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Ebola : une affaire d’Etat

by sur 17 novembre 2014

Mis à jour mercredi 19 novembre à 05h30 (heure de Paris)

Avec 577 patients sous surveillance, le Mali se bat désormais contre les risques d’une épidémie. Une série d’actions ont été mises en place, visant à  renforcer la prise de conscience du danger en raison des habitudes de vie en Afrique.

Ce week-end, le président de la République du Mali a reçu Mme Annick Girardin, ministre déléguée à la francophonie et au développement, qui a réaffirmé le soutien de la France (et sans doute aussi expliqué les raisons qui ont poussé la France à multiplier les contrôles dans les aéroports, et à déconseiller à ses ressortissants de se rendre à Bamako et dans la région de Kayes); ce lundi, le premier ministre a procédé à une inspection détaillée du dispositif, appelant le personnel de santé à « maintenir la garde haute ».

Quant aux Français résidant au Mali, s’ils sont préoccupés et prennent le maximum de précautions, ils ne sont pas paniqués. On lira leurs réactions en fin d’article.

Rappelons que, fin septembre, les autorités sanitaires maliennes s’attendaient à un « pic de l’épidémie » fin novembre-début décembre.

Ce qu’on peut leur reprocher aujourd’hui, c’est d’avoir surtout communiqué, mais sans avoir réellement informé. C’est aujourd’hui chose faite, mais la rumeur a eu le temps de faire du dégât…

EBOLA, une affaire d’Etat !

Le Journal du Mali – Par Makhtar DIOP – 18/11/2014
Le Président IBK tient à ses amis et à ses pays frères. Nul besoin de lui donner des leçons mais quand le devenir du pays est en péril, l’Etat a le devoir de protéger les siens.
Un mort à Kayes puis deux à Bamako. Le peuple surpris se réfugie derrière les gels hydro-alcoolisés et les barils d’eau javellisés installés devant les portails des entreprises et les lieux publics. L’église avait ses dispositions depuis plusieurs mois et à présent les mosquées lui emboitent le pas : en dépit de traditions ancrées, la salutation devient verbale. Plus d’accolades, plus de poignées de main, plus d’épaules collées, le Malien est conscient de la gravité de la situation. EBOLA est une grande faucheuse. Il faut l’éviter. Il faut s’en éloigner puisqu’on n’ignore tout de la réalité du moment. L’Etat ne nous dit pas tout. Il communique pour rassurer. Il n’informe pas et cela les populations ont fini par le comprendre. Les rumeurs les plus folles se répandent à la minute depuis l’affaire de la clinique Pasteur.
Aujourd’hui bunkerisée, cette clinique chère et fréquentée par les nantis a eu le mérite de montrer que EBOLA n’est ni une affaire de pauvres? ni une affaire de caste sociale. C’est une maladie qui démocratise la mort. La présence de quatre chars de la mission des Nations Unies et d’un détachement de bérets bleus appuyés par la police malienne prouve à suffisance que l’heure est grave, que l’Etat a déclaré la guerre à ce virus plus craint que les djihadistes désormais. EBOLA, en plus de détruire le tissu social, chasse les partenaires du pays et ruine l’économie en pleine convalescence. Le pouvoir n’avait pas besoin de ce virus.
Le vin étant tiré, il ne faut pas le boire. Il faut le traiter et cette mission revient à l’équipe en place. Comme le disait le général DE GAULLE « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». La Guinée est un pays frère, c’est établi, mais face à une menace virale aux effets dévastateurs, fermer les frontières n’est ni une trahison ni un crime. La CEDEAO aura beau réprimander les pays et exiger le respect du principe de la libre circulation des biens et des personnes mais la sécurité sanitaire des peuples prime sur une CEDEAO des Etats.
Les frontières, dans la sous –région, sont poreuses d’où l’effet d’annonce recherché dans la décision de fermer les frontières. Le Président IBK a encore une semaine de surveillance épidémiologique pour rassurer ses partenaires et son peuple. Si les nouvelles ne sont bonnes (ce que nul ne souhaite), la fermeture des frontières s’imposerait au Chef de l’Etat. En attendant, multiplions les mesures d’hygiène.

