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Les suites de la libération de Serge Lazarevic

by sur 15 décembre 2014

La libération de Serge Lazarevic, si elle réjouit de ce côté-ci de la Méditerranée, provoque de fortes réactions au Mali.Ce dernier semble avoir dû choisir entre l’appui militaire de la France et la libération de terroristes emprisonnés chez lui.

Comme ATT l’a déjà fait sous la pression de Nicolas Sarkozy pour libérer Pierre Camatte…

Et comme dans le même temps, la France annonce la mise hors d’état de nuire d’un redoutable narco-trafiquant-terroriste-financier du Mujao, le pouvoir malien est coincé.

 

Mali : IBK reçoit les gardiens de prison, en colère après la libération de Wadoussène, l’assassin de leur collègue

© Par maliactu.net – 13 décembre 2014 la Vie

Le président de la république, Ibrahim Boubacar Keita, a reçu ce samedi la section syndicale des gardiens de prisons.

L’échange de l’ex otage français contre quatre prisonniers terroristes, dont Wadoussène, le tueur d’un surveillant de prison, lors de son évasion de la prison centrale de Bamako, ne passe pas chez les collègues de ce dernier. Ils se disaient « mécontents des conditions dans lesquelles il a été libéré » et avaient projeté d’aller en grève en guise de protestation.

Selon le compte twitter de la présidence de la république, ils ont été reçus, ce matin, par le président Ibrahim Boubacar Keita.

D’après cette même source, Abdoulaye Fofana, le Secrétaire General de la Section syndicale des gardiens de prison du Mali a déclaré qu’il était « très soulagé » à sa sortie du palais de Koulouba.

 

Libération de Ag Wadoussène : Le Mépris Du Gouvernement Malien

Ousmane THIÉNY KONATÉ – © maliactu.net – 13 décembre 2014

Le ministre de la justice avait promis qu’il n’y aurait pas d’impunité

Le gouvernement du Mali, par la voix de son ministre de la justice, des droits de l’homme et garde des sceaux, Mohamed Ali BATHILY, reconnaît ce que tout le monde savait depuis des jours : des terroristes détenus dans les geôles maliennes ont été relâchés en échange de la libération de Serge LAZAREVIC, l’otage français qui était détenu depuis plus de trois ans par Aqmi.

L’affaire a particulièrement indigné les Maliens qui réalisent brutalement que la politique a ses raisons que la raison ignore. Disons-le clairement : la France fait la politique de ses intérêts. Cependant l’attitude dédaigneuse de François HOLLANDE vis-à-vis de notre pays est plus que révoltante. Certes la France a engagé des moyens énormes et consenti des sacrifices pour venir en aide au Mali, même si tout est loin d’être désintéressé. Cependant que signifie ces déclarations du président français affirmant que la France ne négocie pas avec les terroristes et ne leur paye pas de rançon même si des « pays amis » le font pour elle ? Du mépris.

Le Mali et le Niger ne risquent rien en prenant langue avec les terroristes, ils sont bien placés pour faire le sale boulot à la place de la France. Non seulement le Mali n’a pas été « remercié » pour sa « coopération » mais il n’a même pas été cité par François HOLLANDE au contraire du Niger et de son président Mahamadou ISSOUFOU.

Mais le plus écœurant dans cette situation est que le gouvernement du Mali n’a même pas eu le courage de dire aux Maliens ce qu’il a fait au nom de tous et qui nuit gravement à la dignité de notre peuple. Le ministre de la justice avait l’occasion, lors de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) du 10 décembre, de clarifier les choses devant l’indignation des organisations de défense des droits humains.

Mieux, une déclaration solennelle du gouvernement, à l’ORTM, annonçant les libérations des terroristes aurait été une marque d’égard pour notre peuple. Au lieu de quoi c’est à l’étranger, sur une télévision étrangère que le ministre de la justice reconnaît la libération de Mohamed Ag Wadoussène et de trois autres tueurs et preneurs d’otages. Il n’y a pas plus grande manifestation du mépris qu’on peut avoir pour son peuple que celle-là. Informer est le minimum de droit qu’on devait accorder aux Maliens dans cette affaire.

Malheureusement, la communication n’a jamais été le fort du gouvernement et d’IBK. Et c’est bien dommage qu’aucune voix discordante – excepté celle des organisations de défense des droits humains – ne s’est élevée pour protester contre le traitement que le gouvernement a fait de cette affaire.

