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Pourparlers intermaliens en 2015 : Qui y gagne ?

by sur 3 décembre 2014

Nous nous sommes exprimés il y a quelques jours en estimant que le report des pourparlers d’Alger à janvier 2015 sans qu’un accord soit trouvé, n’était décidément pas une bonne chose.

D’autres points de vue se font entendre, nous en rendons compte. De même que des scissions apparaissent à nouveau chez les groupes armés. Nous publions ci-dessous, d’abord le texte proposé par la médiation (il est long), et qui entrera en discussions en janvier prochain.

Puis un certain nombre de réactions et points de vue.

A chacun de se faire le sien, en espérant que les Maliennes et les Maliennes s’y retrouvent ce qui est finalement l’essentiel.

Et c’est là que le bât blesse : tiré du rapport « Les Maliens veulent un pays uni et que justice soit faite au lendemain du conflit »,  l’enquête d’Afrobaromètre montre que la réconciliation nationale passe nécessairement par la capacité de chaque citoyen à s’identifier à son compatriote, à lui accorder sa confiance et à le considérer comme « son frère ».

Malheureusement, les chiffres démontrent que le travail pour le rétablissement de la confiance mutuelle entre les maliens reste encore immense. L’étude a révélé par exemple une grande méfiance des bambaras à l’égard des touaregs.

Projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali : Le Nord (Azawad) d’abord, le Mali à jamais

Le Zénit Balé du 3 déc 2014 à 02:20

Partis à Alger pour des pourparlers autour de la paix, les protagonistes en sont à préparer la guerre autour de la partition du Mali. Car les Maliens n’accepteront pas et IBK ne signera jamais ce texte tel que présenté.

Ce projet d’accord (31 pages), en date du 27 novembre 2014, est une version qui consacre tous les vœux des terroristes et autres assaillants coupables de la violence cyclique qui a causé des souffrances indicibles dans notre pays. Et face à ces apatrides, il est demandé à l’Etat malien de se mettre à genoux, sous le commandement de la Communauté internationale qui finance le terrorisme (voir dans nos parutions : Fruits rouges).

Et d’ailleurs, c’est désormais avec les intégrés que la Communauté internationale s’engage à lutter contre le terrorisme au Mali, alibi pour leur fournir des armes contre le Mali : « Les Parties conviennent de la mise en place, en tant que de besoin et avec la participation effective des éléments intégrés, issus des mouvements, d’unités spéciales aux fins de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée ».

Nous vous proposons ci-dessous un extrait du projet d’accord :

Préambule

Nous, Gouvernement de la République du Mali et Mouvements signataires… ;

Réunis à Alger dans le cadre du processus de négociations défini par la Feuille de route que nous avons adoptée à Alger, le 24 juillet 2014, en vue de parvenir à un Accord pour une paix globale et durable garantissant une solution définitive à la crise qui affecte les régions du nord du Mali, appelées par certains  » Azawad  » ;

Exprimant notre profonde reconnaissance à l’Algérie, en tant que Chef de file de la Médiation, ainsi qu’à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest(CEDEAO), l’Union africaine (UA), les Nations unies, l’Union européenne (UE) et l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, membres de l’Equipe de Médiation;

Ayant procédé à une analyse approfondie de la situation du Mali, en général, et en particulier celle des régions du Nord, appelées par certains  » Azawad « , marquées notamment par une violence cyclique doublée d’une mauvaise gouvernance qui n’a pas permis aux populations locales de participer effectivement à la gestion de leurs propres affaires et qui a engendré l’exode massif des communautés ainsi qu’une très grande pauvreté et un retard considérable en terme de développement socioéconomique par rapport au reste du pays, causant des souffrances indicibles, et exacerbant l’incompréhension entre communautés;

Reconnaissant la nécessité d’une gouvernance conforme aux spécificités géo historiques et socio-culturelles de ces régions ;

Déterminés à éliminer définitivement les causes profondes de la situation actuelle et à promouvoir une véritable réconciliation nationale fondée sur une réappropriation de l’Histoire et la reconnaissance des dérives qui ont été à l’origine de la marginalisation d’une composante de notre peuple ;

Convaincus de la nécessité de reconstruire l’unité nationale du pays sur des bases novatrices, qui respectent son intégrité territoriale, tiennent compte de sa diversité ethnique et culturelle et de ses spécificités géographiques et socio-économiques, en même temps qu’elles permettent de valoriser la contribution des différentes composantes de notre peuple à l’édification d’un Mali nouveau, dans le respect de son unité et de son intégrité territoriale ;

Reconnaissant la nécessité de restaurer sans délai la sécurité, promouvoir durablement la paix et la stabilité dans notre pays et traduire dans la réalité les règles de bonne gouvernance, de transparence dans la gestion, de respect des droits de l’homme, de la justice et de lutte contre l’impunité;

Reconnaissant l’impératif de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée ;

Réitérant notre attachement aux instruments africains et internationaux pertinents;

Ayant à l’esprit les Accords antérieurs, ainsi que les difficultés rencontrées dans leur mise en oeuvre et leur suivi ;

Convenons de ce qui suit :

TITRE I : DES PRINCIPES ET ENGAGEMENTS GENERAUX

Chapitre 1 : Des principes

Article 1 : Les Parties, dans l’esprit de la Feuille de route, réitèrent leur attachement aux principes ci-après :

  1. respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et laïque ;
  2. respect et promotion de la diversité culturelle et linguistique et valorisation de la contribution de toutes les composantes du peuple malien, en particulier les femmes et les jeunes, à l’œuvre de construction nationale ;
  3. prise en charge par les populations de la gestion effective de leurs propres affaires, à travers un système de gouvernance prenant en compte leurs aspirations et leurs besoins spécifiques;
  4. promotion d’un développement équilibré de l’ensemble des régions du Mali tenant compte de leurs potentialités respectives;
  5. rejet de la violence comme moyen d’expression politique;
  6. recours au dialogue et à la concertation pour le règlement des différends ;
  7. respect des droits de l’Homme, de la dignité humaine et des libertés fondamentales et religieuses;
  8. Lutte contre la corruption et l’impunité ;
  9. lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et les autres formes de criminalité transnationale organisée.

Chapitre 2 : Des engagements généraux

Article 2 : Les Parties s’engagent à mettre en œuvre, intégralement et de bonne foi, les dispositions de l’Accord, reconnaissant la responsabilité première des Parties à cet égard.

Article 3 : Les Parties conviennent que les Institutions de l’Etat malien prendront les dispositions requises pour la révision de la Constitution et pour l’adoption des mesures législatives et règlementaires nécessaires consacrant les dispositions du présent Accord et sa mise en œuvre.

Article 4 : Les Parties conviennent qu’une Charte nationale pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale sera élaborée, sur une base consensuelle, pour prendre en charge les dimensions mémorielles, identitaires, historiques et culturelles qui constituent les fondements de la Nation malienne.

Article 5 : les Parties conviennent que les dispositions de portée nationale arrêtées dans l’Accord seront mises en œuvre prioritairement dans les régions du Nord du Mali, sans préjudice des mesures spécifiques convenues pour cette partie du pays.

Ces dispositions sont applicables aux autres régions du pays.

