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L’activité terroriste s’intensifie au Sahel

by sur 15 novembre 2014

Les services algériens et français collaborent de plus en plus étroitement pour tenter de juguler le terrorisme dans la bande saharo-sahélienne (souvent dénommée BSS).

Il y a désormais des risques précis d’une contamination du Daech (ou Daesh, encore appelé EI pour « état islamique ») à toute la bande saharo-sahélienne, de la Libye au Nigéria, avec la ralliement de groupes appartenant aux mouvances d’Al Quaïda au Maghreb Islamique ou à Boko Haram.

L’opération française « Barkhane » tente d’y parer tout en tachant de regagner, dans le Nord du Mali, le terrain perdu au bénéfice des groupes armés, indépendantistes, terroristes, salafistes ou narco-trafiquants.

L’armée malienne semble, elle aussi, regagner du terrain en réoccupant progressivement la région de Tombouctou, mais la lutte sera longue.

Parallèlement, la reprise des pourparlers d’Alger est toujours fixée au jeudi 20 novembre; groupes armés et gouvernement malien devraient s’y retrouver pour la quatrième fois, avec leurs réactions-propositions au texte soumis à leur réflexion par la médiation algérienne voici près de trois semaines.

A signaler enfin, le colloque international « Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité au Sahel , les conflits et leur gestion en Afrique : le cas du Mali  « , organisé à Bamako, les 17, 18 et 19 juin par le Forum civique, présidé par le Professeur Issa N’Diaye, en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg.

Nous en publions le communiqué en fin d’article.

Nord du Mali : L’Algérie et la France intensifient leur coopération sécuritaire

Par El watan – Aziz Mouats -14-11-2014
Les services de sécurité algériens et français intensifient, depuis quelques semaines déjà, leur coopération sur le dossier Mali.
Selon une source, cette alerte sécuritaire, déjà adoptée lors des premiers mois de la guerre au Mali en 2013, est motivée par le fait que des groupes d’AQMI rejoignaient le Daech. Les services de sécurité des deux pays ont repéré des déplacements de certains terroristes d’Algérie vers le nord du Mali pour négocier avec les katibas la possibilité de rejoindre Daech.
Depuis deux semaines, révèle une source, les forces françaises pistent un terroriste proche de Othmane El Acimi, chargé de transmettre un courrier aux katibas de la part de Daech. Il allait aussi assister à une «importante réunion» des émirs avant que les services de sécurité algériens n’interceptent un terroriste mauritanien, Safi Eddine El Mauritani de la katiba tunisienne Okba Ibn Nafaa, qui a renseigné ces services sur les opérations qui allaient se produire dans la région. Il a été arrêté sur la route nationale reliant Biskra à Ouargla.
Depuis, les services de sécurité algériens sont en état d’alerte. Cette coordination sécuritaire entre les deux pays consiste essentiellement, explique notre source, à établir une ligne de communication directe afin d’échanger d’éventuelles informations sur ce dossier et particulièrement sur les réunions. Une rencontre aurait eu lieu, selon nos sources, à proximité du massif des Ifoghas, au nord du Mali, non loin de la frontière algérienne.
Une région montagneuse où il est difficile d’être repéré par un contrôle aérien. Selon des experts dans le domaine, la situation sécuritaire «changera en Algérie et au nord du Mali si les katibas du Sahara rejoignent Daech. Ces katibas mettront à la disposition des djihadistes en Algérie, coincés dans les montagnes algériennes, de grandes quantités d’armes».
Ce nouveau mouvement pourrait également donner naissance à des «coopérations entre beaucoup de mouvements djihadistes en Afrique comme Boko Haram, les salafistes libyens et la katiba Okba Ibn Nafaa tunisienne». Ce qui représente une grande menace pour les pays en lutte contre le terrorisme au Sahel.
Reprise du dialogue jeudi à Alger :
La reprise du dialogue intermalien, sous l’égide de l’Algérie, est prévue le 20 novembre prochain à Alger. La médiation a soumis au gouvernement malien et aux représentants des groupes de la région du nord du pays des propositions de négociation que les parties doivent étudier avec leurs dirigeants.

