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Elections en avril : c’est pas gagné !

by sur 29 octobre 2014

Après avoir été une première fois repoussées de six mois (du 27 avril 2014 au 26 octobre 2014) puis une seconde fois (elle devraient se tenir le 26 avril 2015), les élections locales (régionales et communales) pourront-elles avoir lieu ?

On sait qu’Ousmane Sy, le ministre de la décentralisation, ne souhaitait pas les voir reporter trop loin; on sait aussi que le ministre de l’intérieur et de la sécurité, le général Sada Samaké, veut que soit pris en compte le maximum d’électeurs qui n’ont pu voter lors des derniers scrutins.

Cela dit, l’Association d’appui au processus électoral lance d’ores et déjà un cri d’alarme : on ne se mobilise pas suffisamment sur le terrain !

Et de lancer aussi un appel citoyen à la société civile et aux partis politiques.

Elections couplées de 2015 et Operations d’achèvement du RAVEC : Le réseau APEM met à nu les faiblesses du processus

Madiassa Kaba Diakité – Lerepublicainmali – 29 octobre 2014
Les responsables du Réseau d’Appui au Processus Electoral au Mali (APEM) ont animé, le mardi 28 octobre 2014, une conférence de presse à leur siège. Objectif : partager avec la presse les observations effectuées du 1ER au 31 octobre 2014 par le Réseau sur le déroulement des opérations d’achèvement et de pérennisation du RAVEC.
Le réseau APEM, soucieux du climat sociopolitique, a tiré sur la sonnette d’alarme sur les faiblesses du processus et interpelle tous les acteurs à œuvrer pour le respect des engagements pris au nom du peuple malien, vis-à-vis de la communauté internationale.
Selon le président du Réseau APEM, Ibrahim Sangho, 70 observateurs nationaux non partisans ont été déployés par son organisation, sur un apport propre, dans les communes urbaines et rurales des 49 cercles du Mali et dans les 6 communes du district de Bamako pour effectuer cet important travail d’observation.
Et des constats du réseau, il s’avère que le gouvernement et les partis politiques avaient convenu depuis longtemps de repousser les élections communales, avec comme principal alibi la mise à jour du fichier électoral. Or, en se référant aux élections générales de 2013, notamment le deuxième tour de la présidentielle, on a le chiffre de 6.829.696 électeurs inscrits.
Ceux qui ont voté constituent 44,42%, tandis que 55,58% parmi les électeurs inscrits n’ont pas voté. « Ces statistiques prouvent à suffisance que les partis politiques n’ont même pas pu mobiliser, et faire voter la moitié des électeurs inscrits », a expliqué le président du réseau APEM, Ibrahim Sangho.
Concernant les opérations d’achèvement et de pérennisation du RAVEC qui ont été lancées le 1er octobre 2014 à Sikasso, Ibrahima Sangho dira que les équipes d’enrôlement n’ont véritablement commencé qu’aux alentours des 10 et 15 octobre pour une opération devant s’entendre sur un mois.
Avant d’ajouter que les populations du cercle de Meneka et de la région de Kidal n’ont pas été prises en compte par les présentes opérations d’achèvement et de pérennisation du RAVEC pour des raisons de sécurité.
« Comment alors les nouveaux majeurs et les omis de ces importantes localités du Mali pourront–ils être reversés dans le fichier électoral biométrique ? Comment réussir une réelle politique de régionalisation si ceux pour lesquels elle est effectuée ne sont pas pris en compte par les présentes opérations de mise à jour du fichier électoral, qui se doit être fiable ? Que dire aussi de la gouvernance actuelle qui ne peut permette de relever les grands défis auxquels le Mali est confronté ? », s’interroge le président du Réseau APEM.
Avant de fustiger la faible implication de la société civile et des partis politiques dans le processus. « Un processus n’est crédible que si tous les acteurs et groupes cibles concernés le comprennent et s’impliquent de façon active et responsable. Sur le terrain, on ne sent pas véritablement cette mobilisation autour des opérations d’enrôlement du RAVEC, tant à Bamako qu’à l’intérieur du pays », a-t-il dit.
Dans ces remarques, le réseau note qu’à ce jour, le ministère de l’intérieur et de la sécurité n’a produit aucun chronogramme pour les élections couplées locales et régionales de 2015 au Mali. La classe politique, quant à elle, selon le réseau APEM, n’a posé aucun acte pour déplorer cet état de fait préjudiciable à la tenue d’élections fiables, transparentes et démocratiques en 2015.
Dans ses recommandations, le réseau APEM demande entre autres : la publication, sans délais, du chronogramme électoral pour les élections locales et régionales de 2015 au Mali ; la promulgation, dans les plus brefs délais, de la nouvelle Loi électorale remplaçant la Loi N°06-044 du 4 septembre 2006 modifiée portant Loi Electorale, pour un meilleur encadrement des élections à venir ; la mise en place d’un cadre de concertations entre le Gouvernement et les organisations de la société civile électorale pour leur pleine participation au processus ; l’implication des partis politiques dans les opérations d’achèvement et de pérennisation du RAVEC…

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