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Ebola : inquiétudes sur la prise en charge

by sur 13 novembre 2014

Mis à jour vendredi 14 novembre à 10h

Le virus Ebola est de retour au Mali après le décès à Kayes de la petite Fanta Kondé. Et plus précisément à Bamako dans l’établissement huppé de la polyclinique Pasteur… et dans la plus grande confusion, comme le décrit la presse malienne.

Il y a déjà deux morts, un iman soixantenaire venu de Guinée sans que ses proches ne déclarent sa maladie (déjà malade il a cotoyé beaucoup de monde durant son voyage; la toilette mortuaire a été faite dans une mosquée bamakoise avant que la dépouille ne soit renvoyée en Guinée), et un infirmier qui l’a soigné, ce qui a provoqué la fuite d’une partie du personnel soignant. On parle aussi du décès de l’hôte qui l’a hébergé à Bamako, ce qui ne manque pas d’alimenter la rumeur.

Un laissez aller doublé d’un manque de professionnalisme qui n’augurent rien de bon pour la suite; malgré les assurances données par le ministère de la santé pour lequel tout est mis en oeuvre pour juguler les risques d’une épidémie.

Car si « deux cas ne font pas une épidémie », comme le titre un journaliste, au moment où il écrit, leur nombre de victimes a doublé; et sur les quatre cas mortels recensés, trois ont eu lieu en milieu hospitalier.

Et, comble du comble en Afrique, même la Coupe Africaine des Nations est touchée : le Maroc refuse de l’organiser; du coup son équipe est éliminée…

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Ebola fait une quatrième victime à Bamako au Mali. Une fillette décédée au Gabriel Touré

Par Sahelien – 14 novembre 2014
Le virus Ebola a fait une nouvelle victime à Bamako. Ce jeudi, une quatrième personne est morte au centre d’isolement à Bamako.
Hier soir, une petite fille a été amenée par sa famille à l’hôpital Gabriel Touré à Bamako. Un test d’Ebola a été effectué et qui s’est avéré positif. Ce jeudi, la fille est morte dans le centre d’isolement d’Ebola, situé à Dijicoroni-Para.
« Lorsque la fille est arrivée à l’hôpital, un premier test Ebola a été effectué et qui s’est avéré positif. Ce matin, nous avons fait deux prélèvements pour faire deux nouveaux tests pour être sûr qu’il s’agit d’Ebola. Mais avant même l’arrivé des résultats de ces tests, la fille est morte », a dit Adama Mary Traoré, porte-parole de l’hôpital Gabriel Touré.
Cependant, pour le ministère malien de la communication, le résultat d’un seul test n’est pas suffisant pour dire que la fille est morte d’Ebola. Il faut bien attendre les résultats de deux autres tests prévus demain vendredi pour conclure qu’il s’agit ou pas d’une victime d’Ebola.

Ebola-Mali : deux cas ne font pas une épidémie

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 13 novembre 2014
Le décès, par suite d’ébola, d’un infirmier de la Polyclinique Pasteur de Bamako a provoqué une panique générale dans la capitale malienne, panique amplifiée par les radios privées dont certaines parlent d’épidémie. A la date d’aujourd’hui, il n’y a eu, au Mali, que deux cas de fièvre hémorragique à virus ébola, tous ayant, malheureusement, provoqué mort d’homme. Certes ébola est perçue, à juste titre d’ailleurs, comme une terrible maladie mais il faut éviter de créer un climat de psychose dans le pays.
Deux cas d’ébola ne font pas une épidémie. Le Nigéria est arrivé à bout de la maladie après quelques cas avérés dans le pays. Les Etats-Unis et l’Espagne ont réussi à traiter les rares cas qui ont été importés chez eux. Au Mali, les autorités sanitaires font du très bon travail. Les personnes entrées en contact avec la fillette décédée à Kayes ont été correctement suivies et aucune n’a présenté de signes d’infection par la maladie.
Le cas de la polyclinique Pasteur pose la question de la prise en charge des personnes à risque. Comment une clinique aussi renommée que le Pasteur n’a-t-elle pas eu le réflexe de procéder à un test d’ébola sur un patient qui venait d’une zone à risque élevé comme la Guinée ? La clinique n’est-elle pas outillée pour faire des tests d’ébola ou s’agit-il d’une faute grave de la part du personnel soignant ? Les enquêtes des autorités sanitaires du Mali nous édifieront dans les jours à venir.
Nul doute que le ministère de la santé du Mali procédera, comme ce fut dans le cas de la petite victime de Kayes, au repérage de toutes les personnes ayant eu un contact avec l’infirmier décédé. Tant que d’autres cas ne seront pas détectés, il n’y a pas lieu de céder à la panique.
Les médias privés doivent, en la circonstance, faire preuve de beaucoup de professionnalisme pour rassurer une population qui n’est pas toujours au fait des mesures de sécurité prises par les autorités maliennes. La stigmatisation des membres de la famille où avait séjourné la petite victime de Kayes est la preuve d’une très grande fébrilité de la population. Il ne faudrait pas en rajouter avec des propos incendiaires.

