Skip to content

Avant la reprise des pourparlers d’Alger

by sur 19 août 2014

La seconde phase des pourparlers sur le Nord doit débuter le 1er septembre à Alger.

Nous poursuivons aujourd’hui la publication d’articles ayant pour but de faire un point d’étape sur les difficultés qui s’annoncent et la manière dont elles peuvent être réglées.

Car chaque jour apporte sa pierre, plus ou moins bien taillée, plus ou moins bien ajustée…

Cette compilation d’articles de la presse malienne éclaire bien les enjeux et démontre l’extrême complexité de la situation… C’est peu de le dire !

Elle débute par un article de fond  de G. Drabo (une référence journalistique au Mali) sur le pragmatisme qui doit présider aux discussions et sur la vision d’avenir indispensable pour aboutir à une solution équitable et durable.

L’avenir politique au Mali : LE PRAGMATISME ET LA VISION

G. DRABO – L’Essor du 19 août 2014

Dans la conjoncture actuelle, certains protagonistes sont incontournables au Septentrion. Mais il faut se garder de renouveler les erreurs du passé

« En période de crise, les gens ont besoin de certitudes raisonnables ». L’axiome avait été professé par notre confrère du quotidien La Stampa, Luca Ricoffi, au tout début des années 2000 dans l’analyse qu’il faisait de réalités italiennes absolument différentes de celles que nous connaissons actuellement dans notre pays.

Mais son jugement pourrait être sans peine récupéré et appliqué à la situation très particulière que nous traversons depuis janvier 2012 lorsqu’a retenti le premier coup de semonce, annonciateur des bouleversements à venir. Aujourd’hui, ayant affronté des épreuves qu’ils auraient jugées inconcevables avant qu’elles ne nous accablent, nos compatriotes ont progressivement accepté une série de difficiles vérités. Ils ressentent également la nécessité d’acquérir de nouveaux repères pour s’orienter dans les réalités inédites qui vont être les nôtres pendant de longues années encore.

Ce dernier exercice doit cependant être mené sans verser dans l’excès. Il ne s’agit pas de remettre systématiquement en cause ce que nous ont apporté vingt-trois ans d’expérience démocratique, car une bonne partie de notre capacité de résilience en provient ainsi que l’a prouvé l’élection présidentielle de 2013 dont le climat apaisé avait étonné tous les observateurs et dont la réussite était allée au-delà des projections les plus optimistes.

Il ne s’agit pas non plus de minimiser l’importance des victoires remportées sur les djihadistes, car ces dernières restituent à notre nation le droit à l’avenir, quel qu’incertain que puisse être encore celui-ci. Enfin il ne s’agit pas de mettre en doute les ressources du vivre ensemble malien, soumis à très rude épreuve, mais qui ne s’est pas défait et qui offre jusqu’à présent le socle pour une patiente réconciliation des esprits.

Voilà quelques-unes des certitudes raisonnables que nous devrions apprendre à nourrir en ces temps où l’enchevêtrement brutal des événements incite fréquemment au désarroi. Mais d’autres convictions restent à forger. La plupart d’entre elles naîtront d’un effort d’évaluation critique de tout ce que nous avons enduré au cours des quatre-cinq dernières années. Le travail d’analyse et de réflexion sur les évènements et sur les phénomènes survenus dans la période ci-dessus citée reste encore partiel et malheureusement dispersé.

Mais tout incomplet qu’il soit, il dégage déjà un certain nombre d’évidences. Dont la première pourrait être le constat selon lequel les séquelles laissées par la dégradation catastrophique de l’autorité de l’Etat entre 2010 et 2012 sont beaucoup plus graves qu’on ne le pensait. Et que la rançon la plus lourde a certainement été et reste toujours payée dans notre Septentrion. Encouragé par l’effacement de plus en plus accentué de la puissance publique, un nouvel ordre des choses s’était en effet imposé au Nord du Mali. Avec ses hommes forts qui étaient devenus incontournables et intouchables. Avec ses réseaux d’influence qui ne faisaient mystère ni de leur existence, ni de leur poids. Avec son économie grise triomphante au point de ne plus craindre l’ostentation. Et avec, en toute logique, les entités armées qu’a secrétées le nouveau système.

LES ENTENTES TACITES ET ABRACADABRANTES.

