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Laborieux pourparlers d’Alger

by sur 2 septembre 2014

MIS A JOUR MERCREDI  3 SEPTEMBRE à 20h15

Les pourparlers d’Alger ont repris laborieusement à Alger.

La Minusma continue d’être harcelée par les terroristes dans le Nord du Mali. Ce midi,  un convoi a sauté sur un engin piégé sur l’axe Aguel Hoc – Kidal, tuant quatre soldats tchadiens et en blessant grièvement une quinzaine d’autres.

Ci-dessous la manière dont la presse malienne rend compte des premières journées de pourparlers.

Démarrage de la seconde phase des pourparlers d’Alger : Confiance et optimisme pour aboutir à une paix durable au nord

L’Indépendant – Massiré Diop, Envoyé spécial à Alger le 3 septembre 2014

C’est forts de l’optimisme d’aboutir enfin à une paix durable dans le septentrion malien que les travaux de la deuxième phase des pourparlers inclusifs inter-Maliens d’Alger ont démarré le lundi 1er septembre dernier. Le ministre algérien des Affaires étrangères dont le pays est le chef de file de l’équipe des médiateurs a déclaré que son pays ne ménagera aucun effort afin que le processus en cours soit couronné de succès pour rechercher les voies et moyens visant à ramener la paix dans cette partie de notre territoire.
Initialement prévue à 15H, l’ouverture des travaux d’Alger II n’a eu lieu qu’aux environs de 17H. Et ce, en raison d’un subterfuge mis en place par les indépendantistes pour saboter la rencontre. C’est ainsi qu’ils ont demandé à parler avant les représentants des mouvements armés loyalistes et de quitter la salle sans le mot que devaient prononcer ces derniers.
Après cet incident, la cérémonie d’ouverture a pu avoir lieu normalement. Dans son discours, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra a demandé que tout le monde œuvre pour l’instauration de la paix et la promotion de la sécurité dans le nord de notre pays. Il a rappelé que cette seconde phase des pourparlers inclusifs inter-Maliens d’Alger se tient conformément à la feuille de route signée le 24 juillet dernier à Alger entre le gouvernement malien et les six mouvements armés.
Il a ajouté que les plus hautes autorités de son pays à la tête desquelles le président Abdel Aziz Bouteflika accordent une attention particulière à la réussite de ces négociations, d’où les efforts consentis pour réunir autour de la même table les différents protagonistes de la crise malienne. Le ministre algérien des Affaires étrangères a par ailleurs, défini le cadre de ces négociations qui seront menées suivant quatre groupes de travail. Il s’agit de : Politique et institutions, sécurité et défense, développement économique et social ainsi que la réconciliation nationale.
Lui succédant au pupitre, son homologue bukinabé, Djibril Bassolé, représentant le médiateur de la CEDEAO et l’organisation pour la conférence islamique (OCI) a noté la convergence de vue entre Algériens et Burkinabé pour parvenir à un règlement de la crise au nord du Mali. Il a appelé la société civile malienne largement représentée à s’impliquer davantage dans les discussions.
A l’endroit des groupes armés, il les a exhortés à surmonter leurs divergences et d’harmoniser leurs positions. Quant aux autorités maliennes, le ministre burkinabé leur a demandé de tendre une oreille attentive et une main fraternelle aux belligérants tout en combattant farouchement les terroristes. Il a également déclaré le soutien de l’organisation de la conférence islamique à ces initiatives visant à ramener la paix et la quiétude au nord du Mali. Enfin, il a demandé à tous les acteurs de s’engager pour trouver, même s’il ne s’agit pas d’un accord de paix global mais au moins un plan cohérent de sortie de crise.
Quant au haut représentant de l’union africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL) l’ex-président burundais Pierre Buyoya, il a souligné la nécessité de tout mettre en œuvre pour maintenir le climat de confiance entre tous les acteurs avant de réitérer le soutien de son organisation au processus d’Alger.
Pour sa part, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Mali et patron de la MINUSMA, le Néerlandais Bert Koenders, a précisé qu’Alger II est une phase cruciale pour ramener la paix et la sécurité au Mali. Pour lui, la stabilité de la région sahélienne est également un souci permanent de son organisation. Il a insisté sur le fait que les différents acteurs doivent montrer la voie de la sagesse et de la paix pour un «Mali plus fort, plus grand, plus solidaire et plus uni». Au chapitre des soutiens au processus, on peut également noter celui de la CEDEAO qui, à travers son représentant spécial au Mali, Cheaka Aboudou Touré l’a réitéré.
Le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop a commencé son allocution par saluer la dextérité de l’Algérie qui n’a ménagé aucun effort pour une résolution rapide de la crise au nord du Mali. C’est ainsi qu’il a noté le fait que ce pays a d’ailleurs payé un prix fort à ce conflit avec la mort de deux diplomates sur les 8 enlevés dans le consulat de Gao en avril 2012 par des éléments du MUJAO. Il a annoncé que le gouvernement malien vient à ses pourparlers avec les meilleures intentions et une grande ouverture d’esprit pour contribuer au règlement définitif de cette crise. Avant d’exprimer son espoir de voir cette phase des pourparlers mieux conduite, il a précisé l’engagement des autorités maliennes à appliquer tous les accords qui y seront issus. Pour lui, c’est toute la population malienne qui continue de souffrir de cette situation.
Signalons que cette phase des pourparlers suscite beaucoup d’espoir en ce sens qu’elle devrait permettre l’aboutissement d’une paix durable. Elle s’étalera jusqu’au 9 octobre prochain, mais les organisateurs n’excluent pas une évolution compte tenu de l’importance des sujets à débattre qui doivent porter sur le fond.
Précisons qu’outre les représentants du gouvernement malien (avec à leur tête cinq ministres dont les affaires étrangères, la sécurité, la reconstruction du nord, la décentralisation et la réconciliation nationale), six mouvements armés signataires de l’accord d’Alger et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la Coordination pour le peuple de l’Azawad (CPA), la Coordination des Mouvements et Fronts patriotiques de résistance (CM-FPR), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (dissident), la rencontre se tient en présence de nombreux acteurs de la société civile malienne. Ceux-ci qui représentent les communautés à la base assisteront aux débats durant une semaine avant de se retirer pour des discussions directes entre les membres du gouvernement et ceux des groupes armés.
Affrontement verbal entre partisans et adversaires de l’unité du Mali
L’ouverture des travaux de la seconde phase des pourparlers inclusifs inter-Maliens d’Alger a été quelque peu mouvementée. D’ailleurs à un moment, certains ont même cru que tout ce qui avait été obtenu jusqu’ici comme percée pourrait être remis en cause. Et ce, en raison de la réaction des indépendantistes qui n’ont pas manqué d’user de manœuvres dilatoires pour saboter le démarrage des travaux.
Ainsi, ce groupe de séparatistes composé du MNLA, du MAA et du HCUA a d’abord menacé de boycotter la rencontre si on ne leur permet pas de prononcer un discours avant celui de l’autre camp composé de la CPA, du MAA-loyaliste et de la CM-FPR.
Comme si cela ne suffisait pas, ils ont également demandé à se retirer de la salle sans attendre le mot que devaient prononcer les partisans de l’intégrité territoriale du Mali.
Dans son allocution, Ambéry Ag Rhissa du MNLA, qui représentait les séparatistes, a été très évasif tantôt tirant à boulets rouges sur la France de De Gaulle, qu’il accuse d’être responsable de cette situation, car n’ayant pas pris en compte les doléances formulées par les populations de cette partie du territoire aux premières heures de l’indépendance du Mali, tantôt il tirait sur le gouvernement malien à qui il reproche de se livrer à la politique de l’autruche.
Dans un entretien qu’il nous a accordé en marge de l’ouverture des travaux, celui qui a été le dernier à voir les envoyés spéciaux de RFI, Gislaine Dupont et Claude Verlon, avant leur enlèvement et leur assassinat, le 2 novembre 2013 aux environs de Kidal, a nié le fait que la rencontre de Ouaga ait permis une harmonisation des positions entre groupes rebelles et de parler d’une seule voix lors des pourparlers d’Alger face au gouvernement.
Pourtant, cette information a largement été relayée par de nombreux médias y compris par la presse burkinabé. Ambéry Ag Rhissa a balayé celle-ci d’un revers de la main en déclarant que cette harmonisation des positions dépend de l’évolution des négociations en cours. En outre, pour montrer que les séparatistes vont jouer toutes leurs cartes pour saboter ces discussions, il a proposé le report de celles-ci compte tenu de l’absence de certains membres de sa coalition.
Une proposition bien évidemment rejetée par les organisateurs qui ont certifié que toutes les dispositions ont été prises pour que les représentants de tous les groupes puissent prendre part aux différents groupes de travail. Des propos qui ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd.
En le prenant à contrepied et sans le citer nommément, Ibrahim Ag Assaleh au nom des groupes armés loyalistes, n’a pas manqué d’accuser les séparatistes de servir un agenda caché en prétextant se préoccuper des conditions de vie des populations du nord du Mali. Enfonçant le clou, il a déclaré que la crise malienne est due à l’irresponsabilité politique de certains.
Pour lui, il est important de faire la paix, mais pas n’importe laquelle. C’est ainsi qu’il a appelé les séparatistes à accorder le bénéfice du doute aux autorités maliennes avant de les encombrer par des problèmes dont les causes ne datent pas d’aujourd’hui. Avant d’indiquer « nous avons fait la guerre quand il le fallait, maintenant osons faire la paix « . Mais pour cela, il propose un langage de vérité entre tous les acteurs.
Il est donc clair qu’entre partisans et adversaires de l’intégrité du territoire malien, la bataille risque d’être acharnée jusqu’au bout. Ce qui va surement rendre cette seconde phase des pourparlers inclusifs inter-Maliens beaucoup plus ardue qu’on le pense.