Article 6 : les Parties conviennent qu’une période intérimaire s’ouvrira dès la signature de l’accord,

Article 7 : Les Parties demandent à la communauté internationale d’être politiquement garante du respect de l’Accord et d’accompagner effectivement la mise en œuvre de ses dispositions en s’impliquant pleinement dans le mécanisme de suivi et d’évaluation prévu à cet effet.

TITRE II: QUESTIONS POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES

Chapitre 3 : Cadre institutionnel et réorganisation territoriale

Article 8 : Les Parties conviennent de mettre en place une architecture institutionnelle et de développement permettant aux populations du Nord de gérer leurs propres affaires, sur la base du principe de libre administration et assurant une plus grande représentativité de ces populations au sein des institutions nationales.

A cet effet, il est notamment prévu la mise en place :

Au niveau local

  1. de Collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel, bénéficiant d’un très large transfert de compétences et jouissant des pouvoirs juridiques, administratifs et financiers nécessaires. Dans ce cadre, la région sera dotée d’une Assemblée régionale élue au suffrage universel direct et élira à son tour son Président, qui est également le chef de l’Exécutif et de l’Administration de la région.
  2. d’une Zone de Développement des Régions du Nord du Mali, dotée d’un Conseil consultatif interrégional constitué des Représentants des Assemblées régionales concernées et chargé exclusivement de la coordination des efforts visant à accélérer le développement socio-économique local et d’autres questions connexes.
  3. Cette Zone sera dotée d’une Stratégie spécifique de développement élaborée conjointement par les Parties avec l’appui des partenaires internationaux et financée notamment par un Fonds pour le développement durable. Une Conférence d’appel de fonds pour le financement de la Stratégie sera organisée après la signature de l’Accord. La Zone bénéficie également, de façon prioritaire, des dispositifs de soutien par l’Etat prévus dans le présent Accord.
  4. Deux ou plusieurs autres régions peuvent, dans des conditions déterminées par la loi, constituer des entités intégrées et mettre en place les instances requises, afin de mieux promouvoir leur développement économique et social, dans la limite de leurs compétences en ce domaine, telles qu’énumérées dans l’Accord.
  5. II est reconnu aux régions, individuellement ou intégrées, le droit d’adopter la dénomination officielle de leur choix.
  6. Les cercles et les communes sont dotés d’organes délibérants (Conseil de cercle et Conseil communal) élus au suffrage universel direct dirigés par des bureaux ayant une fonction exécutive, avec à leur tête un Président de cercle et un Maire élus.
  7. II peut être procédé, par voie législative et conformément aux aspirations et besoins spécifiques des populations concernées, à un redécoupage administratif des différentes collectivités territoriales, dans une démarche de concertation entre elles et l’Etat, en tenant compte de facteurs liés à la viabilité économique, à la cohésion sociale et à la cohérence territoriale.
  8. Il est prévu la création à côté des organes des collectivités territoriales, de collèges consultatifs composés de toutes les sensibilités sociales, y compris les femmes et les jeunes, pour renforcer la participation locale au processus de prise de décision et assurer une meilleure implication dans les initiatives de développement socio-économique les concernant.
  9. II est prévu la création d’une Force de Sécurité intérieure (police territoriale) qui sera placée sous l’autorité des collectivités territoriales, dans le cadre de leurs pouvoirs de police.

Au niveau national

Afin de favoriser une plus grande représentativité des populations des régions du Nord, appelées par certains  » Azawad « , au sein des institutions nationales, les mesures ci-après sont convenues:

  1. La création d’une deuxième Chambre (Sénat), représentant les collectivités territoriales et les notabilités traditionnelles et religieuses et constituant, avec l’Assemblée nationale, le Parlement du Mali. Un quota de sénateurs sera réservé aux notabilités traditionnelles régionales et aux femmes. Une Commission au sein du Sénat sera créée et chargée de veiller au respect des équilibres convenus dans l’accord et des spécificités culturelles et régionales.

A ce titre, le Gouvernement présente au Sénat des rapports semestriels sur les progrès accomplis en la matière.

  1. L’amélioration de la représentativité de l’Assemblée nationale par une plus grande représentation des populations du nord du Mali. Le ratio député/habitants qui est actuellement de 1/60 000 habitants pour les régions du Nord, passera à 1/30 000, et au moins un député par circonscription.
  2. La représentation équitable des ressortissants des communautés du Nord du Mali dans les institutions et grands services de la République (Gouvernement, diplomatie, sociétés d’Etat, etc.). De plus, un nombre minimum à convenir de postes ministériels, y compris dans les secteurs de Souveraineté, devront revenir à des personnalités issues du Nord Le Gouvernement présente au Sénat des rapports annuels sur les progrès accomplis en la matière.
  3. L’augmentation du nombre des sièges dans les organes délibérants, pour assurer une meilleure représentation des différentes composantes de la société, y compris les communautés pastorales et agropastorales et ce afin de renforcer la démocratie dans la gestion des collectivités territoriales.
  4. La valorisation du statut des autorités traditionnelles à travers leur prise en charge et la prise en compte dans les règles de protocole et de préséance.
  5. La revalorisation du rôle des Cadis dans la distribution de la justice, notamment en ce qui concerne la médiation civile, de manière à tenir compte des spécificités culturelles et religieuses.

Chapitre 4 : Répartition des pouvoirs et compétences

Article 9 : Les Parties reconnaissent la nécessité d’un partage judicieux des missions et responsabilités entre l’Etat et les collectivités territoriales, pour assurer le niveau d’efficacité requis et la prise en compte des besoins et demandes des citoyens et des communautés à la base.

Article 10 : Les régions sont compétentes, dans un cadre général préalablement défini par voie législative et réglementaire, dans les matières ci-après:

  1. plan et programme de développement économique, social et culturel ;
  2. aménagement du territoire ;
  3. création et gestion des équipements collectifs et des services sociaux de base (éducation de base et formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication relevant du domaine régional, énergie, hydraulique et assainissement) ;
  4. agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme ;
  5. budgets et comptes administratifs régionaux ;
  6. établissement et application d’impôts et de recettes propres sur la base de paramètres déterminés par l’Etat ;
  7. institutions de redevances ;
  8. acceptation et refus de dons, subventions et legs;
  9. octroi de subventions;
  10. prises de participation;
  11. négociation et signature d’accords de coopération décentralisée et de jumelage; et
  12. sécurité, maintien de l’ordre et protection civile.

Article 11 : Les délibérations des collectivités territoriales sont exécutoires dès leur publication et transmission au représentant de l’Etat. La répartition des compétences entre les différentes collectivités territoriales est déterminée par la loi, sur la base du principe de subsidiarité.

Chapitre 5: Représentation de l’Etat et contrôle de légalité

Article 12 : L’Etat nomme auprès des collectivités territoriales un Représentant, appelé  » Délégué du Gouvernement  » pour la région,  » Préfet  » pour le Cercle et  » Sous-préfet  » pour la Commune, aux fins de préserver l’intérêt général. A ce titre, il relaie la politique du Gouvernement sur les grands projets et facilite les politiques de développement économique et social et d’aménagement du territoire, y compris la négociation des conventions – programmes Régions – Etats et Régions intégrées – Etat.

Article 13 : L’Etat, à travers son Représentant, exerce un contrôle de légalité (contrôle à posteriori) sur certains actes administratifs des collectivités territoriales dans les domaines relevant de leurs compétences, pour s’assurer de leur conformité à la loi. La liste des acteurs susceptibles d’un contrôle de légalité, ainsi que les modalités d’exercice de ce contrôle sont définies par la loi.

