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Repositionnements de groupes armés

by sur 24 décembre 2014

Beaucoup de choses bougent dans la perspectives de la reprise des pourparlers d’Alger à la mi-janvier; on assiste notamment à des repositionnements au sein des groupes armés.

Pas toujours facile de s’y retrouver : illustration.

 

Les leçons du séjour à Bamako du colonel rebelle et déserteur Hassane Ag Mehdi : Cet homme a toujours menti au Mali. Prudence donc…

Mamadou GABA – Soir de Bamako  du   23 déc 2014.    

Le Colonel Hassane Ag Mehdi alias “Jimmy le rebelle”, secrétaire général du Front Populaire de l’Azawad (Fpa), était de passage à Bamako le week-end dernier pour répondre, dit-il, à une invitation de la Mission Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (Minusma).

Rencontré au cours de ce séjour dans un hôtel de la place, cet ex-colonel de l’armée malienne, qui a déserté à la faveur de la rébellion de 2012, dit n’être ni “indépendantiste” ni “djihadiste”. Il a réaffirmé son attachement et celui des hommes qui l’accompagnent à l’unité nationale du Mali.

Colonel Ag Medhi

Colonel Hassan Ag Mehdi

Au cours de cette rencontre, le colonel Ag Mehdi a déclaré avoir rassemblé  au sein de son front quelques quatre cents (400) combattants parmi lesquels beaucoup d’anciens rebelles qui ont déserté le Mouvement National de Libération de l’Azawad (Mnla) et le Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (Hcua). Toujours selon “Jimmy le rebelle”, depuis que sa formation militaro-politique, le Fpa, a claqué la porte de la coordination des mouvements de l’Azawad, le 29 novembre dernier, des dizaines de jeunes songhois et peulh se seraient joints à sa cause et seraient venus grossir les rangs du Front Populaire de l’Azawad (Fpa).

Il semblerait qu’actuellement les éléments du Fpa sont présents dans les trois régions du nord du Mali et précisément à KIdal qui est le fief des groupes séparatistes touaregs. Dans la partie septentrionale du Mali, 72 officiers et sous-officiers déserteurs de l’armée malienne seraient commis à l’encadrement des troupes du Fpa.

« JE SUIS CONTRE TOUT PROJET DE FÉDÉRATION »

Pour marquer son adhésion totale et entière aux principes défendus par le Gouvernement malien dans le dossier du nord du Mali, Hassane Ag Mehdi a déclaré: “Je suis contre tout projet de fédération. Je suis opposé à toute démarche qui est susceptible de porter préjudice aux populations du nord qui ont beaucoup souffert de cette situation. Le Fpa n’est ni un mouvement racial, ni un mouvement ethnique. C’est un regroupement ouvert à tous. C’est pourquoi en son sein vous y verrez des représentants de toutes les communautés… J’exhorte  toutes les communautés du nord, quelles que soient leurs diversités et leurs origines, à taire leurs divergences, à faire un dépassement de soi pour sauver l’unité nationale et le Mali”.

Au cours de son bref séjour, “Jimmy le rebelle” a voulu donner un gage de sa bonne foi en publiant un communiqué de presse dans lequel il informe le Gouvernement malien, la Minusma et l’opinion internationale de la disponibilité et de l’engagement du Fpa à faire avancer le processus de paix et aussi son aboutissement heureux. On est tenté de dire que ces dernières prises de positions du colonel Ag Mehdi sont de bon augure, si toutefois elles ne cachent aucun dessein machiavélique. En tout cas, bon nombre d’observateurs préfèrent rester prudents, eu égard le passé tumultueux de cet officier rebelle et déserteur.

De la rébellion touareg de 1990 à nos jours, Hassane Ag Mehdi a changé de camps plusieurs fois et nombre de ses déclarations se sont révélées fausses. Comme par exemple, lorsqu’il avait déserté l’armée malienne en 2012 pour rallier les positions du Mnla à Ouagadougou, il déc      larait être “rentré au Burkina Faso à la tête d’un convoi de 60 véhicules pleins de personnes (notables, fonctionnaires, femmes et enfants) angoissées par l’attitude de Bamako…”.

UN PASSÉ TUMULTUEUX

Cette déclaration s’est révélée être un mensonge grotesque, car il a été su après que le colonel ne s’est enfui qu’avec son seul véhicule de fonction. Alors qu’est-ce qui prouve qu’en réalité il a derrière lui quatre cent (400) combattants comme il le prétend? Et jusqu’à la preuve du contraire, faisons nôtre le proverbe qui dit: “A beau mentir qui vient de loin”.