IBK à Kourémalé : « Ebola sera vaincue au Mali »

Le Journal du Mali – Par Moussa CAMARA – 18/11/2014
A la frontière entre le Mali et la Guinée, le chef de l’Etat a exprimé toute la détermination du Mali à bouter la maladie à virus Ebola hors du Mali.
Tel un général à la tête de ses troupes, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, était hier en première ligne au front pour la guerre contre la maladie à virus Ebola engagée depuis quelques mois déjà par le Mali. Le premier théâtre d’opération de la journée de IBK a été le Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (ex-Institut Marchoux) de Djicoroni-Para où le chef de l’Etat a visité le centre d’isolement et où il s’est dit satisfait de l’Etat de santé du Dr Diomandé contaminé par le Guinéen décédé à la clinique Pasteur.
Dans l’après-midi, il s’est rendu à Kourémalé à la frontière guinéenne. Dans le Mandé, le président de la République, en visitant le cordon d’entrée ou encore le centre de santé de Kourémalé, est venu exprimer toute l’attention et la détermination d’un Mali pour lutter contre Ebola. En bon pédagogue, il a expliqué en langue nationale et en français l’importance du lavage des mains, le fait d’éviter les poignées de mains ou les accolades dans la prévention contre la maladie qui s’est introduite chez nous selon lui d’une une manière subreptice et insidieuse.
« (…) C’est d’une guerre qu’il s’agit, la guerre contre Ebola. Comme toute guerre, elle concerne tous les segments de la vie. C’est une question de défense nationale, elle concerne tout le monde et moi au premier chef, commandant suprême des forces armées et tout le monde est engagé à tenir son rôle et sa place dans ce combat ». L’engagement de tous au quotidien permettra selon lui, de venir à bout de la maladie. « Je suis venu vous dire que l’Ebola est combattu vigoureusement au Mali. Ebola sera vaincue au Mali, Ebola sera hors du Mali, hors de l’Afrique, le monde entier arrivera à éradiquer la fièvre à virus Ebola ». Après s’être lavé les mains et pris sa température au cordon d’entrée à la frontière à son arrivée, le numéro 1 malien a fermement dit aux agents de santé chargés du contrôle que personne ne doit échapper au contrôle quelle qu’elle soit. « Personne ne doit échapper au contrôle même les bébés », a-t-il martelé. Avant d’indiquer à la tribune qu’aucune espèce de manque de rigueur ne sera tolérée. « Manque de rigueur il y a eu, ce manque de rigueur sera connu et des voix de droit y répondront », a déclaré le président de la République.
Auparavant le ministre de la santé et de l’Hygiène publique, Ousmane Koné, a indiqué que tous les Maliens, dans un même élan et à travers l’information et la sensibilisation, sont déterminés à circonscrire et étouffer l’épidémie.

Lutte contre Ebola au Mali : situation au 17 novembre

Par Gouvernement – 18/11/2014
Dans un souci de transparence, le Gouvernement informe l’opinion publique nationale et internationale, à travers le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, sur l’évolution de la maladie.
Dans un souci de transparence, le Gouvernement informe l’opinion publique nationale et internationale, à travers le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, sur l’évolution de la maladie à virus Ebola au Mali.
A la date du 17 novembre 2014, la situation se présente comme suit :
– Le nombre de personnes-contacts suivies par les services de santé atteint 577. Elles ont toutes été mises en observation pour contrôle sanitaire ;
– Parmi ces personnes-contacts, un cas suspect a été testé négatif ce jour ;
– Le bilan n’a pas évolué, et reste toujours de trois (3) décès liés au patient guinéen, et un (1) décès à Kayes (fillette de 2 ans), soit un total de quatre (4) ;
– Parmi les personnes en contact avec le patient guinéen, une (1) personne a été déclarée positive, et est en traitement par les services spécialisés.
Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, s’investissant personnellement dans la lutte contre Ebola, s’est rendu le lundi 17 novembre au CNAM, sis à Djicoroni Para, pour observer le centre d’isolement mis en place. Il s’est félicité de la qualité des infrastructures, « et du travail sérieux, fabuleux, mené par une équipe responsable, et consciente des enjeux ». Au cours de cette visite, il a pu échanger à distance avec la personne contaminée, actuellement en traitement, à qui il a présenté ses meilleurs vœux de rétablissement, et apporté tout le soutien de la nation.
Dans l’après midi, Le Président de la République est allé inspecter le dispositif mis en place par le Gouvernement à Kourémalé, localité située à la frontière guinéenne. Ce fut l’occasion pour le chef de l’Etat d’appeler à la mobilisation générale, et d’encourager les agents sanitaires et les forces de sécurité à la vigilance, et à la rigueur dans le travail.
Le Gouvernement appelle au calme et à la sérénité, et à la mobilisation générale de l’ensemble des populations, pour véhiculer les messages de prévention et faire respecter les mesures d’hygiène et les consignes sanitaires, qui demeurent des conditions essentielles de prévention de cette maladie.
Le Gouvernement invite toutes les personnes ayant eu des contacts directs ou indirects avec les personnes déclarées positives à se faire identifier pour un contrôle sanitaire en appelant les numéros verts : 80 00 89 89 / 80 00 88 88 / 80 00 77 77
Bamako, le 17 novembre 2014
Le Coordinateur du Centre Opérationnel d’Urgence
Pr Samba O. SOW

