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Dans les coulisses d’Alger II

by sur 11 septembre 2014

On savait que les pourparlers d’Alger ne seraient pas une partie de plaisir et que les chausses-trappes ne manqueraient pas.

Confirmation ci-dessous avec une série d’articles concernant ce qui se passe dans les coulisses de ces pourparlers, les pressions, les coups dans le dos, les absents omni-présents, les allers-retours des uns et des autres… et l’inébranlable optimisme d’Abdoulaye Diop, le ministre des affaires étrangères du Mali.

Le ministre Abdoulaye Diop : « Nous devons améliorer l’architecture institutionnelle et politique actuelle afin que des Maliens ne soient plus obligés de recourir aux armes pour se faire entendre»

Massiré DIOP, Envoyé spécial à Alger – L’Indépendant jeudi 11 septembre 2014 à 17h.

L’audition des représentants de la société civile , dans le cadre de la seconde phase des pourparlers inclusifs inter-Maliens d’Alger, a pris fin le lundi 8 septembre dernier. Nous en avons profité pour recueillir les impressions de certaines personnalités impliquées dans ces pourparlers.
Dans cet entretien exclusif réalisé avec le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, il nous livre son espoir de voir un accord de paix global et définitif conclu à la fin de ce processus. Il estime qu’il faut améliorer l’architecture institutionnelle et politique pour que les Maliens n’aient plus jamais recours aux armes pour se faire entendre des pouvoirs publics.
L‘Indépendant : Bonjour, M. le Ministre. Pouvez-vous nous faire le point sur le déroulement de l’audition de la société civile qui vient de prendre fin ?
Abdoulaye Diop : Comme vous le savez, nous avons déjà tenu une phase initiale de ce dialogue et conclu une feuille de route. L’une des dispositions de la seconde phase du dialogue prévoyait l’inclusion des communautés. Nous sommes donc dans un processus des pourparlers inter-Maliens inclusifs qui doit donner la chance à chaque Malienne et à chaque Malien de pouvoir contribuer et de dire son mot concernant notre pays.
C’est dans ce cadre que cette semaine les quatre groupes thématiques se sont constitués à savoir : le groupe sur les questions politico-institutionnelles, un autre sur la sécurité et la défense, un troisième sur le développement économique, social et culturel et un dernier sur la justice et la réconciliation.
Cette semaine, il y a donc la médiation, le gouvernement et les mouvements du nord du pays mais aussi 54 représentants des communautés du pays, en particulier celles du nord. Il y a aussi des jeunes, des femmes, des représentants de la société civile qui sont là pour donner leur perspective et leur compréhension de la situation, partager leur diagnostic mais aussi proposer des pistes de solutions. Ce qui, à leurs yeux, peut représenter des éléments pouvant nous permettre de conclure un accord.
Il y a eu énormément d’idées et de contributions intéressantes qui ont été notées par toutes les parties et qui vont nous aider à affiner nos positions pour pouvoir engager, la semaine prochaine, les négociations à un plan beaucoup plus politique ou technique.
Lors des débats, des propos comme « indépendance », « autonomie » sont plusieurs fois revenus. N’avez-vous pas le sentiment que l’on s’est éloigné de la feuille de route signée en juillet dernier ? Et qu’il y a urgence à recadrer les débats ?
Si l’on regarde le format dans lequel nous nous trouvons, c’est compréhensible. Ceux qui ont parlé cette semaine, ce sont les représentants des communautés et de la société civile qui ont la liberté d’évoquer tous les sujets qui les préoccupent et de partager leur vision. Par rapport à cela, il n’y a pas de censure. C’est important que nous écoutions tout le monde.