Par ailleurs, même si le colonel Hassane Ag Mehdi compte dans ses rangs autant d’hommes, son objectif final ne serait-il pas de se faire réintégrer à l’armee malienne, accompagné en cela de certains de ses hommes ? Si tel est son objectif, il ya fort à craindre que cela ne soit source d’autres problèmes, même si le Gouvernement malien le veut. En effet, on se souvient qu’en août dernier, lors d’une rencontre entre le Premier ministre Moussa Mara et les chefs militaires maliens, ceux-ci n’ont pas caché leur réticence à voir réintégrer des rebelles touaregs au sein de l’armée malienne. Selon eux, les hommes de troupes ont été informés et rassurés à maintes reprises qu’il n’y aurait pas de réintégration, mais plutôt des réinsertions sociales et économiques des rebelles.

Sur un autre registre, une des revendications principales des groupes armés aux présents pourparlers d’Alger est la réintégration de leurs combattants au sein de l’armée malienne. Le Gouvernement malien, les partis politiques et les organisations de la société civile malienne semblent opposer un refus catégorique à cette revendication des groupes armés du nord. Le Colonel Hassane Ag Mehdi et ses hommes feront-ils une exception à la règle ? Rien n’est moins sûr.

 

Mali: L’un des ex-chefs militaires du MNLA puis du HCUA, le Colonel Hassane Ag Mehdi dit Jimmy le » Rebelle » réaffirme son attachement au Mali : – « Je ne suis ni indépendantiste ni jihadiste, je suis pour l’unité nationale… »

Abdoulaye  DIARRA – 22 décembre 2014

Rencontré hier dimanche 21 décembre dans une chambre d’hôtel de Bamako, l’ex-Colonel déserteur de l’armée malienne Hassane Ag Mehdi, plus  connu sous l’appellation de Jimmy le » rebelle » a réaffirmé son attachement et celui des 400 combattants qui l’accompagnent à l’unité nationale.

Cet ancien chef militaire du MNLA puis du HCUA, non moins Secrétaire général du Front populaire de l’Azawad (FPA) s’est dit engagé à mettre en échec tout projet de partition du pays. Il dit n’être ni indépendantiste ni jihadiste. Comme gage de sa bonne foi, Jimmy le » rebelle » a déclaré avoir débuté le regroupement de ces combattants dans la région de Gao, tout en précisant être à la disposition de l’Etat malien.

C’est une véritable saignée que les groupes séparatistes (HCUA, MNLA) viennent de subir avec le départ  de Jimmy le » rebelle » et son mouvement le FPA.  Il occupait un rôle majeur dans le dispositif de ces mouvements en raison de son expérience militaire.

Le Colonel Hassane Ag Mehdi est un ex-officier gendarme qui a déserté de l’armée malienne à la faveur de la rébellion de 2012. Il rejoint le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) dont il ne tarde pas à devenir l’un des chefs militaires.

Plusieurs officiers touaregs de l’armée, fidèles à lui, le rejoignent  aux côtés du mouvement séparatiste touareg alors en quête d’hommes aguerris au maniement des armes à feu. Compte tenu de sa position au sein de ce mouvement, l’homme a été de toutes les grandes rencontres notamment les négociations  entre le gouvernement de transition et les groupes armés du nord au Burkina Faso. Lesquelles  ont abouti à la signature,  le 18 juin 2013,  de l’Accord de Ouagadougou.

Le FPA : Un mouvement rassembleur

Hassane Ag Mehdi nous signale qu’en raison des revendications maximalistes du MNLA, il a été amené à quitter ce mouvement. Le Front populaire de l’Azawad (FPA) qu’il a fondé par la suite a été sollicité par le HCUA, l’un des groupes signataires de l’accord de Ouagadougou. A la faveur des pourparlers intermaliens  d’Alger, certains  groupes armés du nord se sont regroupés dans une plateforme dénommée la coordination des mouvements de l’Azawad en vue d’harmoniser leurs positions et de taire les antagonismes.

Au fil des négociations, cette coordination s’est révélée de plus en plus belliqueuse et revendiquait la création de deux entités (le Mali et l’Azawad).  » C’est ainsi que le 29 novembre 2014 à Tin Tabakate, le Front populaire de l’Azawad (F.P.A), après une analyse approfondie et constructive a décidé de quitter la coordination des mouvements de l’Azawad. Le F.P.A,  fidèle à sa démarche de mouvement rassembleur, en appelle à l’unité des uns et des autres pour sauver le Mali uni et réconcilié » a déclaré le Colonel Hassane Ag Mehdi.

