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Alger IV : rendez-vous en novembre…

by sur 24 octobre 2014

Commencée avec cinq jours de retard, la rencontre d’Alger II n’aura duré que trois jours : le temps pour les délégations des groupes armés de s’apercevoir que les propositions de la médiation étaient inacceptables en l’état…

L’idée émise par le gouvernement malien, par les médiations et par les partenaires extérieurs d’une signature rapide en raison de l’aggravation de la situation sécuritaire sur le terrain, a fait long feu.

Du coup, chacun est reparti avec les textes, qui pour les approfondir, qui pour les soumettre à ses instances… ce qui laissera encore un peu plus de temps aux terroristes, djihadistes et narco-trafiquants de tout poil de semer un peu plus la terreur.

Le point complet ci-dessous.

Pourparlers d’Alger III : LES PARTIES VONT PASSER AU CRIBLE LA SYNTHÈSE DE LA MÉDIATION

L’Essor du 24 octobre 2014 – Envoyé spécial M. KÉITA
Abdoulhaye Diop MAE Mali

Abdoulaye Diop, ministre malien des affaires étrangères

Les différents protagonistes ont quelques semaines pour examiner les propositions des médiateurs et s’accorder sur le contenu d’un préaccord Les travaux des pourparlers d’Alger III qui se sont achevés hier ont permis à l’équipe de la médiation de partager avec les protagonistes (gouvernement et groupes armés) le document de synthèse qu’elle a élaboré et qui s’intitule « Les éléments de propositions pour un accord de paix ». Le document ayant été soumis uniquement à l’appréciation des parties, son contenu reste encore un secret pour les nombreux journalistes qui ont couvert la rencontre.
Dans une interview donnée aux envoyés spéciaux de l’Essor, de l’ORTM et de Tamani Studio, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, chef de la délégation gouvernementale, a déclaré que le document de la médiation représentait la synthèse des propositions qui ont été faites par les différents protagonistes. A savoir le gouvernement malien, la Coordination des mouvements de l’Azawad (MNLA, HCUA, MAA tendance radicale) et les Mouvements signataires de la Plate-forme d’Alger (CMFPR 1, CPA, GATIA et MAA tendance modérée).
Abdoulaye Diop a confirmé que les propositions déposées par le gouvernement concernent les questions politiques et institutionnelles, les questions de défense et de sécurité, les questions du développement économique, social et culturel, et les questions humanitaires, de la réconciliation et de justice. « La partie gouvernementale a eu une session de consultation avec la médiation pour poser un certain nombre de questions, obtenir des clarifications, mais aussi donner notre appréciation générale. Ce document, à notre avis, constitue une bonne base pour évoluer. Nous espérons très prochainement arriver à un préaccord », a dit le ministre Diop avant de remercier l’Algérie et l’équipe de la médiation pour avoir mis ensemble les propositions des différentes parties.
Par ailleurs, le chef de la délégation gouvernementale a porté une appréciation très positive sur la qualité des propositions de la médiation. « C’est un document qui a été fait dans le respect des dispositions de la Feuille de route. Ces dispositions sont absolument pertinentes pour les Maliennes et les Maliens, en particulier celles relatives aux lignes directrices que le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a dressées pour la conduite des négociations. A savoir le respect de l’intégrité territoriale, de la souveraineté nationale ainsi que du caractère laïc et républicain de l’Etat. Ces données fondamentales sont prises en charge au niveau du document », a-t-il indiqué, précisant que le document sera soumis aux autorités maliennes pour être amélioré.
ARRIVER À UN BON ACCORD. Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale a tenu à préciser que le plus important est que « l’intérêt supérieur du pays est sauvegardé dans le document. Par ailleurs, ce dernier ne consacre nullement la partition du pays, et ne comporte aucune mention ayant trait à la fédération ou à l’autonomie ». « A partir du moment où les principes cardinaux de notre Constitution sont observés, nous sommes disposés à examiner les autres propositions », a-t-il fait savoir.
Par ailleurs, le ministre Diop a noté que les propositions du gouvernement allaient déjà dans le sens de la libre administration des collectivités qui devrait se traduire par le transfert conséquent de prérogatives importantes aux élus locaux. Cette évolution, a-t-il dit, permettra aux collectivités territoriales de se prendre en charge sur les questions de développement. Des investissements conséquents seront aussi réalisés pour rattraper le retard de développement dans certaines localités, mais aussi pour renforcer la diversité du pays, l’unité et le confort nécessaire.
Compte tenu de la situation sécuritaire sur le terrain, le chef de la délégation malienne a estimé qu’il faut aller rapidement à un accord. « Mais, a-t-il précisé, à un bon accord qui répond aux aspirations des Maliens. A un accord qui nous permet aussi de prendre en charge la situation qui est très volatile sur le terrain. Si nous ne faisons pas attention, les groupes terroristes ou les forces néfastes des narcotrafiquants qui sont sur le terrain et qui ne veulent de la paix vont essayer de profiter des lenteurs ici et là pour pouvoir occuper la zone. Et cela, nous ne devons jamais le permettre ».
Abdoulaye Diop fera d’autre part savoir que la prochaine étape des pourparlers consiste à aller vers l’élaboration d’un préaccord sur la base des éléments de propositions contenus dans le document établi par la médiation. « Nous espérons revenir donner en début novembre nos contributions à l’équipe de médiation qui va s’atteler à la conclusion d’un préaccord. Le préaccord lui-même, avant d’être signé, fera aussi l’objet de partage avec les populations de toutes les parties impliquées au processus.
A ce moment, nous serons en mesure de partager avec les Maliennes et les Maliens le fruit de ce qui a été négocié. Il faut être sûr que les engagements qui seront pris par le gouvernement iront dans le sens de ce qui est important pour les Maliennes et les Maliens, à savoir de créer le confort nécessaire pour la tranquillité des uns et des autres », a-t-il expliqué. Selon le ministre Diop, le processus ira à son terme dans les semaines à venir en vue de donner un signal fort sur la volonté de toutes les parties maliennes de s’accorder sur la paix pour faire face au danger terroriste et à tous les ennemis de la paix et de la stabilité.
Le porte-parole du MNLA, Moussa Ag Acharatoumane, n’a pas caché son désaccord par rapport au document de la médiation. « A la première lecture, nous nous apercevons que le document ne répond malheureusement pas aux aspirations de nos populations. C’est un document qui ne prend pas en compte l’ensemble de nos préoccupations et doléances », a-t-il fait souligné en faisant notamment référence au projet de fédéralisme.
« Pour nous, c’est un document qui reprend mot pour mot les positions du gouvernement malien, c’est-à-dire la régionalisation. Nous pensons qu’en raison de ce qui se passe aujourd’hui sur le terrain, cette proposition n’est pas à la hauteur de la crise qu’on est en train de vivre. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé à l’équipe de la médiation internationale de nous donner un temps pour examiner ce document en profondeur. A la suite de cela, nous reviendrons vers elle », a-t-il dit.
DES PROPOSITIONS D’AMENDEMENT. En outre, le porte-parole du MNLA a reproché à la médiation à ne pas tenir compte dans son document non seulement du projet de fédéralisme, mais aussi de l’appellation de l’entité Azawad.
« En matière de sécurité, il n’y a pas non plus d’innovations dans ce document. Nous avons l’impression qu’on est en train de répéter ce qui existe déjà. Nous pensons qu’il est important que l’équipe de la médiation nous donne le temps d’améliorer ce document », a-t-il souligné. Moussa Ag Acharatoumane a estimé que la résolution de la crise du Nord du Mali ne peut se faire ni par la régionalisation, ni par la décentralisation poussée.
« Nous pensons qu’il faut aller plus loin en prenant en compte les réalités du terrain. Le document sur le fédéralisme que nous avons proposé à la médiation répond aux aspirations de nos populations », a-t-il dit. Interrogé sur la difficulté d’une révision de la Constitution pour faire aboutir le projet de fédéralisme, le porte-parole du MNLA a répondu en ces termes : « S’il faut réviser la Constitution pour que le Mali aille de l’avant, je n’y vois pas d’inconvénients. Il faut que les autorités maliennes aient le courage d’expliquer cette nécessité à leur société civile pour pouvoir faire avancer le pays ».
Quant au président des Mouvements signataires de la Plate-forme d’Alger (CMFPR, CPA, GATIA et MAA tendance modérée), Me Harouna Toureh, il s’est dit partiellement satisfait pour de multiples raisons du contenu du document élaboré par la médiation. « Nous avons trouvé dans ce document quelques points de satisfaction. Mais il subsiste encore de notre part de grandes réserves, notamment sur des questions institutionnelles qui doivent déterminer les contours de la nouvelle gouvernance dans les régions du Nord du Mali. Il y a aussi les questions de sécurité qui nous paraissent primordiales à résoudre et sans le traitement desquelles il n’y aura ni paix, ni tranquillité. C’est pourquoi nous avons des propositions d’amendements à faire à la médiation », a-t-il expliqué.
Me Harouna Toureh a précisé que son groupement souhaite que l’armée puisse se déployer sur l’ensemble du territoire national et avec l’aide des mouvements armés en ce qui concerne la partie septentrionale de celui-ci. « Nous attendons de la médiation un accompagnement important pour la mise en œuvre de la période transitoire qui doit commencer immédiatement après la signature d’un accord », a déclaré le président des Mouvements signataires de la plate-forme d’Alger.
Selon lui, le mode de gouvernance locale proposé par le gouvernement malien permet par exemple l’élection au suffrage universel direct de l’Assemblée régionale par les populations de la région. Et le président de cette Assemblée régionale sera le premier responsable de l’administration et du développement de la région.
Les différentes parties ont donc quelques semaines pour examiner et expliquer à la base les tenants et les aboutissants du document de la médiation internationale avant de se retrouver à nouveau dans la capitale algérienne. L’étape à venir des négociations offrira l’occasion de confronter des amendements des uns et des autres en vue d’aller à un préaccord de paix.