Ce qui est aussi important à retenir, c’est que nous sommes là dans le cadre d’une feuille de route et de l’accord préliminaire de Ouaga dans lesquels tous ont réaffirmé des positions sur lesquelles le gouvernement du Mali ne transigera pas : le respect de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale du pays, la forme laïque et républicaine de l’Etat.
Maintenant que les représentants des communautés ou de la société civile malienne expriment leur point de vue, c’est normal car nous sommes en démocratie et chacun peut s’exprimer. Mais nous, en tant que gouvernement, nous nous en tenons aux engagements qui ont été pris avec les mouvements du nord et confirmés et garantis par l’équipe de médiation.
Naturellement, ceux qui ont signé ces documents ne les ont jamais dénoncés. Nous sommes dans un exercice de liberté d’expression mais des engagements ont été pris et ceux-ci ne seront pas remis en question.
Au niveau du gouvernement, quelle autre concession seriez-vous prêts à faire pour parvenir à une situation où les groupes armés se reconnaitront clairement dans ce qui va être signé ?
Par rapport à cela, le président de la République lui-même a fixé un cap. Il a indiqué qu’à partir du moment où l’intégrité territoriale du pays est respectée, son unicité est reconnue et que la forme laïque et républicaine de l’Etat est acceptée par tous, nous pouvons discuter de tous les autres sujets avec les frères et sœurs maliens.
De pouvoir dessiner ensemble des cadres politiques, institutionnels ou sécuritaires ou envisager des priorités de développement qui puissent donner le confort à tout Malien de se sentir réellement Malien, de pouvoir contribuer au développement de son terroir et de sa localité et même du pays.
Nous sommes disposés, ensemble, à regarder ce qui a été fait jusque-là en matière de décentralisation et d’évolution entre le pouvoir central et les collectivités locales.
Il est vrai que sur un certain nombre de plans il y a eu des insuffisances et des faiblesses, que nous-mêmes nous reconnaissons, que les états généraux sur la décentralisation et les assises sur le nord ont relevées, sur le fait qu’il n’y a pas eu un transfert conséquent de ressource aux collectivités.
Nous devons tirer toutes les leçons de ces faiblesses pour voir comment nous pouvons améliorer l’architecture institutionnelle et politique actuelle pour donner le maximum de confort et éviter que des Maliens ne soient encore obligés de prendre les armes pour se faire entendre.
Quel est votre dernier mot à l’endroit des populations maliennes qui attendent beaucoup de ces pourparlers ?
C’est juste pour dire aux uns et aux autres que nous sommes ici confiants, que nous nous engageons dans un processus qui a le potentiel de nous conduire à un accord de paix global et définitif. Par rapport à cela, chacun de nous a une part de responsabilité par son attitude, son comportement et les mots que nous prononçons, de pouvoir faire preuve de retenue et de responsabilité, mais aussi de tolérance.
Et surtout, en de pareilles circonstances, nous devons prôner un esprit d’apaisement, que l’on s’écoute les uns et les autres et que l’on soit confiant et conscient, en tout cas pour la partie gouvernementale, que les intérêts supérieurs du Mali ne seront pas bradés et que ce qui est important pour nous, c’est le respect de l’unité nationale du pays, le respect de l’intégrité territoriale, de la forme laïque et républicaine de l’Etat.
Dans ce cadre, nous venons ici avec l’esprit ouvert pour écouter et dessiner ensemble une vision commune pour l’avenir de notre pays afin que nous puissions créer, pour les générations futures, un pays en paix, un pays prospère, un pays capable de jouer son rôle dans la région et dans le monde. Un pays où aucun citoyen ne se sentira citoyen de seconde zone. Au contraire, où nous créerons la convivialité nécessaire pour que chacun puisse s’épanouir et se sentir Malien et pleinement Malien.

Mali – La paix devra (encore) attendre : le MNLA revient à sa revendication d’autodétermination

© Par maliactu.net – 11 septembre 2014
« La revendication du peuple de l’Azawad demeure légitime, légale et juste, à ce titre le Conseil Révolutionnaire reste à jamais attaché aux aspirations si noble de ce peuple à savoir son autodétermination »
Les pourparlers inter-maliens d’Alger vont surement prendre une autre tournure avec ce rebondissement ahurissant. Le MNLA vient de revenir à son premier amour, l’autodétermination.
C’est à l’issue du 4ème congrès ordinaire de son « Conseil Révolutionnaire », tenu du 06 au 09 Septembre 2014 à Kidal, que le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) a réaffirmé son attachement à l’«autodétermination» de son « peuple ».
« La revendication du peuple de l’Azawad demeure légitime, légale et juste, à ce titre le Conseil Révolutionnaire reste à jamais attaché aux aspirations si noble de ce peuple à savoir son autodétermination », peut-on lire dans le communiqué sanctionnant le Congrès.
A la lumière des points à l’ordre du jour du congrès, il est aisé de comprendre que le mouvement séparatiste tenait délibérément à mettre en cause tous ses engagements reconnaissant l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Mali. En effet, ce 4e Congrès avait clairement pour objectif d’adopter « une nouvelle stratégie conformément aux évolutions actuelles ».
Devons-nous comprendre par ceci que le MNLA a décidé de ne plus respecter les engagements antérieurs ?
On se rappelle, au début de la seconde phase des pourparlers d’Alger, la coalition des groupes armés radicaux (MNLA-HCUA-MAA dissident) a remué ciel et terre pour que le gouvernement entame au préalable des discussions sur le « statut de l’Azawad » avant toute entrée en matière. Même les auditions de la société civile malienne (divisée pour les besoins des négociations en société civile des groupes armés et société civile du gouvernement) n’étaient prioritaires de son point de vue.
On a également remarqué une tentative du mouvement d’intrusion d’autres acteurs extérieurs aux pourparlers, notamment le roi marocain, Mohamed VI.
Le MNLA est bel et bien dans une dynamique rétrograde. La preuve, dans le même communiqué, le mouvement rebelle « rappellent à la Communauté Internationale et toutes les parties associées portées garantes des négociations entre l’Azawad et le Mali, que toutes les solutions superficielles ont déjà fait leur preuve ».
Pour décrypter cette annonce, il suffit de se référer aux nouvelles prétentions du MNLA à Alger. Ce groupe armé qui a ouvert les hostilités en 2012 et plongé le Mali dans une guerre sans précédent, fait dépendre le retour de la paix à l’indépendance du nord du Mali.
Assy Walet Icha est présidente de l’Association des femmes de l’Azawad, une organisation proche du MNLA. Ce qu’elle déclare au Républicain ne laisse aucun doute sur les ambitions nouvelles du MNLA : « La paix est incontournable, mais passe par l’indépendance », a-t-elle confié au journal.
Faut-il comprendre que sans l’indépendance, le MNLA jure une déstabilisation continue du nord du Mali ?
Les menaces de Assy Walet Icha sont à prendre au sérieux quand on sait qu’elle est une pièce maîtresse du MNLA sur le terrain. C’est elle le cerveau manipulateur des femmes et enfants de Kidal. C’est elle qui les pousse à des pseudo-manifestations à chaque fois que le MNLA en ressent la nécessité pour faire monter les enchères entre lui et Bamako.

Abdoulaye DIOP : « la souveraineté du Mali ne sera pas bradée à Alger »

Le Journal du Mali – Par Modi Camara(Alger) – 10/09/2014
En marge des négociations d’Alger, le ministre malien des Affaires étrangères qui dirige la délégation malienne, s’exprime sur l’enjeu de cette seconde phase des pourparlers inter-maliens
Journaldumali.com : Le Mali n’aborde t-il pas cette deuxième phase des pourparlers inter-maliens dans une posture faible après la défaite de l’armée à Kidal en Mai ?
Abdoulaye Diop : Depuis les incidents de Mai à Kidal, la situation sur le terrain est complexe. Mais cela n’entame en rien la volonté du gouvernement de maintenir le dialogue. Je peux vous assurer que le gouvernement ne vient pas à Alger en position de faiblesse. Nous avons la conviction que seule la paix peut stabiliser notre pays et seule la voie du dialogue peut résoudre ce problème très difficile.
Pendant l’audition de la société civile, certains continuaient à défendre l’idée d’autonomie ou d’indépendance. Cela n’est-il pas inquiétant pour la suite ?
A.D : Nous avons estimé que tout Malien concerné doit avoir son mot à dire. D’où les auditions de la société civile. Dans ce genre de démarche, il y a une certaine liberté de ton. L’important est que la feuille de route signée s’inscrive clairement dans le respect de l’intégrité territoriale du Mali, de sa souveraineté nationale et de la forme laïque et républicaine de l’Etat. C’est un acquis garanti par l’ensemble de la communauté internationale à travers l’équipe de médiation présente à Alger.
Quel message avez-vous à l’endroit des Maliens qui suivent avec attention ces pourparlers ?
A.D : Les uns et les autres peuvent être confiants car le Mali, ses valeurs et ses principes fondamentaux ne seront pas bradés en Algérie. Nous nous battrons pour que la constitution et les principes qui fondent cette nation puissent être respectés. Nous sommes disposés à aller avec nos frères et sœurs du Mali des régions du nord vers un avenir commun qui donnera à chaque malien sa place dans le respect de sa religion et de sa diversité.

Éventuel accord de paix à l’issue des pourparlers d’Alger : Vers un remaniement de l’attelage gouvernemental

Bruno D SEGEBDJI – djitosegbedji@yahoo.fr – L’Indépendant – 11 septembre 2014
De sources diplomatiques bien introduites, la formation d’un nouveau gouvernement s’imposera au président de la République si les participants aux pourparlers d’Alger parviennent, comme c’est vivement souhaité, à un accord de paix dans les prochains jours. Ce qui, confirment certains diplomates étrangers, conduira le président IBK à nommer un nouveau Premier ministre et à faire appel à d’anciens rebelles au sein de la nouvelle équipe gouvernementale.
En sa deuxième semaine des discussions entre le gouvernement du Mali et les groupes armés du Nord, le dialogue de sourds semble se poursuivre. Si les autorités gouvernementales proposent, la main sur le cœur » la décentralisation poussée ou la régionalisation hardie « , les groupes armés, notamment le MNLA, brandissent leur revendication d’autonomie ou de fédéralisme.
Pour rapprocher les points de vue et offrir une alternative vers des compromis, certains médiateurs suggèrent de proposer aux rebelles ou aux organisations qui leur sont proches de les convaincre à participer à un nouveau gouvernement que Bamako doit s’engager à former dès la signature d’un accord de paix.
De sources proches des négociateurs maliens et étrangers, qui séjournent dans la capitale algérienne, les discussions à huis clos portent sur » une association des cadres proches des groupes armés à la gestion des affaires publiques « . Et des officiels maliens sont entrepris afin de convaincre le président de la République quant à la nécessité de mettre sur pied un nouveau gouvernement. Une équipe gouvernementale qui tiendra compte de la nouvelle dynamique de paix amorcée avec la signature de cet accord de paix tant attendu.
Selon des diplomates, les seules lignes rouges infranchissables définies par le gouvernement portent sur le respect de l’unicité et l’intégrité du territoire national, le caractère laïc et républicain de l’Etat, le non à l’autonomie et au fédéralisme. La formation d’un nouveau gouvernement, estiment-ils, ne violent aucunement ces exigences.
En outre, certaines chancelleries occidentales ne cachent pas leur embarras de voir débarquer le Premier ministre Moussa Mara qui, selon eux, a compliqué la situation sur le terrain à travers sa visite entêtée à Kidal le 17 mai, suivie des affrontements meurtriers du 21 mai 2014. Des analystes vont jusqu’à entrevoir un nouveau gouvernement avec à sa tête un Touareg bon teint, qui se chargera systématiquement de convaincre les irrédentistes à abandonner la voie des armes.
D’autres sources assurent que ce sera un heureux compromis, une chance pour le Mali de permettre à certains cadres proches du MNLA ou du HCUA d’entrer dans la nouvelle équipe gouvernementale. Ou de faire en sorte que des ex-combattants soient nommés dans les représentations diplomatiques du Mali à l’étranger.
Comme on le voit, le prix de la paix risque d’être assez corsé pour le président de la République, qui ne cesse de souligner sa foi en le dialogue, rien que le dialogue. Oui donc au compromis mais pas la compromission !