Comment peut-on exiger du respect pour son peuple si on n’en pas soi-même pour lui ? Qu’on nous ait forcés la main pour libérer les terroristes en échange de Serge LAZAREVIC est une chose. Ne pas en informer après coup son peuple en est une autre. Un penseur a dit cette chose magnifique : « l’important n’est pas ce qu’on fait de vous mais ce que vous faites de ce qu’on fait de vous ».

Les Maliens ont certes cette fierté légendaire qui leur vient de leur riche et longue histoire. Cependant ils devront réaliser que leur pays est sous tutelle pour longtemps encore et qu’on leur fera faire des choses qu’ils détestent. Quand on est incapable d’assurer la sécurité de son pays on devient l’esclave de ceux qui le font à votre place.

 

Libération de l’ex otage français: Le Drian rappelle aux maliens le sauvetage du Mali par la France

© Par maliactu.net – 13 décembre 2014

« Je le dis très clairement. Je pense que l’heure est venue », insiste M. Le Drian, « le processus de réconciliation est impérieusement nécessaire pour garantir l’intégrité du Mali, la paix et le développement ».

Aux maliens qui s’indignent de la libération de terroristes en échange de l’ex otage français, Serge Lazarevic, le ministre français de la défense rappelle « le rôle que joue la France pour l’intégrité du Mali ».

Demandé par un media français sur ce qu’il pense de la désapprobation par les maliens de la libération de quatre djihadistes en contrepartie du retour de l’ex otage français dans la vie civilisée, le ministre Jean-Yves Le Drian s’est montré on ne peut plus clair dans sa réponse. Il nous rappelle tout simplement, en d’autres termes, le sauvetage du Mali par l’armée française lors de la tentative d’envahissement de la totalité du pays des hordes de djihadistes.

« Je pense que les populations civiles du Mali sont tout à fait conscientes du rôle que joue la France pour l’intégrité du Mali. A leur arrivée ce sont les mêmes populations qui ont applaudies les soldats français et aujourd’hui je pense qu’elles ne l’oublient pas », a-t-il déclaré comme opinion par rapport à la polémique.

A l’annonce de la libération de l’ex otage français, enlevé à Hombori et qui a passé trois années dans les mains des djihadistes d’AQMI, des organisations de la société civile malienne, dont l’AMDH, ont dénoncé les conditions qui ont prévalu à ladite libération.

« Nous sommes indignés de la libération de Wadossène et plusieurs autres criminels en échange d’un otage français à la veille de cette journée internationale des droits de l’Homme. Comme si la vie d’un français vaut mieux que celle de plus de 15 millions de maliens », s’était offusquée l’AMDH.

En effet, le gouvernement du Mali, dont le rôle a été salué par Paris, a libéré pour rendre possible l’opération, quatre terroristes que ses services de sécurité détenaient dans leurs prisons.

« Le Mali ne peut pas faire moins pour les ressortissants de pays qui l’ont aidé que ce qu’il a fait pour ses propres fils », a justifié vendredi le ministre de la Justice, Mohamed Ali Bathily, tout en ajoutant que « ce n’est pas de gaieté de cœur que le Mali s’engage dans de telles décisions ».

L’opposition malienne n’a pas été en reste dans cette vague d’indignation. Dans un communiqué, plusieurs partis d’opposition ont dénoncé ces libérations qui, à leur sens, encouragent l’impunité, piétinent les droits des victimes et fragilisent davantage le pays.

 

Le Mali admet la libération de prisonniers en échange de l’ex-otage français Lazarevic

AFP avec Maliactu – 12 décembre 2014

Le ministre malien de la Justice Mohamed Ali Bathily a reconnu vendredi que quatre prisonniers avaient été libérés en échange du Français Serge Lazarevic, relâché mardi après trois années de captivité aux mains d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

« L’évidence est là. Je confirme, votre chiffre est bon, quatre prisonniers ont été libérés des prisons maliennes pour que Serge Lazarevic recouvre la liberté. Pour les détails, c’est autre chose », a déclaré à l’AFP le ministre, joint par téléphone.

Dès la libération de Serge Lazarevic, une source de sécurité malienne et des ONG de défense des droits de l’Homme avaient affirmé que des jihadistes emprisonnés au Mali, y compris l’organisateur présumé de son enlèvement, avaient été relâchés en échange de l’otage.

Le responsable de sécurité malien avait précisé qu’il s’agissait d’un « échange de prisonniers », réalisé « à la demande de Paris ».

« Ce n’est pas de gaieté de coeur que le Mali s’engage dans de telles décisions », a souligné le ministre de la Justice dans une interview vendredi à la chaîne de télévision France 24, insistant toutefois sur « la réalité d’une négociation ».

