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Regain de violence avant négociations

by sur 5 janvier 2015

Comme nous l’indiquons depuis plusieurs semaines déjà, les actes terroristes se multiplient dans le Nord, afin de faire monter la pression avant le quatrième round des pourparlers d’Alger à la mi-janvier.

Ils ne sont pas tous de même nature et n’opposent pas toujours les mêmes camps.

En tous cas, l’assassinat du maire d’Aderanboukane (qualifié de « couteau planté dans le dos de la Paix » par un journal burkinabé, cf. ci-dessous) fait aussi partie de la déstabilisation de la région et participe à la fragilisation du processus de Paix dont ne veulent absolument pas les groupes islamisto-terroristo-narco-trafiquants, soucieux de préserver leurs « fonds de commerce »

On le sait, rien n’est simple dans ce dossier; synthèse de l’insécurité.

La ville de Nampala attaquée ce matin….. 3 militaires maliens tués

Par Malijet – Abdoulaye Diakité – 5 janvier 2015 à 12h

Alors que les regards étaient tournés vers la ville de Ber, dans la région de Tombouctou, où la tension est vive entre le MAA affilié au MNLA et le Gatia, c’est à Nampala, dans la région de Ségou, frontière mauritanienne, que des groupes armés ont frappé ce matin.

Selon une source militaire, c’est le MNLA, le HCUA, le MAA affilié au MNLA et autres jihadistes qui ont attaqué la ville où il n’y avait qu’un Poste de commandement (PC) de l’armée malienne.

Ils sont venus à bord de deux pick up et une vingtaine de motos. Au cours des combats, les assaillants ont tué trois militaires maliens.

Après leur sale besogne, les assaillants sont repartis aussitôt. Notre source indique que des renforts ont été aussitôt dépêchés de Diabaly.

Mais un membre du chef de famille de Nampala a expliqué que les assaillants, après avoir investi la ville, criaient Allahou Akbar, Allahou Akbar. Ce qui laisse croire que ce sont des jihadistes puisque c’est leur mode opératoire.

Mais selon d’autres sources, ces Allahou Akbar peuvent être aussi une simulation des rebelles du MNLA, HCUA et MAA dissident.

Dans tous les cas, l’armée a réussi à reprendre le contrôle de la ville.

 Sept camions transportant de ravitaillement de la MINUSMA ont été brûlés par des hommes armés entre Gao et Kidal

Par Sahelien – 5 janvier 2015 à 10h

Alors qu’un convoi de la MINUSMA a heurté un engin explosif qui a blessé six casques bleus entre Ménaka et Gao ce matin, cette fois-ci entre Gao et Kidal, sept camions transportant de ravitaillement de la MINUSMA ont été brûlés par des hommes armés non identifiés selon le syndicat des transporteurs de Gao.

Des camions de location transportant de ravitaillement des hommes de la MINUSMA ont quitté Gao le 28 décembre pour se rendre à Kidal, mais « arrivés à Anefif, les casques bleus de la MINUSMA basé dans cette ville n’ont pas voulu escorter les camions jusqu’à Kidal.

La MINUSMA a demandé aux camionneurs de revenir à Gao. Ce matin entre Anefif et Tabancourt, sept camions se trouvant à la queue d’un convoi de 24 camions ont été arrêtés par des hommes armés non identifiés. Ces hommes armés ont fait descendre les chauffeurs avant de brûlés les camions et le ravitaillement de la MINUSMA », a dit Daka Aboubacar Traoré, chef du syndicat des transporteurs de Gao.

Les autres camions du convoie continuent sur Gao sous escorte de la MINUSMA. C’est dans cette même zone de Tabancourt qu’un drone français a tué un leader du MUJAO en mois de décembre dernier.

Depuis 2013, les camions de transport sont régulièrement attaqués par des hommes armés en motos qui dépouillent les chauffeurs, mais ce la première fois que des camions transportant le ravitaillement de la MINUSMA sont brûlés dans cette zone.

Nord-Mali : recrudescence de la violence à l’approche des la reprise des négociations de paix

4 janvier 2015 – Source: Agence de presse Xinhua

La partie septentrionale du Mali a été secouée ces dernières semaines par des actes de violence et des affrontements armés, alors que le gouvernement malien et les groupes armés du nord s’apprêtent à se réunir à Alger dans le cadre de négociations d’un accord de paix global et définitif.

Les derniers affrontements armés ont eu lieu dans la semaine dans les localités de Zarho, région de Tombouctou, et Bamba, région de Gao entre des groupes armés du nord, a constaté, dans un communiqué, la Mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali ( MINUSMA).

La MINUSMA a réagi en déployant un hélicoptère pour constater la situation sur le terrain le 24 décembre ainsi qu’une mission de ses Casques bleus et de la Police des Nations Unies à Bamba et à Zarho aux fins de surveiller la situation, indique le texte.

