suis contre le Mnla. Je suis prêt à collaborer pour aider à combattre le terrorisme, mais contre les intérêts de mon pays je préfère seulement une cohabitation pacifique avec la France. Je suis néanmoins disposé à répondre devant la justice si quelque chose m’est reproché, mais dans le cas contraire, je désire la paix avec la France.

Quelle preuve détenez-vous des liens entre la France et le Mnla ? Intervient-elle dans les combats ?

Pendant les combats leurs avions tournent au dessus de nous sans intervenir. Nous savons cependant qu’ils livrent des renseignements à l’ennemi sur nos positions et coordonnées.

Lors des derniers affrontements, par exemple, nous étions à deux kilomètres des positions du Mnla. Notre situation leur ayant été donnée, ils pensaient nous surprendre dans le sommeil en avançant vers nous à pied. Entre temps, nous avions avancé d’un kilomètre à leur insu. Ils sont venus tomber dans notre embuscade en essuyant des pertes jusqu’à concurrence de quarante-cinq combattants tués sur le coup. Un de leurs combattants fait prisonnier a d’ailleurs avoué que nos positions leur avaient été données. Il n’y a pas de preuve évidente, mais tout le monde est convaincu que seules les Forces françaises disposent des moyens de leur fournir les renseignements nécessaires.

 Comment avez-vous appris le métier des armes ?

Ici au Mali. Depuis la rébellion de 1991 toutes populations du Nord connaissent les armes. J’ai donc commencé ma formation pendant que je n’étais qu’un enfant, dans le sillage de cette rébellion. Et, comme vous le savez certainement, nous avons rarement connu une année de tranquillité depuis 1991. Pour ma part, je n’ai jamais combattu l’armée malienne. Mais, j’ai été de tous les combats entre Arabes et Kountas ; j’ai participé également au combat entre Arabes et Ganda-Koy. A mon enrôlement par le Mujao également, j’ai suivi leur formation en tant que recrue.

Qu’allez-vous faire maintenant que vous êtes libre ?

Je suis trop fatigué. Avant mon arrestation j’ai passé 21 jours de combat ininterrompu à Tabankort. Pendant ma détention je me suis imposé un régime d’eau sans nourriture. Depuis ma libération je ne fais que dormir ; je suis au lit depuis la prière du crépuscule jusqu’à trois heures du matin. Je vais rester pendant quelques jours à Bamako auprès de mes parents et proches, mais je ne vais pas tarder à regagner le front et mon poste de commandement. Je dirige un contingent d’une vingtaine de véhicules soit deux centaines de combattants qui m’attendent avec impatience.

Mali : Capturé par les forces françaises, un ancien cadre jihadiste a été libéré à Bamako

 Posté dans Afrique, Opérations par Laurent Lagneau Le 10-08-2014

Fin juillet, Yoro Ould Daha, un ancien cadre du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) avait été arrêté à Gao (Nord du Mali) par les militaires français de la force Barkhane.

 Avant l’opération françaises Serval, lancée en janvier 2013 pour chasser les groupes jihadistes (Mujao, al-Qaïda au Maghreb islamique, Ansar Dine) qui s’étaient établis dans le nord du Mali, Yoro Ould Daha fut le chef de la police islamiste de Gao, avant de se faire oublier.

Comme de nombreux jihadistes, à l’image de ceux d’Ansar Dine qui ont rejoint les rangs du Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), Yoro Ould Daha s’est rapproché d’une branche dissidente du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA).

Ces organisations font partie des groupes armés qui ont signé dernièrement, à Alger, un accord de « cessation des hostilités » avec Bamako. En clair, ceux qui s’étaient compromis avec les jihadistes redeviennent fréquentables pour peu d’avoir rejoint un mouvement qui négocie avec Bamako sur le statut du Nord du Mali.

Or, c’est apparement pour cette raison que Yoro Ould Daha a été relâché par les autorités maliennes. « Nous l’avons effectivement élargi. A ce stade, nous n’avons rien à lui reprocher », a affirmé un officier de la gendarmerie malienne à l’AFP. « Il ne constitue pas un danger pour le moment, mais évidemment, nous veillons au grain », a-t-il ajouté.

Une autre raison pouvant expliquer cette libération tiendrait au respect des procédure. C’est qu’avait laissé entendre un proche du ministre malien de la Justice. « Il [ndlr,  Yoro Ould Daha] est accusé d’être du Mujao, d’avoir commis des exactions, mais aucune enquête n’a été menée », expliquait-il, il y a quelques jours, à RFI. « Pourquoi les soldats français l’ont arrêté, on ne sait pas. Il y a des services de gendarmerie et un procureur à Gao, (mais) Serval n’a prévenu personne ni avant ni après. Le cadre judiciaire malien n’a pas été respecté », avait-il ajouté.

