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Cyanure à Didjan-Loulo : scandale ou …. ?

by sur 20 octobre 2014

Cyanure à Didjan-Loulo : scandale ou maintenance ?

Le hasard veut que, tout juste après la mise en ligne d’un article intitulé « Journaliste au Mali », une illustration des conditions de travail de ces derniers nous est donnée.

Les 11 et 14 octobre, Abdoulaye Guindo dénonçait dans le journal « Le Procès Verbal », la situation dangereuse vécue par la population de Didjan-Loulo, près de Kéniéba, où des tuyaux transportant du cyanure en plein centre du village, auraient éclaté.

L’émoi était tel qu’une délégation des autorités régionales et locales, accompagnée de journalistes, s’est rendue sur place pour s’inquiéter des conséquences d’une situation jugée explosive.

Il s’avèrerait qu’apparemment, ce sont des travaux de remplacement et d’entretien des canalisations qui, mal interprétés après la fermeture d’une voie d’accès, ont provoqué une panique déclenchant la rumeur.

Non seulement, » le Procès Verbal » maintient ses affirmations, mais il assure que, suivant un procédé largement répandu  au Mali, c’est la SOMILO qui a payé le déplacement des journalistes et leur a versé des « perdiems ».

Nous publions les différents articles consacrés au sujet, en y ajoutant des publications plus anciennes, afin que chacun puisse se faire une idée de la problématique minière au Mali, un sujet cher à Corens comme le montre son blog que nous vous également invitons à consulter.

Il s’agit d’un dossier réalisé en octobre 2013 par notre consoeur de l’Indépendant Clarisse Nijkam et des articles de 2009 remontant jusqu’en 2005, date de la mise en exploitation de la mine de Loulo. 

Exposition des villageois de Didjan au cyanure comment la Somilo veut étouffer le scandale

Abdoulaye Guindo- Le Procès Verbal du 20 oct 2014 à 12:09

Au lieu de trouver une solution rapide au drame sanitaire né de l’éclatement de ses tuyaux de cyanure à Djidjan, la société minière « SOMILO », filiale du géant Randgold Resources, engage des journalistes pour faire de la propagande. Procès-Verbal, quant à lui, a refusé l’offre.

Dans notre parution n°271 du 13 octobre 2014, nous évoquions l’éclatement des tuyaux de cyanure qui traversent le village de Djidjan, tuyaux posés par la compagnie minière SOMILO, une filiale du géant Randgold Resources.

Nous précisions que l’éclatement des tuyaux plongeait les villageois dans un danger de mort. Suite à notre article, nous avons été approchés par des responsables de Randgold. Ils nous proposaient de nous transporter par avion sur le site de Djidjan où, en compagnie d’autres journalistes et moyennant des perdiems, nous aurions produit des articles de propagande au profit de SOMILO. Nous avons, bien sûr, refusé l’offre, préférant investiguer par nos propres moyens et de manière tout à fait indépendante.

Pratique illicite

En posant ses tuyaux de cyanure en plein village de Djidjan, la SOMILO viole la réglementation minière et environnementale. Celle-ci exige, pour préserver la vie et la santé des populations, de poser les tuyaux hors des zones habitées. La SOMILO ne l’ignore pas. En effet, ses concurrentes prennent toutes les précautions pour ne pas indisposer les populations.

Ainsi, à Sadiola, la société minière IAMGOLD a posé ses tuyaux de cyanure à 18 km du village, de peur d’exposer la santé des villageois à un péril du genre qui vient de se produire à Djidjan.

IAMGOLD a aussi installé des canalisations pour transporter l’eau potable de Diamou, village situé à 50 km, et la distribuer gratuitement à la population de Sadiola. IAMGOLD, soucieuse d’atténuer les effets de la poussière provoquée par le va-et-vient de ses camions, procède quotidiennement à l’arrosage des pistes voisines de Sadiola. A Siama, autre site d’exploitation minière, les mêmes dispositions sont prises pour mettre les populations à l’abri des produits utilisés dans le traitement de l’or.

A Djidjan, c’est le contraire que l’on constate.

La SOMILO ne fournit pas d’eau potable aux populations. Pourtant, un cours d’eau se trouve à moins de 2 km de la localité. Les villageois sont, du coup, obligés de boire l’eau de puits contaminée par les produits toxiques qui coulent des tuyaux éclatés de la SOMILO.

Arroser les pistes pour éviter la poussière ? La SOMILO ne l’a pas au programme, voulant réaliser le maximum d’économies. Constat d’un villageois qui garde le sens de l’humour: « Si vous déposez un œuf dans les rues de Djidjan, il se remplira de poussière! ».

Mission d’enquête

Notre article, qui faisait état, photos à l’appui, de l’éclatement des tuyaux de cyanure à Djidjan n’a pas manqué d’attirer l’attention des autorités. Une délégation du gouverneur de Kayes s’est ainsi rendue sur le site, samedi 18 octobre 2014, pour s’enquérir de l’effectivité des fuites de cyanure.

La délégation était conduite par le sous-préfet de Djidjan, M. Maiga. Confortablement reçus par la SOMILO dans son usine de Djidjan, les missionnaires ont, dans un premier temps, tenté de convaincre les villageois que l’eau du village n’est nullement polluée; certains missionnaires ont même brandi des exemplaires de votre journal pour mieux en démentir les allégations.

Colère des villageois qui crient: « Venez donc visiter avec nous les tuyaux éclatés! ». La délégation, guidée par les populations, a alors pu constater l’ampleur des dégâts. A la fin de la mission du sous-préfet, les populations ont été encouragées par certains membres de la délégation à se battre pour leur santé car, selon ces interlocuteurs, l’Etat, à moins d’y être contraint, n’agira jamais contre les intérêts des sociétés minières qui lui procurent une bonne partie de ses ressources.

« Les infections respiratoires et gastriques sont le lot quotidien des villageois de Djidjan », reconnaît un membre de la délégation. Constat confirmé par un médecin local selon lequel 80% de la population souffre d’infections respiratoires et gastriques. « Lorsque vous venez à Djidjan, vous contractez, deux ans plus tard, une détérioration de votre santé », ajoute le médecin.

Discrimination

Ironie du sort, une fois hors du Mali, Randgold, propriétaire de la SOMILO, veille jalousement sur les intérêts des populations. En Côte d’Ivoire, par exemple, Randgold détient une mine à Tongon, à 55 km de la frontière malienne, dans la sous-préfecture de M’Bengué. La société « Tongon SA », qui exploite la mine, est détenue à 89% par Randgold et à 11 % par l’État ivoirien.

A Tongon, Randgold veille aux bonnes relations avec les villageois. Elle a consacré, en 2012, 375 millions de FCFA (0,4% de se’s profits) à des travaux de santé, d’adduction d’eau, d’électrification et d’éducation au profit des villageois.

Les tuyaux transportant le cyanure sont implantés à plusieurs kilomètres du village. Au cours d’une visite organisée en faveur de la presse ivoirienne en avril 2013, Mark Bristow, directeur exécutif de Randgold, déclarait: « Les banques ne nous financent pas en Côte d’Ivoire. C’est l’argent gagné au Mali que nous avons investi ici ».

Au Sénégal, Randgold mène des recherches minières dans la localité de Massawa. Elle s’est engagée à respecter l’environnement et à réaliser des projets de développement en faveur des populations. Mark Bristow ne se gêne pas de marteler, à Dakar, que « pour qu’un pays tire profit de l’exploitation de l’or, qu’il fallait un partenariat entre l’État, le capital et les populations ».

A Djidjan, ces bonnes paroles n’ont pas cours. L’explication tient au mépris où Randgold tient les lois et les autorités maliennes.

 

Rumeurs de dégâts de cyanure à Djidjan Kéniéba : Le démenti formel des services techniques et des chefs coutumiers

 Maliweb – Recueillis par Hamidou CISSE, Envoyé Spécial – 20 oct 2014 à 06:39

Depuis quelques jours, une folle rumeur se répand dans notre pays. Rumeur selon laquelle le cyanure utilisé par des professionnels de la société des mines de Loulo (SOMILO) fait ravages.