« C’est un fait, tout le monde le sait, ça ne sert à rien de nier la réalité », a déclaré M. Bathily, interrogé sur la véracité de ces informations.

« Sauver la vie a été une constante dans l’attitude des autorités maliennes chaque fois que des innocents ont eu leur vie menacée, y compris lorsqu’il s’est agi de Maliens », a-t-il expliqué, indiquant que 38 militaires, préfets ou policiers maliens ont déjà été libérés « de la même manière et avec le même type d’échange ».

« Le Mali ne peut pas faire moins pour les ressortissants de pays qui l’ont aidé que ce qu’il a fait pour ses propres fils », a-t-il ajouté.

Un collectif d’organisations de défense des droits de l’Homme, dont la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) et la section malienne d’Amnesty International, a critiqué mercredi dans un communiqué publié à Bamako, la libération de ces quatre hommes « en échange de l’otage français ».

Outre Mohamed Aly Ag Wadoussène « organisateur principal de l’enlèvement » de Serge Lazarevic et de son compatriote Philippe Verdon, retrouvé tué en juillet 2013, ainsi que son complice présumé Haïba Ag Acherif, les autorités maliennes ont relâché un jihadiste tunisien et un autre originaire du Sahara occidental, selon le texte.

Une source de sécurité malienne a indiqué vendredi à l’AFP que les quatre prisonniers ont été transférés à Niamey, capitale du Niger, impliqué dans les négociations, avant d’être conduits dans le nord du Mali, où ils ont été remis aux ravisseurs de Serge Lazarevic.

Les autorités françaises, qui démentent toujours payer des rançons dans les cas de prise d’otages, n’ont donné aucune information sur les conditions de la libération de Serge Lazarevic, rentré en France mercredi après un passage par Niamey.

 

Otage français contre dangereux terroristes : Les non-dits du drôle de marchandage entre Paris, Niamey, Kidal et Bamako

B.S. Diarra –  La Sentinelle – 2014-12-12

Ce n’est pas un fait du hasard que la libération du terroriste Wadoussène et autres intervienne seulement après qu’une dizaine de chefs de fractions touaregs aient signé leur «rattachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale du Mali, à sa forme républicaine et à la laïcité»… Le tout s’est joué entre Paris, Niamey, Bamako et Kidal. Et IBK a personnellement choisi. Un choix qui risque cependant fort de le poursuivre.

Soucieuse de recouvrer la liberté pour son ressortissant, Serge Lazarevic,  dernier otage en date dans le monde,  la France a pesé de tout son poids dans la signature, dimanche dernier à Bamako,  de la fameuse plateforme par les onze chefs de fractions ayant promis de défendre l’unité nationale et s’opposer à tout projet séparatiste.

En clair, si la libération de Wadoussène et de trois  autres terroristes a été négociée par la France, Bamako aussi avait un intérêt dans le marchandage. De ce point de vue, les deux capitales ont chacune eu satisfaction : IBK peut se targuer d’avoir désormais affaibli les groupes séparatistes avec la signature de la fameuse plateforme par les 11 chefs de fractions ; et une grosse épine vient d’être enlevée du pied de François Hollande. Mais à Bamako comme à Paris, l’on s’interroge désormais.

Dans la capitale malienne, c’est presque l’indignation générale. La question s’est d’ailleurs invitée dans les débats de la 19ème session de l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID). A Paris, des députés français ont regretté que la libération de leur compatriote ait été conditionnée par celle de terroristes liés à Aqmi.

Mais de part et d’autres,  les deux capitales, justifient à demi-mots, les raisons de leur choix. Pour la France, outre l’apaisement social désormais acquis,  la libération de l’otage conférera une large marge de manœuvre aux militaires français pour poursuivre sereinement les opérations de lutte contre le terrorisme au nord du Mali. Et pour Bamako, c’est un grand pas vers la signature d’un accord définitif à Alger, accord dépourvu de toute idée de fédéralisme ou de large autonomie.

Les défenseurs des droits de l’Homme, la société civile et les éléments des forces de défense ont cependant une autre lecture de la chose. Les ex-prévenus en question sont de dangereux terroristes s’étant rendus coupables de faits gravissimes.

Ce qu’on leur reproche

Ils sont au total quatre détenus ayant recouvré la liberté suite à ce qu’il convient qualifier de troc. Il s’agit de Mohamed Aly Ag Wadoussène, Haïba Ag Acherif, Oussama Ben Gouzzi et Habib Ould Mahouloud. Précisons cependant qu’au contraire de Mohamed Aly Ag Wadoussène, que c’est le 4 décembre dernier qu’Haïfa Ag Achérif, Oussama Ben Gouzzi (tunisien) et Habib Ould Mahouloud (sahraoui) ont été libérés par la Cour d’appel, laquelle, à présent, n’a donné aucune explication à l’opinion publique malienne.

