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Alger : Régionalisation contre fédéralisme

by sur 24 novembre 2014

A Alger, il est très difficile de parvenir à un consensus.

Les groupements armés revendiquent une forme de fédéralisme (les trois régions de Kidal, Gao et Tombouctou formant l’Azawad), tandis que le gouvernement et la plate forme s’en tiennent à une régionalisation poussée.

Pourparlers: difficile consensus entre les protagonistes

Le Journal du Mali – Par Modi Camara(à Alger) – 24/11/2014
Les mouvements de la coordination n’entendent pas céder sur l’idée de fédéralisme ainsi que la notion de l’Azawad. Le gouvernement du Mali rejette sans ménagement.
Les négociations directes ont commencé le samedi dernier entre le gouvernement du Mali et les groupes armés, en présence de l’équipe de médiation internationale. Pendant toute la journée de ce premier jour, les protagonistes ont eu des échanges houleux et francs.
Présidées par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, ces rencontres tripartites ont réuni dans la matinée la médiation, le gouvernement du Mali et les mouvements de la plateforme. Dans l’après-midi, la triangulaire a regroupé l’équipe de médiation, la délégation gouvernementale et les mouvements de la coordination.
Les débats ont été surtout houleux dans l’après-midi entre le gouvernement du Mali et les mouvements de la coordination. La partie gouvernementale a expliqué le bien-fondé et l’importance de la décentralisation poussée comme une solution à la crise avec des arguments à l’appui.
Mais le MNLA et alliés ont tout simplement botté en touche cette formule et continué à réclamer à cor et à cri l’idée d’un fédéralisme ainsi que le maintien de l’appellation Azawad pour les régions du nord du Mali. « On ne va céder sur le fédéralisme et l’Azawad », a lancé un membre du MNLA.
Le moins que l’on puisse dire pour le moment est que les positions sont assez opposées. Ce que reconnaît Moussa Ag Assarid, chargé de communication des mouvements de la coordination à cette phase, qui estime que le mot Azawad ne doit pas être un tabou et ne doit pas choquer. « Nos avons reconnu l’intégrité territoriale du Mali, il ne faut pas qu’à l’intérieur de cette notion il y ait des choses qui nous empêchent de nous faire entendre. Nous voulons que désormais la gestion du territoire de l’Azawad revienne aux Azawadiens. Nous voulons que la décentralisation ne soit plus vue comme une solution, elle a montré ses limites », a-t-il déclaré à l’issue des négociations du samedi dernier.
Pour sa part, le ministre malien des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est voulu on ne peut plus clair : il est hors de question, selon lui, de revenir encore sur des notions que défend la coordination. « Nous avons défendu les positions du gouvernement tout en valorisant la qualité du travail fait par l’équipe de médiation et en mettant en avant les points qui sont les plus importants pour le gouvernement. Nous avons clairement écarté ce qui, de notre point de vue, n’est pas acceptable à ce stade des négociations, en particulier les notions de fédéralisme et d’Azawad et nous avons expliqué pourquoi. Je crois que l’équipe de la médiation a pris bonne note de ces différents éléments », a confié à la presse le chef de la diplomatie malienne.
Les négociations se sont poursuivies hier dimanche dans l’après-midi entre la délégation gouvernementale et les mouvements de la coordination. A l’issue de cette journée dominicale, les positions sont restées toujours éloignées, la pierre d’achoppement étant toujours les notions de fédéralisme et Azawad. Les travaux se poursuivent ce lundi toujours à la résidence El Mithak d’Alger.

Pourparlers intermaliens d’Alger : LA MEDIATION TENTE DE RAPPROCHER LES POSITIONS