Pour couper court à ce tapage médiatique, la direction de ladite société a organisée une visite de terrain. La délégation comprenait, entre autres, le directeur régional des géologies et des mines, Abou Guissé ; le sous-préfet central de Kéniéba, Amadou H. Maïga ; le directeur régional de la protection civile, lieutenant-colonel Tiécoura Samaké ; la Directrice régionale de l’assainissement et du contrôle des pollutions et des nuisances, Mme Aïssata Cissé ; le point focal de l’assainissement de Kéniéba ; Hamady Kassambara ; le chef de l’urbanisme et de l’habitat de Kéniéba, Demba Nassoko ainsi que de nombreux hommes de médias.

Si l’utilisation du cyanure pose problème dans certains endroits, tel n’a jamais   été le cas à Loulo. Depuis le début de l’exploitation, il y a une dizaine d’années, aucun cas de mort d’oiseaux, d’animaux ou d’hommes n’a été lié à l’utilisation de ce produit. Néanmoins, pour couper court aux rumeurs infondées, une forte délégation des structures déconcentrées de la région de Kayes, de Kéniéba et les journalistes ont fait le déplacement de Djidjan Kéniéba pour savoir, ce qui s’est réellement passé.

Au terme d’une visite de terrain, le constat est le suivant : aucun tuyau n’est troué et le cyanure n’a jamais fait des dégâts. Pire, les responsables des villages de la commune de Sitakily s’insurgent contre ceux qui veulent régler des comptes personnels à la société minière en ne relatant pas la vérité.

Qu’à cela ne tienne, la préfecture de Kéniéba, à travers son chef de l’exécutif, Amadou Maïga, pense que «c’est une fausse alerte. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter ou de paniquer». C’est ce qu’il a expliqué à l’assistance lors de la réunion de l’ensemble des responsables des structures ayant fait le déplacement de Djidjan pour la circonstance.

Pour rappel, la tuyauterie a été mise dans un creux pour contenir les déversements en cas de fuites accidentelles et de réparation pour maintenance. Aussi, le village de Djidjan Kéniéba était localisé à plus de 500 m de la tuyauterie de résidus.

Par mesure de sécurité et pour éviter toute surprise désagréable, treize (13) familles, toutes localisées sur le côté gauche en partance de l’usine au barrage, ont été toutes déplacées et compensées. Une enveloppe de 7.493.700 Fcfa a été consentie. Au moment des faits, aucune famille n’était établie sur le côté droit en partance de l’usine au barrage. C’est pourquoi, il est important de souligner que les habitants autour du pipeline sont des migrants.

En tenant compte de tous ces paramètres, on peut dire sans risque de nous tromper que les tuyaux ne peuvent pas péter, parce que l’actuelle tuyauterie de dépôt (tuyaux en acier) a été installée en novembre 2011 et planifiée à être tournée après trois (3) ans de fonctionnement. Avant même le calendrier prévu, c’est-à-dire novembre 2014, 330 mètres ont été déjà tournés. C’est lorsque les techniciens de SOMILO sont arrivés au niveau du village que certaines personnes mal intentionnées ont interprétées les choses à leur manière. L’endroit incriminé se situe à l’entrée du village, mais à quelques encablures de la cité des travailleurs de SOMILO. Donc, s’il y avait eu dérapage, ce sont les travailleurs et leurs familles qui allaient être plus exposés.

Cette opération de maintenance de la tuyauterie consiste à tourner 1500 mètres sur 7400 mètres identifiés comme zones à haut risque d’ici fin août 2015. Pour minimiser les risques, 330 mètres ont été tournés avant le calendrier prévu, novembre 2014. Il comprend 13 séquences ; 132 mètres par séquence. Pour cela, le temps d’arrêt nécessaire de l’usine est de 138 heures soit 12 heures pour chaque séquence. Alors que chaque arrêt de l’usine coûte 45 millions de nos francs. Pour revenir à la tuyauterie, le restant des 5900 mètres est programmé pour 2016.

Les vraies raisons de la rotation

Contrairement à certaines déclarations, les mesures de contrôle sont efficaces : un creux tout au long de la tuyauterie pour contenir le déversement (7300 mètres de long et 5 metres de large) ; une patrouille 24h/24 le long de la tuyauterie ; la sensibilisation des communautés ; les perturbations de trafic ; la clôture de la route lors de l’entretien et 30 % de boue sont utilisés dans le remblayage. À court terme, le remplacement des portions usées (continuer à tourner les tuyaux à 132 mètres par mois), le ciblage de 1500 mètres (330 déjà tournés) et le suivi d’usure des épaisseurs de tuyau (test d’épaisseur). À long terme : obtenir des capitaux pour remplacer la tuyauterie pour sécuriser 4,6 M tonnes par an.

En somme, à chaque fois qu’une opération nécessite une interruption de la circulation, certains interprètent cela à leur manière. D’où des polémiques et diffusions de fausses nouvelles.

Au terme de cette visite de terrain, l’ensemble des services déconcentrés de la région, impliqués dans la question des mines, ont affirmé qu’il n’y a aucune anomalie concernant la maîtrise totale du cyanure.

Amadou Maïga, sous-préfet central de Kéniéba : «C’est une fausse alerte»

« Pour nous, c’est une fausse alerte. Nous avons appris ces informations erronées au moment où nous étions avec le gouverneur de Kayes dans un séminaire. Franchement, nous avons considéré cette information comme une rumeur. Parce que ni le chef de village, ni le maire encore moins la mine n’avaient alerté notre attention sur un quelconque souci. C’est pourquoi, nous avons continué notre travail, comme si de rien n’était. Néanmoins, le gouverneur a tenu à ce que les services déconcentrés de la région puissent venir faire leur constat sur le terrain. À l’unanimité, ils viennent d’affirmer que c’est une fausse alerte. Donc, force est de constater qu’aucun tuyau n’a pété et qu’il y a aucun problème sanitaire. C’est-à-dire qu’aucun oiseau n’est mort, encore moins un cas de maladie n’a été constaté ».

 Chiaka Berthé, Directeur général de SOMILO :  «Le changement de tuyau était programmé depuis trois ans»

« Personnellement, j’ai été surpris en apprenant cette nouvelle parce que je savais qu’il n’y a pas de problème à la mine de Loulo. Ce travail était programmé depuis trois ans. Lorsque l’information a fait le tour, nous avons décidé d’inviter tous les services techniques déconcentrés de la région de Kayes, impliqués dans la gestion de la mine, pour qu’ils se rendent eux-mêmes sur le terrain afin de mieux savoir. Aussi, nous voulons que les compatriotes comprennent que la mine appartient à Randgold et au Mali. C’est pourquoi une telle fausse révélation ne sert à personne.

La seule mine au Mali qui transporte depuis 2011 par tuyauterie jusqu’à 8 km, est SOMILO. Il avait été programmé depuis trois ans que les tuyaux seront renversés. Cela n’a rien de particulier. Aussi, il est important que les gens sachent que le renouvellement de la tuyauterie coûte au moins plus de deux milliards de nos francs.

À noter également que cela peut intervenir à tout moment puisque l’usine est arrêtée chaque mois pendant 12 heures pour permettre aux techniciens d’apporter des changements nécessaires, afin d’éviter des surprises désagréables. Si un tel problème majeur se pose, nous avons l’obligation d’informer nos responsables villageois et administratifs ».

Demba Kéita, chef du village de Sackola : «C’est purement de l’intox»

« Je veux poser la question de savoir qui est à l’origine de ces fausses nouvelles ? Il est important que nous démasquions l’identité réelle de ces personnes. Comme, ils ne sont pas connus, nous sommes obligés de nous contenter des déclarations. Tout ce qu’ils disent est archi-faux.