Mohamed Aly Ag Wadoussène, déserteur de la Garde nationale du Mali, est   impliqué dans deux dossiers différents. Poursuivi pour terrorisme, association de malfaiteurs, prise d’otage et séquestration, il a été arrêté par la sécurité d’Etat le 10 décembre 2011 à Gao (nord) et placé sous mandat de dépôt au mois de mars 2012. Et ironie du sort, il est l’organisateur principal de l’enlèvement de deux Français, Serge Lazarévic, le même qui vient d’être libéré et feu Philippe Verdon, assassiné en mars 2013.

Mohamed Aly Ag Wadoussène  et Haïfa Ag Acherif ont aggravé leur cas le 16 juin dernier, en s’échappant de la Maison centrale d’Arrêt de Bamako. Et lors de l’évasion, le premier (Mohamed Aly Ag Wadoussène) a tiré et tué à bout portant un Garde.

Arrêté pour la deuxième fois le 24 juillet 2014, son dossier a été immédiatement transmis au tribunal de première instance de la commune III de Bamako. Et voilà que survint sa libération dans des conditions troubles.

Au cœur des négociations

C’est bien entre l’Adrar des Ifoghas, le massif du Tigharghar au Mali et le Niger voisin que l’otage français était trimballé durant 03 ans par ses geôliers. La France ne l’ignorait pas à travers les chefs de fractions dont il est question plus haut. En clair, tout Kidal savait depuis maintenant plus d’un mois qu’une négociation était en passe d’aboutir.

C’est le chef de la brigade d’Abdelkrim Al Targui, affiliée à Aqmi et proche d’Ansardine d’Iyad Aghali et Mohamed Akotey,  président du conseil d’administration d’Imouranen SA, la filiale d’Areva au Niger, qui ont mené les négociations en vue du troc et  avec la bénédiction des chefs de fractions qui, ont le sait, avaient eux aussi, des revendications, à savoir, la libération de certains des otages… En clair, chacun des protagonistes a donné des noms de personnes, toutes détenues par  Bamako.

Enfin, puisqu’en constant le déplacement entre l’Adrar des Ifoghas, le massif du Tigharghar et le Niger, le prisonnier et ses geôliers étaient difficilement repérables. Ayant acquis la participation des chefs de fractions, la France sollicita donc des présidents Nigérien et Malien. Affaire conclue !

Signalons qu’après sa tentative d’évasion suivie de son arrestation, Mohamed Aly Ag Wadoussène était désormais en détention au niveau de la Sécurité d’Etat malienne laquelle n’était pas demeurée en marge des négociations…

Tous les contours de l’affaire étant désormais arrondis, il fallait maintenant passer aux échanges. Les quatre prisonniers furent libérés et l’otage français, conduit au Niger d’où il se rendit en France hier mercredi et où il fut accueilli par le président François Hollande en personne.

L’heure fût dès lors aux congratulations. Pendant que dans un communiqué rendu public,  le président nigérien Mahamadou Issoufou déclarait que la libération du français a été possible grâce à «l’engagement et au professionnalisme dont ont fait preuve les services de renseignement nigériens et maliens engagés dans cette entreprise», Paris se réjouissait de n’avoir  « plus aucun otage, dans aucun pays au monde » et saluait les présidents malien et nigérien pour leur «engagement personnel»  durant de «très longs mois de discussions».

IBK, une pierre trois  coups ! Mais…

Le président malien peut se targuer d’avoir réussi trois bons coups : il contribue à la libération de l’otage et se réconcilier avec la France (il avait perdu de son aura auprès de Hollande) ; obtient l’adhésion de  très influents chefs de fractions à sa cause, affaiblis du coup les séparatistes et gagne presque son pari d’unifier le pays. Le prix à payer ?

Il ramène au goût du jour d’épineuses équations: quel sort réservé maintenant aux autres prisonniers dont le Général-Capitaine Amadou Haya Sanogo et compagnons ? Que dire aux parents des victimes des terroristes en question ainsi qu’à ceux-là qui ont risqué leur vie pour leur capture ? Que faire désormais pour maintenir le moral de la troupe ? Autant de questions qui méritent des réponses immédiates.

