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Ebola au Mali : agir vite en évitant la psychose

by sur 27 octobre 2014

Mis à,jour le 29 octobre 2014 à 9h15

Le Mali vit actuellement en état d’alerte maximum pour prévenir toute propagation du virus Ebola qui a tué une fillette à Kayes. Elle rentrait, avec sa grand mère, de funérailles en Guinée. A Kayes les autorités régionales ont choisi de mettre en place, parallèlement aux mesures de précautions sanitaires, une large information soutenue par une forte communication pour éviter la psychose. A Bamako, plusieurs personnes ont également été placées en quarantaine.

Ebola: 82 personnes surveillées au Mali (OMS)

AFP – Mis à jour le 28/10/2014 à 11:42
L’Organisation mondiale de la Santé surveille 82 personnes ayant été en contact avec la fillette de deux ans décédée vendredi au Mali en raison de la fièvre Ebola, même si aucun nouveau cas de la maladie n’a été recensé dans ce pays, a déclaré mardi un porte-parole de l’OMS.
Trois représentants de l’OMS se trouvent déjà au Mali, où ils sont arrivés il y a une semaine pour évaluer la capacité des autorités locales à traiter d’éventuels cas d’Ebola, et cinq autres doivent les rejoindre, a dit Tarik Jasarevic.
Le Mali est devenu le sixième pays d’Afrique de l’Ouest à signaler un cas de fièvre Ebola sur son territoire.
Il s’agit d’une fillette de deux ans décédée quatre jours après son arrivée au Mali en provenance de Guinée, foyer initial de l’épidémie, qui a fait près de 5.000 morts depuis mars.
Cette fillette a effectué avec sa grand-mère plusieurs centaines de kilomètres en autocar, avec notamment une étape à Bamako, avant d’être hospitalisée le 20 octobre à Kayes, dans l’ouest du Mali. D’après l’OMS, elle présentait déjà les symptômes de la maladie et était donc contagieuse lorsqu’elle a entrepris ce voyage.
Les 82 personnes recensées par les autorités pour avoir été en contact avec la fillette, parmi lesquelles figurent 11 soignants, demeurent surveillées car la période d’incubation de la maladie peut s’élever à 21 jours. Quant à la grand-mère, elle « va bien jusqu’à présent », a dit Tarik Jasarevic.
Selon des sources diplomatiques, le Mali est mal préparé à une éventuelle multiplication des cas d’Ebola sur son territoire, qui accueille une importante mission de stabilisation des Nations unies ainsi qu’un contingent militaire français en raison de la présence d’islamistes radicaux dans le nord.
L’idée de créer un centre de traitement à Kayes est en cours d’examen, a dit Tarik Jasarevic, et 40 bénévoles ont été formés à la recherche des contacts des personnes contaminées, un élément jugé crucial pour endiguer la propagation de la maladie.

Lutte contre le virus Ebola : LES DISPOSITIONS ADEQUATES PRISES A KAYES

L’Essor du 28 octobre 2014 – O. NIANE –  AMAP-Kayes

tante isolement copieLe ministre de la Santé et l’Hygiène publique, Ousmane Koné, était hier à Kayes, à la tête avec une forte délégation composée des partenaires de la santé pour une visite de terrain, après le 1er cas de virus Ebola détecté dans notre pays : une fillette venue de Guinée Conakry et décédée vendredi. Le ministre Koné a rencontré les notabilités, le personnel de santé et visité les sites d’observation installés à l’hôpital Alphousseyni Daou. Ousmane Koné a également rendu visite aux personnes en observation après avoir été en contact avec la petite malade.

Le chef de délégation de la mission conjointe (ministère de la Santé et institutions partenaires) a présenté un rapport de synthèse de la gestion de ce 1er cas à Kayes, avant de faire quelques recommandations. Au niveau national, il s’agit notamment de l’approvisionnement des structures en matériels de protection, la dotation de la direction régionale de la santé de deux véhicules pour le suivi des activités de riposte, la dotation du centre de référence de deux ambulances médicalisées, l’affectation d’un infectiologue à l’hôpital régional, etc. Au niveau régional, les recommandations portent, entre autres, sur la mobilisation des ressources humaines locales, le renforcement des capacités du district en ressources humaines, la poursuite de la formation des agents de l’hôpital, etc.

