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Le virus Ebola semble s’installer au Mali

by sur 15 novembre 2014

Mis à jour le 15 novembre à 13h

On a beau dire, on a beau faire, les habitudes de vie et l’ignorance ou le manque d’information provoquent des difficultés dans la réduction des risques de propagation du virus Ebola au Mali.

Passage de frontières sans véritables contrôles, mouvements de population dans des transports bondés, mauvaises appréciations de l’état de santé des malades par leurs familles, manque de précautions dans l’accueil des établissements médicaux, soucis de respecter les rites funéraires en vigueur dans la tradition et/ou la religion, transport de corps contaminés : autant de failles qui permettent à la maladie de s’infiltrer.

Une chose est certaine : aujourd’hui c’est l’alerte générale et maximum, car le virus Ebola semble bien s’installer dans le pays.

Ebola: deux nouveaux décès et un médecin en soins intensifs au Mali

Par RFI – 15-11-2014 – 11h00

Le gouvernement malien sonne la mobilisation nationale contre Ebola. Après le décès mardi d’un infirmier de la clinique Pasteur de Bamako, trois nouveaux cas ont été confirmés. Deux sont décédés, et un est en soins intensifs. Par ailleurs, 256 personnes sont en observation pour contrôle.
Sur les trois nouveaux cas détectés, deux ont été mortels. La troisième personne infectée, un médecin, est à l’heure actuelle en unité de soins intensifs. Toutes ces personnes ont été en contact avec un imam guinéen décédé il y a quelques semaines à Bamako, et dont le corps avait été rapatrié dans son pays d’origine.
Le président malien Ibrahim Boubakar Keïta, qui organise d’urgence une réunion avec ses collaborateurs sur Ebola, a mis ses ministres au charbon : pour empêcher la propagation du virus, la mobilisation est nationale.
« Ne pas banaliser cette maladie »
« Que chacun, dans sa mosquée, dans son quartier, dans son village, dans sa ville, dans sa communauté, véhicule des messages de sensibilisation, invite Mahamadou Camara, ministre malien de l’Economie numérique, de la communication et de l’information. Il ne faut surtout pas banaliser cette maladie, même si nous ne voulons pas non plus dramatiser la situation et créer une psychose ».
À Bamako comme à l’intérieur du pays, une vaste campagne de distribution de produits de prévention est prévue. Des artistes et des musiciens locaux organiseront également une caravane anti-Ebola.
Site d’isolement à la frontière
Les quelques Maliens porteurs du virus ayant été contaminés par des personnes venant de la Guinée voisine, un renforcement des dispositifs de contrôle à cette frontière a été décidé. « Nous avons fait le choix de maintenir la frontière ouverte, mais de limiter à un seul passage, rigoureusement contrôlé », explique le ministre Mahamadou Camara.
Avant la fin de la semaine se dressera, à cette même frontière, un site d’isolement pour les éventuels malades venant de Guinée.

Ebola: la France contrôle les passagers en provenance du Mali

AFP – 15/11/2014 à 08:33, mis à jour à 09:09
La France prend des mesures contre le virus Ebola. Le pays étend son dispositif de contrôle dès samedi à tous les vols qui arrivent du Mali sur le sol français.
La lutte anti-Ebola est renforcée. La France a décidé d’étendre son dispositif de contrôle des passagers de vols en provenance de Bamako, la capitale malienne pour faire face à l’épidémie. Une nouvelle mesure annoncé par le ministère de la Santé. « Dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola, et du fait de l’évolution de la situation épidémiologique, le dispositif de contrôle et de suivi des passagers sera étendu aux vols en provenance de Bamako (Mali), à compter de samedi 15 novembre 2014 ».
Des contrôles à l’aéroport
Pour l’instant, ces contrôles sont limités aux aéroports de Paris, où les avions atterrissent depuis Bamako. « Les contrôles seront effectués par les services médicaux des aéroports de Paris Charles-de-Gaulle et Paris Orly, avec l’appui de la protection civile et de la Croix-Rouge française », selon le communiqué du ministère de la Santé.
La mesure prend en compte la durée d’incubation du virus soit trois semaines, ajoute la ministre Marisol Touraine. « La température de chaque passager sera mesurée et une fiche d’information sur la conduite à tenir en cas de fièvre supérieure à 38°C, dans les 21 jours après leur retour, lui sera remise ».
Pour assurer le suivi, les passagers des avions seront invités à remplir des formulaires que les autorités sanitaires conserveront trois semaines.
Des cas Ebola au Mali
Depuis le mois d’octobre, le Mali a enregistré plusieurs cas de personnes atteinte du virus Ebola liés à des patients venus de Guinée voisine. Trois personnes sur quatre cas testés positifs au virus sont décédées, selon un communiqué vendredi du ministère malien de la Santé, qui fait état de plus de 250 personnes sous surveillance.
Limitrophe du Sénégal, le Mali n’a pas émis de restriction officielle pour les déplacements terrestres entre ces deux pays. Alors que le Sénégal vient justement de rouvrir son espace aérien et maritime avec les pays touchés par le virus.
Selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publié vendredi, l’épidémie a fait 5177 morts sur 14413 cas dans huit pays et notamment en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Ebola : la France étend ses contrôles aux vols en provenance du Mali

