Skip to content
Tags

Ebola : fort impact économique

by sur 8 décembre 2014

Ebola : la bataille n’est pas gagnée. Le risque à présent, c’est la crise économique

Publié le 07-12-2014 à 15h59 – Modifié à 16h16 Par Arnaud Phipps « Action contre la Faim »

Le bilan d’Ebola a été revu à la baisse, mais le problème n’a pas disparu. Le virus continue à tuer, notamment au Liberia, pays le plus touché.

Quels sont les défis auxquels font face les ONG ? Comment doivent-elles et peuvent-elles lutter ? Quels sont les risques à présent ? Réponse de d’Arnaud Phipps, directeur des programmes d’Action contre la faim au Liberia.

Entre le 23 mai et le 29 novembre 2014, le Liberia a dénombré 7.635 cas d’Ébola dont 3.145 décès. Il aura fallu beaucoup trop de temps aux autorités libériennes et à l’ensemble de la communauté humanitaire pour prendre la mesure de la gravité de cette épidémie.

Cette faillite collective a permis au virus d’atteindre la capitale du pays, Monrovia, qui compte un tiers de la population libérienne, avec les conséquences dramatiques que l’on connaît.

Malgré la lenteur meurtrière de la réponse à l’épidémie au Liberia, la mobilisation impressionnante depuis le mois de juillet commence à porter ses fruits. Alors que les centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies annonçait des prévisions à 1,4 million de cas d’ici début 2015, nous nous en éloignons.

Même si la situation est aujourd’hui très préoccupante en Sierra Leone, et dans une moindre mesure, en Guinée. L’exemple du Nigeria, avec 20 cas dont 8 décès, nous a montré qu’une mobilisation générale associée à un plan de contingence adapté peuvent enrayer rapidement un début d’épidémie.

Les patients sont mieux pris en charge

L’action conjointe des grands bailleurs institutionnels et d’autres fondations, des autorités libériennes, des ONG internationales et locales, et des communautés elles-mêmes ont permis un recul d’Ebola. La bataille contre le virus n’est pourtant pas encore gagnée au Liberia, loin de là. Dans une zone géographique où les frontières sont extrêmement poreuses et les mouvements de population fréquents, la réponse ne peut être efficace que si elle est globale et régionale.

Chacun des acteurs joue sa partition et tout est lié. Les capacités d’accueil des Unités de traitement d’Ebola ont été largement augmentées permettant ainsi des soins de meilleure qualité et un traitement plus humain des malades.

Les messages de sensibilisation commencent à être mieux perçus par les populations, même si des résistances et des croyances sur la transmission du virus demeurent.

Les équipes de contact-tracing suivent toutes les personnes ayant été en contact avec un malade afin de pouvoir les isoler à leur tour si des symptômes apparaissaient. Il en est de même de la gestion des corps qui s’est largement améliorée.

Tous les acteurs humanitaires présents au Liberia espèrent que le plus gros de la crise est désormais passé, mais tous sont également conscients que le plus dur reste à faire. Réussir à enrayer la croissance exponentielle de l’épidémie n’était que la première étape.

Le manque de travailleurs humanitaires est un défi

Aujourd’hui, nous ne pouvons toujours pas dire que l’épidémie est sous contrôle car le virus continue à se propager sur l’ensemble du pays, dans des poches épidémiques de plus petite taille.

L’ampleur de la tâche qui nous attend collectivement pour réussir à éradiquer Ebola en Afrique de l’Ouest est énorme. Elle demande des ressources considérables et ces ressources ne sont pas uniquement financières, elles sont surtout humaines. Le manque de travailleurs humanitaires est un défi pour les ONG internationales depuis le début de la crise Ebola.

Les personnels de santé des pays touchés par la crise ont déjà payé un lourd tribu. Au Liberia, ce ne sont pas moins de 592 travailleurs humanitaires qui ont été infectés par le virus dont 340 sont décédés. Une grande partie des soignants ont malheureusement été infectés au début de l’épidémie. Le virus est désormais mieux connu, et les mesures de protection appliquées aujourd’hui leur assurent une sécurité presque absolue.

La réponse doit être plurielle

Ebola fait peur, et la sur-médiatisation du virus dans les pays occidentaux a exacerbé les craintes de chacun. Mais aujourd’hui, le temps de la solidarité doit prendre le pas sur celui de la peur. Les pays touchés ont besoin de forces vives pour les accompagner dans cette lutte finale. Les ONG manquent cruellement de candidats à l’expatriation. Or, l’effort doit être collectif.

Et la réponse à cette crise doit être plurielle, sans quoi elle ne peut fonctionner. Elle doit être médicale, évidemment, et la recherche doit aboutir le plus vite possible à un vaccin permettant une protection de masse. N’oublions pas également qu’Ebola a anéanti les systèmes de santé des trois pays les plus touchés.

On meurt de pathologies bénignes en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia par peur d’aller se faire soigner dans un centre de santé.

Améliorer la prévention

La réponse doit être épidémiologique afin d’aboutir à un contrôle de la chaîne de transmission du virus. Le contact-tracing, assuré par les équipes d’Action contre la Faim à Monrovia, doit être encore renforcé et permettre de générer des listes exhaustives des personnes ayant été en contact avec les malades afin de les isoler dès l’apparition des premiers symptômes.

La prévention et les messages envers les communautés doivent être améliorés pour réduire les résistances et éviter que certains cas Ebola ne soient cachés, mettant en danger l’ensemble de la réponse à l’épidémie.