Le ministre de la Santé et l’Hygiène publique a approuvé les dispositions sanitaires et les mesures préventives observées

Le ministre de la Santé et l’Hygiène publique a approuvé les dispositions sanitaires et les mesures préventives observées. « Je tiens à remercier les agents de santé de Kayes dont la vigilance a permis la détection rapide du cas suspect et la préparation de la dépouille mortelle selon les directives nationales. Mes remerciements vont aux autorités politiques et administratives de la région pour toutes les mesures préventives et la sensibilisation suivie des populations ».

Dans le cadre du soutien aux personnes en observation, plusieurs bonnes volontés et structures ont encore manifesté leur solidarité dont un opérateur économique, Abdoulaye Niang,  qui a offert 500 000 Fcfa. Le PAM  et d’autres structures partenaires ont donné des vivres et des médicaments.

FORMATION DES AGENTS DE SANTE ET DES VOLONTAIRES

Lors d’une rencontre avec l’équipe pluridisciplinaire venue de Bamako, le secrétaire général du syndicat de la santé a présenté quelques doléances relatives, entre autres, à la formation des agents, leur dotation en moyens de travail, des mesures d’accompagnement au bénéfice de leurs familles, la formation et le déploiement d’équipes sanitaires aux frontières.

La directrice nationale de la santé, Binta Keïta, a félicité les agents de la santé de Kayes pour leur engagement et leur optimisme, depuis la prise en charge de la fillette atteinte par la maladie jusqu’à son décès. Elle a salué l’implication effective du gouverneur, de la direction régionale de la santé et de l’ensemble du personnel de santé de Kayes depuis la confirmation de la maladie dans leur localité. Onze agents de santé ayant été en contact avec le 1er cas d’Ebola sont mis en observation.

Depuis le dimanche 26 octobre, les agents de l’hôpital Alfousseyni Dao, de la DRS, et de la Croix rouge sont en formation. Entre autres modules enseignés, la prise de la température, la technique du port et de l’enlèvement des combinaisons de protection individuelles, l’utilisation des produits désinfectants, les techniques de suivi de contacts de malades et surtout la pédagogie de sensibilisation et l’information des populations, etc. Un expert de l’OMS, Jean Christophe Fasier, initie les agents à la technique de manipulation du cadavre en cas de décès.

Les enfants ont repris le chemin de l’école lundi. Le communiqué du ministère de la santé a permis de faire retomber l’émotion et de réduire la psychose au sein de la population. Les mesures conservatoires sont prises très au sérieux partout : des services géants de lavage des mains au savon et de javellisation sont installés partout dans les écoles, à la police et dans plusieurs lieux publics où chacun est inviter à se laver les mains avant d’entrer.

Le gouverneur de région, le colonel Salif Traoré, et le comité de crise sont toujours en alerte maximum !

Ebola : le dispositif aux frontières renforcé

Par Makhtar DIOP – 28/10/2014 – Le Journal du Mali

En visite à Kourémalé ce lundi, nous avons constaté que l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola est très prise au sérieux par les autorités maliennes et le personnel déployé sur le terrain.

Le personnel de santé déployé aux différents postes de contrôle entre Bamako et la frontière guinéenne ne se plaint pas : gants de protection, combinaisons et thermomètres sont mis à la disposition des infirmiers chargés de procéder au premier diagnostic des voyageurs entrant sur le sol malien. Une tente compartimentée en salles d’hospitalisation est installée des deux côtés de la frontière. Pour éviter les contraintes policières, nous avons préféré ne pas traverser la barrière qui sépare les deux pays.

