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La France veut imposer la paix en janvier

by sur 15 décembre 2014

Le moins qu’on puisse dire c’est que la France met le pouvoir malien sous pression !

Après la libération de quatre terroristes patentés emprisonnés à Bamako contre celle de Serge Lazarevic (ce qui provoque la colère au Mali et rappelle les conditions dans lesquelles Nicolas Sarkozy a imposé la libération de Pierre Camatte à ATT), Jean Yves Le Drian, ministre de la défense a quasiment délivré un ultimatum : les accords intermaliens doivent être signés impérativement en janvier.

Les négociations doivent effectivement reprendre à Alger le 15 janvier 2015.

Alger : La Voix De Son Maître

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 15 décembre 2014

La paix au Mali sera signée en janvier 2015 ! Ce n’est pas une déclaration du gouvernement malien et des groupes armés touaregs mais de … la France. Précisément le ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian.

Pour les Maliens qui avaient encore quelques doutes, les choses se clarifient : c’est à Paris que se joue l’avenir du Mali. Le ministre français a été on ne peut plus clair : « la perspective c’est janvier, avec la pression nécessaire pour que ça aboutisse ».

Qu’on l’accepte ou pas, cette déclaration a l’avantage de débroussailler le chemin de la paix. On se demandait si les pourparlers d’Alger n’étaient pas partis pour s’éterniser. Personne ne semble plus douter de la sympathie des autorités françaises pour les rebelles touaregs depuis que Paris les a protégés de l’attaque des forces armées maliennes lors de l’offensive de 2013 qui avait bouté les terroristes hors du territoire national jusqu’aux portes de Kidal. Il existe, par ailleurs, de fortes présomptions sur la force serval quant à son aide aux rebelles touaregs au cours de la fameuse bataille le 21 mai 2014 à Kidal.

C’est pourquoi l’expression « la pression nécessaire » prend une connotation spéciale et fait craindre que le gouvernement malien ne soit amené à faire des concessions au-delà de ce que le peuple malien attend. Déjà  la « large autonomie », qui semble être un point d’accord, est lourde de sous-entendus. Quel contenu réel revêt cette expression qu’on a adoptée pour remplacer le « fédéralisme » que les rebelles réclamaient de toutes leurs forces ? Difficile à dire au stade actuel des négociations. Et c’est cela qui, légitimement, augmente l’inquiétude des Maliens qui doutent, à juste titre, que leur gouvernement ait les reins solides pour résister à la partition de fait du territoire national.

Pour qu’une paix durable s’installe dans le pays, paix indispensable pour stabiliser la sous-région et sécuriser l’uranium nigérien si cher à la France, les Français pèseront de tout leur poids pour que les rebelles touaregs obtiennent, à défaut de la scission du Mali, de gros avantages politiques qui les délesteraient du poids du pouvoir de Bamako qu’ils ont en horreur. IBK et son gouvernement sont coincés. Et les Maliens avec. Il ne leur sera pas facile de ménager la France, principal soutien militaire contre les terroristes, et de satisfaire les aspirations légitimes du peuple, de Gao à Kayes.

La libération récente de Mohamed Ag Wadoussène et de trois autres terroristes poursuivis pour actes criminels fait craindre le pire. Les autorités maliennes ont une marge de manœuvre très restreinte et pourraient être amenées à prendre des décisions qui hypothèqueraient dangereusement l’avenir du pays. C’est en tout cas ce que beaucoup de voix autorisées soutiennent de plus en plus tant dans l’opposition malienne que parmi la société civile.

Ces inquiétudes se fondent sur les hésitations et les non-dits, lors des rencontres de restitution, des négociateurs maliens à Alger. Les rebelles touaregs qui ont pris les armes contre leur pays sont une minorité au Mali. Même s’ils ont largement montré leur capacité de nuisance, ce serait une grave erreur de les mettre au-dessus des autres Maliens en leur concédant l’inacceptable. Les marches de soutien au gouvernement qui ont traversé tout le pays et qui étaient en fait des marches de contestation, ont montré que les Maliens ne sont prêts au bradage du pays. Il ne faudrait pas créer des sources de frustration de la majorité en adulant la minorité. Nul ne sait ce qui en sortirait.

Mali: Paris veut un accord de paix en janvier entre Bamako et groupes armés

(©AFP / 14 décembre 2014 14h01)  

Paris – Paris veut que les négociations de paix maliennes entre Bamako et les groupes armés du Nord, sous médiation algérienne, aboutissent en janvier, a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dans des interviews à RFI/TV5-Monde dimanche et à l’hebdomadaire Jeune Afrique à paraître lundi.

Le gouvernement malien et six mouvements armés du Nord ont mené quatre rounds de discussions depuis juillet à Alger avec l’objectif de ramener la paix dans le nord du Mali, région toujours instable malgré une intervention militaire française puis internationale lancée en 2013 contre les rebelles islamistes.

Dans cet entretien, le ministre a également annoncé que l’armée française, fortement engagée contre les jihadistes dans le Sahel, a neutralisé, c’est-à-dire tué ou fait prisonniers, 200 d’entre eux depuis un an.