Barkhane : point de situation du 13 novembre 2014

Sources : État-major des armées – Ministère de la Défense – 13 Novembre 2014
Point de situation sur les opérations de la force Barkhane, engagée dans la bande sahélo-saharienne (BSS), du 6 au 13 novembre 2014.
Dans la BSS la situation a été calme cette semaine malgré des actions de harcèlement des groupes armés terroristes dans le Nord du Mali.
Les opérations se poursuivent quotidiennement dans les deux fuseaux.
Le 6 novembre, le général de division Palasset, commandant l’opération Barkhane, a reçu le général d’armée américain David Rodriguez, commandant en chef d’AFRICOM. Cette rencontre souligne les excellentes relations entretenues avec nos alliés américains qui apportent une aide aux opérations françaises dans le Sahel, notamment en terme de transport aérien.
Dans le Nord du Mali, la force Barkhane a mené du 28 octobre au 6 novembre l’opération Tudelle de lutte contre les terroristes. Cette opération a mobilisé plus de 400 militaires dans des actions de contrôle de zone et de fouilles de caches terroristes. Au bilan, elle a permis la neutralisation de 26 terroristes, dont deux se sont rendus et ont été transférés aux autorités maliennes. Lors de cette opération, six véhicules, des dizaines de roquettes RPG7 et leurs lance-roquette, des dizaines de grenades à main et fusils, ainsi qu’un dépôt logistique ont été découverts.
L’opération Barkhane regroupe 3 000 militaires dont la mission, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, consiste à lutter contre les groupes armés terroristes dans la bande sahélo-saharienne.

Situation au nord : L’armée malienne signe son retour à Ber

Kassim Traoré depuis Tombouctou – Le Reporter du 14 novembre
Depuis les incidents de mai 2014 à Kidal et même bien avant cela, l’armée malienne avait perdu beaucoup de postes dans les régions du nord du Mali. Mais aujourd’hui, force est de reconnaître qu’elle revient petit à petit.
Les Fama (Forces armées maliennes) et leurs alliés font aujourd’hui des patrouilles régulières dans toute la région de Tombouctou. D’autant que les actes de vol et rapt y étaient devenus monnaie courante surtout sur l’axe Bambaramaoudé-Tombouctou, où les éléments du Mnla venaient chasser.
De nos jours, les militaires maliens ont repris leurs postes à Tombouctou et environs. Ils ont pris également position à Ber à 60 Km de Tombouctou. Dans cette localité, les forces ennemies ont plié bagages face à l’avancée, depuis quelques semaines, de l’armée malienne et de ses alliés qui ont engagé une véritable bataille contre tous les hommes armés.
Ce retour des Fama est bien apprécié par les populations de Ber, lesquelles ne souhaitent plus que leur ville soit victime de pillages et d’actes de brigandage de la part des hommes du Mnla. Le soulagement est désormais visible sur les visages des habitants de Ber qui se disent confiants en l’armée malienne.
Pour rappel, au mois de mai 2013, tout juste après la libération de Tombouctou, Ber a été le théâtre d’affrontements entre les communautés arabes et touarègues. Cette localité a été plusieurs fois investie puis libérée par les combattants arabes du MAA, le Mouvement arabe de l’Azawad. Les soldats burkinabè et maliens s’étaient par la suite rendus sur place. Les forces maliennes avaient même procédé à des arrestations parmi la population touarègue de Ber.
Tout le monde avait quitté la ville, l’abandonnant aux combattants arabes qui y sont retournés samedi 11 mai 2013 pour piller la ville. Le Mnla avait aussi débarqué sur les lieux pour piller les biens de personnes privées et même enlever le fils du très respecté chef de village, avant de le libérer plus tard.