Je vis dans ce village depuis des dizaines d’années, aucun habitant ne pourra dire que moi, le plus âgé (patriarche), est impliqué dans une calomnie. Je détiens avec Mogotafing les clés de notre cimetière. C’est pourquoi on ne pourra enterrer qui que ce soit, sans que je ne sois pas impliqué dans les cérémonies funèbres.

Nous n’avons aucun souci avec la mine. C’est d’ailleurs le lieu pour moi de les remercier à cause du respect mutuel entre nous. Pour moi, cela relève de l’intoxication. Heureusement que les structures déconcentrées de la région ont fait le déplacement pour constater d’eux-mêmes ». 

Mogotafing Sissoko, chef de village de Djidjan Kéniéba : « Ici, le cyanure n’a jamais tué même un poulet»

« Ce sont des propos mensongers. Parce que je n’ai jamais vu que le cyanure a tué même un poulet dans notre village. À Djidjan, notre cimetière est clôturé et je détiens l’une des clés. Aucune personne ne peut enterrer son corps sans que je ne sois au courant. Il ne peut pas avoir un tel problème sans que la mine ne m’informe à temps réel.

Je me rappelle qu’une fois qu’un tuyau a pété, la mine a pris toutes les dispositions à temps réel en nous impliquant le processus du début à la fin. Nous sommes en contact régulièrement avec SOMILO à travers un comité présidé par le sous-préfet central qui se réunit pour discuter de tous les problèmes qui se posent.

Aujourd’hui, il n’y a aucun problème particulier entre SOMILO et Djidjan Kéniéba. Etant le premier responsable du village, je n’hésiterai pas à informer le préfet central, si on avait un tel souci parce que je suis en contact avec presque tous les jours avec lu »i.

Falaye Sissoko, conseiller municipal et opérateur cyanure : «Si quelqu’un devrait mourir de cyanure, c’est moi»

« Vous savez, je suis un fils du village en même temps conseiller municipal et opérateur cyanure. Si quelqu’un doit mourir de cyanure, c’est bien sûr moi, parce que j’y travaille depuis l’arrivée de SOMILO dans notre commune.

Si quelqu’un veut régler ses comptes personnels avec la société, il peut le faire, mais pas à mentir de la sorte. Si le cyanure pose problème à la population, je serai le premier à alerter mes parents. Les gens racontent des choses qu’ils ne maîtrisent pas du tout.

Ce qui est grave dans ça, c’est le fait qu’aucune personne ne peut avouer qu’il a vu un oiseau mort ou un habitant qui vomit, à plus forte raison mourir. Je défie qui ce soit, de nous produire la moindre preuve de ses propos ».

Falaye Sissoko a une triple casquette, puisqu’il est conseiller du chef de village, conseiller municipal, mais aussi opérateur cyanure.

Fassara Kéïta dit ancien, chef de village de Loulo : «Nous sommes concertés dans toutes les prises de décision»

« Quand j’ai appris cette information, je me suis posé la question de savoir qui est à la base de cette machination. Depuis l’arrivée de la mine chez nous, elle n’a pris aucune décision importante sans impliquer l’ensemble des responsables villageois de la Commune de Sitakily.

Je ne sais pas comment certaines peuvent se permettre de parler de mort d’oiseaux ou d’hommes chez nous, sans que nous-mêmes ne soyons pas au courant. Il est important que chacun d’entre nous sache qu’un jour, il y aura un dernier jugement. Si quelqu’un devrait mourir, c’est bien sûr l’un de nos fils parce qu’il est un opérateur cyanure depuis l’arrivée de la mine. En aucun instant, il n’est venu se plaindre d’un quelconque déversement de ce produit. C’est un fils du village, il ne peut pas travailler contre ses parents que nous sommes.

Nous n’avons pas constaté même la mort d’un oiseau, à plus forte raison d’une personne. C’est une pure imagination de certaines personnes qui veulent ternir l’image de SOMILO ».

Aïssata Cissé, Directrice Régionale de l’assainissement et contrôle des pollutions et des nuisances : « c’est une rumeur infondée que nous avons constaté sur place »

« Je suis chargé du contrôle. Nous, en tant que service public, nous veillons sur l’aspect environnemental de l’ensemble des mines de la région. À mon avis, il y a eu un manque de communication entre les acteurs. Sinon, c’est une rumeur infondée parce que nous avons constaté sur place le contraire.

« Il n’y a eu ni de déversement, encore moins aucun tuyau n’a pété. En somme, il n’y a pas d’inquiétude. Seulement, si la mine doit faire ces genres de travaux qui occasionnent la fermeture d’une voie, elle doit informer d’avance la population pour éviter que certaines personnes mal intentionnées ne puissent interpréter autrement. Franchement, la mine respecte convenablement les règles standards internationales ».

Boubacar Cissé, Directeur régional de la géologie et des mines : «Dans cette mine, les technologies sont bien maîtrisées»

« Je pense que le fait même de venir constater les réalités du terrain, c’est une bonne chose, car ce sont des rumeurs qui courent et de notre constat, il ressort que ce ne sont que des rumeurs non fondées. Vous savez, cette mine a une technologie appropriée.

Le complexe de Loulo-Gounkoto, avec des tuyaux qui pèsent plusieurs centaines de tonnes, fait des entretiens suivant un plan très bien déterminé. Par mois, l’usine consacre 12 heures de temps pour l’entretien de ces tuyaux. Ce qui s’est réellement passé ici pendant ces 12 heures, c’est que ces tuyaux étaient plastiques et pour des raisons de sécurité, ils ont été remplacés par des tuyaux en fer de diamètre 0.5. Cela veut dire que ce sont de gros tuyaux.

Pour empêcher à la partie qui touche le sol de s’user, ils ont procédé à des rotations en haut. Ils n’ont fait des travaux d’entretien que sur 66m seulement. On est venu avec vous, les journalistes, la société civile, la protection civile et les services déconcentrés de Kayes, mais on n’a rien vu d’inquiétant comme le disent les rumeurs.

Je pense que ces rumeurs doivent cesser, car vous savez, toutes ces mines sont certifiées 14001, c’est-à-dire que la question environnementale, c’est zéro tolérance. Vous savez que l’économie du Mali repose sur ces mines. Donc, les individus qui, pour des raisons propres à eux, essaient de nuire à l’image de ces usines, le font contre le Mali. Une chose est sûre, dans ces mines les technologies sont bien maîtrisées. J’appelle les populations à plus de vigilance contre l’intox et la désinformation, car aucun tuyau n’a éclaté ou n’est troué ici. Vous avez fait le constat avec nous ».

 

Éclatement des tuyaux de l’usine du site minier de Loulo : Selon les services étatiques, il s’agissait d’une fausse alerte

Aboubacar DICKOEnvoyé spécial à Loulo – L’Indépendant du 20 oct 2014.

Les services techniques de la Direction régionale de l’assainissement, de l’environnement du contrôle, de la pollution et des nuisances, ceux de l’urbanisme et de la protection civile, le sous-préfet central de Kéniéba ainsi que les chefs de village de Didjan-Kéniéba (lieu où se trouve le site minier) et de Sakola se sont rencontrés, le vendredi dernier, sur le site minier de Loulo, sis à Kayes et exploité par le sud-africain Randgold à travers la SOMILO.

L’objectif était de s’imprégner des réalités de ce qu’il en est de l’éclatement des tuyaux de l’usine. Après une visite desdits tuyaux, il a été conclu qu’il s’agissait plutôt d’un changement programmé de ceux-ci.

C’est dans le but d’apporter plus d’éclaircissement sur le soit disant éclatement des tuyaux de l’usine de la SOMILO qui opère sur le site minier de Loulo (dans le village de Didjan-Kéniéba) qu’une équipe composée des représentants de l’urbanisme, de l’assainissement, de la protection civile et de l’environnement de la région de Kayes a été dépêchée sur les lieux pour rencontrer les responsables de la société minière et les autorités villageoises.

