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Alger II : éclairages et réactions

by sur 12 septembre 2014

Les pourparlers d’Alger se poursuivent au sein de quatre commissions dont il ne sort aucune informations.

En revanche, les prises de position et réactions ne manquent pas.

Quelques échos ci-dessous.

Réactions à propos des négociations d’Alger : « Il y aura des frustrés ! »

Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 12 Septembre 2014
L’État et les groupes armés du nord du Mali discutent, depuis le 1er septembre, les principes d’un accord de paix devant mettre fin à la crise que le pays traverse depuis janvier 2012. Le document doit, à priori, être signé dans la première quinzaine du mois d’octobre prochain. Quel espoir les maliens fondent sur ce processus politique ? Réactions à Bamako !
Soumaïla Dembélé, professeur d’histoire et géographie au lycée Massa Makan Diabaté : « Il y aura des frustrés au cours de ces négociations »
Les négociations en cours à Alger me mettent mal à l’aise, même si je pense que la solution à notre problème se trouve dans un accord de paix. Pourquoi ? Parce que je sens qu’on n’a pas eu le choix. Le pays a tellement chuté qu’on devait aller obligatoirement à ces négociations pour trouver les solutions idoines de sortie de crise. Néanmoins, il faut qu’on en finisse avec cette rébellion qui dure depuis trop longtemps. Ce problème tire ses origines de la mauvaise gouvernance. On parle d’historique d’une sorte d’État de l’azawad ou État touareg bien avant l’indépendance mais nous ne sommes plus à ce stade : c’est la mauvaise gouvernance qui a resurgi cette rébellion. Si la confiance parvient à s’établir entre le gouvernement et les groupes armés, je pense que la signature d’un accord sera salutaire. Je sais que les rebelles en demandent trop, on ne peut pas accepter toutes leurs exigences. Le statut particulier pour le nord est quasi difficile pour ne pas dire impossible à accepter. C’est vrai que c’est une doléances de certains groupes parce que, nonobstant ce problème, il y a des spécificités, voire des problèmes assez récurrents, entre ces mouvements qui ont pris les armes contre l’Etat. Même si on leur donne aujourd’hui un État, ils ne pourront pas s’entendre à cause de ce problème de leadership lié aux questions de tribus. L’Etat ne doit (aucunement) accepter l’indépendance ou l’autonomie.
Mais, à mon avis, il faut accepter de faire certaines concessions : qu’on accepte par exemple l’insertion socioprofessionnelle d’ex-rebelles. On peut même accepter que des anciens combattants rebelles, y compris ceux qui ont déjà eu à déserter, intègrent de nouveau l’armée nationale. Je suis convaincu que lorsqu’on aura trouvé une solution à la gouvernance, ce serait la clé de la fin de ces crises. Ce n’est pas propre au Mali. Nelson Mandela nous a montré l’exemple. Ses bourreaux sont devenus ses proches, ses collaborateurs. Ils ont pu bâtir une nation sud africaine Arc-en-ciel. Le Mali peut s’en inspirer, à condition que les dirigeants changent de comportement vis-à-vis des ressources publiques. Qu’ils soient de bons dirigeants pour l’intérêt du Mali, pas seulement pour l’intérêt d’un clan. Cette crainte me fait croire que l’accord en vue ne sera pas un accord définitif. Il y aura des frustrés au cours de ces négociations et ceux-ci n’hésiteront pas à prendre les armes dans les années à venir. Les gens qui ont pris les armes aujourd’hui sont ceux qui n’ont rien eu à la signature du pacte national [de 1992, Ndlr]. Ils revendiquent leur part. Et demain, d’autres peuvent faire de même. On verra dans dix ou vingt ans, peut-être même cinq ans, une résurgence du même problème. On a connu pas mal d’accords. Il semble aussi de nature de ceux qui se disent aujourd’hui azawadiens, les touaregs, qu’ils n’aiment pas vraiment vivre avec les autres communautés du Mali, surtout les noirs. Ils sont gênés de voir les noirs leur gérer tout le temps.
Il y a aussi une activité qui perdure et dont on voudrait bannir : le trafic de drogue. Ces rebelles sont aussi des narcotrafiquants. Ils gagnent tellement d’argent dans cette pratique qu’ils ne veulent pas de sa proscription. C’est pourquoi je dis qu’il sera très difficile d’avoir un accord global et définitif. S’il faut ajouter à tout cela le fait que ce problème a aussi une source extérieure. Nous sommes dans un monde géopoliticostratégique. La mondialisation est fait de telle sorte que les grandes puissances veulent toujours continuer à nous dominer. Quand on parle d’émergence de l’Afrique, ils ne veulent pas en entendre parler. On fait croire aux africains qu’on veut les aider. Ces groupes armés sont des marionnettes de l’occident, et dans le cas malien, c’est la France et d’autres pays qui sont derrières. Étant donné que nos États sont impuissants, comment remédier à cette situation donc ?

