Skip to content

Nord Mali : le spectre d’une guerre

by sur 28 novembre 2014

Mis à jour samedi 29 novembre à 10h15

Il est désormais à craindre que les Maliennes et les Maliens passent de bien mauvaises fêtes de fin d’année avec un regain de tension dans le Nord et la multiplication des accrochages et attentats.

Car si la médiation algérienne parle d’avancée significative et de prise de conscience,  c’est bien d’un constat d’échec, voire d’une rupture, qu’il faut parler. Et ce malgré l’insistance mise par la communauté internationale à avancer rapidement.

En tous cas, les délégations ont plié le camp sans qu’aucun accord n’ait été signé. Tout juste apprend-on qu’elles pourraient se revoir en janvier…

Espérons que, d’ici là, la communauté internationale ne se soit pas lassée (on assiste à un nouveau coup des soldats tchadiens de la Minusma qui ont déserté leurs positions à Aguelhoc), car le Mali a besoin d’elle pour se relever une fois le « vivre ensemble » acté par les différents protagonistes.

Et cette volonté est de la seule responsabilité des Maliens.

Crise malienne: le spectre de la guerre civile

Leïla Beratto – El Watan –le 28 novembre 2014

Nord et gouvernement de Bamako butent alors que la sécurité se dégrade sur le terrain.

Les négociations de paix à Alger ont pris fin hier sans réelle avancée, alors que kidnappings, explosions de mines et affrontements entre groupes armés de différentes communautés inquiètent les observateurs.

Ce devait être la dernière étape. Lancée il y a une semaine, la nouvelle phase de négociations de paix entre les mouvements du Nord du Mali et les autorités de Bamako s’est terminée hier sans annonce. Depuis lundi, les discussions sont bloquées par la question du fédéralisme.

Ce jour-là, les mouvements armés de la Coordination ont pu, à la demande du chef de file de la médiation, Ramtane Lamamra, expliquer les détails de leur proposition d’Etat fédéral. Les représentants du gouvernement malien «se sont fâchés», selon un participant. «On nous a ramenés dans l’étude du projet de fédération qui lui-même avait déjà fait l’objet de rejet il y a quelques semaines par la médiation», explique le ministre des Affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop.

Les représentants des groupes armés affirment, de leur côté, qu’il n’est pas question de céder sur cette revendication. «Après 50 ans et à cause du retard de développement, nous considérons que c’est le système qui ne fonctionne pas», estime Mohamed Ousmane Ag Mohamadoun, porte-parole de la Coordination.

La session plénière de négociations devait officiellement se terminer avant-hier. Elle a été prolongée de fait. Tous les participants affirment être optimistes, mais l’actualité du terrain rattrape les négociateurs. Jeudi dernier, deux Touaregs, membres du HCUA, ont été retrouvés égorgés à 40 km de Kidal. Samedi, 12 enfants ont été kidnappés près de Kidal. Deux d’entre eux ont été tués alors qu’ils tentaient de s’échapper, selon un officier de l’armée malienne qui évoque un «enrôlement de force d’enfants soldats».

Mardi, le convoi du ministre du Développement rural a sauté sur une mine dans la région de Gao. Deux soldats maliens ont été tués. Inquiète, Washington, pourtant plutôt discrète sur cette question au cours des derniers mois, a envoyé à Alger la sous-secrétaire d’Etat adjointe en charge de l’Afrique, Bisa Williams, rencontrer tous les acteurs.

Radicalisation

Un observateur se dit très préoccupé : «Tous les ingrédients qui ont mené à la guerre de 2012 sont à nouveau réunis.» Dans les couloirs des hôtels, certains s’inquiètent d’une «radicalisation du gouvernement»; des propos tenus par des responsables à Alger et à Bamako laissent penser qu’une aile dure, partisane d’actions militaires, a désormais plus d’influence. En face, les représentants des mouvements armés estiment que si aucun accord n’est signé, ce sera le retour de la guerre. «La menace est grande. Les rebelles menacent mais d’autres acteurs plus dangereux menacent également», explique un participant de la Coordination, tout en affirmant que sur le terrain, de chaque côté, «chacun se prépare».

