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Ebola : le Mali reste sur le qui-vive

by sur 3 décembre 2014

Retour sur la manière dont le virus a franchi la frontière guinéenne

Ebola : le Mali sur le qui-vive

Jeune Afrique – 02/12/2014 à 16:24 Par Dorothée Thiénot

Au moins 35 centres d’isolement ont été mis en place dans le sud-ouest du Mali. © AFP

Une enquête a été ouverte pour savoir comment le virus a pu arriver au Mali. Et pour comprendre pourquoi le gouvernement n’a pas été averti après le décès d’un imam guinéen.

La bonne nouvelle aura été de courte durée. À peine le premier foyer d’Ebola était-il déclaré éteint (la fillette de 2 ans décédée le 24 octobre à Kayes n’a été source d’aucune contamination secondaire) qu’un autre apparaissait, en plein coeur de la capitale.

Cette fois encore, le virus est passé par Kourémalé, une ville à cheval sur la frontière entre la Guinée et le Mali. C’est là qu’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) s’est rendu, le 17 novembre : « C’est une question de défense nationale, a-t-il déclaré. Je suis venu vous dire qu’Ebola est combattu vigoureusement au Mali. Ebola sera vaincu. » Une information judiciaire a été ouverte pour comprendre comment le virus est arrivé à Bamako et, surtout, pourquoi le gouvernement n’en a pas été immédiatement averti.

C’est un Guinéen de 70 ans, Oussou Koita, qui a cette fois servi de vecteur à la maladie. Depuis son décès, le 27 octobre à Bamako, plus de 400 contacts ont été recensés : chacun d’entre eux est tenu de se présenter deux fois par jour dans un centre médical afin que sa température soit prise et que d’éventuels cas suspects soient détectés.

Muni d’un certificat des autorités de santé obtenu grâce à l’intervention d’un chef de village, le vieil homme est conduit à Bamako par la piste pour éviter les points de contrôle.

Que sait-on de lui ? Qu’il est l’imam de Kourémalé, mais que, quand les premiers symptômes apparaissent, le 17 octobre, c’est dans une clinique privée de la ville voisine de Siguiri qu’il est d’abord conduit. Son état ne s’améliorant pas, son fils décide quelques jours plus tard de l’emmener dans une autre clinique, située du côté malien de Kourémalé. Deux jours plus tard, sa famille décide de le faire hospitaliser à Bamako. Muni d’un certificat des autorités de santé, sans lequel il n’aurait pas été autorisé à circuler et obtenu grâce à l’intervention d’un chef de village, le vieil homme est conduit à Bamako par la piste pour éviter les points de contrôle.

Les cinq personnes – dont l’imam – arrivent à destination. Elles sont accueillies par un concitoyen, Issa Keita. C’est lui qui, le 26 octobre, accompagnera Oussou Koita à la clinique Pasteur. Il y mourra le lendemain. Les jours suivants, son corps transite par une mosquée de Bamako, avant d’être rapatrié en Guinée… Sans que jamais les autorités en soient informées. Les proches de l’imam sont depuis tous tombés malades. Le 10 novembre, Issa Keita et un infirmier de la clinique décèdent à leur tour. Cette fois-ci, l’alerte est donnée.

Pourquoi la clinique a-t-elle mis plus de dix jours à réagir ? Une enquête a été ouverte. « Pour le moment on n’accuse personne, mais tout n’a pas été dit sur ce qu’il s’est passé à Pasteur », explique-t-on au ministère de la Santé. Seul le médecin chef, qui est depuis décédé, aurait averti les autorités, le 10 novembre – mais pour le seul cas de l’infirmier, pas pour celui de l’imam. À Bamako, on rappelle que cette clinique est réputée pour être la meilleure de la ville et qu’elle ne souhaitait sans doute pas perdre sa clientèle.

Un contrat la liait avec la mission onusienne au Mali ; le 15 novembre, la Minusma a d’ailleurs décidé de ne pas le reconduire… Le 20 novembre, une vingtaine de Casques bleus, pour la plupart blessés dans le Nord, y étaient encore soignés et placés en quarantaine.

On n’est jamais trop prudent

Au moins 35 centres d’isolement ont été mis en place dans le sud-ouest du Mali et 20 lits sont prêts à accueillir les malades dans la capitale. Bamako a toujours refusé de fermer ses frontières avec la Guinée, mais depuis un peu plus de trois mois des équipes de santé étaient formées dans l’attente d’une propagation du virus. « Toutes les structures de santé, publiques comme privées, ont bénéficié d’une formation sur la maladie, explique Markatié Daou, le porte-parole du ministère de la Santé. C’est pourquoi nous ne comprenons pas qu’aucun test n’ait été pratiqué à la clinique Pasteur. »

 

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