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Agriculture et développement durable

by sur 18 octobre 2014

Le gouvernement malien a décidé de « mettre la gomme » sur le développement de l’agriculture.

Une bien bonne chose, sauf qu’il vaudrait mieux ne pas faire n’importe quoi et, surtout pas, s’inspirer des « exemples » occidentaux d’agriculture intensive, empoisonneuse et surconsommatrice de produits chimiques qui dénaturent goût et qualité.

Pourtant, il existe quelques exemples, comme celui de ce vétérinaire formé en Union soviétiques qui s’est transformé, au contact de Pierre Rabhi, en agriculteur respectueux de l’environnement.

Avec un certain succès.

Oumar Diabaté, un pionnier de l’agroécologie

Par AFP – 16/10/2014
Des fruits, légumes et plantes médicinales produits sans pesticides et en quantité, c’est le pari réussi d’Oumar Diabate vétérinaire malien devenu fermier réputé pour ses produits bio.
Petit coin de vert luxuriant dans un écrin de terre ocre, la « ferme agroécologique » de Diabaté est située à Satinébougou, village de 400 âmes à une trentaine de kilomètres de Bamako, la capitale.
Sur près de deux hectares, depuis 2005, poussent des tomates, des courges, des laitues, des betteraves, mais aussi des arbres fruitiers et des plantes médicinales.
Un espace est réservé à des vaches laitières, des poules et des moutons métis.
Mettre en valeur un sol « qui était très pauvre », où « l’herbe ne poussait même pas », n’a pas été facile à faire, ni à faire comprendre aux agriculteurs dans la zone, affirme à l’AFP Diabaté, grand homme au physique de boxeur.
« Quand j’ai commencé ici, ils n’y croyaient même pas ». Aujourd’hui, ils lui disent qu’il est « le seul maraîcher qui parvient à s’en sortir », confie ce vétérinaire formé à Moscou de 1985 à 1992, qui emploie cinq permanents dans sa ferme.
Son projet doit son existence à une rencontre, décisive, avec l’écrivain, philosophe et paysan français Pierre Rabhi, pionnier de l’agroécologie. Oumar Diabaté décide de lancer sa ferme, mais en produisant différemment.
Dans son pays de 16,5 millions d’habitants s’étendant sur plus de 1,24 million de km2, aux deux tiers désertique et enclavé, l’agriculture est essentiellement fondée sur les cultures vivrières. Les systèmes de production alimentaire sont généralement traditionnels et les rendements relativement faibles.
Diabaté ne veut pas utiliser d’engrais chimiques, alors que d’autres en consomment en quantité. Il veut produire tout le long de l’année, alors que certains laissent leurs champs en jachère. Lui utilise du compost, engrais naturel qu’il obtient avec les déchets organiques: épluchures, déchets de cuisine, mais aussi fumier produit par ses animaux. Et il varie les cultures.
« En changeant de cultures, ça permet non seulement d’avoir une production diversifiée, mais aussi au sol de se reposer par rapport aux besoins de la culture précédente », explique-t-il.
Pour lutter contre les insectes, mauvaises herbes ou parasites, pas non plus de pesticides chimiques, incriminés dans la pollution du sol et des eaux souterraines. A la place, Diabaté utilise des tagètes, plantes herbacées à senteur poivrée, comme l’œillet d’Inde qui tue les vers nuisibles et écarte les insectes ravageurs.
Quant aux mauvaises herbes et autres fourrages, les animaux en font un festin et donnent des rendements intéressants pour la ferme. D’autant que pour les bovins, Omar Diabaté expérimente avec succès des croisements entre les races locales et deux races européennes, Montbéliard et Holstein, qui, selon lui, tombent rarement malades.
« Ce métissage nous a permis d’avoir une production (laitière) un peu élevée », déclare-t-il. « Au lieu de 2 à 3 litres par vache, nous avons 10 à 15 litres par jour et par vache », également bio. Sa production n’a rien à envier à celle de structures de taille plus importante: il récolte chaque semaine l’équivalent d’une trentaine de paniers de légumes et fruits.
Du producteur au consommateur
Il écoule ses produits bio sur le modèle des Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), actuellement très prisées en France, sans intermédiaire entre fermiers et consommateurs.
A Bamako et ses environs, 29 clients réguliers sont livrés une fois par semaine, le samedi ou le mardi, ses jours de « marché ». Les paniers, qui sont préparés par son épouse Fatoumata, coûtent 5.000 FCFA (7,5 euros) l’unité. Sur chaque panier, il a 40% de bénéfice. Des gains importants par rapport au revenu mensuel moyen au Mali, inférieur à 50.000 FCFA (76 euros).
Pour partager son expérience de l’agroécologie, Oumar Diabaté a fait construire dans sa ferme quelques cases et une salle de cours. Il y accueille depuis 2007 des stagiaires maliens et étrangers, comme Cheikh Ndour, venu du Sénégal, où il était allé dispenser une formation en 2013.
Si les enseignements de Diabaté suscitent de l’intérêt, il n’est pas prophète en son pays, la production bio étant encore marginale au Mali.
Pourtant, les autorités ont pour ambition de faire du Mali « une puissance agro-pastorale » sous-régionale à l’horizon 2017, qui pourrait assurer la sécurité alimentaire des populations, créer des emplois et revenus « dans une logique de développement durable et respectueux de l’environnement », selon un document gouvernemental de 2013.

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