Dans son tout dernier rapport, International Crisis Group met en garde contre le ressentiment des populations : «Ceux qui sont restés au Nord-Mali ne voient guère les bénéfices de la paix et du déploiement d’une vaste mission onusienne.»

Groupes djihadistes plus puissants, faiblesse de l’armée malienne et fragilisation de la parole politique pourraient conduire à un scénario catastrophe cette fois avec un risque supplémentaire. «Il y a de plus en plus de manifestations d’habitants  réclamant l’indépendance et qui sont insatisfaits du travail des mouvements armés. Il y a aussi des tensions entre communautés qui sont instrumentalisées. On risque la guerre civile», s’inquiète un observateur présent à Alger.

Mohamed Ousmane Ag Mohamadoun acquiesce : «On lève des milices contre nous en leur disant que nous allons leur retirer leur territoire, ce qui est faux.» Mais, un autre observateur nuance : «Certes, le sentiment que la communauté d’en face est responsable reste ancré, pourtant je ne pense pas qu’une nouvelle guerre se déclenche, puisqu’à présent, il y a des acteurs supplémentaires qui disposent de moyens importants pour que cela n’arrive pas, comme les Nations unies, l’Algérie ou la France.»

 

Dialogue inter-malien d’Alger : LA MEDIATION EXHORTE LES PARTIES AU REGLEMENT DES QUESTIONS EN SUSPENS

Posté par BRÉHIMA TOURÉ – L’Essor  le Vendredi 28 novembre 2014

Au lendemain de la fin de la troisième phase des négociations, un communiqué dans lequel il indiqué que les Parties au dialogue inter-malien engagé dans te cadre du Processus d’Alger, à savoir le gouvernement, la Coordination des Mouvements signataires de la Déclaration d’Alger du 9 juin 2014 et les Mouvements signataires de la Plateforme d’Alger du 14 juin 2014, ont repris la négociation sur les questions de fond à partir du 20 novembre 2014 à Alger, sous l’égide de l’équipe de médiation internationale comprenant l’Algérie, chef de file, I’ONU-MINUSMA, l’UA, la CEDEAO, I’UE et I’OCI, le Burkina-Faso, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Tchad.

Jalonnées par des exposés d’experts en matière de gestion locale dans certains pays de la région, les négociations se sont déroulées dans un cadre bilatéral(Médiation1 une Partie) et triangulaire (Médiation 1 deux Parties) à huis clos. Les interactions directes intensives entre les Parties ont permis utilement à l’équipe de médiation de recueillir les réactions, commentaires et propositions consolidés des Parties sur le document portant« éléments pour un accord de paix globale et définitive 1 dont elles étaient saisies depuis octobre.

Ces réactions, commentaires et propositions ont servi de base à un travail minutieux d’enrichissement du document de la médiation avant sa présentation aux Parties à la fin des travaux sous forme de projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali» avec ses annexes indispensables pour sa clarification, dans la perspective de réunir les consensus nécessaires à sa finalisation.

La Médiation se félicite de l’intérêt renouvelé par les Parties pour le document qu’elle a proposé en ce qu’il constitue une base solide de travail. Elle a été également encouragée par l’esprit de franchise quia marqué les discussions au cours de cette phase. Elle a noté avec satisfaction les progrès significatifs enregistrés dans l’identification des difficultés à surmonter. Elle entend à cet égard rester mobilisée pour aider les Parties à trouver les compromis appropriés.

La Médiation exhorte à nouveau les différentes parties maliennes à faire preuve de courage et de détermination et à s’investir davantage, individuellement et collectivement, pour favoriser le règlement des questions en suspens de manière à parvenir, dans les meilleurs délais possibles, à un accord de paix global et définitif.