Arrêté le 29 juillet par les forces françaises : Yoro Ould Daha libéré faute de preuves contre lui

 Abdoulaye Diakité – Par Malijet – 10 août 2014

Les forces françaises de l’Opération Barkhane avaient arrêté avec déploiement de grands moyens Yoro Ould Daha le 29 juillet 2014 à Gao sous le charmant prétexte qu’il est commanditaire de l’attentat suicide qui a couté la vie à l’un des leurs, le sous-officier Dejvid Nikolic. Contrairement au respect des principes de la souveraineté, l’homme avait passé plusieurs jours dans les mains des forces françaises sans que celles-ci ne le remettent aux autorités maliennes. Il a donc fallu la pression des populations de Gao et les forces d’auto-défense voire de l’armée malienne pour que cela soit fait.

L’armée française appuyait ses soupçons avec le fait que Yoro Ould Daha a un passé commun avec le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Donc un potentiel terroriste aux yeux des soldats français.

Faux, avait rétorqué la partie malienne. Les mouvements d’auto-défense, les populations de Gao voire l’armée malienne avaient plutôt vu en cela une manière pour la France de voler au secours de son « protégé » de MNLA dans la mesure où Yoro Ould Daha, après le Mujao, est devenu chef militaire du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) pro-gouvernemental lequel mène un combat farouche contre le MNLA dans ses velléités offensives sur le Nord du Mali.

On se rappelle que le MAA pro-gouvernemental qui lutte pour l’intégrité territoriale du Mali a infligé de lourdes pertes humaines et matérielles au mouvement séparatiste Touareg dans les localités de Tabankort, Anefis, Almoustrat, où l’armée malienne n’est plus présente.

Mis donc en difficulté, le MNLA a été obligé de faire appel à l’aide de son « parrain » la France pour arrêter le chef militaire du MAA. Le moyen fut trouvé de mettre une relation avec la mort du 9e soldat Français, le sous-officier Dejvid Nikolic. Un vrai prétexte charmant !

Finalement remis aux autorités maliennes le 1er août, Yoro Ould Daha a été immédiatement transféré à Bamako où il séjournait au Camp 1 de la gendarmerie. Après un interrogatoire de quelques jours, Yoro Ould Daha surnommé Héros, a été finalement libéré le jeudi 7 août 2014 faute de preuves contre lui.

«Nous l’avons effectivement élargi. A ce stade, nous n’avons rien à lui reprocher », a affirmé un responsable de la gendarmerie nationale. Interrogée sur le danger présenté par celui-ci, la même source a répondu : «Il ne constitue pas un danger pour le moment, mais évidemment, nous veillons au grain. Tout comme certains Touareg maliens avaient intégré le groupe islamiste Ansar Dine, avant de passer sous les couleurs du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), et sont aujourd’hui fréquentables, Yoro fait partie des Arabes qui étaient membres du Mujao, qui ont intégré aujourd’hui une aile du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) ».

D’aucuns attribuent cette libération au fait qu’on aurait confondu Yoro Ould Daha à Yoro Abdoul Salam qui serait le vrai terroriste. Dans tous les cas, Yoro Ould Daha est désormais libre. La France appréciera.

YORO OULD DAHA EST LIBRE…NOTRE JUSTICE PAS

 Par Malijet – Ibrahim KEITA – 9 août 2014

A l’occasion de son arrestation par Serval à Gao, au lendemain de l’Aïd, puis de sa détention par la gendarmerie malienne à Bamako, des articles aux élans « patriotiques » ont fleuri, prenant la défense de Yoro Ould Daha, de manière souvent peu subtile voire totalement naïve.

Promu au rang de héros grâce à ses riches amis du Tilemsi et de Gao, criminels du MUJAO comme lui, Yoro, après un bref séjour en cellules VIP, viendrait d’être élargi. Voilà qui en dit long sur l’état de nos institutions « régaliennes » et de notre justice. CQFD.

Cet étonnant soutien scandé par nombre de mes confrères, une véritable ritournelle ces jours ci, ne laisse pas de m’interroger sur leurs motivations profondes. Qui est ce Yoro si on recoupe toutes les informations déversées à son sujet ? Tour à tour djihadiste sanguinaire, homme d’affaire « respectable » et même, c’est un comble, chevalier servant acquis à la cause de la défense du peuple malien. Ce mélange des genres serait le point de départ idéal pour une œuvre romanesque de vaste ampleur s’il n’était pas nauséabond et factice.