Clinique Pasteur : la direction de l’établissement s’explique sur un cas d’Ebola

Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 13 Novembre 2014

Le Mali a connu son second cas confirmé de la maladie à virus Ebola, le 11 novembre 2014. Il s’agit d’un infirmier stagiaire du nom de Salif Diarra. Le jeune homme faisait partie du personnel soignant affecté auprès du grand imam de Kourémalé (en Guinée Conakry), Oussou Koïta, 70 ans, déclaré décédé des suites d’une pneumopathie depuis le 27 octobre, à la clinique Pasteur de Bamako.
Doxcteur Ben Baba polyclinique PasteurAfin d’apaiser la psychose qui enflait en ville et pour donner le point de vue de la clinique Pasteur, son promoteur, le Dr. Ben Baba, a tenu un point de presse à l’hôtel Salam de Bamako, hier, mercredi 12 novembre. Selon le praticien, le patient guinéen, de qui la nouvelle contamination est partie, n’aurait jamais développé de symptôme de la maladie avant sa mort. Ce serait pour une pneumopathie qu’il aurait été admis aux urgences de la clinique, le samedi 25 octobre entre 21h 30 et 22h.
Décédé le lundi, sans avoir présenté aucun signe de la maladie, son corps a donc été remis à sa famille et admis dans une morgue de la commune IV avant son transfert en Guinée où il fut inhumé. A en croire le Dr. Ben Baba, c’est après ce décès que le ministère malien de la santé et de l’hygiène publique, a informé la direction qu’il s’agissait d’un cas suspect d’Ebola.
Suite à cette annonce, le Dr Ben Barka assure avoir suivi le protocole et explique : « Nous avons remis aux autorités la liste de toutes les personnes qui ont été en contact avec ce patient (Oussou Koita) à la clinique ».
L’infirmier stagiaire fait donc partie de l’équipe médicale qui a pris en charge l’intéressé. Le 8 novembre, celui-là s’est présenté à la clinique « dans un état grave », selon le président de la clinique, « avec des signes de la maladie ». Le médecin a appris à la presse que les tests effectués sur l’infirmier se sont révélés positifs le 11 novembre. Ce fait établi, l’établissement a été isolé dans la nuit du 11 au 12 novembre. Aujourd’hui, des blindés de la Minusma ont été déployés en renfort de la police malienne.
« Nous, on joue la transparence totale », a souligné le docteur Ben Barka de la clinique Pasteur qui se plaint cependant de la non prise en charge par l’état des personnes mises en quarantaine dans la clinique, notamment au niveau de la restauration.
La situation épidémiologique actuelle dans la clinique est la suivante : un cas suspect signalé parmi le personnel sanitaire a été transféré au centre de traitement aménagé par le gouvernement. Il s’agit d’un spécialiste de la médecine interne. « Il n’y a aucune personne présentant de signe de la maladie à l’intérieur de la clinique », a assuré le Dr. Ben Baba.
En revanche, dans la clinique, au moins 35 malades dont 22 soldats de la Minusma et 13 membres du personnel (administrateurs et personnel soignant) sont en quarantaine. Parmi ceux-ci, figure le directeur général de l’établissement, Abdramane Maiga.

Ebola: des personnes en isolement livrées à elles-mêmes à Bamako

Par RFI – publié le 12-11-2014 Modifié le 13-11-2014 à 08:12

La polyclinique PasteurLa clinique Pasteur à Bamako où deux personnes sont décédées des suites d’Ebola, le 12 novembre. REUTERS/Joe Penney

Alors que l’OMS a annoncé que le cap des 5 000 morts dus au virus Ebola venait d’être franchi, au Mali, l’infirmier qui a soigné un patient guinéen a lui aussi succombé au virus, mardi.
Des tests ont été pratiqués et confirment qu’il s’agit bien d’Ebola. Du coup, le médecin de cet infirmier a été placé en quarantaine, tout comme une trentaine d’autres personnes. Mais celles-ci sont peu prises en charge.
Un médecin de la clinique Pasteur, un établissement huppé de Bamako, a été placé à l’isolement. Il a notamment été en contact avec le jeune infirmier décédé mardi d’Ebola. Dans cette clinique, une trentaine de personnes sont en observation. Parmi elles, des médecins, mais également des patients qui séjournaient sur place. C’est le cas d’une dizaine de militaires de la mission de l’ONU au Mali, la plupart blessés au cours d’opérations menées dans le nord du pays.
Mais, gros problème, les patients sont abandonnés à eux-mêmes. « Malheureusement, vu la psychose et la peur de nos employés et des infirmiers, beaucoup […] sont partis, se désole le docteur Ben Baba, responsable de la clinique. Personne ne veut les soigner, les gens ont peur. Il y a une psychose généralisée. »
Pas de médecins donc pour soigner des malades qui n’ont pourtant pas la fièvre Ebola. Il n’y a pas non plus de nourriture pour tout ce monde. « On a un gros problème d’alimentation, poursuit ainsi le docteur Ben Baba. J’étais personnellement aujourd’hui [chargé] de chercher à manger. J’assure même la restauration. [Mais] je n’ai pas accès à la clinique. Je fais passer les aliments par les fenêtres pour que ça puisse arriver aux malades. »
En plus des personnes en quarantaine clairement identifiées, il y a ceux qui sont recherchés. Ils sont nombreux à avoir été en contact avec les deux personnes décédées. Le ministère malien de la Santé appelle au calme et explique que tout est mis en œuvre pour éviter la propagation du virus.
L’infirmier décédé ce mardi avait été en contact avec un Guinéen arrivé à Bamako il y a deux semaines. Agé de 66 ans, et hospitalisé dans cette même clinique Pasteur, il était décédé peu de temps après.