S’agissant des négociations de paix, Le Drian s’est voulu ferme. La perspective c’est janvier, avec la pression nécessaire pour que ça aboutisse. Pas uniquement en terme politique. Il y a aussi une dimension économique, un développement nécessaire du nord-Mali, a-t-il souligné. Il faut que la feuille de route (négociée ces derniers mois) soit validée en janvier à Alger.

Cela implique qu’aux négociations d’Alger, les groupes armés signataires soient représentés par leurs plus hauts responsables. Idem du côté de Bamako. Tout le monde doit comprendre que l’heure de vérité approche, a insisté M. Le Drian.

Nous soutenons la médiation algérienne et souhaitons que d’un côté comme de l’autre on fasse les avancées nécessaires pour qu’enfin, après des années d’incompréhension, voire de combats, ce pays puisse retrouver la sérénité globale et que les groupes armés signataires puissent entrer dans le processus démocratique de la république du Mali, a-t-il précisé.

Le ministre a estimé que les Algériens jouaient leur rôle de médiateur et a refusé de s’étendre sur la rivalité algéro-marocaine qui pourrait influer sur les participants aux négociations.

La dernière session de pourparlers s’est achevée fin novembre. Un projet d’accord, présenté par Alger, prévoit une vaste autonomie pour le nord du pays.

Au sujet du bilan de jihadistes neutralisés en un an, le ministre a précisé: Depuis le 1er août, nous avons pu neutraliser une soixantaine de jihadistes, essentiellement dans le nord du Niger et du Mali. Près de 200 ont été neutralisés en un an, et parmi eux des chefs importants.

Les forces spéciales françaises ont ainsi éliminé dans la nuit de mercredi à jeudi un haut responsable du mouvement al-Mourabitoune au Mali, Ahmed el Tilemsi, allié de l’algérien Mokhtar Belmokhtar, le chef jihadiste le plus recherché de la région, a rappelé M. Le Drian.

– Le sud libyen, havre jihadiste –

Depuis l’opération Serval qui a mis en déroute, en janvier 2013, les groupes radicaux islamistes implantés dans le nord du Mali, le sud de la Libye est devenu un havre jihadiste.

Il faudra que la communauté internationale prenne, avec les pays concernés, les dispositions nécessaires, a réitéré le ministre sans exclure ainsi de possibles actions militaires dans le sud de la Libye.

Le sud libyen est devenu le lieu de récupération, la station-service, le lieu de repos, de réorganisation, d’entraînement d’un certain nombre de groupes terroristes, a-t-il ajouté sur RFI. Beaucoup d’acteurs sont là. La chasse aux terroristes (dans le région) mène toujours aux frontières de la Libye. Ce pays est dans le chaos.

Mais la solution dans ce pays sera d’abord politique, a-t-il insisté, une allusion à la crise qui secoue la Libye avec deux gouvernements et deux parlements rivaux. Ensuite, elle se traduira par une nécessaire pacification de l’ensemble de la Libye, a-t-il dit.
La force française Barkhane, dotée de 3.000 hommes, traque les jihadistes avec avions de combat, hélicoptères et drones dans cinq pays du Sahel: Mauritanie, Mali, Niger, Bukina Faso et Tchad. Elle est en train d’installer une base avancée tout près de la frontière libyenne, dans le nord du Niger.

Otages: l’appui militaire de la France au Mali, lie les mains de Bamako

Par AFP, publié le 14/12/2014 à 11:04

Bamako – L’appui militaire décisif apporté par la France au Mali, illustré cette semaine par la liquidation d’un important chef jihadiste, lie les mains de Bamako, contraint de libérer des jihadistes en échange du dernier otage français, selon des analystes.

Serge Lazarevic à la descente d’avion à son arrivée le 10 décembre 2014 sur la base militaire de Villacoublay (afp.com/Bertrand Gua)

Officiellement, à Paris comme à Bamako, il n’existe aucune connexion entre la libération mardi de Serge Lazarevic, enlevé au Mali en 2011 et détenu trois ans par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et la mort, annoncée jeudi, d’un chef du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), Ahmed el-Tilemsi.

Mais la liquidation de Tilemsi arrive à point nommé, souligne Ould Salihi, expert mauritanien du jihadisme au Sahel: « Sa mort, presque au lendemain de la libération de Lazarevic, même si elles n’ont pas de liens évidents, a au moins servi à occuper l’opinion devant les questionnements que cette libération a dû soulever« .

A côté du chef du groupe Ansar Dine, Iyad Ag Ghali, « principal émir touareg du jihad dans le nord du Mali, Ahmed el-Tilemsi était le principal émir arabe » jihadiste dans cette région, a expliqué à l’AFP un proche collaborateur du ministre malien de la Défense Ba N’Dao.

Selon le politologue sénégalais Babacar Justin Ndiaye, spécialiste de la région, Tilemsi était plus un « argentier » du jihadisme qu’un « chef de guerre« .   « D’un côté, les Français favorisent la libération de quelques terroristes et narcotrafiquants en échange des otages français, mais de l’autre, ils éliminent de façon ciblée des jihadistes« , note-t-il.  « On a placé le Mali dans une situation indescriptible et inénarrable« , Bamako ne pouvant que céder à l’exigence de Paris en raison de sa dépendance militaire envers la France, estime-t-il.

Dès la libération de l’otage français, des organisations de défense des droits de l’homme ont protesté contre l’élargissement, en contrepartie, de deux jihadistes touareg maliens, dont l’organisateur présumé de l’enlèvement, ainsi que de deux autres, originaires de Tunisie et du Sahara occidental.

Deal entre Hollande et IBK

Vendredi, le ministre de la Justice, Mohamed Ali Bathily, a confirmé « l’évidence« , reconnaissant que « quatre prisonniers ont été libérés des prisons maliennes pour que Serge Lazarevic recouvre la liberté« , sans autre précision.

Ces libérations ont suscité l’incompréhension au sein de l’opinion publique au Mali, ces quatre hommes se revendiquant du jihadisme ou étant notoirement proches des groupes combattus par les forces françaises depuis janvier 2013 au sein de l’opération Serval, remplacée en août par l’opération Barkhane.

Dans un communiqué mercredi, plusieurs partis d’opposition ont dénoncé « une promotion de l’impunité qui ne crédibilise pas la lutte contre le terrorisme« , estimant que le régime du président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK« , élu en août 2013, « fait peu de cas de la justice, des victimes et de leurs familles« .

Selon le responsable Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Florent Geel, les autorités maliennes « n’ont pas eu le choix » de s’opposer à ces libérations, à titre de monnaie d’échange et « l’ont fait sous la pression française« .

Saouti Haïdara, éditorialiste et patron du journal privé L’Indépendant, évoquait vendredi « un +deal+ salutaire pour le Mali » mais aussi pour le président français François Hollande, très impopulaire dans son pays.

Pour avoir engagé militairement la France au Mali, « Hollande sait combien notre pays est débiteur vis-à-vis de lui. Qui plus est, la sécurité du Mali et du Sahel occidental dépend actuellement de la France davantage que de toute autre force« , a écrit M. Haïdara.

La liquidation de Tilemsi « semble un bon début de matérialisation du deal convenu entre Hollande et IBK« , remarque-t-il, concluant que « si cette tendance se confirmait dans les jours et semaines à venir, l’échange des terroristes contre Serge Lazarevic aura été tout bénéfice pour le Mali« .

Mali: cinq groupes armés loyalistes du Nord se disent favorables à l’accord proposé par Alger

AFP avec Maliactu – 13 décembre 2014

Cinq groupes armés du nord du Mali « anti-indépendantistes » réunis au sein d’une plate-forme se sont déclarés samedi « favorables » à l’accord de paix proposé par l’Algérie dans les négociations avec l’Etat, au cours d’une conférence de presse à Bamako.

Alger« Nous sommes tous d’accord avec le plan de paix proposé par Alger pour trouver une solution aux problèmes du nord de notre pays. Nous sommes contre l’indépendance ou l’autonomie du nord de notre pays, mais il est clair qu’il faut revoir la gouvernance », ont déclaré les cinq groupes dans une déclaration rendue publique.

« Ceux qui pensent que les cinq partis de la plate-forme sont des valets du gouvernement malien se trompent. Certes, nous reconnaissons l’Etat, mais nous sommes d’abord et avant tout proches de nos tribus, de nos communautés », a assuré Harouna Toureh, leader de la Coordination des Mouvements et Forces Patriotiques de Résistance (CMFPR, groupes d’autodéfense sédentaires).

Il faisait allusion aux critiques éventuelles de la mouvements plus radicaux, comme le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), et une aile du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), qui n’ont pas officiellement renoncé à l’indépendance et constituent le gros des effectifs militaires rebelles.

  1. Toureh a également salué comme « une véritable avancée » l’élection des gouverneurs de régions du Nord, proposée par le document qui sera étudié début janvier à Alger.

Le CMFPR, l’autre aile du MAA et trois groupes à dominante touarègue, le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), le Mouvement populaire pour le salut de l’Azawad (MPSA), et la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA) ont signé le document présenté à la presse.

« Le pré-accord présenté par Alger est bon. Nous, nous sommes légalistes. Nous ne contestons pas le régime de Bamako. Mais, nous voulons absolument être impliqués dans notre gouvernance locale, appelez ça décentralisation poussée si vous voulez, mais c’est clair, plus rien ne sera comme avant », a déclaré à l’AFP Azaz Ag Loudagdag, élu du Nord, et membre du Gatia.

La dernière session de pourparlers s’est achevée à Alger fin novembre.

Le projet d’accord dont l’AFP a obtenu copie a été présenté lors de la précédente session, en octobre, au gouvernement et aux groupes armés du Nord qui l’ont accepté comme une « base solide », avait affirmé le ministère algérien des Affaires étrangères.

Le document prévoit une vaste autonomie pour les régions, établissant leur compétence en matière de « maintien de l’ordre et de la sécurité et protection civile » et instituant à partir de 2017 le transfert de « 33 % des recettes de l’Etat aux collectivités territoriales (…) avec une attention particulière pour » le Nord.

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