La rébellion et l’occupation djihadistes sont venues accentuer davantage les effets « déstructurants » que ces phénomènes ont produits dans les Régions du Nord. Aujourd’hui que s’entament l’œuvre de reconstruction et les opérations de sécurisation, il est devenu quasiment impossible d’ignorer l’importance des mutations occasionnées et dont certaines seront difficilement réversibles, la profondeur de la déstabilisation infligée aux structures sociales traditionnelles et la complexité des réparations à apporter.

Les événements qui se sont succédé ces dernières semaines démontrent qu’au Septentrion, les réalités sur le terrain doivent être abordées avec pragmatisme, mais aussi vision et détermination.

Pragmatisme, parce que les limites actuelles de l’Etat malien et les lacunes de l’intervention internationale ne laissent d’autres choix que celui de s’accommoder de certains accompagnements à condition que ceux qui les proposent s’inscrivent dans la logique de l’unité nationale, de la paix et de la réconciliation.

Vision pour se garder de retomber dans les ententes tacites et abracadabrantes qui avaient vu l’Etat, dans un passé récent, abandonner à des milices les missions de défense et de sécurité qui auraient dû être réservées de manière inaliénable à nos forces nationales.

Détermination à maintenir fermement notre cap ultime qui est de faire reprendre par les FAMa aussi vite que possible les opérations de sécurisation du territoire national interrompues par les évènements de Kidal. En attendant que revienne la normalité souhaitée, il convient de gérer en toute lucidité et en toute vigilance ce que dans une précédente chronique nous désignions comme les « réalité changeantes du terrain » et que symbolise d’une certaine manière l’affaire Ould Daha.

Rappelons que le principal intéressé, aujourd’hui responsable au MAA, avait été interpelé par les forces françaises qui voulaient l’interroger sur son éventuelle implication dans l’attentat du 14 juillet dernier et qui l’ont finalement remis aux autorités maliennes. Relâché faute de charges retenues contre lui, Ould Daha avait tenu à se disculper entièrement dans deux interviewes. L’une passablement décousue accordée à Jeune Afrique. L’autre beaucoup plus habile et structurée, publiée par notre confrère, Le Témoin.

En lisant entre les lignes, il est facile de reconstituer le parcours de l’intéressé. Responsable dans une milice arabe et dédié à des causes sur lesquelles il ne s’est guère étendu, il a été ensuite un compagnon de route du MUJAO auquel il se serait rallié par instinct de survie, mais sans jamais – assure-t-il – avoir posé d’acte hostile aux forces armées maliennes. Aujourd’hui, le responsable du MAA se déclare farouchement opposé au projet d’autonomie qu’il prête au MNLA et dévoué à la défense des intérêts du Mali.

LOYALISTES DE LONGUE DATE.

La profession de foi de Ould Daha est à prendre pour ce qu’elle vaut. Mais l’attitude de l’intéressé résume parfaitement les trajectoires contradictoires que prennent souvent les intérêts de certains acteurs dans le Nord du Mali. Le MUJAO et AQMI avaient, eux aussi, exploité les relations mouvantes que les groupes armés entretenaient entre eux et avec les communautés.

Le premier pour capter des jeunes de communautés d’éleveurs séduits autant par les avantages financiers que par la protection offerte contre les voleurs de bétail. La seconde pour proposer au MNLA de l’aider à donner corps à sa « République de l’Azawad ». Le caractère fragile et souvent opportuniste de certaines alliances s’est encore vérifié après les succès remportés par l’opération Serval, lorsqu’une partie du MAA s’était insurgée contre les pillages perpétrés contre les commerçants arabes par les éléments se réclamant du MNLA, mouvement qui était pourtant son partenaire lors de la signature de l’Accord préliminaire de Ouagadougou. C’est à cette branche du groupe armé arabe qu’appartient Yoro Ould Daha.

Ces différents mouvements de pendule rendent-ils plus compliqués les pourparlers de paix ? Indiscutablement et on l’a déjà vérifié lors des discussions sur la feuille de route lorsque le HCUA et le MNLA ont refusé de s’asseoir à la même table que ceux qu’ils considèrent désormais comme des adversaires, c’est-à-dire le MAA tendance modérée et la Coalition du peuple pour l’Azawad (dissidence du MNLA dirigée par Ibrahim Ag Mohamed Assaleh).