Amadou Ongoïba, blanchisseur à Baco-Djikoroni ACI : « Mon souhait est que les deux parties parviennent à s’entendre »
Mon souhait, par rapport à ces négociation, est que les deux parties parviennent à s’entendre. Ce dialogue est mieux que la guerre. Ça ne sert à rien de s’affronter incessamment. La guerre a trop d’impacts négatifs sur le développement d’un pays. Elle ne sert à rien. Quand on pense seulement aux nombreuses pertes en vies humaines pendant ces deux années de conflit, on ne peut que regretter ce temps de crise. Qui peut( prétendre) dire qu’il a gagner ? Chacun d’entre nous a certainement perdu un être cher. De nombreux chefs de familles y ont laissé( perdu la vie) leurs vies.
Mme Cissé Zemila Maïga, Présidente de l’Association « Fo ka ben » en Commune V : « Chaque nordiste a un frère au sud et chaque sudiste a un frère au nord »
Je suis la preuve du brassage entre les communautés maliennes. Je suis d’une mère Tamashèq de Kidal et d’un père Songhoy de Gao. La finalité des pourparlers, qui se déroulent à Alger, est d’aboutir une paix paix durable et définitive. C’est la raison pour laquelle, tous les maliens doivent s’impliquer. La faiblesse des précédentes accords a été l’exclusion de certains acteurs, souvent les vrais acteurs, des négociations. Et chaque fois qu’il y a une exclusion, cela engendre d’autres problèmes. Il nous faut tirer les leçons de nos erreurs pour avancer. Le gouvernement doit faire en sorte d’y associer les chefs traditionnels et coutumiers du nord comme du sud, y compris les familles fondatrices de Bamako. Il ne faut exclure personne, ceux qui ont pris les armes comme ceux qui ont subi les dommages et même ceux qui n’étant ni rebelles ni victimes, mais qui ont donné le meilleur d’eux pour aider à tempérer la situation la situation. En un mot, il faut impliquer tout le monde pour que le résultat engage chacun.
Au regard de l’exaspération générale, je crois bien que chacun est prêt pour la paix. Les présentes négociations étaient attendues par tous les maliens et de la communauté internationale dans son ensemble. Notre souhait est qu’elles aboutissent à une paix durable et définitive. Le statut particulier peut être une solution s’il est bien négocié. Mais il faut savoir qu’il y a un problème de développement général au Mali. Il est donc important que l’Etat fasse une gestion rationnelle et concertée des richesses nationales. Il ne sert à rien d’accorder le statut particulier aux régions du Nord sans qu’il n’y ait véritablement d’effet sur le terrain. Il faudrait éviter une gestion divisionniste du pays. Aucune région ne peut durablement se développer sans les autres.
J’étais à Gao pendant la rébellion des années 1990. A l’époque, il suffisait de voir une personne à la peau claire pour le taxer de rebelle. J’avais des difficultés de sortir dans la rue, ne serait-ce que pour aller à l’école, du fait que j’ai une teinte de peau plus claire, héritée de ma maman. On me taxait de rebelle à cause de cela. Au sein d’un groupe d’amis, ces derniers faisaient semblant de calomnier les Tamashèq. Face à cette situation, tous les autres enfants de mon père ont abandonné l’école presqu’en sixième année pour se réfugier en Algérie. Mon père me disait qu’il est Songhoy (il vient de Forgo, un village à 45 km de Gao) et qu’il ne bougera pas de Gao. Ma Maman et moi sommes restés !
L’épisode de 2012 m’a trouvé à Bamako puisque je suis secrétaire de greffe et parquet en service au Tribunal de la Commune V. Mais mon père et ma mère ainsi que toute notre famille sont restés à Gao durant toute l’occupation. Dieu merci, nous n’avons pas subi les mêmes discriminations de 1990. C’est pourquoi, je lance un appel à mes frères des groupes armés de respecter l’intégrité territoriale du Mali. Le Mali est un et indivisible. Chaque nordiste a un frère au sud et chaque sudiste a un frère au nord. Nous devons nous accepter, nous donner la main et travailler ensemble pour le développement de ce pays.

Fodé Touré, étudiant : « Il ne sera pas facile de trouver un accord dans l’immédiat »
Ma conviction à propos de ces négociations est qu’il sera difficile de trouver un accord dans l’immédiat avec le groupe du Mnla [mouvement national de libération de l’azawad, Ndlr]. C’est un groupe qui pourrait violer l’accord, après l’avoir signé. Je ne fais pas confiance au processus politique actuel parce que ce que ces rebelles demandent est inacceptable : leur intégration dans l’armée. Cette intégration amènera d’autres frustrations au sein de la population malienne. Les jeunes ne vont pas l’accepter. Les jeunes ne l’accepteront pas. Il y en a parmi nous autres beaucoup qui n’ont pas de travail. En voyant certains réglés leurs problèmes par les armes, ce ne sera pas facile de contenir leur colère. Le pays est déjà en crise. On sait tous que quel qu’en soit le résultat de ces négociations, ces rebelles prendront tôt ou tard les armes. Même si la paix doit régner au Mali, ce ne sera pas pour demain. Par ailleurs, je ne pense même pas que ces négociations vont aboutir.

Djénéba Bagayoko, étudiante à l’IUG : « Je ne suis pas certaine que des négociations nous sortirons de ce problème »
Mon humble avis est qu’il faut affronter ces rebelles sur tous les plans, y compris militairement. A défaut, on n’a pas d’autre choix que de leur accorder le statut particulier ! C’est vrai qu’on a essayé de les affronter, ça n’a pas marché. Je pense que cela est dû à une impréparation de notre part. On n’avait pas assez d’équipements. Il faut préparer l’armée malienne à faire face à ce problème. A vrai dire, je ne suis pas sûre que des négociations nous sortent de ce problème. Si elles peuvent vraiment nous servir, espérons donc qu’une solution appropriée nous parvienne d’Alger.

Mohamed Dabo, malien de la diaspora : « Le statut particulier pour le nord ne peut pas marcher »
Le sentiment qui m’anime est qu’il faille faire tout pour préserver l’intégrité territoriale du Mali. Quand on parle de paix, on parle forcement de développement. Ce problème du nord a trop duré.
Là où je vis, compte tenu de ce qu’on nous dit dans l’actualité, ces négociations qui se tiennent à Alger semblent bien parti sur de bonnes bases. Je souhaite seulement que les négociateurs incluent la dimension vérité : que le peuple soit tenu informé des tenants et des aboutissements. Et toutes les couches socioprofessionnelles doivent pouvoir donner leur avis (religieux, société civile, hommes politiques, etc.). Les gens doivent être mis au courant de tout ce qui se passe dans ces négociations. Il faut une vraie réconciliation entre le sud et le nord, il faut aussi se pardonner les uns les autres. Il y a eu beaucoup de blessures, de fractures, il est important de les pardonner. Ça fait des années que nous avons le même problème. Chaque fois des gens se lèvent avec des armes. Ces négociations peuvent être un début de solution mais le statut particulier qui est en discussion à Alger ne peut pas marcher. Comment accorder un statut particulier pour le nord seulement. Le Mali a beaucoup de régions et chaque région a ses problèmes. Si on donne un statut particulier au nord, et si par exemple les gens de Kayes se révoltent demain ? Tout le monde doit rentrer dans la République. S’ils sont maliens comme nous on doit avoir les mêmes statuts politiques. Pour moi, ce problème est une question de justice. Il faudrait donner beaucoup de marges de manœuvre à l’appareil judiciaire parce qu’un pays sans justice ne peut pas marcher. Si on obtient une bonne justice, je pense que ça ira. Même ceux qui ont commis des actes au cours de cette crise peuvent être jugés, après le peuple peut les pardonner au nom de la réconciliation. On doit savoir que le développement passe d’abord par la paix.