Car, faire de ce personnage une gloire nationale, c’est aller bien trop vite en besogne tout en occultant de manière incompréhensible des pans tragiques de notre histoire récente.

Mais comment faire table rase d’un trait des souffrances abjectes causées par cet individu à nos compatriotes. Le manque d’empathie et de compassion de certains commentateurs me fait douter de leur qualité intrinsèque de citoyen malien. D’ailleurs sur le terrain, on note que ce sont les notables complices et intéressés, et les chefs de clan, qui voient d’un mauvais oeil cette arrestation. Et ils sont bien souvent relayés sans aucune précaution par nombre de mes confrères. Tandis que la population, directement touchée, semble pour le moins nettement plus nuancée, voire souvent favorable à son incarcération, malgré les menaces sourdes, les alliances tribales de circonstance ou même les multiples prébendes distribuées pour laver et guérir les mémoires meurtries. 

Beaucoup de commentateurs en profitent également pour s’en prendre à la France et souligner son soutien aux bandits du MNLA. Depuis l’aube de la colonisation, les français idéalisent les touarègues et ne comprennent pas à quel point les « hommes bleus » sont divisés et incapables d’administrer la moindre région. C’est un fait. Au point que même Serval a dû quitter Kidal ! Les français n’ont pas la même attitude aveugle vis-à-vis des arabes du MUJAO ? La belle affaire. Les intérêts de l’Elysée ne sont pas toujours ceux de la Koulouba. Qui s’en étonnerait ?

Mais je trouve que beaucoup ont la mémoire très courte, on passe sans s’arrêter sur le passé (récent) d’équarisseurs de Maliens de Yoro, sans noter que sans l’intervention de la France, Yoro serait venu couper nos mains et nos pieds, et ceux de nos enfants, jusqu’à Bagadadgi.

Vous parlez d’un rempart de la souveraineté de Bamako, par quelle tour de force en arrive-t-on à le défendre ? Pense-t-on en avoir fait un parfait mercenaire acquis à nos intérêts ?  Alors est-ce de la naïveté ou de la malveillance qui anime mes confrères rédacteurs qui se commettent dans la défense inconditionnelle du MUJAO et se compromettent sans fin dans ce psittacisme de mauvais aloi.

Mais réfléchissez bien ! Le soutien indéfectible que l’on apporte à Yoro, et à travers lui au MAA-MUJAO, ce n’est ni plus ni moins la même chose que de s’en remettre à eux pour tenir nos marches du Nord. Au-delà de l’aveu de la faiblesse insigne de nos forces armées, nous laissons entrer le loup dans la bergerie.

Les français soutiennent le MNLA au détriment du MUJAO, certes oui. Et pourtant, que risque-t-on vraiment ?

Même si Barkhane finit par arrêter tous les criminels de guerre du MUJAO comme Yoro, Paris jamais ne permettra aux criminels Idnans et Ifoghas de sortir de leur glacis, même pour mener le moindre de leurs funestes rezzous, seule action militaire d’envergure dans leurs cordes. C’est ainsi, et vous le savez tous.

Alors, je dis halte à la collaboration avec nos tortionnaires djihadistes, refusons cette danse de mort avec le diable. Nous avons l’avantage infini que les français ne permettront pas que les arabes ou les touarègues salafistes quittent leurs contrées désertiques pour nous asservir. Ils nous le doivent bien, même si tout malien véritable devrait s’étrangler de honte et de fureur devant l’impuissance de nos forces armées. Mais cela est une autre question, même si c’est la plus fondamentale de toute.

Ce sont les français qui ont dessiné nos frontières, et par là même nous ont obligés à vivre ensemble. Ce sont eux aussi qui ont pris la tragique initiative de déchaîner le chaos en Libye, provoquant le déversement d’armes de guerre dans les bras des djihadistes de toute obédience, et provoquant en particulier le retour des mercenaires touarègues aguerris et désœuvrés, en quête de nouvelles causes et de nouveaux subsides.

Oui, ils nous doivent bien cette protection. Mais IBK et ses sbires ont cru qu’ils pourraient en retirer impunément un bel accroissement de leurs parts de marchés dans les divers trafics qui gangrènent le nord du pays. Et surtout qu’ils pourraient se passer de tractations et de dialogues pour assainir la situation politique. Quel aveuglement de ce régime en capilotade, Serval a montré lors des événements de Kidal au mois de mai que Paris attendait un véritable dialogue politique entre les protagonistes, et non pas une simple guerre de clans mués par leur seule avidité.