Article 14 : Sans préjudice des prérogatives de l’Etat dans le cadre de ses compétences exclusives, les Parties conviennent d’une procédure de consultation préalable entre le pouvoir central et les régions sur :

  1. la réalisation des projets de développement décidés par l’Etat et les organismes publics ou privés concernant ces entités;
  2. les nominations des responsables des structures relevant de l’Etat ;
  3. l’exploitation des ressources naturelles, notamment minières.

Chapitre 6: Financement et moyens

Article 15 : En plus de la fixation des taux des taxes, redevances et impôts locaux, tel que stipulé dans l’Accord, chaque région jouit de la latitude de créer des impôts adaptés à sa structure économique et à ses objectifs de développement dans le cadre de la loi.

Article 16 : Le Gouvernement s’engage à mettre en place, d’ici l’année 2018, un mécanisme de transfert de 30% des recettes budgétaires de l’Etat aux collectivités territoriales, sur la base d’un système de péréquation, avec une attention particulière pour les régions du Nord, selon des critères à déterminer.

Article 17 : L’Etat rétrocède aux collectivités territoriales concernées un pourcentage des revenus issus de l’exploitation, sur leur territoire, de ressources naturelles, notamment minières, selon des critères à définir d’un commun accord, étant entendu que ces ressources ne peuvent être affectées qu’au financement d’investissements d’intérêt général.

Article 18 : Le Gouvernement s’engage à :

  1. transférer aux collectivités territoriales les services déconcentrés relevant de leurs domaines de compétence;
  2. rendre plus attrayante la fonction publique territoriale, prioritairement dans les régions du nord du Mali;
  3. déconcentrer le recrutement dans la fonction publique territoriale, dont 50% des effectifs seront réservés aux ressortissants des régions du Nord.

Article 19 : Une Agence de développement régional est mise en place au niveau de la région et intégrée à l’administration régionale. Elle est placée sous l’autorité du Président de l’Assemblée régionale, devant laquelle elle est responsable. Elle a pour mission de renforcer la capacité de maitrise d’ouvrage des régions et de permettre un suivi approprié de la mise en oeuvre des engagements pris par le Gouvernement en faveur des régions, tel que stipulé dans l’Accord.

Article 20 : Des conventions – programmes Régions – Etat et Régions intégrées – Etat seront conclues en vue de la mise en place de programmes d’investissement pluriannuels structurants et de la réglementation des obligations de l’Etat en matière de développement économique et social. La Zone de Développement des Régions du Nord appelée par certains  » Azawad « , bénéficie, de façon prioritaire, de ce mécanisme.

TITRE III: QUESTIONS DE DEFENSE ET DE SECURITE

Chapitre 7 : Mesures de confiance et de stabilisation

Article 21 : Les Parties réitèrent leur engagement à respecter scrupuleusement l’Accord préliminaire de Ouagadougou du 18 juin 2013, l’Accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014 et la déclaration de cessation des hostilités signée à Alger, le 24 juillet 2014, et ce en prélude au redéploiement de l’Armée malienne, au cantonnement des éléments des mouvements armés et à la mise en oeuvre du programme de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de réinsertion (DDRR).

Chapitre 8 : Cantonnement et désarmement, démobilisation, réintégration et réinsertion

Article 22 : Les Parties conviennent de la mise en place, au plus tard 60 jours après la signature de l’Accord, d’une commission nationale pour le DDRR, comprenant les représentants du Gouvernement et des mouvements armés, pour mener à bien le processus de cantonnement et de DDRR, en consultation, avec les populations locales; cette commission travaillerait en étroite collaboration avec le comité de suivi du présent Accord, garant de la mise en oeuvre de ce processus.

Article 23 : Le processus de cantonnement des combattants, qui vise à recenser les combattants éligibles au programme DDRR, commence dès la mise en place des conditions minimales nécessaires dans les sites retenus à cet effet, étant entendu que ce processus tiendra compte des impératifs liés à la sécurisation des villes par les forces en présence et à la conduite des patrouilles mixtes, susmentionnées. Ce processus est mené avec le soutien de la Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Article 24: Le processus DDRR se déroule au fur et à mesure du cantonnement des combattants, selon un chronogramme arrêté par la Commission nationale pour le DDRR. Ce processus s’achève au plus tard une année à compter de la signature de l’Accord et doit permettre soit la réintégration au sein des corps constitués de l’Etat y compris au sein des forces de défense et de sécurité, soit leur réinsertion dans la vie civile dans le cadre de projets de développement ciblés.

Article 25 : La Commission nationale pour le DDRR traite des questions spécifiques liées au sort des combattants et formule notamment des recommandations au sujet de l’absorption et de la réinsertion, l’intégration et de la réintégration des ex-combattants, en tenant compte de tous les paramètres pertinents, y compris les impératifs de réconciliation nationale et de renforcement de la cohésion nationale.

Chapitre 9 : Redéploiement des Forces de défense et de sécurité

Article 26 : Les forces de défense se redéployeront, de manière progressive et sur une période d’une année à compter de la signature de l’Accord, sur l’ensemble des régions du nord du pays.

Article 27 : Les forces de sécurité intérieure se redéployeront, de manière progressive et sur une période d’une année à compter de la signature de l’Accord, dans les villes des régions du nord du pays et leurs environs immédiats.

Article 28 : Le redéploiement des forces mentionnées ci-dessus s’effectue de façon concomitante au cantonnement et au processus DRR, sous la conduite du Mécanisme Opérationnel de coordination, avec l’appui de la MINUSMA, selon un chronogramme à déterminer avec le soutien du Comité de suivi de l’Accord.

Article 29 : Les forces redéployées devront inclure un nombre significatif de ressortissants des régions du Nord du pays, y compris dans le commandement, de façon à conforter le retour de la confiance et faciliter la sécurisation progressive de ces régions. Dans ce cadre, les Parties arrêteront les modalités d’intégration des éléments ayant appartenu au Mécanisme Opérationnel de coordination aux structures de commandement de l’Armée.

Chapitre 10 : Réorganisation des Forces de défense et de sécurité

Article 30 : Les Parties conviennent de la nécessite d’entreprendre, en profondeur, une Réforme du secteur de la défense et de la sécurité (RSDS), en tirant les leçons des expériences passées et en s’appuyant sur le Document-cadre de I’UA sur la Réforme du secteur de la sécurité (RSS) et les documents pertinents des Nations unies et autres instruments internationaux, ainsi que sur les bonnes pratiques en la matière.

Article 31: Le Gouvernement prendra, avec l’aide des partenaires internationaux, toutes les dispositions nécessaires pour la mise en place d’institutions de défense et de sécurité aptes à répondre aux besoins sécuritaires du pays et à contribuer à la promotion de la sécurité régionale, et ce sur la base des principes suivants: soumission à l’autorité civile, professionnalisme, représentativité et prise en compte de la diversité nationale, respect des droits humains, ainsi que de l’obligation de rendre compte à la nation.