L’Essor – Envoyé spécial M. KEITA – Lundi 24 novembre 2014
Le gouvernement et les Mouvements signataires de la plateforme d’Alger sont pour la régionalisation. Tandis que le MNLA et ses alliés soutiennent le fédéralisme
Tous les protagonistes sont d’accord que cette troisième phase des pourparlers d’Alger est une étape cruciale du processus, car il s’agit de s’accorder sur l’essentiel pour aller à un préaccord. Après l’ouverture des travaux, les discussions de fond ont aussitôt commencé.
Le week-end a été dominé par les rencontres tripartites à huis clos à la Résidence El Mithak. L’équipe de la médiation a d’abord rencontré la délégation gouvernementale et la Coordination des mouvements de l’Azawad. Les médiateurs ont ensuite rencontré à la fois la délégation du gouvernement et les Mouvements signataires de la plateforme d’Alger. La tâche des facilitateurs est de rapprocher les positions des différentes parties autour du document de synthèse pour la paix et la réconciliation au Mali. Mais les choses ne sont pas faciles car les divergences sont bien réelles.
Le constat est qu’à ce stade des pourparlers, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA tendance radicale) font pression sur tout le monde en remettant sur la table leur projet de fédéralisme et refusent de faire des concessions.
On peut dire que le MNLA tient vraiment à rester sur cette position. C’est pourquoi il a mis en avant les tenants de la ligne dure comme Mossa Ag Assarid et Mahamadou Djéri Maïga. Ce dernier était absent lors de l’élaboration du document de synthèse après avoir été écarté dès l’entame des pourparlers. Aujourd’hui, l’homme refait surface à un moment crucial du processus et attire l’attention de la presse.
C’est aussi le cas de Mossa Ag Assarid qui n’hésite pas, devant les cameras du monde entier, à rejeter à ce stade des négociations le système de gouvernance locale proposé par le gouvernement. Il feint d’ignorer que cette proposition figure en bonne place dans le document élaboré par l’équipe de la médiation pour la paix et la réconciliation. Il continue de soutenir mordicus que l’opportunité doit être maintenant donnée aux populations du Nord du Mali de gérer librement leur territoire. « Le thème Azawad ne doit pas être un tabou. Il ne doit pas non plus être un mot qui choque le gouvernement du Mali. Si nous avons reconnu l’intégrité territoriale du Mali, il ne faut pas qu’à l’intérieur de cette intégrité territoriale il y ait des choses qui nous empêchent de nous entendre », argumente-t-il, ajoutant : « nous cherchons à avoir un accord qui puisse être un contrat social entre les deux parties dans le seul intérêt général de nos populations. Si nous avons cette volonté, nous ne pouvons pas ne pas avoir un accord ».
La solution du fédéralisme est rejetée par les Mouvements signataires de la plateforme d’Alger composée de la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA), du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA tendance modérée), de la Coordination des mouvements et forces de résistance (CMFR) et du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et Alliés (GATIA).
Leur position rejoint celle du gouvernement. Ces mouvements soutiennent que les pourparlers doivent aboutir à un accord qui peut être appliqué sur le terrain. « Nous avons abordé des questions très pertinentes se rapportant à la prise en charge des éléments de l’accord. Il s’agit des questions de sécurité, des questions politiques et institutionnelles, législatives et réglementaires, des questions de gouvernance. Nous n’avons pas demandé ce qui est impossible. Nous restons objectifs. Néanmoins, nous sommes convaincus que ce qui s’est passé dans le nord du Mali, oblige qu’il y ait nécessairement un changement dans la gouvernance et que la sécurité soit la priorité pour tout le monde… Tant que l’armée n’aura pas été capable de se déployer sur l’ensemble du territoire pour sécuriser l’ensemble des populations, il n’y aura de paix et de développement. C’est ça notre position. Je pense que notre message a été bien passé du coté de la médiation », souligne Me Harouna Toureh, le président des mouvements.
COMPROMIS, CONCESSIONS ET REALISME. Pour sa part, le chef de la délégation du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, assure que le gouvernement est prêt à faire un pas en avant et demande au MNLA et ses alliées de faire de même et surtout de faire preuve de réalisme et de retenue.
« Chacune des parties a donné son point de vue sur le document de la médiation en toute franchise, avec les arguments nécessaires. Nous avons défendu la position du gouvernement tout en valorisant la qualité du travail qui a été fait par l’équipe de la médiation ; tout en mettant en avant les points qui sont les plus importants pour le gouvernement. Nous avons écarté ce qui n’est pas acceptable à ce stade des négociations en particulier les notions de fédéralisme et de l’Azawad et nous avons expliqué pourquoi. Je crois que l’équipe de la médiation a pris bonne note de ces différents éléments. Nous sommes venus dans ce processus avec la détermination d’aboutir à la paix. Nous pensons que chacun de nous doit faire un effort dans ce cadre, et faire preuve de retenue et d’un engagement réel », soutient-il.
Le ministre Diop rappelle que le document de la médiation prend en compte le mode de gouvernance locale proposé par le gouvernement et qui permet aux collectivités territoriales de se développer économiquement. « Il est important que la discussion soit centrée de plus en plus sur le document qui a été soumis par la médiation et qui constitue pour nous la seule base de la conversation à ce stade », fait-il remarquer.
Par rapport aux accusations du MNLA et ses alliés contre l’Etat malien de 1960 à nos jours, le ministre Diop dira : « un accord de paix nous donnera un espace nécessaire pour rétablir la vérité et la justice ».
Les prochains jours seront très déterminants pour toutes les parties présentes dans la capitale algérienne. La chef de la délégation gouvernementale, Abdoulaye Diop, pense qu’il faut arriver à une paix sincère et non imposée au bout du fusil et que l’équipe de la médiation aura assez d’éléments pour bâtir une stratégie qui permet de rapprocher les parties.
Compromis, concessions, réalisme sont les mots sur lesquels les médiateurs ont beaucoup insisté lors de la cérémonie d’ouverture de ce troisième round. Si elle ne parvient pas à rapprocher les positions des protagonistes, la médiation sera de toute façon amenée à trancher tôt ou tard pour vraiment faire la paix dans notre pays.