Cessons donc ces collusions assassines.

N’oublions pas non plus que les djihadistes du MUJAO viennent mettre à mal notre Islam malékite, à la fois universel, tolérant et empreint de sagesse, avec leurs préjugés rigoristes et leur haine rentrée. Ils veulent tout simplement nous faire sortir de l’histoire avec nos traditions ancestrales et notre culture magnifique. Même si certains, à l’image de M. Nicolas Sarkozy, pensent encore que nous n’y sommes pas encore rentrés dans l’Histoire. Mais ceux là mêmes ont montré début 2011 qu’ils ne comprenaient eux-mêmes rien au sens de l’Histoire véritable. 

Pour en finir avec Yoro Ould Daha, je dirais que quoi qu’il arrive, ses jours sont comptés. Si Serval l’a arrêté ce n’est pas pour régler des peccadilles, mais parce qu’il est soupçonné d’avoir pris part à l’attentat qui a coûté la vie à un soldat français le 14 juillet dernier. Mais également pour son implication présumée dans un enlèvement. Cela commence à faire beaucoup pour un seul homme, même si l’homme en question est le sicaire d’Hanoun, Mataly et Rougy, donc plus occupé à mettre le trafic de drogue local en coupe réglée plutôt qu’à lutter contre les incursions poussives des bandits du MNLA, qui soit dit en passant ne veulent eux-mêmes qu’une plus grosse part du gâteau. 

Si Yoro a été transféré à nos forces de gendarmerie au bout de quelques jours seulement, c’est probablement que les français, à leur niveau, ont obtenu quelque chose de significatif en échange. Quoi, je n’en sais rien mais nous finirons bien par l’apprendre. Quel complice du MUJAO, ou rival, de Yoro va subir les foudres de Barkhane 

Maintenant que Yoro a été libéré par le procureur et les pandores, de deux choses l’une : soit le djihadiste a trahi ses amis, soit ses amis ont obtenu la bonne grâce de Koulouba. 

Mali: l’ancien membre du Mujao Yoro Ould Daha relâché

 par RFI – 9 août 2014 à 07:04 AM

 Yoro Ould Daha, ancien membre du Mujao à Gao pendant le règne des jihadistes, a été relâché par les autorités maliennes. Il avait été arrêté la semaine dernière à Gao dans le nord du Mali par les forces française de l’opération Barkhane, puis remis aux autorités maliennes.

 « Yoro Ould Daha a été libéré parce qu’on n’avait rien à lui reprocher ». C’est un député malien et proche de l’homme qui parle. La libération de l’ancien membre influent du Mujao à Gao est confirmée de source sécuritaire malienne. La semaine dernière, les Français de l’opération Barkhane avaient déployé de grands moyens pour l’arrêter dans le quatrième quartier de Gao, la principale ville du nord du Mali. 

Mais pourquoi libérer un membre du Mujao, mouvement islamiste qui rappelle de mauvais souvenirs ? Explications d’un interlocuteur bien introduit au Mali : tout comme des combattants touareg du groupe islamiste Ansar Dine ont migré à un moment vers le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, des combattants du Mujao comme Yoro Ould Daha, ont intégré une aile du mouvement arabe de l’Azawad et sont tous devenus fréquentables.

Avant le lancement de l’opération militaire française Serval, en janvier 2013Yoro Ould Daha était responsable de la police islamiste à Gao pour le compte du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest.

Enfin, l’homme craint par les populations de Gao à l’époque a peut-être été remis en liberté parce que le plus dangereux Yoro du Mujao recherché actuellement s’appelle Yoro Abdoul Salam. Ce dernier a revendiqué des attentats contre les forces étrangères dans le nord du pays.

Le Mali relâche un ex-responsable jihadiste arrêté par les militaires français

 AFP – Par Libération – 8 août 2014

Un ancien responsable du Mujao, un groupe islamiste armé, arrêté la semaine dernière à Gao, dans le nord du Mali, par les militaires français de l’opération Barkhane, a été relâché par la gendarmerie nationale malienne, a appris vendredi l’AFP de sources concordantes.

«Mon parent Yoro Ould Daha a été libéré jeudi par la gendarmerie. Les gendarmes ont affirmé qu’ils n’avaient rien à lui reprocher. Il est actuellement dans sa maison à Bamako», a déclaré à l’AFP Mohamed Ould Makhtar, un parent proche.