La conclusion de cet accord permettra, de toute évidence, non seulement la restauration de la paix au Nord du Mali, mais contribuera aussi de manière significative à la création des conditions permettant une lutte efficace contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

La Médiation, afin de raffermir durablement la confiance et la compréhension mutuelles entre les Parties, appelle ces dernières à demeurer engagées de bonne foi dans le Processus d’Alger en cours, notamment en respectant leurs engagements en vertu des accords de cessez-le-feu en vigueur.

La Communauté Internationale est vivement invitée à poursuivre son soutien au Processus d’Alger, afin d’atteindre l’objectif commun de consolidation de la paix et de la sécurité dans toute la région du Sahel.

 

De vous à moi/Pourparlers d’Alger : cassure ou passage à vide

Adama Thiam – Le Républicain du 28 Novembre 2014

Il n’y aura pas eu de fumée blanche à Alger la banche. Le ministère des Affaires Etrangères le constate : « les négociations sont suspendues sans accord préliminaire ». Et Moussa Ag Assarid, un des porte-parole des groupes armés confirme également la rupture en prévoyant la possibilité d’un nouveau round de discussions pour janvier 2015.

Les suspensions que les rounds initiaux ont connues étaient plus ou moins normales. Elles étaient liées à des questions de procédures ou entachées de maximalisme dont les pourparlers du genre sont coutumiers. Ces postures auxquelles toutes les parties sont habituées ne remettent jamais fondamentalement en cause l’essentiel, c’est-à-dire la nécessité de trouver un compromis.

Mais l’interruption hier jeudi des pourparlers entamés en juillet dernier a de quoi inquiéter. On peut même déplorer que ce round aura été celui de la totale contre-productivité. Car il remet en cause l’investissement du médiateur et les gains escomptés des rounds précédents. Notamment pour les groupes armés. Ceux-ci auraient pu se frotter les mains si la mouture proposée par la médiation était adoptée.

Mais c’était sans compter avec la mobilisation générale qu’incarne l’imam Cherif Haidara et la marche historique qu’il a initiée contre toute partition du Mali. C’était sans compter avec le branle-bas des états major politiques, de l’Urd au Pdes en passant par le Cnas qui déclarait rejeter sans réserve le document de synthèse tel que venu d’Alger lors du round précédent.

C’était enfin sans compter avec le gouvernement qui a expurgé le projet initial de tout ce qui pouvait induire l’idée d’un Azawad, formellement invoqué ou subtilement évoqué. En particulier, pour le gouvernement malien, pas question d’Etat major conjoint des armées rebelle et loyaliste. Pas question, non plus, d’institutions représentant les trois régions Nord comme le proposait le texte de l’accord revu par le gouvernement et contre lequel le président Ibrahim Boubacar Keita n’a pas caché son agacement.

SOMMES-NOUS ALORS RETOURNES A LA CASE DEPART ? On ne peut pas être aussi affirmatif : l’interruption des pourparlers cette fois-ci a un air de rupture. Mais on ne voit pas comment Alger accepterait de se retirer sur ce qui, restant en l’état, constituerait un de ses plus retentissants fiascos diplomatiques.

Contre toute attente et contre tous les pronostics. Car pour plus d’un observateur, le pays de Boutef est la puissance régionale dont la médiation peut le plus accélérer le règlement de la crise du septentrion malien. Au fil du temps et des enjeux, est-il possible que les groupes armés se soient émancipés des influents sécuritaires algériens dont Kidal, à défaut d’être la wilaya la plus méridionale passe, dans l’imagerie collective, pour la banlieue intermittente ?

Difficile d’accepter qu’en ce novembre 2014, Alger prouve qu’il n’est pas ce déterminant qu’on redoute tant de la sécurité saharo-saharienne. Il a certainement des atouts qu’il fera jouer pour ramener autour de la table des groupes armés plus conciliants pendant que la communauté internationale, elle, réaffirme son attachement à la sauvegarde de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Mali.