Possible redistribution des cartes à Kidal

Les 11 chefs de fractions qui ont désormais tourné le dos au MNLA sont très influents. Même si tous ne sont pas membres ou complices d’AQMI ou d’Ansardine d’Iyd Ag Ali, tous étaient cependant sympathisants du mouvement séparatiste MNLA. Il faut dire qu’ici, l’on change de position au gré des intérêts immédiats ! L’on notera cependant que tout jihadiste n’est pas séparatiste, que tout touareg n’est pas jihadiste, que tout combattant n’est pas séparatiste mais que tous sont des trafiquants. Et les intérêts étant entrelacés, l’on assiste très souvent  à des alliances contre-nature. Enfin, tous s’adaptent !

En tout état de cause, avec la libération de l’otage français, Barkhane n’a, évident plus d’excuse pour ne pas  mener à bien sa mission ;  et les chefs de tribu concernés ont désormais la meilleure occasion de se racheter et soulager ainsi leurs compatriotes.

Si tous respectent leur engagement, l’on assistera indubitablement à un bouleversement des rapports de force sur le terrain.

Signalons que c’est autour d’Azaz Ag Loudagdag, président de la coordination Imghade (une des tribus les plus influentes de l’Adrar), que l’union sacrée a été désormais scellée au profit de l’Etat malien unifié. Les signataires de ladite plateforme sont Mohamed dit Atta Ag Houd (chef de tribu Igawadarane) Mohamed Ag Ousmane conseiller national à Hanzakoma, Waranock Ag Nock (chef de fraction Ihmed), Kagha Ag Moradis (chef de fraction Tinguérechef), Mohamed Elmedhi Ag Rhissa (maire de commune à Haribomo), Mohamed Lamine Ag Sidahmed (chef de fraction Kel Essouk), Elmedhi Ag Cheybane (chef de tribu).

Colonel Malamine Konaré, Inspecteur divisionnaire Papa Mambi Keïta…  Ces hommes qui se sont  illustrés dans l’arrestation des dangereux terroristes

L’on a peut-être tendance à l’oublier : des éléments se sont particulièrement illustrés dans l’arrestation  et la garde des dangereux terroristes. Tous n’ont pas survécu à l’image du Garde abattu à bout portant par Mohamed Aly Ag Wadoussène  lors de son évasion de la Maison Centrale d’arrêt de Bamako.

Parmi ces éléments de la sécurité malienne (ils sont nombreux), figurent le Colonel Malamine Konaré, fils de l’ancien chef d’Etat Alpha Oumar Konaré et l’Inspecteur Divisionnaire de Police, Papa Mambi Keïta surnommé l’Epervier du Mandé.

Après la prise d’otage des deux français (Philippe Verdon et Serge Lazarevic) à Hombori le 24 novembre 2011, c’est à l’Inspecteur Papa Mambi Keïta que fut confiée la mission de faire parler une carte de crédit de recharge téléphonique  retrouvée sur le lieu de kidnapping dans un espace de loisir à Hombori et liée aux ravisseurs. Deux jours plus tard, le policier identifia formellement le présumé ravisseur. Les résultats de son investigation permirent d’arrêter le suspect Haïfa Ag Acherif, complice de Mohamed Aly Ag Wadoussène, tous deux, libérés en échange de leur otage.

Pour sa part, le Commandant (au moment des faits) Malamine Konaré, commandait l’unité spéciale de la Sécurité d’Etat (S.E) qui a permis l’arrestation de Wadoussène lui-même en Décembre 2011 à Gao. Le suspect a tenté ce jour de dégoupiller une grenade et de faire sauter tout le monde avec lui, mais les militaires maliens ont été plus rapides. Ils parvinrent à le maitriser avant qu’il ne passe à l’acte.

Les deux suspects (Haïfa Ag Acherif et  Mohamed Aly Ag Wadoussène) furent poursuivis pour terrorisme, association de malfaiteurs, prise d’otage et séquestration.

C’est le lieu, en tout cas, de saluer le travail exceptionnel abattu par tous ces éléments de la sécurité malienne qui ont risqué leurs vies lors de la capture de ces dangereux terroristes. Que dire maintenant après leur libération ?

 

Ce que l’on sait des dessous de la libération de Serge Lazarevic

Par L’ Obs  – G.S. avec AFP – Publié le 11-12-2014 à 06h07Mis à jour à 06h16

L’ancien otage français est désormais libre. Mais à quel prix ? Via quels canaux ? Sa libération a-t-elle fait l’objet d’un échange de prisonniers ? Eléments de réponse.

« La vie est belle, de retrouver la liberté ! » Serge Lazarevic, dernier otage français, est rentré en France mercredi 10 décembre après trois ans de captivité au Sahel aux mains d’Al-Qaida. Deux jours après sa libération, vient désormais l’heure des questions autour des circonstances de cette issue favorable. Cette liberté retrouvée a-t-elle un prix ? Si oui, lequel ? Comme souvent, deux versions s’affrontent. « L’Obs » fait le point.