Selon la même source, son arrestation pourrait être due à une confusion avec Yoro Abdoulsalam, également membre du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest), qui a revendiqué dans le passé plusieurs attaques dans le Nord contre les forces internationales.

Fin juillet, les militaires français de l’opération Barkhane avaient déployé d’importants moyens pour arrêter Yoro Ould Daha, de nationalité malienne, qui fut membre de la direction du Mujao, avant l’intervention de janvier 2013 sous commandement français.

«Nous l’avons effectivement élargi. A ce stade, nous n’avons rien à lui reprocher», a affirmé à l’AFP un responsable de la gendarmerie nationale.

Interrogée sur le danger présenté par celui-ci, la même source a répondu: «Il ne constitue pas un danger pour le moment, mais évidemment, nous veillons au grain».

«Tout comme certains Touareg maliens avaient intégré le groupe islamiste Ansar Dine, avant de passer sous les couleurs du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), et sont aujourd’hui fréquentables, Yoro fait partie des Arabes qui étaient membres du Mujao, qui ont intégré aujourd’hui une aile du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA)», a ajouté cette source.

Le HCUA et le MAA font partie des groupes armés qui ont signé avec le gouvernement de Bamako en juillet à Alger un document sur la «cessation des hostilités».

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Ansar Dine et le Mujao ont contrôlé pendant près de dix mois le nord du Mali, d’où ils ont été chassés par une intervention internationale en janvier 2013 initiée par la France, l’opération Serval.

Cette opération a été remplacée en juillet par Barkhane, à vocation plus vaste et durable, sur l’ensemble de la zone sahélo-saharienne.

Arrestation de Yoro Ould Dah : les services de sécurité malienne agacés ?

 Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 1er Août 2014

Les services de sécurité malienne approuvent-ils l’arrestation de Yoro Ould Dah, ex-membre du mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique (Mujao) ? La question se pose, selon une source sécuritaire qui assimile l’homme à un « résistant ».

Sous l’occupation, Yoro Ould Dah était à la tête de la brigade de sécurité (police islamiste) du Mujao dans la ville de Gao. À l’évidence, ce serait l’homme qui ordonnait les sentences contre les « délits » en vertu de la charia (loi islamique) que les jihadistes visaient à instaurer au Mali. « Si dans un passé récent, Yoro Ould Dah fut un élément très actif du Mujao, il a complètement changé de camp depuis les opérations de reconquête des localités du septentrion malien », confirme une source au sein des services de sécurité du Mali.

Pour preuve ? Contrairement à ses collègues islamistes qui ont pris la voie du maquis, cet arabe est resté dans sa ville natale, Gao, où il exerçait le commerce avant l’invasion du nord par les groupes armés. C’est à son domicile au quatrième quartier de la cité des Askia qu’il a été appréhendé par les forces françaises, au motif de son appartenance au Mujao pendant l’occupation. « C’est en réaction à l’érection de la ville de Gao comme capitale de l’azawad par les indépendantistes touareg du Mnla [Mouvement national de libération de l’azawad, Ndlr], qu’il avait rejoint le Mujao au dessein d’organiser une contre offensive afin de chasser les indépendantistes de la cité des Askia », défend ses partisans.

Mieux, il est considéré au sein des services de sécurité malienne comme « chef de file d’une coalition arabe-Imghad, sonraïs et bellahs » qui s’oppose au Mnla depuis le 21 Mai 2014, après le retrait de l’armée malienne de Kidal. C’est à ce titre que beaucoup de personnes à Gao le percevraient comme « un résistant ». Ces affrontements qui se déroulent dans la vallée du Tilemsi (région de Gao) auraient fait plus d’une centaine de morts en quelques semaines et qui se sont soldés par la défaite du mouvement indépendantiste.

Cette arrestation semble faire grincer des dents. On estime qu’elle viserait à affaiblir la milice résistante afin de changer les rapports de forces en faveur du Mnla dans la perspective des négociations prévue le 17 août prochain à Ouagadougou, au Burkina Faso. « L’islamiste » est aujourd’hui « devenu le fer de lance » d’une milice opposée aux indépendantistes, donc favorable à l’État du Mali.

