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Les armes coulées à Gorée : l’imbroglio

by sur 2 septembre 2014

Nous avons publié l’incroyable odyssée de ces containers d’armes arrivant d’Irak via la Turquie, finalement coulés au large de Gorée au Sénégal.

De nouvelles informations révèlent un incroyable imbroglio…

Mystère autour d’un navire qui a coulé au Sénégal avec à son bord 8 000 fusils de chasse destinés au Mali : Polémique entre la société SOCATRAM SA qui l’a affrété et la douane maritime sénégalaise

ABDOULAYE DIARRA – L’Indépendant du 02 Septembre 2014
Un navire battant pavillon tanzanien et ayant à son bord 37 containers de fusils de chasse et cartouches de chasse ainsi que quatre containers contenant de la poudre et autres matières destinées au fonctionnement de l’atelier de recharge de cartouches pour fusils de chasse a coulé, le 14 août 2014, au fond de l’océan Atlantique à Dakar. La cargaison appartenait à la société SOCATRAM-SA dont le promoteur est un certain Baba Mangané, commerçant import-export établi au Mali. Le navire avait d’abord été saisi par la marine sénégalaise avant de couler.
Après avoir appréhendé ce navire, la marine sénégalaise a aussitôt informé la douane qui a saisi le bateau. Deux jours après cette saisie, soit le 14 août, le bateau a coulé dans les eaux profondes de l’île de Gorée avec toute sa cargaison.
Suivant les documents que nous avons reçus, il nous revient que la douane maritime sénégalaise avait procédé à la saisie du bateau, le 10 août. Et le procès verbal n°28/14/BMP de saisie établi par la subdivision maritime des douanes expose les faits : » Le 10 août 2014, à douze heures cinquante, (heure légale), dans l’exercice de nos fonctions et suite à une information de la Marine nationale, nous nous sommes rendus à bord du navire MV Seasoul 1, avons demandé au capitaine du navire de justifier de la détention régulière de 8 000 fusils de chasse ; 37920 kg de poudre explosive et 20 276 000 cartouches.
Ce qu’il n’a pas pu faire à la première réquisition. Vu l’infraction aux articles 279, 280, 391, 393 et 395 du code des douanes pour faits de contrebande, nous avons déclaré la saisie des marchandises litigieuses d’une valeur de 2 446 560 000 francs CFA, la confiscation du moyen de transport estimé à 500 millions de francs CFA et le paiement d’une amende légale égale à la valeur des objets confisqués, soit 2. 956 560 000 francs CFA ».
Une polémique oppose actuellement la société malienne en question à la douane maritime sénégalaise sur la disparition mystérieuse de la cargaison. La marine n’écarte pas l’hypothèse que ce soit l’équipage du navire lui-même, constitué d’Egyptiens, qui se soit sabordé. Ces derniers redoutant de se faire arrêter avec une telle quantité d’armes et de munitions comme pièces à conviction.
De sources concordantes, la SOCATRAM SA n’est pas à son premier transport de fusils de chasse et munitions. Elle a toujours fourni la police malienne en équipements et importait avant la crise de 2012 son matériel de la France. Elle s’est ensuite tournée du côté de la Turquie. Et ses marchandises ont toujours transité par le port de Dakar.
Les 41 containers incriminés par la douane maritime sénégalaise ont fait l’objet d’ autorisations officielles de transit accordées à l’opérateur malien. Dans une correspondance datée du 20 mars 2014 adressée à Baba Mangané et relative à l’ »autorisation d’importer des fusils de chasse perfectionnés « , le ministre de la Sécurité, le général Sada Samaké écrit : » Conformément à l’article 3 de l’Arrêté n°05-2961/MSIPC-SG du 16 décembre 2005 portant autorisation d’exercer le commerce de fusils de chasse perfectionnés, j’ai l’honneur de vous notifier mon autorisation quant à l’importation de quarante mille fusils de chasse, de calibre 12. La présente autorisation reste valable jusqu’à l’épuisement total de la quantité importée « .
Dans une autre correspondance adressée à la même date à Baba Mangané relative à l’« autorisation d’importer de cartouches pour fusils de chasse « , le ministre écrit ce qui suit : » conformément à l’article 3 de l’Arrêté n°05-2961/MSIPC-SG du 16 décembre 2005 portant autorisation d’exercer le commerce de fusils de chasse perfectionnés, j’ai l’honneur de vous notifier mon autorisation quant à l’importation de quarante millions de cartouches pour fusil de chasse « .
Et la dernière correspondance du ministre de la sécurité portait sur « l’autorisation d’importer des matières destinées au fonctionnement de votre atelier de recharge de cartouches pour fusils de chasse ». Il s’agit, entre autres, de douilles non amorcées, des amorces, des bourres, du plomb, des disques transparents, de la poudre explosive, des obturateurs, d’une boite d’emballage de 25 cartouches et d’un carton d’emballage de 250 cartouches.
Par ailleurs du côté du Sénégal, c’est le directeur de la surveillance du territoire, le Commissaire de police divisionnaire Matar Diop qui a délivré, le 23 juillet 2014, trois autorisations à l’importateur malien. Il s’agit, entre autres, de l‘ »autorisation de transit de cartouches de chasse « soit 37 containers contenant 2192 cartons de 250 cartouches de chasse chacun, « l’autorisation de transit de substances explosives « (4 containers contenant474 fûts de 20 kg chacun soit au total 37, 920 tonnes et » l’autorisation de transit de fusil de chasse « (4 containers contenant 200 pièces chacun soit au total 8 000 fusils de chasse).
Côté malien, on ne comprend pas pourquoi, en dépit des documents officiels en bonne et due forme délivrés à l’opérateur, le navire a été saisi pendant quelques jours avant de sombrer dans les eaux profondes de l’océan atlantique.
Les enquêtes sont actuellement en cours pour découvrir ce qui a pu faire sombrer le navire. Des dispositions sont prises par la partie sénégalaise pour renflouer le bateau. L’opérateur, qui a constitué des avocats, s’est engagé à se mettre à la disposition de la justice sénégalaise si d’aventure des armes de guerre se trouveraient à bord de son navire. Par contre si tel n’est pas le cas, la société menace de poursuivre la marine et la douane sénégalaises pour réparation du préjudice qui lui a été causé au double plan moral et financier.