Curieusement, c’est cette communauté pourtant souvent prise à partie par l’opinion nationale qui garantit aujourd’hui l’unité et ce qu’il y a de paix et de stabilité au Nord du Mali. « Nos forces nationales de défense et de sécurité » sont encore un vœu pieux, on le sait. D’ici à ce qu’elles soient en mesure de remplir leur mission, des passants sauteront sur des mines, soldats onusiens ou officiels maliens.

A Aguel Hock, le psychodrame des militaires tchadiens reprendra de temps en temps. Les règlements de compte entre les groupes armés continueront. Et le Sud du Mali continuera sans doute à considérer les jihadistes plus fréquentables que le Mnla.

 

Dialogue inter-malien dans le cadre du Processus d’Alger : Communiqué de la Médiation

28 nov 2014 à 02:53

Les pourparlers d’Alger entrent dans une phase plus active. Les Parties au dialogue inter-malien engagé dans le cadre du Processus d’Alger, à savoir le Gouvernement malien, la Coordination des Mouvements signataires de la Déclaration d’Alger du 9 juin 2014 et les Mouvements signataires de la Plateforme d’Alger du 14 juin 2014, ont repris la négociation sur les questions de fond à partir du 20 novembre 2014 à Alger, sous l’égide de l’équipe de médiation internationale comprenant l’Algérie, chef de file, l’ONU-MINUSMA, l’UA, la CEDEAO, l’UE et l’OCI, le Burkina-Faso, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria et le Tchad.

         Jalonnées par des exposés d’experts en matière de gestion locale dans certains pays de la région, les négociations se sont déroulées dans un cadre bilatéral (Médiation / une Partie) et triangulaire (Médiation / deux Parties) à huis clos. Les interactions directes intensives entre les Parties ont permis utilement à l’équipe de médiation de recueillir les réactions, commentaires et propositions consolidés des Parties sur le document portant « Éléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali» dont elles étaient saisies depuis octobre 2014.

         Ces réactions, commentaires et propositions ont servi de base à un travail minutieux d’enrichissement du document de la médiation avant sa présentation aux Parties à la fin des travaux sous forme de « projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali » avec ses annexes indispensables pour sa clarification, dans la perspective de réunir les consensus nécessaires à sa finalisation.

         La Médiation se félicite de l’intérêt renouvelé par les Parties pour le document qu’elle a proposé en ce qu’il constitue une base solide de travail. Elle a été également encouragée par l’esprit de franchise qui a marqué les discussions au cours de cette phase. Elle a noté avec satisfaction les progrès significatifs enregistrés dans l’identification des difficultés à surmonter. Elle entend à cet égard rester mobilisée pour aider les Parties à trouver les compromis appropriés.

         La Médiation exhorte à nouveau les différentes parties maliennes à faire preuve de courage et de détermination et à s’investir davantage, individuellement et collectivement, pour favoriser le règlement des questions en suspens de manière à parvenir, dans les meilleurs délais possibles, à un accord de paix global et définitif.

La conclusion de cet accord permettra, de toute évidence, non seulement la restauration de la paix au Nord du Mali, mais contribuera aussi de manière significative à la création des conditions permettant une lutte efficace contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

         La Médiation, afin de raffermir durablement la confiance et la compréhension mutuellesentre les Parties, appelle ces dernières à demeurer engagées de bonne foi dans le Processus d’Alger en cours, notamment en respectant leurs engagements en vertu des accords de cessez-le-feu en vigueur.

         La Communauté Internationale est vivement invitée à poursuivre son soutien au Processus d’Alger, afin d’atteindre l’objectif commun de consolidation de la paix et de la sécurité dans toute la région du Sahel.

         Alger, le 27 novembre 2014

 

Suspension des pourparlers d’Alger sur le nord du Mali

Demba KONTÉ –  Nouvel Horizon du 28 novembre 2014

Suspension du 4e round du dialogue  inter-malien d’Alger : Un nouveau rendez-vous est pris pour janvier 2015

Les négociations entre le Gouvernement malien et des groupes armés ont été suspendues jeudi à Alger sans qu’un accord n’ait été trouvé, a-t-on appris auprès des parties.