Article 32 : Les Parties conviennent de mettre en place, au plus tard 30 jours après la signature de l’Accord, un Conseil national pour la RSS, suffisamment représentatif et associant les différentes communautés, en vue d’entreprendre une réflexion approfondie sur une nouvelle vision nationale de la sécurité et de la défense. Dans ce cadre, le Conseil national examinera les politiques publiques de défense et de sécurité, les missions, l’organisation et le statut des forces, ainsi que les modalités de renforcement des capacités opérationnelles, de la chaine de commandement et de la discipline, de moralisation des recrutements et du maillage du territoire en fonction des menaces et vulnérabilités identifiées.

Article 33: Le Conseil national pour la RSS fait des recommandations sur des mécanismes novateurs en ce qui concerne les nominations aux postes dans les grands commandements et services, aux fins de renforcer la cohésion nationale.

Article 34 : Le Conseil national pour la RSS, au plus tard 15 jours après sa mise en place, adopte un programme d’activités comportant un chronogramme détaillé.

Article 35 : Dans le contexte de la réforme des Forces de défense et de sécurité, il sera procédé à la création d’une police placée sous l’autorité des collectivités territoriales, dans le cadre de leurs pouvoirs de police. L’Etat maintient ses propres forces de sécurité intérieure (Garde nationale, Gendarmerie et Police) lesquelles coordonneront leur action en tant que de besoin avec la Police territoriale, dans le cadre défini par la loi et des textes règlementaires appropriés.

Article 36 : Des comités consultatifs locaux de sécurité (CCSL) regroupant les représentants de l’Etat, des autorités régionales, des communautés et des autorités traditionnelles, sont mis en place et placés sous l’autorité du chef de l’Exécutif local.

Chapitre 11 : La lutte contre le terrorisme

Article 37 : Les Parties réitèrent leur engagement à combattre le terrorisme et ses multiples connexions que sont le crime organisé et le trafic de drogue jusqu’à leur éradication.

Article 38 : Les Parties conviennent de la mise en place, en tant que de besoin et avec la participation effective des éléments intégrés, issus des mouvements, d’unités spéciales aux fins de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

Article 39 : Les Parties s’engagent, dans le cadre de la définition d’une nouvelle vision des institutions de défense et de sécurité, à prendre en compte la dimension régionale de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, de manière à contribuer effectivement aux efforts régionaux dans ce domaine, notamment ceux déployés dans le cadre du Processus de Nouakchott sur le renforcement de la coopération sécuritaire et de l’opérationnalisation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité dans la région sahélo-saharienne et la Stratégie globale des Nations unies sur la lutte contre le terrorisme.

Nord du Mali: à Bamako, on refuse de parler d’échec des négociations

Par RFI  – Publié le 03-12-2014 Modifié le 03-12-2014 à 05:14

La dernière phase des négociations entre Bamako et les groupes armés du nord du Mali a eu lieu la semaine dernière à Alger. Des discussions houleuses qui n’ont pas permis d’élaborer un projet d’accord : les différentes parties sont rentrées chez elles avec une nouvelle proposition de texte de la médiation. Hier, plusieurs ministres de retour d’Alger se sont exprimés devant la presse et ont tenté d’expliquer qu’il n’y avait pas d’enlisement des négociations.

« Impasse », « blocage » sont des termes récusés. Si les ministres maliens de retour des négociations reconnaissent « une atmosphère dure au départ », ils s’efforcent de ne pas faire de provocation ni de surenchère. Ousmane Sy, ministre de la Décentralisation, évoque même les moments de détente passés avec ses « frères » des parties adverses : « En sortant de la salle, raconte-t-il, on se prend les uns les autres par les épaules, on va dans les chambres les uns des autres pour boire du thé. C’est le symbole de quoi ? C’est le symbole que la nation malienne est intacte. »

Les ministres maliens parlent d’une « avancée », même s’ils admettent que la nouvelle proposition transmise par la médiation ressemble beaucoup à la précédente. Le texte doit servir de base pour un accord de paix final.

Des ambiguïtés dans le texte

Hamadou Konaté, ministre du Développement des régions du Nord, pointe aussi certaines ambiguïtés : « A certains moments, on dit « Etat » au singulier, à d’autres moments on dit « Etats » au pluriel. C’est ambigu, souligne-t-il. Toujours dans le document, on parle de « région intégrée ». Il se trouve que ça fait partie des points pour lesquels des questions ont été posées et des désaccords ont été exprimés. »

En dehors de ces ambiguïtés, à lever, le gouvernement malien a de quoi être satisfait puisque le texte ne parle toujours pas de fédéralisme, comme le demandent les groupes rebelles, et garantit l’intégrité territoriale du Mali, sa forme républicaine et laïque, ainsi que l’unité et la souveraineté de l’Etat.

Coordination des mouvements de l’Azawad : l’aile dissidente bientôt à Bamako

Le Journal du Mali -Par Moussa CAMARA – 02/12/2014

Dans la capitale malienne, elle doit venir marquer solennellement son désaccord avec les revendications maximalistes de la coordination. Et rallier la position du gouvernement malien.

La coordination des mouvements de l’Azawad, qui regroupe le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés, accuse le coup juste quelques jours après la suspension de la 3ème phase des pourparlers inclusifs inter-maliens d’Alger. Certains de ces membres ont décidé de tourner casaque. Et pour cause : ils n’apprécient pas les revendications maximalistes de la coordination notamment son obstination à réclamer une fédération et d’appeler les régions du nord du Mali Azawad.

C’est ainsi que dans une lettre datée du 29 novembre, le Front populaire de l’Azawad notifie sa démission de la coordination des mouvements de l’Azawad. Le front regrette les blocages permanents et les malentendus le long des pourparlers du processus d’Alger, les souffrances croissantes des populations, l’absence d’un plan d’urgence au bénéfice des populations de l’Azawad et craint le risque d’une impasse aux conséquences dangereuses. Quelques unes des raisons qui ont suffi pour prendre ses responsabilités.

Le colonel Hassane Ag Medhi et ses hommes font donc désormais le choix de se rapprocher des autorités du Mali pour l’intérêt général du pays sans renoncer à la demande d’une amélioration des conditions de vie des populations du nord. Ils ne sont pas seuls, ils sont suivis par d’autres éléments de la coordination de la région de Gao qui ont finalement daigné souscrire à l’idée de la décentralisation poussée proposée par l’Etat.

Du coup ils rejettent toute idée de fédéralisme et sont désormais prêts à abandonner l’appellation Azawad pour désigner les régions du nord. « On ne se reconnaît plus dans ces revendications maximalistes. On ne va pas se laisser aller par l’attitude radicale de la coordination de Kidal », nous a déclaré un dissident de la coordination de la région de Gao qui a préféré requérir l’anonymat pour le moment.

Ce nouveau groupe dissident de la coordination des mouvements de l’Azawad entend faire une déclaration à Bamako dans les tout prochains jours. « Nous allons avoir une rencontre d’informations et d’échanges demain. Et nous allons bientôt se rendre à Bamako pour marquer solennellement notre désapprobation de la position de la coordination et affirmer notre convergence de vue avec le gouvernement du Mali », a laissé entendre notre interlocuteur.

 Echec des pourparlers inter-maliens à Alger : Les vraies raisons d’un blocage

Amadou SANGHO – Par Le Prétoire – Date: 02 Décembre 2014 

Cela fait 5 mois que le Gouvernement malien et groupes armés multiracials d’obédience terroriste se rencontrent intermittemment à Alger pour tenter de trouver une issue heureuse à la crise malienne. A ce jour, aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon en dépit de l’accompagnement remarquable d’une communauté internationale encore plus dubitative que jamais.