# A Paris, silence radio

Officiellement, la libération de Serge Lazarevic, dans le nord malien, est le fruit d’un « engagement personnel » des présidents du Mali et du Niger, salué par Paris, et de « très longs mois » de « discussions ».

« Il y a à la fois des négociations, des relais diplomatiques » et « la discrétion », s’est borné à dire mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

Considéré comme l’intermédiaire du gouvernement nigérien avec Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), le négociateur Mohamed Akotey n’a pas souhaité faire « de commentaire là-dessus » à « L’Express ».

Mardi, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Manuel Valls a rappelé haut et fort la position de Paris : « La France n’abandonne pas et n’abandonnera jamais ses ressortissants. »

Sans commenter les circonstances de ce dénouement, François Hollande s’est félicité mercredi que la France ne compte « plus aucun otage, dans aucun pays au monde » et a lancé « un message simple, clair, à tous nos compatriotes qui peuvent se trouver dans des zones à risque : faites en sorte de ne pas aller où vous pouvez être enlevés ».

# En Afrique, les langues se délient

Depuis l’annonce lundi de la libération de Serge Lazarevic, plusieurs sources font pourtant état de l’existence d’une contrepartie. Il y a bien eu « échange de prisonniers », un « geste » du Mali « à la demande de Paris », assure ainsi à l’AFP un responsable de la sécurité malienne.

« Je peux vous dire que des hommes que certains qualifient de terroristes, mais qui pour nous sont des prisonniers, ont été libérés contre la libération de l’otage français », ajoute cette source, qui précise que « Mohamed Aly Ag Wadoussène fait partie des prisonniers libérés ».

« C’est à la demande de Paris » que le Mali a « fait ce geste », souligne cette source, qui n’a pas souhaité réagir sur un éventuel paiement de rançon. « S’il y a eu rançon, ce n’est pas par le Mali », indique-t-on.

Le correspondant de RFI au Mali, Serge Daniel, a également évoqué la libération de ces militants d’Aqmi. « [Mohamed Akotey] a pris contact avec les proches de Iyad ag Ghali [leader historique de la rébellion touareg au nord Mali et fondateur du groupe islamiste Ansar Dine, NDLR]. C’est un cousin à lui qui détenait en fait Serge Lazarevic« , confie le journaliste à France 24. Mohamed Akotey dément, quant à lui, avoir pris contact avec Iyad ag-Ghali.

« On parle de deux hommes – Mohamed Ali Ag Wadossene et Heiba Ag Acherif – qui ont quitté la prison centrale de Bamako [dimanche] et ont rejoint le Niger. C’était probablement la dernière condition posée par les ravisseurs », avance, de son côté, Matthieu Mabin, spécialiste de la région sur le plateau de France 24.

# Chez les ONG, l’indignation prédomine

« Indignées », des organisations de défense des droits de l’Homme critiquent le fait que de « présumés terroristes », comme Mohamed Aly Ag Wadoussène qu’elles présentent comme « l’organisateur principal de l’enlèvement », aient été libérés en échange de l’otage français.

²          C’est un paradoxe de voir des individus libérés dans le cadre de la libération d’otages qu’ils ont eux-mêmes aidé à capturer », rappelle le responsable Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) Florent Geel.

Au Niger également, des organisations de la société civile ont dénoncé les conditions de cette libération.

« Nous condamnons déjà les versements de rançons, à plus forte raison des libérations d’éléments de forces obscurantistes contre des otages », dénonceKani Abdoulaye, président du Collectif des organisations de défense des droits de l’Homme et de la démocratie (CODDHD), qui regroupe une quarantaine d’ONG nigériennes.

Ces libérations reviennent à « encourager en quelque sorte les prises d’otages », estime-t-il.

Pour Mohamed Ouagaya, le président de l’ONG Comité d’orientation de défense et de sauvegarde des acquis démocratiques (Croisade), basée à Agadez (nord), « c’est une façon de permettre aux preneurs d’otages, des gens qui ont commis tellement de crimes et de morts, de revenir en force ».

 

 Terrorisme-Pouvoir-Justice : Un otage contre quatre terroristes dangereux

Soumaïla T. Diarra – L’Aube – 2014-12-11

En plus d’une rançon de plusieurs millions d’Euro payés à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), de très dangereux terroristes seraient également dans la nature dont Mohamed Ag Wadoussène, l’un des ravisseurs de l’otage français Serge Lazarevic.