Deuxième victime malienne d’Ebola : LE TEMPS DES QUESTIONS ET DES NOUVELLES PRÉCAUTIONS

B. DOUMBIA – L’Essor du 13 novembre 2014
Les circonstances qui ont amené un deuxième décès malien obligent à renforcer le dispositif de surveillance et à obtenir l’implication de tous
L’heure est grave. L’on peut faire ce constat sans céder à la dramatisation de la situation et sans chercher à alimenter la psychose. Notre pays vient en effet d’enregistrer son deuxième mort, victime de la fièvre hémorragique à virus Ebola. Cela au moment même où les autorités sanitaires se félicitaient – à juste titre – de la célérité et de la rigueur avec lesquelles avaient été menées les actions de confinement de tous ceux qui avaient approché la première personne décédée.
Le deuxième décès qui est survenu mardi concerne un infirmier de 25 ans, employé à la polyclinique Pasteur. Le jeune homme aurait été contaminé en soignant un imam guinéen qui est arrivé à Bamako en provenance de Kourémalé (du côté guinéen).
L’homme de religion aurait même séjourné dans une famille habitant un quartier de la Commune IV avant d’être admis dans des conditions encore non élucidées à la polyclinique où il décédera le 27 octobre dernier. Son corps a été rapatrié dans son pays. Mais le plus inquiétant, à ce niveau, c’est que le cadavre a transité par une mosquée de Djicorini Para pour la toilette mortuaire.
La part notable de zones d’ombre qui subsiste encore alimente de nombreux commentaires et, ne le cachons pas, de fortes inquiétudes. Certaines sources médicales affirment que c’est grâce à la collaboration de la partie guinéenne qu’il a été possible d’apprendre que le défunt imam était un cas suspect et qu’il avait lui-même avait enregistré des morts d’Ebola dans sa famille en Guinée. Une fois en possession de ces informations, la direction nationale de la Santé a actionné le mécanisme de surveillance des cas suspects. C’est ainsi qu’une équipe médicale a été envoyée sur place pour procéder à des prélèvements sur l’homme qui avait assuré les soins infirmiers de l’imam guinéen.
Soucieux de ne pas laisser le champ libre aux rumeurs et de donner le maximum d’informations disponibles sur la situation, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a animé hier une conférence de presse pour s’expliquer sur les investigations faites pour confirmer la présence d’Ebola chez le défunt infirmier, mais aussi sur les autres mesures prises. Ces mesures concernent le confinement de la polyclinique Pasteur et de la famille de l’infirmier ainsi que les dispositions prises pour répertorier les autres contacts suspects.
La conférence était animée par le secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le Pr Ousmane Doumbia, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Ibrahima Socé Fall et le directeur général du Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM), également président de l’équipe d’intervention rapide sur le terrain contre Ebola, le Pr Samba Ousmane Sow.
D’entrée de jeu, ce dernier a expliqué que l’imam guinéen aurait été reçu, selon les informations données par la polyclinique Pasteur, dans un tableau d’insuffisance rénale aigüe. Le malade, toujours selon la polyclinique, ne présentait alors aucun symptôme évocateur de la maladie d’Ebola.
Le Pr Samba Ousmane Sow a aussi indiqué que les prélèvements effectués sur l’infirmier ont été analysés quatre fois pour éviter toute erreur possible. Les résultats obtenus ont été également envoyés pour confirmation à d’autres laboratoires à l’étranger avec les mêmes courbes.
Deux graves questions se posent. Tout d’abord, les journalistes présents se sont indignés de voir un tel cas suspect échapper au cordon sanitaire établi au niveau de la frontière guinéenne.
Sur la question, le secrétaire général du département de la Santé et de l’Hygiène publique a rappelé que la notion de cas suspect est définie et règlementée par l’Organisation mondiale de la santé. Le Pr Ousmane Doumbia a expliqué qu’en la circonstance les mesures édictées en matière de détection ont été respectées.
La deuxième question s’impose d’elle-même. N’y a-t-il pas eu une négligence coupable de la polyclinique Pasteur ? Le secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a expliqué que son département entend gérer sereinement et sans passion la situation. « Nous allons pousser plus loin nos investigations et au regard des dispositions règlementaires, si faute il y a, des mesures s’imposeront », a-t-il fait savoir.
Pour notre part, nous pensons que l’établissement de soins incriminé aurait dû être alerté par le fait que le patient qu’il avait accueilli venait et avait séjourné en Guinée. Outre l’information à faire remonter aux autorités sanitaires, la polyclinique Pasteur aurait dû prendre les précautions nécessaires pour préserver son personnel soignant, mais aussi les malades et autres usagers.
LES PRÉCAUTIONS NÉCESSAIRES. Le représentant de l’OMS a souhaité une bonne collaboration des journalistes dans la lutte contre Ebola. Il faut éviter les informations sensationnelles, a-t-il souhaité.
La presse doit continuer à donner des informations utiles sur les mesures de préventions contre la fièvre hémorragique. Ceci est important dans la lutte contre ce fléau, a relevé le patron de l’organisme onusien. La recommandation de ce dernier ne souffre d’aucune discussion, car il est indispensable de bloquer la montée de la psychose et d’apaiser nos compatriotes qui veulent avoir le cœur net sur les dispositions pratiques en cours pour éviter une propagation de la maladie à virus Ebola.
Il ressort des informations générales distillées à la presse que la polyclinique en cause a été confinée avec à l’intérieur plus d’une trentaine de personnes, malades et soignants compris. Le secrétaire général du département a expliqué que 45 personnes se retrouvent mises en observation dans la famille de l’infirmier décédé. Par ailleurs, 16 malades ayant été en contact avec le défunt ont été répertoriés et le département a pris les dispositions pour identifier aussi les contacts de ces malades.
Aujourd’hui, lorsqu’on écoute les avis qui se font entendre dans la rue bamakoise, l’on sent monter un début de panique. Les personnes avec lesquelles nous échangeons se demandent s’il n’est pas nécessaire d’envisager la fermeture des établissements scolaires de la capitale pour au moins 21 jours ; s’il ne faut pas interdire les regroupements publics d’importance. Obnubilés par la recherche de la sécurité et soucieux avant tout de voir circonscrite une éventuelle propagation de la maladie dans la capitale malienne, nos compatriotes donnent l’impression de ne pas être opposés à des mesures fortes.
Les autorités sanitaires n’iront certainement jusqu’à celles-ci. Mais aujourd’hui, la situation épidémiologique d’Ebola dans notre pays remet sur le tapis un certain nombre de questionnements. Notamment sur la meilleure manière d’aplanir les insuffisances du dispositif du dispositif de contrôle et sur la nécessité de veiller à l’observation de précautions élémentaires dans tous les établissements de santé, y compris ceux du secteur privé.
De ces questions là, nous ne ferons pas l’économie après ce deuxième décès causé par la fièvre hémorragique.