AFP – publié le 15.11.2014, 08h45

La France vient de décider d’étendre à partir de samedi son dispositif de contrôle des passagers aux vols en provenance de Bamako au Mali dans le cadre de sa lutte contre le virus Ebola. «Dans le cadre de la lutte contre le virus Ebola, et du fait de l’évolution de la situation épidémiologique, le dispositif de contrôle et de suivi des passagers sera étendu aux vols en provenance de Bamako (Mali)», indique le ministère.
«La situation au Mali est inquiétante. J’ai décidé de me rendre samedi à Bamako pour rencontrer les autorités maliennes pour voir comment on peut changer d’échelle», a pour sa part expliqué Annick Girardin, la secrétaire d’Etat au développement et à la francophonie.
Une situation inquiétante au Mali
Le Mali a enregistré sur son sol trois décès d’Ebola sur quatre cas testés positifs liés à un vieil imam venu de Guinée et décédé fin octobre à Bamako. Près de 256 personnes ont été placées sous sous surveillance.
«Les services sanitaires maliens ont mené ces dernières 72 heures des investigations suite au décès du vieux Guinéen reçu en traitement dans une clinique privée de Bamako et dont le corps a été rapatrié pour être enterré», précisent le ministère de la santé au Mali en ajoutant: «Sur six échantillons testés en laboratoire, quatre ont été positifs, tous liés au vieux patient décédé à la clinique privée, et deux négatifs, sans rapport avec les cas de la clinique privée.»
Un infirmier de la clinique ayant soigné l’imam guinéen est mort le 11 novembre. Un ami de l’imam lui ayant rendu visite à la clinique est également décédé.
Ces quatre cas sont indépendants du tout premier cas dans le pays, une fillette de deux ans ayant voyagé par la route depuis le sud de la Guinée et décédée le 24 octobre à Kayes (ouest du Mali).
Désormais, le Mali a décidé de regrouper toutes les entrées de la Guinée en un seul point de passage «à partir duquel les contrôles seront accentués», «des plus rigoureux et sans complaisance», a affirmé vendredi le ministre malien de l’Information et de la Communication.
Un médecin sierra-léonais infecté évacué vers les Etats-Unis. Un médecin sierra-léonais infecté par le virus Ebola en Sierra Leone a été évacué samedi vers les Etats-Unis pour y être soigné, a annoncé le responsable des services médicaux sierra-léonais, le Dr Brima Kargbo. Le Dr Martin Salia, chirurgien qui travaillait à l’hôpital Connaught de Freetown, la capitale, est le premier ressortissant sierra-léonais malade d’Ebola à être transporté aux Etats-Unis, où ont déjà été traités neuf cas dont la plupart avaient contracté la maladie en Afrique. Le premier – un Libérien venu de Monrovia – est décédé le 8 octobre, les huit autres ont été guéris.Le Dr Salia a été évacué par un vol spécial, qui a «quitté l’aéroport international de Freetown à 02H30 (locales et GMT) ce (samedi) matin», a déclaré Dr Kargbo.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des responsables médicaux et médias américains avaient annoncé qu’un médecin infecté par le virus Ebola en Sierra Leone, et résident américain, pourrait être transféré aux Etats-Unis samedi pour être traité à Omaha.La chaîne de télévision américaine CNN avait rapporté que l’homme est chirurgien, marié à une citoyenne américaine et père de plusieurs enfants. La Sierra Leone n’a pas confirmé qu’il s’agissait du Dr Salia mais cela parait probable.
Les dirigeants du G20 s’engagent à éradiquer l’épidémie. Selon le dernier bilan de l’OMS diffusé vendredi, l’épidémie Ebola a fait 5177 morts sur 14 413 cas dans huit pays. Au G20 qui se tient en Australie, Ban-Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU a appelé ce samedi les dirigeants des pays les plus riches du monde à accroître leurs efforts pour lutter contre le virus Ebola, afin d’éviter une importante crise alimentaire. «Je voudrais insister sur la nécessité d’intensifier la réponse internationale pour faire face à la propagation d’Ebola en Afrique de l’Ouest», a-t-il insisté.
L’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) avait indiqué récemment que les zones de quarantaine et les restrictions aux déplacements des personnes mises en place pour lutter contre Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, avaient considérablement limité le mouvement et la commercialisation des aliments. Cette situation a engendré des achats dictés par la panique, des pénuries alimentaires et de fortes flambées des prix pour certaines denrées.
Dans une pétition commune, des ONG parmi lesquelles Oxfam et Save ont aussi appelé les pays du G20 à unir leurs efforts pour que les financements, les ressources en personnel et en équipements soient suffisants pour faire face aux défis d’Ebola. Le message semble-t-il a été entendu. Les dirigeants des pays les plus riches au monde se sont engagés à «éradiquer» l’épidémie et «à couvrir ses conséquences économiques et humanitaires à moyen terme.»

EBOLA: Le ministère de la santé et de l’hygiène publique fait le point de la situation

Par Gouvernement – 15/11/2014
Le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique informe l’opinion publique nationale et internationale que ses services ont mené ces dernières 72 heures des investigations suite au décès du vieux guinéen reçu en traitement dans une clinique privée de Bamako et dont le corps a été rapatrié pour être enterré en Guinée.
A la date d’aujourd’hui, la situation se présente comme suit :
– Echantillons testés au laboratoire : 6 dont 4 positifs tous liés au vieux patient décédé à la Clinique privée et deux (2) négatifs, sans rapport avec les cas de la Clinique privée.
– Sur les quatre 4 cas positifs, trois (3) sont décédés et un (1) en traitement par des services spécialisés.
– Personne-contacts suivies par les services de santé : plus de 256, tous mis en observation pour contrôle sanitaire ;
Le Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique invite toutes les personnes ayant eu des contacts directs ou indirects avec les personnes déclarées positives à se faire identifier pour un contrôle sanitaire en appelant aux numéros verts : 80 0089 89 / 80 00 88 88 / 80 00 77 77.
Le Gouvernement en appelle à la mobilisation générale de l’ensemble des populations, pour véhiculer les messages de prévention et faire respecter les mesures d’hygiène et les consignes sanitaires, qui demeurent des conditions essentielles de prévention de cette maladie.
Le Gouvernement appelle la population au calme et à la sérénité, et lui assure que les dispositions existantes ont été renforcées pour éviter la propagation de la maladie sur le territoire national.
Bamako, le 14 novembre 2014
Le Coordinateur du Centre
Pr Samba O. SOW

EBOLA : «A ce jour le Mali enregistre 2 cas avérés ; un autre cas suspect est en cours d’analyse… » a annoncé aujourd’hui un porte parole du gouvernement

Papa Sow – 14 nov 2014 à 17:13
Bamako est aujourd’hui gagnée par la panique de la maladie du virus Ebola. Cette peur (crainte ?) fait suite à la confirmation, mardi dernier, du tout premier cas avéré dans la capitale. Il s’agit d’un homme (d’un âge avancé) venu de la Guinée et admis à la clinique Pasteur pour des soins. Le patient qui souffre de la maladie Ebola a finalement succombé. Mais il a eu le temps de contaminer l’infirmier qui le traitait. Tombé malade quelques jours après le décès de son patient, l’infirmier (dans la trentaine) a également rendu l’âme, à la suite d’une méchante fièvre qui s’est avérée être celle que déclenche le virus Ebola.
Depuis, Bamako bruit de cas suspects déclarés par ci ou confirmés par là ; semant en si peu de temps un sentiment de psychose quasi généralisée dans toute la ville…
Dans un tel contexte où la rumeur fait également son chemin, le gouvernement a décidé de prendre toutes ses responsabilités, en vue de mieux cadrer les informations qui sont régulièrement données sur la maladie. Alors que certaines sont sans aucun fondement.
Les autorités ont décidé de faire appelle aux médias afin de mettre fin à la diffusion des rumeurs. Qui, si rien n’est fait risque de faire plus mal à la population que la maladie elle-même. Avec la découverte des premiers et toute la rumeur qui entours certains cas non confirmés par les spécialistes, le gouvernement a décidé de revoir son plan de communication autour de la maladie d’EBOLA.
Pour le gouvernement, si Ebola est désormais une réalité dans notre pays, «il faut éviter de dramatiser la situation, sans aussi la banaliser ». C’est là la quintessence du message que le gouvernement a chargé le ministre de l’Economie Numérique, de l’information et de la Communication, d’apporter aux populations. Des populations invitées à garder tout leur calme et surtout à éviter toute panique.
Face aux journalistes de la presse internationale et de la presse locale (écrite, parlée et en ligne), Mahamadou Camara, a mis l’accent sur le nouveau partenariat que le gouvernement envisage développer avec les médias, afin que, toutes les informations qui seront diffusées (sur la maladie Ebola) proviennent de sources fiables, notamment officielles.
Une de ces sources, selon le conférencier, c’est cette cellule créée au sein du département de la santé et dont la tâche sera de communiquer au jour le jour les informations précises sur tout cas et faire le point sur le bilan. «Beaucoup de rumeurs circulent, mais ne sont pas toutes vérifiées», a déclaré Mahamadou Camara. « Ebola est une maladie qui peut être vaincue avec l’accompagnement de tous, en harmonisant les sources de l’information», a souligné le Ministre Camara.
Selon lui, tout comme la question du nord, le gouvernement a décrété Ebola, grande cause nationale. Et a sonné la mobilisation générale pour son éradication sur notre territoire. C’est, selonlui, le sens de la demande formulée par le chef de l’Etat à l’endroit des leaders religieux, les chefs traditionnels et coutumiers les notabilités et les communicateurs traditionnels qui peuvent toucher un public important, afin de faire passer les messages de changement de comportement chez nos concitoyens.

Koulouba : Réunion de crise sur Ebola

Koulouba le 14 novembre2014 – Par Présidence
Le Président de la République, SEM Ibrahim Boubacar KEITA, a initié une réunion de crise cet après-midi pour réfléchir aux voies et moyens les plus appropriés en vue de contrer la propagation de la maladie à virus Ebola au Mali après un nouveau décès et de nouvelles contaminations.
La réunion s’est déroulée au Secrétariat Général de la Présidence de la République, en présence du Premier Ministre Moussa MARA, du Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique Ousmane KONE et du Ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication Mahamadou CAMARA.
On y notait aussi la participation du Représentant-Résident de l’OMS au Mali, Dr Ibrahim Socé FALL, du Secrétaire Général de la Présidence, du Directeur de Cabinet du Président de la République, des Conseillers Spéciaux à la Présidence de la République et plusieurs autres experts des questions de santé.

Ebola: des enquêtes ouvertes au Mali

Par Journaldumali.com avec autres médias – 14/11/2014
«Découvrir la chaîne de négligences coupables ». C’est l’objectif des investigations en cours au Mali. Le Président IBK demande que la lumière soit faite sur les responsabilités.
Les cas suspects et les décès se multiplient dans le nouvel épisode d’Ebola au Mali. Une fillette est décédée à l’Hôpital Gabriel Touré dont le service ORL est en quarantaine avec deux autres cas suspects. On annonce également des cas suspects à Ségou et Kidal dont un décès. Les autorités multiplient les mesures pour protéger la population et minimiser les risques de contamination. Les capacités des numéros verts ont été augmentées ce vendredi,selon le ministère de la communication. Mahamadou Camara a également annoncé l’installation « dans les 72 heures d’un site d’isolement dans le village de Kourémalé, côté Mali », lors d’une conférence de presse.
Dans le même temps, des enquêtes ont été ouvertes pour situer les responsabilités dans ce nouveau épisode de contamination. Selon le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, il s’agit d’identifier la « chaîne de négligences coupables ». Les autorités sanitaires se défendent, affirmant qu’elles n’ont pas été informées suffisamment tôt de la situation. Des accusations rejetées par l’administration de la clinique.
Ces enquêtes avaient été demandées par une partie de la population et de la presse pour identifier et sanctionner les responsables du deuxième cas importé d’Ebola dans le pays. Le président Ibrahim Boubacar Keïta qui devait se rendre ce jeudi à Diafarabé pour la traversée annuelle des troupeaux a annoncé renoncer à ce déplacement, afin de pourvoir suivre l’évolution de l’épidémie.

Epidémie d’Ebola : l’urgence d’une riposte efficace

B. DOUMBIA – L’Essor du 14 Novembre 2014
Celle-ci passe par une mobilisation générale de la communauté nationale entière et l’observance de certaines mesures d’hygiène pour éviter la propagation du virus
Notre pays vit une situation d’épidémie préoccupante. A juste raison, surtout après le décès de l’infirmier de la polyclinique Pasteur, contaminé en soignant un imam guinéen. Tous les deux ont été emportés par la maladie (l’Essor d’hier). Face à cette situation, l’Etat et ses partenaires s’emploient à mettre œuvre toutes les dispositions utiles pour au moins circonscrire l’épidémie.
Ce qui se passe dans les foyers de l’épidémie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest, notamment en Guinée Conakry, au Libéria et en Siéra Leone en dit long sur la virulence de la maladie, mais surtout son potentiel de destruction avec un taux de létalité de 50 à 80%, voire un peu plus.
Le dispositif de prévention mis en place par notre pays, censé tenir l’épidémie à l’œil, a montré quelques insuffisances qu’il faut impérativement corriger. Toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour éviter une éventuelle propagation du virus Ebola.
Bref, le pays vit une urgence médicale. Au regard des enjeux de la situation, le Premier ministre, Moussa Mara a convoqué hier une réunion extraordinaire du comité interministériel de gestion des épidémies. La rencontre qui s’est déroulée à la Primature a enregistré la participation des membres du gouvernement dont le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ousmane Koné.
A l’entame de la réunion, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a brossé le tableau épidémiologique de la maladie dans notre pays qui a enregistré à la date du 13 novembre 3 cas confirmés dont 2 décès. Il faut rappeler que ce 3è cas est un médecin de la polyclinique Pasteur, contaminé aussi en soignant l’imam guinéen. Il aurait présenté des signes inquiétants avant d’être admis au centre d’isolement créé au sein du Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM).
D’autres sources médicales annonçaient hier que deux autres cas ont été découverts mercredi au centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré. Les deux patients avaient été admis au service des urgences de cet hôpital. Le personnel soignant ayant constaté qu’ils présentaient des signes ressemblant aux manifestations de la terrible fièvre, il les transféra au service ORL. Puis l’on procéda à des prélèvements. Entre temps, l’un des malades serait décédé. L’analyse des prélèvements confirma que l’autre patient souffrait bien de l’Ebola. Il a été mis sous observation.
Par ailleurs, nous avons appris que la direction générale de l’hôpital du Point G a eu une attitude responsable en demandant à plus d’une dizaine de ses praticiens, ayant officié à leur temps libre à la polyclinique Pasteur entre le 26 octobre et le 11 novembre de se mettre à la disposition du centre opérationnel d’urgence pour un suivi.
La lutte contre Ebola requiert plus de promptitude dans les bonnes décisions et actions. Les orientations nécessaires doivent être données pour continuer à informer les populations sur les mesures pratiques d’hygiène individuelle et collective à adopter. La presse est mise à contribution dans la gestion des rumeurs. Il faut opposer à ces rumeurs et à l’épidémie, une force de réaction et des actions concrètes et efficaces.
Il ressort des informations générales qui ont filtré de la réunion que diverses décisions ont été prises. Ainsi, il a été demandé d’accentuer la communication sur la maladie à virus Ebola et de donner toutes les informations utiles à nos compatriotes, afin de circonscrire tous les risques de propagation.
Par ailleurs, la réunion a recommandé de maintenir la garde plus haute que jamais, en renforçant le dispositif de contrôle au niveau des cordons sanitaires. L’amélioration des sites d’isolement et le renforcement des moyens des équipes médicales déployées sur le terrain, figurent aussi parmi les recommandations.
Le Premier ministre, Moussa Mara a expliqué le contexte de la réunion, liée à l’épidémie de virus Ebola dans notre pays. En outre, le chef du gouvernement a rappelé l’urgence et la nécessité d’apporter une réponse appropriée à la maladie. « Il nous faut prendre les mesures énergiques pour y faire face et afin que l’ensemble de la population puisse se mobiliser dans la lutte contre cette épidémie », a dit le chef du gouvernement.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique après avoir fait le point de l’épidémie, a expliqué que c’est l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Guinée qui a donné les informations sur le décès de l’imam en question (la source de contamination de l’infirmier et du médecin de Pasteur). Selon ces informations, l’homme de foi a enregistré des victimes de fièvre hémorragique à virus Ebola dans sa propre famille.
Les techniciens ont expliqué aux décideurs les enjeux véritables d’une épidémie à virus Ebola et la nécessité de prendre des mesures idoines pour gérer les cas avérés mais surtout prévenir une éventuelle propagation. Il importe donc de s’inscrire dans un processus de redynamisation des mécanismes de contrôle, de surveillance mais aussi prise en charge des cas. Notre pays doit aussi accomplir de gros efforts pédagogiques pour rassurer nos compatriotes.
En attendant, des simples mesures pratiques d’hygiène comme le lavage des mains au savon sont à adopter. En outre, il faut éviter les contacts à risque, les vomissures, les cadavres de personnes dont les causes de décès ne sont établies et de manipuler les carcasses d’animaux sauvages.

Psychose face à l’épidémie d’Ebola : La vieille dame qui a raccompagné le corps du marabout en Guinée est décédée hier au CHU Gabriel Touré Un cas suspect décédé à l’Hôpital Nianakoro Fomba de Ségou

Ramata Tembely – L’Indépendant du 14 nov 2014 – 14 nov 2014 à 13:34
Des cas suspects se multiplient de plus en plus dans les structures sanitaires. Deux cas suspects ont été enregistrés au CHU Gabriel Touré dont un confirmé. Selon les confidences d’un agent de ladite structure, les efforts doivent être multipliés pour la prise en charge des cas suspects. » Il n’y a aucun système de tri au service des entrées. Si quelqu’un se présente avec cette maladie, c’est tout le monde qui risque d’être contaminé. Nous manquons d’un dispositif de sécurité digne de ce nom » a-t-il déploré.
En enregistrant la mort de trois personnes par le virus Ebola et deux cas suspects dont un confirmé, il y a désormais un risque réel de propagation dans notre pays. Car, selon le représentant de l’OMS « un seul cas de fièvre à virus Ebola est considéré comme une épidémie « . Selon les informations recueillies au niveau du ministère de la Santé en date d’hier jeudi 13 novembre, plus de 186 personnes contacts ont été confinées. Il faut ajouter à cela la mise en quarantaine de la Clinique VIP Pasteur qui a reçu le patient guinéen atteint d’Ebola. Des failles, il en existe dans notre système de santé.
Le syndicat des médecins les ont décriées récemment au cours d’une de ses sorties tout en attirant l’attention des autorités sur le risque qu’encourt le personnel soignant qui se trouve malheureusement en première ligne dans la lutte contre l’épidémie. Le manque de formation des agents, la défaillance du système de prévention sont à corriger si toutefois le ministère de la Santé et de l’hygiène publique veut venir à bout de cette épidémie, a fait constater un médecin. Un agent de santé du CHU Gabriel Touré de nous confier ses inquiétudes : » Nous avons peur, car même de simples gants ne sont pas disponibles à plus forte raison les bavettes ; nous manquons de dispositif « .
Un autre d’ajouter qu’une unité de production de solution hydro alcoolique a été installé à coup de millions de F CFA à même de satisfaire la demande du personnel. Hélas, l’unité reste fermée et l’on ignore pourquoi. Il assène : » Rien n’est sous contrôle au Gabriel Touré. Si des dispositions urgentes ne sont pas prises, l’hôpital risque de se vider de son personnel soignant. Il a affirmé qu’un cas suspect a été enregistré le mercredi 12 novembre. Aucune disposition n’a été prise pour le mettre à l’abri. Il est resté plus de 12h en contact avec le personnel et d’autres malades en ORL. » Et si cette personne était testée positive, tous ceux qui ont été en contact avec lui s’exposent. Ici, c’est la psychose » a-t-il témoigné.
Des patients de la clinique Pasteur placés en observation seraient parvenus à s’échapper
De sources concordantes, certains patients de la polyclinique Pasteur placés en observation sont parvenus à tromper la vigilance des surveillants et à prendre la tangeante. Il s’agit des patients qui suivaient des soins dans cet établissement qui avaient été privés de contact avec des proches pour éviter tout risque de propagation. Toutes nos tentatives pour faire réagir le ministère de la Santé à ce sujet sont restées sans succès.
L’épidémie, la plus grave de l’histoire de cette fièvre hémorragique identifiée en 1976 en Afrique centrale, a fait 5 160 morts sur 14 098 cas recensés, dans leur immense majorité au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) arrêté au 4 novembre.
Le Mali avait auparavant connu un premier cas : une fillette de deux ans venue de Guinée et décédée le 24 octobre à Kayes. Comme ce premier cas auquel ils ne sont pas liés, les derniers décès résultent de l’entrée au Mali d’un ressortissant de Guinée, où l’épidémie s’est déclarée en décembre 2013. L’alerte à Bamako a été lancée mardi soir après le décès d’un infirmier de 25 ans de la polyclinique Pasteur, testé positif le jour même où il avait soigné un imam guinéen âgé d’une soixantaine d’années.
L’établissement a été placé en quarantaine, avec le personnel et les patients qui s’y trouvaient pour d’autres pathologies. Le cas de l’Imam guinéen souffrant d’une maladie non diagnostiquée doit servir de leçon pour améliorer le dispositif mis en place.
On nous a signalé également un cas suspect à l’hôpital Nianankoro Fomba de Ségou. Il s’agit d’un homme qui aurait quitté Cinzana Gare, situé à 30 km de la capitale des Balanzan pour y être hospitalisé. Cette personne suspecté d’avoir le virus Ebola est décédé le mercredi dernier. Des analyses seraient en cours pour déterminer s’il s’agissait d’un cas d’Ebola

Propagation brusque de l’Ebola au Mali : plus personne à l’abri

Association ‘’FADEN SAKO’’ du Mali – Tjikan du 14 Novembre 2014
Il y a moins de cinq jours que le Ministre de la santé et de l’hygiène publique, accompagné de son collègue de l’Economie Numérique, de l’Information et de la Communication, et des Responsables de la Direction Nationale de la Santé jubilait dans une famille à Bagadadji ayant hébergé une petite fille atteinte d’EBOLA, décédée par la suite et dont les membres ont été mis en quarantaine, avec un résultat négatif.
Ce ouf de soulagement n’a été que de courte durée, car c’est seulement trois jours après que la panique vient de s’emparer de toute la ville de Bamako, à cause du décès d’un infirmier de la clinique Pasteur, qui en traitant cliniquement un patient suspect et douteux venant de la Guinée était atteint d‘EBOLA, est finalement décédé.
Que valent donc, toutes les publicités (et non les informations) et l’étalage des soi-disant dispositifs mis en place le long des frontières du Mali avec les pays dans lesquels des cas ont été détectés ?
Qu’est- ce qu’on n’a pas raconté pour rassurer les Maliens par le Ministre de la santé ?
Du bluff, rien que du bluff. On vient de se rendre compte, qu’il y a en fait aucun dispositif mis en place pour ce faire.
En effet, la petite fille venant de la Guinée, qui est le premier cas détecté, a-t-elle subi des tests à l’entrée à la frontière, vers le cercle de Keniéba ?
Le Ministre peut-il dire quel était réellement le dispositif mis en place ?
Le cordon sanitaire existait-il et quels sont les agents de la santé à ce point de passage ?
Ont-ils été formés au dépistage de l’EBOLA ? Qui les a formé et quand ?
Concernant le deuxième cas, celui de la clinique PASTEUR, comment le vieux Imam a-t-il pu franchir la frontière sans contrôle ?
Deux cas de figure se présentent pour répondre à cette question. Soit il n’y a pas d’agents sanitaires au poste frontalier de Kourémalé, ou alors, les agents même s’ils sont en place n’ont pas joué leur rôle. Cette négligence coupable doit être sanctionnée.
Les conséquences graves pour le Mali, sont énormes. D’abord la non fermeture de la frontière avec la Guinée est à l’origine de ce mal. Les pays qui ont fermé leurs frontières, telles le Sénégal et la Côte d’ivoire semblent être à l’abri de l’épidémie. Ensuite, la faiblesse dans la pratique est également en cause, dans la mesure où le Dr DOUMBIA a détecté une pneumopathie en lieu et place de la fièvre à virus EBOLA.
Le Ministre de la santé devrait sensibiliser le corps sanitaire dans ce sens, car c’est une nouvelle maladie pour notre système de santé. La panique s’empare de la ville, la clinique Pasteur est abandonnée même par le corps sanitaire, un peu à l’image des militaires maliens qui fuient le combat contre les rebelles dans les régions du nord.
La clinique Pasteur, qui des années n’a cessé de sucer le sang des maliens, crie aux scandales en se montrant très pauvre, jusqu’à aller demander de l’aide avec l’état malien et les ambassades afin de donner à manger aux suspects mis en quarantaine y compris les gens de la Minusma.
Le ridicule ne tue plus dans ce pays. Voilà qu’après l’affaire de l’avion présidentiel et de la surfacturation sur les fournitures d’armement, qu’une autre affaire, cette fois-ci, en rapport avec la santé de tous les maliens, vient d’éclater par le manque de vigilance, la complaisance, et l’amateurisme des autorités.
Il y a certainement une négligence coupable de la clinique ‘’Pasteur’’ du fait que sachant bien que le malade venait de la Guinée, un pays atteint par l’EBOLA, devrait prendre le maximum de précautions pour protéger son personnel et les patients qui viennent se faire soigner.
Le dispositif mis en place dans le cadre de cette maladie est en réalité très insuffisant. Lorsque le 1er cas a été détecté à Kayes, il a fallu une journée de voyage (600Kms) pour aller constater les faits. Cela a fini de prouver que le dispositif, sur lequel, une grande publicité a été faite n’était que du boucan. L’école malienne est menacée, ainsi que les regroupements de personnes. Cette situation met encore à nu, le manque de rigueur des responsables maliens tout court.
Etant entendu que cette épidémie est une question de Sécurité Nationale, le Président de la République, n’ayant pas pris la mesure des conséquences de la dite maladie, peut être désigné aussi comme un coupable, du fait de son périple dans les pays contaminés, pour montrer à la Communauté Internationale qu’il n’y a rien à craindre.
La Sécurité d’Etat, n’a pas elle aussi jouer sa partition. Au lieu d’aller arrêter de paisibles officiers, comme auteur d’un prétendu complot contre IBK, aurait dû mieux faire en postant aux frontières des agents pour signaler des cas suspects au côté du cordon sanitaire s’il y a lieu.
Depuis combien de temps, Chaka KEITA, Secrétaire Général du Syndicat de Médecins du Mali a alerté le Ministre de la Santé sur le fait que ‘’les Médecins ne sont pas impliqués dans la stratégie de lutte contre le virus EBOLA’’.
Ce cri d’alarme a laissé le Ministre et les responsables de la Santé indifférents.
Le Ministre n’a rien tiré ni enseignement, ni renseignement de ce qui s’est passé concernant la fièvre EBOLA dans les pays atteints. Dans d’autres pays, comme la France, le Ministre doit des explications. Mais que faire, cette pratique est méconnue au Mali. Sinon l’affaire de l’Avion Présidentiel et de la surfacturation sur les achats de fournitures militaires auraient provoquées des vagues de démission en série.
La Société Civile doit se lever pour dénoncer les manquements.

Ebola gagne du terrain au Mali : un nouveau cas confirmé à l’hôpital Gabriel Touré

Youssouf Z KEITA – Lerepublicain du 14 Novembre 2014
Décidément, le Mali a encore affaire avec le virus Ebola. Et tout porte à croire que les jours à venir seront difficiles et cauchemardesques pour les Bamakois. Car après la fillette de 2 ans à Kayes et l’infirmier de 25 ans de la clinique Pasteur, un troisième cas du virus a été confirmé, le 13 novembre 2014 dans la soirée, à l’hôpital Gabriel Touré.
L’information a été donnée par une source proche de l’hôpital. Selon la source, les premiers tests effectués, le mercredi 13 novembre, sur un cas suspect se sont révélés positifs. Et au moment où nous mettions sous presse cet article, « les résultats du deuxième test sur le malade n’étaient pas encore disponibles », a précisé la source.
Un détail de taille, au même moment notre confrère du « Sahelien.com » annonçait également la mort d’une petite fille, le jeudi 13 novembre 2014, après un premier test d’Ebola qui s’est révélé positif. Selon le journal elle avait été amenée par sa famille à l’hôpital Gabriel Touré. « La fille est morte dans le centre d’isolement d’Ebola ce jeudi avant même l’arrivée des résultats de ces tests », dit le confère. L’heure est vraiment grave.

Ebola au Mali : défaillance, laxisme… et péril en la demeure

B Daou – Le Républicain du 13 Novembre 2014
Après le cas importé de la petite fille venue de la Guinée et décédée à Kayes au Mali, voilà le cas d’un sexagénaire malade, entré par la même porte et accepté dans l’une des cliniques les plus réputées de la capitale malienne, ‘’la clinique Pasteur’’ où il meurt d’Ebola, sans que le cas ait été signalé aux autorités sanitaires maliennes. Et celles-ci semblent ne pas s’en émouvoir outre-mesure.
Il y a cependant péril en demeure : l’agent de santé qui a eu à administrer des soins au patient guinéen, est lui aussi décédé ce mardi 11 novembre, tandis qu’un médecin traitant de la clinique Pasteur, infecté au virus Ebola a été admis le même mardi au Centre d’isolement et de traitement des malades. Aussi, la clinique Pasteur a-t-elle été placée en quarantaine avec ses patients dont une dizaine de militaires de la Minusma, des agents de santé et des accompagnateurs de malades.
Mais le hic, certains médecins de la clinique s’étant retenus, il y aurait peu de volontaires pour soigner les malades en quarantaine à la clinique Pasteur, selon Directeur général de la clinique.
Cette situation interpelle le ministère de la santé, qui ne rate aucune occasion pour louer le dispositif de lutte contre Ebola, mis en place. Au-delà de ces assurances évoquées, la réalité semble être tout autre, car en ce moment décisif, ce dispositif tant annoncé se fait désirer.
La question qui revient sur toutes les lèvres est de savoir : si c’est la clinique de référence internationale, aussi réputée que ‘’Pasteur’’, que le virus Ebola a choisi comme porte d’entrée, où allons-nous ? C’est la deuxième fois que le Mali reçoit de l’extérieur le virus Ebola, et rien ne garantit que c’est la dernière, tant la preuve a été faite du laxisme de nos autorités sanitaires. Qu’en est-il de la capacité réelle de notre pays à faire face à l’épidémie d’Ebola ?
Le silence du gouvernement le mutisme coupable sur un sujet aussi sensible et une situation aussi grave que l’épidémie Ebola au Mali, met sur la sellette, les autorités sanitaires. Le département de la santé, qui n’a été au courant de l’existence d’un deuxième cas d’Ebola, que seulement le lundi 10 novembre n’a pas non plus, à partir de cette date, pondu un communiqué pour aviser les populations de Bamako et du Mali, de la réalité, ne serait-ce que d’un cas suspect. Il a attendu que le malade d’Ebola, du reste un agent de santé de la clinique Pasteur, meurt le mardi 11 novembre, pour se sentir devoir informer à travers une conférence de presse expéditive tenue le lendemain mercredi.
Et pourtant, mardi, la presse internationale faisait déjà cas du malade suspecté d’Ebola : « Les autorités sanitaires du Mali ont identifié un nouveau cas suspect de contamination par le virus Ebola, a annoncé un porte-parole du ministère de la Santé. Aucune information supplémentaire n’a été fournie à ce stade », peut-t-on lire.
Le soir du mardi, pendant que le cas suspect était dans la presse étrangère, le département de la santé continuait de nier l’évidence, en se focalisant sur la sortie de la quarantaine, de ceux qui avaient eu à approcher la jeune fille morte à Kayes, après le voyage en transport en commun Guinée-Bamako, Bamako-Kayes. Le message était à la limite pour dire que la situation était sous contrôle et qu’il n’y avait pas d’Ebola au Mali.
Pendant que les autorités sanitaires s’évertuaient à dire des contre-vérités et à cacher la réalité aux populations, la VOA (Voix de l’Amérique) annonçait aux environs de 21h30, qu’un agent de santé, malade d’Ebola venait de décéder à la Clinique Pasteur.
Comme dans le cas de la petite fille en Octobre, le décès de l’agent de santé, victime du virus Ebola, ne traduit pas moins un laisser-aller qui frise le laxisme des autorités sanitaires maliennes, et la défaillance de certaines mesures. Aujourd’hui, il est à craindre que ces cas avérés d’Ebola, sur lesquels le gouvernement communique désormais, ne représentent que la partie visible de l’iceberg.
La victime guinéenne d’Ebola décédée à la clinique Pasteur serait l’imam du village de Kourémalé (en Guinée non loin de la frontière avec le Mali). Ce patient de la clinique Pasteur, mort d’Ebola, et dont le retrait du corps et l’évacuation à Kourémalé, auraient été entourés de discrétion. En catimini, nous dit notre source.
Entré le 25 Octobre, à la clinique Pasteur, ce notable de Kourémalé serait décédé le 27 Octobre. Selon nos sources proches de la clinique, les symptômes étaient plutôt ceux du paludisme. Les autorités sanitaires informées sur l’existence d’un corps à la clinique Pasteur, victime d’Ebola, auraient diligenté une équipe de la Direction régionale de la santé. Cette équipe ne trouvera pas cependant le corps que l’ambulance de la clinique avait déjà transporté à Djikoroni Para où il a été lavé avant d’être rapatrié et enterré au village guinéen de Kourémalé, selon nos sources.
Pourquoi le département n’a-t-il alors rien fait après avoir constaté que le corps a disparu ? Le département semble soutenir cependant qu’il n’a été au courant de ces imbroglios que le mardi 10 novembre avec l’hospitalisation du jeune agent de santé, qui malheureusement décède le lendemain. Nous prions pour le repos de leurs âmes et souhaitons prompt rétablissement aux malades.

De vous à moi : Monsieur Ebola n’est pas invincible

Par Adam Thiam – Lerepublicainmali – Date: 14 Novembre 2014
Le numéro de la rubrique « de vous à moi » a généré de nombreuses réactions pour lesquelles les internautes doivent être remerciés. Sans eux, il est impossible de capitaliser ce formidable espace d’interaction que permet la démocratisation des nouvelles technologies de l’information. Vous et moi, nous pouvons construire un solide réseau de journalisme citoyen. Au profit du public, du citoyen. Que l’on me permette, avant toute chose, de réagir à deux posts de la semaine dernière sur le sens de cette rubrique et la manière dont je l’ai commencée.
D’abord la réaction de Seulelafoisauve qui m’interpellait ainsi :« c’est bien de consulter les internautes, mais eux aussi seraient contents de connaitre ton point de vue a toi. A moins tu aies peur de te prononcer sur les sujets brulants de l’heure par, (désolé mais il faut que je le dise) couardise ».
Pour l’insulte gratuite, il me faut bien pardonner au nom de tous les autres qui refusent l’injure et qui sont corrects même en exprimant leur désaccord. Comme Maouwiya qui me fait cette remarque : « pour le cas du Mali, comme je le disais vos questions sont très mal posées. Parce que, dans votre tête, vous êtes parti pour la recherche de la vérité (comme un juge de siège).
Et c’est pas intellectuel. Qui a raison ou qui n’a pas raison? Cette façon de lire la « chose » » nous obligera à omettre la réalité qui est la seule à pouvoir nous éclairer». Je le rassure tout de suite : si les questions ont paru être fermées, je n’avais nulle intention de les orienter. Au contraire, ce que je voulais, c’était recueillir le maximum de vues sur des questions intrigantes.
J’en ai eu plusieurs dont celle caractéristiques de Koné qui a proposé cette explication sur Blaise : il « doit être sans nul doute surpris de la gravité de la situation car il ne s’attendait pas du tout à une telle réaction du peuple Bukinabé malgré la marche du Mardi d’avant contre la modification de la constitution. Blaise a non seulement minimisé la détermination du peuple mais aussi il comptait sur l’appui des forces de sécurité pour l’aider à réaliser son mauvais projet ».
LE DOUBLE DEFI DU SAVOIR ET DE LA GESTION
En ce qui concerne Ebola au Mali, voici ce le même Koné a dit : « vraiment c’est paradoxal .Une malade décédée d’Ebola qui a été entretenue par quelqu’un et que ce dernier ne soit lui aussi atteint de la maladie ça dépasse l’entendement humain au regard des explications données sur les modes de transmission de la maladie à virus Ebola ».
Ce que Koné soulève ici comme problématique, c’est celle des connaissances que nous avons de la terrible épidémie. La grand-mère de la fillette de Kayes déclarée morte de la fièvre Ebola se portait bien après la fin de la période de quarantaine. Peut-on être aussi exposé que l’a été cette femme sans contracter le virus ou développer la maladie? Nous devons nous instruire sur la maladie et ne pas avoir honte de demander, de chercher à savoir.
Il en va de notre sécurité collective. Car si les hypothèses sur la maladie sont nombreuses, il existe des certitudes à intégrer pour notre salut. Dans ce sens, les jours que nous vivons sont critiques : Ebola est parmi nous. L’ignorance, les pesanteurs sociales ou les raccourcis ne l’éloigneront pas. A cet égard, la question de la fermeture de la frontière avec la Guinée est fréquemment rappelée. Franchement, peut-on fermer une telle longue frontière ?
Quel problème cela peut-il résoudre ? Comme l’a rappelé le représentant au Mali de l’Oms, la solution la plus pertinente n’était-il ou n’est-il pas encore de redoubler de vigilance aux frontières par les contrôles thermiques, les mesures prophylactiques et même l’intelligence prise ici dans le sens de renseignements ? Mais le refus fort louable de la psychose, car Monsieur Ebola n’est pas invincible, n’est pas en lui-même une action.
Les cas décelés ou suspects sont-ils plus importants que les autorités indiquées ne l’admettent ? La nervosité et l’anxiété qui se sont emparés hier matin du secteur de Daoudabougou où des contacts de l’infirmier décédé sont en quarantaine indiquent que la gouvernance de l’épidémie Ebola n’est ni à sous-estimer ni à occulter. Et les longues juxtapositions de monologues à la télé et en français sont ce dont nous avons le moins besoin en ce moment. Non ?

Le Mali face à Ebola : pas de panique mais la prudence s’impose

Le Journal du Mali – Par Célia d’ALMEIDA – 13/11/2014
La peur grandit au Mali où les mauvaises nouvelles se multiplient sur le front de la lutte anti-Ebola. Alors que l’on croyait le risque maîtrisé, les autorités appellent au calme mais la tension monte
Le lundi dernier, les Bamakois et le Mali tout entier poussaient un ouf de soulagement après l’annonce de la levée de quarantaine d’une famille de 25 personnes, foyer potentiel de maladie à virus Ebola. C’est en effet dans cette cour de Bagadadji qu’avait résidé pour quelques jours, avant de partir pour Kayes, la petite fille décédée d’Ebola il y a trois semaines. On pensait la menace éloignée…
Quelques heures plus tard, le mardi, un infirmier, Salif Diarra, mourrait au sein de l’une des plus prestigieuses cliniques privées de Bamako, contaminé par un malade venu de la Guinée. Pendant que la nouvelle faisait el tour de la ville et que s’installait une quarantaine autour de l’établissement, un autre cas suspect est signalé. Et depuis, ils se multiplient. Comment en est-on arrivé là, c’est bien ce que se demandent les Maliens qui étaient plutôt rassurés par les annonces des autorités sanitaires sur le dispositif mis en place.

Le Président de la Polyclinique se défend. Jamais son établissement n’a voulu dissimulé les cas d’Ebola et le malade guinéen n’a présenté aucun symptôme lié à la maladie lors de son séjour hospitalier. On a bien du mal à accepter cette hypothèse tant il est difficile de penser que l’historique du malade ait pu être ignoré par le personnel médical. Et si c’était le cas, cela voudrait-il dire que l’on est incapable de poser un diagnostic fiable ? Autre question, les tests de la maladie à virus Ebola ne sont-ils donc pas systématiques dans nos hôpitaux pour es personnes présentant les symptômes, même ressemblants à ceux de la maladie ? Le personnel médical est-il formé à la prise en charge des cas éventuels et comment est géré ce nouvel épisode épidémique qui s’annonce plus grave que le premier ? Autant d’interrogations pour l’instant sans réponse.
Le gouvernement s’est pour l’instant contenté de publier des communiqués, appelant au calme la population qui, il est vrai, panique. Surtout que les rumeurs les plus folles circulent et qu’il devient de plus en plus difficile de dénouer le vrai du faux. Une chose est sure, le malade guinéen a reçu de nombreuses visites lors de son hospitalisation, en plus de celle de l’équipe médicale de la clinique. A son décès, il a eu droit aux rites funéraires dus à son statut d’imam (lavage du corps par ses pairs, ndlr) et son corps a ensuite été rapatrié en Guinée où il a été inhumé, sans respect du protocole « Ebola ». Or, les contacts avec les cadavres sont les plus contaminants.
Vie sociale à haut risque
Même si on croise de plus en plus de personnes qui refusent de serrer la main pour la salutation usuelle, l’impression générale est que les populations n’ont pas encore pris la mesure de la menace Ebola. Les discours rassurants sur le dispositif de prévention y a beaucoup contribué. Pour Boubacar S., un jeune commerçant de Kalaban Coura, « Ebola est une invention », la preuve c’est que « la dame qui a été avec la petite qui est morte n’a rien eu. L’enfant a du avoir un palu »… Aussi incroyable que cela puisse paraître au vu de la communication faite autour du fléau, ils sont très nombreux à partager cet avis. La preuve en est que les habitudes sociales n’ont pas changé à Bamako encore moins dans les régions. Les mariages avec bain de foule se succèdent et autres rassemblements, les verres de thé, partagés entre amis sans aucune règle d’hygiène particulière, sont toujours d’actualité.
A l’opposé, quelques familles ont déjà cédé à la panique. Ainsi chez les Sidibé de Djicoroni Para, les enfants en sont pas allés à l’école mercredi ni ce jeudi. « Il vaut mieux être trop prudent », affirme le père, « si je pouvais je serrai moi-même resté à la maison. Dans mon métier, je reçois les gens et tous ne comprennent pas que tu ne veuilles pas leur serrer la main ». Au marché, le seul sujet de conversation est cette maladie qui commence « à faire vraiment peur ». Les clients boudent les étals de viande, généralisant l’interdiction de manger la viande de brousse. « On va prendre du poisson, c’est plus sur, on ne sait jamais », déclare Oumou, venue faire ses emplettes pour le repas de midi.
Selon des sources médicales, trois cas suspects ont été identifiés au cours de la journée du mercredi et deux personnes auraient succombé au quartier de Djicoroni Para. Aucune annonce officielle ne confirme ces informations. La prudence reste donc de mise et il est plus que jamais important que chacun respecte les mesures de prévention de la maladie et signale tout cas suspect, y compris soi-même aux numéros gratuits suivants :
-88 00 77 77 -80 00 88 88

 

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