Après trois ans de détention, l’otage français enlevé en 2011 à Hombori, au nord du pays, recouvre la liberté dans des conditions totalement obscures et révoltantes pour plusieurs associations de défense des droits de l’homme.

On ne sait toujours pas qui a fait quoi dans le dénouement de cette prise d’otage qui aura fait l’objet de beaucoup de tractions entre Niamey, Bamako et Kidal. Comme dans différents cas précédents de libération d’otages, les conditions de celui-ci restent floues. Les autorités françaises se sont contentées d’affirmer qu’elle est le fruit d’efforts intenses de la part du Niger et du Mali dont ils ont remercié les autorités pour avoir conduit les négociations.

Mohamed Akotey, un Touareg nigérien qui avait déjà permis la libération des quatre employés d’Areva en 2013, s’est rendu à plusieurs reprises à Kidal, ces dernières semaines, selon des témoignages.

De sources sécuritaires, Serge Lazarevic était aux mains d’Abdelkrim el-Targui, un responsable d’Aqmi. Les tractations qui ont abouti à sa libération ont eu lieu à Kidal entre Touaregs. D’ailleurs, Alghabass Ag Intalla, secrétaire général du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), a fait savoir qu’ils ont rendu des services pour cette libération avec l’aide de Mohamed Akotey.

Si la libération de Ag Wadoussène suscite  beaucoup de commentaires la lumière est loin d’être faite sur cette affaire qui pose plus de questions que de réponses. La libération de l’otage français aurait fait l’objet d’une contrepartie difficile à accepter pour de nombreux Maliens. Sur les antennes d’une radio internationale, Sidi Sofara, frère d’une victime de Ag Wadoussène s’est dit littéralement foudroyé par l’annonce de cette nouvelle qui est une indignation sans égale.

Cette libération suscite également des interrogations en France. Le député UMP Pierre Lellouche s’est dit extrêmement en colère « contre cette bande de cafards terroristes qui s’en prennent à des civils pour s’arroger le droit de les enterrer vivants quelque part dans le désert pendant trois ans». Tout en qualifiant l’acte insupportable, Lellouche a évoqué son soutien complet au gouvernement français sur cette affaire. A en croire l’Élysée, Serge Lazarevic, âgé de 54 ans serait en bonne santé, après ces années de détention dans des conditions difficiles. Il est arrivé à l’aéroport militaire de Villacoublay.

 La colère des associations de défense des droits humains

Selon l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), on vient d’assister à la énième libération d’auteurs présumés de violations de droits humains. Pour cette association, Serge Lazarévic a été libéré en échange de Mohamed Aly Ag Wadoussène, Haïba Ag Achérif présumés terroristes ainsi que Oussama Ben Gouzzi et Habib Ould Mahouloud, auteurs présumés de graves violations de droits humains au Mali.

Les associations de défense des droits de l’homme disent comprendre la nécessité de trouver des moyens pour libérer les otages. Mais elles estiment que ces solutions ne doivent pas violer les droits des victimes et le principe de la séparation des pouvoirs au Mali. Pour, Me Moctar Mariko, président de l’AMDH, la paix et la réconciliation ne peuvent pas  passer par la promotion de l’impunité. Il est difficile d’évaluer le coût de la liberté de Lazarevic, d’autant plus que les autorités maliennes restent silencieuses sur les concessions qu’elles ont faites aux terroristes d’AQMI et leurs alliés Touareg.

La famille Ag Intalla, l’une des plus puissantes de Kidal, tente de cacher le rôle qu’elle a pu jouer à travers la proximité du HCUA avec Ansar Dine, un des groupes alliés d’Aqmi. Tout compte fait, le versement d’une rançon a été évoqué mais cela a aussitôt été nié.

 

Libération de Lazarevic: Mohamed Akotey dévoile les dessous de la négociation

http://www.seneweb.com/news/Afrique/liberation-de-lazarevic-mohamed-akotey-d_n_142468.html

EXCLUSIF. Joint à Niamey par L’Express, le négociateur nigérien Mohamed Akotey donne pour la première fois des informations sur la façon dont la libération du Français Serge Lazarevic a pu être obtenue. Interview.

C’est l’homme au chèche kaki et au visage impassible aperçu hier soir à la droite de Serge Lazarevic. Celui dont le président nigérien Mahamadou Issoufou puis l’otage français lui-même, tout juste libéré et qui le désigne familièrement par son seul prénom, ont tenu à saluer le rôle décisif. Négociateur aguerri, fin connaisseur de la géopolitique tribale et clanique de l’aire frontalière nigéro-malienne, l’ancien ministre touareg Mohamed Akotey, joint à Niamey, a répondu ce mercredi en fin d’après-midi aux questions de lexpress.fr.