Ebola : Ce que les Maliens doivent savoir sur le malade décédé et l’affaire de la clinique Pasteur. L’hôte bamakois du défunt serait aussi décédé

Adam Thiam – Lerepublicainmali – 13 novembre 2014

Dans son rapport de suivi d’hier 12 novembre 2014, où elle annonce 5160 décès pour 14098 cas d’infection principalement survenus en Afrique de l’Ouest, l’Oms révèle ce que le public malien ne savait pas : à savoir que par rapport au terrible fléau, le Mali en est à son quatrième cas de décès et autant de cas d’infection confirmés et probables.
Jusqu’à lundi, seul le décès de la fillette de Kayes était publiquement annoncé par nos autorités. Mardi 11 novembre, le ministère de la Santé a reconnu que l’infirmier mort dans une clinique de la place depuis sous quarantaine avec plusieurs dizaines de personnes était décédé des suites de la fièvre Ebola.
Le Directeur de ladite clinique s’exprimant sur une radio étrangère déclarera que cet infirmier avait été contaminé à son tour par un malade venu de la ville de Kourémalé Guinée décédé le 27 octobre dernier.
L’hôte bamakois du défunt imam est mort
Selon le rapport de suivi d’une autorité sanitaire, cet homme âgé de 70 ans et imam de Kouremalé côté guinéen est tombé malade vers le 17 octobre dernier dans cette ville. Son fils le conduira dans deux cliniques, l’une en Guinée, l’autre à la frontière côté malien avant d’échoir à la clinique Pasteur de Bamako où le patient rend l’âme le lendemain de son arrivée.
Dans la voiture qui conduit l’imam à Bamako, il y a son fils de 36 ans, ses deux épouses de 50 et 40 ans ainsi que son frère cadet de 40 ans. Le lavage mortuaire est effectué dans une mosquée du quartier populaire de Djikoroni sous les auspices de l’hôte bamakois de l’Imam.
Le religieux est transporté et inhumé dans sa ville de Kourémalé dans des conditions non sécurisées, précise ledit rapport de suivi. Depuis les deux épouses du défunt imam, son cadet et son fils qui l’ont accompagné à Bamako sont tous confirmés atteints d’ebola et internés en Guinée où à 25 ans, la fille aînée de l’imam meurt de la terrible maladie le 10 novembre dernier.
Le lendemain, c’est l’hôte bamakois de l’imam qui décède. Le rapport de suivi précise que le défunt imam avait subi des examens cliniques pendant son séjour à Bamako.
A-t-il testé positif au virus Ebola ? La clinique Pasteur le savait-elle ? Quand a-t-elle su, comme l’a affirmé son directeur, que l’infirmier décédé mardi avait été contaminé par l’imam ? L’institution sanitaire a-t-elle cherché à cacher l’existence de cas d’Ebola en son sein ? Dans les pays où l’imputabilité est de mise, une enquête serait ouverte pour voir plus clair dans toutes ces questions.
La riposte de l’Etat malien et de ses partenaires.
L’enterrement sécurisé de l’infirmier décédé mardi a été organisé mercredi par les services du Ministère de la Santé. Vingt huit contacts du malheureux défunt ont été identifiés pour être mis sous surveillance, selon le rapport de suivi de l’épidémie au Mali. Hier mercredi, ce rapport annonçait un cas suspect et un cas d’infection confirmé en République du Mali. Quant à la clinique Pasteur elle-même sera mise sous quarantaine pendant 21 jours.
Pendant ce temps, à Kayes, il a été procédé à la levée de suivi de 12 personnes sur 79 en observation en rapport avec le cas de la fillette décédée en octobre dernier.
A Bamako, quatre levées de suivi sont rapportées. Le rapport insiste enfin sur la mise en place rapide d’un PC opérationnel d’urgence, d’un centre de tri à l’entrée des formations sanitaires privées ainsi que de centres de prises en charge dans les autres régions.