Des éléments d’infanterie et de génie des contingents du Bangladesh et du Cambodge de la MINUSMA, ajoute le texte, ont été déployés à Bamba le 29 décembre pour prendre contact avec les autorités locales et évaluer la situation. La MINUSMA a également déployé une patrouille à Bamba et à Zahro le 31 décembre suite à des rapports faisant état de reprise des affrontements.

« Une boutique dans le marché de la ville a été brulée, ce qui indique que les évènements à Zahro et à Bamba étaient des actes de revanche », a déclaré une délégation onusienne.

Le texte rappelle, le 29 décembre, un bateau transportant des passagers et des biens a été attaqué par des hommes armés non identifiés près du village de Tinefewa, 50 km à l’est de Ber, dans la région de Tombouctou.

Depuis le 31 décembre, des tensions persistent entre la Coordination (du MNLA, HCUA et MAA) et la Plateforme (des Mouvements d’auto-défense, considérée comme favorable au gouvernement malien) dans la région de Ber au sujet de la libération de personnes respectivement prises en otage par les deux groupes.

Jeudi dernier, « une attaque a eu lieu sur le convoi du maire de la commune d’Aderanboukane à 37 km sur l’axe reliant Ménaka à Aderanboukane. L’attaque a fait trois victimes, deux morts et un blessé » dont le maire qui est mort de ces blessures ce samedi, selon des sources sécuritaires.

Dans un communiqué publié vendredi à Bamako, la MINUSMA a  » condamné les violations du cessez-le-feu et des droits de l’homme dans le nord du Mali » et « exprimé sa profonde inquiétude suite à la série d’affrontements armés et d’actes de violence et provocation survenus durant les derniers jours dans un nombre de localités dans le nord du Mali »..

« Nous condamnons dans les termes les plus vigoureux tous ces actes de violence et de provocation, notamment la prise d’otages et le pillage et nous les dénonçons comme actes de violation aussibien du cessez-le-feu que des droits de l’homme. Les auteurs de ces violations doivent savoir qu’ils seront tenus pour responsables et répondront de leurs actes », a déclaré le chef de la MINUSMA, David Gressly.

« Le recours à la violence et à la provocation est d’autant plus inacceptable que les accords conclus prévoient un mécanisme pour régler les différends et les plaintes. Et toutes les parties ont l’ obligation d’assurer que les accords conclus soient respectés dans leur lettre et dans leur esprit surtout en cette phase critique où elles se préparent à entamer la phase ultime des pourparlers de paix à Alger », a souligné M. Gressly.

« Les agissements des uns et des autres sur le terrain doivent correspondre aux engagements qu’ils ont pris si les parties veulent démonter au peuple malien leur bonne foi dans la poursuite d’une solution négociée, pacifique et durable à la crise malienne », a conclu M. Gressly.

Pour sa part, le gouvernement malien également a « condamné avec la dernière vigueur l’attaque perpétrée contre un bateau de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV), dans la nuit du 29 au 30 décembre 2014, entre Bamba et Tombouctou ».Les autorités maliennes s’insurgent contre les affrontements récurrents entre groupes armés, qui sont de nature à nuire au processus de paix, indique un communiqué officiel publié mercredi.

Le gouvernement malien appelle tous ces groupes armés, quels qu’ ils soient, au respect scrupuleux des différents accords de cessez-le-feu, pour préserver la quiétude des populations, et maintenir l’ espoir suscité par les pourparlers en cours, précise le texte

Suite aux récents affrontements survenus dans le nord du Mali, des groupes armés réunis au sein d’une plateforme, a levé le siège autour de Ber où, selon un communiqué, des éléments de la coordination composés du MNLA et du MAA se sont retranchés après avoir été délogés de Bamba « derrière les femmes, les enfants s’en sont pris à des paisibles populations en volant et en pillant à Bamba ».

« Tenant compte des bons offices de la MINUSMA et de l’engagement pris par des notabilités de la commune de Ber, les mouvements de la plateforme ont décidé de lever le siège autour de cette localité et donner encore une chance à la paix », conclut le texte.

Selon Ismaïla Diarra, professeur d’enseignement supérieur dans un Institut privé, « ces affrontements entre groupes armés rivaux entrent dans le cadre d’un combat de positionnement dans la perspective des négociations d’Alger dont la reprise est prévue en début janvier ». Pour M. Diarra, « c’est pratiquement la dernière phase du processus et l’occupation d’une portion du territoire malien constitue un moyen de pression pour être entendu ».

Se prononçant sur le cas de Ber, Mahamane Cissé, un journaliste malien, estime que « c’est d’abord un combat de positionnement pour le contrôle d’une localité aussi stratégique que Ber, réputée être une zone où le trafic de tous genres s’effectue ».