Cette thèse se trouve renforcée par la collaboration des forces françaises avec des cadres islamistes Touareg tels que Cheick Ag Haoussa, Bah Ag Moussa, Ibrahim Benna et Ibrahim Ag Wanassnett à Kidal. Cheick Ag Haoussa, chef de guerre du mouvement ançar eddine d’Iyad Ag Ghali, signataire, au nom du Haut conseil pour l’unité de l’azawad (Hcua), de l’accord de cessez-le-feu à Kidal au lendemain des affrontements qui ont opposé les groupes rebelles à l’armée malienne, le 21 mai dernier.

Capture de Yoro Ould Daha : les masques tombent

 Ibrahim Keïta – Par Malijet – Date: 01 Aout 2014

Par haine et crainte des bandits du MNLA, certains paraissent vivre comme un « drame national » l’arrestation de Yoro Ould Daha, chef militaire du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) dans la vallée de Tilemsi. Son arrestation par les forces de sécurité françaises intervient il est vrai dans un contexte particulièrement chaotique du côté de Gao.

Depuis les terribles événements du mois de mai, la région était sous la coupe d’une nouvelle autorité « officieuse », qui se substituait à celle de FAMA en déroute. Les liens entre les terroristes, le MUJAO en particulier, et le MAA ont été confirmés. Yoro nouveau héros du Mali ? Une triste blague qui en dit long sur l’état de notre pays et de notre armée !

Indéniablement, l’arrestation de Yoro Ould Daha est un grand coup de pied donné dans la fourmilière… par des forces de sécurité étrangères. Dans cette région allant d’Anéfis à Tarkint, l’autorité politique et militaire du MAA ne faisait plus de doute depuis longtemps aux yeux de la population. Au-delà des négociations officielles, l’objectif officieux de « la déclaration d’Alger »  du  10 juin 2014 consistait bien, pour le MNLA, le HCUA et le MAA, à se partager certaines régions du nord.

Comme par hasard, les péages fleurissent sur les axes commerciaux de ces zones, et les groupes armés s’enrichissent de nouveau. Dans ce « Yalta » à la sauce malienne, les bandits du MNLA auraient obtenu la région de Tessalit et ceux du HCUA la région de Kidal. Pour sa part, le MAA récemment revenu dans les négociations n’a pas été en reste puisqu’il a obtenu la région  stratégique de Tabankort  incluant les villes de Tarkint et d’Anéfis.

Dans cette zone concédée au MAA, la figure de Yoro Ould Daha avait émergé, dont la respectabilité était clairement sujette à caution. On parle d’un trafiquant arabe qui officiait jusque récemment en qualité de cadre influant du MUJAO et qui aurait joué un rôle au sein de la police islamique de Gao en 2012 dont il aurait martyrisé la population.

Ces dernières semaines ce criminel, ancien trafiquant rallié à la cause djihadiste, aurait aussi été impliqué dans un enlèvement. Son nouveau statut de chef militaire du MAA lui confère une respectabilité qui lui a permis de reprendre ses propres trafics avec la complicité des mafias locales, blanchi de ses crimes passés.

Communauté arabe malienne ne te laisse pas abuser. Bas les masques, vous les membres factices du MAA ! La banalisation de reconversions aussi inconcevables que celles du sinistre Yoro est une menace pour le Mali tout entier. Souvenons nous que sous ATT notre pays, comme le poisson, a pourri par la tête. Dans un État digne de la confiance de ses concitoyens les hautes autorités civiles et militaires se doivent de dénoncer de telles pratiques. Sont-elles trop fragiles pour assumer haut et fort leurs responsabilités ? Ont-elles des raisons cachées de ne pas le faire ?

Malfrats aux crapuleuses pratiques, traîtres au Mali venus du MNLA ou d’AQMI, vous ne pouvez pas vous recycler si aisément sans aucune impunité. Il faudra bien répondre un jour de votre passé devant la justice malienne, à défaut devant la justice divine… Le temps du « nettoyage » est venu, dont Yoro Ould Daha fait aujourd’hui les frais. En attendant Iyad, Najim et les suivants. 

Arrestation de Yoro Ould Daha par les militaires français : Un terroriste, selon les Français : Un résistant au Mnla, selon les populations

 Rassemblés par Baba SANGARÉ – 1 août 2014 à 09:03 AM – Nouvel Horizon

L’arrestation de Yoro Ould Daha dans la nuit du lundi 28 juillet au mardi 29 juillet 2014 par les militaires français à son domicile à son domicile au 4è quartier de Gao par les forces françaises, au motif de son appartenance au Mujao pendant les évènements tragiques de 2011-2012, va-t-elle constituer une “affaire” qui divise Français et Maliens? La question est d’importance, car si Yoro Ould Daha est considéré comme un terroriste par les Français, certaines populations de Gao le voient plutôt comme un résistant au Mnla. Selon Rfi Yoro Ould Daha “sera transmis ensuite aux autorités maliennes », qu’est-ce que celles-ci vont donc faire?

