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Transition au BF : la rue ne veut pas de l’armée

by sur 2 novembre 2014

Mis à jour dimanche 2 novembre 2014 à 18h15

La rue comme l’opposition, s’opposent à ce que ce soit l’armée qui conduise la transition au Burklina Faso ; l’opposition appelle à une grande manifestation ce dimanche 2 novembre.

BURKINA FASO. L’armée s’empare de lieux stratégiques à Ouagadougou

Par L’Obs avec AFP – Publié le 02-11-2014 à 14h14 Mis à jour à 16h16

L’appel de l’opposition à un rassemblement de protestation s’est soldé par un échec. Washington demande à « l’armée de transférer immédiatement le pouvoir aux autorités civiles ».

BURKINA-CRISIS-OPPOSITION-DEMODes manifestant anti militaire à Ouagadougou, le 2 novembre 2014. (ISSOUF SANOGO / AFP)

La communauté internationale, Etats-Unis en tête, a vivement condamné dimanche 2 novembre la prise de pouvoir annoncée par l’armée au Burkina Faso, mais l’appel de l’opposition à un rassemblement de protestation s’est soldé par un échec.
Washington a appelé dans la nuit « l’armée à transférer immédiatement le pouvoir aux autorités civiles », selon la porte-parole du département d’Etat, Jen Psaki.
Les Etats-Unis, un des alliés privilégiés du Burkina, « condamnent la tentative de l’armée burkinabè à imposer sa volonté au peuple du Burkina Faso », a-t-elle ajouté.
L’armée burkinabè s’empare de la télévision et de la place de la Nation
L’armée burkinabè a pris le contrôle dimanche de deux lieux stratégiques de la capitale Ouagadougou, la radio-télévision nationale et la place de la Nation, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Des soldats du régiment de sécurité présidentielle ont tiré en l’air dans la cour d’entrée du bâtiment de la télévision peu après 14H00 (locales et GMT) pour disperser une foule de manifestants, avant de se rendre maîtres des lieux en quelques minutes.
Le régiment de sécurité présidentiel est l’unité du lieutenant-colonel Isaac Zida, désigné par l’armée samedi pour diriger un régime de transition après la chute du président Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir et réfugié en Côte d’Ivoire.
Tous les personnels de la radio-télévision ont été évacués, ainsi que les journalistes étrangers. L’armée a simultanément pris le contrôle de la place de la Nation, haut lieu de la contestation publique, où des milliers de manifestants étaient réunis, selon un journaliste de l’AFP. Des soldats sont arrivés à bord de plusieurs pick-up, ont tiré en l’air et ont lancé des grenades lacrymogènes, faisant fuir les manifestants. Les soldats ont ensuite quadrillé la place, dont on ne peut pas approcher désormais à moins de 100 mètres.
« Nous espérons une transition conduite par un civil »
La constitution, que les militaires ont dit avoir suspendue, prévoit que le président de l’Assemblée nationale assure l’interim du pouvoir en cas de vacance.
La médiation internationale tripartite au Burkina conduite par l’ONU, l’Union africaine et la Cédéao, l’organisation régionale de l’Afrique de l’Ouest, a, elle évoqué la menace de « sanctions ».
« Nous espérons qu’il y aura une transition conduite par un civil, conforme à l’ordre constitutionnel ». « Sinon les conséquences sont assez claires. Nous voulons éviter pour le Burkina Faso la mise en place de sanctions », a déclaré l’émissaire de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas lors d’une conférence de presse à Ouagadougou.
Le Burkina Faso, petit pays sahélien enclavé de 17 millions d’habitants, est plongé dans l’incertitude sur son avenir politique depuis la chute du président Blaise Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir et réfugié en Côte d’Ivoire.
Samedi, l’armée a désigné un des siens, le lieutenant-colonel Isaac Zida, numéro deux de la garde présidentielle, pour diriger un régime de transition.
Mais les « forces vives » du pays, partis d’opposition et organisations de la société civile rassemblés, ont refusé toute idée de transition militaire, exigeant un pouvoir civil et appelant à une démonstration de force de la population dimanche matin.
Le rassemblement place de la Nation, lieu emblématique des manifestations de masse la semaine dernière qui ont fait chuter le régime Compaoré, s’est cependant soldé par un échec, avec seulement un millier de personnes présentes, selon un correspondant de l’AFP.
Le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, n’était pas venu car il rencontrait des représentants de l’armée au même moment, selon son entourage.
Le chef du petit parti Convergence de l’Espoir, Jean-Hubert Bazié, s’est contenté d’une allocution de quelques minutes, appelant l’audience clairsemée à rester « vigilante pour préserver la victoire du peuple » et « mobilisée pour les mots d’ordre à venir ».
« Le départ pur et simple du lieutenant-colonel Zida »
Parmi les manifestants, essentiellement des jeunes, la déception, voire le mécontentement se faisaient sentir alors que le rassemblement a duré à peine plus d’une heure, en l’absence de toute force de l’ordre.
« Nous ne voulons pas d’une récupération de la victoire du peuple par les militaires », a déclaré à l’AFP Karim Zongo, un commerçant de 28 ans. « Notre lutte maintenant c’est le départ pur et simple du lieutenant-colonel Zida », a renchéri Abdoulaye Traoré, un sans-emploi de 33 ans, resté discuter après le meeting sur la « place de la Révolution », ainsi que l’a rebaptisée le peuple, comme dans les années 1980, au temps du président Thomas Sankara, icône du panafricanisme encore dans les mémoires de tous les Burkinabè.
L’armée s’est employée depuis vendredi à rassurer, affirmant que la transition se ferait de manière démocratique, en concertation avec l’opposition et avec la société civile, mais tout en restant floue sur les modalités pratiques et sans convaincre apparemment tous les habitants.
Dans les rues de Ouagadougou, la situation était calme, avec une circulation réduite et quelques commerces ouverts comme à l’habitude le dimanche, selon un journaliste de l’AFP.