Communiqué de presse du Forum Civique

Colloque International de Bamako, les 17, 18 et 19 novembre 2014 à l’Hôtel les Colibris :

« Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité au Sahel , les conflits et leur gestion en Afrique : le cas du Mali »

Depuis quelques années, les crises africaines et les questions de sécurité notamment dans les pays du Sahel, ont fait l’objet d’analyses et d’offres de solution voire exclusivement de la part des pays occidentaux. Ces analyses, pour une large part, ont souligné principalement leur dimension ethnique et surtout religieuse sous le vocable jihadiste voire terroriste.

Les réponses proposées voire imposées ont conduit dans la plupart des cas à des interventions militaires des puissances extérieures parfois sous le mandat des Nations Unies. La France en est ainsi à sa 55ème intervention militaire en Afrique depuis les « indépendances » de 1960, parfois seule ou en coalition avec d’autres pays européens, l’OTAN et les USA.

Mais, au vu des résultats obtenus, l’échec est patent. Pire, ces interventions ont aggravé la situation, approfondi et multiplié les crises, élargi les zones d’insécurité, généralisé un peu partout les guerres civiles aux conséquences dramatiques pour les populations, l’instabilité politique permanente ou récurrente et la régression (politique, sociale, culturelle, morale et économique) qu’on tente vainement d’occulter par indicateurs partiels et en général, fallacieux et illusoires.

Dans ces conditions, que doivent faire les Africains face aux crises récurrentes et à l’insécurité permanente, face aux impasses actuelles ?

C’est pour tenter d’apporter des réponses à ces nombreuses questions que le Forum Civique en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg (dont la Représentation Afrique de l’Ouest est basée à Dakar) organise les 17,18 et 19 novembre 2014 à l’Hôtel les Colibris de Bamako, un colloque international dont le thème est : «Regards africains alternatifs sur les questions de sécurité au Sahel, les conflits et leur gestion en Afrique : le cas du Mali».

Le colloque réunira des experts et des spécialistes de questions de sécurité de la sous-région (Algérie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad), des chercheurs et acteurs citoyens d’Europe. A ces experts de la sous-région, s’ajouteront ceux du Mali, des élus de Gauche allemande (Die Linke) également membres du Parlement Européen, des élus maliens ainsi que diverses personnalités de la société civile, des syndicats, des partis politiques.

Il a pour objectif d’amener les chercheurs et intellectuels africains à se pencher sur les problèmes africains de manière autonome, lucide et sans complaisance, interroger nos sociétés, notre culture et notre histoire dans la recherche de solutions endogènes, bâtir un axe et un cadre permanent de réflexions stratégiques entre chercheurs, intellectuels, élus et acteurs citoyens du Sud et du Nord plus soucieux des intérêts des peuples et du devenir de l’humain, donner un éclairage nouveau sur les questions liées à la sécurité et aux conflits qui déchirent le continent africain avec comme conséquences, les guerres, la famine, les maladies (pandémies du sida, Ebola, paludisme) et y apporter des solutions justes et réalistes conformément aux aspirations des peuples.

Le Forum Civique, association de droit national, offre depuis plusieurs années aux Maliennes et Maliens de tous horizons et de conditions économiques et sociales différentes, un espace de réflexion et d’action en faveur de la démocratie. Il cherche à promouvoir l’esprit civique et patriotique et à assoir une véritable culture démocratique basée sur le droit à la différence et l’expression plurielle véritable, l’esprit de justice et de tolérance.

La Fondation Rosa Luxemburg, association reconnue de droit allemand, œuvre pour la justice sociale, la démocratie participative ainsi que le renforcement de l’éducation et la communication civiques et politiques. Elle promeut des projets dont le but est de permettre aux individus d’avoir une égalité d’accès aux biens fondamentaux de la société tels que la participation démocratique, la paix et la non violence, l’emploi, l’éducation, la santé, la sécurité sociale et un environnement de qualité.

N.B: Le colloque est ouvert à toute personne désireuse d’y participer dans la limite des places disponibles mais sans aucune prise en charge de quelque nature que ce soit.

Bamako, le 12 novembre 2014  Professeur Issa N’Diaye

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