Dépassement de soi

Et de préciser : « Je suis contre tout projet de fédéralisme. Je suis opposé à toute démarche qui est susceptible de porter préjudice aux populations du nord qui ont beaucoup souffert de cette situation. Il nous faut évoluer et aller vers une solution définitive. Le FPA n’est ni un mouvement racial ni un mouvement ethnique. C’est un regroupement ouvert à tous. C’est pourquoi,  en son sein, vous y verrez des représentants de toutes les communautés. Pour preuve, le Secrétaire général adjoint  du FPA est Seydou Cissé, un Songhaï de Gao. Mohamed Issouf Ag Yallas, Seydou Haïdara dit Lilo ou le professeur Hawado Ag Inabeka, tous membres du FPA, sont toujours restés attachés à l’unité nationale. Voilà des personnes qui n’ont jamais quitté le pays et qui ont toujours œuvré pour le Mali. Je suis avec tout le  monde. J’exhorte toutes les communautés du nord, quelles que soient leurs diversités et leurs origines à taire leurs divergences, à faire un dépassement de soi pour sauver l’unité nationale » a déclaré le Colonel Hassane Ag Mehdi.

Des éléments dans les trois régions du nord

A la question de savoir s’il ne craint pas une éventuelle attaque de ses anciens compagnons, l’ex-déserteur de l’armée de préciser qu’il n’est pas seul dans ce combat. Il revendique à ses côtés la présence de quelque 400 combattants parmi lesquels beaucoup d’anciens rebelles qui ont tourné le dos aux deux grands mouvements séparatistes du nord le MNLA et le HCUA. Ces combattants,  qui ont été rejoints par des jeunes Songhaïs et Peuls, sont actuellement encadrés par 72 officiers et sous-officiers déserteurs de l’armée malienne.

Selon l’ex-colonel déserteur de l’armée, ces combattants sont en regroupement à Tin-Aouker et à Tin-Afer,  dans la zone de Tilemsi  région de Gao, sous le commandement  de l’officier Alhassane Ag Aborakik et de son adjoint  Mohamed Alamine Ag Attayoub. D’autres de ces combattants sont aussi en regroupement  dans les localités de Gourma Rarhouss, Goundam et bientôt à Ansongo.

Notre interlocuteur a indiqué que ses éléments sont présents dans toutes les trois régions du nord et précisément à Kidal considéré comme le fief des séparatistes touaregs.

Mettre en échec toute partition du Mali

Le Secrétaire général du FPA a réitéré » son engagement à faire avancer le processus de paix et déclare tendre la main à toutes les composantes sociales  afin d’œuvrer dans un sens réfléchi  pour rebâtir un Mali nouveau en tenant compte des spécificités culturelles de tous ses fils « .

Présent actuellement à Bamako sur l’invitation de la MINUSMA, Jimmy le « rebelle »  qui était la semaine dernière à Gao, s’apprête à retourner au nord pour sensibiliser les populations sur le bien-fondé de l’Etat unitaire et de la stabilité.

Il s’est dit déterminé à mettre en échec  toute partition du pays. » Ce qui me préoccupe c’est le bien-être des populations du nord  et leur sécurité » a-t-il précisé.

 

Colonel Hassan Ag Medhi se confie à Malijet : «Il faut que chacun de nous comprenne que ce n’est plus les armes, ni les groupements isolés qui vont trouver la solution aux problèmes du Mali»

Propos recueillis par A. Berthé – MaliJet – 22 Décembre 2014 

S’il y a un sujet qui défraie la chronique ces derniers jours, c’est bien le retour au Mali, et au sein de la plate-forme des groupes d’autodéfense du nord, du Colonel Hassan Ag Medhi, un désormais ex- leader du MNLA.

Malijet lui a posé quelques questions afin d’éclairer la lanterne de ses lecteurs sur les circonstances de ce qu’on l’on peut qualifier de retour spectaculaire au Mali, d’un homme qui faisait partie de ceux qui, un moment, avaient pris les armes contre l’Armée nationale.

Malijet: On a entendu parler de votre retour au pays et au sein de la Plate-forme des groupes d’auto défense. Quelle est la véracité de tout cela ?

Hassan Ag Medhi : oui, je suis à Bamako. Je suis revenu chez moi et je me sens à l’aise.  La réalité de tout cela, comme vous l’avez suivi, il y a eu cette tornade qui est arrivée et qui a emmené tout le monde. D’autres malgré eux, tout le monde s’est retrouvé sur une autre rive. Il y a eu des retrouvailles un peu partout, il y a eu des combats, de la politique, un peu de tout. Il y a deux mois avant l’Accord de Ouagadougou, quand j’ai démissionné du MNLA, j’avais crée le Front populaire de l’Azawad (FPA). Il n’était ni indépendantiste, comme je l’avais clairement dit dans ma déclaration, ni jihadiste et qui tendait sa main aux autorités du Mali et à la communauté internationale en vue de trouver une solution acceptable au problème que nous avons vécus. Et étant convaincu que ce problème était venu de tout le monde ou presque, que chacun a sa part dedans, il fallait être parmi les porteurs de ce fruit que tout le monde attend aujourd’hui.

Nous nous sommes retrouvés aujourd’hui, après tous les rounds qui se sont passés à Alger, dans des difficultés avec des blocages. Souvent ce sont des problèmes de termes ou de noms. Après une mûre réflexion et confirmant notre détermination à trouver une solution pour sauver ces populations qui souffrent depuis trois ans, nous avons décidé de démissionner de la Coordination des mouvements armés, tout en restant en contact avec elle, avec les autorités nationales et la communauté internationale pour essayer de chercher et de créer des canaux pour rapprocher ces mondes. Nous n’avons pas un problème.

Le problème que nous avons aujourd’hui, c’est un problème de communication, de compréhension et de manque de confiance. Pour qu’on dépasse ce stade, il faut avoir le courage de faire face à ces problèmes. Je vous donne un exemple. Je suis un exemple concret. J’ai quitté Ouagadougou, j’ai roulé sur le goudron jusqu’à Tin Aouker et je suis revenu. Ça fait déjà partie des mesures de confiance. Cela peut faire confiance à celui qui pense dès qu’il pose les pieds sur le territoire malien, il va se faire avaler ou se faire exécuter. Donc, ce sont des démarches comme ça qu’il faut oser faire.

Aujourd’hui, nous sommes là, dans le cadre de nous regrouper, de donner main forte à toutes les composantes pour trouver une union, peut-être une fusion, dans la perspective de trouver une solution définitive à ce problème que nous avons vécu depuis un demi siècle. Et pour éviter tout amalgame, je le dis très clairement, j’ai pris ma décision.  Je suis prêt à défendre chez moi. Je suis revenu pour rester chez moi dans mon Tilemsi de Gao. Je suis fier de Gao, je rentre à Tin-Aouker sans problème.  Je suis fier quand un frère quitte Sévaré vient me trouver, tout en restant dans la logique et la détermination de tous les Maliens pour rebâtir un pays nouveau, fort, indépendant et indivisible. 

Peut-on dire que vous reconnaissez enfin le Mali comme votre pays?

Hassan Ag Medhi: J’ai toujours reconnu le Mali. Le fait de ne pas être indépendantiste qui m’a amené à quitter les autres groupes est la preuve. Donc, je peux avoir des revendications mais je pense que nous sommes arrivés à un stade où il faut que les esprits se retrouvent.

Il faut que chacun de nous comprennent que ce n’est plus les armes, ce n’est plus les groupements isolés qui vont trouver la solution à ces problèmes. Aujourd’hui, nous avons un problème crucial qui est encré en nous-mêmes. Nous ne pouvons nous séparer, nous ne pouvons nous provoquer. Ce que nous devons éviter aujourd’hui, c’est de ne pas être emporté par des tornades politiques. 

Nous répétons notre question : reconnaissez-vous le Mali ?

Hassan Ag Medhi: je suis dans la capitale du Mali. Je suis chez moi, c’est très clair, où j’ai servi. Cela me rappelle beaucoup de choses. Toutes les unités que j’ai, elles sont à l’intérieur du Mali. J’ai une unité dans le Tilemsi, dans le Gourma de Rahrouss, dans le cercle Goundam.

Donc, cela prouve qu’on est en train de retisser beaucoup de choses, beaucoup de liens qui ont été déchiquetés par d’autres personnes qui, peut-être, ont d’autres intentions. Je suis de Gao, je n’ai pas honte de le dire. Cette région a besoin de ceux dont les autres régions ont besoin comme Kidal, comme Kayes. Je suis fier d’être avec mes frères et les ressortissants de ma région et agrandissant le cercle avec ceux de mon pays. 