Mali/Ebola : 48 personnes en quarantaine à Bamako, dont 22 casques bleus, après la mort d’un infirmier

2014-11-13 11:03:30 xinhua
48 personnes dont 22 casques bleus de l’ONU sont mises en quarantaine dans la clinique Pasteur de Bamako où a été détecté le second cas positif de la maladie à virus Ebola au Mali, a indiqué mercredi le président de cet établissement, Dr Ben Baba, lors d’une conférence de presse à Bamako.
La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation intégrée au Mali (MINUSMA) a confirmé dans un communiqué qu’une vingtaine de son personnel militaire, qui ont été admis à la Clinique Pasteur durant le mois d’octobre pour des blessures subies dans l’exécution de leur mission au nord du Mali, se trouvent actuellement dans cette même clinique.

ALERTE EBOLA – Décès d’un malade et de son infirmier à la Clinique Pasteur de Bamako

Par Malijet – Date: 12 Novembre 2014
Un infirmier de la Polyclinique Pasteur vient de rendre l’âme des suites de la fièvre EBOLA après avoir été en contact avec un malade décédé il y a 2 semaines (le 28 octobre) dans la même clinique. En effet, les tests opérés hier après-midi sur l’infirmier qui présentait tous les symptômes de la maladie à virus Ebola se sont révélés positifs avant même son décès en debut de soirée.
Il faut noter que ces décès n’ont aucun lien avec le cas suspect précédemment annoncé par les autorités maliennes dans la journée du 11 novembre.
Cette nouvelle contamination prendrait une nouvelle fois sa source en Guinée. Une famille guinéenne atteinte d’Ebola aurait fait appel à un marabout qui n’est autre que l’imam de la ville de Kourémalé (côté Guinée) et qui se serait rendu en Guinée pour prodiguer des soins à la famille malade.
Malheureusement la famille décéda, et le marabout guérisseur contaminé par le virus rentre au Mali après son séjour guinéen. Pris de malaises, le marabout se rendit à la clinique Pasteur.
Il nous est aussi rapporté qu’avant son retour sur le territoire malien, la première femme de l’imam en question et un de ses enfants sont morts d’EBOLA.
Pris en charge sans la moindre précaution par la clinique, et sans avoir averti les autorités, le patient décédera par la suite le 28 octobre.
Plus surprenant encore, La clinique Pasteur n’a pas donné d’alerte. Pire, selon une source (Afrikan), elle a autorisé la famille à récupérer le corps du défunt marabout, pour le laver et ensuite l’enterrer sans la moindre protection. C’est un médecin de la clinique qui a alerté ce 10 novembre les autorités sous l’anonymat, car l’infirmier qui était chargé de la prise en charge du marabout présentait des symptômes de la fièvre hémorragique Ebola. Comme l’on pouvait le craindre, les tests ont été positifs quelques heures avant le décès de l’infirmier.
Les autorités maliennes annoncent que la Polyclinique Pasteur est mise en quarantaine à partir de cette nuit du 11 au 12 novembre.

Mise à jour (07h22 TU)
Il nous revient que l’infirmier décédé était un jeune stagiaire du nom de Salif et qu’il venait d’être confirmé il y a seulement 2 semaines après 3 mois de stage effectués dans la même clinique.

Après le nouveau cas d’Ebola au Mali : au moins 91 personnes mises en quarantaine… plusieurs autres introuvables