L’accès à la nourriture est menacé

Enfin, il y a urgence à prendre en compte l’impact d’Ebola sur la santé économique des pays affectés. Une étude réalisée par l’université de Naples et ACF révèle que la crise Ebola risque d’affecter la sécurité alimentaire de 730.000 personnes dans le pire des cas. 730.000 personnes qui viendraient s’ajouter à près de 5 millions d’individus structurellement en situation de malnutrition.

L’épidémie a également affecté la période de semences et de récolte du cycle de production agricole. Les marchés ont été profondément désorganisés et l’accès à la nourriture est menacé par une perte de revenus d’une grande partie des ménages concomitante à une augmentation notables des dépenses.

Cette pression sur les ménages risque de devenir insoutenable dans des pays fragiles sortant à peine de longues périodes de crise. Au Liberia, la belle croissance du PIB annoncée pour l’année 2014 était de 5,9% et devait permettre de sortir un peu plus de Libériens de la pauvreté. Les prévisions font aujourd’hui état d’une croissance de l’ordre de seulement 2%.

Nous avons besoin de compétences

Il est indispensable que la communauté internationale, les gouvernements des pays touchés, les donateurs et les acteurs humanitaires se mobilisent immédiatement pour atténuer les effets de la crise sur la sécurité alimentaire. Nous avons besoin de financements dès à présent et surtout, nous avons besoin de compétences pour mettre en œuvre des projets à court et moyen termes.

À court terme, en recapitalisant les ménages les plus fragiles pour leur permettre de se nourrir en toute dignité. À moyen terme, pour renforcer la résilience des populations et leur permettre de résister aux crises à venir.

C’est à cette condition que nous pourrons déclarer que la crise Ebola a été vaincue. Plus que jamais, la solidarité est de mise.

 

Fin de quarantaine pour les soldats de la paix de la MINUSMA

6 déc 2014 à 21:12

Depuis plus de trois semaines, une vingtaine de soldats de la MINUSMA était maintenue à la Clinique Pasteur en quarantaine. 

Ayant tous été placés sous observation, les soldats de la MINUSMA placés en quarantaine n’ont pas présenté de symptômes de la maladie, ils viennent donc de quitter l’établissement.

Un patient mis en quarantaine n’ayant pas développé de symptômes de la maladie, n’est pas contagieux; c’est une mesure de précaution ayant pour but d’éviter toute propagation en cas de développement éventuels des symptômes.

La MINUSMA a scrupuleusement suivi les mesures mises en place par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique malien, en étroite coopération avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Ces soldats avaient été initialement admis pour traitement après blessures subies dans le nord du Mali dans le cadre de leur mission. Le traitement de ces blessures se poursuivra dans leurs pays d’origine.

La MINUSMA, ainsi que toutes les agences du système des Nations Unies présentes au Mali ont mis en place des mesurespour enrayer la propagation du virus au Mali. De nombreuses mesures concrètes et appuis financiers viennent également en renfort des efforts nationaux. La famille des Nations Unies au Mali continuera de soutenir, renforcer et travailler avec les autorités maliennes dans leur combat contre le virus.

 

Ebola: le Mali réceptionne un laboratoire mobile de détection

Par AFP – 05/12/2014

Le Mali a réceptionné jeudi un laboratoire mobile de diagnostic du virus, financé par l’Allemagne pour 557 millions de FCFA (près de 880.000 euros).

Le laboratoire, composé de divers appareils et équipements médicaux, est installé au Centre d’infectiologie Charles Mérieux de Bamako où il a été inauguré par des responsables du ministère malien de la Santé ainsi que des diplomates allemands et français. Outre des appareils et équipements médicaux fournis, le projet comprend la formation de professionnels maliens par des experts allemands et français, ont indiqué les donateurs. Le laboratoire est déjà prêt à être utilisé, et même s’il est installé dans la capitale, il peut être sur le terrain partout dans le pays, a expliqué l’ambassadeur d’Allemagne Günter Overfeld.

Il « permettra de lutter plus efficacement contre Ebola. Au-delà d’Ebola, il (…) peut diagnostiquer d’autres maladies » dont le paludisme, s’est félicité le Dr Ousmane Doumbia, représentant du ministre de la Santé. Selon le professeur Samba Sow, coordinateur du centre opérationnel d’urgence de lutte contre Ebola au Mali, ce nouvel outil permettra un gain de temps précieux à la fois pour le diagnostic et pour la prise en charge des cas confirmés, augmentant ainsi leurs chances de survie. « La première chose qu’on va gagner » avec ce laboratoire, « c’est le temps », qui « va permettre une meilleure prise en charge des cas » confirmés positifs, a déclaré à l’AFP le Pr Sow.

Autre atout: le transport sécurisé des prélèvements, selon lui. « Dans certains pays, des convois de prélèvements ont été attaqués, des prélèvements ont été subtilisés », a-t-il dit.

Depuis octobre, le Mali a enregistré sept décès sur son territoire dus au virus Ebola : une fillette de deux ans venue de Guinée voisine, et un imam également en provenance de Guinée, qui a contaminé directement ou indirectement sept personnes, dont cinq sont mortes.

Jeudi, un cas confirmé demeurait en traitement dans un centre spécialisé et 58 personnes ayant pu avoir des contacts avec les porteurs du virus étaient sous surveillance sanitaire, a indiqué le gouvernement dans un communiqué. Le premier malade d’Ebola guéri dans le pays est sorti d’hôpital le 28 novembre.

L’épidémie actuelle d’Ebola a fait 6.113 morts sur 17.256 cas recensés en moins d’un an, essentiellement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon un bilan publié jeudi par l’Organisation mondiale de la Sant

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :