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Alger II : le ministre fait le point

by sur 5 octobre 2014

Mis à jour le 7 octobre à 8h00

Abdoulaye Diop, le ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale a fait le point sur l’état des pourparlers d’Alger qui doivent, en principe, reprendre à la mi-octobre.

 

Pourparlers d’Alger : LE POINT AVEC LA PRESSE

A.O. DIALLO – L’Essor du 7 octobre 2014
Le ministre des Affaires étrangères, et de la coopération internationale a expliqué le contexte et la méthode des négociations en cours
En prélude au troisième round des pourparlers d’Alger qui doit s’ouvrir à la mi-octobre, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop a animé samedi une conférence de restitution des discussions en cours entre le gouvernement et les groupes armés du Nord.
En introduisant son exposé liminaire, le chef de la diplomatie malienne et négociateur en chef de la délégation gouvernementale est revenu sur le caractère préoccupant de la situation au nord de notre pays. Selon lui, les soubresauts qui secouent cette partie du pays sont bien différents des situations antérieures. La situation actuelle se distingue par sa complexité et la menace terroriste. Celle-ci est un élément nouveau dans la zone du Sahel.
Abdoulaye Diop a rappelé que le processus de négociation a été engagé à la mi-juillet. Cette première phase a abouti à la conclusion d’une feuille de route. La seconde phase a démarré le 1er septembre et s’est étendue jusqu’au 27 septembre. Le troisième round va démarrer bientôt.
Le ministre a tenu à rappeler les repères qu’il convient de tenir à vue. Le premier repère renvoie à la pertinence des discussions en cours. Selon lui, il y a lieu de comprendre que la méthode de négociations actuellement en cours tranche avec les précédentes discussions. Que ce soit avec l’accord de Tamanrasset, le Pacte national ou l’Accord d’Alger de 2002. Les précédents accords ont été conclus entre parties maliennes et l’Algérie.
Cette fois-ci, les discussions sont plus complexes.
Au-delà de l’Algérie, il y a un certain nombre d’organismes régionaux et internationaux et des pays voisins qui sont impliqués. En outre, les précédentes discussions n’incluaient que les deux protagonistes : le gouvernement d’un côté et les mouvements armés de l’autre. Cette fois, les mouvements sont assez hétéroclites. Il y a beaucoup de divergences entre eux et même à l’intérieur de certains groupes. Ce qui peut rendre le processus encore plus complexe. Sans compter la dimension internationale et régionale de la crise actuelle.
Un autre élément non négligeable, a noté Abdoulaye Diop, c’est le facteur temps et les opportunités à saisir dans les discussions. Il a invité les uns et les autres à la sincérité et à la patience. « Les négociations actuelles nécessitent de la sincérité, de l’engagement et de la compréhension mutuelle » a-t-il insisté, avant de rappeler que les négociations ayant abouti au Pacte national avaient duré 6 mois. « Au début des discussions actuelles, on s’était engagé à conclure un accord en 100 jours de discussions. C’est l’idéal, mais le processus actuel est différent, il est complexe avec l’élément nouveau qu’est le terrorisme », a ajouté Abdoulaye Diop.
« Nous souhaitons faire mieux que le Pacte national. Il mais il faut que les uns et les autres soient patients parce que certains s’attendaient qu’au retour d’Alger, on viendrait avec un accord dans la poche. Le plus important, c’est l’engagement des uns et des autres à aller vers la paix. Tous les mouvements étaient représentés par leurs principaux responsables et tous sont restés pendant près d’un mois. Personne n’a quitté la table des discussions, cela veut dire que le processus en soi s’est avéré crédible », estime le ministre des Affaires étrangères. Selon lui, la situation est intenable pour tous les acteurs car les populations en ont assez, elles sont fatiguées. « Nous devons tous être conscients de cette donne », a poursuivi Abdoulaye Diop.
Une autre spécificité à saluer pour les présents pourparlers, c’est l’audition de la société civile, notamment les représentants des communautés, qui dans la plupart des conflits n’ont pas voix au chapitre. Cette fois, les communautés ont été écoutées et ont eu l’occasion d’exprimer directement leurs ressentiments et leur désir de vivre ensemble en dépit des événements douloureux subits.
Les préoccupations soulevées par les communautés ont été bien notées par les négociateurs et par les représentants du gouvernement. Ces points feront l’objet de traitement particulier, a indiqué le négociateur en chef de la délégation gouvernementale.
Le ministre s’est par ailleurs réjoui des manifestations de soutien à l’unité et l’intégrité territoriale du Mali organisées dans plusieurs grandes villes du pays. Répondant à une question relative au fédéralisme proposé par des groupes armés, Abdoulaye Diop a tenu à minimiser sa portée, en estimant que c’est une simple proposition de départ. Le gouvernement a les siennes. « Le plus important est d’être à la table des négociations, a insisté le chef de la diplomatie. Il n’est pas dit que si la proposition de départ n’est pas acceptée on va quitter la table. Chacun garde sa place. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne sera jamais question de désintégrer l’Etat pour créer des Etats fédéraux ».
Le ministre a admis que la notion de fédéralisme cristallise les passions. Mais une identité de vues s’est dégagée sur plusieurs autres questions. La proposition de fédération a d’ailleurs été récusée par la troïka des négociateurs qui a fait savoir qu’elle est contraire aux dispositions de l’Accord préliminaire de Ouagadougou.

 

Processus de négociations de paix à Alger : EXERCICE DE SYNTHESE A L’INTENTION DU CORPS DIPLOMATIQUE

A. M. CISSE – L’Essor du 7 octobre
Le ministre Abdoulaye Diop a rencontré les diplomates accrédités dans notre pays pour « partager » avec eux l’évolution des pourparlers inter-maliens
Dans un souci de totale transparence, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a rencontré vendredi le corps diplomatique pour « partager » avec lui « l’évolution du processus de négociation » d’Alger. Le patron de la diplomatie malienne a, d’entrée de jeu, remercié les diplomates pour leurs efforts constants dans le seul but de ramener la paix à la maison et aussi de protéger le monde du terrorisme.
Le ministre Abdoulaye Diop qui dirige la délégation de la partie malienne à Alger, s’est félicité des résultats auxquels les négociateurs sont parvenus, malgré quelques écueils constatés au cours des pourparlers. Si la première phase était consacrée à l’adoption d’une feuille de route et à la signature d’un accord de cessation des hostilités, le deuxième round, lui, a permis de crever quelques abcès en donnant la parole à la société civile et aux populations locales. C’était un exercice d’écoute et de liberté, a commenté le ministre Diop pour qui les populations ont eu la latitude d’exprimer leurs souffrances et leurs aspirations. Surtout leur attachement à un Mali uni et indivisible.
Mais, il y a aussi eu à Alger des déclarations contre-productives qui laissent transparaitre des volontés de séparation ou encore de fédération. Des « hors-jeu » en somme, juge Abdoulaye Diop faisant remarquer que tous les documents de référence (Pacte national, accords préliminaires de Ouagadougou et résolutions des Nations Unies) insistent expressément sur l’intégrité territoriale du Mali et la laïcité de la République. De cette attitude, le ministre tire l’enseignement que les accords de Ouagadougou ne sont pas suffisamment compris par tous. A moins qu’il ne s’agisse d’une volonté délibérée de ralentir les pourparlers.
Abdoulaye Diop a ainsi regretté que certains groupes armés aient refusé de s’asseoir à la même table de négociations que d’autres groupes. Le seul prétexte étant que ces derniers sont proches des autorités maliennes. Mais le ministre voit en cela un exercice simplement tactique. Et cela n’est pas normal, de son point de vue, car « aucune partie n’a le droit d’objecter à la participation d’une autre ». Malgré le format dispersé, le travail a continué à Alger.
Au cours des pourparlers, rapporte le chef de la diplomatie malienne, les questions politiques ont primé sur les autres points. En ce qui concerne le Mali, indique-t-il, des propositions précises et articulées ont été soumises aux médiateurs. D’autres ont choisi d’autres voies : les médias. Abdoulaye Diop a assuré, à ce propos, que notre pays ne fera pas l’injure aux négociateurs de publier ses propositions sur les réseaux sociaux.
Le volet militaire a aussi été évoqué à Alger. A ce sujet, la position du gouvernement n’est pas un secret : il n’y aura qu’une seule armée même si celle-ci doit tenir compte de la diversité de notre pays et des spécificités des milieux.
Sur la question du fédéralisme, le ministre Diop a clairement rappelé à l’attention des diplomates que cette question fait partie des aspects non négociables. Cela ne veut pas dire que les portes sont fermées, a précisé le ministre en soulignant que c’est une question de principe républicain. Pour convaincre, il évoque notre loi fondamentale qui n’autorise aucune partition du pays et ne fait aucune ouverture à l’intégrisme. Cependant, des solutions alternatives existent dans une décentralisation qui peut faire la part belle à la régionalisation.
Quid du mot « Azawad » pour désigner le septentrion de notre pays ? Le ministre Diop pense que du point de vue légal, on peut parler de Tombouctou, Gao ou Kidal. C’est dire que l’Azawad ne saurait désigner le Nord de notre pays. Les positions que la délégation a défendues à Alger sont édictées par le chef de l’Etat, précisera-t-il. Contrairement à ce que l’on peut penser, l’atmosphère était détendue. « A des heures avancées, les discussions continuent dans le hall de l’hôtel », a constaté Abdoulaye Diop qui se veut « confiant » parce qu’il y a « des facteurs encourageants malgré les différences ».
Le ministre a souhaité que toutes parties respectent leurs engagements de cessation des hostilités. Aux diplomates, il a lancé un appel à un engagement accru dans la lutte contre le terrorisme. Le Mali, dit-il, n’est pas le seul concerné. La guerre contre l’extrémisme doit être mondiale, a-t-il défendu en invitant les diplomates à la vigilance.
Après cette introduction, les diplomates ont demandé à toutes les parties de prendre leurs responsabilités en respectant les termes des accords de Ouagadougou. De ce postulat, les lignes rouges doivent rester inviolées. Aussi, ils estiment que le volet développement local ne doit pas être négligé au profit des aspects politiques. Tous ont formulé le vœu que des accords sincères soient trouvés avant la fin de l’année.

Alger II : le ministre Diop fait le point

Par Journal du Mali – Par Augustin K. FODOU – 2014-10-04
Le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, a rencontré la presse ce samedi 04 octobre 2014, dans le cadre de ses activités de restitution des travaux de la 2è phase des pourparlers d’Alger.
Selon le ministre Diop, ce processus de négociation est complexe et différent des autres car les accords de Tamanrasset ou le Pacte national étaient pratiquement conclus entre partie malienne et l’Algérie. « Cette fois-ci, il y a l’Algérie mais aussi la présence internationale dans la médiation. Dans le processus de négociation des accords passés, nous avions à faire à un certain groupe homogène. Aujourd’hui, les mouvements sont relativement éclatés avec beaucoup de divergences entre eux et à l’intérieur de certains regroupements » a-t-il souligné.
Le négociateur en chef de la partie gouvernementale a invité le peuple malien à faire preuve de sérénité et surtout de patience dans ce processus. « Nous souhaitons faire beaucoup mieux que le Pacte national [négocié en 6 mois, ndlr] mais il faut que les uns et les autres soient patients. Le processus en soi s’est avéré crédible. Les acteurs commencent à croire et inscrivent leurs actions dans le cadre de ce processus. J’ai senti un engagement réel des groupes armés pour aller vers la paix » a-t-il indiqué. Il a également salué la présence des représentants de la société civile « qui, la plupart du temps n’ont pas voix au chapitre dans ce type de processus ».
Comme difficulté rencontrée lors de cette deuxième phase, d’après le ministre Diop, c’était au moment où les mouvements de la coordination et ceux de la plateforme n’ont pas voulu rester ensemble autour de la table de négociation. « On a dû travailler séparément avec les deux groupes. Ça a été une difficulté particulière et il y a des efforts en cours pour régler cela».

Etant donné que c’est un processus inclusif de paix suivant une prescription du Conseil de sécurité des Nations unies et des accords de Ouagadougou, le Chef de la diplomatie malienne estime qu’aucune partie ne doit rejeter la participation de l’autre.
Pour ce qui concerne l’idée de fédéralisme réclamé par les groupes armés de la coordination, la réponse politique selon M. Diop, est « de transférer de larges prérogatives aux collectivités pour qu’elles puissent se prendre en charge ». Et d’ajouter: « La Constitution n’a pas prévu le scénario de désintégration de l’Etat pour créer d’autres Etats secondaires, il s’agit d’un Etat unitaire et nous ne pouvons pas discuter des choses en dehors de cette Constitution. L’accord de Ouaga, la feuille de route qui a été signée, les résolutions du Conseil de sécurité et même l’équipe de médiation à l’unanimité en Algérie, a indiqué très clairement que les propositions mises sur la table par les mouvements en demandant une fédération sortaient du cadre des négociations». Il a, cependant invité les mouvements à « faire preuve de réalisme, de pragmatisme, et à saisir la main tendue et à tirer profit de la détermination affichée pour pouvoir trouver des solutions ». D’après lui, la signature sera fonction des avancées enregistrées.

Par rapport à l’interpellation de l’ancien ministre de la Défense Soumeylou Boubeye Maïga en France, le ministre Diop précise que les autorités ne connaissent pas encore le mobile. « Notre mission diplomatique à Paris a été instruite pour lui apporter toute l’assistance dont il a besoin dans ce cadre » a-t-il déclaré.

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