Prévues pour hier mardi : Les négociations directes reportées

B. Daou – Envoyé spécial à Alger – Par Lerepublicainmali – 3 septembre 2014

Elles étaient annoncées pour démarrer hier mardi à 15h, mais les négociations directes entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du Mali ont été reportées sine die. Quelles en sont les raisons et quand seront-elles engagées? Aucun officiel malien ne se prononce sur la question, motus bouche cousue de crainte de ne pas choquer un interlocuteur dans le processus.
C’est le Mali, en position de faiblesse, depuis la visite malheureuse du Premier ministre Moussa Mara à Kidal le 17 mai 2014, qui est demandeur de la paix, de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale et d’un Etat laïc et républicain.
La communauté internationale dont le soutien n’a pas fait défaut se trouve toujours engagée aux côtés de notre ‘’Etat failli’’, avec un comité de médiateur comprenant l’Onu (Bert Koenders), l’Union africaine (Pierre Buyoya), la Cedeao (Cheaka Aboudou Touré), et dont le leadership est assuré par l’Algérie.
Le pays du président Abdelaziz Bouteflika, médiateur traditionnel dans la crise du nord du Mali s’y implique dans les règles de la diplomatie, pour aider son voisin du sud à réaliser son rêve de paix et d’unité nationale, dont dépend la relève de ‘’l’Etat failli’’ qu’est le nôtre.
C’est donc la communauté internationale qui œuvre pour la paix au Mali. Pourquoi après l’ouverture du deuxième round des pourparlers, la « phase substantielle », pour reprendre les expressions du ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra, n’arrive pas à démarrer ?
La réponse est simple : les divergences, comme nous l’évoquions dans notre livraison d’hier. Malgré l’insistance de Ramtane Lamamra à démarrer la phase cruciale, certains groupes armés jouent au dilatoire.
Malgré l’arrivée à Alger hier des autres membres de la délégation du Mnla dont Bilal Ag Achérif qui était une raison du retard, la machine de la négociation tarde à se mettre en marche. Apparemment la rencontre de la semaine dernière à Ouagadougou n’a pas permis de concilier les vues des groupes armés qui continuent à se rejeter.

 

Le ministre Abdoulaye Diop aux groupes armés en Algérie : « Efforçons-nous donc d’écrire ensemble, après tant de passions, de frustrations, de violences et de souffrances, une nouvelle page de l’Histoire de notre pays »

Par Malijet – 2 septembre à 20h
C’est la quintessence de l’allocution de son Excellence monsieur Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale à l’ouverture de la deuxième phase des pourparlers intermaliens inclusifs pour la paix. C’était hier dans la capitale algérienne.
Alger, 1er septembre 2014
Monsieur le Ministre, Chef de file de la Médiation,
Distingués membres du Collège de la Médiation,
Monsieur le Haut Représentant du Président de la République pour le dialogue inclusif intermalien,
Honorables Invités,
Chers Compatriotes représentant les Mouvements du Nord du Mali,
Chers Compatriotes représentant les Communautés des régions du Nord du Mali,
Mesdames et Messieurs,
C’est un plaisir renouvelé de nous retrouver encore une fois à Alger, sur le chemin de la paix, de la sécurité, de la stabilité, de l’épanouissement de la diversité et du développement harmonieux de notre pays.
En cette circonstance solennelle, je voudrais réitérer l’expression de notre profonde gratitude au Peuple algérien, à son Gouvernement et à son Président, Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, pour l’accueil chaleureux qui nous a toujours été réservé, l’hospitalité particulière nous avons toujours joui et l’engagement sans faille dont notre pays a toujours bénéficié de la part de ce pays frère et voisin avec lequel nous partageons l’histoire, la géographie, la culture et le sang des martyrs.
Je salue particulièrement le Chef de file de la Médiation, Son Excellence Monsieur Ramtane Lamamra, et ses collaborateurs pour la dextérité avec laquelle ils ont conduit la phase initiale de ces pourparlers inclusifs intermaliens et pour tous les efforts qu’ils ont fourni depuis cette mémorable visite de Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta à son aîné Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, le 18 janvier 2014, visite au cours de laquelle les deux Chefs d’État ont décidé de conjuguer leurs sagesses pour sortir le Mali de la crise dans laquelle il a sombré le 17 janvier 2012.
J’associe à cet hommage l’ensemble du Collège des Médiateurs, en l’occurrence les Représentants de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine, de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest, de l’Union Européenne, de l’Organisation de la Coopération Islamique, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad ainsi que tous les autres acteurs et partenaires qui ont consacré leurs efforts à la restauration de la paix au Mali.
Pour ma part, je ne doute pas une seconde que la phase actuelle sera encore mieux conduite et que nous performerons tous ensemble pour aller vers des consensus tangibles, réalistes et réalisables, vers des horizons heureux pour le Mali, le Sahel et toute l’Afrique.
Cela dit, je me réjouis de la nouvelle dynamique imprimée à l’élan unitaire des Mouvements du Nord du Mali à Ouagadougou. Je vois là, devant moi, certains leaders qui n’étaient pas avec nous à la phase initiale et qui ont courageusement décidé de nous rejoindre, ici à Alger, pour sortir notre pays de l’ornière. Je les en félicite chaleureusement.
C’est le lieu de rendre un vibrant hommage au peuple burkinabè et au Chef du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Médiateur de la CEDEAO, pour tous les investissements consentis en vue de ramener la paix, la sécurité et la stabilité au Mali et dans notre sous-région.
Je n’oublierai pas, pour les hommages, les Représentants des Communautés, une majorité certes silencieuse mais dont la voix compte énormément.
Les membres du Gouvernement du Mali, présents dans la salle, donnent l’assurance que toute décision collégialement prise au cours de ces pourparlers sera appliquée au pays dans les meilleurs délais possibles, avec le concours de tout un chacun et de tous à la fois.
Permettez-moi également, mesdames et messieurs, d’exprimer le soulagement et la joie du Gouvernement malien après la libération des diplomates algériens pris en otage au nord de notre pays. Nous n’oublions pas les deux autres diplomates qui n’ont pas survécus à cette prise d’otage. Nos pensées vont au gouvernement algérien ainsi qu’aux familles des victimes. Qu’elles trouvent ici l’expression de nos profondes condoléances.

Chers frères et sœurs,
Mes chers Compatriotes,
Nous devrions nous souvenir que l’Histoire du Mali est marquée par de hauts faits de gloire mais aussi par d’épisodes dramatiques.
La situation que nous avons connue en 2012 et dont nous sortirons bientôt par la grâce de Dieu et notre volonté commune, est l’un de ces épisodes historiques traumatisants que connaissent toutes les grandes nations. Et comme toute crise, ce qui est important c’est de savoir la gérer. Puissions-nous réussir cet exercice !
Pour notre part, conscients des souffrances endurées par de toutes les Communautés maliennes, de quelques bords et de quelques régions qu’elles soient, nous sommes désireux de tourner définitivement ces pages tragiques de notre histoire et, pour ce faire, nous ne ménagerons aucun effort.
Aussi, le Gouvernement de la République du Mali aborde-t-il cette deuxième phase des pourparlers avec les meilleures intentions, le cœur léger et l’esprit ouvert, les oreilles tendues vers les aspirations profondes de toutes les Communautés maliennes, vers tout ce qui pourrait faire le bonheur du peuple malien.

Mes frères et sœurs,
Mes chers Compatriotes,
Il est impératif de se souvenir que notre pays a une Histoire, une grande et glorieuse Histoire, trempée dans l’acier de la diversité. Les grands résistants, les combattants de la liberté, ont appartenu au Nord comme Sud, à l’Est, à l’Ouest comme au Centre de notre pays.
Il est important de réaliser que notre sécurité et notre développement dépendent de nous et s’imposent d’abord à nous Maliens. Certes des efforts ont été fournis par les divers Gouvernements pour satisfaire les besoins du peuple, des Communautés, mais ils se sont souvent révélés insuffisants, en deçà des attentes. Mais à cela, il n’y a pas que la volonté des autorités qui soit en cause, il y a une responsabilité partagée dans la gouvernance passée qui nous oblige aujourd’hui à nous nourrir de l’expérience du passé pour construire un avenir radieux.
Dans cet esprit, il nous revient de réfléchir ensemble à la meilleure formule institutionnelle qui favorise au maximum l’épanouissement des Communautés dans la cadre d’une gouvernance locale ensemble assumée et ensemble partagée. En l’occurrence, il nous faut approfondir la réflexion sur les politiques institutionnelles actuelles en vue d’en tirer le meilleur dénominateur commun qui préserve l’intérêt suprême de notre Nation.
Il nous faut aussi, ensemble, trouver le schéma idéal pour assurer la défense de notre pays contre les menaces extérieures et la sécurité de nos populations pour leur permettre de s’épanouir dans un nouvel espace de gouvernance sécuritaire locale partagée que nous bâtirons d’un commun accord, dans un esprit de résilience et d’engagement communautaire.
Il nous faut consolider ces nouveaux schémas institutionnels et sécuritaires par des projets et programmes structurants qui créent de la richesse et de l’emploi dans les terroirs, stimulent la croissance nationale et permettent un développement économique, social et culturel harmonieux de nos régions et de notre pays.
Enfin, nous devrions par une vision commune partagée nous révéler dignes de la solidarité de la Communauté internationale.
Pour ce faire, nous devrions faire en sorte :
– Que l’homme soit au centre de nos préoccupations et que la finalité du développement soit l’accomplissement de l’être humain ;
– Que les bénéfices de tout acte de développement s’étende à tous les citoyens maliens, sans exclusive aucune ;
– Que la justice s’instaure dans notre pays et que l’impunité soit bannie ;

Chers frères et sœurs,
Chers Compatriotes,
J’aimerais vous redire avec force que nous avons une diversité de Communautés, de langues, de cultures, de religions mais nous n’avons qu’un pays, le Mali, qui nous a été léguée par nos ancêtres. Nous avons l’impérieux devoir d’en faire un pays paix et de sécurité, de lait et de miel, d’or et d’argent… et de le perpétuer.
Cela ne peut se faire que par une réflexion commune sur tous les problèmes qui se posent à notre Nation. Efforçons-nous donc d’écrire ensemble, après tant de passions, de frustrations, de violences et de souffrances, une nouvelle page de l’Histoire de notre pays.
Et qu’il me soit permis de rappeler ces enseignements d’un grand Maître :
« L’important n’est pas d’être grand par la force du bras, par la force des armes ; l’important c’est d’être grand par la pertinence des valeurs du cœur et de l’esprit ».
C’est dire que nous devrions tirer la force de ce dialogue des valeurs du terreau national et redonner à la culture nationale ses Lettres de Noblesse. Nous devrions aussi nous efforcer de sauvegarder dans chaque homme la part de l’humain et la part divine.
Nous devrions donner à la paix une nouvelle chance en mettant l’intérêt de la Nation malienne au-dessus de toute autre considération.
Pour notre part, au nom du Gouvernement, nous nous engageons solennellement à apporter une contribution de qualité aux débats qui vont s’engager dans les heures à venir et, par la suite, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’application des décisions consensuelles qui sortiront de ces débats.
Puisse Dieu guider nos pas et nous inspirer continuellement au cours de ces pourparlers ! Amen.
Je vous remercie.

Second round des négociations à Alger : les groupes armés, peu convaincus, torpillent la médiation

Boukary Daou, envoyé spécial – Le Républicain du 2 Septembre 2014
Réunion à Alger du Comité bilatéral stratégique algéro-malien sur le nord du Mali : En prélude au dialogue inter-malienLe démarrage de « la phase substantielle » des négociations d’Alger qui doit constituer ce round, a montré toute la difficulté du processus de médiation entre le gouvernement malien et les groupes armés.
Sans être grippée, la machine de la médiation avec un comité composé de l’ONU, l’Union africaine, de la CEDEAO et dont le leadership est assuré par l’Algérie, tente de démarrer dans un élan d’ensemble, permettant d’augurer une issue heureuse des négociations.
Les divergences entre les groupes armés d’une part et entre les rebelles et le gouvernement malien d’autre part, ont vite pris le dessus, encore une fois de plus à Alger, compromettant le démarrage des négociations de fonds.
Alors qu’elles devaient commencer ce mardi matin, après une ouverture difficile des travaux hier dans l’après midi, les prétentions des rebelles maliens volontairement revues à la hausse dans la perspective des négociations, a imposé au médiateur un exercice difficile.
L’observation de certains préalables du MNLA a retardé de plus de 3 heures l’ouverture de la rencontre.
Le MNLA qui exige que ne prennent part aux négociations que ceux qui ont combattu l’Etat malien pour l’amener afin à la table des négociations, refuse l’ouverture des négociations ce mardi pour la simple raison que tous ses participants ne sont pas encore arrivés à Alger.
Toutes fois, le ministre des affaires étrangères de l’Algérie a ordonné le démarrage des négociations cet après midi à 15 heures, les retardataires prendraient le train en marche.

Ouverture hier à Alger du second round des pourparlers inter-maliens : Les groupes armés occasionnent deux heures de retard avant d’exprimer leurs« bonnes intentions » avec pour objectif la « paix »

Youssouf Camara avec APS.dz (Algérie) – L’Indépendant du 02 Septembre 2014
Initialement prévue pour démarrer à 13 heures (GMT) la seconde phase des pourparlers inter-maliens ont démarré hier lundi 1er septembre avec quelques heures de retard occasionné par les groupes armés. Leurs représentants (MNLA-HCUA-MAA) ont eu, dans la matinée, une séance de travail avec le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, pour aplanir les angles. A la sortie de cette rencontre, le représentant de la délégation de la Coordination des mouvements politico-militaires de l’Azawad, Mohammed al-Mouloud Ramdan, a affirmé que ces mouvements sont venus en Algérie avec de « bonnes intentions » avec pour objectif la « paix ».
L’équipe de médiation, les parties maliennes ainsi que tous ceux impliqués dans cette étape fondamentale de négociations dans le cadre du processus d’Alger, œuvrent pour l’instauration de la paix et la promotion de la sécurité dans le nord du Mali, a indiqué lundi à Alger le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. « Toute l’équipe de médiation et les parties maliennes travaillent pour mener à bien cette exaltante mission de l’édification de la paix et la promotion de la sécurité », a souligné le chef de la diplomatie algérienne en procédant à l’ouverture des négociations de la seconde phase du dialogue inter-malien.
Cette seconde phase de négociations se tient conformément à la feuille de route signée à Alger le 24 juillet dernier signée entre le gouvernement du Mali et six mouvements politico-militaires du nord de ce pays. M. Lamamra a en outre transmis aux délégations participantes les encouragements du président de la République, Abdelaziz Bouteflika qui « suit les efforts consentis dans ce sens » et souhaite plein succès à ces négociations. Le ministre a exprimé au nom du Président la disponibilité de l’Algérie à ne ménager aucun effort pour aboutir à une solution globale et définitive.
Il a rappelé à ce titre que cette phase cruciale a été précédée par un long travail préparatoire afin d’unifier les positions, estimant qu’elle constitue « un rendez-vous avec l’histoire » qui « n’a pas toujours été clémente », a-t-il dit, « mais nous avons l’opportunité d’ouvrir un nouveau chapitre ».
A l’issue d’une rencontre ayant précédé l’ouverture des travaux, les mouvements de l’Azawad ont exprimé leurs « bonnes intentions » avec pour objectif la « paix ».
Le secrétaire général adjoint du MAA, Abdallah Ould Mohamed, a exprimé son souhait que la deuxième phase du dialogue intermalien soit une initiative de « bon augure ». « Nous nourrissons de grands espoirs quant à ces négociations tout en comptant sur la clairvoyance de nos frères algériens » , a-t-il souligné.
De son côté, le président de la CPA, Ibrahim Mohamed Salah, a estimé que les négociations de la seconde phase du dialogue intermalien seront « constructives » appelant les autres parties à œuvrer pour sortir de la rencontre avec un accord, à la faveur de la paix au Mali.
« Il faut démontrer que nous pouvons faire la paix », a-t-il souligné. Le premier vice-président de la Coordination des mouvements et forces patriotiques des résistances (CM-FPR), Hama Aba Cissé, a indiqué pour sa part que la coordination comptait sur l’Algérie et les autres partenaires.
M. Cissé a tenu à remercier à cette occasion, le président Abdelaziz Bouteflika, le Premier ministre Abdelmalek Sellal et le chef de la diplomatie, Ramtane Lamamra, qui, a-t-il dit, « nous accompagnent pendant ce dur combat durant plusieurs mois ».

2ème round des pourparlers d’Alger : le collectif des acteurs de la société civile sur la sortie de crise dénonce son exclusion

Assane Koné – Le Républicain du 2 Septembre 2014
« On a jamais pensé que cette rencontre allait se faire sans nous. On nous a superbement ignoré ». C’est en ces termes que Ag Akado de CAP-Mali et du Conseil national de la communauté Bellah, tous membres du Collectif des acteurs de la société civile du Mali sur la sortie de crise, a dénoncé l’ostracisme dont la société civile malienne est victime dans le cadre du 2ème round des pourparlers qui ont démarré le 1er septembre 2014, à Alger, en vu de la résolution de la crise malienne. C’était lors de la conférence de presse organisée par le Collectif des acteurs de la société civile du Mali sur la sortie de crise, pour lancer son document intitulé la « Voix commune de la société civile », le 1er septembre 2014, au siège du Forum des organisations de la société civile.
Décidément qui sont ceux qui représentent la société civile malienne au 2ème round des pourparlers d’Alger pour le retour de la paix au Mali. Au moment, où la rencontre s’ouvrait à Alger, des leaders de la société civile malienne, sous la bannière du Collectif des acteurs de la société civile du Mali sur la sortie de crise, ont organisé une conférence de presse pour ventiler leur document intitulé la « voix commune de la société civile ». Mais, ils n’ont pas manqué de dénoncer l’ostracisme dont ils sont victimes de la part des autorités maliennes depuis le démarrage du processus. « Jusqu’à hier, nous n’avions pas reçu d’invitation pour participer aux pourparlers d’Alger.
L’Etat a choisi des individualités et le MNLA a désigné sa société civile selon ses critères. Mais, nous n’avions pas été conviés à cette rencontre. Et, nous pensons que ce sont des sociétés civiles qui vont défendre des positions partisanes à Alger et non négocier dans le sens de l’intérêt du Mali », a indiqué Ag Akado. Il a demandé à ce que l’Etat clarifie les critères qu’il a utilisé pour choisir les représentants de la société civile. Mais, en attendant, il nous a été donné de constater que des acteurs maliens de la société civile et non des moindres, ont été exclus de cette rencontre.
Mais, qu’à cela ne tienne, le Forum des Organisation de la société civile, le Conseil National de Société Civile, COMODE, CAP-MALI, Plateforme des Kel Tamasheq, AL CARAMA, TEMEDT : Ibrahim Ag Idbaltanat, CRI DE CŒUR, COLLECTIF INFA PLUS, Conseil National de la Communauté Bellah, WILDAF MALI, Conseil National de la Jeunesse du Mali et le Mouvement Sauvons le Mali, regroupés dans le Collectif des acteurs de la société civile du Mali sur la sortie de crise, a élaboré un document intitulé la « voix commune de la société civile ».
Le document a été présenté par Mamoutou Diabaté, Président du Forum des organisations de la société civile. « Préoccupé par la situation politico-sécuritaire sur le territoire National, depuis plus de trois ans, le Collectif des Organisations de la Société Civile Constate que malgré les Résolutions des Nations Unies, les efforts de l’Etat du Mali, l’implication des Pays Africains et de l’ensemble de la Communauté Internationale, les maliens demeurent perplexes quant à une issue favorable de sortie de Crise », a indiqué Mamoutou Diabaté.
Selon lui, la situation sécuritaire dans les Régions du Nord du Pays continue à être caractérisée par une insécurité permanente dans toutes les localités, des attentats à la voiture piégée, des lancements d’obus, une occupation de la plupart des localités par des groupes de rebelles, des Jihadistes et des narcotrafiquants, un faible accès des populations aux services sociaux de base et un secteur économique peinant à se remettre en route. « Dans ces conditions, ne devrions-nous pas questionner l’efficacité des approches de résolution adoptées au niveau national et de l’engagement de la Communauté Internationale dans le règlement de cette crise ? », a-t-il interrogé.
Avant d’indiquer que : « Le constat, aujourd’hui, est que les Maliens sont lassés de cette crise et de la lenteur des procédures et tractations pour la résoudre. Ils nourrissent cependant l’Espoir de voir le processus d’Alger déboucher sur une Paix Définitive dans l’intérêt des maliens et de tous les maliens ». Mamoutou Diabaté dira que pour ce faire, les Organisations de la Société Civile du Mali, réunies au sein du Collectif des OSC pour une paix définitive, veulent porter cette « Voix Commune » à l’adresse des Autorités, mais aussi à l’Ensemble de la Communauté Internationale pour être entendue et pour apporter sa contribution à la PAIX. « Conformément à la feuille de route d’Alger, notre vision Commune porte sur les thèmes suivants : Les Aspects Politico-institutionnels ; la Réconciliation Nationale, la Justice et les Questions humanitaires ; la Réforme du Secteur de la Défense et de la Sécurité ; le Développement Economique Social et Culturel », a-t-il déclaré. Avant de lever le voile sur les propositions concrètes de la société civile.

Mali : réouverture des négociations d’Alger, à la recherche d’une « solution définitive » à la crise

02/09/2014 à 09:49 Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Le gouvernement et des groupes armés maliens ont repris lundi les pourparlers d’Alger en vue de ramener la paix dans le nord du pays. Un deuxième round de discussions après la signature fin juillet d’une « feuille de route des négociations ».
« Nous ne ménagerons aucun effort pour faire de l’étape d’Alger un temps fort dans la quête d’une paix juste et durable au Mali. » Ramtane Lamamra, ministre algérien des Affaires étrangères dont le pays assure la médiation, a affirmé que la réouverture des pourparlers, le 1er septembre, entre Bamako et des groupes armés maliens constituait une « phase substantielle » après celle qui avait abouti fin juillet à la signature d’une « feuille de route des négociations ».
De son côté, Abdoulaye Diop, chef de la diplomatie malienne, a assuré que son gouvernement s’engageait à « accepter et à respecter totalement et entièrement dans les meilleurs délais possibles », les accords qui seraient adoptés au terme de ces négociations.
L’enjeu est essentiel pour le Mali, plongé dans une profonde crise politico-militaire depuis l’offensive ouverte en janvier 2012 par la rébellion touarègue du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dans le nord du pays. Cette crise a été marquée par la prise de contrôle du Nord par des groupes jihadistes alliés à Al-Qaïda, qui y ont évincé le MNLA.
Si ces groupes ont été délogés en grande partie par l’intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France – l’ex-puissance coloniale – et toujours en cours, le Nord reste secoué par des actions meurtrières.
Entre les « faucons » et les « colombes »
Avant la rencontre d’Alger, les « faucons » et les « colombes » des groupes armés touaregs et arabes se sont retrouvés ces derniers jours à Ouagadougou, au Burkina Faso, pour signer un document d’entente. Ils ont ainsi scellé unité de façade de la plupart des mouvements armés du nord du Mali, à l’exception des groupes jihadistes, que Bamako ne considère pas comme des interlocuteurs.
Dans le groupe des « faucons » figurent les hommes du MNLA, du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA, au sein duquel sont recyclés d’ex-jihadistes) et d’une aile du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), qui avaient défait en mai dernier l’armée malienne à Kidal (nord-est), fief des Touaregs, lors d’une brève et violente reprise des hostilités.
Les « colombes » comptent notamment une autre aile du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA), qui est une dissidence du MNLA, ainsi qu’une aile des mouvements d’autodéfense du nord du Mali (essentiellement songhaïs et peuls).
À l’ouverture de la rencontre d’Alger, un des représentants du groupe des « faucons », Mohamed Ag Gharib, a également plaidé en faveur d’une « solution définitive » qui puisse empêcher toute « résurgence » du conflit.
Pour sa part, le président de la coalition du peuple pour l’Azawad (CPA), Ibrahim Mohamed Salah, du groupe des « colombes » a indiqué qu’il fallait « avoir le courage d’accorder le bénéfice du doute à ceux qui sont actuellement au pouvoir » à Bamako.

Alger II : L’heure de vérité entre les groupes armés et le pouvoir de Bamako

Tijkan – Badou S. Koba – 02 Septembre 2014
Jamais, les discussions entre frères Maliens n’ont suscité autant d’attention.
L’opinion nationale et la communauté internationale, toutes suivent le dossier comme du lait sur le feu. Tout comme au 1er round des discussions, cette phase finale réunira à nouveau les deux parties (Gouvernement et Mouvements armés) et les facilitateurs algériens et de la Communauté internationale à la table de négociation à Alger, dans la capitale algérienne. Les groupes armés se proposent d’apporter sous leurs aisselles une plateforme commune qui sera scrutée à la loupe par les représentants de Bamako et la médiation Algérienne.
Dans tous les cas, ce 1er septembre marquera un tournant dans la crise qui, depuis plus de trois décennies, a secoué le nord du Mali. Pour la 1ère fois, plusieurs acteurs sont présents pour être témoins des discussions et des accords qui seront signés par les deux parties. Lors des soulèvements précédents, la crise a été gérée à la nationale à travers la politique du bâton et de la carotte. La première rébellion qui a éclaté en 1963 sous le régime du président Modibo Keita a été noyée dans le sang, son leader Allader sera capturé au cours de la bataille décisive qui aura lieu entre les troupes gouvernementales et les rebelles entre Tinzawaten et Menaka.
S’y ajoute la seconde rébellion qui éclate sous l’égide des revenants de Libye qui avaient combattu au sein de la légion verte au Tchad. Elle prendra fin par un pacte national et l’intégration des combattants dans les différentes structures de l’Etat. Pour la mise en œuvre de ce pacte le gouvernement de Bamako s’était assuré de l’appui de certaines grandes familles notables et maraboutiques comme la famille Intallah à Kidal pour maintenir un certain équilibre politique et économique.
Ce qui a permis de maintenir un semblant de calme avec l’aide de l’ex-guide de la grande Jamariya Arabe Libyenne, Mohammar Kadafi. Après la chute de ce dernier, ses alliés touaregs vont fonder le MNLA avec l’aide de certains conservateurs européens pour ouvrir les hostilités contre l’Autorité de Bamako, la boite à pandore ainsi ouverte profita plus aux djihadistes qu’au MNLA. Après la conquête des régions, les alliés djihadistes se sont passés des consignes du MNLA pour soumettre les populations à la pratique de la Charia dans les régions de Tombouctou et Gao.
Seule Kidal a échappé à cette folie religieuse.
Il a fallu l’intervention énergique et décisive de l’opération « Serval » pour bouter les obscurantistes hors de nos territoires. Les casques bleus de l’ONU, sous l’appellation de MINUSMA assurent depuis les arrières avec leurs frères d’armes des Forces armées maliennes (FAMa). Et sous la pression de la communauté internationale, le gouvernement de transition et les rebelles se sont retrouvés à Ouagadougou pour planter le décor des pourparlers dits inclusifs directs au terme d’un pré-accord, appelé Accord de Ouagadougou, signé le 18 juin 2013.
Jusqu’aux événements du 18 et 21 mai 2014, les protagonistes ne s’accordaient pas sur les conditions de mise en œuvre des conclusions de ce protocole d’accord. Bamako ne voulait pas négocier avec des hommes en armes et les mouvements armés (MNLA et HCUA) soutenus pas la France, rechignaient à déposer les armes comme exigé par les nouvelles autorités.
Ce qui devrait arriver arriva. Bamako a voulu mettre à profit des événements qui ont perturbé la visite du Premier ministre, Moussa Mara, à Kidal qui a entraîné l’assassinat froid de huit préfets de la région pour passer en force. La bataille du 21 mai opposant les FAMa et les Mouvements armés qui a tourné à l’avantage des derniers, qui ont bénéficié de coup de main a finalement convaincu Bamako, à renouer le fil du dialogue. Car, la solution militaire ayant montré ses limites. Les autorités maliennes ont jeté leur dévolu sur la capitale algérienne pour conduire le processus du dialogue, qui se veut inclusif.
La particularité de cette nouvelle discussion, c’est qu’elle est parrainée par l’ONU, l’UE, la CEDEAO, les pays du champ : d’abord l’Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso. Plus le Maroc et le Tchad. Ces pourparlers inclusifs directs ambitionnent de créer les conditions pour les frères Maliens de se tenir un langage de vérité qui avait manqué jusqu’ici. Le syndrome Malien les préoccupe.
L’implication de ces pays n’est point une partie de plaisir. Car une solution à la crise malienne sera un gage de stabilité pour eux au moment où le djihadisme gagne de nouveau territoire, comme le Boko Haram au Nigeria, qui a conquis plusieurs villes dans le nord du pays. Timidement, il se porte sur l’autre rive des frontières, notamment au Cameroun.
Les groupes armés ont été contrains par la communauté internationale de présenter une plateforme commune. Ce qui a été fait à Ouagadougou. Cette plateforme exclut d’office toute velléité sécessionniste. Ce qui est déjà une bouffée d’oxygène pour les autorités maliennes. Les discussions se focaliseront fondamentalement sur les formes de gouvernance qu’il faut pour le nord, le statut des régions du nord, les questions de développement.
Mais ce qui est sûr et certain, c’est que rien ne sera plus comme avant. Avant, l’argent passait par des structures sous la houlette de certains leaders du nord qui utilisaient les sous à leur guise. La réussite de cette phase finale des pourparlers inter-maliens ne fait l’ombre d’aucun doute car, c’est la condition sine qua none pour que les partenaires ouvrent les vannes et accompagnent le processus.
La communauté internationale est pressée, elle veut enfin savoir qui est djihadistes, qui est groupes armés. Une fois ce tri effectué, elle pourra à volonté combattre le terrorisme qui s’est enraciné dans le sahel. Une seule certitude : une fois l’accord paraphé, les récalcitrants devront rendre des comptes. Cette crise du nord qui a atteint son paroxysme avec les combats de Kidal permettra aussi au sud de souffler car, les difficultés avec les bailleurs qui financent les infrastructures de base ont beaucoup affecté une économie déjà exsangue par le putsch du 22 mars 2012.
Nombreuses sont les entreprises qui ont déjà subi de plein fouet cette crise entrainant au passage le chômage des jeunes. Aussi les travaux de la route Goumakoura- Tombouctou pourront reprendre. Le barrage de Taoussa un rêve lointain verra le jour.
La route Tombouctou-Gao qui passera par Kidal pour rejoindre Tamarasset en Algérie deviendra réalité. Aussi, avec ces infrastructures, le nord pourra connaitre un peuplement digne de ce nom car la nature à horaire du vide. Ces infrastructures associées à l’exploitation des gisements de gaz et de pétrole de Tombouctou, l’uranium de Kidal, les phosphates du Tilemsi emploieront les jeunes qui seront désormais à l’abri de l’intégrisme religieux.
Faut-il le rappeler, le document de cette phase finale des pourparlers sera paraphé à Bamako pour des questions de souveraineté et donnera lieu à une cérémonie solennelle.

Entre espoir et inquiétude : les institutions démocratiques apportent leur soutien au processus d’Alger

Rokia DIABATE – Le Prétoire du 1er Septembre 2014
Les présidents des différentes institutions démocratiques du Mali ont signé vendredi une déclaration commune dans laquelle ils affirment apporter leur « plein soutien » aux pourparlers inter maliens de paix dont le second tour débute aujourd’hui à Alger. Ce soutien se manifeste au moment où l’esprit des pourparlers d’Alger semble se perpétuer, de manière confuse, dans des scénarios imprévus qui ne présagent rien de bon.
« Nous apportons notre soutien plein et entier à la poursuite des pourparlers inclusifs de paix inter maliens dans le cadre du processus engagé à Alger », lit-on dans la déclaration commune. Le texte est signé par les présidents de la Cour suprême, Nouhoum Tapily, de la Cour constitutionnelle, Amadi Tamba Camara, de la Haute Cour de justice, Abderhamane Niang, du Haut Conseil des collectivités, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haidara, du Conseil économique, social et culturel, Jeamille Bittar, ainsi que par le Médiateur de la République, Baba Akhib Haidara.
Tous louent les efforts du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, en estimant que les pourparlers d’Alger entre gouvernement et groupes armés « s’expliquent et se justifient » au regard de la nécessité de sortir le pays d’une crise qui « hypothèque » son avenir. Ni les revendications autonomistes, sécessionnistes, indépendantistes, qui visent à faire trainer davantage le dialogue, encore moins la position ferme des autorités de Bamako à ne pas discuter sur un quelconque statut politique de l’Azawad ne facilitent ces pourparlers.
A l’issue de quatre jours de discutions, qui ont réuni les groupes armés à Ouagadougou, le dirigeant du MAA, Ahmed Ould Sidi Mohamed, et Alghabass Ag Intallah, représentant du Mnla et de ses alliés, ont publié un communiqué dans lequel ils annoncent la fin de ces luttes internes. Ils précisent également qu’ils se sont entendus pour arriver unis aux négociations de paix d’Alger, qui démarreront en début de cette semaine.
Au cours de ces négociations, l’épineuse question d’une plus grande autonomie du Nord sera évoquée. Bamako reste très perplexe et totalement désorientée. Et ce dont on peut être sûr, c’est que les marches-arrières, la surenchère, les blocages et les piétinements ne manqueront pas à Alger. Sera aussi au menu, l’imprévu des réalités mais aussi l’abus des frustrations. La grande hantise demeure toujours que les futures négociations ne soient pas semblables aux négociations antérieures : ne rien donner.

Pourparlers inter maliens à Alger : faut-il y croire ?

Paul N’GUESSAN – Le Prétoire du 1er Septembre 2014
C’est parti pour le second round des pourparlers de paix ce matin à Alger entre les autorités maliennes et les groupes armés du nord malien. Dialogue qui constitue un tournant majeur dans la résolution du conflit armé au Mali, mais ne représente qu’un premier pas dans la bonne direction. Tous les Maliens qui souhaitent une paix durable doivent maintenant se mobiliser pour soutenir ces pourparlers afin de tourner la page de cette crise.
La communauté internationale a évité au Mali de sombrer dans le chaos au cours de ces deux dernières années et doit maintenir intact son engagement militaire, politique et financier. L’évolution du processus de paix ne doit pas être dictée par les seules ambitions des deux protagonistes de l’accord de Ouagadougou et de la feuille de route d’Alger mais aussi par l’objectif de la construction d’une paix durable au Mali, qui est cruciale pour la stabilité de toute l’Afrique de l’Ouest. IBK a compris que l’impasse politique pourrait à terme menacer ses propres intérêts et a su tirer parti de la lassitude générale.
Cela a accru la pression sur le Mnla et les autres responsables des groupes armés qui avaient besoin d’une porte de sortie qui préserverait leur influence dans un Mali réunifié. L’accord signé à Ouagadougou en 2012 est davantage un compromis entre deux camps qui veulent une sortie de crise préservant leurs intérêts particuliers qu’un accord qui garantirait une paix durable. L’opposition politique apparaît plus affaiblie, mais elle a un rôle important à jouer pour donner une chance à une réelle sortie de crise.
Les pourparlers inter maliens qui débutent ce jour à Alger dans la capitale algérienne devront survivre à l’épreuve des cessations des hostilités afin d’enclencher les grandes réformes dans les régions nord du pays. Le grand défi pour ces pourparlers est de tout faire pour que les accords qui découleront d’Alger soient exécutés comme il se doit.
Le rôle de l’Algérie, nouvel arbitre, sera crucial à cet égard. Il faudra également surmonter les difficultés logistiques et financières inhérentes au redéploiement de l’autorité dans certaines régions du nord. Les partenaires extérieurs doivent aider le gouvernement malien mais ne doivent pas devenir les complices d’un chaos dans la mise en pratique des accords qui en découleront.
Même correctement mis en œuvre, les différents accords à savoir : Ouagadougou et Alger ne suffiront pas à eux seuls à mettre fin à la crise politique qui a profondément divisé la société malienne. C’est maintenant que les organisations de la société civile malienne doivent également prendre leurs responsabilités, et ne pas laisser à nouveau l’avenir du pays dépendre de la soif de pouvoir d’une poignée de leurs concitoyens.

Alger II s’ouvre ce matin : comment gérer le piège du statut particulier ?

Alpha Mahamane Cissé – L’Indicateur du Renouveau du 1er Septembre 2014
Au moment où s’ouvre le 2e round de négociations à Alger, les groupes armés réitèrent la question du statut particulier pour le Nord. Un piège qui va peser dans débats.

Après une phase de pourparlers qui a abouti à l’élaboration d’une feuille de route de négociations, le gouvernement et les groupes armés sont à nouveau dans la capitale algérienne pour sceller la paix. Non sans difficultés et interrogations.
Notamment le fait que ces négociations annoncées en août dernier ont été reportées dans des conditions floues et la multiplication de nouveaux groupes armés et de groupes d’autodéfense ainsi que les tensions communautaires devenues récurrentes dans le septentrion. Ainsi, Alger II s’ouvre ce matin alors que ces questions fondamentales demeurent sans réponses.
Si la semaine dernière les groupes armés se sont retrouvés à Ouagadougou pour dégager une position, il y a des inquiétudes par rapport à la plate-forme de revendications qui a sanctionné leurs travaux. Et la nature des doléances irrite beaucoup l’opinion publique malienne qui a commencé à se faire déjà une idée de la suite des événements.
En substance, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA), le Mouvement arable de l’Azawad (MAA), ont été réconfortés par l’adhésion de la Coalition des peuples de l’Azawad (CPA) de Mohamed Ag Assaleh qui clamait pourtant à la création de son groupe à l’unicité du Mali.
Idem pour une partie de la Coordination des forces patriotiques de résistance pilotée par Ibrahim Kantao. Fondamentalement, l’on s’interroge sur la nature de la revendication ; à savoir : le statut politique pour le Nord du Mali.
La communauté internationale qui parraine les négociations d’Alger est restée silencieuse sur la nouvelle donne mais le patron de la Minusma Berth Koenders, censé être son répondant, a rencontré les acteurs avant d’apprécier la position commune dégagée.
« Nous avons appris que les mouvements armés se sont réunis à Ouagadougou à la veille de la reprise des pourparlers à Alger afin d’arrêter une position commune. La Misahel se félicite de la Déclaration qui s’en est suivie et qui constitue indéniablement une avancée dans la bonne direction, celle de la paix. Nous encourageons cette démarche d’unification des mouvements armés, qui, nous l’espérons, facilitera les négociations et permettra d’aboutir à un accord de paix inclusif », a déclaré pour sa part la Misahel.
Tout comme la Minusma, la Mission de l’UA pour le Mali et Sahel (Misahel) n’a pas fait cas de cette demande de statut particulier pour le Nord.
Comme le voit, les groupes armés qui hier demandaient l’indépendance, l’autonomie, le fédéralisme optent enfin pour un statut particulier. En tout cas, cette question sera certainement abordée dans les discussions et la réponse que l’Etat va apporter est très attendue par les Maliens. Car, c’est là où résident tous les pièges.