Navire coulé au large des côtes sénégalaises : le Mali au bord de l’indignation

Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 2 Septembre 2014
Un navire transportant des armes et autres substances explosives à destination du Mali a « coulé » sur les côtes sénégalaises, le 12 août 2014. Trois semaines après les faits, on en sait un peu plus sur les circonstances de ce drame qui s’apparente à un acte de sabotage.

C’est aux larges de Gorée que le navire battant pavillon tanzanien s’apprêtait à débarquer ses marchandises au port de Dakar au profit d’une la société malienne, CARMA – Mali Sarl, spécialisée dans le commerce d’armes. En exercice depuis 2002, ladite société « bénéficiait de toutes les autorisations légales d’importation et de transit délivrées par les autorités maliennes et sénégalaises », selon une source au sein des services secrets du Mali.
Les premières enquêtes des mêmes services de renseignement prouvent que le bateau en cause « transportait des cargaisons de fusils de chasse, de substances explosives et des cartouches de chasse légalement importées ». Reste à savoir le ou les destinateurs finaux de ces marchandises dont la valeur s’élève à 2 milliards 900 millions de francs CFA.
Qu’est-ce qui peut motiver un tel drame ? Qui est responsable de l’échec de l’embarcation ?
Aux premières nouvelles, certaines indiscrétions faisaient état d’une destruction du moyen de transport par son équipage qui serait de nationalité égyptienne. Version aujourd’hui démenti au Mali où l’on indique que « Tout laisse croire que les services de sécurité du Sénégal se débinent en arguant que l’hypothèse la plus plausible est que ce soit l’équipage lui-même qui est coulé son navire ».
En effet, l’engin avait été saisi par la douane maritime sénégalaise, deux jours au paravent (c’est-à-dire le 10 août). Cette saisie est certifiée par le procès verbal n°28/14/BMP établi par la subdivision maritime des douanes qui expose ainsi les faits : « le 10 août 2014, à douze heures cinquante, (heure légale), dans l’exercice de nos fonctions et suite à une information de la Marine nationale, nous nous sommes rendus à bord du navire MV Seasoul 1, avons demandé au capitaine du navire de justifier de la détention régulière de 8000 fusils de chasse ; 37 920 kg de poudre explosive et 20 276 000 cartouches. Ce qu’il n’a pas pu faire à la première réquisition. Vu l’infraction aux articles 279, 280, 391, 393 et 395 du code des douanes pour faits de contrebande, nous avons déclaré la saisie des marchandises litigieuses d’une valeur de 2 446 560 000 francs CFA, la confiscation du moyen de transport estimé à 500 millions de francs CFA et le paiement d’une amende légale égale à la valeur des objets confisqués soit 2. 956 560 000 francs CFA ».
Ces marchandises étaient réparties entre 37 containers de fusils de chasse et cartouches de chasse et 4 containers contenant de la poudre et autres matières destinées au fonctionnement de l’atelier de recharge de cartouches pour fusils de chasse, selon les services de sécurité malienne. Tout ceci git aujourd’hui au fond de l’océan Atlantique près de Dakar.
Selon des sources concordantes, les 41 containers incriminés faisaient l’objet d’autorisations officielles de transit accordées à l’opérateur malien par les autorités sénégalaises. Ce qui accrédite la thèse d’une bavure de la part de la douane de ce pays.
Avant la crise de 2012, la société CARMA – Mali Sarl importait ses matières de la France. Elle s’est ensuite tournée vers la Turquie. Mais de France ou de la Turquie, ses marchandises ont toujours transité par le port de Dakar.

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