EBOLA, un bon fonds de commerce…

Le Journal du Mali – Par Makhtar DIOP – 17/11/2014
Tandis que la peur et la prévention s’emparent des habitants de la capitale, l’apparition du virus fait les affaires des vendeurs à la sauvette…
Si pour certains Ebola rime avec cataclysme et mort subite pour d’autres la fièvre hémorragique à virus Ebola est une aubaine comme le furent la coiffure DABALA (du nom de cette coupe de cheveux découverte lors de la coupe du monde organisée en Afrique du sud) et BOLA (du nom de l’acteur machiavélique de la série sud-africaine ….). Ebola tue mais Ebola fait vivre certains.
Magassou est marchand ambulant. Il passe ses journées à se faufiler entre les véhicules aux abords des feux tricolores de la mairie du district dans l’espoir d’écouler ses produits. Depuis l’affaire de la clinique Pasteur, le bonhomme a jeté son dévolu sur les gels hydro alcooliques. « J’en écoule une trentaine au quotidien et les clients achètent les petits flacons de 500 francs, les moyens de 1000 francs et ceux ayant une famille nombreuse optent pour les bidons de 2500 francs. C’est Noel avant décembre ».
Son ami ne cache pas sa joie de voir sa recette quotidienne tripler grâce à Ebola et il « prie pour que le virus ne parte pas de sitôt ».
Non loin de là, à Voxda d’où partent beaucoup de cars Sotrama, des chauffeurs regroupés sous un hangar prennent du thé. Interpelés sur l’impact de l’apparition du virus, ils disent « se frotter les mains puisque les passagers préfèrent maintenant les cars en lieu et place des taxis indexés pour avoir transporté la fillette morte à Kayes et des patients ayant fréquenté la clinique Pasteur ».
L’OMS alerte cependant sur la composition de ces gels dont l’utilisation peut avoir des effets secondaires. Certains gels pourraient ainsi contenir des substances chimiques et avoir des impacts négatifs sur la santé, surtout s’ils sont utilisés quotidiennement et plusieurs fois par jours.
Fonctionnaires véreux
Ebola arrange aussi certains fonctionnaires véreux. Gérant de buvette au garage de Guinée à l’ACI 2000, Kalilou dit ne pas sentir l’affaire Ebola. « C’est vrai que mes clients en parlent mais je ne sens aucun changement dans leur comportement. La chose que je déplore c’est le fait que certains de mes compatriotes vendent à prix d’or le passeport malien à des guinéens désireux de voyager. De nombreux guinéens viennent à Bamako dans le fol espoir de trouver un titre de voyage pour fuir Ebola et à ce niveau le Premier ministre qui avait promis de sécuriser nos documents administratifs doit sévir ».
Les propos de Kalilou sont à prendre très au sérieux puisque certaines chancelleries occidentales se donnent encore une semaine pour statuer sur le cas des voyageurs en provenance du Mali.

Ebola : vers la mise en place d’un cordon sanitaire pour contenir le virus ?