Négociations d’Alger : L’Azawad toujours d’actualité

Alpha Mahamane Cissé – Par L’Indicateur du Renouveau – 12 septembre 2014
Il est difficile d’enlever dans les esprits des groupes armés l’Azawad. Et leurs faits et gestes à Alger le démontrent à suffisance.
Le lobby qui se cache derrière l’Azawad continue son offensive, ce malgré les négociations en cours à Alger. La confusion est telle que même l’Etat malien n’a pas pu s’empêcher de tomber dans le piège des séparatistes.
En témoigne le fait que c’est le ministre des Affaires étrangères qui est chargé de négocier en face des groupes armés. Alors qu’en la matière, c’est plutôt le ministre de l’Intérieur qui doit jouer ce rôle.
De mémoire des Maliens, c’est la première qu’on assiste à une telle erreur dans la gestion de la crise du Nord. Pour l’accord de Tamanrasset, en 1990, le Mali a été représenté par un ministre de l’Intérieur.
A la faveur de la signature de l’accord d’Alger en 2006, c’est le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales qui a paraphé le document au nom du Mali. C’est le même procédé en 2013, lors du très salutaire accord de Ouagadougou avec le ministre de l’Administration territoriale.
Le choix d’un ministre de l’Administration territoriale se justifie par le fait qu’il s’agit d’un conflit interne. Alors que le rôle d’un ministre des Affaires étrangères intervient quand il est question de conflits entre deux pays. Ce qui est loin du cas malien. Du coup, certains esprits croient durs comme fer que les autorités maliennes ont tout simplement capitulé devant les revendications des groupes armés.
Comme pour en rajouter à la confusion, en lieu et place d’une seule société civile habilitée à représenter tout le Mali, à Alger, nous avons affaire à deux (la société civile du Mali et celle de l’Azawad), sans que personne ne bronche.
Au moment où des débats chauds opposaient les participants d’Alger II, des manifestations de soutien à l’Azawad sont orchestrées dans plusieurs villes du Nord sous contrôle des groupes armés. D’ailleurs, un noyau important des responsables du MNLA et du HCUA sont toujours à Kidal et fait un travail d’endoctrinement.
Auparavant, une plate forme a été adoptée à Ouagadougou par la coordination (MNLA, HCUA, MAA) et les groupes politico-militaire où la principale recommandation était le statut politique particulier pour les régions du Nord.
Le hic est que même les groupes qui disent reconnaître l’intégrité du territoire continuent d’utiliser le nom Azawad (la Coalition du peule de l’Azawad et la dissidence du Mouvement arabe de l’Azawad, Haut conseil de l’unité de l’Azawad). « S’ils se reconnaissent dans le Mali un et indivisible, ils doivent se démarquer du terme Azawad », souligne un observateur.
Des actions diplomatiques
Pour confirmer la thèse selon laquelle le MNLA et ses alliés n’ont jamais renoncé à leur projet de République de l’Azawad, un représentant a été désigné en Europe. Il s’agit de l’ancien porte-parole du groupe, Moussa Ag Assarid, qui avait proclamé en son temps l’utopique indépendance de l’Azawad sur le plateau de France 24.
Sur le vieux continent, il est appuyé par un grand lobby d’où son coup aux Pays-Bas. La stratégie est simple, il met en place d’abord des centres culturels et même temps, il mène des activités diplomatiques en sourdine.
Autre fait qui démontre que le MNLA tient à l’Azawad, un groupe restreint est en train de sillonner des pays arabes et la moisson a été belle, les sympathisants ne se comptent plus.
Plus grave, les autorités maliennes qui ont signé un accord de cessez-le-feu ne parviennent pas à imposer à la partie adverse son respect. Dans ces conditions troubles, il est difficile d’imaginer que les groupes armés ont enterré leur projet de République de l’Azawad.
Au contraire, le MNLA et ses alliés en rêvent toujours les jours. C’est pourquoi, Alger II ne fera pas mieux que les précédentes négociations.

Entretien avec Moussa Ag Acharatoumane, membre fondateur du MNLA : Accord, intégrité territoriale, Etat laïc et républicain