« Les négociations sont suspendues sans accord préliminaire », a annoncé Chérif Kanouté, porte-parole du Ministère malien des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et de la Coopération Internationale. Moussa Ag Assarid, porte-parole de groupe rebelles, a confirmé par téléphone depuis Alger que les discussions étaient terminées. Il a ajouté qu’une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu en janvier.

Le 4è round des négociations de paix entre le Gouvernement du Mali et les groupes armés du Nord s’est donc achevé sans accord à Alger. Les médiateurs ont demandé aux représentants des différentes parties de se retrouver en janvier 2015.

A Alger, les négociations de paix entre le Gouvernement du Mali et les groupes armés du nord se sont enlisées ces derniers jours. Pourtant, à la reprise des discussions il y a une semaine, l’espoir était de mise.

Tout serait parti d’un nouveau document soumis aux médiateurs par les groupes armés. Un document portant sur le fédéralisme que rejète le pouvoir de Bamako. Le Gouvernement malien propose plutôt une politique de décentralisation beaucoup plus approfondie.

Le Ministre algérien des Affaires Étrangères, Ramtane Lamamra a lui affirmé, hier jeudi après-midi, que le 4e round des négociations de paix entre les parties maliennes a été « extrêmement avantageux », du fait qu’il a permis « d’élargir le cercle d’entente » entre ces dernieres concernant de nombreux points.

  1. Lamamra a précisé à la fin du 4e round des assises du dialogue inter-maliens qui s’est tenu jeudi à Alger que « celui-ci a été extrêmement avantageux du fait qu’il nous a permis d’élargir le cercle d’entente entre les parties maliennes concernant de nombreuses questions et de cerner les divergences en quatre à cinq points ».

Il a ajouté qu’à travers ses contacts avec toutes les parties maliennes, le groupe de médiation que préside l’Algérie, a retenu « certaines voies pouvant nous conduire vers une plate forme de médiation à même d’amener les parties à dépasser leurs différends et d’aboutir à des formules acceptables par tous. Il a précisé que ces voies sont de nature à « permettre au processus d’Alger d’aller vers la réalisation du traité de paix globale et définitive au Mali dans le cadre de la réconciliation nationale ».

Le chef de la diplomatie algérienne s’est dit convaincu que dans les prochaines semaines, les parties maliennes auront l’occasion d’étudier le document révisé présenté par le groupe de médiation à toutes les parties et intitulé « projet de paix et de réconciliation au Mali ».

 

Fédéralisme : Le grand coup de bluff du MNLA et alliés

Moussa Camara –  L’Indicateur du Renouveau du 28 novembre 2014

L’idée d’un fédéralisme réclamé par les groupes armés de la coordination jure avec les engagements antérieurs dont la feuille de route.

L’annonce à Alger d’une idée de fédéralisme réclamé par le MNLA et ses alliés n’est pas passée inaperçue chez les Maliens. Mieux elle a provoqué un tollé général dans l’opinion nationale. Comme on pouvait s’y attendre, cette nouvelle a déclenché aussitôt une mobilisation tous azimuts.

         Jaloux de leur souveraineté et de l’intégrité de leur territoriale, les Maliens, sous l’impulsion de la société civile, ont battu le pavé pour dire non à toute velléité indépendantiste, d’autonomie ou de fédéralisme.

         Certains compatriotes visiblement révoltés ont pensé déjà que la proposition faite par les groupes armés membres de la coordination marque ipso facto la partition du pays. Il n’en est rien. Nous n’en sommes qu’à une étape : celle des propositions qui seront étudiées.

Chaque partie vient avec sa proposition à soumettre à la médiation. L’équipe de médiation internationale menée par l’Algérie se charge de recueillir les propositions faites en vue de les examiner à l’aune de la feuille de route qui sert de boussole pour orienter les négociations en cours.

L’émotion suscitée par la nouvelle passée, il importe de se poser la question sur le réalisme de cette demande de fédéralisme. Loin de nous l’idée de dire que les Maliens ne doivent pas du tout s’inquiéter mais une chose est sûre : ils peuvent être sereins que l’unité du pays sortira préservée de ces négociations.