Dans la nuit du lundi 28 juillet au mardi 29 juillet 2014, Yoro Ould Daha, un ancien responsable du groupe islamiste armé Mujao à Gao, dans le nord du Mali, a été arrêté par les militaires français de l’opération Barkhane dans le nord du Mali, a-t-on appris de source proche du Gouvernement.

L’opération Barkane a succédé mi-juillet à l’opération Serval pour lutter contre les groupes jihadistes dans l’ensemble de la zone sahélienne.

Yoro Ould Daha « a été arrêté par les soldats français et sera transmis ensuite aux autorités maliennes », a-t-on précisé de même source.

Selon la radio RFI, Yoro Ould Daha était responsable de la police islamiste à Gao pour le compte du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) avant le lancement de l’opération militaire française Serval, en janvier 2013.

Ce responsable du Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a laissé de très mauvais souvenirs à la population de Gao pendant l’occupation jihadiste en 2012. Très actif responsable de la brigade de sécurité, la police islamiste, Ould Daha est accusé d’avoir participé aux différentes amputations à l’époque.

En juin 2012, commerçant influent, Yoro Ould Daha s’est transformé en chef jihadiste en prenant notamment la tête de la brigade de sécurité, la police islamiste, de la ville de Gao.

“C’était l’un des trois responsables de la ville, il a fait régner la terreur”, raconte un habitant. Agé de moins de 40 ans, membre de la communauté arabe, Yoro Ould Daha est accusé d’être à l’origine des amputations sur la place publique de Gao.

En janvier 2013, lorsque les soldats français de Serval reprennent la ville, le combattant disparaît, certains le disent même mort. Il n’en est rien, puisque Yoro Ould Daha a refait surface, ces dernières semaines, en se présentant comme le chef de guerre du Maa (le Mouvement Arabe de l’Azawad). Un groupe qui a participé récemment aux négociations d’Alger avec le Mnla (Mouvement National pour la Libération de l’Azawad) tout en combattant ce mouvement sur le terrain au sud de Kidal.

Toujours selon les informations de Rfi, les autorités françaises cherchent à savoir si Yoro Ould Daha est lié à l’attentat contre un convoi militaire français le 14 juillet dernier. Un attentat à la voiture piégé dans lequel un soldat français avait perdu la vie.

UN RÉSISTANT AU MNLA, SELON CERTAINES POPULATIONS

Yoro Ould Daha et ses actions passées et actuelles sont perçues autrement par certaines populations de la région de Gao. Pour ces populations, si dans un passé récent, Yoro Ould Dah fut un élément très actif du Mujao et a participé activement à bouter le Mnla hors de la ville de Gao, il a complètement changé de camp depuis les opérations de reconquête des localités du septentrion malien. Il est devenu le fer de lance de cette milice arabe qui s’est alliée aux autres milices Imghad, peulh, sonraï et Bellah pour s’opposer aux velléités des indépendantistes du Mnla dans la vallée du Tilemsi et autres localités de la région de Gao.

Selon nos informations, Yoro Ould Dah est un arabe Lambar évoluant précédemment dans le commerce de produits alimentaires jusqu’à la conquête par les groupes djihadistes et le Mnla des trois régions du Nord du Mali, au premier trimestre de l’année 2012. Selon plusieurs sources, c’est en réaction à l’érection de la ville de Gao comme capitale de l’Azawad par les indépendantistes touareg du Mnla, qu’il avait rejoint le Mujao au dessein d’organiser une contre offensive afin de chasser les indépendantistes de la cité des Askia.

Actuellement, il est le chef de file de cette coalition arabe-Imghad, sonraïs et bellahs qui s’oppose au Mnla depuis le 21 Mai 2014, après le retrait de l’armée malienne de Kidal. Ces dernières semaines, Yoro Ould Dah a participé aux nombreux combats qui ont opposé cette coalition de résistants arabe, Imghad, sonraï au Mnla. Des affrontements qui se sont soldés par plus  d’une centaine de morts.

En tenant compte de cette opinion que les populations de Gao se font de Yoro Ould Daha et de ses actions de “résistance” au Mnla, les observateurs s’interrogent sur les réelles motivations des forces françaises en procédant à l’arrestation, ici et maintenant, du chef de file de la coalition arabe-Imghad, sonraïs et bellahs qui s’oppose au Mnla.