B. Daou – Le Républicain du 11 sept 2014
« Pour les mouvements c’est un acquis, mais qui n’exclut pas l’autonomie ou le fédéralisme »
El Aurassi Hôtel. Une des huit pendules accrochées au mur va bientôt marquer 23 heures. En provenance de Saint Georges Hôtel, où le Haut Représentant du président de la République, l’ancien Premier ministre Modibo Kéita venait de rencontrer la société civile, pour dit-il une visite de courtoisie, les journalistes semblent ranger le calepin à la fin d’une autre journée de pourparlers à Alger.
C’est une heure tardive, mais non, il n’est pas question de laisser s’échapper celui qui doit nous guider chez notre interlocuteur. Abdoul Karim Ag Matafa, venu directement de son refuge au Burkina Faso, ne manque pas d’humour et indique que les Maliens doivent être reconnaissants au MNLA, « pour avoir aidé à débarrasser le pays du socialisme de la première République, du dictateur de la deuxième République pour instaurer la démocratie, et d’avoir poussé les autorités à faire la décentralisation, et maintenant de mesures nouvelles s’annoncent ».
L’ancien rebelle venu négocier la paix va nous être un précieux ‘’intermédiaire’’, pour mettre la main sur celui qui porte le chapeau du désormais communicateur du MNLA, et qui est arrivé à Alger, jeudi dernier. Il s’agit de Moussa Ag Acharatoumane, celui qui est pointé du doigt, accusé à Bamako d’être à l’origine de la création du MNLA en 2010, bien avant le retour de la Libye, des troupes armés.
Pour monter au niveau de l’étage où se trouve sa chambre, nous avons évité comme la peste, l’ascenseur qui a, un jour, failli étouffer Yaya Konaté de l’Ortm, en restant suspendu entre deux niveaux de l’étage et refusant de s’ouvrir. Sans réseau téléphonique et avec un interphone inopérant à l’intérieur, l’homme de « l’Interview de la semaine » a passé quelques minutes dans le noir, seul dans l’ascenseur avec ses imaginations. Puis l’engin se débloque (tout seul ?), mettant fin à la torture du journaliste. En tout cas dans l’intérêt pas moins du ministre Mahamadou Camara, le dernier Invité de la semaine, que du journaliste lui-même.

Notre indicateur, Abdoul Karim Matafa est un rescapé de la Force Serval, qui l’avait fait prisonnier. Remis aux autorités maliennes, il sera libéré après la signature de l’accord de Ouagadougou. Après avoir pris soin de bien nous identifier, deux journalistes de la presse nationale, il nous conduit à la chambre du désormais communicateur du MNLA, Moussa Ag Acharatoumane.
Deux fois la sonnerie. La porte ne s’ouvre pas. « Moussa… Moussa… ». Moussa dort peut-être. A la porte, de ce fondateur du MNLA, deux journalistes, et un de ses compagnons. Abdoul Karim Matafa se tourne vers nous, il est un peu tard, presque 23 h, … dit-il. Puis la porte s’ouvre. Moussa Ag Acharatoumane ne dormait pas, mais peut être observait-il un protocole de sécurité, le temps de faire passer les voix au scanner, de s’assurer qu’il n’y a pas d’erreur sur les personnes. Il avait été pourtant informé de cette visite-incursion. Il nous invite à entrer dans sa chambre d’hôtel et à nous asseoir. Ce que Yaya Konaté et moi fîmes.
L’homme est loin d’être comme Azaz Ag Loudagdag, physiquement. Le point commun entre eux, c’est leur intelligence. L’un a un discours modéré et sage, l’autre plus subversif et susceptible. Mais Moussa est un rebelle, peut-être assagi et redevenu docile. C’est lui qui assimilait dans le journal Le Monde, l’Ambassadeur de France à un «émissaire de France à Kidal ».
Mouvements et société civile, « tous ont aujourd’hui la volonté, le vœu d’aller à la paix, mais la responsabilité est celle de l’Etat et du gouvernement », pense Moussa Acharatoumane. Tous les notables sont à Alger pour s’inscrire dans la paix, indique-t-il. « Quant aux mouvements, nous avons pris l’engagement devant la communauté internationale, et c’est quelque chose qui est déjà un acquis. On nous pose chaque fois la question, comme s’il faut à chaque fois réitérer … il n’y a aucun risque de revenir en arrière ».
Selon lui, l’unité nationale et l’intégrité territoriale, l’Etat laïc et républicain sont acquis au niveau des mouvements. « Cependant, on ne doit pas dire à la partie adverse de ne pas parler de fédération. On doit avoir le courage d’en parler, l’intégrité territoriale ne doit pas exclure le débat sur la fédération », selon Moussa Ag Acharatoumane. Selon lui, l’accord est l’objet de la présence de tous à Alger. « Nous avons renoncé à la sécession et à l’indépendance et adhéré à l’intégrité territoriale, mais le fédéralisme et l’autonomie ne sont point à exclure », a déclaré Moussa Ag Acharatoumane. « Pour avoir une paix durable, il nous faut réfléchir aux réponses à la hauteur des aspirations. Pour cela, le minimum serait une autonomie », conclut-il.

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