Aujourd’hui, la tension monte d’un cran avec la formation du Groupe d’autodéfense touareg Imrads et alliés (GATIA). Qu’est ce qui a poussé les Imrads , loyalistes de longue date et alliés jusqu’ici silencieux, à se positionner comme une force distincte dans les négociations de paix ? Certainement pas la crainte de se voir négligés par l’Etat malien auquel son premier responsable, Fahad Ag Almahmoud, a réaffirmé son attachement. Plus probablement la rancœur d’avoir subi au lendemain du revers de Kidal les vexations et les représailles des groupes armés supposés «vainqueurs» sans que ne s’interposent vigoureusement les éléments de la MINUSMA. Plus probablement aussi la volonté de se mettre à égalité de représentation avec le MNLA que le GATIA juge ne lui être supérieur ni en qualité militaire, ni en représentation au sein de la population. Plus probablement enfin la défiance nourrie à l’égard de certains membres de la médiation soupçonnés par le Groupe de complaisance envers la troïka MNLA-HCUA-MAA tendance radicale.

La création de groupes rivaux ou contestataires ne constitue cependant pas un phénomène nouveau dans la rébellion. Dans les années 1990, le trio majeur constitué par le Mouvement patriotique de l’Azawad (MPA), le Front islamique arabe de l’Azawad (FIAA) et le Front populaire de libération de l’Azawad (FPLA) avait vu son exclusivité remise en cause par trois autres groupes : l’Armée révolutionnaire de libération de l’Azawad (ARLA) constituée de dissidents du FPLA et du MPA, le Front uni de libération de l’Azawad (FULA) composé en majorité d’éléments Kel Antsar et le Front national de libération de l’Azawad (FNLA) qui se voulait représentatif des intérêts des Doushaq. Le premier réussit à se faire admettre dans la coordination des Mouvements et fronts unifiés de l’Azawad (MFUA), mais pour avoir continué à contester le leadership de Iyad Ag Ghali, il se fit infliger une déroute militaire définitive en 1994.

AU CŒUR DE LA CONTRADICTION SECONDAIRE.

Les deux autres groupes qui reposaient sur les bases tribales très étroites et ne disposaient pas de véritable capacité de mobilisation n’obtinrent jamais voix au chapitre et enregistrèrent assez rapidement le départ des plus influents de leurs éléments vers les groupes dominants. Aujourd’hui, la question de préséance s’avère plus difficile à trancher puisque le MNLA, le HCUA et le MAA radical ne possèdent pas cette indiscutable légitimité historique et cette force d’implantation dont pouvaient se prévaloir le MPA, le FIAA et le FPLA.

La tâche déjà ardue de la médiation pourrait donc s’alourdir d’une complication supplémentaire lors de la reprise du processus de négociations le 1er septembre prochain.

En attendant, c’est bien l’opinion malienne qui se trouve désorientée entre les apaisements donnés par le gouvernement et les signaux de tension lâchés par certains groupes armés, notamment le MNLA et le HCUA dont l’une des préoccupations est de ne pas laisser submerger par le nombre de participants lors des négociations à Alger.

Le contexte actuel fait que nos compatriotes prêtent une attention moins attentive au message particulier délivré sans relâche par le Haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter malien. Usant de la plus grande marge de plaidoyer dont il dispose (puisque n’étant astreint à aucune obligation institutionnelle de réserve), l’ancien Premier ministre insiste tout particulièrement, dans les rencontres qu’il anime, sur l’indispensable ouverture de ses concitoyens au compromis. Modibo Keïta met l’accent sur ce point, car il pressent que de lui proviendra certainement pour les autorités l’une des principales difficultés dans la gestion de la période post accord de paix.

Le travail de persuasion du Haut représentant paiera-t-il ?

Il faut souhaiter que oui. Car la réapparition de Iyad Ag Ghali dont le discours s’est radicalisé pendant sa longue retraite et la succession des attaques meurtrière contre la MINUSMA confirment ce qui avait été prédit par tous les spécialistes au lendemain de l’offensive victorieuse menée par Serval, les troupes africaines et les FAMA.

La guerre allait changer de visage et d’intensité, mais elle serait longue et, par phases, éprouvante à l’extrême pour les populations. En la menant, il faudrait sans doute remettre dans toutes les mémoires un principe proposé par le matérialisme dialectique qui dans le traitement des situations critiques établissait une distinction entre les contradictions particulières (ou secondaires) et les contradictions principales. Et qui préconisait de résoudre rapidement les premières pour concentrer un maximum d’efforts sur les secondes.

Dans la situation malienne, la conciliation avec les groupes armés serait au cœur de la contradiction secondaire et le combat contre le terrorisme, de la principale. Telle est la certitude raisonnable à laquelle notre opinion doit se faire. Mais il conviendrait de ne pas sous-estimer la difficulté qu’il y aura à faire adhérer nos compatriotes à cette vision.