Cette arrestation vise–t- elle à affaiblir la coalition des milices afin de changer les rapports de forces en faveur du Mnla et permettre aux indépendantistes de prendre le contrôle de la vallée du Tilemsi avant la reprise des négociations  prévue le 17 août prochain à Ouagadougou?

En tout cas, il est difficile de comprendre les raisons de cette arrestation en ce moment précis par les forces françaises qui collaborent avec d’autres cadres islamistes Touareg à Kidal dont Cheick Ag Haoussa, Bah Ag Moussa, Ibrahim Benna et Ibrahim Ag Wanassnett. Et Iyad Ag Ghaly.

Les autorités maliennes vont-elles suivre les forces françaises dans la “diabolisation” de Yoro Ould Daha ou vont-elles laisser le “résistant” exercer son devoir et droit citoyen de défendre sa communauté? 

Note d’Information sur l’arrestation de Yoro Ould Dah

 30 juil 2014 à 11:42 AM

 Une commission des  responsables des mouvements armés doit se réunir, ce mercredi 30 juillet à Gao, pour définir les contours de la mise en application du cessez le feu, signé le 24 juillet 2014 à Alger sous l’égide de la Minusma et la facilitation algérienne.

Les discussions se porteront sur la question du repli des combattants du MNLA sur ses bases initiales, avec le retrait de  ceux-ci de la localité d’Anefis ainsi que l’arrêts immédiats de toutes velléités offensives sur l’ensemble des régions du nord ; La libération par le MNLA de l’axe  routier Gao-Anefis-Tessalit – In Halid ; Et l’interdiction de toute forme d’agissement du mouvement séparatiste.

Cette rencontre va se faire dans un contexte de tension depuis l’arrestation, hier mardi, (29 juillet)  du chef de la milice arabe, Yoro Ould Dah à son domicile au 4e quartier de Gao par les forces françaises, au motif de son appartenance au MUJAO pendant les événements tragiques de 2011-2012.

Si dans un passé récent, Yoro Ould Dah fut un élément très actif du Mujao et a participé activement à bouter le MNLA hors de la ville de Gao, il a complètement changé de camp depuis les opérations de reconquête des localités du septentrion malien. Il est devenu le fer de lance de cette milice arabe qui s’est alliée aux autres milices Imghad, peulh, sonraï et Bellah pour s’opposer aux velléités des indépendantistes du MNLA dans la vallée du Tilemsi et autres localités de la région de Gao.

Yoro Ould Dah est un arabe Lambar évoluant précédemment dans le commerce de produits alimentaires jusqu’à la conquête par les groupes djihadistes et le MNLA des trois régions du Nord du Mali, au premier trimestre de l’année 2012.

Selon plusieurs sources, c’est en réaction à l’érection de la ville de Gao comme capitale de l’Azawad par les indépendantistes touareg du MNLA, qu’il avait rejoint le MUJAO au dessein d’organiser une contre offensive afin de chasser les indépendantistes de la cité des Askia.

Il est en outre le chef de file de cette coalition arabe-Imghad, sonraïs et bellahs qui s’oppose au MNLA depuis le 21 Mai 2014, après le retrait de l’armée malienne de Kidal. Yoro Ould Dah a participé aux nombreux combats qui ont opposé cette coalition de résistants arabe, Imghad, sonraï au MNLA. Des affrontements qui se sont soldés par plus  d’une centaine de morts.

Cette arrestation vise –t- elle à affaiblir la coalition des milices afin de changer les rapports de forces en faveur du MNLA et permettre aux indépendantistes de prendre le contrôle de la vallée du Tilemsi avant la reprise des négociations  prévue le 17 Août prochain à Ouagadougou?

En tout cas, il est difficile de comprendre les raisons de cette arrestation en ce moment précis par les forces françaises qui collaborent avec d’autres cadres islamistes Touareg à Kidal dont Cheick Ag Haoussa, Bah Ag Moussa, Ibrahim Benna et Ibrahim Ag Wanassnett.

Une localité de Kidal  qui connaît une accalmie relative et qui est sous le contrôle du HCUA dont les cadres multiplient des messages radiophoniques pour sensibiliser les populations au processus de paix et de réconciliation. Une mise en garde a été faite à l’endroit de la jeunesse précisant que chacun répondra désormais des ses actes une fois le rétablissement de la souveraineté totale du Mali sur la ville de Kidal 

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