En représailles à l’enlèvement d’un arabe : de violents combats opposent le GATIA au MNLA et au MAA

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant du 24 Novembre 2014
Des véhicules criblés de balles, d’autres emportés et des blessés enregistrés de part et d’autre, tel est le bilan des violents accrochages ayant opposé le GATIA au MNLA et au MAA dans la localité de Bourem.
Le mouvement arabe de l’Azawad (MAA pro-séparatiste) et le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont enlevé la semaine dernière un arabe à Borj El Moctar non loin de la frontière algérienne. En représailles à cet enlèvement, le mouvement d’autodéfense IMGHAD et alliés (GATIA) a lancé une offensive contre les positions de ces groupes séparatistes dans le secteur de Bourem. Au cours des combats qui ont duré moins d’une heure, des véhicules ont été criblés de balles, d’autres emportés par les éléments du GATIA. Sous la force de frappe des mouvements d’autodéfense, le MNLA et le MAA ont fini par se retirer de la position qu’ils gardaient dans la localité de Bourem.
Par ailleurs, les hostilités pourraient reprendre à tout moment. Car des renforts seraient attendus du côté de Kidal pour venir prêter main-forte aux mouvements séparatistes, nous précise une source digne de foi. La même source indique que les combats ont été violents et de nombreux blessés ont été enregistrés de part et d’autre.
Rappelons que le GATIA est un mouvement d’autodéfense Imghad (touareg proche de Bamako et de l’unité nationale) et de ses alliés arabes, peul et songhaï. Ces communautés se sont regroupées en mouvement d’autodéfense pour assurer leur propre sécurité en suppléant l’absence de l’armée malienne, des casques bleus et même de Barkhane dans leurs localités respectives. Ainsi depuis sa création, le GATIA fait l’objet d’une attaque des autres mouvements séparatistes.
Il faut aussi ajouter que c’est presque devenu une habitude chaque fois que la reprise des discussions (pourparlers d’Alger dont les travaux ont repris samedi 22 novembre) devient imminente entre le gouvernement malien et les groupes armés, ces derniers multiplient des attaques essayant d’étendre leur emprise sur d’autres localités.

3ème phase des négociations d’Alger : Un accord de paix pour bientôt ?

Le Journal du Mali Par Modi Camara (à Alger) – 23/11/2014
C’est du moins l’impression qui transparaît à travers les discours aussi bien des protagonistes que de la médiation internationale.
C’est parti depuis le jeudi dernier pour la troisième phase des pourparlers incisifs inter-maliens d’Alger. Pour la circonstance, le gouvernement malien et les groupes armés ont répondu à l’appel. Le jeu en valait la chandelle puisque cette étape est cruciale car elle devrait permettre d’aboutir à un préaccord. Lequel doit poser les jalons d’une paix durable et définitive pour une crise qui n’aura que trop duré. C’est à juste raison donc qu’à l’ouverture des travaux, les protagonistes ont appelé de tous les leurs vœux cette paix tant souhaitée. Idem pour la communauté internationale qui accompagne et participe au processus de négociation depuis le départ. Selon un membre de la plateforme, optimiste, les travaux pourraient aller vite et dans le bon sens.
L’équipe de médiation internationale, qui est à pied d’ouvre depuis déjà quelques jours, a rencontré toutes parties vendredi. Chacune d’elles représentée par une dizaine de délégués. C’est la coordination des mouvements de l’Azawad qui a d’abord été reçue par les médiateurs dans la matinée. Les mouvements membres de la plateforme et la délégation gouvernementale ont emboité le pas dans l’après-midi. Pour l’instant rien n’a filtré de ces rencontres qui déroulées loin des journalistes.
Mais selon certaines indiscrétions, il s’est agi pour l’équipe de médiation d’écouter et de discuter avec chaque partie sur les amendements et propositions faits au document de synthèse remis en octobre dernier. Après cette étape, les négociations directes entre le gouvernement du Mali et les groupes armés en présence de la médiation internationale ont débuté sous la présidence du ministre algérien des Affaires étrangères Ramtane Lamamra. La matinée a ainsi été consacrée aux mouvements de la plateforme pendant que l’après-midi a vu le passage de ceux de la coordination. Ces rencontres triangulaires doivent se poursuivre demain pour permettre de rapprocher les points de vue.
Il faut rappeler que l’équipe de médiation internationale sous la houlette de l’Algérie avait remis en fin octobre un document de synthèse intitulé ‘’Eléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali’’ qui doit servir de base au document final. Elaboré à partir des propositions faites de part et d’autre en septembre dernier, le document a fait l’objet d’amendements par les parties qui vont défendre pendant cette phase le bien-fondé de leurs nouvelles propositions.

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