  1. Quand avez-vous acquis la conviction de l’imminence d’un dénouement heureux?
  2. Il y a environ un mois. Bien sûr, tout n’était pas parfaitement calé, mais les ultimes écueils ne me paraissaient pas de nature à remettre en cause l’issue. Vous savez, ce n’est jamais facile ces histoires-là. Aucune des parties ne voulait céder. Et les djihadistes ont tendance à se prendre pour le centre du monde, prétendant avoir raison sur tout.

Autre entrave, le manque de confiance. Non pas envers moi. Ils me connaissent. Nul doute que mon rôle dans la libération des quatre otages d’Arlit (le 29 octobre 2013), dès lors qu’il atteste mon sérieux et ma crédibilité, m’a beaucoup servi. Mais eux dissèquent tout, soupèsent tout, mus par la crainte de se faire piéger. Ils redoutaient ainsi que le gouvernement qui m’a mandaté [celui du Niger] tente de les neutraliser, trahisse l’accord négocié par mon entremise. Il faut dire aussi qu’ils émettent des revendications déraisonnables, notamment politiques, impossible à satisfaire.

  1. Combien d’aller-retour avez-vous accompli jusque dans les fiefs des ravisseurs?
  2. A vrai dire, je n’ai pas compté. Probablement neuf ou dix dans l’année écoulée.
  3. Est-il exact que les tractations finales ont eu lieu à Tin Essako, près de Kidal ?
  4. Non. C’est faux. La région de Kidal [extrême nord-est du Mali] est vaste. C’est en fait au pied de l’Adrar des Ifoghas, côté est, dans le secteur de Tegharghart que ça s’est joué.
  5. Il se dit que vous avez traité avec un émissaire de l’islamiste touareg Iyad ag-Ghali, le fondateur d’Ansar-Dine…
  6. Ce n’est pas vrai. Moi, j’ai négocié avec Aqmi [Al-Qaeda au Maghreb islamique], pas avec Iyad ag-Ghali. Quand Serge Lazarevic a été enlevé [le 24 novembre 2011 en compagnie de Philippe Verdon, assassiné en mars 2013], Iyad n’était qu’un simple citoyen. L’apparition d’Ansar-Dine est ultérieure.
  7. On attribue aussi un rôle, côté ravisseur, à un certain Ibrahim Inawelat, un déserteur de l’armée malienne réputé proche d’ag-Ghali. A juste titre?
  8. J’ai travaillé avec cet homme. J’avais besoin de son concours, car c’est un ami, un partenaire fiable. Je l’ai utilisé pour faire passer des messages, intervenir auprès de tel ou tel. Mais ce n’est pas lui qui prend les décisions. Ceux qui décident sont les chefs d’Aqmi, Yahya Abou al-Hammam et, à un échelon supérieur, Abdelkrim Taleb.
  9. Le Haut-Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) [faction touarègue ralliée par de nombreux transfuges d’Ansar-Dine], revendique une contribution significative au retour à la liberté de Serge Lazarevic. Est-il fondé à le faire?
  10. Je me suis appuyé sur un très grand nombre d’acteurs, qui m’ont aidé directement ou indirectement. Certains d’entre eux appartiennent au HCUA, un ou deux au MNLA [Mouvement national de libération de l’Azawad], d’autres à Ansar-Dine ou à Aqmi. Leurs zizanies internes ne m’intéressent pas. Ce qui m’importe, c’est de m’appuyer sur des gens discrets capables de m’aider à aller jusqu’au bout du processus. Parmi eux, aussi, des cousins à moi qui m’ont épaulé sur le chemin.
  11. Le rôle dévolu au Mali s’est-il limité à la libération de djihadistes détenus à la Maison d’arrêt centrale de Bamako, contrepartie perçue comme cruciale?
  12. Je l’ignore. Pas de commentaire à faire là-dessus.
  13. Que savez-vous du sort des trois étrangers -un Suédois, un Néerlandais et un Sud-Africain- toujours aux mains d’Aqmi?
  14. Je ne dispose pas d’éléments nouveaux en ce qui les concerne.
  15. En quoi le cas des quatre d’Arlit et celui de Lazarevic diffèrent-ils?
  16. C’est à peu près la même chose. A ceci près que c’était bien plus compliqué de rétablir le contact avec les ravisseurs des otages d’Arlit, après une année de rupture due aux opérations militaires [de l’opération française Serval]. A l’époque, il m’avait fallu deux bons mois pour renouer les fils.

 

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