En effet la feuille de route approuvée par tous les acteurs du processus est on ne plus clair sur l’intégrité territoriale du Mali. Le respect de l’unité du Mali et son intégrité territoriale, le respect de la forme républicaine et la laïcité du Mali figurent en bonne place parmi les principes de base de la feuille de route.

Le projet de traité de paix remis par le MNLA et ses alliés et qui réclame un Etat fédéral ne cadre pas avec l’esprit de la constitution malienne, est contraire aux engagements antérieurs comme les Accords de Ouagadougou ou encore la feuille de route. Et cette remarque a été bien faite à la coordination au moment de remettre le document.

 D’ailleurs dès l’entame de la seconde phase des pourparlers inclusifs inter-maliens la médiation n’a raté aucune occasion pour réitérer le respect scrupuleux de la feuille route. Une manière de montrer aux parties qu’elle sera intraitable au moment de l’examen des propositions.

 « Marchandage »

Les groupes armés membres de la coordination veulent-ils en réalité un Etat fédéral ? Sans répondre à leur place, l’on pourrait bien se permettre de dire cependant qu’ils sont plutôt dans une logique de négociation. Défendre contre vents et marées une idée de fédéralisme au mépris de la feuille de route est une stratégie qui consiste à placer la barre haut pour avoir la moyenne.

« On est comme au marché. Si je veux te vendre un article à 5000 F CFA, je demande 15 000 d’abord. Après marchandage on pourra s’entendre sur le prix réel. Notre intention n’est pas de nuire à l’unité du Mali », nous a confié un expert du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) au début des négociations directes entre le gouvernement du Mali et les groupes armés.

  Autre raison d’assurance, c’est la position du gouvernement. En effet le gouvernement malien se dit certes ouvert au dialogue mais ne veut pas transiger avec tout ce qui est susceptible d’écorcher la souveraineté du Mali. Le ministre malien de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, tranche de façon péremptoire que le gouvernement du Mali ne signera pas un document qui ne prenne pas sort de l’esprit de la feuille.

 

EN PLEINES NEGOCIATIONS A ALGER : Un leader du parti du PM appelle à la guerre

Alpha Mahamane Cissé – L’Indicateur du Renouveau – 28 novembre 2014

Dans une colère noire, un très proche de Moussa Mara incite au déclenchement de la guerre. Ce qui soulève des interrogations, ce au moment où le monde entier s’active à obtenir un accord de paix. Après avoir fait croire aux Maliens que la paix est à portée de main, le régime divague.

Invité sur le plateau du studio Tamani, Amadou Aya, un responsable de Yéléma, le parti du Premier ministre Moussa Mara, n’a pas trouvé rien de mieux pour l’issue de la crise au nord que d’appeler à la guerre. Une déclaration qui a non seulement surpris plus d’un au moment où le gouvernement est engagé sous l’égide de la communauté internationale dans des négociations à Alger.

Dans ce genre de situation, la logique voulait que toutes les démarches pour la résolution de la crise soient uniformes et cohérentes. Au sein de l’opinion on aurait du mal à faire la différence entre la position du chef du gouvernement et son parti. Plus grave, le représentant de Yéléma va jusqu’à minimiser la crise en qualifiant Kidal d’une population de seulement 90 000 habitants.

Dans tous les cas de figure, la sortie de l’un des proches collaborateurs de Moussa Mara pourrait avoir des répercussions sur l’issue des négociations. A la limite, on peut même penser légitimement que c’est la position du chef du gouvernement.

Mais, une chose est claire, Moussa Mara avait fait les mêmes insinuations en qualifiant les groupes armés d’une dizaine de personnes. En clair, si l’on est convaincu que ces mouvements du Nord ne sont pas représentatifs, à quoi bon de continuer à négocier sur du vide ?

En tout état de cause, il est du devoir de l’Etat de tirer cette affaire au clair et dire toute la vérité sur les péripéties des négociations d’Alger.