Mali : Des touaregs combattent pour Boko Haram au Nigeria et au Cameroun

Koulouba – actualités maliennes du 10 septembre 2014
C’est désormais confirmé : des combattants touaregs participent aux cotés de Boko Haram à la déstabilisation des pays africains.
La confirmation vient du gouvernement camerounais qui a affirmé, lundi soir, avoir tué « plus d’une centaine » de combattants de la secte nigériane lors d’une tentative d’incursion des insurgés en territoire camerounais. Parmi les morts « se trouvent deux personnes d’origine touareg qui ont été clairement identifiées » précise le communiqué du gouvernement camerounais.
Au Mali, les regards sont tournés vers les rebelles touaregs dont les liens étroits avec les groupes terroristes ne sont plus un secret. Les indépendantistes ont eu l’occasion de le prouver à la face du monde avec leur alliance machiavélique avec les djihadistes pour semer le chaos au Mali en 2012.
On leur connaissait des rapports fraternels avec des nébuleuses terroristes comme Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI), le Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique et de l’Ouest (MUJAO) ou encore avec Ançar Dine, le seul groupe armé touareg explicitement déclaré islamiste, et dont certains membres se sont discrètement fondus au sein des différents groupes armés rebelles participant, à Alger, aux pourparlers de paix avec le gouvernement malien.
Lors de leur occupation des régions septentrionales du Mali, des informations faisaient état de la présence de combattants de Boko Haram dans les rangs des occupants de l’époque. Comme le confirme ce témoignage d’un habitant du nord rapporté par le journal l’Indicateur du Renouveau en mai dernier : « Lors de l’occupation par les djihadistes, des éléments de Boko Haram ont servi dans notre village. »
Cette aide de la secte n’est vraisemblablement pas restée sans retour. Une aide de ses alliés est une aubaine en ce moment où elle nourrit des velléités expansionnistes. Il est désormais établi qu’elle a recruté des combattants touaregs pour renflouer ses effectifs. Ce qui prouve qu’elle a passé une bonne affaire avec les groupes armés occupants du nord du Mali en 2012.
Il s’agit maintenant de savoir si ces recrus sont issus de cette seule époque ou si la coopération perdure de nos jours. Une telle hypothèse n’est pas à exclure quand on sait qu’une partie non négligeable du nord reste encore contrôlée par des mouvements armés aux pratiques multiples.

Crise malienne : incontournable Alghabass Ag Intalla

10/09/2014 à 18:53 Par Jeune Afrique avec AFP
Alghabass Ag Intalla, secrétaire général du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), ne participe pas aux pourparlers d’Alger, alors même qu’il est à l’origine de l’idée d’unification des mouvements rebelles. Retour sur les raisons d’un retrait qui ne saurait être définitif.
Les leaders des groupes armés du Nord-Mali se trouvent tous à Alger pour la reprise des pourparlers de paix avec le gouvernement. Tous sauf un : Alghabass Ag Intalla, le secrétaire général du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA). Selon plusieurs sources, le fils de l’aménokal Intalla Ag Attaher est pourtant le seul chef respecté (et écouté) par les autres mouvements rebelles.
« C’est lui qui a lancé l’idée d’une unification des différents groupes avant de se rendre à Alger, glisse un médiateur. Depuis quelques semaines, il a véritablement la main sur les décisions. » Pourquoi donc ne s’est-il pas rendu en Algérie ? « Il veut laisser les autres régler leurs derniers différends sur la place publique, pour ensuite jouer les pompiers de service », décrypte notre source.

Ouverture de nouvelle ambassade de l’Azawad en Hollande : Le Mali trahit par certains pays amis ?