© journaldumali.com

Mobilisation de taille
Face à la situation, Ebola mobilise. Une jeune technicienne de santé venue de Bamako nous reçoit sous un hangar de fortune aménagée. Ereintée par la canicule, elle se confie à notre micro : « le travail se passe bien, nous gagnons 4 000 francs par jour ici et nos chefs se battent pour améliorer nos conditions. Notre travail consiste à interroger les chauffeurs pour connaitre la provenance du véhicule, à prendre la température des passagers sans les toucher et à leur demander si aucun d’entre eux n’a la diarrhée, la fièvre ou des vomissements. Les premiers symptômes cliniques sont une fièvre de plus de 39 degré et ou la diarrhée ». Notre interlocutrice reconnait que « les agents de santé montent à bord des véhicules sans combinaison de protection, ce qui peut les exposer ». A la question « pourquoi avoir laissé filer l’enfant à Kayes ? », son collège vêtu d’un maillot bleu rétorque « nous nous mettions à contrôler les adultes en pensant que les enfants ne représentaient pas un gros risque et aujourd’hui le fait est là ».
Les autorités sanitaires mesurent l’ampleur de la situation et un médecin expatrié rencontré à Kourémalé affirme que « tout est mis en œuvre pour éviter que le Mali ne devienne le ventre mou de la lutte contre Ebola ». De concert avec le ministère de la santé, nous avons réussi à savoir que la fillette décédée à Kayes est passée par ici, sa grand-mère qui curieusement n’est pas contaminée a pris un taxi à Sébénikoro pour se rendre à Bagadadji d’où elle s’est rendue à l’autogare pour prendre le bus qui l’a transportée jusque vers Kayes. Nous avons mis en quarantaine ceux qui ont côtoyé la disparue et sa grand-mère et recherchons les deux taxis qu’elles ont eu à emprunter ».
A Kourémalé, les agents de santé sont appuyés dans leur travail quotidien par les forces de police et les gendarmes. Hors micro, ils ont souhaité « une implication plus forte des forces de sécurité d’autant que certains passagers refusent de sortir des véhicules pour se faire dépister et dès lors, ils montent à bord des cars pour prendre la température des uns et des autres. Le mal dans ce travail c’est qu’une fois à la maison, les parents et les amis ont peur de leur donner la main ».
Nous avons également remarqué qu’une ambulance médicalisée manque dans le dispositif mis en place aussi bien au niveau du poste avancé de Kourémalé qu’au poste de contrôle de Sébénikoro or la détection du virus Ebola exige une mise en quarantaine ultra rapide.

Mali: la ville de Kayes vit en état de siège face  à Ebola

AFP mis à jour le 27/10/2014 à 20:15
Au matin, la ville malienne de Kayes s’est réveillée fiévreuse: la rumeur a couru que deux jeunes avaient contracté Ebola. Les maisons du quartier sud se sont aussitôt vidées, signe de la psychose qui étreint la cité depuis la découverte du premier cas au Mali.
C’était une fausse alerte, et heureusement, car l’équipe de sapeurs-pompiers arrivée sur les lieux ne disposait pas des combinaisons adéquates…
Depuis le premier cas, une fillette de deux ans de retour de Guinée, un des pays les plus touchés par l’épidémie, décédée vendredi à Kayes, kits de protection, désinfectants et personnel médical arrivent pourtant en nombre dans cette ville de l’ouest du pays.
Dans la cour de l’hôpital, une trentaine d’agents de santé écoutent religieusement un expert, le Dr Abdoulaye Coulibaly, énumérer les précautions à prendre pour éviter la maladie, qui se transmet par les liquides corporels.
« La guerre contre Ebola doit être totale, et nous ne pouvons la remporter qu’avec la communication », ajoute le Dr Coulibaly, membre de l’équipe de médecins maliens dépêchés à Kayes pour éviter la propagation du virus, fermant le poing droit comme pour se convaincre.
Les autorités jouent à fond la carte de la prévention: gels antibactériens devant les hôtels, les bâtiments officiels et des domiciles privés. Nombreuses sont les personnes qui ne se serrent désormais plus la main.
« Vous voyez, on se touche par les coudes, c’est dire la peur qui règne », reconnaît Moussa Sow, un ancien cheminot.
De leur côté, des jeunes de l’association « Stop Ebola », avec des moyens rudimentaires, font du porte-à-porte pour prodiguer des conseils contre la maladie.
« Dès que vous avez une fièvre, il faut prendre votre température », lance à une habitante Ouma, membre de l’association, qui encourage la formation de volontaires dont l’objectif serait de ratisser les zones rurales à la recherche d’éventuels malades.
– Une cinquantaine de personnes à l’isolement –
Autre signe de la psychose qui s’est installée à Kayes, l’un des berceaux de l’émigration malienne vers la France: même si les écoles de la ville et de sa périphérie, fermées après l’annonce du décès de la fillette, ont rouvert, certains parents préfèrent garder leurs enfants à la maison.
« Moi, j’attends encore quelques jours avant d’envoyer à nouveau mes enfants à l’école. Il peut y avoir une surprise », affirme Oumar Fofana, banquier.
Emmitouflé dans un boubou brodé, il analyse froidement la situation, relevant la proximité de la frontière avec le Sénégal, à l’ouest, et la Mauritanie au nord: « Nous sommes dans une zone minière où vous retrouvez quasiment toutes les nationalités. Le danger est donc là, ne nous voilons pas la face ».
Selon lui, le sort de la quarantaine de personnes placées en isolement à Kayes après avoir été en contact avec la fillette sera déterminant pour la région.
Dans une vaste tente dressée à l’écart de l’hôpital, assise seule sur un lit de camp, Amy Gueye, la grand-mère de la fillette, qu’elle a emmené puis ramenée de Guinée, paraît calme, tandis qu’un médecin en combinaison vient l’examiner. Elle « va mieux », indique le Dr Samba Sow.
Un peu plus loin, dans le même hôpital, une bâtisse abrite les 42 autres personnes identifiées comme des contacts de l’enfant à Kayes. « C’est la procédure normale », assure le Dr Sow, précisant que lundi, trois autres personnes ayant approché la fillette ont été « retrouvées à 30 km de Kayes et mises en quarantaine ».
Une douzaine d’autres sont également sous surveillance médicale à Bamako, la grand-mère et sa petite-fille ayant brièvement transité par la capitale.
« Notre seul salut est qu’on trouve rapidement un vaccin, sinon des milliers d’Africains vont mourir », soupire Mame Diarra, infirmière dans un centre de santé.
Plus de 10.000 personnes ont contracté le virus Ebola, principalement en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone. Près de 5.000 d’entre elles sont décédées.
Les tout premiers essais cliniques en Afrique du vaccin développé par le laboratoire britannique GlaxoSmithKline (GSK) et les Instituts américains de la santé (NIH) viennent de débuter au Mali. Mais les premières doses sont attendues en 2015, bien après le pic prévu de l’épidémie qui ravage l’Afrique de l’Ouest.

 

Mali : Cas avéré de virus Ebola à Kayes : Comment la cité des rails vit la psychose ?

Amadou SANGHO – De retour de Kayes pour Le Prétoire du 27 oct 2014 Kayes Hôpital Fouosseyni DaouL’hôpital de Kayes, au Mali, où la première victime d’Ebola au Mali avait été soignée. REUTERS/Stringer

Ebola est bien aujourd’hui dans nos murs. Cela est une évidence. Mais ce qui l’est moins, c’est la probabilité de propagation de ce virus à une échelle considérable, voire même au delà de l’épicentre du foyer situé dans un périmètre de moins de 30 mètres de diamètre, en plein cœur du quartier Plateau à Kayes. Une perspective heureuse qui se mesure à l’aune des efforts énormes consentis par le gouvernement malien, à pied d’œuvre depuis l’apparition du virus dans la sous-région. Et les kayesiens veulent y croire. Le récit de notre envoyé spécial. Les kayesiens étaient partis pour une journée bien ensoleillée, jeudi dernier en cette période post-hivernale lorsque la nouvelle la plus cruelle de ce siècle courant, dans un retentissement aussi fort que désarçonnant tomba, telle une Chappe de plomb sur la tête des habitants de la cité des rails. Ebola est là ! Répète-t-on à tue tête. Très vite, la nouvelle, telle une trainée de poudre, se répandit à travers la ville. Chacun y va de ses supputations. A l’origine, une information émanant d’une famille située en plein cœur du quartier plateau, faisant cas de signes distinctifs de la maladie à virus Ebola constatés chez une petite fille, d’à peine deux ans et ayant vécu à demeure avec ses parents en Guinée voisine. Les témoignages recueillis sur place et qui restent tout de même à vérifier, nous plongent dans un mélodrame à perdre le bon sens. Aux dires du voisinage, tout serait parti d’une vielle dame qui se serait rendue le mois dernier à Kissidougou en Guinée forestière à l’occasion du décès de l’un des siens. Après donc les funérailles de ce dernier, qui serait un parent biologique de la petite fille, dame K, que nous préférons nommer ainsi pour éviter toute stigmatisation, décida à la fin de son séjour guinéen de ramener avec elle au Mali, la petite à l’origine aujourd’hui de ce drame humain. Toujours selon nos sources dans le quartier Plateau, celles-ci prirent la direction de Bamako où elles auraient séjourné pendant quelques jours, plus précisément dans le quartier Bagadadji. De là, la petite famille aurait emprunté un car à destination de Kayes. Interrogés sur d’éventuelles suspicions sur l’Etat de forme des voyageurs venus de Bamako, nos interlocuteurs sont formels. ‘’Visiblement, ceux-ci ne présentaient aucun signe donnant lieu à des interprétations cliniques, jusqu’à ce jour où les symptômes de la maladie firent irruption.’’ ont-ils affirmé. De ce point de vue, cela autorise à penser à une période d’incubation, c’est-à-dire une période latente de la maladie de 21 jours qui aurait donc couvert la durée du voyage de la Guinée au Mali. Cela pourrait aussi supposer que même un contrôle rigoureux au poste frontière de Kouremalé ne pouvait aucunement détecter, à ce stade, une éventuelle contamination. Les événements vont alors se précipiter. Dès la survenue des premiers symptômes, confirmés par les autorités sanitaires de Kayes, le tango pouvait commencer. Le ballet des ambulances médicalisées se font incessants. Un périmètre de sécurité est vite délimité par les forces de l’ordre autour d’un pâté de maisons, une dizaine environ. Certaines issues sont bouclées. Toutes les précautions d’usage sont respectées. En un temps record, la victime et son premier cercle furent évacués. Suivront ensuite une quarantaine de personnes savamment persuadé par les médecins de l’opportunité de leur isolement immédiat. Leurs habitats furent instamment aseptisés à partir de produits chimiques avant d’être sécurisés à vide. Cette scène de désolation transformera très vite les habitants du secteur en véritables parias. La circulation autrefois dense en ces lieux, connut une forte baisse d’intensité, rappelant un jour de dimanche. Personne ne veut s’aventurer dans cette zone devenue presque un no man’s land. Les regards des rares passants sont furtifs et on est souvent surpris à se prendre le nez aux abords de cette zone rouge, comme si le virus se transmettait par le simple regard ou par les airs. C’est là qu’il faut saluer le tact et le brio des autorités politiques régionales avec à leur tête le gouverneur de région. Face à la gravité de la situation, ils prirent l’initiative heureuse de sensibiliser les populations à travers des discours bien à propos sur les chaines de radios locales. Et cela à manifestement fait mouche. La peur et l’angoisse ont laissé la place à un réel optimisme que l’on vit se traduire à travers des railleries et des formules taquines, toutes afférentes au virus Ebola. C’est la décompression totale. La nuit du jeudi à vendredi fut calme, comme si, inconsciemment le virus Ebola pouvait surgir de nulle part dans la pénombre. La journée du vendredi fut un référentiel dans la capacité des kayesiens à surmonter le défi psychologique à eux imposé par le virus Ebola. Une véritable opération de saponification est lancée à travers toute la ville. Chacun y va de la couleur de son savon, jaune, rouge, vert, pourvu que ça mousse et laver proprement les mains. Les fidèles musulmans en partance pour la prière hebdomadaire du vendredi saint sont abordés, à chaque coin de rue par des volontaires ‘’armés’’ d’eau et de savon pour la bonne cause. Dans son prêche liminaire, l’imam de la grande mosquée a également mis du sien dans la sensibilisation et au respect des règles édictées par les plus hautes autorités en matière de précautions hygiéniques. Dans la nuit de vendredi à samedi, aux alentours de minuit, lorsque nous nous rendîmes à l’hôpital régional Fousseini Daou de Kayes, il y régnait un silence de mausolée. Sauf quelques médecins et autres infirmiers de garde déambulaient dans la cour, très loin du Lazaret de mise en quarantaine. Le Directeur Général de l’Hôpital, dans ses bureaux à cette heure indue, s’affairait religieusement sur son rapport qui, seul fait foi. Une équipe technique était même attendue, nous dit-on, cette nuit là en provenance de Bamako pour un meilleur suivi de la situation. Pour sûr, le phénomène Ebola est très pris au sérieux par les autorités maliennes. La sortie médiatique du ministre en charge de la santé, Ousmane Koné a été d’une béate opportunité à un moment où le doute commençait à s’installer et la désinformation gagner les esprits faibles. Malheureusement la petite fille a finalement succombé à sa maladie. Reste maintenant à penser des stratégies à même de circoncire le mal dans un rayon à portée de moyens, afin que ce psychodrame soit vite inscrit au chapitre des cas isolés. Il revient également à nos autorités de remonter l’itinéraire suivi par les ‘’importateurs’’ du virus, si tant est qu’ils ont transité par Bamako. Des mesures idoines doivent être prises telles que: le confinement de la famille d’accueil, de même, la recherche du car ayant servi à transporter à Kayes, les individus suspects venus de la Guinée, tout comme les passagers de ce voyage dont l’identification éventuelle pourrait s’opérer à la suite de minutieuses enquêtes. Un véritable travail de fourmi, à nos yeux, bien moindre au vu des conséquences incommensurables qu’une telle situation pourrait engendrer. Il y va de l’intérêt du Mali, à un moment où un tel prétexte pourrait suffire pour que certains de nos partenaires stratégiques récusent la destination Mali pour insécurité sanitaire. A craindre même qu’ils ne nous prennent plus au téléphone au risque de se faire contaminer en ligne. Franchement !

La fillette morte d’Ebola a été inhumée dans un des cimetières de Kayes : 43 personnes en isolement

Correspondance particulière, Boubacar Niane – KayesInfos pour Maliweb.net – 26 oct 2014 à 22:16 Après une journée d’accalmie (baisse de température, arrêt des signes extérieurs,) la fillette de 2 ans a succombé le vendredi 24 octobre 2014 malgré les efforts de l’équipe médicale. La fillette fut inhumée le samedi 25 dans un des cimetières de Kayes conformément aux consignes de l’OMS : le corps a été enfoui dans une tombe de 2 m de profondeur et d’un mètre de longueur. Le trajet de la fille de Kissidougou (Guinée) à Kayes ! Il s’agit d’une grande mère qui est allée en Guinée à la recherche de sa petite fille. Elle est retournée au Mali avec les deux fillettes dont la 1ère est âgée d’environ 5 ans et la seconde d’environ 2 ans. Elles sont passées par Kouremalé et séjournées pendant deux heures à Bamako (Bagadadji) avant d’emprunter le car (Africa Star) pour Kayes où la grand-mère et ses deux petites filles sont arrivées le 21 Octobre 2014. Dans la même nuit aux environs de 21h, les parents ayant constaté des signes de fièvre et de saignement chez la fillette de deux ans à travers un infirmier, a été aussitôt transportée à l’Hôpital Fousseyni DAOU pour une consultation poussée. Dès leur arrivée à l’Hôpital, des dispositions ont été prises sur le champ pour les isoler et par la suite, ils ont procédé à une identification de toutes les personnes proches ayant eu contact avec eux. Du côté de la pédiatrie une quarantaine a été installée, sécurisée, désinfectée et nettoyée par les services d’hygiènes (Hôpital protection civil et CSRéf) pour les recevoir. 43 personnes sont en isolement ! Les infirmiers ayant eu les premiers contacts avec eux sans protection ont été aussi isolés. Selon le Directeur Général de l’Hôpital Alphousseyni Daou de Kayes, les mesures d’hygiènes appropriées sont observées et les 43 personnes sont en isolement. Suite à l’admission de ce cas suspect de fièvre à virus Ebola à la pédiatrie de l’hôpital Alphousseyni Daou de Kayes le mardi 21 octobre 2014, la confirmation biologique du cas a été faite après analyse au laboratoire SEREFO à Bamako et donnant ainsi le 1er cas du virus au Mali. La fille atteinte d’Ebola a rendu l’âme Après quelques assurances des autorités sur l’état de santé, la fillette atteinte du virus Ebola, venue de la Guinée avec sa grand-mère, a finalement rendu l’âme le vendredi 24 octobre 2014 à Kayes aux environs de 16 heures. Les mesures prises Les mesures conservatoires prises au niveau de Kayes sont entre autres le lavage des mains au savon, éviter les baisers et les poignées de mains. Le gouverneur de région a demandé de signaler toute personne ayant manifesté les signes de la maladie. Mise en place d’une cellule de crise Le comité de crise aurait recommandé l’installation rapide des tentes d’isolement, la dotation de l’hôpital régional de Kayes d’un laboratoire d’analyse, l’équipement en logistique roulant et le renforcement rapide des capacités di personnel de santé de Kayes. Un seul objectif pour la région : éviter tout autre cas à Kayes. Le Gouverneur croit et avec lui le personnel de santé, la population de Kayes, toute proportion gardée, observe les mesures conservatoires. Don de matériels de prévention contre le virus Ebola aux populations de Kayes Dans le cadre de la prévention, un opérateur économique de Kayes, Badara Alou Diallo, a donné un lot de matériels de désinfection aux compagnies de transport de Kayes, à l’hôpital, aux leaders religieux etc. d’une valeur de 2 millions de francs CFA.

Ebola: plus de 50 personnes en quarantaine au Mali, dont une dizaine à Bamako (Santé)

Par Lorient Le Jour – 26/10/2014 Plus de 50 personnes ont été placées en quarantaine au Mali, dont une dizaine dans la capitale, Bamako, en lien avec le premier cas d’Ebola identifié dans le pays, une fillette de deux ans décédée. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé de son côté avoir acheminé vendredi soir au Mali pour le compte de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) une tonne de matériel à la suite de l’annonce de ce premier cas jeudi. Le vol, parti de Monrovia, capitale du Liberia, le pays le plus touché, comprend des équipements de protection individuelle, des gants, des masques et des seaux, a précisé le PAM dans un communiqué samedi. Outre 43 personnes dont 8 agents de santé en quarantaine à Kayes (ouest), où la fillette est décédée, une dizaine de personnes ont été placées sous surveillance médicale à Bamako, a affirmé à l’AFP le porte-parole du ministère de la Santé. Il s’agit des membres de la famille chez qui la fillette a brièvement séjourné sur le chemin de Kayes, à son retour de Guinée voisine. Ils ont été mis en quarantaine par précaution, car elle n’était pas contagieuse à ce moment-là, a-t-il assuré, contestant les conclusions de l’OMS. « Nous savons que lorsque la fillette séjournait à Bamako, elle n’était pas contagieuse. La phase maladie s’est déclarée à Kayes et non en Guinée », a déclaré le porte-parole. La fillette, revenue au Mali le 19 octobre, est décédée vendredi, après avoir été déclarée positive au virus la veille. D’après le récit recueilli par les autorités sanitaires, elle s’était rendue avec sa grand-mère à Kissidougou, dans le sud de la Guinée particulièrement touché par l’épidémie. Les autorités maliennes se sont voulues rassurantes, affirmant que toute les mesures étaient prises pour empêcher une propagation. Mais l’OMS a dressé un tableau beaucoup plus inquiétant sur les risques de contamination, affirmant que l’enfant présentait des symptômes d’Ebola et était donc contagieuse avant son retour au Mali. « Le saignement du nez a commencé alors qu’elles étaient encore en Guinée, ce qui signifie que l’enfant présentait les symptômes du virus pendant leur trajet au Mali », regagnant Kayes en transport public, a indiqué l’OMS dans un rapport. « L’OMS considère la situation au Mali comme une urgence. L’état de l’enfant pendant le trajet en autocar est particulièrement inquiétant, car il a présenté de multiples occasions d’exposition, y compris à haut risque, impliquant un grand nombre de personnes », a souligné l’organisation.

Ebola: le Mali tente de contenir l’épidémie, mise en quarantaine aux Etats-Unis

Publié le 26/10/2014 – Bamako (AFP) Le Mali tente de juguler toute propagation du virus Ebola après l’annonce d’un premier cas dans le pays, tandis que les Etats-Unis ont placé une personne en quarantaine d’office pour la première fois. L’infirmière américaine Kaci Hickox, de retour d’une mission pour Médecins sans Frontières en Sierra Leone où elle a aidé les malades d’Ebola, a dénoncé son placement d’office en quarantaine à son retour aux Etats-Unis alors qu’elle ne présentait aucun des symptômes d’une infection. « Je ne souhaite à personne une telle situation et j’ai peur pour les gens qui vont être dans mon cas à l’avenir », a-t-elle déclaré au quotidien The Dallas Morning News samedi. La mise en quarantaine obligatoire a été décrétée vendredi par les gouverneurs du New Jersey, Chris Christie et de New York, Andrew Cuomo, pour les voyageurs ayant eu des contacts avec des malades d’Ebola en Afrique, après un premier cas à New York chez un médecin de retour d’une mission en Guinée. Aux Etats-Unis, le major-général Gary Volesky a pris la tête samedi de la mission militaire américaine au Liberia, à Monrovia, pour aider à lutter contre la propagation virus, a indiqué le Pentagone. Le président Barack Obama a exhorté samedi les Américains à se fonder « sur des faits, pas sur la peur ». Symboliquement, il a reçu à la Maison blanche et serré dans ses bras l’une des deux infirmières américaines déclarées guéries. Bien que les seuls malades contaminés hors du continent – deux aides soignantes aux Etats-Unis et une en Espagne – aient été déclarés guéris, l’épidémie progressait toujours en Afrique de l’Ouest, avec au total au moins 10.141 cas enregistrés pour 4.922 morts, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 23 octobre. Au Mali, où le premier malade identifié, une fillette de deux ans de retour de Guinée, est décédée vendredi à Kayes (ouest), plus de 50 personnes ont été placées en quarantaine, dont une dizaine dans la capitale, Bamako, par laquelle elle a transité lors d’un long périple en car. « Le cas a été très vite circonscrit et nous espérons qu’in fine nous sortirons de cette affaire indemnes », a indiqué le président Ibrahim Boubacar Keïta dans une interview. M. Keïta a incriminé une « imprudence » de la grand-mère qui a emmené l’enfant dans un pays en proie au virus, affirmant que « toutes les mesures » avaient été prises pour prémunir le Mali, citant les « contrôles thermiques » dans les aéroports, mais sans se prononcer sur les accès terrestres, comme celui emprunté par la fillette. « Nous avons une frontière commune que nous n’avons pas fermée, que nous ne fermerons pas non plus », a-t-il ajouté. En revanche, la Mauritanie a annoncé un renforcement des contrôles à sa frontière avec le Mali après l’annonce de ce premier cas à Kayes, véritable poumon des échanges commerciaux entre les deux pays, qui s’est traduit par une fermeture de facto de la frontière, selon des sources locales. – Envoi de matériel du Liberia au Mali – Le ministère malien de la Santé a démenti les affirmations de l’OMS selon lesquelles la fillette présentait des symptômes avant son retour de Guinée et donc des risques de contagion tout au long de son parcours au Mali. « Nous savons que lorsque la fillette séjournait à Bamako, elle n’était pas contagieuse. La phase maladie s’est déclarée à Kayes et non en Guinée », a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère. L’OMS a annoncé vendredi dans un rapport « considérer la situation au Mali comme une urgence. L’état de l’enfant pendant le trajet en autocar est particulièrement inquiétant, car il a présenté de multiples occasions d’exposition, y compris à haut risque, impliquant un grand nombre de personnes ». Elle a néanmoins salué la « réaction rapide des autorités », et s’est félicitée de la présence au Mali de ses équipes et de celles des Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) pour préparer le pays à l’éventualité de l’arrivée d’un cas sur son territoire. L’OMS a fait acheminer vendredi soir au Mali par le Programme alimentaire mondial (PAM) une tonne de matériel de Monrovia, capitale du Liberia, le pays le plus touché, comprenant des équipements de protection individuelle, des gants, des masques et des seaux, selon le PAM. En Côte d’Ivoire, limitrophe de la Guinée et de la Sierra Leone, mais parvenue jusqu’à présent à échapper à la contamination, un aide-soignant guinéen potentiellement contaminé qui serait entré clandestinement dans le pays était activement recherché. En Guinée, 30 spécialistes français de la Sécurité civile doivent arriver dimanche pour une mission de neuf semaines destinée à former 200 personnels de la sécurité civile pour appuyer les services sanitaires luttant contre Ebola. Un aide-soignant guinéen, rentré clandestinement en Côte d’Ivoire après un contact avec une personne porteuse du virus Ebola, n’a toujours pas été localisé après trois jours de recherches, sans générer de panique dans la population, ont indiqué samedi les autorités. « La grande question que nous nous posons, c’est : « Est-ce que cette personne est vraiment entrée en Côte d’Ivoire ? ». Aujourd’hui, on n’a pas de trace », a déclaré samedi la ministre de la Santé Raymonde Goudou Coffie.

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