17/11/2014 à 17:39 Par Jeune Afrique(Avec AFP)
Après la confirmation des cas d’Ebola au Mali, pays voisin d’États touchés par l’épidémie, l’Union européenne et la Croix-Rouge internationale tentent de mettre en place un cordon sanitaire pour contenir le virus.
La Croix-Rouge internationale a annoncé lundi l’envoi d’experts internationaux sur le terrain, en Afrique de l’Ouest. De son côté, la Commission européenne s’apprête à débloquer 29 millions d’euros supplémentaires pour lutter contre Ebola qui vient de toucher le Mali.
Sur le total des nouveaux crédits dégagés, 12 millions d’euros sont en effet destinés à « aider les États voisins des pays touchés à se préparer au risque d’une épidémie via la mise en place d’une détection précoce et de mesures de sensibilisation du public », a précisé l’UE dans un communiqué.
Dans la même perspective, des experts dépêchés par la Croix-Rouge internationale devront « assister la Croix-Rouge locale à planifier les opérations permettant de contenir » l’épidémie, a affirme un de ses responsables, Birt Hald. « Nous menons des missions de préparation dans tous les pays alentours » des zones touchées, a-t-il souligné dans un point de presse à Bruxelles.
Surveillance sanitaire
Limitrophe de la Guinée, le Mali a mis sous surveillance sanitaire lundi plus de 440 personnes, après avoir enregistré quatre morts sur cinq cas, tous liés à un homme et une fillette venus de Guinée.
« Les 17 millions d’euros restants dégagés lundi par la Commission européenne vont s’ajouter aux crédits jusque là débloqués en faveur des trois pays foyers de l’épidémie. Ils financeront le transport d’équipements, les éventuelles opérations de rapatriement des humanitaires étrangers et la formation de personnel soignant sur place », a précisé la Commission.
La Commission a ainsi porté à 373 millions le total des fonds consacrés à la lutte contre Ebola après une mission sur place la semaine dernière de ses commissaires au Développement et à la Santé, Christos Stylianides et Andriukatis Vytenis. La contribution promise au total par l’Union européenne dépasse un milliard d’euros, mais nombre d’ONG, ainsi que la Croix-Rouge dénoncent des versements qui tardent à se concrétiser.

Ebola : 577 personnes sous surveillance sanitaire au Mali

-Publié le 18-11-2014 à 06h03
Dernier pays en date touché par Ebola, le Mali déplore depuis un mois quatre morts pour cinq cas répertoriés, dont une fillette de deux ans.
Un membre de l'ONU opérant dans les rues de Freetown, le 7 novembre 2014. (FRANCISCO LEONG / AFP) Un membre de l’ONU opérant dans les rues de Freetown, le 7 novembre 2014. (FRANCISCO LEONG / AFP)

Le Mali tentait d’enrayer la progression d’Ebola lundi 17 novembre en mettant sous surveillance sanitaire plus de 570 personnes à risque, tandis qu’aux Etats-Unis un médecin sierra-léonais rapatrié d’urgence a perdu sa bataille contre le virus.

Dernier pays en date touché par Ebola, le Mali déplore depuis un mois quatre morts pour cinq cas répertoriés, dont une fillette de deux ans et un imam guinéen décédé le 25 octobre à Bamako, la capitale malienne.

577 personnes sous surveillance

« Trois décès [ont été] liés » à l’imam et une personne ayant été en contact avec lui à Bamako a été testée positive, a indiqué le coordinateur du Centre opérationnel d’urgence contre Ebola, le professeur Samba Sow, dans un communiqué.

Une situation qui a poussé les autorités à mettre sous surveillance 577 personnes ayant pu entrer en contact avec l’imam de la ville de Kourémalé, à cheval sur le Mali et la Guinée.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta s’est rendu lundi du côté malien de Kourémalé.

« Je vous demande de redoubler de vigilance. Nous ne fermons pas les frontières, mais ne laissez personne entrer au Mali sans qu’il ne se lave les mains, et sans prendre sa température », a déclaré M. Keïta au corps médical malien présent à la frontière.