Par Sidi Modibo Kane – 9 septembre 2014 repris par ABDOULAYE DIARRA – L’Indépendant du 10 septembre.
Alors que ses promoteurs prétendent discuter paix à Alger – « L’Etat de l’ Azawad » ouvre ce mardi 9 septembre son ambassade en Hollande – D’autres ambassades sont attendues en Suisse et en Russie.
Ces actes, qui viennent s’ajouter à d’autres initiatives dans les domaines diplomatique et médiatique, prouvent que le MNLA s’active inlassablement à traduire dans les faits son projet d’ » Etat azawadien » et que l’accord, qui sortira des discussions d’Alger, ne permettra pas, loin s’en faut, l’instauration d’une paix durable au nord du Mali.
Signataire de l’accord préliminaire de paix de Ouagadougou du 18 juin 2013, qui stipule le respect de l’intégrité territoriale du Mali, c’est contraint et forcé par ses engagements souscrits auprès de la communauté internationale que le MNLA participe aux pourparlers de paix d’Alger. Parallèlement sur d’autres théâtres, il s’active comme un beau diable pour donner corps à son projet de création d’un « Etat de l’Azawad ».
Le mouvement sécessionniste n’a nullement renoncé à son projet fédéraliste sur lequel il s’est rabattu après l’échec retentissant de la proclamation de l’indépendance de « l’Azawad » en 2012. L’un de ses membres, Sidi Ag Baye, s’exprimant sous le couvert d’un respectable animateur de la société civile, a bien déclaré à notre envoyé spécial à Alger (L’Indépendant n° 3579 du lundi 8 septembre 2014) que l’objectif recherché à travers les pourparlers qui se déroulent actuellement est : « soit une large autonomie soit la fédération de deux entités ou rien ».
Ce projet d’Etat, dont le MNLA a pourtant annoncé l’abandon en 2013 franchit une nouvelle étape avec l’ouverture annoncée, ce mardi 9 septembre, de l’ambassade de l’ « Azawad » en Hollande.
D’autres sources nous renseignent que l’ouverture de cette première ambassade « azawadienne » sera suivie par celle d’autres représentations du même Etat fictif en Suisse et en Russie.
Moussa Ag Assarid, l’un des représentants du MNLA en Europe, qui a signé l’information concernant l’ouverture de l’ambassade en Hollande, nous apprend aussi qu’un « livre en anglais sur le combat du peuple de l’ « Azawad » paraitra ce même 9 septembre sous le titre : « L’art de la création d’un Etat, l’Azawad ».
A ces initiatives diplomatique et littéraire, il faut ajouter le lancement récent de la chaine de télévision « Temoust » qui signifie « culture » en Tamasheq, à la faveur d’une cérémonie présidée par patriarche Intalla lui-même. Preuve supplémentaire de la volonté des séparatistes à matérialiser leur projet de création d’un « Etat Azawadien », leur participation à Bruxelles, du 18 au 20 septembre prochain, à un séminaire international sur : « l’autodétermination des peuples, nouveaux modèles d’Etat ».
On relèvera enfin que depuis le 18 novembre 2013 l’ « Azawad » est membre à part entière de l’Organisation des Etats africains émergents (OEAS). Dans un document en notre possession, on note ce qui suit : « Selon le secrétaire général de cette organisation, Ebenezer Derek Mbongo, le MNLA est reconnu comme étant le seul représentant légitime de ce nouvel Etat indépendant. C’est ce mouvement qui, tout en marquant son accord avec la déclaration de Washington sur l’autodétermination des peuples africains et la fin des frontières issues de la colonisation en Afrique, a signé son adhésion à l’OEAS.
Basée à Washington, l’OEAS est une organisation non gouvernementale qui lutte pour l’autodétermination des peuples africains et la fin des frontières issues de la colonisation en Afrique. Elle considère celles-ci comme étant une construction artificielle du 20ème siècle à l’origine de millions de victimes sur le continent.
Le tragique destin de l’Azawad depuis 1963 est la conséquence directe du maintien forcé des frontières coloniales et du déni du droit international à l’autodétermination des peuples. L’OEAS est membre observateur de l’ONU.
L’organisation des Etats africains émergents (OEAS) a été créée en 2010 sur les principes de la déclaration de Washington relative à l’autodétermination en Afrique. Ainsi, en tant que 13ème membre, l’Azawad a rejoint au sein de cette organisation le Biafra du Nigéria, le sud Cameroun, Cabinda angolais, les Iles Canaries et la Kabylie de l’Algérie ».
Ce sont là autant de faits qui montrent à satiété que le MNLA n’est pas sur la même longueur d’onde que les autorités maliennes, les autres groupes armés signataires à la fois de l’accord de Ouagadougou et de la récente entente conclue dans la capitale burkinabé et la communauté internationale qui cherchent à mettre en place une paix durable à l’intérieur des frontières du Mali reconnues internationalement depuis son accession à l’indépendance en 1960.
Il n’y a pas, il n’y a jamais eu et il n’y aura probablement jamais, une réelle volonté du MNLA d’aller au processus de paix, à moins qu’il n’aboutisse à l’entité « azawadienne » telle que rêvée par ses promoteurs. Aussi l’accord de paix qui sera signé à Alger, ne tardera pas à être mis en cause par ce mouvement.
Autant dire qu’il ne garantira pas une paix durable et que le MNLA poursuivra son entreprise de déstabilisation du nord du Mali. Pour le malheur du Mali et de toute la zone sahélo-saharienne.
Et avec la complicité, hélas, de pays européens présentés comme des modèles de démocratie et d’Etat de droit.

Alger-II : L’ombre d’Iyad Ag Ghaly plane sur les négociations

Alpha Mahamane Cissé – L’Indicateur du Renouveau du 09 Septembre 2014
Malgré les nombreux crimes commis dans le Nord pendant l’occupation jihadiste sous sa conduite, le terroriste Iyad Ag Ghaly compte encore parmi les acteurs avec qui l’Etat malien négocie.
Celui qui est considéré par les Américains comme un dangereux terroriste, Iyad Ag Ghaly est chouchouté par la médiation algérienne. Et toutes les décisions à prendre dans le cadre de la gestion de la crise du Nord, le leader d’Ançar Eddine est consulté.
Les négociations d’Alger-II ne dérogent pas à cette règle. Même s’il n’est pas présent publiquement, l’homme continue de peser sur elles à travers ses émissaires qui y participent et jouent un rôle prépondérant.
D’ailleurs, nombre de participants à Alger-II sont unanimes sur la capacité du désormais allié d’Aqmi à avoir gain de cause. « Ici, personne à Alger ne parle mal d’Iyad Ag Ghaly », nous a confirmé un participant.
Ainsi, tout comme la première phase de pourparlers, qui a vu l’adoption d’une feuille de route, les représentants désignés d’Iyad Ag Ghaly ont fait entendre leur voix. En clair, c’est sous la pression des éléments du HCUA que la signature a pris du retard. Dans leurs doléances, ils mettent en cause la forme laïque du pays.
Quelques jours plus tard, le terroriste Iyad Ag Ghaly a menacé dans une vidéo la France et annoncé son adhésion à la nébuleuse Al-Qaïda. Mais en sourdine, il continue de manipuler Alghabas Ag Intallah et autres dans son projet dit islamique.
Son implication dans la deuxième phase des négociations ne souffre d’aucun doute. « Chaque fois que nous échangeons avec les gens du HCUA, nous ne rendons compte qu’ils pensent toujours comme Iyad », nous a expliqué une notabilité de Gao présente à Alger.
En tout cas, pour détourner le regard, il a accordé une interview à un journal français en ligne au moment où les travaux tardaient à démarrer. Il n’a pas fait de cadeau en cette circonstance, expliquant que la force de frappe de ses hommes demeure toujours inégalée dans le Nord. C’est pourquoi, il a mis en garde l’Etat malien de signer un accord qui ne cadre avec sa volonté.
Ce qui est évident, c’est bien les bonnes relations qu’il continue d’entretenir avec l’Algérie. Et le fait que ce pays a été préféré à d’autres est à mettre au compte de sa proximité avec les communautés de l’Adrar des Ifoghas, dont Iyad. Mieux, ils sont nombreux ses combattants ainsi du HCUA qui ont la double nationalité (malienne et algérienne).
En tout état de cause, l’ombre d’Iyad Ag Ghaly continue de planer sur les négociations alors que le chef du gouvernement avait déclaré à un journal français récemment que l’homme n’a donné aucune chance pour qu’il soit accepté par le Mali.

 

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