A. Berthé – Par Malijet – 12 Novembre 2014
Ce mercredi 12 novembre 2014, le département en charge de la Santé et de l’Hygiène publique au Mali a animé un point de presse autour du nouveau cas d’Ebola enregistré dans notre pays. La conférence était animée par le secrétaire général du département, Ousmane Doumbia, assisté du coordinateur du Centre opérationnel d’urgence, Pr. Samba Sow et du représentant de l’OMS au Mali, Ibrahim Socé Fall
Ce deuxième cas de décès dû à la maladie à virus Ebola est intervenu à Bamako le 11 novembre dernier. Soit un mois seulement après le décès d’une fillette de 2 ans et demi à Kayes, laquelle était venue de la Guinée Conakry après la mort de ses parents d’Ebola.
La deuxième personne morte au Mali de cette maladie, indique un communiqué du ministère de la Santé, est un agent de santé âgé de 25 ans qui travaillait dans la Clinique Pasteur de Bamako. L’agent de santé en question a été affecté quand il s’est occupé d’un malade venu de Kourémalé en Guinée.
Comment le virus s’est introduit à Bamako via la Clinique Pasteur ?
Le malade venu de la Guinée et âgé d’environ 60 ans souffrait, selon le professeur Samba Sow, d’une insuffisance rénale aigüe. Il a été admis à la Clinique Pasteur le 25 octobre et il est décédé le 27 octobre.
«Au moment de son admission à la Clinique Pasteur, les agents de santé ont respecté les consignes en matière de prévention du virus Ebola. Le malade ne montrait aucun symptôme du virus. Il y avait un tableau d’insuffisance rénale. Rien ne prouve qu’il est décédé du virus Ebola», a affirmé Samba Sow.
Le coordinateur du Centre opérationnel d’urgence de préciser qu’après le décès du vieux, son corps a été rapatrié à Kouremalé, en Guinée, mais après avoir transité par une mosquée de Djicoroni-para en commune IV.
Le 10 novembre, la Clinique Pasteur a été alertée que l’agent de santé qui s’occupait du malade à la Clinique présente des symptômes du virus Ebola. Les autorités sanitaires du district ont été, à leur tour, alertées par la Clinique. Les analyses du laboratoire révéleront, quelques heures après, que l’agent de santé est belle et bien infecté par virus Ebola. Et c’est le mardi 11 novembre, dans la soirée, qu’il est décédé, expliquent les conférenciers.
Ce cas prouve à suffisance que le virus Ebola est bien présent dans nos murs et la vigilance doit être de mise
Face à cette situation, le secrétaire général du département de la Santé et de l’Hygiène publique assure que toutes les dispositions sont prises pour maitriser la propagation du virus au Mali. D’ores et déjà, la Clinique est placée en quarantaine avec environ 30 personnes. Au niveau de la famille de l’agent de santé décédé mardi, environ 45 personnes sont en quarantaine et à Djicoroni où le corps du Guinéen a transité, au moins 16 personnes ont été identifiées et placées en quarantaine.
Le secrétaire général du ministère de la santé a souligné que des équipes sont à pied d’œuvre pour identifier d’autres personnes ayant eu des contacts soit avec la Clinique Pasteur ces derniers jours, soit avec l’agent de santé décédé ou soit avec le vieux Guinéen qui est aussi succombé.
Le représentant de l’OMS au Mali, Ibrahim Socé Fall a saisi l’occasion pour appeler les populations à la vigilance, à ne pas céder à la panique. Il demande aux medias de ne pas diffuser les informations sensationnelles et de travailler en étroite collaboration avec les autorités sanitaires pour plus cohérence contre ce virus. Il assure que l’OMS est là pour appuyer le Mali à contrôler, au plus vite, la situation.
Nous avons aussi appris qu’après le décès de l’infirmier, un autre médecin de la même Clinique Pasteur présente des symptômes se rapportant au virus Ebola, et si cela se confirmait, ça sera malheureusement le troisième cas de cette pandémie dans notre pays. Selon d’autres sources, plusieurs autres personnes qui doivent normalement être placées en quarantaine puisqu’ayant rentré en contact avec ces cas avérés (l’imam et l’infirmier) sont toujours introuvables et sont activement recherchées.
Les mêmes sources ont indiqué que des patients de la Clinique Pasteur auraient fui dès l’annonce de la mauvaise nouvelle. Pendant ce temps, des médecins qui font partie de la trentaine de personnes mises en quarantaine au niveau de la Clinique se plaignent d’être mis en détention.
En tout cas, cette situation porte véritablement atteinte à l’image de la Clinique Paster au sein de l’opinion malienne et des indiscrétions rapportent la grande déception qui a été celle du président de la République quand il a été mis au courant de la situation.

L’Ebola a fait plus de 5000 morts, dit l’Organisation mondiale de la Santé

Publié par Associated Press le mercredi 12 novembre 2014 à 16h30.
BAMAKO, Mali – L’épidémie de virus Ebola a maintenant fait plus de 5000 morts, a annoncé mercredi l’Organisation mondiale de la Santé.
L’agence onusienne a précisé que le virus a infecté 14 098 personnes — essentiellement en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria — en plus de faire 5160 morts.
L’OMS a ajouté que le rythme des infections semble ralentir en Guinée et au Libéria, mais qu’il s’accélère en Sierra Leone. Il demeure aussi élevé dans certaines régions de la Guinée et du Libéria.
L’agence a prévenu que même ces chiffres sans précédent sous-estiment probablement la réalité, puisque plusieurs infections ne sont jamais détectées par les autorités.
Pendant ce temps, les dirigeants du Mali ont annoncé mercredi que le virus a fait trois nouvelles victimes sur leur territoire.
Il s’agirait d’infections distinctes du seul autre cas connu au pays, ce qui représente un développement inquiétant au moment où le Mali tente de freiner la propagation d’une épidémie qui a fait des ravages ailleurs en Afrique de l’Ouest.
La veille, les autorités maliennes avaient fièrement annoncé qu’aucun autre cas n’avait été détecté depuis qu’une fillette de deux ans, arrivée malade depuis la Guinée, avait succombé à la maladie à la fin du mois d’octobre.
Deux des nouveaux décès signalés à Bamako, une ville de deux millions d’habitants, sont ceux d’un patient qui a succombé au virus et d’une infirmière qui l’avait soigné.
Des dizaines d’employés de l’hôpital ont maintenant été placés sous surveillance. Les autorités tentent aussi de retracer les personnes qui ont préparé le corps d’une victime pour son inhumation, avant qu’on ne sache à quel point la dépouille était contagieuse.
Le patient, un imam guinéen de 70 ans, s’était présenté à la Clinique Pasteur le 25 octobre et était tellement malade qu’il avait été incapable de fournir des informations concernant ses symptômes, a dit le directeur de la clinique, Dramana Maige.
« Sa famille n’a pas fourni toute l’information qui nous aurait permis de croire à un cas d’Ebola », a expliqué M. Maige à l’Associated Press.
La troisième victime serait un ami de l’imam qui l’a visité au Mali. Une femme de l’imam, un fils et un frère sont soignés dans une clinique d’Ebola de Gueckedou, en Guinée. Deux autres membres de sa famille ont succombé à une «maladie inconnue», a dit l’Organisation mondiale de la Santé.
En raison du statut religieux de l’imam, «son corps a été transporté vers une mosquée de Bamako pour un lavage rituel, a ajouté l’agence onusienne. La dépouille a ensuite été retournée à son village natal de Kouremale pour des cérémonies funèbre formelles. Même si ces événements font toujours l’objet d’une enquête, l’OMS suppose que plusieurs personnes ont assisté aux cérémonies».
M. Maiga a dénoncé la lenteur de la réaction des autorités, qui ont attendu à lundi pour informer le ministère de la Santé alors que l’infirmière était hospitalisée depuis samedi. Le patient guinéen est décédé lundi et l’infirmière de 25 ans mardi.
« Pour le moment nous avons 75 personnes sous observation depuis l’apparition des nouveaux cas à Bamako— dont 16 patients — en plus de 45 proches », a dit le secrétaire général du ministère malien de la Santé, Ousmane Doumbia.
Le virus a frappé six pays d’Afrique de l’Ouest. La Sierra Leone, la Guinée et le Libéria ont été les plus durement touchés. Le Sénégal et le Nigéria n’ont recensé que quelques cas chacun, et les autorités espéraient que le Mali ait évité le pire après l’infection de la fillette.
Environ 50 personnes qui ont eu des contacts avec elle sont toujours sous observation à Kayes, à environ 600 kilomètres de Bamako. Leur quarantaine prendra fin le 16 novembre, s’ils ne présentent pas de symptômes.

Ebola: le Mali tente de juguler toute nouvelle contamination à Bamako

AFP – le 12.11.2014, 13h56
Le Mali luttait mercredi pour endiguer toute propagation d’Ebola, après deux décès dus au virus dans une clinique de Bamako, au moment où le pays croyait avoir circonscrit une première menace.
Le pays avait auparavant affronté un premier cas, celui d’une fillette de deux ans venue de Guinée et décédée le 24 octobre à Kayes (ouest), qui n’a, à ce jour, pas entrainé de contamination.
Ces deux nouveaux décès sont liés à l’entrée au Mali d’un ressortissant de Guinée, où l’épidémie s’est déclarée en décembre 2013 avant de se communiquer au Liberia et à la Sierra Leone limitrophes, puis à cinq autres pays
L’épidémie, la plus grave de l’histoire de cette fièvre hémorragique identifiée en 1976 en Afrique centrale, a fait 4.960 morts sur 13.268 cas recensés, dans leur immense majorité au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 4 novembre.
Un Guinéen de 66 ans est arrivé fin octobre par bus à Bamako pour se faire soigner d’une « insuffisance rénale » à la clinique Pasteur, a indiqué à l’AFP une source médicale malienne. « A sa mort, on a découvert que deux membres de sa famille sont déjà morts d’Ebola, mais il l’a caché », a-t-on expliqué de même source.
Un infirmier de 25 ans qui l’avait soigné, testé positif au virus mardi, est décédé le jour même, a confirmé mercredi le ministère malien de la Santé, annonçant des recherches pour identifier les personnes ayant été un contact avec ces deux cas.
« Les locaux de la clinique privée qui l’a pris en charge ainsi que le domicile du patient ont été totalement désinfectés et mis en observation », a précisé le ministère, ajoutant que ses services étaient « à pied d’oeuvre pour éviter toute propagation du virus à partir de ce cas lié à un cas importé de la Guinée ».
« Un médecin qui en réalité est un cas suspect d’Ebola est en observation, parce qu’il a été en contact avec les deux personnes décédées, et nous recherchons par ailleurs d’autres personnes ayant côtoyé les personnes décédées mais qui ont regagné leur domicile », a affirmé à l’AFP un responsable de la clinique sous couvert de l’anonymat.
Soldats de l’ONU en quarantaine
En outre, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées placées en quarantaine dans la clinique Pasteur, dont près de la moitié sont des soldats de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), traités dans l’établissement pour d’autres pathologies au moment de l’annonce mardi des deux décès d’Ebola.
Un dispositif de sécurité était toujours visible mercredi autour de la clinique, ont constaté les correspondants de l’AFP.
« Nous sommes une trentaine en quarantaine dans la clinique. Il y a des médecins, des patients, dont une quinzaine de soldats de la Mission de l’ONU à Bamako », a déclaré à l’AFP un médecin, joint par téléphone, déplorant « la pagaille » des conditions d’isolement.
Malgré ce nouveau risque, la lutte contre l’épidémie marque globalement des points, en particulier au Liberia, le pays le plus touché, avec environ la moitié des cas et des morts comptabilisés.
En Sierra Leone en revanche, deuxième pays le plus touché où l’épidémie progresse le plus rapidement, en particulier dans la région de la capitale, Freetown, la situation restait préoccupante, avec une sous-estimation chronique du nombre de cas et de morts, selon l’OMS.
Au plan sportif, la Confédération africaine de football (CAF) a rejeté la demande du Maroc de reporter la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2015, prévue du 17 janvier au 8 février, en raison d’Ebola. Elle a en conséquence retiré l’organisation de la compétition au Maroc, dont l’équipe est disqualifiée.