NORD DU MALI: La ruée vers l’or

01/09/2014 00:17 Cheick TANDINA – Le Prétoire
Après les pourparlers, place aux négociations autour d’une table entre le gouvernement, les mouvements invités, les groupes auto-invités, les maitres chanteurs, les intrus et les indéterminés. Le round risque de prendre beaucoup plus de temps que prévu et aboutir à rien.
Après la fin des pourparlers à Alger entre le gouvernement malien et les groupes armés, rebelles, terroristes et d’autodéfense, le premier round des négociations, initialement prévu pour le 17 août dernier, doivent démarrer en principe aujourd’hui, toujours dans la capitale algérienne, sous l’observation et la facilitation de l’Algérie, des autres médiateurs et de la communauté internationale qui a intérêt dans la stabilisation du pays dont le nord est devenu un sanctuaire pour toutes sortes d’activistes et de contrebandiers.
Six de ces groupes étaient à Ouagadougou (Burkina Faso), la semaine dernière, pour accorder leurs violons et peaufiner leur plateforme de revendications. Selon les responsables de certains de ces mouvements armés, ils sont d’accord pour laisser au Mali son intégrité territoriale et sa laïcité républicaine mais réclament un statut particulier pour les régions du nord : une large autonomie.
Que cache une telle revendication dont la satisfaction consacrera légalement la partition du pays en nord et sud ?
Que cache cette revendication ?
Quand on sait que, depuis près de vingt ans, le Mali a entamé un processus de décentralisation générale qui consacre l’autonomie de gestion et un code des collectivités territoriales(C.T), on se demande ce que signifie large autonomie.
Parce que de manière générale, toutes les collectivités territoriales du pays sont régies par les mêmes textes : lois portant sur le statut des C.T et du district de Bamako, le code des C.T, les conditions de la libre administration des C.T, les ressources fiscales des communes, cercles et régions et du district de Bamako.
On sait aussi que depuis des années, les maires, les présidents des conseils de cercle et de région courent désespérément derrière un transfert des ressources financières comme cela a été le cas avec le transfert des compétences (décrets /P-RM n°96-119, 95-210, 96-084, 01-555, 02-313, 02-314, 02-315).
Si les autorités n’ont jamais concrétisé leur promesse de transférer aux élus locaux la gestion des ressources financières, c’est parce que dans la plupart des collectivités territoriales, la gestion matérielle et financière s’est révélée catastrophique, notamment au niveau des communes. Pour corriger cela, l’Etat s’était engagé sur plusieurs chantiers, d’importantes réformes institutionnelles et politiques.
Par ailleurs, suite et conformément aux accords passés entre le gouvernement et les rébellions antérieures, la gestion des agences, programmes et projets de développement des régions du nord a été confiée à des ressortissants du nord. Cela a été le cas notamment pour Anict, Adin, Adn, Mali nord-est, Papiv, Padl, Pacr, Mali-nord, Pdrk, Psark, Pspsdn, Prodeca, Padl-To et bien d’autres.
Parmi tous ces outils de développement, rares sont ceux qui se sont révélés efficaces pour le développement local. Au contraire, certains ont servi de fonds d’appui au développement de la rébellion, du terrorisme, du jihadisme et du narcotrafic dans les régions du nord. Outre les budgets qui sont exécutés sans aucun contrôle sérieux, ce sont les véhicules de ces structures qui ont servi de logistique première aux groupes armés.
Prolifération des mouvements
Aujourd’hui encore, ce sont des cadres de ces structures qui créent et financent tous ces groupes armés, prétendus dissidents d’autres mouvements, qui s’invitent aux négociations en cours à Alger, qui exigent « une large autonomie » leur permettant de piller l’aide extérieure et de torpiller le développement local. Leurs commanditaires sont à Bamako, sous le parapluie doré de certains tenants du pouvoir, et aident rebelles, terroristes et cadres à s’interconnecter en vastes réseaux asociaux de prédation.
En définitive, le Mnla qui n’a jamais renoncé à l’indépendance de son Azawad, le Hcua qui est devenu un refuge pour terroristes islamistes en déroute, Ansar Eddine qui continue son jihad, quoi qu’ils disent et malgré les atrocités dont ils se sont rendus coupables et qui ne sont nullement à absoudre, sont en réalité les seuls groupes armés avec lesquels une véritable paix est possible.
Tous les autres mouvements, une véritable prolifération, ont été constitués dans le seul but de faire main basse sur la manne financière promise dans le cadre de la reconstruction des régions du nord. Ou, à défaut, partager avec les autres le pactole.
Entre la sincérité des uns et la boulimie des autres, les émissaires du gouvernement auront fort à faire.

Nord du Mali: à Alger, des négociations cruciales pour la paix

Par RFI – Date: 01 Septembre 2014
Les pourparlers intermaliens reprennent ce lundi à Alger. Le gouvernement malien d’un côté et les groupes armés du nord de l’autre vont tenter d’avancer vers la signature d’un accord de paix.
La cérémonie d’ouverture est prévue pour 15 heures (13 heures TU) à Alger. Outre l’Algérie, l’ONU, l’Union africaine et la Cédéao feront partie des médiateurs. Après la première phase de discussions en juillet, les négociations devraient désormais porter sur le fond et notamment sur le statut du nord, aussi appelé Azawad par les groupes.
Les uns à Bamako au Mali, les autres à Ouagadougou au Burkina Faso. Les autorités maliennes comme les groupes armés ont profité du mois d’août pour préparer leurs arguments. Les négociations qui débutent ce lundi à Alger vont entrer dans le vif du sujet avec un dossier crucial : la question du statut de l’Azawad.
À Bamako, on se dit prêt à écouter et entendre les revendications des groupes armés à une condition : que l’on reste dans le strict respect du principe de la souveraineté nationale et de l’intégrité du territoire.
Le 28 août dernier à Ouagadougou, six mouvements politico-militaires ont signé un accord pour parler d’une même voix à Alger avec un message unique : défendre un statut juridique spécifique pour l’Azawad. « Peu importe la dénomination », assurait Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad). Le contenu doit prendre en compte une fois pour toutes les aspirations de ce peuple en matière sécuritaire, de gouvernance et de développement.
Du côté des médiateurs algériens et internationaux, on se dit optimiste, estimant les conditions réunies pour un accord définitif de paix. Bert Koenders, le chef de la Minusma, perçoit une véritable volonté des parties à trouver des solutions et des compromis en insistant : « Les Maliens sont fatigués par cette crise ! »

Prières pour la paix, Grande mosquée : « Un très bon signe du sursaut national » a apprécié le chef de l’Etat

A. DIARRA – L’Essor du 1er Septembre 2014
Une page décisive pour l’avenir de notre pays s’ouvre avec le deuxième round des pourparlers inclusifs inter-maliens qui démarrent aujourd’hui à Alger. En prélude de cet important rendez-vous, les différentes communautés religieuses du pays ont organisé des séances de prière pour la paix.
Le ton avait été donné vendredi à la Grande mosquée de Bamako. Dans ce haut lieu de l’islam dans notre pays, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a pris part à la prière collective de 16 heures. Le chef de l’Etat était entouré de leaders religieux, dont les présidents du Haut conseil islamique du Mali et de l’imamat, Mahmoud Dicko et Aboubacar Camara.
Parmi les autres personnalités ayant pris part à la prière, il y avait des membres du gouvernement et des hauts cadres de l’Administration d’Etat. Des nombreux fidèles musulmans s’étaient mobilisés.
En invitant les communautés religieuses à prier, le président de la République voulait que tous les fidèles musulmans implorent Allah afin qu’il agrée nos dévotions et qu’il étende Sa Grâce sur l’ensemble du pays.
Youssouf Touré, un commerçant installé non loin de la Grande mosquée de Bamako est venu une trentaine de minutes avant le début de la prière. « D’habitude je viens cinq minutes avant la prière, mais aujourd’hui, c’est un jour spécial car le président IBK vient prier avec nous pour le pays », a-t-il confié. Le commerçant n’était pas le seul à venir à l’avance vendredi. Pour certainement ne pas avoir de soucis avec la sécurité qui avait commencé à filtrer les entrées, beaucoup de fidèles étaient venus bien avant l’heure de la prière.
Après la prière, le président de la République a accepté de se confier à la presse. Il a en substance indiqué que cette prière est un « très bon signe du sursaut national, face à tout ce qui, perturbe notre environnement ». « L’essentiel a été dirigée vers Alger », a dit le chef de l’Etat avant de souhaiter qu’il y ait « des échanges fraternels » « pour recoudre notre tissu national ».

Dimanche, IBK a assisté à une grand messe célébrée dans la cathédrale catholique de Bamako

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