 Suspension des pourparlers d’Alger sur le nord du Mali

Par Reuters (Tiemoko Diallo; Henri-Pierre André pour le service français) – 27 novembre 2014 21h

Les négociations entre le gouvernement malien et des groupes principalement touaregs du Nord ont été suspendues jeudi à Alger sans qu’un accord n’ait été trouvé, a-t-on appris auprès des parties.

Les discussions portent sur le nord du pays, que les Touaregs désignent sous le nom d’Azawad. Elles doivent déboucher sur un accord de paix qui réglerait un contentieux remontant à l’indépendance, en 1960.

A quatre reprises, la question de l’Azawad a soulevé des insurrections armées pour l’indépendance ou l’autonomie. En 2012, les Touaregs ont été rejoints par des djihadistes. L’alliance provisoire entre ces groupes a pris le contrôle du nord du Mali et marché sur Bamako, provoquant l’intervention de l’armée française en janvier 2013.

« Les négociations sont suspendues sans accord préliminaire », a annoncé Chérif Kanouté, porte-parole du ministère malien des Affaires étrangères.

Moussa Ag Assarid, porte-parole de groupe rebelles, a confirmé par téléphone depuis Alger que les discussions étaient terminées. Il a ajouté qu’une nouvelle rencontre pourrait avoir lieu en janvier.

 

Pourparlers d’Alger : La rupture !

Par L’Aube – IBD  – Date: 27 Novembre 2014

Constat d’échec ! Entre le gouvernement malien et les groupes armés, les pourparlers (3ème phase), débutés le 20 novembre dernier, s’enlisent. Les deux parties, faute d’accord, étaient sur le point de se quitter hier. L’on parle même de rupture entre eux. Il semble que la délégation gouvernementale malienne s’apprête à faire ses valises et regagner Bamako, dès aujourd’hui. Pourquoi ?

Contrairement à la délégation gouvernementale qui ne tarissait pas d’éloges à l’endroit de la médiation pour avoir produit un document qui ne « parle ni d’autonomie, ni de fédéralisme encore moins d’indépendance » ; les groupes armés trouvent que le document en question n’est pas à la hauteur de la crise actuelle.

Fondamentalement, c’est l’entité politique « fédéralisme » et l’appellation « Azawad », auxquels tiennent les groupes armés, qui constituent les points d’achoppement. Or, les émissaires du gouvernement disent ne pas disposé de mandat pour se prononcer sur un éventuel statut fédéral à accorder aux régions nord du Mali. Elle propose plutôt la régionalisation. Ce qui ne convient pas aux groupes armés.

         Ceux-ci, estimant « le fédéralisme bénéfique et porteur d’une nouvelle gouvernance au Mali », s’accrochent. Et puisqu’ils sont en position de force sur le terrain, ils sont convaincus de leur capacité à faire fléchir, tôt ou tard, le gouvernement. Pour le moment, l’Etat tient ; mais pour combien de temps ? C’est là toute la question. Ce qui semble évident, c’est que le délai de 100 jours, estimé pour arriver à un accord définitif, est intenable. L’autre pomme de discorde : l’appellation ‘’Azawad’’. Cette revendication est intimement liée à la première.

         En effet, les groupes veulent séparer les trois régions du nord du reste du pays, et cette zone sera baptisée Azawad. Aussi, l’allocation des 30% des ressources budgétaires auxdites régions et la reconnaissance des crimes commis contre les populations du nord depuis les indépendances,  constituent des points de divergences entre le gouvernement et les groupes armés.

         Ces revendications, consacrant de fait la partition du Mali, auraient été entièrement rejetées par la délégation gouvernementale qui aurait subi les pires humiliations de la part des émissaires des groupes armés à Alger. C’est dans ce climat de dialogue de sourds, que les deux délégations se seraient quittées, hier. Et la partie malienne aurait fait ses bagages pour regagner Bamako. Dans les coulisses, l’on parle tout simplement de rupture.