Les lampions se sont éteints sur le 4ème round des négociations entre groupes armés et gouvernement malien. Le constat d’échec qui en a découlé donne le tournis.  Plus requinqués que jamais, le Mnla et ses alliés ont, une fois de plus, donné dans le dilatoire. Au lieu de présenter des amendements et des observations sur le document de synthèse pour la paix et la réconciliation au Mali, ceux-ci ont rémis sur la table au grand désappointement de la médiation, un nouveau document portant sur le fédéralisme.

La résidence El Mithak, où ces apatrides ont pris leur quartier, le verbe est haut et les récriminations contre l’Etat malien fusent de toutes parts. A leurs dires, la décentralisation existe  il y a 20 ans au Mali et elle fut infructueuse. Pour eux la seule solution reste le fédéralisme avec la fusion de deux Etats. Le Mali et l’Azawad. Mon œil ! Cet ignoble dessein, répugnant qu’il soit n’a point fait perdre au Ministre Abdoulaye Diop le Nord.

Loin s’en faut. Pour ce diplomate chevronné, mandat ne lui a pas été donné pour discuter de fédéralisme. Par contre, le gouvernement du Mali propose une libre administration qui permet de promouvoir une auto gestion par les  collectivités territoriales. Selon le Ministre Diop, pour créer une fédération, il faut créer un nouvel Etat et par rapport à cela, les résolutions du conseil de sécurité de l’ONU sont très claires, tout comme les décisions de l’union Africaine et de la Cedeao et par-dessus tout, la constitution malienne, intransigeante à tous égard :

Le Mali est un Etat unitaire, à cet égard, il convient de respecter et d’observer la loi fondamentale. Pour rappel en juillet dernier, le gouvernement malien et 6 mouvements armés du Nord avaient signé à Alger une feuille de route pour des négociations de paix. Un 2ème round s’est achevé en septembre après trois semaines de discussions. Fin octobre lors du 3ème round, le Ministre algérien des affaires Etrangère avait annoncé que les 2 parties avaient accepté comme une base solide, un document de négociation comportant des éléments d’un accord de paix.

Face donc au constat d’échec à la suite du 4ème tour des négociations, la médiation, dans un ton désespéré a exhorté les protagonistes à demeurer engagés de bonne foi dans le processus en cours notamment en respectant leurs engagements en vertu des accords de cessez- le feu en vigueur. De même, elle les appelle à faire preuve de courage et de détermination et s’investir davantage, individuellement et collectivement pour favoriser le règlement des questions en suspens de manière à parvenir dans les meilleurs délais possibles à un accord de paix global et définitif.  Ce qui contribuera, toujours selon la médiation, à la création des conditions permettant une lutte efficace contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée.

Ramtane Lamara, le Ministre des affaires étrangères algérien qui ignore totalement les étoiles noires sous lesquelles sont nés ces bandits armés, pense qu’une plate forme est encore possible afin d’aboutir à des formules acceptables par tous. Une profession de foi largement partagée par l’équipe gouvernementale qui entend travailler avec la médiation pour pouvoir approfondir un certain nombre de préoccupations qui n’ont pas encore pu trouver la définition appropriée et les intégrer dans un accord de paix.

Voila pour l’histoire, la préhistoire permet de mieux cerner les raisons de ce pseudo-blocage, qui n’est  rien moins que la conséquence de la logique nihiliste de ces groupes armés, utilisant habilement le maximalisme pour mieux dissimuler leur leurre légendaire. Dans ce jeu de dupes, le Mnla et ses alliés bénéficient d’un contexte international favorable du fait de la duplicité de la France et du laxisme patent de l’ONU et de certaines organisations internationales.

Les mots sont  moins forts que la douleur du peuple malien qui a vu débarquer sur son sol, des rebelles touaregs ayant servir dans l’armée de Khadaffi, munis de fusils d’assaut, d’engins blindés et de Kalachnikovs fraichement largués par les français dans le désert lybien dans le seul but de nuire au bouillant colonel lybien,  Mouammar Khadaffi. La suite est connue. Khadaffi est mort avec lui, l’armée lybienne. Les anciens combattants d’origine malienne, avec une horde de malfrats prirent ainsi le chemin du bercail.

Bien renseignés sur les positions de l’armée dans l’axe Tin Essako-Abeïra-Kidal, ils procédèrent à un contournement à partir de Tinzawaten en longeant la frontière Algero-malienne, pour ressortir à Boghassa, Tessalit, Aguel Hoc et enfin atteindre Kidal. Les autorités maliennes d’alors ne pouvaient que constater les dégâts. ATT tente de les raisonner, en vain ! Puis éclate la rébellion. Disparus des écrans radars depuis leur triple déculottée face au Mujao, le Mnla, ne fera sa réapparition qu’à la faveur de la chasse aux Djihadistes menée par la coalition internationale conjointement avec l’armée malienne.

C’est le point de départ de l’aventure ambigüe que vit le Mali et la France évoquera, devant l’histoire, plus le motif des brimades et exactions de l’armée malienne sur les touaregs de Kidal pour se faire excuser du tort fait au peuple malien en empêchant son armée de rentrer à Kidal. Un favoritisme dont les rebelles se délectent et dans lequel ils se complaisent aujourd’hui jusqu’à demander un Etat entier. Normal, diront-ils, s’ils arrivent à exhiber des documents datant d’avant l’indépendance du Mali, élaboré par la France et qui les conferait une certaine autonomie dans les limites de leur terroir.

Aujourd’hui, la donne a changé et les résultats n’en sont que davantage compromis, d’autant que le Mnla, s’est accoquiné avec des groupes hétéroclites, qu’ils soient d’auto défense originaires des régions de Gao et de Tombouctou ou d’autres groupes raciaux tels que, les arabes du MAA. Ce qui, selon certains analystes gênerait considérablement le plan des Touaregs qui, à l’origine se battaient pour la seule région de Kidal. L’intégration dans le processus de sortie de crise des régions de Gao et de Tombouctou contribuerait à alourdir l’atmosphère et conduirait à vau-l’eau leur projet originel.

D’où les propositions aussi démesurées que débiles faites à Alger afin d’obtenir un blocage et manœuvrer pour que le conglomérat se désagrège par le biais de désaccords et d’incompréhension pour ne rester que les touaregs et Kidal pour lequel un statut particulier pourrait être bien négocié avec l’appui sournois des protecteurs occidentaux. Et la recente defection du front populaire de l’Azawad (FPA) s’inscrit dans cette logique. La deuxième raison du blocage à Alger viendrait de la mise à l’écart du chef spirituel du Mouvement Ançar dine Iyad Ag Ghali. Nul n’ignore l’influence de ce sexagénaire sur les groupes armés du nord.

Très adulé par son oncle, le patriarche de Kidal, Intallah, Iyad demeure un pion essentiel dans le dispositif de sortie de crise quand on sait que le Mnla, le Hcua, Ança-dine  et tutti quanti ne sont qu’une seule et même entité. Leurs ressources financières provenant du narcotrafic sont intimement liées à la personne d’Iyad, véritable relais avec les émirs du golf. Dans un tel contexte, aucun accord ne serait viable sans l’implication du Leader religieux qui a déclaré la guerre aux croisés.

La troisième raison de l’échec des négociations d’Alger résiderait dans le choix du médiateur. Leader régional, l’Algérie pourrait jouer un rôle déterminant dans le règlement du conflit malien, s’il  n’est pas à la fois juge et partie  selon certains observateurs. Pour ceux-là, le déversoir de terroristes et d’islamistes algériens  que fut le nord du Mali, des années durant, n’a donné  que plus de tranquillité aux forces de l’ordre et par ricochet au budget de l’armée algérienne.

Le règlement d’un tel conflit reviendrait à réinjecter ces malabars dans le sud algérien  et les dégâts n’en seraient qu’incommensurables. Selon des analyses, il était plus séant   de confier cette médiation à la République Islamique de Mauritanie dont le président, Mohamed Abdel Aziz eut le respect et la considération de ces bandits armés lors des funestes journées de mai dernier.

Egalement, le Mauritanien a l’avantage d’abriter sur son sol, nombre de dirigeants du Mnla qui lui vouent une gratitude à la hauteur de son hospitalité. Son entregent et son sens de la répartie pourrait être d’une  efficacité salvatrice. Les décideurs  ont-ils à dessein occulté cette piste ? peut être ! Et lorsqu’on ausculte les relations diplomatiques entre la Mauritanie et l’Algérie, on ne peut que mesurer davantage l’ampleur de l’impair.

Pourparlers de paix au Nord Mali – Rendez-vous en janvier 2015

Par Hugues Marcel Tchoua – allafrica.com – 02 Décembre 2014 

Le quatrième round des négociations d’Alger entre Bamako et des groupes armés maliens s’est achevé jeudi dernier sans accord.

Il faudra encore attendre un accord entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord Mali. Les deux parties n’ont, en effet, pas accordé leurs violons lors du 4e round des pourparlers ouvert le 20 novembre dernier. Jeudi, les délégations se sont séparées sur une note d’espoir. Un « Projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali » a été remis à chacune d’elles par la médiation internationale que constituent l’Algérie, le Burkina-Faso, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Tchad, l’ONU, l’UA, la CEDEAO, l’UE et l’OCI.

Ledit document prévoit une administration décentralisée du Nord Mali durant une période intérimaire allant de 18 à 24 mois, par une Assemblée régionale élue au suffrage universel direct et coiffée par un président. Mais aussi la relecture de la loi électorale en vue d’accorder un ratio d’un député pour 30 000 habitants aux régions du nord au lieu d’un député pour 60 000 habitants pour le reste du Mali…

En outre, des combattants des mouvements armés devront être intégrés dans les corps constitués de l’Etat y compris au sein des Forces de défense et de sécurité et leurs grades harmonisés, dans un délai de six mois. De même les médiateurs invitent, dans le projet d’accord, le gouvernement à réaliser d’urgence des projets de développement au profit des populations des régions du Nord Mali.

Les autorités maliennes ont salué hier la qualité du «Projet d’accord» à travers un communiqué de la primature. Elles ont estimé que ce document constitue une avancée vers la conclusion d’un accord de paix, avant d’ajouter que ledit document fera l’objet d’un examen minutieux de la part des experts de chaque partie avant d’être amendé en janvier 2015, lors de la reprise des négociations.

Seulement, les textes du projet d’accord ouvrent la voie à une création formelle de l’Azawad. Pourtant, la fédéralisation du Mali que réclament le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés (Haut conseil pour l’unité de l’Azawad HCUA- Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), demeure la ligne rouge défendue par le gouvernement malien.

Négociations inter-maliennes : le gouvernement malien globalement satisfait du document de pré-accord proposé par l’Algérie

Abdoulaye Diakité –  Malijet -2 décembre 2014

A l’issue du troisième round des négociations inter-maliennes, la médiation conduite par l’Algérie, a soumis un document de pré-accord à l’approbation des différentes parties avant de leur donner rendez-vous pour début janvier 2015. De retour de la capitale algérienne, des chefs de la délégation gouvernementale en l’occurrence Hamadoun Konaté, Zahabi Ould Mohamed et Ousmane Sy respectivement ministres de la Solidarité et du Développement des régions du Nord, de la Réconciliation nationale, et de la Décentralisation et de la Ville, ont animé ce mardi une conférence de presse à l’hôtel Radisson Blue de Bamako.

Le ministre Hamadoun Konaté qui était le principal conférencier en l’absence de celui des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, en mission à l’extérieur, s’est montré globalement satisfait du document proposé par la médiation.

A part quelques ambigüités, dit-il, le document est bon dans la mesure où les lignes rouges ont été respectées. Des lignes rouges qui se rapportent à l’intégrité territoriale, la forme laïque et républicaine de l’Etat, la forme unitaire de l’Etat et celle démocratique du pouvoir. Mieux, note le ministre Konaté, les mots Autonomie, fédéralisme ont été rayés du document qui reprend en grande partie les éléments contenus dans le document de synthèse préalablement proposé.

« Le document est une avancée, il inaugure la rencontre directe entre le gouvernement et les groupes armés. Nous avons un document sur lequel il faut travailler et se retrouver ensuite en début janvier 2015 pour finaliser un accord qui sera signé au Mali », a noté le ministre Konaté.

En ce qui concerne les ambigüités, elles ont pour noms des passages où on parle d’Etat au singulier et au pluriel, tout comme les régions intégrées.

Autre ambigüité, selon le ministre Konaté, le Mali ne conduit pas le processus, il ne se l’approprie pas.

« Sous réserve d’enlever les ambigüités, je suis satisfait du document. Nous allons ensemble lever ces ambigüités dans le respect des lignes rouges », a souligné de la Solidarité et du Développement des régions du Nord. Le ministre Konaté a bien précisé que le document n’est pas encore un accord proprement dit, mais essentiellement un document de base pour le reste des négociations.

Y a-t-il eu blocage à Alger ? Pour le ministre Konaté non. « Dire qu’il y a eu l’impasse lors de ce round des négociations n’est pas tout à fait juste. Dire qu’il y a eu des blocages n’est pas juste également. Il y a eu des discussions âpres et dans une discussion il y a souvent différents tons. Les groupes armés se sont comportés de manière constructive parce qu’ils sont restés dans les négociations pendant tout le temps et des points de vue divergents au départ se sont rapprochés progressivement, d’autres divergences se sont tues », a souligné le conférencier.

Le ministre de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidy Mohamed, a expliqué que les choses ne sont pas faciles qu’on puisse le penser. C’est une négociation, dit-il, qui doit nous permettre d’aboutir à la paix, la stabilité. Or, la paix et la stabilité n’arrangent pas d’autres qui profitent de ce chaos actuel et qui veulent le voir prospérer. Mais, a souligné Zahabi, il faut poursuivre la négociation pour aboutir à un accord, ce qui permettra de démasquer ceux qui ont d’autres agendas que la paix afin que la communauté internationale nous aide à les combattre.

Selon le ministre Zahabi, le fédéralisme prôné encore par certains idéologues des mouvements armés malgré les nombreux accords et résolutions qui le condamnent, ne peut pas passer dans la mesure où un Etat ne se fédère pas avec une partie de ses régions. « Le Mali ne se limite pas au seul Nord.

Ce pays, on ne peut pas le diviser. Le Mali est une nation. Il faut transcender les problèmes », a souligné le ministre Zahabi lequel invite les Maliens à se préparer pour une autre guerre après la signature d’un accord de paix : la guerre contre le terrorisme qui sera menée par une armée nationale dans sa riche diversité.

Le ministre Ousmane Sy a insisté sur le fait que le Mali est une nation. La preuve, dit-il, à Alger, une fois sortis de la salle des négociations, c’était la bonne ambiance entre les participants. « On ne sentais même pas cette division entre les Maliens. On se prend par les épaules et les uns vont chez les autres pour prendre du thé. On a senti de part et d’autre cette volonté d’aller à un accord de paix pour notre pays. Et c’est cet accord de paix qui va garantir la stabilité dans le Sahel comme l’a dit la communauté internationale ».

La délégation gouvernementale a aussi salué l’attitude de la médiation laquelle a su être objective, attentive et ferme.

Mali: Échec de la phase III des négociations d’Alger : À qui profite la prolongation ?

KEITA – Le temoin – 2 décembre 2014

Il n’aura visiblement pas suffi de volonté et d’intransigeance pour venir à bout des obstacles à la conclusion d’un accord définitif entre protagonistes de la crise malienne. Réunies à nouveau à Alger dans le cadre de la dernière ligne droite des pourparlers, les parties se sont quittées sans le sésame attendu, du moins dans les échéances initialement fixées. Elles ont certes convenu d’une prolongation, mais les incertitudes persistent et profite plus à l’enlisement et à l’exacerbation qu’à une solution définitive.

La guerre des lignes rouges

Rassemblés dans la capitale algérienne avec la promesse d’un schéma institutionnel acceptable par tous, les protagonistes des pourparlers du dialogue inclusif inter-malien sont une fois de plus retournés bredouilles. En cause, l’impossibilité de concilier la position des mouvements armés rebelles avec celle des deux tendances loyalistes.

Les discussions ont visiblement achoppé sur le même obstacle : le refus d’un côté comme de l’autre de bouger de ses lignes, une condition pourtant sine qua non d’un triomphe de la raison sur les démons de l’hostilité. Au lieu de quoi, les à-priori et positions préconçues ont manifestement pris le dessus sur la souplesse d’esprit de part et d’autre, et probablement dans une dynamique négativement contagieuse.

Sous la houlette du ministre des Affaires Etrangères de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine, Abdoulaye Diop, la partie malienne le rabâche à qui veut l’entendre que son mandat consiste à ne jamais transiger sur certains domaines hors du champ de transaction : l’intégrité territoriale, la souveraineté nationale et la laïcité de l’Etat. Il va sans dire donc ni l’autonomie ni le fédéralisme ne saurait être négociables.

Ces lignes rouges tracées au préalable ne sont en réalité que le répondant des volitions populaires sur le sujet. Elles ont connu à ce titre une extension à d’autres aspects sur lesquels les diverses sensibilités de la nation malienne se montrent beaucoup moins flexibles et conciliantes que les hautes autorités, quant au schéma proposé par les médiateurs. Pour nombre d’observateurs, par exemple, l’idée de privilèges accordés sur la base des spécificités géographiques s’assimile à un fédéralisme qui ne dit pas son nom.

Même inflexibilité du côté des mouvements armés séparatistes, qui ne semblent point se contenter du recours aux euphémismes utilisés pour contourner le concept de fédéralisme dans la rédaction du texte proposé par les médiateurs. Leurs représentants disent également à qui veut l’entendre avoir reçu pour consigne de n’accepter aucun schéma qui fasse abstraction d’un statut autre que le fédéral.

Le retour aux démons bellicistes

Cette réponse du berger à la bergère a eu un effet si négatif sur les négociations que le chef de la délégation malienne, à en croire certaines confidences, en a pris un coup de nerfs et lancé à la face de ses interlocuteurs qu’il n’y était pas pour négocier le fédéralisme.

Pour obtenir gain de cause, la médiation algérienne, dans les tractations de coulisse, a même tenté de jouer sur les enjeux de l’intransigeance de la partie rebelle, en agitant l’épouvantail d’un retrait de tout soutien en cas de rejet du schéma de sortie de crise. Mais, il nous revient qu’en réplique à cette intimidation de la partie algérienne, les mouvements rebelles ont exhibé à leur tour leur intention d’étendre leur capacité de déstabilisation jusqu’au territoire algérien.

De quoi jeter le froid sur les négociations qui n’ont pu déboucher sur autre chose que la proposition d’une nouvelle mouture soumise à nouveau à l’examen des protagonistes. Rendez-vous a été pris par la même occasion pour le mois de janvier prochain, selon nos sources, mais avec la certitude qu’aucune incertitude n’est encore levée sur les pourparlers du dialogue inclusif inter-malien.

Il s’agit visiblement d’une prolongation au lendemain peu rassurant et qui commence déjà à profiter aux démons de l’hostilité. Et pour cause, aussitôt après la suspension de la troisième phase, tout aussi infructueuse que les précédentes, les mouvements séparatistes ont choisi de se signaler par un inquiétant positionnement de leur arsenal dans le septentrion, y compris dans des localités naguère abandonnées aux loyalistes comme Djebok (Cercle de Gao). Cette avancée spectaculaire est en effet consécutive au déplacement des mouvements de la plateforme loyaliste vers la frontière nigérienne où la menace du Mujao refait surface ces derniers temps

Quoi qu’il en soit, la prolongation signifie également prolongement de la souffrance de populations qui demeurent sans état, sans administration et donc sans l’accès aux services publics y afférents comme l’école, la santé, la justice, entre autres.

La rébellion au nord du Mali a fissuré le tissu social : Les touaregs en pâtissent (Enquête)

© Par maliatu.net – 2 décembre 2014

La crise de 2012 ayant conduit à l’occupation des régions septentrionales du Mali a fortement impacté le tissu social. Les maliens se méfient désormais les uns des autres.

Lundi nous vous livrions les résultats de l’enquête d’Afrobaromètre sur l’attachement des maliens à l’unité du pays. Dans la présente livraison, nous nous intéresserons à la perception des touaregs par les autres ethnies (et vice-versa) et aux relations de confiance entre les maliens.

Toujours tiré du rapport « Les Maliens veulent un pays uni et que justice soit faite au lendemain du conflit », ce nouvel aspect de l’enquête d’Afrobaromètre est intéressant dans la mesure où la réconciliation nationale passe nécessairement par la capacité de chaque citoyen à s’identifier à son compatriote, à lui accorder sa confiance et à le considérer comme « son frère ».

Malheureusement, les chiffres démontrent que le travail pour le rétablissement de la confiance mutuelle entre les maliens reste encore immense. L’étude a révélé par exemple une grande méfiance des bambaras à l’égard des touaregs.

Ceci pourrait s’expliquer par la marque « révolution du peuple touareg » donnée de manière erronée à la rébellion des tribus irrédentistes qui ne représentent nullement cette communauté, laquelle, et les chiffres le prouvent, reste dans son ensemble attachée à l’unité et à la cohésion nationales. Toute chose qui a, hélas, fortement contribué à ternir l’image de cette communauté auprès des autres groupes ethniques.

Une grande méfiance entre les maliens

Pour mesurer la confiance interpersonnelle des maliens, l’enquête a procédé au simple questionnement : « D’une façon générale, diriez-vous que la plupart des personnes sont dignes de confiance ou au contraire, que vous devriez faire preuve de prudence dans vos relations avec autrui ? ».