 

Abdoulaye Diop : « Le document de synthèse ne consacre nullement la partition du Mali »

Le Journal du Mali – Par Modi CAMARA (Alger) – 23/10/2014
Le document de synthèse remis par la médiation est une bonne base pour aboutir à un accord de paix. Il préserve les intérêts du Mali. Exit la fédération ou l’autonomie. Entretien.
Journaldumali.com: Pouvez-vous nous parler un peu du document remis par la médiation aux délégations?
Abdoulaye Diop : Le document que la médiation a mis à la disposition des parties est un document de synthèse. Après la signature de la feuille (en juillet dernier, NDLR), nous sommes repartis.
La deuxième phase, qui a été enclenchée, a permis aux parties de présenter leurs positions pour les négociations. La partie gouvernementale a mis des propositions y compris des propositions écrites sur le volet politique et institutionnel, les questions de défense et de sécurité mais aussi les questions de développement économique et social et culturel comme les questions de réconciliation. Les autres parties en particulier les mouvements ont aussi fait des propositions.
On a procédé à une suspension pour la période de l’Assemblée générale des Nations-Unies mais aussi de la fête de Tabaski. Aujourd’hui nous sommes revenus reprendre les discussions qui ont commencé par ce document de synthèse que la médiation, dans l’intermède, a mis en commun avec toutes les idées et proposions des parties, essayé d’en tirer les synthèses pour faire des propositions de compromis possibles.
Et ce sont ces propositions de l’équipe de médiation qui ont été transmises à chacune des parties. Nous les avons reçues. Nous sommes en train d’examiner ce document. Ce matin (hier, NDLR), la partie gouvernementale a eu une session de consultation avec l’équipe de médiation pour poser un certain nombre de questions, avoir des clarifications mais aussi donner son appréciation générale.
Justement quelle appréciation faites-vous globalement de ce document ?
L’appréciation générale qu’on fait d’abord, est que ce document à notre avis constitue une bonne base pour engager les discussions, une bonne base pour évoluer, nous l’espérons, très rapidement vers un préaccord. Je voudrais aussi me féliciter de la qualité du document.
C’est un document qui a été fait dans le plein respect des dispositions la feuille de route. En particulier les dispositions qui sont les plus pertinentes pour le Mali et les Maliens notamment celles relatives aux lignes directrices que le président de la République Ibrahim Boubacar Kéita a dressées pour la conduite de cette négociation, en particulier le respect de l’unité, de la souveraineté du pays mais aussi son caractère et laïc et républicain. Donc ces données fondamentales sont prises en charge au niveau du document.
Nous allons pouvoir examiner, voir comment on peut soumettre ces propositions au niveau de nos autorités et voir comment aussi on peut les améliorer. Il s’agit d’une négociation, aucune des parties ne peut obtenir cent pour cent de ce qu’elle demande. Mais ce qui est important, c’est que les intérêts du pays soient préservés. Ce qui est le cas. Ce document ne consacre nullement la partition du pays ou des notions de fédération ou d’autonomie. A partir du moment que ces principes cardinaux de notre constitution sont observés, nous sommes disposés à examiner les autres propositions.
Nous avons donc ce que d’aucuns appellent un projet d’accord de paix. A quand un accord ?
Ce que nous avons reçu, il s’agit d’éléments pour un accord de paix et de réconciliation nationale. Donc il s’agit de points essentiels qui vont constituer le squelette d’un accord. Et nous devons donc nous mettre d’accord sur cette ossature. Une fois qu’on a reçu les réponses de l’équipe de médiation sur un certain nombre de points, maintenant il nous appartient de soumettre ce document au président de la République, au Premier ministre et à l’ensemble du gouvernement avec nos propositions concernant les différents points, comment on peut les prendre en charge et les améliorer.
Pour que dans quelques jours ou semaines -nous espérons début novembre- nous puissions venir verser ces contributions à l’équipe de médiation qui va maintenant s’atteler à la conclusion de ce qu’on appelle un préaccord. Le préaccord lui-même, avant d’être signé, fera l’objet aussi de partage avec les populations de toutes parties impliquées. Et en ce moment nous serons à mesure de partager avec les Maliens et les Maliennes le fruit de ce qui a été négocié mais aussi de ce qui est acceptable pour nous en tant que gouvernement.
Et nous pouvons être rassurés que les engagements qui seront pris par le gouvernement iront dans le sens de ce qui est important pour les Maliens et les Maliennes à savoir créer le confort nécessaire pour la tranquillité des uns et des autres. Faire en sorte que nous puissions développer, dessiner ensemble un vivre commun et que nous fassions en sorte que ce qui en train de se passer dans notre pays, on puisse tourner cette page afin que notre pays puisse tenir sa place dans la région et dans le monde.

Les négociations d’Alger suspendues jusqu’en novembre

Par Studio Tamani – jeudi 23 octobre à 22h

Les négociations d’Alger sont interrompues .

Prévues dans un premier temps pour se dérouler sur plusieurs semaines elles vont être suspendues jusqu’en novembre pour donner un délais suffisant aux délégations afin d’aller consulter leur base.
Après deux jours de discussions autour du document de synthèse de la médiation, les délégations ont commencé à quitter la capitale algérienne ce jeudi. Elles vont aller soumettre le document à leurs mandants pour les uns et leur base pour les autres. Cette phase s’avère nécessaire pour anticiper les désaccords possibles en cours des négociations.
Ces consultations vont permettre grâce aux amendements et améliorations éventuelles de prendre le pouls des belligérants et de clarifier les points de fixation qui pourraient apparaître dans le document proposé par la médiation. Sitôt ce travail accompli, les protagonistes retourneront à Alger au mois de novembre . Il s’agira alors pour eux de remettre des propositions revisitées à la médiation qui se chargera à son tour d’élaborer un préaccord.
Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, juge positif le document de synthèse remis par la médiation internationale aux délégations. Selon lui il respecte, les engagements de la feuille de route et préserve les intérêts du Mali.
« L’appréciation générale qu’on fait d’abord, c’est que ce document, à notre avis, constitue une bonne base pour engager ces discussions, une bonne base pour évoluer. Nous l’espérons très rapidement pour aller vers un préaccord. Je voudrais aussi féliciter la qualité du document. C’est un bon document qui a été fait dans le plein respect des dispositions de la feuille de route. En particulier les dispositions qui sont les plus pertinentes pour le Mali et les maliens en particulier celles relatives aux lignes directrices que le président de la République IBK a dressé pour la conduite de cette négociation, en particulier le respect de l’unité du pays, de la souveraineté du pays mais aussi son caractère laïque et républicain. Ces données fondamentales sont prises en compte ».
A l’issue des discussions et avant leur départ d’Alger les mouvements armés ont réagit au document de synthèse de la médiation. Moussa Ag Acharatoumane de la coordination estime que ce document ne correspond pas aux attentes et aux conclusions des mouvements armés notamment sur le statut politique de l’Azawad
« Nous pensons que c’est un document qui ne répond pas aux préoccupations de nos populations. C’est un document, aussi malheureusement, dans lequel on ne trouve pas la plupart des propositions, des suggestions et des points de vue qu’on avait donné dans le précédant document qu’on avait déposé ici à Alger dans le cadre de la résolution de la crise.
Raison pour laquelle nous avons demandé à l’équipe de médiation internationale de nous donner un temps pour pouvoir examiner de très près et en détail le contenu de ce document. Éventuellement voir comment est-ce- qu’il peut-être harmonisé. Quels sont les points divergents et convergents avec le nôtre ?
Ce qu’on a revendiqué notamment le fédéralisme et tout ça n’apparaît pas dans le document. Pour nous aujourd’hui, une entité fédérale de l’AZAWAD ne peut être qu’une garantie pour la paix et la stabilité au Mali ».
La plate-forme des mouvements conduite par le CMFPR se dit partiellement satisfaite des propositions de la médiation. Me Harounah Touré déplore que le déploiement de l’armée ne soit pas suffisamment considéré.
« Nous sommes partiellement satisfaits, ça nous apporte satisfaction mais globalement, nous avons encore des propositions d’amendement et d’amélioration à faire à la médiation. une question essentielle, c’est la sécurité. Nous avons souhaité effectivement que l’armée puisse se déployer sur l’ensemble du territoire national. Que ce qui doit se faire en terme de mise en place des institutions, des conditions de développement, et de réconciliation nationale, puisse se faire à une époque où l’armée nationale est déplorée, mais aussi les mouvements armés, de façon à leur permettre de participer à la conception locale, et au maintien de la paix dans les différentes localités.
Donc, c’est des choses qui doivent se faire concomitamment. L’armée se déploie, les mouvements armés apportent leur aide et leurs efforts pour permettre à l’armée de s’installer, et de parfaire la sécurité dans la région »

Les différents groupes armés du Nord en désaccord à Alger

Par RFI – 23 octobre 2014

Les négociations de paix entre les mouvements du nord du Mali et les autorités de Bamako se sont ouvertes le lundi 20 octobre 2014.
En Algérie, les discussions de paix maliennes se poursuivent. En début de semaine, la médiation qui regroupe les pays voisins du Mali et les organisations internationales a remis un document aux mouvements armés du nord du Mali et aux autorités de Bamako. Ce document écrit à partir des propositions des deux parties doit servir de base à la rédaction de l’accord de paix. Mais dès la distribution de ce document, les mouvements du Nord ont réagi de manières très différentes.
Après la cérémonie d’ouverture, mardi 21 octobre, les mouvements armés devaient discuter avec les médiateurs de la communauté internationale. L’objectif est que chaque partie dise quels sont les points d’accord et les points de désaccord vis-à-vis de ce nouveau document.
Premiers à s’exprimer, le MNLA, le HCUA, le MAA et la CPA se sont étonnés de l’absence de leurs propositions dans leur document. Ils ont alors demandé aux médiateurs du temps pour examiner le texte en détail.
Plus tard dans la journée, la communauté internationale a reçu les autres mouvements du Nord. Leur porte-parole, le leader de la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR), Harouna Toureh, a affirmé que le texte était satisfaisant et que les mouvements qu’il représente l’approuvent entièrement et n’ont aucune modification à apporter.
Mais à ce stade des négociations, la communauté internationale insiste : si les mouvements approuvent ce texte ils devront faire en sorte que les populations qu’ils disent représenter l’acceptent également.

Pourparlers inter-Maliens d’Alger : Ultime round pour parvenir à une paix durable

Massiré DIOP – L’Indépendant du 22 oct 2014.

Comme prévu, c’est finalement hier mardi que la reprise des travaux de la seconde phase des pourparlers inclusifs inter-Maliens d’Alger a eu lieu. Ainsi, tous les protagonistes à savoir le gouvernement malien et les groupes armés rebelles du nord ont assisté à la cérémonie d’ouverture officielle. Notons que le report d’une journée était donc nécessaire dans la mesure où certains représentants des mouvements armés n’ont pu rallier la capitale algérienne que le lundi 20 octobre à cause d’un retard de vol. Pour cet ultime round des pourparlers, l’espoir d’aboutir à un véritable processus de paix est très grand.
Signalons qu’en plus des parties en conflit, participent également à ces discussions, la CEDEAO, l’ONU, l’UA, l’OCI, l’UE, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Nigéria en tant que parties de la médiation.
Prenant la parole à cette occasion, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra dont le pays assure le chef de file de la médiation a rendu hommage à l’ensemble des parties maliennes qui ont favorablement répondu à l’invitation. Il a, par ailleurs, rappelé que cette nouvelle rencontre s’inscrit dans le cadre du processus d’Alger en présence des parties maliennes impliquées dans les » négociations de fond et globales » pour le règlement de la crise. Avant d’indiquer l’intérêt qu’accordent les autorités algériennes à la tête desquelles le Président Abdelaziz Bouteflika aux négociations inter-Maliennes. Il a également appelé à une exploitation judicieuse du temps imparti à ce round de dialogue pour arriver à l’étape escomptée à savoir le règlement de la crise malienne.
Lui emboitant le pas, son homologue malien, Abdoulaye Diop non moins chef de la délégation gouvernementale, a assuré l’engagement des autorités maliennes à mettre en œuvre toutes les recommandations qui seront issues du processus de négociation abrité par l’Algérie. Il en est de même, a-t-il rappelé, pour les accords qui lui sont liés tels que celui signé le 18 juin 2013 à Ouagadougou, la feuille de route d’Alger et la déclaration de cessation des hostilités signées à l’issue de la phase initiale des pourparlers en juillet dernier.
Le chef de la diplomatie malienne a également émis le souhait de voir ces discussions aboutir à une paix durable et définitive pour le règlement durable de la crise qui secoue le nord du Mali. Il a exprimé sa profonde gratitude aux autorités algériennes impliquées dans la recherche de la paix et la prospérité au nord du Mali ainsi que dans toute la région sahélienne. Les mêmes remerciements ont été adressés à la communauté internationale pour son accompagnement constant aux efforts consentis par les autorités maliennes. Le ministre a, par ailleurs, exprimé la » profonde inquiétude » du gouvernement malien quant à la récente détérioration de la situation sécuritaire dans le septentrion malien. L’occasion pour lui d’appeler à la nécessité d’un dialogue politique franc et sincère entre tous les acteurs, qui semble la seule voie pour régler cette équation.
Abdoulaye Diop a par la même occasion exprimé sa compassion et ses condoléances à tous les pays qui ont perdu des hommes au nord du Mali en particulier le Tchad et le Niger. Il a enfin indiqué que le processus d’Alger a réalisé » d’énormes avancées » avant de renouveler la confiance de son pays à l’Algérie qui conduit la médiation avec » beaucoup de dextérité, de patience et d’efficacité « .
Le ras-le-bol de la communauté internationale
Visiblement, les partenaires impliqués dans le règlement du conflit au nord du Mali en ont assez de la situation qui prévaut. On se souvient qu’à la veille de la reprise des pourparlers, le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, qui s’exprimait au nom du Conseil de sécurité de l’ONU a appelé les parties maliennes à » négocier de bonne foi avec un esprit de compromis dans les pourparlers de paix à Alger » pour parvenir à un accord de paix durable. Il les a également exhortées » à respecter pleinement leurs engagements inscrits dans la feuille de route et la déclaration de cessation des hostilités de juillet dernier ainsi que le cessez-le-feu du 23 mai dernier.
Le responsable onusien a insisté sur la nécessité des parties » à éviter toute action qui pourrait mettre en péril les perspectives de paix « .
De son côté, le représentant de l’UE pour le Sahel, Michel Reveyrand espère que ce nouveau round des échanges permettra d’avancer » résolument » avec » réalisme » et » pragmatisme » vers la recherche de la paix et de la stabilité au Mali. Il a insisté sur la nécessité de parvenir à un accord de paix global et définitif le » plus facilement » applicable et » compris » de toutes les parties maliennes pour renouer à une vie normale dans ce pays.
Pour sa part, le haut représentant de l’UA pour le Mali et le Sahel, Pierre Buyoya a indiqué que les négociations » cruciales » d’Alger devraient servir à consolider les acquis déjà enregistrés et à rapprocher les différentes parties dans un » esprit de dialogue et de concertation « . Il a enfin précisé que c’est en faisant des concessions que la paix reviendra au Mali. Quant au chef de la MINUSMA, Arnauld Akodjenou, il a indiqué que » seule la conjugaison des efforts des parties en conflit pourrait aboutir à un accord de paix global, durable, définitif et concret permettant le retour à la stabilité au Mali et dans la région « . Lui aussi a appelé les différentes parties à s’engager dans un compromis qui prend en compte l’intérêt et la stabilité du Mali.
Le représentant de l’OCI, Mahmoud Compaoré a appelé les différentes parties maliennes à engager cette phase » cruciale » avec un » esprit de compréhension et de responsabilité collective » pour parvenir à un accord de paix global et définitif. Le vice-président de la CEDEAO, Toga Gayenea estime que c’est une opportunité » inespérée » pour le règlement de la crise malienne affirmant qu’il était temps pour les parties maliennes de prendre leur responsabilité » historique » afin que la paix et la stabilité reviennent au Mali.
Notons qu’après la cérémonie d’ouverture, un document de synthèse de la médiation a été remis aux différentes parties. Il regroupe les propositions faites par l’équipe de médiation aux positions exprimées par ces dernières lors de la rencontre de septembre dernier. Il nous est revenu que ce document ne remet pas en cause les lignes rouges fixées par le gouvernement du Mali et les différents accords précédents ainsi que la résolution 2164 adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU en juin dernier. Il s’agit, entre autres, de l’intégrité territoriale du Mali, la forme républicaine et laïque de l’Etat. Les délégations auront ainsi quelques jours pour éplucher le document et voir s’il est conforme avec leur point de vue avant de peaufiner leur riposte. Ensuite, elles rentreront pour faire une restitution à leurs mandants pour le gouvernement et leurs bases respectives pour les groupes armés avant la signature du document final qui aura lieu en terre malienne.

Première médiation à Alger sur la sécurité au nord du Mali

Par RFI – 22-10-14 à 14 h

En Algérie, mouvements armés du nord du Mali et autorités de Bamako se sont retrouvés mardi 21 octobre à Alger pour la troisième session de négociations de paix. Lors de la cérémonie d’ouverture, tous les représentants de la communauté internationale ont insisté sur la nécessité de signer un accord rapidement car la situation sécuritaire dans le Nord se détériore. Mais certains mouvements demandent des garanties à la communauté internationale.
Algérie, Burkina Faso, Niger. Les pays voisins du Mali veulent trouver une solution rapidement pour faire barrage aux groupes terroristes. Mais le représentant de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), Arnauld Akodjenou, estime aussi que le texte d’accord est acceptable par toutes les parties.
« Vous avez entre les mains les éléments de proposition de base d’une colonne vertébrale des relations entre le gouvernement du Mali et les populations du Nord », a-t-il assuré aux participants de cette troisième session de négociations de paix. « Vous avez entre vos mains des éléments d’un contrat social entre les Maliens. »
Mais face aux médiateurs, les membres du MNLA (Mouvement national pour la libération de l’Azawad), du HCUA (Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad), du MAA (Mouvement arabe de l’Azawad) et de la CPA (Coalition du peuple pour l’Azawad) détaillent leurs inquiétudes à propos des arrestations et des affrontements et demandent aux nations Unies des garanties.
« De quelle autorité dispose la communauté internationale pour imposer équitablement et correctement le respect des dispositions convenues entre les deux parties en belligérance ? », a demandé Amberry Ag Rhissa, membre du MNLA, pendant la réunion.
A l’issue de la cérémonie d’ouverture, les participants ont commencé à discuter du texte de l’accord, un texte écrit par les médiateurs et que les deux parties doivent maintenant amender.

Pourparlers d’Alger III : DANS LE VIF DES NÉGOCIATIONS

L’Essor du 22 octobre 2014 – Envoyé spécial -M. KEITA
Tous les protagonistes du processus de paix ont exprimé leur volonté de parvenir à un accord, avant de plancher sur le document de synthèse soumis par la médiation
La troisième phase des pourparlers d’Alger a débuté officiellement hier en présence des délégations de toutes les parties prenantes au processus. La délégation gouvernementale est conduite par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop.
Les groupes armés sont regroupés en deux blocs. D’un côté la coordination des mouvements de l’Azawad, avec à sa tête Bilal Ag Chérif du MNLA, qui comprend le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA tendance radicale).
De l’autre, les mouvements signataires de la plateforme d’Alger conduits par Me Harouna Toureh de la CMFR et composés de la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA), du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA tendance modérée), de la Coordination des mouvements et forces de résistance (CMFR) et du Groupe d’autodéfense Touareg Imghad et Alliés (GATIA).
La cérémonie d’ouverture a commencé par les interventions des représentants de l’Algérie, de la Mauritanie, du Burkina, du Niger et du Tchad. Tous ont exhorté les « frères maliens » à aller vers la paix dans le respect de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale et de la laïcité de l’Etat. Les représentants du Niger et du Tchad n’ont pas manqué de rappeler que cette troisième phase des négociations s’ouvre dans une situation très tendue sur le terrain marquée par la dégradation sécuritaire.
Ils ont dénoncé les attaques meurtrières dont ont été victimes leurs contingents militaires qui opèrent au sein de la MINUSMA. Des attaques qui n’ont pas non plus épargné les populations civiles. Estimant que le temps joue contre la paix et la sécurité dans cette zone où les terroristes sont massivement de retour, ils ont appelé le gouvernement et les groupes armés à parvenir à un accord dans un délai court.
Cette urgence a également été soulignée par les représentants de la médiation internationale (Nations unies, Union africaine, Union européenne, Cédéao, OCI). « S’il est vrai qu’un accord doit être signé dans un esprit gagnant-gagnant, il faudra tenir compte aussi du facteur temps », a recommandé le haut représentant de l’Union africaine au Mali, Pierre Buyoya, tout en demandant aux groupes armés de cesser les hostilités sur le terrain.
Pour le représentant de l’Union européenne au Sahel, Michel Reveyrand de Menthon, cette troisième étape des pourparlers doit être une occasion de faire avancer les travaux de recherche de solution à cette crise. Selon lui, il est impératif de trouver un accord de paix applicable.
GARDER LES PIEDS SUR TERRE. Quant au représentant adjoint du secrétaire général des Nations unies au Mali, Arnaud Akodjenou, il a renouvelé l’accompagnement de l’ONU au processus de dialogue dans notre pays, tout en souhaitant que ce processus puisse aboutir à un accord de paix global et définitif. « Au nom de l’intérêt supérieur commun, les parties ont entre leurs mains la solution pour arriver à la paix et à la stabilité au Mali et dans la sous région. Elles doivent faire en sorte que la paix fortement attendue devienne une réalité », a-t-il souhaité.
Dans son intervention, le ministre Diop a, tout d’abord, salué l’engagement constant du peuple algérien au côté du peule malien depuis des années. Il a aussi salué l’ensemble de l’équipe de la médiation et les pays voisins qui investissent beaucoup d’efforts dans le règlement de la crise malienne.
Le chef de la diplomatie a réitéré l’engagement du gouvernement de tout mettre en œuvre, de la façon la plus constructive et positive, pour ramener la paix que tous les Maliens attendent aujourd’hui. « Nous mesurons la responsabilité commune que nous avons nous tous (gouvernement, mouvements armés) pour répondre aux aspirations de tous les Maliens pour la paix, la stabilité et pour une prospérité partagée pour tous les Maliens », a assuré Abdoulaye Diop.
Par ailleurs, le ministre Diop a évoqué les étapes décisives qui ont été franchies depuis l’adoption de la feuille de route, tout en espérant que cette nouvelle phase puisse enregistrer des avancées significatives pour rapprocher toutes les parties d’un accord le plus vite possible.
Abdoulaye Diop s’est dit préoccupé par la dégradation de la situation sur le terrain. Toutefois, a-t-il dit, il faudra garder les pieds sur terre, pour apporter une réponse vigoureuse à cette situation. Dans cette optique, il a souhaité le renforcement du mandat de la MINUSMA mais surtout sa dotation en moyens adéquats pour être efficace sur le terrain. Tout comme la force française Barkhane doit être soutenue dans ses efforts. « Aujourd’hui, notre ennemi commun, c’est le terrorisme », a-t-il assuré en soulignant l’urgence de travailler ensemble pour vaincre cet ennemi.
Le ministre Diop a aussi condamné les attaques entre groupes armés, appelant à la cessation immédiate des récentes hostilités. Enfin, le chef de la diplomatie a réitéré la volonté du gouvernement de respecter tous les engagements pris pour instaurer la paix et la stabilité au Mali.
Le porte-parole de la Coordination des mouvements de l’Azawad (MNLA, HCUA et MAA tendance radicale), Ambéry Ag Rhissa, a, lui, salué l’Algérie et la Communauté internationale pour avoir gagné le pari de faire en sorte que les frères maliens discutent de la manière la plus pacifique, courtoise, digne et équitable.
Tout en réaffirmant la volonté de son groupement à aller à la paix, Ambéry Ag Rhissa a soulevé certaines interrogations pour la concrétisation de cette paix, notamment les affrontements armés sur le terrain, les violations répétitives du cessez-le-feu, les arrestations arbitraires de personnes œuvrant pour la paix.
Selon lui, la réponse à ces questions sera un gage fort pour un grand accord global et définitif à cette crise complexe. Il a invité ainsi la Communauté internationale à peser de tout son poids pour que cet objectif soit atteint à la satisfaction de toutes les parties.
BEAUCOUP DE CHOSES A PARTAGER. Quant au président des mouvements signataires de la plateforme d’Alger, Me Harouna Toureh, il a estimé que cette troisième phase des pourparlers est un tournant décisif pour faire la paix en toute fraternité.
Selon lui, le document de synthèse élaboré par la médiation est un document très important car portant sur des éléments de réponse aux préoccupations largement et publiquement exprimées par les groupes armés. « J’aimerai lancer un appel à nos frères de la coordination des mouvements de l’Azawad pour leur dire que nous sommes disposés à les écouter, à les accueillir fraternellement ici, à leur tendre la main pour qu’on puisse ensemble aller à la paix. Pour qu’ensemble, nous nous engagions à construire le nord du Mali mais aussi tout le Mali dans la paix et dans la sérénité. Mais cela n’est pas possible tant qu’on garde en nous quelques obstacles psychologiques ou des ressentiments. Alors qu’au delà des réunions publiques, nous sommes des frères, des amis. Nous nous parlons au téléphone. Nous mangeons ensemble. Nous avons beaucoup de choses à partager car nous sommes de la même terre et nous partageons la même culture », a-t-il plaidé.
Après avoir exprimé sa joie de retrouver toutes les parties engagées dans le processus de paix, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, dira que cette troisième phase doit marquer une avancée déterminante pour mettre fin aux souffrances des populations du nord du Mali.
Il a annoncé que le document élaboré par la médiation, à partir des propositions du gouvernement malien et des groupes armés, est la base des efforts qui emmènera tout le monde au bon port. Par ailleurs, le ministre Lamamra a souhaité que les parties unissent leurs forces pour barrer la route aux terroristes qui veulent paralyser le processus de paix. Il a aussi demandé la cessation des hostilités entre les groupes armés et la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour venir en aide aux populations du nord.
Après la cérémonie d’ouverture, les parties se sont réunies (sans la presse) autour du document élaboré par la médiation internationale. Comme l’a dit le ministre Diop, ce document qui pourrait être la base du futur accord, doit être soumis à l’appréciation des parties qui ont le droit d’apporter des observations et des amendements.

Nord du Mali : Le temps passe, l’insécurité grandit

Aboubacar DICKO – L’Indépendant du 22 oct 2014.

Les pourparlers inter maliens d’Alger viennent de reprendre et les populations ont, plus que jamais, les yeux rivés vers la capitale algérienne. Tous espèrent un accord de paix définitif qui permettra, non seulement de mettre fin à plus d’une année de tergiversations, mais aussi d’amener un minimum de sécurité dans cette partie du pays dont le contrôle échappe toujours à l’Etat.Comme lors des précédentes phases de négociations, cette énième phase aussi peine à démarrer correctement à Alger où l’on se demande toujours ce qu’adviendra du Mali au sortir des travaux.
En attendant, à l’intérieur du pays notamment dans la partie septentrionale, l’insécurité bat son plein. On apprend du jour au lendemain de nouvelles attaques des groupes armés sans qu’on arrive à nous dire qui est derrière ces attaques qui visent essentiellement la Minusma, l’armée malienne ou pire encore les paisibles et inoffensives populations qui ont choisi de rester sur les terres de leurs ancêtres au péril de leur vie. Ni l’armée malienne dont le champ d’opération reste très limité encore moins la Minusma qui est libre d’effectuer des allers-retours dans toute la partie nord du pays n’arrivent à dire aux populations les auteurs de ces actes lâches et barbares.
insi les attaques se multiplient mais les auteurs restent introuvables. Toute chose qui porte à croire que le Mali est loin de redevenir ce qu’il était. Même si les membres d’Aqmi ou autres réseaux terroristes qui sévissent dans le Sahel sont immédiatement montrés du doigt, il faut aussi se dire que le Mouvement national de Libération de l’Azawad (Mnla) et les autres groupes qui partagent la même vision sont très actifs dans la partie septentrionale du Mali. Contrairement à l’esprit des accords préliminaires de Ouagadougou et au cessez-le-feu. Et, ce qu’on a du mal à comprendre est que toutes ces attaques ont lieu au moment où ces zones sont »exclusivement » sous le contrôle des mêmes groupes armés.
D’un autre côté, la mutation de l’opération Serval en Barkhane n’est pas en phase d’apaiser les inquiétudes des populations. Selon un observateur averti de la situation sécuritaire au Mali » les attaques meurtrières contre les soldats de la Minusma à Ménaka et Kidal appellent la communauté internationale à revoir sa copie en ce qui concerne la situation sécuritaire dans le sahel « . Selon lui, » il est triste de constater que la mutation de SERVAL en BARKHANE est loin de rassurer les populations au Nord…le nouveau dispositif semble se concentrer sur les recherches des « terroristes » plutôt que de mener des attaques ciblées contre les mêmes « terroristes « .

Négociations d’Alger : réflexions sur l’avant-projet d’accord de paix

Par Modi Camara (Alger) – 21/10/2014
La médiation internationale, le gouvernement malien et les groupes armés ont commencé ce mardi à délibérer sur le document qui servira de base au futur accord de paix.
La cérémonie été marquée par une série de discours. Tous les partenaires ou pays engagés dans le processus de négociations ont insisté particulièrement sur la nécessité pour les protagonistes de prendre leurs responsabilités en vue d’aller vite à une paix définitive et globale. Les intervenants, comme le représentant du Niger, ont estimé que le temps joue contre les parties mais pour les terroristes qui profitent de la détérioration de la situation.
Intervenant au nom de la coordination des mouvements armés de l’Azawad, Ambéry Ag Rhissa a réaffirmé la disponibilité de son regroupement à œuvrer pour la paix. De quelle autorité dispose la communauté internationale pour imposer équitablement et correctement le respect des dispositions convenues entre les parties en belligérance ? Peut-on gagner la paix si les arrestations arbitraires des personnes continuent ? Telles sont entre autres questions posées par Ambéry Ag Rhissa et qui méritent, selon lui, une clarification par la l’équipe de médiation internationale.
Maître Harouna Touré, porte-parole des mouvements de la plateforme, a invité tous les mouvements armés à agir à l’unisson pour arriver à la paix et et proposer du coup un même destin pour le Mali. C’est ainsi qu’il exprimé aux membres de la coordination, la disponibilité de son regroupement à les écouter, les rencontrer à tout moment et en tout lieu pour retrouver la paix tant souhaitée par tous. Tout en se réjouissant de l’avancée des négociations, le ministre malien des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la Coopération internationale du Mali, Abdoulaye Diop a fait part de toute la détermination de son pays à tenir tous engagements.
Son homologue algérien, Ramtane Lamamra s’est tout d’abord réjoui du climat de sagesse, de maturité qui a caractérisé le processus depuis la première phase, a indiqué que le document a été remis aux différentes délégations hier soir. Il servira, a-t-il souligné, à un avant-projet d’accord de paix. Le document se veut novateur selon lui, par rapport à tout ce qui a été signé auparavant. Le document qui sera au centre des travaux va requérir, à l’en croire l’accompagnement efficace et constant de la communauté internationale pour la mise en œuvre des engagements librement contractés par les parties. Tout comme il bénéficiera d’un suivi qui permettra aux parties de travailler en toute confiance sous l’œil vigilant de la communauté internationale et de la médiation. La médiation et les différentes parties poursuivent les travaux autour du document. Ils sont censés durer deux à trois jours.

Le ministre Abdoulaye Diop à l’ouverture de la 3e phase des négociations à Alger : « la situation sur le terrain nous rappelle que le temps n’est plus avec nous »

Par Malijet – 21 octobre 2014 – Abdoulaye Diakité

Prévues pour démarrer hier lundi mais finalement retardées à cause d’un problème de logistique chez les groupes armés séparatistes que sont le MNLA, le HCUA et le MAA dissident, les négociations inter-maliennes ont finalement débuté ce mardi à l’hôtel Aurassi d’Alger.
A l’ouverture des travaux, l’hôtel Aurassi semblait afficher complet puisque selon des sources, toutes les délégations ont fini par rallier la capitale algérienne.
Dans son allocution à l’ouverture de cette troisième phase des pourparlers d’Alger, le chef de la délégation malienne et ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a mis les différents acteurs devant leurs responsabilités. « Nous mesurons la responsabilité commune que nous avons nous tous (gouvernement, mouvements armés) pour répondre aux aspirations de tous les Maliens pour la paix… Nous avons l’urgence de répondre à une situation. La situation sur le terrain nous rappelle que le temps n’est plus avec nous », a souligné le ministre Diop.
Quant au ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, il a expliqué que  » cette troisième phase doit être une avancée déterminante pour mettre fin aux souffrances des populations du Nord du Mali…Le document élaboré par la médiation à partir des propositions du gouvernement malien et des groupes armés est la base des efforts qui nous emmènera au bon port… »
« S’il est vrai qu’un accord doit être signé dans un esprit gagnant-gagnant, mais il faudra tenir compte aussi du facteur temps », a pour sa part déclaré le Haut représentant de l’Union africaine au Mali, Pierre Buyoya.
Les représentants des pays du champ (Algérie, Mauritanie, Niger, Burkina, Tchad) ont appelé les frères maliens à surpasser leurs divergences pour aller vers la paix contre laquelle le temps joue quand on sait que le Nord du Mali est en train d’être investi par les terroristes.
En tout cas, les Maliens attendent beaucoup de cette troisième phase des négociations devant aboutir à un accord global définitif. D’ailleurs, ce ne sont pas les Maliens seulement qui souhaitent rapidement un accord. C’est aussi le cas du président français, François Hollande, dont le pays a été le premier à voler au secours du Mali en 2013 pour contrer l’avancée des jihadistes vers le Sud.
Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, lors de la célébration des 20 ans de l’Uémoa à Ouagadoudou n’a pas manqué de remercier son homologue du Burkina Faso, Blaise Compaoré pour le rôle joué dans la résolution de la crise malienne. Il a surtout insisté sur les vertus de la paix pour un pays comme le nôtre.
« C’est le lieu pour moi de remercier le Burkina Faso, singulièrement mon frère, le président Blaise Compaoré, pour les efforts qu’il a déployés, et tout ce qu’il fait encore aujourd’hui pour que les frères maliens s’entendent (…) Nous l’avons dit et nous le répéterons sans cesse, il n’y a pas d’alternative à la paix. Cette paix ne peut se concevoir et ne se conclura qu’autour d’une table verte. Et c’est pour cela que nous sommes en Alger avec beaucoup de confiance, beaucoup de sérénité. Nous souhaitons, qu’aux termes des pourparlers qui ont été conduits et approfondis, de long en large, impliquant la société civile de l’ensemble du pays, toutes les composantes de la nation malienne, qu’enfin nous pourrons espérer un accord définitif global et durable, seule condition d’un développement du Mali (…) On ne peut développer un pays qui n’est pas stable, où il n’y a pas la paix. Et dans notre pays, aujourd’hui, si les différentes zones présentent des visages différents, notamment le Nord qui est en déficit de développement prononcé, ce n’est pas à cause d’une marginalisation volontaire, politique, mais cela est du à des conditions historiques et géographiques qui sont très très dures (…) Je pense que l’ensemble des Maliens doit faire en sorte que nous ayons un développement accéléré de ces zones dans le futur dès qu’il y aura l’accord de paix. Donc, je crois que les négociations en Alger s’ouvrent sous de bons auspices et une confiance réelle pour notre part. Nous pensons que nos frères aussi sont dans la même dynamique, qu’ils sont déterminés aussi à ce que nous réussissions le pari de la paix. Et la aussi, nous comptons sur le Burkina Faso », a expliqué le président IBK à Ouagadougou hier lundi.

Alger, 3è phase : ne pas franchir les lignes rouges…

Par Modi Camara(Alger) – 20/10/2014
Cette troisième phase des pourparlers intermaliens devrait permettre d’entrer dans le vif du dialogue entre groupes armés et gouvernement malien.
Après plus d’une dizaine de jours de pause, c’est reparti pour les pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger. Les négociations directes entre le gouvernement du Mali et les groupes armés devaient reprendre le 19 octobre. Mais la rencontre a été ajournée en raison de l’absence de certains membres des délégations des groupes armés. Un fait qui avait déjà eu lieu lors de la seconde phase des pourparlers.
L’équipe de médiation internationale, sous la houlette de l’Algérie, a elle aussi tenu une rencontre samedi pour valider la synthèse des propositions faites par le gouvernement du Mali et les groupes armés en septembre dernier. La délégation malienne a aussi tenu une séance de travail. Pour Abdoulaye Diop et ses collègues Zahabi Ould Sidi Mohamed, ministre de la réconciliation nationale et Hamadoun Konaté, ministre de la Solidarité, Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord, l’objectif était de mettre au même niveau d’information tous les membres de la délégation. Le document de synthèse élaboré par les experts de la médiation internationale réitère évidemment les lignes rouges marquées par le gouvernement malien. Il s’agit en l’occurrence de l’intégrité territoriale du Mali, la laïcité et la forme républicaine de l’Etat. Le document en question doit en principe, être remis officiellement aux différentes parties à l’occasion de l’ouverture officielle de cette seconde manche des négociations.

Le conseil de sécurité des Nations Unies salue la reprise des pourparlers
Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil ont salué la rôle de facilitateur joué par l’Algérie, à la demande des autorités maliennes, pour organiser des pourparlers de paix formels et pour réunir le gouvernement du Mali et les groupes armés qui ont signé et adhèrent à l’Accord de Ouagadougou de juin 2013. « Les membres du Conseil de sécurité ont appelé les parties maliennes à respecter pleinement leurs engagements inscrits dans la feuille de route signée le 24 juillet 2014 et à s’impliquer de bonne foi et avec un esprit de compromis dans les pourparlers de paix à Alger quand ils reprennent », ajoute la déclaration à la presse. Ils ont exhorté toutes les parties « à respecter pleinement l’accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014 ainsi que la déclaration de cessation des hostilités signée à Alger le 24 juillet 2014 et à éviter toute action qui pourrait mettre en péril les perspectives de paix. »
Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur profonde préoccupation concernant la détérioration de la situation sécuritaire dans le nord du Mali et ont réitéré leur ferme condamnation de toutes les attaques meurtrières contre la Mission des Nations Unies (MINUSMA). Ils ont exhorté les groupes armés à coopérer avec les Nations Unies pour arrêter immédiatement et condamner les attaques contre les Casques bleus, conformément à la déclaration qu’ils ont signée le 16 septembre 2014 à Alger.
De son côté, à la fin de sa troisième visite au Mali, l’expert indépendant des Nations Unies Suliman Baldo a déclaré vendredi qu’il ne fallait pas que la primauté du droit soit remplacée par des arrangements politiques qui se font au détriment des victimes des violations graves des droits de l’homme survenus depuis le début de la crise. « Les progrès observés au cours de ma deuxième mission en février 2014 dans le domaine du renforcement de l’autorité de l’Etat, du redéploiement de l’administration dans le nord et de la lutte contre l’impunité ont été remis en question suite aux évènements de mai 2014 à Kidal », a affirmé l’expert indépendant.
Les négociations directes sont annoncées pour ce lundi 20 octobre 2014 dans l’après- midi. Gageons que cette fois, de réelles avancées seront faîtes sur le dossier.

Fahad Ag Almahmoud : « Le GATIA contrôle les communes de Tessit et de N’Tilit »

Par Modi Camara (Alger) – 21/10/2014
En marge des négociations inter-maliennes d’Alger, le secrétaire général du Groupe d’autodéfense touareg imghad et alliés (GATIA), revient sur leurs affrontements avec le MNLA la semaine dernière.
Qu’attend le Gatia de ces négociations inter-maliennes qui vont reprendre dans les heures qui suivent ?
Au Gatia nous attendons que les frères puissent aboutir, à l’issue des discussions, à accord de paix. Ceci pour mettre fin à cette situation qui a causé beaucoup de souffrances aux populations du Mali en général et celles du nord en particulier. Aujourd’hui en raison de cette situation au nord, les écoles sont fermées ainsi que les services sociaux de base. Et c’est donc le développement qui est menacé. C’est pourquoi nous espérons qu’un accord sera signé à l’issue de ces négociations. Nous invitons les frères à se réconcilier, qu’ils reviennent au bon sens car le dossier échappe de plus en plus à ce qui sont censés être des acteurs. Le terrorisme gagne de plus en plus du terrain. Tout le monde doit estimer à sa juste valeur l’effort de la communauté internationale et surtout de l’Algérie.
Quelles sont les propositions du Gatia dans ces négociations ?
Nous ne faisons pas partie des mouvements qui ont pris les armes contre l’Etat. Nous n’avons pas demandé la scission du Mali ni le fédéralisme ni l’autonomie. Nous avons travaillé dans les quatre groupes thématiques. Nous avons fait assez de propositions qu’il est fastidieux de citer tout de suite.
Qu’est-ce qui est à l’origine des affrontements entre le GATIA et le MNLA la semaine dernière ?
D’abord ces incidents fraternels sont regrettables, mais la situation sur le terrain aujourd’hui est relativement calme. Le Gatia contrôle les communes de Tessit et de N’Tilit à ces heures-ci. Le fond du problème est connu. Il y a des frères qui ont pris des armes contre l’Etat et qui considèrent que ceux qui sont avec l’Etat doivent subir leur joug là où l’Etat n’est pas présent. Nous sommes des communautés qui se respectaient avant la création même des Etats. Bien avant la création du Mali en tant que République, on était voisins et on se respectait. Et on tient à ce respect là. Personne n’entend se faire dicter ce que doit faire son frère parce que l’Etat est parti.

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