Car le poids des préventions reste important. C’est pourquoi le rassemblement la semaine passée des communautés à Tombouctou est à saluer à son juste mérite. Car il confirme le principe selon lequel là où se manifeste une volonté, existe un chemin. Tout difficultueux soit-il.

NB – Dans notre chronique du 4 août dernier nous avions écrit que les parties indiquées dans la feuille de route étaient le gouvernement malien et les signataires de la Déclaration d’Alger (MNLA, HCUA et MAA tendance radicale). En fait, il faut y ajouter les signataires de la Plateforme d’Alger, c’est-à-dire la Coalition du peuple pour l’Azawad, la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (regroupant les mouvements armés sédentaires) et le Mouvement arabe pour l’Azawad (tendance modéré). Ces trois groupes armés ont signé la même feuille de route, mais en un document distinct de celui de la Troïka qui avait refusé de s’asseoir à la même table qu’eux. La seule différence entre les deux documents est que les signataires de la Plateforme ne contestent pas la légitimité des signataires de la Déclaration et incluent ces derniers parmi les parties recensées par la feuille de route. Nous remercions nos lecteurs qui nous ont très vite apporté cette précision.

Nord du Mali : Les Imrad en action

Soumaïla T. Diarra – L’Aube  du   18 août 2014.    

Des communautés mécontentes pour leur mise à l’écart viennent de prendre les armes pour se faire entendre, estimant que c’est l’unique option de faire prévaloir leur voix face au traitement de faveur accordé à la coalition des groupes MNLA, HCUA et MAA( dissidents). Qui du gouvernement ou de la communauté internationale faut-il blâmer ?

En attendant, la perspective de la reprise du dialogue entre Bamako et les groupes armés menace de basculer davantage le Nord du Mali dans l’anarchie.

Les frustrés, c’est d’abord dans la communauté Imrad du général Touareg loyaliste El Hadj Ag Gamou qu’ils existent. Tellement remontés, ils ont créé la semaine dernière le Groupe d’autodéfense touareg Imrad et alliés (Gatia). Une des raisons du report de la reprise des négociations à Alger pourrait être liée au fait qu’ils ont demandé aux autorités maliennes et internationales la possibilité de participer aux prochains pourparlers à Alger.

On sait que les Imrad sont opposés à l’autonomie du Nord et que le but de leur intention de prendre le maquis est qu’il est devenu nécessaire d’avoir un groupe armé afin de participer au processus de paix. A Alger, le MNLA qui aime se la jouer a profité de sa position favorite pour imposer au gouvernement malien la mise à l’écart des autres mouvements armés qu’il considère comme non belligérants.

Revendiquant près d’un millier de combattants, le Gatia est essentiellement composé d’éléments de tribu Imrad. Leurs représentants au sein de forces armées maliennes ont choisi de ne pas quitter les rangs lorsque la plupart des intégrés rejoignait les insurgés en 2012. Pourtant, les Imrad constituent la plus importante communauté Touareg au Mali et leur aire de répartition va de Tombouctou à Kidal en passant par Gao.

Peu d’informations circulent sur l’appartenance communautaire des autres membres du Gatia, mais les frustrés du Nord sont très nombreux. Il y a notamment des Arabes loyalistes, même si d’autres groupes armés comme le MAA originel parlent et agissent en leur nom depuis le début de la crise. Et les communautés arabes représentent des forces politiques et militaires non négligeables dans le Nord du Mali.

Maintenant, c’est à chacun de défendre son terroir dans la zone. Une situation favorisée par le retrait des forces armées maliennes après l’échec de la tentative de sécurisation de la ville de Kidal en mai dernier. Les mouvements armés issus des communautés sédentaires Sonrhaï et Peul ainsi que les Bellahs pourraient suivre la voie des armes comme ils l’ont déjà affirmé par le passé.

Quant au Gatia, le groupe se dit déjà en armé, mais ne compte pas retourner ses armes contre l’Etat malien, selon son secrétaire général Fahad Ah Al-Mahmoud. L’unique objectif, dit-il, c’est pour que les autres communautés qui sont en armes ne leur absolument dictent pas ce qu’ils doivent faire ou pas dans la région.

Le retrait de l’armée malienne a laissé un profond sentiment d’isolation chez les Imrad qui ne savent plus où donner de la tête. Le secrétaire général du Gatia résumait si bien cet isolement lorsqu’il affirmait à la presse qu’ils sont devenus des laissés pour compte. En clair, il est convaincu qu’ils ne peuvent pas être impliqués dans les pourparlers en tant que communauté tout court sans brandir des armes.

Pour forcer la main du gouvernement, il fallait nécessairement en arriver là: créer un groupe armé, comme tous les autres afin de participer au processus de paix. Difficile de dire que tout ça, c est la rançon du traitement de faveur que la communauté internationale et le gouvernement malien ont accordé au groupe MNLA.

Ce qui est certain, si à Alger il n’y avait pas eu deux feuilles de route séparées, Gatia n’aurait probablement pas existé. On a même fait à Bamako la promotion de la seule feuille de route signée avec le MNLA, toute chose qui contribue à alimenter le sentiment de rejet chez les groupes d’autodéfense. Certains ont d’ailleurs entretenu la rumeur sur la possibilité de rejoindre le MNLA.

Mais c’est avec véhémence que Fahad Ag Almahmoud clame son appartenance au Mali et raconte qu’en aucune manière Gatia ne cherche la division du Mali. «On est prêts à faire la paix avec tous nos autres frères qui ne partagent pas la même vision que nous, pourvu qu’ils nous respectent et respectent notre point de vue», avait laissé entendre à un média français. Toutefois, on ne peu jurer de rien dans le poker menteur malien.

Crise du Nord : le MNLA recrute des enfants soldats

Abdoulaye Diakité – Par Malijet – 18 août 2014

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) est désormais en court de combattants et pour compenser cela, il recrute des enfants soldats. Les forces du MNLA ont été sérieusement décimées sous les coups de boutoir du Mujao en 2012 à Gao et Ménaka, de l’armée malienne en mai 2014 à Kidal et de la Coalition MAA, CM fpr et Imgads (Gatia) récemment à Tabankort, Tarkint, Lerneb, Innafarat etc.

On se rappelle qu’en 2012, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a pris la suprématie sur la rébellion Touarègue séparatiste en la délogeant de la ville de Gao pour instaurer une charia de rigueur.

Le Mujao ne s’était pas limité là puisqu’il voulait en finir avec le MNLA au grand bonheur des Maliens qui voient en ce mouvement la cause de tous les malheurs de notre pays. C’est pourquoi ses quelques forces qui étaient encore présentes à Ménaka furent neutralisées par la suite.

Depuis lors, on ne parlait plus de MNLA au Mali. Il a fallu attendre l’Opération Serval en 2013 pour qu’à l’étape de Kidal, le loup réapparaisse dans les bagages des français. Le mouvement qui était donné pour mort venait d’être ressuscité pour réinvestir des positions dans la région dont la ville de Kidal.

En mai 2014, suite aux incidents consécutifs à la visite du Premier ministre Moussa Mara à Kidal, l’armée malienne a réussi à infliger de lourdes pertes en vies humaines au mouvement avant d’y être repoussée avec l’appui des jihadistes et la complicité de la communauté internationale.

L’armée malienne a fini par se replier sur Tombouctou et Gao et le MNLA a voulu profiter de ce repli pour lancer une offensive expansionniste sur le Nord du Mali. Mais c’était sans compter avec les groupés armés d’auto-défense lesquels ont décidé de pallier à cette absence de l’armée malienne.

C’est dans ce cadre que des combats l’ont opposé à la Coalition MAA, CM fpr et Imgads (Gatia) à Tabankort, Tarkint, Lerneb, Innafarat en juin dernier. Là aussi le MNLA a essuyé de lourdes pertes en vies humaines et matérielles.

Résultat, après ces différentes péripéties, le MNLA est aujourd’hui en court de combattants. Pour ne rien arranger à sa situation, il enregistre des désertions massives et on signale le ralliement de nombreuses tribus Touarègues à la Coalition MAA, CM fpr, Imgad.

C’est dire que le mouvement touareg est très affaibli et pour compenser la perte de ressources efficientes non renouvelables, il recrute des enfants soldats. On signale le recrutement de plusieurs enfants soldats dans la région de Kidal. Toutes choses qui sont condamnées par les conventions internationales.

Pendant ce temps les réserves en combattants de la Coalition loyaliste sont intactes. Comme pour dire que l’avenir s’éclaircit pour le Mali et la Coalition loyaliste, surtout que les appuis extérieurs jihadistes et la complicité internationale dont le MNLA a toujours bénéficiés sont occupés sur d’autres champs de bataille.