Source : Enquête Afrobaromètre « Les Maliens veulent un pays uni et que justice soit faite au lendemain du conflit »

Les résultats révèlent une grande méfiance chez les maliens. Hormis la région de Gao (39 %) et Kidal (46 %), toutes les autres régions révèlent un taux de méfiance au dessus de 50 %. Les kayesiens (81 %) et les sikassois (76 %) sont les plus méfiants. Il est important de noter qu’une région de brassage culturel comme Mopti affiche l’un des taux de méfiance les plus élevés, 64 %. Par ailleurs, on constate que les habitants des trois régions du nord, pourtant éprouvés par une année passée sous le joug du terrorisme islamiste, font preuve de plus de confiance (52 %) que ceux du reste du pays (32 %).

« Cela signifie peut-être, selon les hypothèses développées dans le rapport, que les personnes qui continuent de vivre dans ces régions clés du Nord sont pressées de conclure une entente avec leurs concitoyens du Sud qui les protègerait d’éventuels troubles futurs. Ou peut-être les participants à l’enquête ont-ils interprété la question sur la confiance par rapport à leur propre communauté, où la confiance pourrait être plus élevée dans les communautés étroitement soudées du Nord. Une autre possibilité envisageable est que le climat de confiance était si prévalent dans le Nord que cela a même facilité l’acceptation des insurgés étrangers ».

Une cohabitation difficile

Un autre aspect intéressant de l’enquête d’Afrobaromètre : la tolérance sociale entre les maliens. En fait, il s’agit surtout de la tolérance entre les bambaras, ethnies majoritaire, et touareg, la minorité à laquelle appartient la majeure partie des rebelles séparatistes. L’étude a démontré que les bambaras ont une appréhension à avoir un(e) touareg comme voisin(e). Seulement 37 % y sont favorables, contre 77 % de touaregs favorables à avoir un(e) voisin(e) bambara.

La méfiance grandit encore plus quand il s’agit pour les bambaras de se marier avec un(e) malien(ne) de l’ethnie touareg. Seuls 26 % des bambaras consentiraient à une telle union, contre 68 % de touaregs qui n’y voit aucun inconvénient d’avoir un(e) bambara comme conjoint(e).

Source : Enquête Afrobaromètre « Les Maliens veulent un pays uni et que justice soit faite au lendemain du conflit »

Les commentaires du rapport suggèrent que ceci soit dû au fait que « les Bambaras ont peut-être moins l’habitude de vivre aux côtés des Touaregs, alors que ces derniers sont familiers avec de nombreux autres groupes ethniques outre le leur. La méfiance des Bambaras procède donc peut-être tout simplement d’un manque de familiarité ».

Ces données doivent servir dans la recherche de plan de sortie de crise. En effet, si au demeurant le conflit n’opposait que les groupes armés au gouvernement, ses impacts sur les populations prouvent à suffisance qu’il y a indéniablement un clivage qui s’est installé entre les maliens. De ce fait, il parait plus que nécessaire que le processus de paix et de réconciliation soit vu sous angle plus global, intégrant toutes les couches de la société malienne.

  

Ligne de force : Pouvoirs accrus pour le nord, charges alourdies pour le sud

Par Saouti Labass HAIDARA – L’indépendant – 1 décembre 2014

Le projet d’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, élaboré par la médiation internationale sous la conduite de l’Algérie, est critiquable à bien des égards.

Il dépouille l’Etat malien de la substance de son pouvoir régalien sur la partie nord de son territoire. Celle-ci va disposer, en effet, de ses propres institutions élues au suffrage universel direct, de sa propre administration, de sa » police territoriale« , de ses » unités spéciales » (armée). Deux ou les trois régions concernées peuvent décider de se fondre en une seule sans que Bamako y trouve à dire (et voilà l’Azawad créée !). Chaque entité peut signer des accords de coopération à l’étranger sans s’en formaliser auprès de la capitale qui, de fait, n’en est plus une.

Ajoutons-y que les cadis – juges religieux – vont remplacer les tribunaux laïcs. Et que le Coran se substituera au code pénal.

En plus de cette dépossession annoncée au quadruple plan politique, administratif, de la souveraineté et de la justice, le Mali est sommé de s’accommoder d’une hémorragie financière aussi suicidaire qu’absurde. Il devra verser 30% de ses recettes fiscales aux trois régions du nord qui totalisent à peine 1 300 000 personnes et se contenter du reliquat des 70% pour les 13 millions d’habitants restants.

Au moment où l’on s’applique méthodiquement à l’affaiblir, on l’accable de toutes sortes de charges. Comme pour précipiter sa mise à mort. Il lui faut réviser la Constitution et la Loi électorale pour permettre l’élection, la mise en place et le fonctionnement des organes qui vont gérer le nord; créer un Sénat pour faire une large place aux notables du nord ; accroitre le nombre des élus du nord ; mettre en œuvre le DDRR (démobilisation, désarmement, réintégration, réinsertion) ; promouvoir la Réforme du Secteur de la Défense et de la Sécurité (RSDS) mettre en place une police territoriale au nord et des unités spéciales chargées de lutter contre le terrorisme, composées principalement des ressortissants du nord et contrôlées par eux.

Les rédacteurs du projet de paix pressent surtout le Mali d’ériger son septentrion en » une zone de développement spécial » où il devra investir massivement dans tous les secteurs d’activités (élevage, artisanat, tourisme, sécurisation alimentaire, etc.) et créer des infrastructures (routes, aéroports, lycées et universités, hôpitaux, centrales solaires, entreprises pour les jeunes, etc.) pour impulser la croissance économique, » réduire l’écart de développement existant (entre le nord et le sud) et améliorer significativement les conditions de vie des régions du nord historiquement défavorisées ».

Une liste de mesures dites exceptionnelles à satisfaire lui est imposée, qui touchent à tous les compartiments de la vie économique, sociale et culturelle. Toute cette kyrielle d’actions, de projets et de programmes est à matérialiser dans un délai de deux ans au maximum.

Alors question: où ce malheureux pays sahélien, qui vit de subsides internationaux comme on le voit bien avec le FMI, ira-t-il prendre les milliards d’euros nécessaires pour y faire face ?

Pour relever le Mali de l’après-occupation narco-jihadiste et des ravages causés par le coup d’Etat militaire scélérat du 22 mars 2012, la communauté internationale, sous l’égide de la France, s’était engagée pour mobiliser 2 milliards d’euros dont la moitié, à ce jour, n’a pas été débloquée. Il en faudra sans doute dix fois plus voire davantage pour donner corps à tous ces projets et actions attendus du Mali ou souscrits par lui, dos au mur et couteau sous la gorge, lors des discussions d’Alger.

L’ennui, c’est que l’argent des bailleurs se fait de plus en plus rare dans un monde en proie à une crise quasi-endémique. Et que le nord du Mali n’a pas fait la preuve qu’il recèle un potentiel pétrolier ou gazier exploitable à des conditions de rentabilité immédiate et peu onéreuse. Aussi, les protagonistes des pourparlers d’Alger (gouvernement, groupes armés et médiation internationale) gagneraient-ils à faire preuve de plus de sagesse et à se mettre d’accord sur le minimum réalisable.

Heureusement qu’ils doivent se retrouver autour de la table en janvier 2015 à Alger.

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