Zéphirin Diabré, opposition BF

Zéphirin Diabré, l’un des leaders de l’opposition

Lt Cel Isaac ZidaLe Lieutenant Colonel Isaac Zida désigné par l’armée comme chef de la transition

Burkina : l’opposition conteste la transition « confisquée par l’armée »

02/11/2014 à 10:05 Par Jeune Afrique (Avec AFP)
L’opposition et la société civile du Burkina Faso ont appelé la population à une démonstration de force dimanche. Objectif : contester le nouvel homme fort de la transition, le lieutenant-colonel Isaac Zida, adoubé par l’armée.
L’opposition et la société civile burkinabè tentent de reprendre la main, après la chute de Blaise Compaoré. Ils ont ainsi refusé catégoriquement une « confiscation » du pouvoir par l’armée et ont appelé à un nouveau rassemblement dimanche sur la place de la Nation dans la capitale Ouagadougou.
« La victoire issue de l’insurrection populaire appartient au peuple, et par conséquent la gestion de la transition lui appartient légitimement et ne saurait être en aucun cas confisquée par l’armée », ont écrit les partis de l’opposition et les associations de la société civile dans un communiqué commun. Elles ont souligné dans ce document « le caractère démocratique et civil que doit avoir cette transition ».
Vingt-quatre heures après la chute et la fuite du président Blaise Compaoré, les hauts gradés de l’armée avaient mis fin à leurs dissensions en désignant samedi « à l’unanimité » le lieutenant-colonel Zida, 49 ans, numéro deux de la garde présidentielle, comme chef d’un régime de transition, aux dépens de son rival, le chef d’état-major des armées, le général Nabéré Honoré Traoré, qui briguait le poste. Ils avaient affirmé que cette transition se ferait de manière démocratique, en concertation avec l’opposition et avec la société civile, tout en restant flous sur les modalités pratiques.
L’Union africaine a exhorté dans la soirée « les acteurs politiques et la société civile du Burkina Faso à travailler ensemble (…) pour convenir d’une transition civile et inclusive devant déboucher sur la tenue, aussi rapidement que possible, d’élections libres ». Outre ceux de l’UA, des représentants de l’ONU et de la Cédéao, l’organisation régionale de l’Afrique de l’Ouest, continuaient de mener à Ouagadougou une mission de bons offices.
Quant à Blaise Compaoré, après deux jours d’un soulèvement populaire qui a fait une trentaine de morts et une centaine de blessés, selon l’opposition, il s’est réfugié avec sa famille et ses proches à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.
« Ceux qui ne veulent pas un militaire au pouvoir, ils veulent mettre qui ? »
En dépit du climat politique toujours tendu, le calme était revenu samedi dans les grandes villes du Burkina Faso, théâtres de débordements et pillages les jours précédents. À l’appel du Balai citoyen, une organisation de jeunesse en pointe dans la mobilisation, des groupes de jeunes ont nettoyé les rues de Ouagadougou, jonchées de débris, carcasses et pneus brûlés.
Le nouveau pouvoir militaire a décidé la réouverture des frontières aériennes – fermées depuis la veille – et un allègement du couvre-feu, qui reste en vigueur de 22h00 (contre 19h00 auparavant) à 06h00. Les frontières terrestres restaient officiellement fermées. Cependant à « Ouaga », le grand marché et les banques sont restés fermés.
Plusieurs habitants se sont dit déterminés à ne pas laisser le pouvoir aux militaires. « Nous sommes totalement contre la prise de pouvoir par les militaires », a déclaré Salif Ouedraogo, un agent d’assurances de 38 ans. « Nous réclamons un civil à la tête de l’Etat et nous allons nous regrouper place de la Révolution pour dire non au pouvoir militaire, même s’il faut que le peuple saigne davantage ».
Gildas Zongo, un étudiant de 25 ans, s’interrogeait pourtant, soulignant l’absence d’alternative politique crédible, après le long règne de Blaise Compaoré qui a étouffé l’opposition: « Ceux qui ne veulent pas un militaire au pouvoir, ils veulent mettre qui ? »

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