Vous avez pris les armes contre l’armée malienne. Aujourd’hui, est-ce que vous êtes prêts à vous mettre à la disposition de la justice malienne ?

Hassan Ag Medhi : Quand on parle d’un Etat, quand on parle de réconciliation, on ne peut rien faire sans une justice. La première des choses, c’est d’abord une justice saine et claire sans aucune ambiguïté, sans corruption. Si quelqu’un a des choses auxquelles il doit répondre, il va répondre. Je suis prêt à répondre parce que je ne me reproche rien.  Je connais les choses qui m’ont fait partir, je connais les différentes déclarations que j’ai faites. Je connais la conviction profonde qui m’a amené à être le premier à revenir, parce que j’ai été le dernier à partir. Et je suis le premier à revenir. 

Aujourd’hui, comment trouvez-vous le Mali et ses autorités ?

Hassan Ag Medhi : J’ai trouvé le Mali que je connais. Je sais qu’il y a des problèmes. Je sais que tout le monde est animé d’une volonté pour remettre les choses dans l’ordre. L’autorité que je vois aujourd’hui est déterminée à trouver une solution au problème. Elle prend des deux mains toutes les réalités qui sont là. Elle est engagée et déterminée à aller de l’avant, à reconstruire beaucoup de choses et à accompagner le processus. En gros, je vois que le gouvernement est redevenu lui-même. Et cela rassure.

 

Nord du Mali : Jimmy le Rebelle blanchi en catimini

Alpha Mahamane Cissé – Par L’Indicateur du Renouveau – 18 décembre 2014

Le prix à payer pour le retour de la paix reste lourd et le gouvernement n’a pas trouvé mieux que de blanchir en catimini les chefs rebelles, c’est le cas Hassane Meydi connu sous le sobriquet de Jimmy le Rebelle.

La position de certains ténors des groupes armés membres de la coordination (MNLA, HCUA, MAA) demeure floue. Du coup, on se demande pourquoi tant d’agitations et de retournements de vestes. Si l’attitude de l’ex-colonel de gendarmerie Hassane Meydi dit Jimmy le Rebelle qui a regagné avec armes et bagages le MNLA a été condamnée, de nos jours, son retour annoncé dans le giron malien pose des interrogations légitimes.

C’est pourquoi, après avoir démarché la Plateforme des mouvements armés du Nord le même homme courtise le Mali. Hassane Meydi est de la tribu des Chamanan. Il était du MNLA, avant de créer son mouvement qui s’appelle les Forces patriotiques de l’Azawad (FPA). Un moment, il avait rejoint le HCUA.

C’est le président du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), Azaz Ag Loudag Dag qui a révélé les conditions posées pour accepter Hassane Meydi dit Jimmy. « Nous avons eu beaucoup de coulisses avec lui. Il a bien compris. Il veut venir. Il est en train de faire des démarches pour rentrer dans la plateforme. Nous lui avons posé des conditions, il faut qu’on voit ce qu’il a sur le terrain, il faut qu’on sache qu’il existe. Ensuite, il a démarché le gouvernement qui l’a accueilli qui lui a dit que tu es un fils malien, tu peux rentrer chez toi, tu es libre. Il est en train de se constituer, je pense que quand on saura qu’il a des hommes sur le terrain et qu’il est valable. Quand on saura qu’il est costaud, la plateforme lui ouvrira ses bras », a-t-il expliqué.

Le cas Assaley

Contre toute attente, c’est la position de l’ancien député de Bourem, membre fondateur de la Coalition des peuples de l’Azawad (CPA), Mohamed Ag Assaley, qui irrite. Au regard de ses agissements, il a été purement et simplement débarqué de la direction de la CPA. C’est Hamady Ould Cheik qui dirige aujourd’hui cette Coalition qui a décidé de souscrire ses actions dans celles de la Plateforme des mouvements du Nord qui revendique l’unité du Mali.

Après avoir été chassé de la CPA, Ag Assaley retourne toute honte bue dans les rangs du MNLA qu’il avait abandonné il y a un. Et dire que ce dernier avait la caution des autorités maliennes pour affaiblir la nébuleuse MNLA.

Tout comme Jimmy le Rebelle, Ag Assaley a été un moment copté par le régime. Ce revirement spectaculaire des leaders des groupes armés est la preuve irréfutable qu’il y a un manque de logique dans leur combat. C’est aux autorités de savoir sur quel levier il faut appuyer pour arriver à une paix véritable dans le Nord du Mali.

 

 

 

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