Après avoir effectué une visite desdits tuyaux en compagnie des différents responsables de la SOMILO et tenu une réunion regroupant l’ensemble des représentants de l’Etat et des chefs de village de Didjan et Sakola, tous ont convenu qu’il s’agissait d’un malentendu et qu’en réalité il n’a jamais été question d’éclatement des tuyaux qui contiennent des produits chimiques, notamment du cyanure, extrêmement dangereux pour les populations et la nature elle-même.

En effet, selon les responsables du site, chaque trois ans il est procédé à une rotation des tuyaux de l’usine car la partie qui est en contact avec le sol est complètement abimé après ce temps. Lesdits tuyaux sont au nombre de trois : l’un évacuant la boue, l’autre l’eau et un dernier qui est  en standby au cas où l’un des deux premiers tombe en panne. Ce travail, qui doit prendre fin en octobre, a commencé en septembre dernier et déjà 330 mètres ont été changés.

Il consiste à changer les tuyaux de façon graduelle. Mais, ayant commencé au niveau de l’usine pour finir au niveau du bassin, c’est ces deniers jours que les travailleurs sont devenus visibles. Et, il a été jugé nécessaire de  « couper » la route principale en créant une déviation pour des raisons de sécurité car les tuyaux contiennent des résidus de l’usine (boue contenant la cyanure).

Cela devait durer 12 heures mais a duré exceptionnellement 24 heures ce jour-là. Par ailleurs, pour sécuriser les installations, plusieurs précautions sont prises dont les creux pour contenir le déversement (7300 mètres de long et 5 mètres de large), une patrouille le long de la tuyauterie, la sensibilisation des populations ou encore la perturbation du trafic et la clôture des routes lors de l’entretien.

« Dans ces mines les technologies sont bien maitrisées « 

Des plaques sont tout au long de la tuyauterie sur lesquelles il est indiqué des numéros de téléphones pour alerter les populations en cas d’urgence. Pour les services techniques étatiques et les chefs de village de Sakola et de Didjan-Kéniéba, il s’agissait d’une fausse alerte.

« Je l’ai appris quand nous étions en atelier avec le gouverneur et nous avons immédiatement contacté le chef de village et tous les autres responsables. Nous nous sommes rendus compte qu’il n’en était rien de ce qui a été dit…il fallait qu’on vienne ici pour nous en assurer et j’ai de bonnes impressions » , a dit le sous-préfet central de Kéniéba, Amadou H Maïga.

Un avis largement partagé par le chef de village de Sakolo, Demba Keïta qui a affirmé que :  « même si le tuyau a pété, je ne suis pas au courant alors que toutes les fois où il y a eu des problèmes on nous en a informé pour prendre des mesures » , avant d’ajouter que  « la rumeur a fait le tour du village mais c’est faux » .

Même son de cloche chez Mogontafè Sissoko, chef de village de Didjan-Kéniéba où se trouve le site en question.  « Je pense que ce n’est pas vrai. Cela ne peut pas se passer sans que je ne sois au courant… personne ne m’en a parlé et je n’ai rien vu de tel. Ce qui a été dit est simplement faux, sinon chaque fois qu’ils ont eu des problèmes avec les tuyaux (les responsables de l’usine ndlr), on a été mis au courant… », a-t-il dit.

Par ailleurs, selon Boubacar Cissé, Directeur régional de la géologie et des mines de Kayes  « Ce qui s’est réellement passé ici pendant ces 12 heures, c’est que les tuyaux sont plastiques et pour des raisons de sécurité, ils ont été remplacés par des tuyaux en fer de diamètre 0.5 cela veut dire que ce sont de gros tuyaux. Pour empêcher la partie qui touche au sol de s’user, ils ont procédé à des rotations pour ramener ctte partie en haut. Ils n’ont fait des travaux d’entretien que sur 66m seulement », avant d’ajouter que :  « je pense que ces rumeurs doivent cesser, car vous savez toutes ces mines sont certifiées 14001, c’est-à-dire que la question environnementale c’est zéro tolérance. L’économie du Mali repose sur ces mines donc, les individus qui pour des raisons propres à eux, essaient de nuire à l’image de ces usines le font contre le Mali ».

Le respect de l’environnement par la mine est aussi apprécié par Aïssata Cissé, la Directrice Régionale de l’assainissement et du contrôle des pollutions  et des nuisances de Kayes.  « À mon avis, il y a eu un manque de communication entre les acteurs. Sinon, c’est une rumeur infondée parce que nous avons  constaté sur place le contraire. Il n’y a eu ni de déversement, encore moins aucun tuyau n’a pété. En somme, il n’y a pas d’inquiétude » , a-t-elle déclaré.

Toutefois elle a tenu à préciser que  » si la mine doit faire ce genre de travaux qui occasionnent la fermeture d’une voie, elle doit informer d’avance la population pour éviter que certaines personnes mal intentionnées ne puissent l’interpréter autrement. Franchement, la mine respecte convenablement les règles standards internationales « .

 

Les villageois de Didjan menacés de mort : Les tuyaux de cyanure de la société minière SOMILO éclatent

Abdoulaye Guindo – Procès Verbal  du 14 oct 2014.  

Dans notre parution, n° 263 du 11 août 2014, nous évoquions la pollution de la localité de Djidjan-Loulo par la société d’exploitation minière dénommée « SOMILO ».

Dans cette localité, les tuyaux par lesquels passent le cyanure et le plomb utilisés dans le traitement de l’or sont installés en plein cœur de la ville; ils constituaient, de ce fait, une véritable bombe à retardement.

Il faut savoir que dans le cadre du traitement des minerais, certains produits très mortels comme le cyanure et le plomb sont utilisés dans les mines; à la fin de la chaîne de traitement, ces produits passent par des tuyaux vers un déversoir final. A Djidjan-Loulo, les tuyaux par lesquels passent les produits hautement toxiques traversent le village à ciel ouvert. Les enfants risquaient leur vie tous les jours en jouant près desdits tuyaux.

En vue de prévenir l’extermination chimique du village suite à une éventuelle perforation des tuyaux, les populations de Djidjan-Loulo, à plusieurs occasions, avaient tiré la sonnette d’alarme en sollicitant le retrait des tuyaux. A travers des correspondances adressées aux autorités locales et nationales, y compris le Premier Ministre, la communauté de Djidjan avait haussé le ton. En vain.

Puis, ce qui devait arriver, arriva. Depuis le jeudi 9 octobre 2014, les tuyaux, à maints endroits, ont éclaté. Les populations assistent, impuissantes, à la coulée du cyanure et du plomb dans le village (voir photos). Cette situation a coupé le village en deux. En effet, lorsque la vapeur du cyanure tue, de même que la moindre goutte de ce produit. Les habitants ne peuvent donc quitter un quartier riverain des tuyaux vers un autre sans risquer de se faire empoisonner par le cyanure.

L’activité économique du village est, par conséquent, au ralenti; les bergers voient leurs animaux mourir çà et là. Plus grave encore, tous les puits fournissant l’eau potable ont été abandonnés car tous pollués. Les habitants de Djidjan les plus riches ne consomment plus que de l’eau minérale. Ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter ce produit de luxe sont obligés de consommer l’eau de puits à leurs risques et périls. Les citoyens souffrant de maux de ventre se comptent par dizaines. Ils se plaignent aussi de diarrhées.

Pour les habitants de Djidjan-Loulo, les autorités nationales sont les premiers responsables de leur extermination programmée. Après que la direction de la SOMILO eut affirmé qu’elle payait une taxe à l’Etat pour exercer librement ses activités et qu’elle n’enleverait les tuyaux que sur ordre de l’Etat, la communauté de Djidjan-Loulo n’avait d’autre recours que d’interpeller les autorités. Chose qui fut faite.

Lors de son passage à Djidjan-Loulo, pendant la campagne électorale, IBK aurait promis de faire retirer les tuyaux s’il était élu. 12 mois plus tard, ils sont toujours là. Des émissaires du village n’ont pas manqué, lors du forum des orpailleurs tenu à Bamako du 18 au 21 septembre 2014, d’interpeller le président IBK sur le danger qui planait sur leur localité. En, vain. Aujourd’hui, les habitants envisagent un ultime recours: s’attaquer aux installations de la mine, même si mort doit s’ensuivre car, pour eux, ils sont déjà morts.

 ARCHIVES

Exploitation aurifère à Loulo : Le souci du développement rural et de la protection de l’environnement

29 Octobre 2013 – L’Indépendant Réalisé par Clarisse NJIKAM

Le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Ousmane Ag Rhissa avait initié en mars dernier, une visite de terrain, dans les sociétés minières de Kayes, afin de s’enquérir du respect du code minier sur la gestion environnementale et sociale. Suite à cette visite, des suggestions et des recommandations ont été portées à l’endroit des responsables pour une nette amélioration.

C’est dans cette optique que les 23 et 24 octobre derniers (2013), une équipe de journalistes a effectué une visite sur le site de la Somilo Sa pour s’assurer de la prise en compte des différentes recommandations.

Le Mali est le plus grand pays d’Afrique occidentale et accueille trois sites miniers de Randgold : à savoir Loulou, Gounkoto et Morila. L’or est important pour l’économie du Mali, car il représente 19% du PNB selon le World Gold Council. En 2011, les versements fiscaux de Randgold seuls ont représenté plus de 6% des rentrées fiscales totales du Mali.

La mine d’or de Loulo se trouve dans le cercle de Kéniéba, région de Kayes. Elle  est de nos jours, citée comme la plus grosse mine de l’Afrique de l’Ouest. Avec pour spécialité l’exploitation d’une mine souterraine. Elle a démarré en 2005 et les prévisions annoncent sa fin pour 2025.

La société emploie 4 000 personnes, dont 92,7% de Maliens, elle est dirigée depuis 2012 par Chiaka Berthé, un jeune cadre malien, géologue de formation et pur produit de l’ENI. M. Berthé est également membre de l’Australian Institute of Mine and Mettalurgy (AuslMM) et de la Geostatiscal Association of South Africa (Gasa).

Interrogé sur la gestion de la protection environnementale, le premier responsable de la mine a expliqué les conditions dans lesquelles fonctionne sa société. Selon lui, la société minière de Loulo détient une certification ISO depuis bientôt quatre ans. Elle est également inscrite en bourse, ce qui lui impose l’obligation  de se donner une réglementation plus rigoureuse en matière de sécurité et de protection de l’environnement, que ce que prévoit le code minier malien.

C’est pourquoi le DG déclare avec regret :  « Il y a toujours des idées arrêtées sur les mines. C’est normal, car elles sont émises par des personnes qui ignorent souvent tout du fonctionnement d’une société minière « .  Les services techniques de la protection de l’environnement viennent chaque année inspecter le site.

Le DG, a reconnu tout de même que la mine utilise des produits dangereux, mais qu’elle sait comment les neutraliser, « les constructions sont faites de sorte que les habitants ne sentent aucun effet de ces exploitations sur leur environnement ».

Le superviseur de la section réactif, Benoit Diarra a rappelé lors de notre passage que qui parle de mines, parle d’utilisation de produits chimiques.  « 88 à 90 % de l’or produit est extrait d’une roche.  C’est grâce à des produits chimiques que le minerai est traité. Le plus dangereux de ces produits est le cyanure. Or c’est ce produit qui permet de tirer l’or de la roche dans laquelle il est contenu. Et il faut une tonne de roche pour extraire 4 grammes d’or ».

« L’or, de par sa nature, se distribue en PPM (partie par million). Selon le superviseur, à Loulo, on a une proportion de  4 PPM (sur le million). Ce sont 360 000 tonnes de roches aurifères qui sont traitées par mois pour extraire 600 kg du métal précieux. Et il n’est pas encore pur. C’est le cyanure qui permet de traiter rapidement la roche pour en tirer le minerai dans une quantité suffisante. Or, le cyanure est un poison. Il se désintègre sous le soleil au bout d’un certain temps. C’est pourquoi un dispositif spécial est installé pour évacuer le cyanure vers le bassin à boue.

Parlant du processus de désintoxication, le technicien explique que pour éviter que le cyanure ne pollue la nappe phréatique, un dispositif constitué d’une argile (roche imperméable) spéciale, la dolomite, sert de revêtement au fond du bassin à boue.  »  Nous avons une stricte politique de gestion du cyanure et appliquons le code cyanure internationalement reconnu comme norme de gestion dans ce domaine «  a-t-il rassuré.

Pour éviter toute gestion compromettante de ce bassin à boue, Somilo Sa a préféré sous-traiter avec une société externe spécialisée en la matière, qui s’occupe entièrement de la gestion. Pour ainsi répondre à l’une des préoccupations du ministère de l’environnement et de l’Assainissement qui, lors de son passage, avait recommandé aux responsables de la mine d’améliorer la qualité du traitement des bassins à boue.

Selon notre constat la recommandation du ministre a été prise en compte, car tout autour du bassin de désintoxication, de nouveaux forages ont été faits pour filtrer et retenir les produits toxiques. Deux autres bassins ont également été créés pour la récupération des eaux de pluie et le traitement des eaux polluées.

Le responsable environnement, Diakalia Koné de préciser que des contrôles réguliers sont effectués. S’y ajoute que, tous les trois mois, l’Etat, à travers des services appropriés, effectue des vérifications et les résultats sont publiquement remis à la communauté locale à travers ses représentants.

La mine a conservé sa certification ISO 14001 pour le système de gestion de l’environnement à la suite de l’audit de contrôle effectué par la National Quality Assurance (NQA) en décembre 2012. Les résultats sont satisfaisants, a dit M Koné, qui a rappelé que les questions d’environnement font partie du chemin de bataille de la société.

Pour le Directeur environnement, cette certification, reçue depuis bientôt 4 ans, est la preuve que la mine respecte les conditions d’exploitation définies par les règles du standard international en matière de sécurité et de protection de l’environnement.   « Toutes les phases de l’activité minière sont prises en compte : le transport, le traitement, le nettoyage, la détoxication, etc », révèle-t-il. Cette année, pour obtenir la recertification, d’intenses vérifications ont été faites. Cela ne dépend pas seulement de la mine, mais de tous ses partenaires qui n’acceptent pas que leur argent soit injecté dans une entreprise qui détériore l’environnement ou qui tue des vies

La santé et la sécurité sont les mots d’ordre

Le chef sécurité, Mamadi Maré expliquera que SOMILO Sa  injecte, chaque mois, 14 millions de F CFA dans les médicaments pour équiper les structures de santé du cercle de Kéniéba. Sans compter la prise en charge gratuite  des femmes enceintes et des malades. Les services médicaux ont traité 10 411 patients issus de la communauté et continuent d’assurer gratuitement les premiers secours, l’évacuation, le planning familial, le conseil en VIH et le dépistage volontaire par le personnel de la mine, au dispensaire du village. En plus d’un programme d’immunisation qui a été mis en œuvre en association avec le centre de santé de Kéniéba.

Parlant de la sécurité, M. Maré explique qu’au cours de l’exercice 2012,  le taux de fréquence des accidents du travail avec arrêt (TFAA) a reculé de façon significative de 2.29 à 1.59. Par ailleurs, le million d’heures sans accident avec arrêt a été atteint deux fois au cours de l’exercice 2012. Aucun décès n’a été enregistré pour la deuxième année consécutive. Le système de gestion de la sécurité a été mis en œuvre conformément aux prescriptions OHSAS 18001 et la certification a été recommandée au troisième trimestre 2012.

Réduction de la poussière

L’une des recommandations du ministre était de minimiser le dégagement de la poussière au niveau des chantiers et la protection des populations environnantes. Le directeur général, Chiaka Berthé explique « nous avons bitumé les routes d’accès, pour minimiser ces problèmes. Nous pulvérisons nos routes de mélasse pour empêcher la poussière. Sans oublier que nous avons mis sur pied un vaste programme de contrôle à base de sceaux à poussière disposés à travers les zones minières ainsi que dans les hameaux environnants’’.

Mais vu le climat de la région, «  je pense que la solution sera de bitumer la route nationale, qui est fréquentée par les transports en commun, et non par les engins de la société. Il y a quelques années de cela, ma société avait  exprimé le vœu de  bitumer la route nationale Kenieba-Kayes, mais les autorités de l’époque ont rappelé que cet exercice relevait du rôle de l’Etat et non d’une société privée. Nous attendons toujours l’Etat. C’est dommage que les  populations riveraines chaque fois nous rejettent le tord  » a-t-il dit avec désolation.

Le développement rural, un privilège pour Somilo Sa

Par Clarisse NJIKAM

Dans après sa première exploration sur le site de Loulo, le développement de la région de nos jours est remarquable. La population du village de Djidjan Kéniéba est passée de 300 habitants en 2003 à plus de 15 000.

A cette époque, seulement 15% de la population locale était économiquement active, il n’y avait que peu d’accès aux soins médicaux et avec un seul puits dans la région. Pour permettre de mieux contribuer au développement du cercle, un comité de développement de la communauté (CDC) a été mis sur pied, sous la coordination de la société et sous la présidence du maire de la commune de Sitakily, avec comme membres les chefs des 9 villages, les représentants des groupes de femmes et de la jeunesse.

Depuis le démarrage de la mine en 2005, le CDC a distribué plus de 900 000 dollars à des projets locaux, avec plus de 200 000 dollars dépensés rien qu’en 2012. Dans le domaine de l’eau potable, 23 puits d’eau potable et d’irrigation ont été installés. Sans compter les frais de la formation et de l’équipement de sept habitants locaux pour l’entretien et la réparation de ces sources d’eau à long terme.

En éducation de base,  six écoles ont été construites pour environ 2 500 élèves. Ainsi que la prise en charge des fournitures de base, et des ressources pédagogiques supplémentaires.

Le développement économique : pour compléter l’emploi direct de la mine, le CDC a pris l’initiative de créer de nouvelles possibilités économiques dans la région, particulièrement dans l’agriculture. Un tracteur et un équipement de labour ont été acquis pour chaque village pour récolter le maïs et le riz. Ces projets ont eu un effet catalyseur sur la région et ont incité d’autres services du secteur privé comme les banques, les réseaux de téléphonie mobile, les stations-services etc… à s’établir dans la région.

Partenariats et production de richesses

La mine d’or de Loulo paie des taxes  s’élevant à 75 000 F CFA par mètre carré de terre exploitée à Kéniéba. Elle consomme 7 millions F CFA de gazoil par mois pour faire tourner ses générateurs. L’approvisionnement est assuré en grande partie par Ben & Co, en moyenne 708 millions de dollars U S y sont injectés chaque année. En 2012, la société a produit 15,6 tonnes d’or sur les 50 tonnes produites au Mali. Ce qui équivaut, a ajouté Chiaka Berthé,  à 10 % du budget du pays, soit environ 200 milliards F CFA.

Au même moment Loulo a un crédit de près de 450 milliards F CFA. Parallèlement, elle doit dépenser une somme très élevée, l’exploitation de l’or revenant très chère. C’est pourquoi, en cas de chute des cours sur le marché mondial, certaines sociétés subissent des pertes énormes ou mettent carrément la clé sous la porte.

« Les gens se plaignent souvent que l’or ne brille pas pour les Maliens. Une façon de dire que ceux-ci ne voient pas la couleur de l’or produit chez eux. Le directeur répond à ce sujet que la société minière n’enrichit pas un pays, mais tire l’industrie. Quitte à l’Etat d’utiliser une bonne politique de gestion pour en faire profiter le pays ».

Avant d’avouer avec désolation que les autorités maliennes ne savent pas comment saisir les opportunités que créent les mines d’or pour en tirer profit. Et c’est regrettable.

Comment comprendre qu’il n’y aucune école de formation de miniers au Mali ? « L’Etat ne songe pas à former dans ce domaine. Tant que les décideurs ne sont pas formés, ils ne pourront défendre quoi que ce soit dans ce secteur. Je suis Malien qu’est-ce qu’on fait les autorités pour profiter de mon expérience ? Souvent j’ai honte… »  dira le Dg avec regret.

 

Les sociétés Semos Sa et  Endeavour Mining en fuyard…

Réalisées par Clarisse NJIKAM

La visite des journalistes dans les sociétés minières de Kayes visait à s’assurer de la prise en compte des recommandations faites par le ministre de l’environnement et de l’assainissement, lors de sa visite en Mars dernier. Une lettre d’information avait été envoyée aux différents sites sur le programme de la visite des hommes de médias.

Semos (Yatela et Sadiola) et Endeavour Mining (Tabakoto) n’ont pas répondu favorablement à cette lettre, sous prétexte qu’il fallait une lettre officielle du ministère.

Ceci est la preuve que certaines sociétés exploitant au Mali se reprochent beaucoup de chose quant à la protection de l’environnement, et l’Etat à travers le ministère en charge de l’assainissement doit s’assurer du respect total du code minier par ces sociétés, avant qu’il ne soit trop tard.

Il faut rappeler que ces deux sociétés sont régulièrement accusées de licenciement abusif.

Une autre raison de plus qui devrait attirer l’attention des autorités sur le respect des droits de l’homme et de l’environnement de ces sociétés…

La population de Loulo en veut plus…

Le village de Loulo se trouve à 3 km de la mine qui porte son nom. Ce village de 2000 habitants est totalement désert le jour. Presque tous ses habitants travaillent à la mine ou s’adonnent à l’aléatoire métier de l’orpaillage traditionnel. Au milieu des cases de ce village se dressent 6 nouvelles salles de classes construites par la société minière. Les fournitures scolaires sont garanties par la Somilo, a expliqué M Traoré, responsable du développement communautaire de la société, en plus du fonctionnement du CDC, qui prend en compte toutes les préoccupations des villageois.

Malgré tous ces efforts, la population de Loulo en veut plus. C’est ce qui ressort de notre entretien avec le chef du village de Loulo, Fassara Kéïta, qui, reconnait que le village a bénéficié de l’arrivée de la Somilo, mais demande encore plus, notamment le bitumage des routes du village, la solution aux explosions dans les carrières, qui endommagent les maisons par les fissures et bien évidemment la politique de recrutement des jeunes au sein de la société.

Le DG de la Somilo trouve normales ces revendications, car selon lui, c’est l’une des preuves qu’il y a le développement. Il dira qu’entre le village de Loulo et la Somilo, c’est plutôt un problème familial. La preuve, lors du mariage de la cinquième femme du chef du village, c’est le DG qui, humblement avait remis son véhicule pour servir de transport du couple. Comme quoi, tout baigne dans l’huile, malgré qu’on ne soit jamais satisfait.

La prostitution bat son plein à Djidjan

Djidjan est un autre village du Tambaoura. Sa population est estimée à près de 6 000 âmes. L’activité minière a attiré du monde vers ces localités. Des ressortissants de plus d’une vingtaine de nationalités ont élu domicile ici.

La chefferie villageoise affirme vivre en bonne intelligence avec ces étrangers. En plus des activités aurifères, le commerce du sexe bat  son plein.

A notre arrivée, nous avons fait escale dans un coin chaud du village ; question de se désaltérer. Un maquis en plein air, avec de l’ambiance, le son de la musique à plus de 1000 décibels. Ici l’alcool se consomme à une vitesse vertigineuse, même les singes en commencent.  Mais aussi le commerce du sexe fonctionne  mille à l’heure.

Pour un plaisir d’une heure, il suffit de débloquer la modique somme de 5000 Fcfa, y compris l’hébergement. Le choix est permis les filles passent à tour de rôle devant les consommateurs, qui les contemplent et font leur choix au fur et à mesure. En tout cas on a dit développement et tout ce qui  suit…

 

EXPLOSION DE COLERE A LA MINE D’OR DE LOULO

NIANE AMAP-Kayes – L’Essor – dimanche 19 juillet 2009

Des habitants des villages voisins ont attaqué la mine et provoqué d’importants dégâts matériels

Inaugurée en novembre 2005, la mine d’or de Loulo (Somilo) était un havre de paix où populations et exploitants d’or vivaient en bonne intelligence pour ne pas dire en symbiose. Témoins de ce climat sans nuages apparents, les nombreux éloges adressés par les chefs des villages environnants lors de la visite du ministre en charge des Mines, Abou-Bakar Traoré à la fin du mois de juin dernier (Voir l’Essor du 6 juillet).

Mais voilà que tout bascule subitement ce vendredi 10 juillet ! Que s’est il passé ? Selon des responsables de manifestants, tout est parti d’un test organisé pour recruter des conducteurs. A l’issue de cet examen, Loulo a vu tous ses conducteurs recalés, tandis que ceux de Morila présentés par la société MARS trustaient les places. « Injustice ! », ont tempêté nombre d’habitants des villages de la zone minière. Le soir aux environs de minuit, des femmes et des jeunes ont mis le siège devant la porte d’entrée principale de la mine, empêchant toute entrée (les sorties par contre étaient possibles).

Averti le directeur général de la mine, Amadou Konta, qui loge dans l’enceinte de la mine comme plusieurs responsables et ouvriers qualifiés maliens et expatriés, est sorti pour prendre langue avec les manifestants. Un porte-parole lui annonce qu’il n’y aura aucune négociation en l’absence du maire de la commune, Fawali Sissoko dit Awa. Le lendemain, le préfet se voit à son tour refuser l’accès à la mine.

Ce n’est qu’à l’arrivée du maire, accompagné de quelques responsables des jeunes, que le directeur a pu prendre connaissance des raisons de la manifestation. Au cours d’une réunion qui a regroupé les deux parties, les manifestants ont étalé un chapelet de doléances. Celles-ci portent sur le retrait immédiat de toutes les nouvelles recrues de la société MARS venant de la mine de Morila, le recrutement et la formation des jeunes des localités avoisinantes sur les machines, l’arrêt des licenciements sans en informer les chefs de village, la fin des recrutements « clandestins ».

Les manifestants demandent aussi des mesures de sécurité pendant les tirs des explosifs afin d’éviter des dommages aux habitants sur les sites de Loulo II, la délivrance d’attestations aux stagiaires formés par la Somilo sur les installations de Morila et une révision à la hausse du niveau des salaires.

Selon Amadou Konta, un accord avait été trouvé sur tous les points lorsque qu’au moment de la signature, des assaillants ont forcé les grillages et investi la mine. Ils ont attaqué les installations, pillé des logements avant de les incendier. Le bilan est lourd : 14 maisons pillées, saccagées et incendiées, 11 véhicules cassés et parfois calcinés, 6 grosses motos incendiées, une grue de 10 tonnes brûlée, des tuyauteries arrachées et endommagées.

Si aucune perte de vie humaine n’a été signalée, on enregistre cependant 11 blessés dont 8 gendarmes et 3 ouvriers.

200 agents de sécurité en provenance de Kayes, de Kita et de Manantali ont été déployés sur les lieux pour sécuriser les expatriés et les installations minières.

Une délégation dirigée par Seydou Keïta, un conseiller technique du ministère des Mines, accompagné de députés de l’Assemblée nationale, d’un représentant de la Défense et de la direction nationale des mines a également été dépêchée sur les lieux.

La situation a pu être maîtrisée le même jour mais les dommages sur les installations ont entraîné l’arrêt de travail de trois jours. Ce qui, selon le directeur financier de la mine Amadou Maïga, aura pour conséquence une perte de près 1,9 milliard Fcfa, soit près de 480 millions de francs par jour. Le directeur général avoue ne rien comprendre à ce déchaînement au regard des investissements que la mine a réalisés dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’hydraulique villageoise et surtout du climat de bonne entente qui a toujours prévalu entre les populations et les travailleurs de la mine.

Le maire, les députés ont condamné la violence sous toutes ses formes et invité les deux parties à privilégier le dialogue et les concertations pour éviter la réédition d’un tel gâchis. Abondant dans le même sens, le représentant du ministère des Mines a prôné la concertation avant de recommander le renforcement du dispositif sécuritaire autour de la mine et, désormais, une large sensibilisation des populations.

 

LA MINE DE LOULO : 2225 EMPLOYES.

L’Essor – C.A. DIA

Situé à environ 350 km à l’ouest de Bamako, Loulo abrite la plus grande des mines. A en croire Amadou Konta, directeur de la Société des mines de Loulo (SOMILO), tout est exploitable sur le site. La mine affiche ainsi une espérance de vie qui peut atteindre 100 ans. Cette longévité s’explique par la présence de plusieurs mines satellites autour de la réserve principale dont l’exploitation était d’ailleurs en veilleuse au moment du passage du ministre. Le site de Loulo abrite une mine souterraine de classe mondiale, soutient Tahirou Ballo, le directeur de l’exploitation de SOMILO. Ce gisement souterrain qui atteint une profondeur de plus de 100 mètres en ligne oblique sous le sol, a été visité par le ministre et sa suite.

La mine a été officiellement mise en activité en novembre 2005. De cette date à nos jours, elle a produit 35 tonnes d’or avec une moyenne annuelle de 8,5 tonnes, soit 200 kg d’or par semaine sur 20 ans. Sa contribution à l’économie nationale atteint aujourd’hui les 174 milliards Fcfa.

Elle emploie 2225 personnes dont 2000 nationaux. L’exploitation est faite par la SOMILO, une société anonyme de droit malien au capital de 2,1 milliards Fcfa. Dans ce capital, Randgold détient 80% et l’État 20%. L’objectif à terme est de faire de Loulo une mine à 100% malienne, selon Amadou Konta.

Le ministre s’est rendu à Tabakoto à 15 kilomètres de Kéniéba, dans la commune rurale de Sitakily. Le permis d’exploitation de la mine de Tabakoto couvre également le gisement de Ségala dans la même localité. Distantes de 5 kilomètres, les deux mines ont été découvertes respectivement en 1999 et 2002 par les sociétés Nevsun Ressources et SEMAFO. Le Mali est actionnaire dans les deux mines à concurrence de 20% conformément aux dispositions de notre code minier.

Ces deux mines, selon Seydou Keïta, conseiller au département, sont le fruit d’un partenariat entre les opérateurs miniers nationaux et des compagnies « juniors » canadiennes. La mine de Tabakoto est entrée en exploitation en mai 2006 et a produit 3,8 tonnes d’or brut. Les contributions de la mine de Tabakoto s’élèvent à 210 millions Fcfa, a indiqué Pierre Matt, le directeur général de la société gérante, Tambaoura mining compagny (TAMICO). Cependant, suite à des difficultés liées à plusieurs facteurs, la mine a connu une période d’arrêt en 2007. Pour sa reprise, il a fallu un appel d’offre international dont la société Avion Ressources a été adjudicataire. Elle a acquis les 80% des actions de Nevsun, 20% restant sous le contrôle de l’État malien.

A COUTEAUX TIRES. Bien que générant d’importantes ressources financières, l’exploitation aurifère ne va pas sans conséquences néfastes sur le développement socio-economique du pays, particulièrement des populations des localités où elles sont implantées.

Hormis quelques actions de développement communautaire (salles de classe, mosquées, ou dispensaires) on ne perçoit pas un grand impact des mines sur les localités qui les abritent.

Ce constat est partagé par le maire de Tabakoto, Mamadou Sissoko, dont la commune vit à couteaux tirés avec les responsables de Tamico. Ces derniers, selon l’édile, ont refusé toute collaboration avec la commune et n’ont jamais procédé au recrutement de main d’oeuvre locale, comme le préconise le cahier de charge des permis. Ces préoccupations ont été soumises au ministre.

Le manque d’initiative des communes à profiter de la présence des mines pour s’assurer une électrification durable susceptible de booster leur développement, a été aussi soulevé. Du fait de leur besoin immense en énergie, toutes les mines disposent de leur propre centrale électrique qui leur assure une autonomie de fonctionnement. Très souvent, elles ne consomment pas toute l’électricité produite par ces centrales. Les quelques kilowatts non utilisés pourraient facilement alimenter les localités environnantes.

Les routes nationales qui desservent les zones minières sont pour la plupart très dégradées en raison du trafic intense des engins lourds. Cependant, leur mise en état est laissée à la responsabilité de l’État. Les activités minières ajoutées à la poussière des routes latéritiques qui traversent de nombreuses localités, sont une source de pollution donc, d’atteinte à la santé publique des habitants.

Le ministre Traoré s’est dit très sensible à ces préoccupations. Des dispositions vont être prises pour leur apporter des solutions, a promis Abou-Bakar Traoré.

 

Avec 5 millions d’onces, la mine est considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands gisements du pays

L’Essor – Be. COULIBALY

L’or brille à Loulo, un hameau de culture du cercle de Kéniéba, dans la région de Kayes. Le premier lingot d’or est attendu pour juin 2005. Samedi, les 280 âmes de ce petit village et toute la population de la commune de Sitakily étaient en fête à l’occasion de la visite du ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Hamed Diane Semega, venu voir les installations de la société d’exploitation de la mine.

Le ministre accompagné de nombreuses personnalités du monde des affaires, de membres de son cabinet et du directeur général de la société sud-africaine Randgold, Mark Bristow, a été accueilli dans la localité située à quelques encablures de la frontière avec le Sénégal, par une foule nombreuse composée en majorité de jeunes qui brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire des slogans optimistes : « la mine d’or de Loulo devient une réalité » ou encore « la mine d’or de Loulo : partenariat entre le gouvernement du Mali et Randgold ».

Après l’accueil, les « Anciens » inviteront le ministre à participer à un sacrifice propitiatoire destiné à implorer les dieux de l’or afin qu’ils protègent le village contre d’éventuels malheurs provoqués par l’exploitation du minerai et qu’ils garantissent que celle-ci soit source de bonheur pour la localité et par delà tout le pays. Le rituel prit fin par l’immolation d’un boeuf accompagnée de bénédictions. Le ministre pouvait maintenant se rendre sur le chantier de l’usine en construction qui apparemment en imposera par ses dimensions. Plus de 200 personnes y travaillent actuellement.

La mine de Loulo considérée comme l’un des plus grands gisements d’or de notre pays, sera exploitée par la société Randgold. En 1981, le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) français et des géologues maliens découvraient Loulo O, un gisement dont les réserves furent estimés à 28 tonnes d’or. Selon, Fousseyni Diakité, directeur de l’exploitation, ces réserves n’étaient pas suffisamment rentables pour être exploitées et le projet fut gelé.

En 1992, BHP (Broken Hill Property), une société australienne fit son entrée dans le consortium comme partenaire technique et financier. C’est ainsi que de nouvelles études permirent de porter les réserves à 45 tonnes. En 1996, Randgold rachetait les intérêts de BHP et entreprit des travaux qui ont permis de découvrir le gisement de Yaléa une année plus tard. Mais la chute des cours du métal jaune, ne favorisait pas la mise exploitation des gisements et le projet fut à nouveau ajourné. Parallèlement, les recherches se poursuivront pour explorer d’autres réserves, en attendant des conditions meilleures sur le marché. Les géologues estiment aujourd’hui à plus de 5 millions d’onces, les ressources en or.

Les principaux gisements sont ceux de Loulo et Yaléa. Quelques 105 millions de dollars soit environ 57,7 milliards de F CFA ont été investis dans le projet par le gouvernement et la société Randgold. Les réserves sont exploitables sur environ 10 ans. Le projet a connu un début difficile a reconnu le ministre Semega, qui a rappelé l’importance que le gouvernement accorde au secteur minier dont il entend tirer le plus de bénéfices possible à travers la création d’emplois et les recettes générées.

Le directeur général de Randgold, Mark Bristow, a surtout mis l’accent sur le dynamisme du partenariat entre sa société et notre pays. Après Siama et Morila, Loulo devient un autre symbole de ce partenariat. Il a réitéré la volonté de sa société de consolider sa place dans notre secteur minier et de faire bénéficier les populations, des retombées de l’exploitation minière. Après le chantier de l’usine le ministre Semega et sa délégation ont visité le gisement de Loulo O avant de se rendre dans les villages de Loulo et Djidjan-Kéniéba où il a inauguré deux forages, dons de la société Randgold aux populations.

Loulo : la mine plutôt que les champs ?

Si les habitants de Loulo se réjouissent d’avoir de l’or dans leur sous-sol, ils s’inquiètent déjà des multiples conséquences de la mise en exploitation de ces gisements. Ils n’ont pas tort car, déjà, la zone est bouleversée. Depuis, l’annonce de la construction de l’usine, la ruée des jeunes en quête d’emplois est ininterrompue. Ils viennent de tout le Mali mais aussi des pays de la sous-région comme le Sénégal, le Burkina Faso, la Guinée, le Nigeria, le Ghana.

La population s’est considérablement accrue au même rythme que s’exacerbait une concurrence farouche entre les jeunes du pays et les arrivants. Le contexte a joué en faveur de la confrontation car la société Randgold, déjà implantée à Siama et Morila, y a recruté localement nombre de travailleurs. Elle a transféré à Loulo certains employés de ses deux premières mines car ceux-ci possédait l’expérience notamment dans les travaux de fouille et dans l’installation des machines, de leur utilisation et de leur maintenance. Dans le même temps, Randgold sous-traite certains volets des travaux avec d’autres entreprises qui arrivent aussi avec leurs employés.

Inutile de dire combien cette situation est mal vécue par la population locale qui voudrait être privilégiée dans les recrutements. Les jeunes, notamment ceux des villages de Loulo et Djidjan-Kéniéba situés à égale distance (environ 5 km) de l’usine, ont quasiment abandonné les champs et cherchent tous un emploi à la mine. « Les champs sont carrément désertés cette année alors qu’il pleut abondamment », se lamente ainsi un septuagénaire.

Dans ce contexte, les autorités communales souhaitent être impliquées dans les recrutements soit à travers un comité mixte qu’elles entendent créer avec les responsables de Randgold, soit à travers une collaboration directe entre la société et le conseil communal. « Nous voulons éviter que les gens soit embauchés puis licenciés n’importe comment », argumente le maire Fousseyni Sissoko.

Lors de sa rencontre avec la population, le ministre Semega a déploré l’abandon des champs par les jeunes au profit de l’usine et a expliqué que la mine à une durée de vie limitée. Un jour ou l’autre, elle fermera, a-t-il averti. Il a, par conséquent, invité les populations qui tirent l’essentiel de leurs revenus de l’agriculture et de l’orpaillage à ne pas abandonner leurs activités traditionnelles.

Le ministre a aussi invité les villageois à s’entendre entre eux, ce qui leur permettra de mieux négocier leurs rapports avec la société d’exploitation. Le directeur général de Randgold, Mark Bristow, après avoir écouté les doléances des habitants de la zone, s’est dit ouvert au dialogue sur toute action concernant le développement de la commune. Ces doléances sont, principalement, la construction d’un centre de santé, d’une école, de forages pour Loulo et Djidjan et des infrastructures routières pour désenclaver la zone.

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