Communiqué

Service de presse MAA, CM fpr et Gatia

Sous les coups de boutoir du Mujao en 2012 à Gao et Ménaka, de l’armée malienne en mai 2014 à Kidal et de la Coalition MAA, CM fpr et Imgads (Gatia) à Tabankort, Tarkint, Lerneb, Innafarat etc., outre les désertions en masse et le ralliement de nombreuses tribus Touaregs à la Coalition MAA, CM fpr, Imgad, le MNLA est à court de combattants.

Pour compenser la perte de ressources efficientes non renouvelables, il recrute des enfants soldats. Alors que les réserves en combattants de la Coalition loyaliste sont intactes. L’avenir s’éclaircit pour le Mali et la Coalition loyaliste, surtout que les appuis extérieurs jihadistes et la complicité internationale dont le MNLA a toujours bénéficiés sont occupés sur d’autres champs de bataille. Restons vigilants et confiants.

 

Raisons du report des négociations d’Alger : Le Mnla, le Hcua et le MAA refusent la participation du Gatia

Rokia DIABATE – Par Le Prétoire – 18 août 2014

Initialement programmée pour dimanche 17 août, la seconde phase des négociations d’Alger entre le gouvernement de Bamako et les groupes du Nord, à savoir le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (Hcua), le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA) et la Coordination des mouvements et Fronts patriotiques de résistance (Cmfpr), a été reportée au 1er septembre. Les raisons.

«L’Algérie, en sa qualité de chef de file de la médiation, a été saisie par les autres parties afin de procéder à un léger report pour le parachèvement des préparatifs», a déclaré Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale et négociateur en chef du gouvernement dans les pourparlers d’Alger, lors d’un point presse, jeudi dernier.

Selon lui, la feuille de route avait fixé la date de reprise des négociations au 17 août 2014, le gouvernement du Mali était préparé en conséquence et avait pris toutes les dispositions pour la reprise des pourparlers.

Mais que l’Algérie, en sa qualité de chef de file de la médiation, a été saisie par les autres parties afin de procéder à un léger report pour le parachèvement des préparatifs. Pour expliquer cette demande des autorités algériennes, le ministre Diop a indiqué que l’Algérie a sollicité l’accord du gouvernement du Mali pour le report de la reprise des pourparlers dans le souci de créer les conditions susceptibles de favoriser la tenue des pourparlers dans un climat serein et constructif. Le gouvernement du Mali a donné son accord.

Les vraies raisons du report                           

Il semblerait que les multiples plaintes de certains cadres des mouvements du Nord, lors des négociations à Alger, se sont finalement matérialisées par le report de la seconde phase des négociations. «Lors de la première phase, on constate qu’Alger s’est un peu acharné sur les groupes pour les pousser vers un accord préliminaire clair et pratique. Un sentiment partagé par les représentants de ces groupes qui n’ont pas apprécié qu’on leur force la main, ou que l’on décide pour eux», note une source proche des négociations.

D’autre part, les parties qui ont signé le préaccord ont demandé plus de temps pour mieux se préparer aux négociations qui s’avèrent complexes. Cela d’autant plus que les deux documents de principe ont fait l’objet de discussions qui ont duré une semaine entre les six groupes du Nord et les représentants du gouvernement malien.

La feuille de route pour les négociations dans le cadre du processus d’Alger et la déclaration de cessation des hostilités ont largement dominé, dans leur formulation, les discussions de juillet avant leur signature. Outre la méfiance qui règne entre les groupes armés, eux-mêmes, le club des trois, Mnla, Hcua, MAA ne veulent pas entendre parler du tout nouveau groupe d’auto-défense, le Groupe d’autodéfense touareg Imrad et alliés (Gatia).

A plus forte raison sa participation à la négociation. Rappelons que ce groupe, avant d’être officialisé, régnait en maître depuis un certain temps dans plusieurs localités du Nord dont Tabancort, Bourem, Ménaka. Il est nécessaire de rappeler que Gatia renforce la position de Bamako, dans la mesure où il se veut  proche du général touareg El Hadj Ag Gamou.

« Nous sommes Maliens. Nous ne demandons pas une division du Mali. Nous ne demandons pas plus que le développement pour le Nord. On est prêts à faire la paix avec tous nos autres frères qui ne partagent pas la même vision que nous, pourvu qu’ils nous respectent et respectent notre point de vue », a soutenu Fahad Ag Almahmoud, le secrétaire général du Gatia, sur RFI. Et la grande interrogation reste celle de la position des autorités de Bamako.

En effet, aucune position officielle ne semble être arrêtée pour le moment par le gouvernement malien quant à la participation du Gatia aux prochaines discussions à Alger.

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :