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Etre journaliste au Mali

by sur 20 octobre 2014

Pour peu qu’on veuille le pratiquer avec le maximum d’honnêteté, le métier de journaliste n’est ni facile, ni gratifiant face au déferlement « d’informations » en continue et aux réseaux dits « sociaux ».

C’est encore plus difficile au Mali où le métier est mal payé, où nombre de journalistes sont condamnés à faire un second boulot ou… acceptent les enveloppes pour passer l’info ou la rendre « présentable » aux yeux du commanditaire.

Une rencontre avec deux « plumes » du Mali en décembre dernier s’était conclu sur l’extrême corruption régnant dans les rangs de la presse et sur le manque de formation de la plupart des journalistes en poste.

Il faut y ajouter les rumeurs qui se répandent à la vitesse grand V, parfois reprises sans vérification par des médias nationaux qui lui servent de porte voix.

C’est le cas avec l’information suivant laquelle des « groupes armés » avaient envahi Ménaka, à l’est de Gao, à la frontière du Niger, vidant les écoles aux cris d’Allah Akbar, en l’absence de toute force de sécurité…

Le syndrome Boko Haram en quelque sorte.

Une information démentie après vérification auprès d’un jeune habitant la ville : pas d’attaque et présence de la Minusma.

La qualité de l’information va-t-elle s’améliorer avec la création d’une école de journalisme au sein de l’université ? Qui pourra s’offrir cette formation ? Quels organes accepteront d’employer ces professionnels formés en les payant décemment ? Questions en suspend, tant qu’on ne saura pas qui dispensera l’enseignement et quel en sera le programme.

Cela dit, les journalistes maliens tentent de s’organiser dans un milieu particulièrement difficile, voire parfois hostile comme on le lira ci-après.

2013-03-12 Journée sans presse

Conditions de travail des journalistes reporters au Mali : le SYJOR touche à la plaie

Lassina NIANGALY – Par Tjikan – 17 Octobre 2014
De fructueux échanges ont eu lieu, mercredi dernier, au Carrefour des jeunes entre le Syndicat National des Journalistes Reporters (SYJOR) et le cadre de concertation des patrons de Presse, autour des maux qui gangrènent le monde des médias au Mali. Mais aussi, la mise en œuvre de la convention collective.
Le mercredi dernier, le carrefour des jeunes a servi de carde à une rencontre d’échanges entre les membres du bureau du Syndicat des Journalistes Reporters du Mali et le cadre de concertation des Patrons de Presse.
« Améliorer les conditions de vie et de travail des journalistes Reporters au Mali en mettant en œuvre la convention collective», tel était le principal sujet autour duquel, les deux parties ont débattu à cœur ouvert.
Faut-il, le souligner, au Mali bon nombre de journalistes travaillent dans des conditions précaires. Toute chose qui, selon certains observateurs, joue souvent sur la qualité de leur travail. A l’origine de cette bérézina, les pratiques peu orthodoxes de certains directeurs de publication et patrons de presse.
La directrice du journal ‘’Inter de Bamako’’, Amy Sanogo, n’est pas allée avec le dos de la cuillère pour dire haut ce que d’autres murmurent tout bas. Selon elle, si les patrons de presse avaient une bonne foi, ils pouvaient mettre leurs reporters dans des meilleures conditions de vie et de travail. Car dit-elle, l’ASSEP (Association des Editeurs de Presse Privée), encaisse plusieurs millions de nos francs chaque année grâce à l’aide de l’Etat et des partenaires privés.
Au nombre desquels, les opérateurs de téléphonie mobile Orange-Mali et Malitel. A en croire, la « Dirpub » de l’Inter de Bamako, en plus de ces partenaires, il y a un contrat de partenariat entre Maliweb (portail d’information) et l’Association des Editeurs de Presse Privée (ASSEP). A titre d’exemples, faut-il le rappeler, la semaine dernière, la primature a remis une enveloppe de 30 millions Fcfa pour assainir la cité de presse.
Par ailleurs, selon elle, avec l’évolution des technologies de l’information, les journaux en papier sont menacés par les journaux en ligne. « Si rien n’est fait, dans dix ans, les journaux papiers risquent de mourir de leur belle mort » dit-elle. Avant d’ajouter que, si les patrons de Presse s’organisent mieux, il peut y avoir un partenariat gagnant-gagnant entre les éditeurs des journaux en papier et ceux des journaux en ligne.
« C’est nous éditeurs de journaux en papier qui faisons le gros du travail, mais tristement, les sites Internet et les radios privées s’enrichissent à notre détriment », a-t-elle ajouté.
Modibo Fofana du journal « Challenger », membre de bureau du SYJOR, dira pour sa part qu’à la différence de beaucoup de pays de la sous-région, au Mali, il n’y a pas d’entreprises de presse, excepté, le journal ‘’l’indépendant’’. Pire, dit-il, contrairement aux textes régissant le monde des médias au Mali, certains journaux ne disposent pas de siège faute de moyens financiers. Toute chose qui, dira-t-il, contribue à la dégradation de l’image de la Presse malienne.
Boubacar Dabo, directeur de publication, du journal ‘’Zénith Balé’’ ajoutera, quant à lui, que les journalistes reporters doivent d’abord s’organiser entre eux, pour faire des propositions concrètes aux directeurs de publications et aux autorités. Car dit-il, à causes des mauvais comportements de certains journalistes, l’image de la Presse malienne est durement écornée. Pourtant dit-il, dans la sous-région, la Presse malienne était l’une de meilleure et des plus crédibles.
Le secrétaire général du SYJOR, Baye Coulibaly, conclura à son tour que le SYJOR ne fait aucune distinction entre les journalistes de la presse privée et ceux de la presse publique. Car pour lui, le SYJOR défend les droits de tous les journalistes reporters du Mali sans exception.

Consulat de France à Bamako : Que de mépris pour les Maliens !

Par L’Aube – Date: 16 Octobre 2014
Invité à prendre part aux 8èmes Assises internationales du Journalisme et de l’Information, prévues à Metz (France) du 16 au 18 octobre 2014, le directeur de votre bi-hebdo « L’Aube », n’a finalement pu effectuer le voyage. Et pour cause : il n’a obtenu de la part des services de visa du consulat de France qu’un séjour de 4 jours, soit le strict minimum couvrant la durée de l’événement.
D’où notre décision de décliner ce qui a tout l’air d’une aumône que l’on veut nous offrir, dans le cadre d’une invitation en bonne et due forme, reçue de l’association Journalisme & Citoyenneté et l’Alliance francophone, co-organisatrices des assises de Metz.
Les Assises internationales du journalisme et de l’information sont un rendez-vous annuel de discussion et de prospective des professionnels de l’information, organisé depuis 2007 par l’association Journalisme et citoyenneté, présidée par Jérôme Bouvier, auxquels participent les clubs de la presse, les sociétés de journalistes, les chercheurs et les syndicats de journalistes.
La manifestation a été créée pour « tenter de définir les conditions de production d’une information de qualité ». Elle se veut avant tout un lieu d’échanges et de confrontations sur le journalisme et sa pratique. Les Assises internationales du journalisme rassemblent chaque année plus de 800 participants. Parmi les participants, des chercheurs ou historiens spécialistes des médias.
L’objectif des Assises est de faire progresser la connaissance des mécanismes pratiques qui permettent de mieux répondre à l’attente des auditeurs, téléspectateurs et lecteurs, tout en explorant de nouveaux champs de l’activité journalistique.
Plusieurs thèmes importants ont été abordés au cours des précédentes éditions. Entre autres : la protection des sources d’information des journalistes ; la carte de presse ; l’annexion de la charte de déontologie du journalisme à la convention collective nationale des journalistes ; la question de savoir s’il faut ou non se consacrer à la création d’un conseil de presse ainsi qu’à la réflexion sur la rédaction d’une « Charte Qualité de l’Information » ; les relations entre éditeurs de journaux et journalistes.
Tracasseries habituelles…
Cette année, le thème central des Assises internationales de Metz est très évocateur : « 800 millions de francophones en 2050 : quelle offre éditoriale pour ces futurs publics ? ». La communication de notre Dirpub sur ce thème était très attendue par les organisateurs. Mais, c’était compter sans le mépris du consulat de France pour les Maliens. Et pourtant, les services du consulat auraient pu éviter cet incident INUTILE. Pourquoi ?
C’est le 20 septembre dernier que notre directeur de publication a reçu dans sa boite mail une lettre d’invitation officielle dûment signée de MM. Jean Guion, président de l’Alliance francophone et Jérôme Bouvier, président de l’association Journalisme et citoyenneté et des Assises internationales, à participer aux Assises internationales de Metz.
Le même jour, il recevait une deuxième correspondance qui confirmait « l’invitation transmise il y a quelques instants », tout en y apportant des détails importants, liés notamment aux plans de vol et de transport Bamako-Paris-Metz. En fait, notre directeur est l’invité officiel à ces importantes assises de M. Alain Edouard Traoré, ministre burkinabé de la communication et membre de l’association Journalisme et citoyenneté. Il fait partie des cinq invités du continent africain choisis par le ministre Traoré.
Il entame les démarches pour l’obtention du visa le mardi 7 octobre en fournissant les pièces requises (invitation, ordre de mission etc.) et s’acquittant des frais y afférents. Des pièces complémentaires sont ensuite demandées et versées au dossier : réservation d’hôtel, assurance, bulletin de relevé des comptes…
Après moult rendez-vous et les tracasseries habituelles, l’invité officiel aux Assises internationales du journalisme et de l’information en terre française reçoit une semaine plus tard, soit le lundi 13 octobre, son passeport griffé du précieux sésame. Mais, coup de tonnerre : c’est un visa de 4 jours courant du 15 au 18 octobre, donc les 4 jours inclus des Assises.
Question centrale : En tout bon sens, comment peut-on accorder à quelqu’un, de surcroît un invité officiel en règle, un visa de 4 jours pour un séjour d’autant de jours dont deux seront quasi exclusivement passés dans l’avion et le train entre Bamako-Casablanca-Paris-Metz et Metz-Paris-Casa-Bamako ?
Nous ne sommes pas candidats à l’immigration
Dans un tel contexte, notre directeur de publication risque d’avoir l’esprit plus aux fortes pressions du retour qu’au sujet qui fonde sa présence en territoire français.
En plus, faudrait-il compter avec les aléas liés aux voyages : une grève, une annulation de vol, une maladie subite etc.
Nous ne sommes pas candidat à l’immigration. Ici, au Mali, nous avons un immense trésor ; nous avons nos familles et nous avons un job. Nous nous sentons bien dans ce pays qui, quoique pauvre, recèle de richesses intarissables.
Nous disons au Consul de France au Mali que notre dignité n’est pas à jeter en pâture. Nous avons par le passé bénéficié de 90 jours de visa (deux fois de suite) sans avoir eu la moindre envie d’aller en France ou d’y rester. Et nous n’y sommes pas éternisés, acculés par la nostalgie de la mère patrie où il fait bon vivre.
Si aujourd’hui, des milliers de clandestins africains, candidats à l’immigration, meurent aux larges des côtes, c’est à cause des restrictions d’une Europe qui veut se barricader, en leur refusant le visa.
De même, si de nos jours la France est honnie en Afrique et dans le monde arabe, c’est à cause du comportement de certains de ses diplomates qui affichent leur mépris à l’égard des autres, à l’image des agents consulaires de France à Bamako.
Le visa de 4 jours accordé à notre directeur de publication sent comme une offrande empoisonnée pour lui foutre une pression de 96 heures au pas de charge. Si certains auraient embrassé le document comme un cadeau venu du ciel, nous ne sommes point intéressés par ce qui ressemble à une aumône.
En cela, nous sommes encouragés par ceux qui avaient porté leur confiance en nous, en nous invitant à Metz, à charge pour nous de faire une importante communication. Ils se disent estomaqués par l’attitude du consulat de France et comprennent notre décision de décliner le voyage dans l’Hexagone.
Néanmoins, notre chaise ne sera pas « vide » à Metz parce que la contribution très attendue de notre Dirpub, a été envoyée aux organisateurs des assises et résonnera dans le département de la Moselle comme un signal fort à l’adresse du consul de France au Mali.

Clarisse Njikam «agressée» par des policiers : Notre consœur est actuellement dans une clinique

Pierre Fo’o Medjo – 22 Septembre – 16 Octobre 2014
«Agressée» par des policiers le 11 octobre 2014, au Stade Modibo Kéita, lors de la finale de l’émission de téléréalité Ministar, notre consœur du quotidien L’Indépendant, Rédactrice en chef de Bamako Hebdo, suit actuellement des soins dans une clinique de la capitale.
Il faut déplorer l’excès de violence sur une journaliste qui justement, ce jour-là, était en reportage. Sa faute, selon ses explications, avoir osé essayer de calmer les ardeurs d’une policière qui bousculait des enfants. Ce qui n’a pas plu aux policiers, qui lui intimèrent l’ordre de vider les lieux, malgré la présentation de sa carte de presse.
Ensuite, toute une escouade de policiers s’est ruée sur notre consœur pour la faire sortir par la force du Stade. Du coup, elle sera délestée de son téléphone portable et de son IPad.
Coup de théâtre, lors de sa déposition au 3ème arrondissement, c’est plutôt la journaliste qui sera mise en garde à vue, le samedi à 22 heures, pour en ressortir le dimanche à 7 heures 30mn.
Invitée à venir signer sa déposition, elle sera encore retenue le dimanche, pour être présentée au Procureur de la République de la Commune II le lundi à 8 heures, afin de répondre à une plainte des policiers, qu’elle aurait insultés.
Clarisse Njikam, qui est actuellement hospitalisée dans une clinique bamakoise, souffre de douleurs abdominales et a le genou droit enflé et des contusions à la cheville droite.
Affaire à suivre.

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