Inquiet du risque de propagation du virus dans la capitale d’environ 2 millions d’habitants, le pays a néanmoins reçu une bonne nouvelle : le foyer de la maladie à Kayes (ouest), d’où était originaire la fillette de 2 ans, a été déclaré « éteint » après plus de 21 jours – durée maximale d’incubation du virus – sans nouveau cas, a annoncé le ministère de la Santé.

La Commission européenne a annoncé lundi une nouvelle enveloppe de 29 millions d’euros pour l’Afrique occidentale, ce qui porte sa contribution totale à 373 millions d’euros.

S’exprimant devant le Parlement européen au retour d’une mission en Afrique occidentale, le coordinateur de l’UE Christos Stylianides s’est dit « préoccupé par la propagation supplémentaire au Mali » de l’épidémie.

La France étend ses contrôles aux passagers provenant du Mali

L’apparition au Mali du virus de la fièvre hémorragique a poussé les Etats-Unis à accroître leurs mesures de protection.

Dès lundi le dispositif de contrôle en place depuis le 11 octobre pour les passagers en provenance des trois pays d’Afrique de l’Ouest les plus affectés (Liberia, Sierra Leone, Guinée) a été étendu à ceux du Mali.

Selon les Centres fédéraux américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), il n’y a pas de vols directs entre les Etats-Unis et le Mali d’où, « en moyenne, 15 à 20 personnes » arrivent chaque jour.

Ces passagers devront entrer sur le sol américain par l’un des cinq aéroports déjà mobilisés – New York JFK et Newark, Washington Dulles, Chicago O’Hare et Atlanta – où un dispositif de dépistage est en place (température, questionnaire, etc). Ils devront aussi suivre un protocole de contrôle pendant la période d’incubation.

La France – qui accueille une communauté malienne de 120.000 personnes, selon l’ambassade du Mali à Paris – a étendu la semaine dernière ses contrôles aux passagers en provenance du Mali.

Un sixième médecin sierra-léonais décède

Par ailleurs, le médecin sierra-léonais infecté par Ebola rapatrié samedi aux Etats-Unis dans un état « extrêmement grave » est décédé lundi au Nebraska Medical Center, a indiqué le docteur Phil Smith, directeur médical de l’unité spécialisée du centre.

Il présentait des « symptômes très avancés de la maladie », a relevé le Dr Daniel Johnson, soulignant que le patient n’avait plus de fonctions rénales, avait du mal à respirer et était sans réaction à son arrivée.

Le Dr Martin Salia, résident américain de 44 ans qui travaillait à l’hôpital Connaught de Freetown, était le premier ressortissant sierra-léonais malade d’Ebola à être rapatrié aux Etats-Unis, où neuf personnes ont été traitées, dont la plupart avaient contracté la maladie en Afrique.

Il s’agit du second patient à mourir d’Ebola aux Etats-Unis, après le Libérien Thomas Eric Duncan, mort le 8 octobre.

Le Dr Salia était le sixième médecin sierra-léonais à avoir contracté le virus Ebola, qui a tué ses cinq confrères. « C’est si triste de perdre un autre médecin », a relevé le porte-parole du gouvernement de la Sierra Leone, Abdulaye Bayratay.

La Maison Blanche a présenté ses condoléances à la famille du chirurgien « qui a dédié sa vie à sauver celle des autres ».

L’épidémie d’Ebola a fait depuis le début de l’année 5.177 morts sur 14.413 personnes infectées, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé.

Et sur le front de la recherche, des scientifiques ont identifié, grâce à une imagerie en 3D, des zones de vulnérabilité du virus Ebola sur lesquelles agit le ZMapp, un cocktail expérimental d’anticorps qui pourrait avoir aidé certains malades à guérir.

Lutte contre Ebola : UN DISPOSITIF DE CONTRÔLE BIEN EN PLACE

B. DOUMBIA – L‘Essor du 17 novembre 2014
Le Premier ministre a visité ce dispositif pour s’assurer du bon fonctionnement des mesures de prévention arrêtées pour contrer la terrible épidémie
« En l’absence de traitement contre Ebola, les voyageurs sont priés de se soumettre aux contrôles de température à l’aide de caméras thermiques ou de thermomètres infra rouges ». Ce message sonore, audible toutes les 5 à 10 minutes à l’aéroport international de Sénou, rappelle aux voyageurs au départ ou l’arrivée de Bamako, l’urgence médicale du moment mais aussi l’obligation pour eux de passer par les filtres anti Ebola.
Le voyageur en partance de Bamako, une fois à l’aéroport, procède au lavage des mains au savon (des kits de lavage des mains y sont installés) avant de remplir une fiche d’identification qui comportera la température prise dans un premier temps à l’entrée. Après avoir aussi rempli les autres formalités et muni de sa carte d’embarquement, il est soumis à une deuxième prise de température qui sera mentionnée sur la carte d’embarquement pour autoriser l’accès à l’avion.
A l’inverse, les passagers en provenance d’autres pays sont également soumis au même contrôle de température à l’aide de caméras thermiques. Les températures élevées comme à par exemple partir de 38.5 degré (la température normale étant 37.5°), sont annoncées par la machine. Les personnes qui ont de la fièvre sont ensuite soumises à l’interrogatoire d’un médecin. Toutes ces précautions élémentaires de prévention visent à circonscrire une éventuelle propagation de la fièvre hémorragique à virus Ebola dans notre pays.
Le Premier ministre Moussa Mara s’est rendu le week-end à l’aéroport pour s’assurer du fonctionnement du dispositif de contrôle des risques Ebola. Le chef du gouvernement a fait le parcours du voyageur dans les deux sens pour mieux comprendre le mécanisme. Il était accompagné de son staff technique, du secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le Pr Ousmane Doumbia.
Le Premier ministre a instruit aux équipes techniques de la santé, le renforcement du contrôle de température au niveau du salon d’honneur de l’aéroport, en déployant en plus de la caméra thermique, un thermomètre infra rouge.
Après l’aéroport Moussa Mara s’est rendu dans la famille de l’infirmier de la polyclinique Pasteur, contaminé au virus Ebola, en soignant un imam guinéen (tous les deux sont décédés) pour jauger la situation. Les contacts de l’infirmier, notamment dans sa famille à Daoudabougou, sont aujourd’hui confinés. Ils sont actuellement 82 personnes, sous observation médicale. Des équipes médicales passent pour la prise de leurs températures matin et soir.
Au passage du Premier ministre dans la famille aucun de ses contacts confinés ne présentait un quelconque signe (même pas le moindre malaise). Mais il faut simplement noter que l’isolement de la famille répond à un souci de circonscrire les risques de propagation éventuelle et d’une célérité dans la prise en charge au cas où l’un des contacts auraient contracté la maladie. Moussa Mara a présenté à la famille confinée, les condoléances du gouvernement et expliqué les raisons de cette surveillance médicale stricte.
La famille s’inscrit bien dans une dynamique de collaboration. Son porte-parole a expliqué que la lutte contre Ebola est aussi un devoir de génération. Il a ensuite adressé au Premier ministre des doléances relatives à la présence des policiers en faction devant la maison et à la possibilité pour certains universitaires confinés de reprendre des examens ou concours pour certains. La famille est d’accord pour la présence des policiers mais souhaite que ceux-ci ne portent pas la tenue.
UN STOCK IMPORTANT DE MEDICAMENTS. Moussa Mara a pris bonne note de la question et saisi l’opportunité pour sensibiliser le voisinage, notamment les jeunes et les enfants des conséquences de toute stigmatisation et discrimination sur la base de simples suspicions et cela au moment où nous devons tous aller en guerre contre Ebola.
Après Daoudabougou, le chef du gouvernement a mis le cap sur la polyclinique Pasteur où il s’est rendu au chevet des soldats de la Minusma et d’autres malades qui y étaient hospitalisés pour d’autres pathologies au moment de la période de contamination de l’infirmier. Avant de pénétrer dans l’enceinte de la polyclinique, l’hôte de marque et sa délégation observeront les mesures d’hygiène élémentaire et de protection en mettant des gants, des bavettes et des charlottes (bonnets de protection de la tête). Aujourd’hui plus d’une cinquantaine de personnes dont 34 malades sont mises en isolement pour éviter les risques de propagation. Ces malades continuent de recevoir les soins mais aucune autre consultation externe, analyse biomédicale ou autre prestation n’est réalisable pour l’instant.
Le Premier ministre a été aussi informé que la polyclinique dispose d’un stock important de médicaments et que les mêmes règles de contrôle de température sont observées chez le personnel soignant et les malades confinés à l’intérieur de la polyclinique. A l’issue de sa visite, le Premier ministre a proposé que tous les corps quelque soit le motif du décès, soient désinfectés.
Moussa Mara a expliqué que sa visite procède de l’expression de la volonté du chef de l’Etat qui a demandé à la réunion de haut niveau sur Ebola tenue la veille que le gouvernement s’assure du bon fonctionnement du dispositif de prévention afin de rassurer nos compatriotes. Il a indiqué qu’il fallait aussi en avoir le cœur net qu’aucune personne n’échappe au contrôle sur la plateforme aéroportuaire. Parce que l’objectif est de faire en sorte que le filtre de l’aéroport soit efficace et dissuasif, a souligné le chef du gouvernement.
Moussa Mara a expliqué qu’il faut continuer la sensibilisation pour que les personnes confinées ne subissent pas de rejet ni de stigmatisation. Dans le cadre de la communication, il est envisagé l’élaboration d’un bulletin quotidien qui relayera toutes les informations sur la gestion de l’épidémie à virus Ebola. Pour lui, le dispositif mis en place est capable de contenir cette maladie.
Rappelons que le front contre la fièvre hémorragique à virus Ebola était calme le week-end. Mais notre pays doit maintenir la garde haute parce que c’est une véritable guerre que nous devons mener contre Ebola, une redoutable maladie avec un énorme potentiel de destruction.

Mme Annick Girardin à Koulouba : MESSAGE DE SOUTIEN ET SOLIDARITE DE LA France

Be COULIBALY – L’Essor du 17 novembre 2014

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a reçu samedi en audience à Koulouba, la secrétaire d’Etat français chargée au Développement et à la Francophonie, arrivée quelques heures auparavant à Bamako. Mme Annick Girardin était venue confirmer le soutien et la solidarité de la France à notre pays dans la lutte contre le virus Ebola. La veille, les présidents Ibrahim Boubacar Kéïta et François Hollande avait échangé sur le sujet au téléphone.
Le chef de l’Etat a apprécié ce geste d’amitié de la France qui a été toujours aux côtés du Mali pendant les moments difficiles. Le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta a remis à Annick Girardin un document dans lequel sont exprimés les besoins du Mali pour circonscrire le fléau Ebola. Notre pays a déjà mis en place un dispositif sécuritaire et de prise en charge des malades ou de personnes suspectées d’avoir eu un contact avec un malade a expliqué le chef de l’Etat. Notre pays saura venir au bout de l’épidémie, a promis le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta qui a exhorté les populations à ne pas céder à la panique et à respecter les mesures d’hygiène prônées. Notre pays peut également compter sur le soutien du président américain Barack Obama et l’Union européenne dans sa lutte contre l’épidémie à virus Ebola a annoncé le chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Keïta à l’issue de la rencontre avec la secrétaire d’Etat, chargée au Développement et à la Francophonie.
A sa sortie d’audience, Mme Annick Girardin a expliqué que son pays mettra tous les moyens possibles pour assister le Mali. La secrétaire d’Etat français, chargée au Développement et à la Francophonie a annoncé que son pays a nommé Mme Christine Fages comme coordinatrice de la lutte contre Ebola. Entre autres mesures prises, les contrôles sanitaires auront lieu au départ de l’aéroport de Bamako Sénou et l’arrivée en France, a assuré la secrétaire d’Etat français, chargée du développement et de la francophonie. Des spécialistes français de la lutte contre Ebola sont aussi présents dans notre pays, a t-elle indiqué. Mme Annick Girardin a souhaité une solidarité internationale pour éradiquer l’épidémie.
Après Koulouba, Mme Annick Girardin, accompagnée du ministre de la Santé et l’Hygiène publique, Ousmane Koné, a rencontré ses compatriotes à la résidence de l’ambassadeur de France. Elle a rassuré la communauté française vivant dans notre pays que toutes les mesures sont prises pour arrêter la propagation de Ebola. Les écoles resteront ouvertes et les mesures d’hygiène ont été rendues strictes, a indiqué la secrétaire d’Etat français, chargée au Développement et à la Francophonie. Mme Annick Girardin a également exhorté ses compatriotes à ne pas céder à la panique.

Ebola : précautions et inquiétude chez les Français du Mali

16/11/2014 à 17:45 Par AFP
Depuis l’annonce d’un cinquième cas d’Ebola au Mali, la communauté française, forte de 6.000 ressortissants et de 1.400 militaires, y observe avec inquiétude l’arrivée de l’épidémie, certains envisageant un départ en cas de pic.
« J’ai connu le coup d’Etat (en 2012), la guerre (en 2013) et je suis toujours restée. Je ne suis pas une peureuse mais face à la maladie c’est différent », affirme à l’AFP Béatrice Roby, qui réside au Mali depuis huit ans. « J’ai un peu peur, il faut le reconnaître. Peur des négligences ou de l’inconscience qui font que des gens vont aller à des enterrements ou des mariages », ajoute cette Française, rencontrée en marge de la visite samedi à Bamako de la secrétaire d’Etat française au Développement Annick Girardin.
Le Mali a enregistré en moins d’un mois, entre octobre et novembre, cinq cas d’Ebola, dont quatre mortels à Kayes (ouest) et Bamako, au moment où la communauté internationale tente de contenir la propagation de l’épidémie qui a fait près de 5.200 morts depuis fin 2013 en Afrique de l’Ouest, essentiellement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée.
Le virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels. Il provoque une fièvre qui se manifeste par des hémorragies, des vomissements et des diarrhées. Les rituels funéraires, avec lavage et toucher des corps, jouent un rôle important dans la transmission, les cadavres étant particulièrement contagieux.
Le lycée français reste ouvert
Béatrice Roby est informée des risques et « surveille la situation. S’il y a un pic (de cas) dans dix jours, je rentre (en France), le temps que ça se calme. Je vais mettre ma fille à l’abri », affirme-t-elle. Destination Toulouse et tant pis pour ses affaires de consultante. « Economiquement, ce sera dur. Mais entre gagner de l’argent et vivre… », dit-elle.
Le ministère français des Affaires étrangères a déconseillé aux Français de se rendre à Bamako mais sur place, Mme Girardin s’est voulue rassurante lors de la rencontre avec ses compatriotes samedi soir à résidence de l’ambassadeur de France. « Il faut éviter de paniquer. Mais il faut être prudent. (…) Dans cette épreuve que traverse le Mali, la France est avec vous », leur a-t-elle dit.
Le lycée français de Bamako restera ouvert mais il y aura des contrôles de température pour chaque personne y entrant, avec l’obligation de se désinfecter les mains. Les écoles maliennes, fréquentées par de nombreux jeunes enfants français, continueront de fonctionner mais elles ne bénéficieront pas du même traitement que le lycée, souligne un Français. Certaines entreprises ont déjà pris des mesures similaires.
« Préoccupé mais pas paniqué »
Eva prenait l’avion samedi soir pour ramener en France son fils de 5 ans et ensuite revenir en début de semaine à Bamako pour son travail. « Je préfère ne pas attendre. Je préfère éviter les avions pleins. Les contrôles seront peut-être plus stricts. Je ne veux pas courir de risques. On verra ensuite comment cela évolue », explique-t-elle.
Un des cas recensés à Bamako inquiète particulièrement : l’homme, dont la contamination a été détectée tardivement, est décédé dans une clinique fréquentée par la communauté française. Certains Français parlent de « tentative d’étouffement » de l’information sur ce cas, d’autres dénoncent une « incompétence », s’étonnant de la lenteur du diagnostic. « On est un peu choqués » par cette affaire, confie François.
Cependant, « je n’envisage pas de quitter le pays. Je ne me sens pas étranger ici », explique-t-il. Marié à une Malienne, père d’un enfant en bas âge, il indique avoir décidé de rester, comme il est resté en dépit des bouleversements politiques, militaires et sécuritaires de ces dernières années au Mali. Ferme, il résume: « On est préoccupé mais pas paniqué ».

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