Ebola : léger mieux au Liberia, craintes au Mali

La Croix – PIERRE BIENVAULT – 11/11/14 – 16 H 52 – Mis à jour le 12/11/14 – 08 H 52

Médecins sans Frontières continue d’observer une baisse du nombre de patients accueillis dans ses centres au Libéria.
Mais il ne faut pas baisser la garde contre le virus selon l’organisation humanitaire, qui recense par ailleurs une hausse des cas en Guinée et en Sierra Leone.
Au Mali, un deuxième décès lié au virus Ebola a été annoncé mardi 11 novembre. Aux États-Unis, le médecin de MSF a été déclaré guéri.
L’épidémie de virus Ebola, qui a déjà fait plus de 6 000 morts, évolue de manière contrastée en Afrique de l’Ouest. Alors que le nombre de cas augmente en Guinée et en Sierra Leone, un espoir de décrue de l’épidémie semble se confirmer au Liberia, pays le plus touché par cette grave fièvre hémorragique.
Dans un communiqué, lundi 10 novembre, Médecins sans Frontières (MSF) précise que ses équipes, sur place, observent « pour la première fois depuis le début de l’épidémie » une diminution du nombre de patients dans ses centres de soins. « À Monrovia, 50 patients sont actuellement admis dans le centre MSF conçu pour en accueillir jusqu’à 250, et à Foya, la structure Ebola de MSF n’a plus aucun patient confirmé depuis le 30 octobre », indique l’organisation humanitaire.
Une baisse importante du nombre de cas au Libéria
Ce constat rejoint celui dressé, le 4 novembre dans la Croix par le docteur Bernadette Gergonne, épidémiologiste de MSF-Belgique. « Cette décrue est réelle depuis environ trois semaines », expliquait alors cette épidémiologiste, en poste à Monrovia.
De leur côté, les autorités libériennes font elles aussi état de progrès indéniables. « Actuellement, il y a 50 à 100 cas suspects ou probables signalés chaque jour au Liberia » alors qu’« il y a deux mois, c’était près de 500 à 600 cas par jour », a déclaré le vice-ministre de la Santé Tolbert Nyensuah, lundi 10 novembre.
La prudence de MSF
Mais MSF reste toujours d’une grande prudence face à cette évolution plutôt favorable. « Ce déclin du nombre de cas pourrait n’être que temporaire, comme il l’a été à deux reprises en Guinée, avant d’être suivi d’une reprise de l’épidémie », indique l’ONG. « Pour ne pas mettre en péril les progrès accomplis dans le pays, l’aide internationale doit s’adapter à cette nouvelle phase de l’épidémie », ajoute-elle.
Selon MSF, l’aide internationale a permis la mise en place de grands centres d’isolement et de traitement. « Les capacités des unités d’isolement à Monrovia et dans certaines parties du pays sont désormais suffisantes (…). La priorité est d’élaborer des stratégies flexibles, permettant de répondre rapidement à des petits foyers éparpillés dans le pays et de rétablir l’accès aux soins de santé généraux », indique Fasil Tesera, chef de mission au Libéria, cité dans le communiqué de MSF.
Second décès au Mali
Au Mali, les autorités sanitaires ont annoncé mardi 11 novembre un deuxième décès, celui d’un infirmier d’une clinique de Bamako, qui avait soigné un patient venu de Guinée. La contamination de ce soignant n’a donc aucun lien avec la fillette de deux ans décédée le 24 octobre à Kayes. La jeune fille était arrivée malade de Guinée avec sa grand-mère. Après ce premier cas, différentes mesures ont été prises pour identifier et mettre en quarantaine toutes les personnes ayant pu être en contact avec la petite fille.
Au total, une centaine de personnes ont ainsi pu être identifiées. Deux d’entre elles ont même retrouvées en France et au Sénégal. À ce jour, aucun de ces 108 « cas-contacts » n’a déclaré la maladie. Lundi 10 novembre, 25 d’entre eux ont pu bénéficier d’une levée de leur quarantaine car ils ont pu être suivis pendant au moins 21 jours, soit la durée maximale d’incubation de la maladie.
À New York, guérison du médecin de MSF
Enfin, une dernière bonne nouvelle est venue des États-Unis où le médecin de MSF, touché par le virus, a été déclaré guéri lundi 10 novembre. De retour d’une mission en Guinée, ce praticien avait été hospitalisé le 23 octobre à New York. Comme au Mali, un recensement de toutes personnes, ayant pu l’approcher, a été effectué. Au total, 357 personnes ont été identifiées et sont toujours sous surveillance à New York. Mais aucune à ce jour n’a déclaré la maladie.
Une situation toujours préoccupante en Sierra Léone
La bataille contre le virus est toutefois loin d’être gagnée, notamment en Sierra Leone. La province de Koinadugu (nord-est), la seule du pays qui était jusque-là épargnée par l’épidémie, est à son tour touchée selon la Croix-Rouge. « Cinquante personnes sont mortes depuis la mi-octobre », a indiqué dimanche 9 novembre un responsable de l’organisation. Au niveau national, les contaminations semblent ralentir dans l’Est du pays, épicentre de l’épidémie, aux confins de la Guinée et du Liberia. Mais c’est maintenant dans l’Ouest que le virus progresse le plus rapidement, notamment à Freetown, la capitale.

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