         D’autant que la médiation semble assister impuissante à la détérioration du climat entre les parties. En effet, selon des témoignages, les représentants des groupes armés n’ont pas cessé de multiplier des critiques à l’adresse du régime d’IBK et du Mali. « Même s’il faut attendre 10 ans, nous allons obtenir le fédéralisme ou l’indépendance de l’Azawad, au besoin par les armes, s’il le faut » lançaient des délégués du Mnla.

Fanfaronnade ? Défi ? Les deux peut-être.

 Pourparlers inclusifs inter-maliens : les séparatistes remettent sur la table le projet de fédéralisme, le gouvernement et les groupes d’autodéfense s’y opposent

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant du 25 Novembre 2014

Les groupes armés séparatistes du nord et le gouvernement malien ont entamé le troisième round des pourparlers inter-maliens dans la capitale algérienne en vue de la signature d’un accord de paix. Le samedi 22 novembre, à l’issue d’un face-à-face entre le gouvernement et lesdits groupes, des blocages sont apparus non seulement sur le mode de gestion des régions du nord mais sur le mot » Azawad « . Les groupes séparatistes ( MNLA, HCUA, MAA) ont remis sur la table leur projet de fédéralisme. Il a été rejeté non seulement par le gouvernement mais aussi par les mouvements d’autodéfense(MAA pro Mali, CMFR, GATIA, CPA).

Le dialogue inclusif inter-malien, qui a repris le jeudi 20 novembre, s’est poursuivi hier lundi à huis clos dans la capitale algérienne entre le gouvernement malien et les représentants des groupes politico-militaires séparatistes de la région du nord ayant adhéré au processus de négociations sous la conduite de l’Algérie. L’équipe de médiation, le gouvernement malien et lesdits groupes armés doivent discuter de la quintessence du document global des négociations qui leur a été soumis au mois d’octobre dernier.

Les différentes parties doivent aussi examiner les revendications des groupes séparatistes et les propositions du gouvernement malien.Après plusieurs heures de discussions, les négociations ont buté sur un certain nombre de points. Les représentants du mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et leurs alliés du HCUA et du MAA ont insisté pour que le nom » Azawad » soit maintenu dans l’accord. Le gouvernement malien a affiché un refus catégorique et exprimé sa volonté de ne pas voir apparaitre ce nom dans aucun des documents.

Des blocages sont aussi apparus quant au mode de gestion des régions du nord.

Les groupes séparatistes ont insisté pour une autonomie de gestion des régions du nord, le gouvernement a refusé, demandant à ce que le mode de gouvernance locale proposé par la délégation officielle et qui permet aux collectivités territoriales de se développer économiquement soit pris en compte.

Quatre autres mouvements armés la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA) dissidence du MNLA, le mouvement arabe de l’Azawad (MAA favorable à l’unité nationale), la Coordination des mouvements et forces de résistance (CMFR) et du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et Alliés (GATIA) ont rejeté tout projet de fédéralisme.

Le ministre des affaires étrangères Abdoulaye Diop cité par la presse a déclaré depuis Alger : » Chacune des parties a donné son point de vue sur le document de la médiation en toute franchise, avec les arguments nécessaires. Nous avons défendu la position du gouvernement tout en valorisant la qualité du travail qui a été fait par l’équipe de la médiation ; tout en mettant en avant les points qui sont les plus importants pour le gouvernement. Nous avons écarté ce qui n’est pas acceptable à ce stade des négociations en particulier les notions de fédéralisme et de l’Azawad et nous avons expliqué pourquoi. Je crois que l’équipe de la médiation a pris bonne note de ces différents éléments. Nous sommes venus dans ce processus avec la détermination d’aboutir à la paix. Nous pensons que chacun de nous doit faire un effort dans ce cadre, et faire preuve de retenue et d’un engagement réel… « .

Face à la situation, les partenaires du dialogue inter-malien ont appelé le gouvernement malien et les représentants des groupes politico-militaires séparatistes à des « compromis » pour parvenir à » une paix durable et globale « .

 

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :