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Bonne gouvernance ! Mali-FMI : le roi est nu !

by sur 2 octobre 2014

Si le Mali et le FMI sont tombés d’accord assez facilement, c’est que le pouvoir malien (présidence et gouvernement)  a du reconnaître la légèreté avec laquelle il jonglait avec les milliards de l’aide internationale, au moment même où on l’attendait sur la bonne gouvernance. Et pendant cette année 2014 qu’IBK lui-même a consacré « année de lutte contre la corruption »…

Passons sur la nécessité impérative pour la présidence d’acheter un avion, les commentaires sont beaucoup plus sévères sur la passation des marchés pour 60 milliards de FCFA, dont près de la moitié surfacturée.

On n’a pas fini d’entendre parler de la paire de chaussettes à 10 000 FCFA…

Et il n’est pas certain que les ministres directement concernés par cet escroquerie puissent, cette fois, sauver leurs têtes. N’oublions pas qu’elles avaient été demandées une première fois par Oumar Tatam Ly qui, ne les ayant pas obtenues et constatant l’incroyable légèreté de la gouvernance financière d’IBK, avait sèchement donné sa démission.

La presse, l’opposition (particulièrement Tiébilé Dramé, qui avait dénoncé, dés avril, ce laxisme budgétaire) ont la dent particulièrement dure envers le pouvoir qu’ils accusent d’avoir humilié le pays.

Dans le Prétoire, Cheick TANDINA pose perfidement la question : « A quand une République halal ? »

A la loupe : Une République halal

Cheick TANDINA – Le Prétoire du 2 oct 2014.
Le Mali, à l’instar de plusieurs autres pays, se prépare à fêter l’Aïd El Kébir. Dimanche prochain donc, des centaines de milliers de béliers seront sacrifiés à la gloire de Dieu. C’est la Tabaski, une journée halal (pure) au cours de laquelle ne devrait être consommée que de la viande halal.
Le Mali, qui se vante d’abriter une population à plus de 90% musulmane, va se plier à ce rite musulman. Mais, surtout, le Mali, depuis qu’il a été réveillé de « l’obscurantisme » de l’animisme et du fétichisme, aspire à devenir une nation dans laquelle le halal est érigé en culte de la probité. Comme dans beaucoup de pays où, islam oblige, certaines pratiques sont bannies. Parmi celles-ci, la consommation de la viande de cochon qui serait à l’origine d’une frayeur du cheval du prophète Mohamed (même si certains privilégient plutôt la thèse d’un oiseau sauvage qui aurait provoqué la chute du fondateur de l’islam) et de boisson alcoolisée (une thèse également battue en brèche par certains membres des courants rénovateurs de l’islam).
En égorgeant des béliers, les Maliens veulent donc consommer de la viande halal et faire de leur pays une république halal. Mais pour un pays, une société comme pour un individu, il ne s’agit pas seulement d’interdire la vente et la consommation de porc ou se priver du plaisir d’un bon vin pour être halal. Le halal embrasse bien des domaines les plus variés. Notamment ceux qui touchent la quasi-totalité du peuple. Particulièrement la gouvernance sociale, économique, financière et politique.
Dans les milieux qui font la promotion du halal, il est ainsi proscrit de faire des bénéfices importants dans des tractations commerciales. Ainsi, il est blâmable d’acheter une paire de chaussettes à 2000 Francs et de la revendre à 20 000 Francs. Mais surtout, il est interdit par la loi de Dieu et celle des hommes d’acheter une paire de chaussettes à 2000 Francs et de la surfacturer à 20 000. Ce n’est pas halal.
Pas plus que les marchés douteux et opaques dont l’objectif premier est l’enrichissement rapide et illicite de quelques individus et l’acquisition de matériels obsolètes et contre-performants dont l’utilisation tue plus qu’elle ne sauve.
Dans les mêmes milieux, la pratique des jeux de hasard et des paris basés sur l’argent est prohibée et rudement sanctionnée. C’est pourquoi, certains voient d’un très mauvais œil l’accointance de certains responsables politiques, hommes d’Etat, fussent-ils élus à plus de 77% des suffrages exprimés, avec des capitaines de l’industrie du jeu en casino et des courses hippiques.
Le président d’une République qui se veut halal devrait-il « fraterniser » ou lier grande amitié avec un parrain des parrains de la mafia corse ? La question est à l’étude depuis quelques temps au sein du cercle très fermé d’oulémas désœuvrés qui se demandent si les bénéfices engrangés dans les casinos et sur les turfs ne peuvent pas servir à financer une campagne électorale dans la mesure où la politique elle-même est basée sur le faux et le mensonge, donc pas halal.
Haram
Le halal dans la gouvernance politique recommande aux gouvernants de ne pas souiller leurs rangs politiques par des acteurs migrateurs granivores. Or, sous nos tropiques et singulièrement dans cette république qui se veut halal, le parti du président élu fait toujours l’objet d’une véritable ruée vers le gâteau national, au détriment de partis politiques fragiles qui s’étaient constitués avec des individus dont chacun avait son agenda et son calendrier personnels et ne vise que des intérêts particuliers.
Conséquence : les autres partis politiques s’affaissent avant de disparaitre ou de se diviser faussant l’exercice de la démocratie. Laquelle n’existe plus légalement que dans un seul camp, celui de la victoire. Les défaits, sans être défaitistes, crient dans leur désert et réclament qu’on leur accorde un statut juridique d’opposition, avec un chef doté de pouvoirs de contradiction et, peut-être, de nuisance.
Le halal dans la gouvernance administrative prône « le chacun à la place qu’il faut », selon les mérites et les compétences personnels. N’est pas halal, alors, toute manœuvre qui tend à octroyer les postes selon la détention de la carte du parti le plus fort ou les degrés d’affinité, de parenté ou d’allégeance. Car c’est amener le juste mais calculateur croyant à ne jurer que par le nom du roi. Cela s’appelle déification d’un pauvre petit mortel à côté de l’incommensurable et immortel divin. Ce n’est pas halal.
N’est pas non plus halal de consommer de la viande d’un mouton qu’on s’est procuré dans des conditions obscures. Car, ce n’est un secret pour personne depuis que l’Untm l’a révélé publiquement, les Maliens vivent mal dans leur peau, avec de maigres salaires pour faire face à la cherté de la vie, des revenus précaires pour assurer une survivance régulière. Dans les conditions actuelles dans lesquelles vivent les Maliens moyens, où l’acrobatie verbale et physique est nécessaire à la survie quotidienne, peuvent-il se procurer un bélier halal ?
A méditer : le contraire de cette vertu, le halal, s’appelle haram. Autrement dit, tout ce qui n’est pas halal est haram. D’où cette question quelque peu naïve et franchement idiote : comment doit-on appeler une République qui se veut halal mais dans laquelle rien n’est halal ?

Malversations dans les contrats d’équipement de l’armée : L’URD demande à IBK de tirer toutes les conséquences

Aguibou Sogodogo – Lerepublicainmali – le 2 octobre 2014-
« Les conclusions du Fonds monétaire international (FMI) sont un désaveu cinglant infligé aux autorités de notre pays et jettent ainsi l’opprobre sur tout le peuple malien. A l’Union pour la République et la démocratie (URD), nous ne sommes ni surpris ni étonnés de ce qui vient d’être révélé car nous n’avons jamais cessé depuis le début de la présente législature d’attirer l’attention du Président de la République et du Gouvernement sur les graves dérives et les manquements multiples aux règles de saine gestion des ressources publiques ».
C’est, en substance, ce qui ressort de la déclaration produite le mardi 30 septembre 2014 par le parti de la poignée de mains, suite à la mission du FMI effectuée à Bamako du 11 au 25 septembre 2014.
Pour changer la donne, le parti de Soumaïla Cissé, challenger d’IBK aux élections présidentielles de 2013, exhorte le président d’imposer sans préavis une gestion rigoureuse, transparente et efficace des finances publiques, et d’arrêter d’utiliser le budget de l’Etat dans des dépenses somptuaires.
La dernière mission du Fonds Monétaire International (FMI) n’a pas fini de faire des vagues dans les milieux politiques. Dans une déclaration en date du 30 septembre 2014, signé par son Secrétaire général, Lassana Koné, le Bureau Exécutif National de l’Union pour la République et la démocratie (URD) invite le président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) à rétablir la confiance.
Une confiance durable estimable envers son peuple et envers la communauté africaine et internationale afin de mettre fin aux souffrances qui perdurent, aux colères qui grondent, aux suspicions qui s’installent et aux blocages financiers qui se multiplient. Pour jouer son rôle de devoir patriotique de vigilance et de critique pour le confort de la démocratie et le bonheur du peuple malien, le parti du leader de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé, challenger d’IBK à la précédente élection présidentielle, exhorte le chef de l’Etat à promouvoir la morale publique qui privilégie l’intérêt supérieur de l’Etat au détriment du profit personnel.
Selon l’URD, après la mission, le FMI a instruit au gouvernement d’appliquer, sans délai, les dispositions de l’article 18 de la loi 96-060 portant loi des finances qui prévoit des sanctions dans le cadre de l’engagement irrégulier des finances publiques ou toute autre procédure de sanction contre les infractions constatées.
Le FMI donne ainsi raison à l’opposition et démontre la pertinence de nos appréhensions et de nos alertes », souligne les responsables de ce parti qui représente la deuxième force politique du pays. À travers cette déclaration, le Bureau Exécutif National de l’URD espère que le Président de la République saura, cette fois ci, tirer toutes les conséquences de cette historique admonestation de nos partenaires.
Pourparlers d’Alger : soutien au gouvernement
Par ailleurs, le BEN-URD s’est aussi penché, avec une attention toute particulière, sur les pourparlers inter maliens qui se déroulent en Algérie et l’insécurité grandissante dans notre pays. et à cet égard, il dit soutenir et encourager la délégation gouvernementale dans la recherche d’une paix juste et durable, réaffirme avec force son attachement à l’intégrité territoriale du Mali, la forme républicaine et laïque de l’Etat et s’oppose fermement à toute tentative de division du pays à travers le fédéralisme, l’autonomie ou l’indépendance.
En outre, le BEN-URD soutient fermement la position exprimée par l’ensemble du peuple malien à travers les marches gigantesques organisées à Gao, Tombouctou, Sikasso, Bamako, Ségou, Kayes et Mopti. « Le BEN-URD très préoccupé par le retour des terroristes et l’état d’insécurité alarmant observé dans tout le pays, demande au gouvernement de prendre des mesures énergiques et efficaces afin de ramener la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national », stipule cette déclaration signé du secrétaire général de l’Urd, Lassana Koné.

Rapports Mali- FMI : Le flagrant délire

Bassaro Toure. -Nouvelle République du 2 oct 2014.
Au commencement, il y avait une histoire d’avion non budgétisé et accessoirement de contrat d’équipements de l’armée que le FMI cherchait à bien cerner afin de se rassurer que les équilibres budgétaires, fort fragiles, n’allaient pas en pâtir.
A l’arrivée, il y a une histoire de chaussette qui devrait symboliser la surfacturation que les rapports définitifs du Vérificateur général et de la Section des comptes de la Cour suprême devraient infirmer ou confirmer. Avec en prime le FMI qui se donne de grands airs de donneurs de leçons capable distribuer, tel un professeur, quelques fessées à un élève indélicat; surtout quand l’élève montre quelques prédispositions à recevoir une déculottée quand il ne la sollicite pas.
Car dès le départ l’état aurait du se tenir à sa première ligne de défense qui consiste à affirmer que les dépenses indexées par le FMI relèvent de la souveraineté nationale. Surtout que le FMI ne peut pas donner l’exemple d’un seul pays au monde où on ferait de la publicité autour de la fourniture d’équipements a l’armée fussent-ils des chaussettes.
Couvrir l’avion….
Dès les premières salves de l’opposition puis du FMI, il était apparu impérieux de « sauver » l’avion présidentiel de la tempête et des bourrasques qui s’annonçaient. Au besoin en racontant des choses qu’on prend le soin de contredire le lendemain juste pour endormir le peuple. Pour exemple, on peut citer le passage du Premier monstre devant les députés lors de la présentation de la Déclaration de politique générale. Avec l’aplomb qui caractérise les arracheurs de dents, Moussa Mara a affirmé que l’achat de l’avion est adossé sur un prêt bancaire remboursable en 4 ans. Force est de reconnaître aujourd’hui qu’on ne parle plus de ce montage.
Quand on connait les acrobaties et contorsions introduites dans la loi rectificative du budget et les coupes sèches imposées aux finances de tous les départements ministériels, on peut imaginer l’étendue de la forfaiture. Avant même l’arrivée de la délégation du FMI, on a cessé de parler de prêt bancaire. Mme la ministre des Finances a reconnu que 18,5 milliards ont déjà fait l’objet de transfert pour le paiement de l’avion.
Saisi officiellement par le Premier ministre pour éclairer la lanterne des Maliens à travers l’audit commandité, le Vérificateur général botte en touche, par deux fois même. La première fois en déclarant qu’il ne peut pas juger de l’opportunité ou pas d’acheter un avion pour le président de la République. La deuxième fois, en ne fournissant aucune information sur le prix d’achat, ni facture préforma, encore moins une facture acquittée. La seule indication concerne le fait que le genre d’appareil tel qu’acheté pour le président de la République est vendu entre 30 millions de dollars et 40 millions de dollars. Tout le monde est prié de se taire. On ferme le ban.
….Et violer la loi
Le Vérificateur général trouve curieusement des compétences pour examiner le contrat des équipements de l’armée. Or il semble que la loi portant création du Bureau du Vérificateur General pose quelques restrictions sur les matières à contrôler. En effet, la loi N°2012-_0_0_9 / du 8 Février 2012 abrogeant et remplaçant la loi N°03-30 du 25 Aout 2003 instituant le Vérificateur General soustrait de son champ d’investigation toutes questions ayant trait au secret de défense.
L’article 15 stipule que « dans l’accomplissement de leur mission, à l’exclusion du secret de défense, aucun secret professionnel ne peut être opposé aux vérificateurs ».
Le Vérificateur général est un homme de droit respecte, qui a fait ses preuves dans d’autres sphères de répression. Il sait généralement tirer le meilleur de ce que la loi lui offre. Mais cette fois-ci, tout porte à croire qu’il s’est saisi d’un dossier dont il aurait du, au regard de la loi, ne pas s’encombrer. Mais puisqu’il a tiré le vin, voyons ce qu’on peut en faire.
En attendant son rapport définitif qui comportera les éléments de réponse des différents départements notamment la Défense, force est de reconnaitre qu’il y a eu un usage pour le moins tapageur de son rapport provisoire. Tous les dérapages sont partis de ce rapport y compris les montants supposes de la surfacturation.
L’autre violation de la loi concerne les annulations partielles ou totales de 15 marchés. Outre le fait que les fournisseurs lésés sont en droit d’attaquer l’Etat malien, le ministre de la Défense a dit et répété qu’il a agi sur les instructions du Premier ministre.
Or, les marchés annulés semblent avoir suivi la même procédure que ceux qui ont été épargnés. Pire, les marchés ont obtenu tous les visas avant leur notification. Pendant ce temps, pendant qu’on évoque des raisons budgétaires pour annuler certains marchés a tour de bras, d’autres marches, sous le même article 8, sont signés pour des montant dépassant deux voire tris fois les sommes annulées.
En effet, on parle de plusieurs dizaines de millions d’euros octroyés pour l’achat de véhicules, ou la réparation et l’achat d’équipements pour l’armée de l’air.
Chagrin et pitié
En tournant la page de cet épisode, on se rend compte que le pathétique et l’absurde se sont disputes la dignité de notre pays. Pathétique quand on sait que nous n’avions pas besoin du FMI pour mettre de l’ordre dans notre gouvernance. En effet, c’est sous la contrainte que le gouvernement a révisé précipitamment les contours de l’article 8 protégeant le secret défense.
Or il semble que bien avant le tollé de l’opposition et suivi du FMI, certains responsables avaient suggéré l’encadrement de cet article. Mais personne ne les a écoutés. C’est pathétique de voir que ce sont de « petits fonctionnaires » du FMI qui viennent faire trembler toute la République au point ou celle-ci, a travers le gouvernement, leur a offert plus que ce qu’ils demandaient.
Absurde dans la mesure, dans la précipitation et sous la contrainte, le Mali a violé ses lois et règlements et s’est mis en porte-à-faux avec ceux qui le soutiennent a bout de bras. En tous les cas, la fureur et le vacarme ont été savamment orchestrés par des officines bien connues. Leur délire se situe juste à ses débuts.

Mali-FMI : Le temps des leçons

Yaya Sidibé – 22 Septembre du 2 oct 2014.
Après avoir traversé une zone de fortes turbulences, les relations entre le Mali et le Fonds Monétaire International (FMI) sont en train de renouer avec la normalité. Si l’on en juge, en tout cas, par la satisfaction affichée par son représentant, Christian Josz, à l’issue de la mission qu’il a conduite du 11 au 25 septembre dernier à Bamako.
Une mission qui lui a permis d’avoir des entretiens dans la perspective des première et deuxième revues du programme économique des autorités appuyé par la Facilité élargie de crédit du FMI approuvé en décembre 2013. La mission a été notamment reçue en audience par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, et a rencontré le Premier ministre Moussa Mara, le ministre de l’Economie et des finances, Mme Bouaré Fily Sissoko, le Directeur national de la BCEAO, Konzo Traoré, le président de la Cour Suprême, Nouhoum Tapily, le président de la Section des comptes de la Cour Suprême, Kloussama Goïta, le Vérificateur Général, Amadou Touré et des représentants de l’Assemblée nationale, de la société civile, des syndicats, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers du Mali.
« La mission est parvenue à un accord qui permettra de proposer la conclusion des premières et deuxièmes revues du programme FEC. Ces revues seront soumises à l’approbation du Conseil d’administration du FMI en décembre 2014. Les problèmes relatifs aux dépenses extra budgétaires – liées à un avion présidentiel et à un contrat militaire – qui avaient retardé la première revue, initialement programmée pour juin, ont été résolus…» peut-on lire notamment dans la déclaration qui a sanctionné la mission.
Nous étions de ceux qui pensaient que la suspension de l’aide du FMI à l’encontre du Mali participait d’une stratégie tous azimuts de pression de la communauté internationale, sous la férule de la France, en relation avec le dossier du Nord du Mali et ses enjeux géostratégiques-ce qui au demeurant n’est pas totalement faux à un autre niveau de lecture.
Mais avec la tournure actuelle des choses, force est de constater, en toute objectivité, que cette mission historique de l’institution de Bretton Woods aura été salutaire, à plus d’un titre. Elle nous aura rappelé brutalement que les (mauvaises) habitudes ont la vie dure et que la croisade déclarée par IBK contre la corruption et la délinquance financière ne sera pas une partie de plaisir. Loin s’en faut.
Il faudra plus qu’une profession de foi au torero de Sébénicoro pour mettre l’hydre à cent têtes hors d’état de nuire à nos maigres finances. Comment enlever de la tête des Maliens la mentalité selon laquelle l’Etat est une vache laitière qu’il faut traire jusqu’au sang sans passer par la manière forte, la pédagogie ayant suffisamment montré ses limites ? Alors que les finances publiques ne sont rien de moins que la somme du sang de tous les contribuables que nous sommes. Du sang que quelques aigrefins se croient assez malins pour sucer en toute impunité.
La nécessité de mener diligemment une enquête impartiale pour situer les responsabilités afin de sanctionner les vrais coupables tombe sous les sens. Autrement, les déclarations d’intention d’endiguer le fléau apparaitront aux yeux du citoyen lamba comme pure gesticulation de matador.
L’épisode nous aura aussi rappelé que la crise que nous avons vécue est une crise multifactorielle avec tout ce que cela suppose comme facteurs exogènes et endogènes, causes immédiates et lointaines. Et qu’il ne sert à rien de lancer la pierre à la « communauté internationale » si nous-mêmes nous ne balayions pas devant notre propre porte. Faire, en somme, notre autocritique pour avancer.
L’épisode jette également une lumière crue sur la vulnérabilité de notre économie et sa trop grande dépendance vis-à-vis de l’aide au développement. A ce sujet, il sied de rappeler que notre économie est financée à hauteur de 40% par l’aide au développement. Ce qui est excessif pour un pays qui se veut indépendant. Viendrait-il, une seule seconde, à l’esprit d’un cadre du FMI, aurait-il la science infuse, d’aller dicter sa politique économique à la Chine, par exemple ?
L’on sait très bien que l’empire du milieu vient de très loin et qu’il a trimé très dur pour en arriver à la place convoitée qui est la sienne aujourd’hui. Son « miracle » repose sur un fondement très solide sous-tendu par des valeurs comme le patriotisme, l’amour du travail bien fait, l’ordre et la discipline ; toutes choses qui manquent cruellement au Mali et aux Maliens d’aujourd’hui.
Nos décideurs seraient inspirés de faire preuve de volontarisme et chercher à accroître l’épargne nationale pour financer le développement du pays, l’aide au développement ne venant qu’en appoint et dans le cadre de l’interdépendance universelle. Dans la même optique, ils se doivent de diversifier l’économie nationale tout en élargissant sa base productive.
D’autant que Dieu, dans son infinie bonté, a doté le Mali d’immenses ressources agropastorales, minières et même humaines qui ne cherchent qu’à être valorisées pour hâter son décollage économique et social et à le propulser dans le club très envié des pays émergents. Mais pour ce faire, il faut de la bonne gouvernance, encore la bonne gouvernance et observer, au-delà du slogan, une intolérance zéro à l’égard de la corruption et de la délinquance financière.

Contrats bidon, surfacturations de 29 milliards Fcfa, pots-de vin de 4 milliards Fcfa sur un marché de 20 milliards Fcfa destinés à l’achat de véhicules pour l’armée…mensonges dans les hautes sphères de l’état : Président IBK : » Pour l’honneur du Mali « , des têtes doivent tomber dès maintenant

Mamadou FOFANA – L’Indépendant du 1 oct 2014.
La liste des malversations qui ont émaillé le régime d’IBK en seulement un an depuis son avènement n’est pas exhaustive. Ce sont, en effet et encore, des contrats d’une valeur de 126 milliards FCFA qui seraient présentement en négociation avec à la clé un pot- de vin de 4 milliards FCFA proposé à un dirigeant de ce pays sur un marché de 20 milliards FCFA destiné à l’achat de véhicules pour l’armée.
C’est dire que le mal de la corruption est en train de prendre durablement racine sous le régime d’IBK qui a, de ce fait, tout intérêt à couper des têtes dès maintenant.
Depuis le sinistre coup d’Etat du 22 mars 2012 qui nous a plongé dans une crise sécuritaire sans égale, le Mali a sombré dans une situation où le détournement des deniers publics est devenu le sport favori de certains de nos dirigeants. Qu’on se rappelle seulement les milliards FCFA prélevés des seules caisses de la douane sous la transition du capitaine-général Amadou Haya Sanogo.
En sa qualité de président du Comité militaire de réforme des forces de défense et de sécurité (CMRFDS), l’ex- chef de la junte militaire a laissé derrière lui une ardoise de 3 milliards FCFA dont une facture impayée de 8 millions FCFA ayant servi à l’achat de boissons alcoolisées. D’autre part, l’opinion nationale attend toujours qu’on lui fasse la preuve que les 2 milliards FCFA de don remis à l’ancien premier ministre Dr Cheick Modibo Diarra par le Roi du Maroc ont été réellement déposés sur le compte du Trésor public. Et quelle est l’utilisation qui en a été faite et par qui?
Le ministre de l’Economie doit prendre ses responsabilités
En tout cas, il est tout aussi paradoxal que les nouvelles autorités issues des élections de 2013 n’ont jamais demandé que soit effectué l’audit des finances du pays avant d’en prendre les rênes. Avant la composition du tout-premier gouvernement sous IBK, la rumeur avait couru qu’une telle mission allait être confié à l’expert-comptable Moussa Mara, l’actuel Premier ministre, et à l’ancien ministre du budget, Konimba Sidibé. Il n’en fut rien.
Maintenant sous IBK, mettant à profit l’achat d’équipements pour l’armée, des hauts cadres de l’Etat se sont livrés à des surfacturations à hauteur de plusieurs milliards FCFA sur le contrat HCCA (habillement, couchage, campement et alimentaire) et d’autres relatifs à l’acquisition de véhicules et de pièces de rechange pour l’armée. Des surfacturations que le Bureau du Vérificateur Général (BVG) vient de mettre à nu dans son rapport d’audit effectué à la demande du gouvernement du Mali et du Fonds monétaire international (FMI).
Au vu du montant des contrats signés par le ministère de la Défense, qui vont de 300 millions FCFA à plus de 10 milliards FCFA, et cela en moins d’une année, l’on se croyait dans un émirat du Golfe. Tel est loin d’être le cas dans notre pays où l’Etat peine à honorer ses obligations salariales et engagements vis-à-vis de ses fournisseurs.
Avec une dette intérieure évaluée à ce jour à quelque 150 milliards FCFA, l’attitude du gouvernement, qui a signé à la pelle des contrats qu’il ne pourra pas honorer, frise l’irresponsabilité voire le mépris vis-à -vis de l’Etat et du contribuable malien.
Avec la gaffe qu’elle vient de commettre, en reconnaissant que des surfacturations ont été opérées sur des contrats militaires, Mme le ministre de l’Economie et des finances devait, en même temps, signer sa lettre de démission au lieu de se présenter comme une innocente devant les écrans de la télévision nationale pour tenter de justifier l’injustifiable.
Des sommes ont été payées sur ces contrats par le Trésor public avant que certains d’entre eux ne soient résiliés par le nouveau ministre de la Défense sous la pression du FMI. L’argent du contribuable est donc sorti des caisses de l’Etat pour payer des marchés surfacturés, sous le regard complaisant voire complice du ministre en charge des finances. Et qui demeure encore en poste !
Dans quel pays a-t-on vu une telle insouciance, une telle irresponsabilité, une telle trahison de la patrie, un tel mépris pour l’opinion publique nationale et internationale? Cela au moment où notre pays, meurtri dans sa chair et dans sa peau, fait face à son destin à Alger où les pourparlers inter-maliens piétinent.
En effet, selon les propos du ministre des Finances, la surfacturation sur les contrats passés par le ministère de la Défense sont estimées à 29 milliards FCFA. Il s’agit maintenant de savoir si des têtes vont tomber et cela » pour l’honneur du Mali « et » le bonheur des Maliens ».
L’histoire du détournement des subventions (2,3 milliards FCFA) du Fonds mondial, qui a considérablement terni l’image de la fin de règne d’ATT, devait, en principe, servir de leçon aux futurs dirigeants du pays. Tel ne fut malheureusement pas le cas, certainement au motif que les personnes incriminées ont miraculeusement échappées au couperet de la justice, seule souveraine en matière de condamnation.
IBK doit sévir avant qu’il ne soit trop tard
Dans la mesure donc où le détournement des fonds de la communauté internationale par des cadres véreux du ministère de la Santé n’a pas été sanctionné à cette occasion, il y a eu maintenant des émules. Avec, cette fois- ci, des cadres qui ont, sans scrupule, tenté de puiser dans les caisses de l’Etat au moment où ce dernier peine à joindre les deux bouts. Là, ce sont les malades du sida, de la tuberculose et du paludisme qui ont, encore une fois, fait les frais de la mauvaise gouvernance des subventions du Fonds mondial qui a dessaisi notre gouvernement de la gestion desdites subventions.
Malgré le slogan de changement prôné, le Mali continuent de payer un lourd tribut à la mauvaise gouvernance, au chantage exercé sur des citoyens qui ont l’audace de dénoncer les faits de détournement avéré des deniers publics, la gabegie, le népotisme et la corruption.
Il a fallu, malgré les montants des détournements présumés de deniers publics qui parlent d’eux-mêmes, que le Fonds monétaire international (FMI) ferme le robinet pour que nos dirigeants soient obligés de commettre des structures de contrôle pour enquêter sur la véracité des faits de corruption dont sont soupçonnés certains dirigeants du pays.
Pourquoi avoir attendu le point de presse initié par la mission d’évaluation du FMI pour communiquer, le 25 septembre dernier, sur cette surfacturation à hauteur de 29 milliards FCFA ? Cela paraît à tout le moins bizarre de la part d’un gouvernement qui se veut comme credo la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Quand on sait, en plus, que le président de la République a décrété « 2014 année de la lutte contre la corruption ». Alors la question se pose : simple slogan de campagne électorale ou volonté réelle de lutte contre la corruption ? Ne cesse-t-on de se demander dans les grins et salons feutrés de Bamako.
Attendons donc de voir s’il y aura oui ou non des sanctions à la hauteur de ces présumés crimes de détournement de deniers publics. En tout cas, pour la crédibilité de l’institution présidentielle, des têtes doivent tomber ici et maintenant. Les cadres impliqués dans la surfacturation de l’avion présidentiel et des autres marchés passés par l’armée doivent payer. Cela avant même le dépôt du rapport d’audit du BVG dont la version provisoire se trouve dans les mains des autorités depuis deux semaines déjà.
IBK doit sévir pour préserver à l’avenir le Mali d’une telle dérive qui fait qu’on marche tous aujourd’hui la tête baissée devant une communauté internationale de plus en plus exigeante. Principalement le FMI qui est venu nous dicter la voie à suivre désormais pour une gestion transparente et efficiente de nos maigres ressources. Condition sine qua non de la poursuite de son appui à notre pays qui en a, aujourd’hui, tant besoin.

En un mot : IBK attend la liste des personnes impliquées

Par L’Indicateur du Renouveau – Date: 01 Octobre 2014
A la demande du président de la République, le gouvernement est en train de recenser toutes les personnes impliquées dans les passations de marchés d’armement. A en croire la ministre de l’Economie et des Finances dont le départ est envisagé, les coupables d’éventuelles irrégularités seront traduits en justice.
En attendant, la première victime est déjà connue : c’est le directeur des finances et du matériel du ministère de la Défense limogé 17 septembre. Son départ est lié à la signature d’une douzaine de marchés dont l’acquisition hors budget de six hélicoptères de combat auprès de la société chinoise Qatic pour 100 millions de dollars.
Ce qui est sûr, c’est que les autorités n’ont pas le choix puisqu’elles ont pris des engagements avec le FMI. D’abord, le gouvernement a accepté de publier les audits sur les sites de la Primature, du Vérificateur général et de la Cour suprême. C’est important d’être transparent sur toutes les opérations qui se sont mal passées. Ensuite, il a accepté d’informer l’opinion publique nationale – et nous aussi – sur les sanctions qui devront être appliquées aux agents qui ont enfreint à la loi.
Vivement ces sanctions qui auront l’air d’exécutions publiques !

Le Parena revient à la charge : « notre pays, par la faute de ses dirigeants, sort humilié de cette mission du FMI »

Abdoulaye Diakité – Malijet – 30 Septembre 2014
C’est ce qui ressort d’un communiqué du Comité directeur du Parti pour la renaissance nationale (Parena) sur la mission que le FMI vient d’effectuer au Mali. Dans ledit communiqué signé par le secrétaire général du parti du bélier blanc, Djiguiba Kéita alias PPR, et qui date de ce 30 septembre 2014, le Parena de Tiébilé Dramé dit avoir pris connaissance des conclusions de la dernière mission du Fonds monétaire international (FMI) qui s’est rendue au Mali du 11 au 25 septembre 2014.
Il salue l’annonce de la reprise prochaine des versements au titre de l’aide budgétaire car c’est le peuple malien qui souffre de la suspension de cette aide. Les auteurs, complices et profiteurs des détournements scandaleux et des dépenses irrégulières de prestige n’étant guère affectés par les sanctions prises par les partenaires techniques et financiers, selon le communiqué.
Le Parena constate, avec regret, que si on l’avait un tant soit peu écouté en avril dernier et pris en compte les pertinentes recommandations contenues dans son mémorandum, le pays aurait limité les dégâts constatés aujourd’hui.
« En effet, nous observons avec amertume que le FMI a amplement confirmé les allégations de surfacturations massives et de grossières irrégularités opérées par les pouvoirs publics dès les premiers mois du mandat du président IBK. Les contorsions auxquelles le gouvernement s’est livré ces derniers jours et les scandales révélés pendant la mission du FMI ne sont pas à l’honneur du Mali « , indique le parti avant d’ajouter : Quand le Parena a, entre autres, dénoncé dans son mémorandum d’avril le marché attribué à Guo-Star SARL, le président de la République a répondu : « Là encore, je n’ai aucune gêne. Ce contrat existe bel et bien……»
« Ce contrat dont je ne me suis pas occupé, a été conclu dans les règles avec la société Guo-Star, connue sur la place de Bamako, qui a obtenu la garantie des banques. Les trois fournisseurs sont français et eux aussi ont pignon sur rue. Tout cela est clair ». (Jeune Afrique du 3 mai 2014).
Dans la même interview, le chef de l’État dit de son conseiller spécial:  » c’est un entrepreneur malien….c’est un spécialiste de l’ingénierie financière….. » Y a t-il meilleure preuve de la collusion entre le sommet de l’État et les milieux affairistes qui ont saigné les finances publiques ?
Dans l’affaire de Guo-Star SARL, nous sommes en face d’un scandale à facettes multiples : l’introduction par lettre officielle ( du 03 novembre 2013, soit dix jours avant la signature du protocole d’accord du 13 novembre) du Directeur de cabinet du président de la République de M. Sidi Mohamed Kagnassy auprès des fournisseurs de l’armée, l’attribution à cet intermédiaire (Kagnassy) d’un marché de gré à gré d’un montant initial de 69 milliards, des surfacturations abominables reconnues de 29 milliards, la mise en place d’un fonds de garantie de 100 milliards pour couvrir les transactions du bénéficiaire du marché et le transfert frauduleux, à partir de ce fonds de garantie, de 10 milliards de FCA sans aucun rapport avec les besoins de l’armée.
Les détournements massifs de milliards au détriment de l’armée nationale sont un crime contre notre pays et ses forces armées et de sécurité.
Pour Tiébilé Dramé et ses camarades politiques, au lieu de s’atteler à reconstruire l’armée pour défendre la patrie, nos dirigeants font, chaque jour davantage, la preuve que leurs préoccupations étaient de s’enrichir et d’enrichir leurs comparses, sans foi ni loi, sans l’ombre de la moindre compassion pour un peuple mille fois meurtri ! Au lieu de s’attaquer aux urgentes et vitales priorités d’un pays dans l’abîme, la nouvelle gouvernance d’IBK a démontré que ses centres d’intérêt prioritaires étaient dans les dépenses insensées de prestige, au prix de la fraude et d’irrégularités innommables. C’est ce qui nous vaut aujourd’hui d’être la risée du monde !
Le parti du bélier blanc, emblème du Parena se pose même beaucoup de questions sur la gouvernance du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita. Avions-nous vraiment besoin de recevoir de l’extérieur des leçons de morale publique ? Avions-nous vraiment besoin que le FMI nous fît la leçon sur la meilleure manière de gérer nos maigres deniers publics ? C’est pourtant ce qui est arrivé. Où est l’honneur du Mali tant clamé par les tenants du pouvoir ? Que valent les slogans de lutte contre la corruption, qui sonnent désormais creux devant l’ampleur de ces vols ?
« Notre pays, par la faute de ses dirigeants, sort humilié de cette mission du FMI dont les conclusions représentent un cinglant camouflet pour le Président et son Gouvernement qui ont reconnu officiellement et publiquement la mal gouvernance, l’étendue de la fraude d’Etat et des malversations qui caractérisent leur régime. Un tel gouvernement peut-il décemment rester en place ? Que reste t-il de la crédibilité du chef du gouvernement et de celle du Ministre des Finances ?  »
Le Parena invite le président de la République à un devoir de transparence vis- à- vis de son peuple, en l’informant sainement et pleinement par la publication des rapports d’audit de la cour suprême et du BVG et en s’expliquant sans délai sur le pillage des maigres ressources du pays.
Le Parena recommande au pouvoir d’exécuter avec rigueur les recommandations issues de la mission du FMI afin que cessent pour les couches les plus défavorisées les retombées néfastes de l’incurie et de la mauvaise gouvernance.
Il exhorte le gouvernement à profiter de la reprise de l’aide budgétaire pour régler la dette intérieure qui s’élève à 167 milliards de F CFA afin de relancer l’activité économique et permettre au secteur privé de respirer.

Fin de la mission du FMI : honteuses révélations des audits

Rokia DIABATE – Le Prétoire du 29 Septembre 2014
Qui a dit que FMI n’est pas puissant ?
C’est le jeudi dernier que la mission du Fonds monétaire international (FMI) s’est achevée au Mali. Avec à leur tête Christian Josz, les experts de la plus grande institution de Bretton Woods ont, au cours d’une conférence de presse, étalé les scandaleuses découvertes qu’ils ont faites pendant les deux semaines d’enquête.
Cela, grâce aux audits menés par le Bureau du vérificateur général et la Cour suprême.
Face à la presse, le chef de la mission du FMI a déclaré qu’ils ont sollicité deux organes externes de contrôle du Mali, à savoir le bureau du Vérificateur général et la Cour suprême, pour faire une analyse de la situation.
Dans le cadre du contrat de fournitures militaires de 69 milliards de Fcfa, il y avait une surfacturation importante de 29 milliards. Ils ont aussi travaillé sur le fonds de garantie de l’État qui est de 100 milliards Fcfa. D’après le Vérificateur général, celui-ci pourrait avoir été utilisé frauduleusement à hauteur de 10 milliards de Fcfa.
Selon les deux rapports d’audit concernant l’achat de l’avion présidentiel, les chiffres sont légèrement différents mais très proches du montant de 20 milliards de Fcfa déclaré par l’État. Selon les intermédiaires spécialisés, cités par le bureau du Vérificateur général, le prix d’un avion de cette nature varie entre 30 et 40 millions de dollars. Le prix que l’État malien a payé est proche du montant supérieur de cette fourchette. Les audits ont également mis en évidence des transactions exécutées par l’État en dehors des textes, aux dires de M. Josz.
Une surfacturation de 29 milliards de Fcfa
Bouaré Fily Sissoko, Ministre de l’Economie et des Finances, a affirmé : « Il existe bien un décalage de 29 milliards Fcfa entre le montant du contrat de fourniture de véhicules et le décaissement intervenu au profit du fournisseur. Mais, il faudra attendre le rapport final et les audits en cours pour connaître la véritable nature de cette différence.
Il y a bel et bien eu surfacturation de 29 milliards sur le même marché qui, à l’origine, était composé de deux lots de 34.066.867.000 F CFA et de 35.116.529.474 F CFA, soit un total de 69.183.396.474 F CFA. Et la durée d’exécution du marché est de 36 mois, soit du 1er septembre 2013 au 01 décembre 2016 ».
Avant d’ajouter qu’à l’heure actuelle, 85% dudit marché ont déjà été exécutés. Le fournisseur auquel elle a fait allusion est la société d’un conseiller spécial du président de la République, du nom de GUO Star-sarl.
A la question de savoir comment de telles sommes ont-elles pu être validées, Fily Sissoko dira qu’« il y avait la dérogation au niveau de l’article 8 des marchés publics qui parlait, en fait, de secrets défense et de besoins essentiels pour l’Etat. Il y a eu une utilisation extensive de ce concept-là ».
Des marchés seront annulés, les versements reprendront
De ce fait, le Fonds exige du gouvernement qu’il annule des marchés et ne paie pas les montants surfacturés. Selon M. Josz, l’annulation de ces contrats qui n’étaient pas encore lancés, la limitation les contrats existants à ce qui était livré et la revue à la baisse les prix des contrats qui sont surfacturés ont permis de ramener le montant de 134 à 57 milliards FCFA.
Une nouvelle modification de la loi de finances devra donc annuler certaines dépenses pour intégrer cette somme au budget. « La mission quitte Bamako satisfaite et les versements reprendront d’ici la fin de l’année », assura-t-il.
Zéro pointé en gestion des finances publiques
S’il y a en un domaine où l’honneur du Mali a mainte fois été dégradé, c’est bien celui de la gestion des finances publiques. L’ingérence de l’exécutif et ses pratiques frauduleuses singulières valent à notre pays une mauvaise réputation. Le niveau de corruption et la captation de l’Etat par des dirigeants publics et des intérêts privés clouent du plomb dans les ailes de l’économie malienne.
L’honnêteté commande de préciser que de ce honteux épisode avec le FMI, une simple vérité émerge déjà : en matière financière, les règles les plus vertueuses ne prémunissent jamais contre les habitudes immorales. Au-delà des faits révélés, sur lesquels il n’y a pas d’autre option que d’ouvrir des poursuites judiciaires contre les coupables, on se demande maintenant que reste-t-il des beaux discours du président IBK sur la lutte contre la corruption. « Le Mali ne sera plus gouverné comme avant (…) Pour le bonheur des Maliens, je lutterai farouchement contre toutes formes de délinquance financière. Sans pitié ! ». Blablabla…

La ministre des finances, invitée de l’Ortm : Le rapport définitif permettra de savoir ce qui s’est passé

Nouvelle République du 2 oct 2014 – ORTM du 26 septembre 2014
La ministre de l’Economie et des Finances, Mme Bouare Fily Sissoko était l’invitée du journal télévisé du vendredi 26 septembre. Elle a parlé des conditions difficiles des négociations avec le FMI, de la reprise des relations avec cette institution financière, de l’avion présidentiel, des contrats d’armement, et des surfacturations qu’elle a tenu à relativiser.

ORTM: Après cette mission vous pouvez lancer un ouf de soulagement ?
Ministre des finances: Je pense qu’au niveau du ministère des Finances, nous, étions partis déjà rassurés au mois de juin de Washington puisqu’on avait mis sur la table des compléments de mesures sur lesquels on était sûr à 100 % de pouvoir faire ce qu’on a promis de faire.
Donc pour nous, la mission était une mission d’évaluation, mais effectivement avec des enjeux parce que tout le monde n’avait pas cette même lecture.
ORTM : On sait avant cette visite du FMI dans notre pays, beaucoup d’eau a coulé sous le pont, sur quel élément, la délégation du FMI a travaillé ?
Ministre des Finances : Je pense que le thème crucial concernait les deux contrats, c’est-à-dire l’audit qui avait été commandité par le Premier ministre, suite à notre mission à Washington.
Ces deux audits devraient être déposés pendant la mission. Au-delà de ça, il s’est agi de faire un tour d’horizon. Quand ils avaient quitté juste avant la crise (mars 2014), il y a avait déjà des traits de mesures qui devraient être mis en chantier. Et c’est chemin faisant que ces deux problèmes sont apparus.
Quand ils sont revenus, c’est pour prendre connaissance des rapports, mais aussi faire le point des mesures structurelles et des repères et ensembles décidés il y a de cela quelques mois.
ORTM : Mme la ministre, on parle de surfacturation estimée à 29 milliards de FCFA. Comment, c’est arrivé ? On a parlé aussi qu’au niveau de l’armée, des paires de chaussettes qui coûtent 10 000 FCFA. Comment cela est arrivé?
Ministre des Finances : Je vais commencer d’abord par dire qu’il ne faut pas voir cela comme si l’on voulait jeter de l’opprobre sur nos forces armées. Je pense qu’elles ont été suffisamment éprouvées pour qu’on en rajoute.
Mais il se trouve simplement que le ministère avait passé un contrat pour essayer de les habiller, de leur trouver des tenues de protection. Mais ce contrat s’est trouvé dans le collimateur de l’audit. Et finalement, il est apparu les 25 milliards de FCFA qui représentent l’écart entre les bordereaux fournisseurs qui sont présentés pour paiement au niveau de la banque et ce qui a été facturé au ministère de la Défense pour paiement.
Mais, ce qui est sûr, les 29 milliards incluent la marge de l’intermédiaire, ensuite les intérêts financiers et autres frais, les agios bancaires, etc. que la banque devrait percevoir aussi. Avec le dépôt du rapport final du Vérificateur, on aura une idée exacte de l’ampleur de la surfacturation.
ORTM : Qu’en est-il de l’avion de commandement du Président de la République ?
Ministre des Finances : L’avion a fait couler beaucoup d’encre jusque-là. Mais, il faut retenir que ce n’est pas le principe de l’opportunité de l’acquisition de l’avion qui a été remis en cause. Nos partenaires ont été clairs là-dessus. Les audits aussi ont prouvé que le prix de l’avion est dans la fourchette normale. Parce que dans le rapport du Vérificateur comme chacun aura l’avantage de le voir quand il sera posté, il apparaît clairement que sur le marché suisse, et d’autres marchés européens, ils ont vu que la fourchette était entre 30 à 40 millions de dollars.
Et nous ce qu’on a globalement mis dans l’avion, 20 milliards de FCFA sur lesquels, à la date d’aujourd’hui 18, 5 milliards FCFA exactement, ont été effectivement transférés. À ce stade, l’écart qui reste avait été prévu pour des questions d’audits techniques et autres. Pour lequel audit aussi, à chaque fois qu’il y a une visite technique, des gens disent que l’avion a été saisi. J’avoue, il est temps de sortir de ça. Il y a des enjeux très importants qui attendent notre pays.
ORTM : Mme la ministre, lors de cette visite, le FMI s’engage à examiner les revues programmes du Mali dès début décembre. Quelle est l’importance de cette décision?
Ministre des Finances : Je pense que cette décision est critique. Parce que j’ai eu l’occasion de le dire, ici par le passé, les évaluations du Fonds monétaire constituent en fait un baromètre pour les autres bailleurs de fonds. Une fois, qu’il donne l’alerte, tout le monde attend, surtout dans ce contexte où on a devoir de compte-rendu, chacun en ce qui lui concerne aussi bien les pays pauvres que les pays riches.
Vous comprendrez donc que quand il y a des inquiétudes qui ont été soulevées par rapport à la gouvernance, les autres mettent en cause les pieds (excusez-moi de l’expression), sur lesdites questions, notamment ceux qui font les appuis budgétaires.
L’enjeu, c’est qu’avec ce feu vert qui vient d’être donné, ce sont les appuis budgétaires qui vont reprendre à être préparés pour présentations aux différentes autorités de décision dans les pays donnés.
ORTM : Quelles sont les conclusions fortes qu’on peut retenir de cette mission du FMI au Mali?
Ministre des Finances : Nous pensons que les incidents de parcours ont été une bonne chose, en tout cas pour nous, en terme de gouvernance. On pense que cela a révélé des faiblesses que la mission nous a donné l’occasion de corriger. D’ailleurs, on avait commencé la correction, parce que certains trains de mesures avaient été pris.
L’autre grande conclusion, comme vous l’avez dit, nous allons présenter le dossier au conseil, et on s’est engagé nous aussi à poster sur le site web de la Primature, le rapport en intégralité, ce qui a été déjà fait. Ensuite de faire un rapport régulier sur l’état d’exécution des conclusions, recommandations et des prescriptions de ces différentes réformes.
ORTM : Mme la ministre parlons des perspectives avec cette institution financière ?
Ministre des Finances : Après avoir déblayé ces problèmes-là, le feu est au vert, comme je l’ai dit. Nous allons essayer d’avancer leur facilité élargie de crédits, comme initialement, engagée quand on est arrivé. Avec ce qu’on a mis en place comme dispositif, nous-mêmes, on est très confiant que l’on pourra aller de l’avant.

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