« Sur un plan tout à fait économique, dit-il, c’est une zone qui permet aux groupes armés de mener des activités devant permettre d’entretenir les troupes. Forcement, le GATIA, qui est une milice reconnaissant l’intégrité territoriale du Mali, devrait occuper la ville de Ber pour son contrôle ».

Dans son message de nouvel an, le président malien Ibrahim Boubacar Keita a nourri l’espoir de voir « signé et célébré prochainement en terre malienne, l’acte final, l’accord de paix global et définitif » entre les Maliens.

ASSASSINAT DU MAIRE D’ADERANBOUKANE AU MALI : Encore un couteau planté dans le dos de la paix

« Le Pays » (BF) du 5 janvier 2015

C’est une grande voix pour la paix et un grand bâtisseur de sa région qui vient de faire les frais du terrorisme au Nord-Mali. Aroudeiny Ag Hamatou, maire de la commune d’Aderanboukane dans le Nord du Mali, dont le véhicule est tombé dans une embuscade, a succombé à ses blessures dans l’avion des Nations unies qui l’évacuait vers Bamako pour des soins.

Le défunt maire est réputé avoir été un homme de paix dans son pays, surtout pour Bamako, et était considéré, de son vivant, comme un grand artisan du développement de la région de Ménaka en général et de sa commune en particulier.

En effet, à travers la coopération décentralisée et des initiatives culturelles, il venait en aide à sa communauté, les Touaregs des Ouliméden. Quant à la paix, il a œuvré pour sa consolidation,   aux côtés des autorités officielles du pays.

Cet assassinat peut remettre le feu aux poudres

Et c’est probablement cette posture de faiseur de paix qu’il vient de payer de sa vie. Certes, l’attaque n’a pas été revendiquée, du moins pour le moment. Mais, les pistes ne manquent pas. Il peut s’agir d’un acte du Mouvement national de libération de l’Azawad  dont il fut proche, avant de prendre ses distances au profit de Bamako.

Il est également possible que le coupable soit à rechercher du côté du Mouvement Unique pour le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO). Bien des observateurs penchent plutôt pour cette seconde hypothèse. De toute façon, au regard des connexions secrètes et douteuses entre les groupes armés qui font la loi dans le Nord-Mali, il n’est pas toujours aisé de distinguer qui fait quoi.

En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que ces groupes armés, qui contrôlent plus ou moins cette zone du pays, ne sont pas étrangers à cet assassinat. Cette embuscade a été soit leur œuvre personnelle, soit celle de personnes qui ont bénéficié de leur complicité active ou passive.

C’est un truisme de dire que pour les islamistes radicaux qui sévissent encore au Nord-Mali, tous ceux qui sont proches de Bamako sont des ennemis à abattre. Ils sont dans une logique d’éliminer tous ceux qui travaillent dans le sens du retour définitif de la paix dans le pays, étant donné qu’eux n’envisagent aucune trêve avec les autorités maliennes. Leur tâche est rendue quelque peu facile par le fait que l’Etat malien n’a encore aucune maîtrise du Nord du pays.

Cet assassinat est encore un couteau planté dans le dos de la paix, un obstacle de plus  dressé sur le chemin du retour de la paix au Mali. Ce drame qui intervient à quelques jours de la reprise des négociations inter-maliennes à Alger, n’est pas, de toute évidence, de nature à apaiser les esprits. C’est un acte de nature à polluer davantage un climat de négociations déjà bien lourd.

Sans oublier que sur le terrain, cet assassinat peut remettre le feu aux poudres. C’est du reste ce que laissent comprendre des partisans de l’élu disparu, qui disent que ce crime ne restera pas impuni, évoquant la nécessité de régler les comptes aux auteurs de cette attaque, une fois le deuil passé.

C’est dire que la zone risque de connaître des journées chaudes.

Les terroristes doivent être combattus avec détermination et méthode

Certes, un règlement de comptes entre groupes du Nord, qui fragiliserait les groupes armés partisans de l’autonomie de cette zone, ne serait pas pour déplaire à Bamako. Bien au contraire ! Ce serait pain bénit pour le régime du président Ibrahim Boubacar Kéita, si les groupes armés qui lui sont hostiles pouvaient être fortement secoués. Mais, rien n’est gagné d’avance. Car, ces combats entre « nordistes » peuvent être préjudiciables à la paix et sources de nombreux dérapages en matière de droits humains.

En tout état de cause, cette embuscade meurtrière pose, une fois de plus, toute la problématique de la sécurisation de la région sahélo-saharienne. Les terroristes auraient voulu envoyer un message fort qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. Car cette attaque sonne comme une réponse des terroristes du Nord-Mali à la tournée de Jean-Yves Le Drian dans cette région, dans le cadre de la lutte anti-terroriste.

C’est une sorte de pied de nez fait aux forces internationales, notamment à Barkhane dont la mission est justement de prévenir et combattre le terrorisme dans la région. Une façon pour les terroristes et trafiquants de toutes sortes, qui écument la zone et qui n’ont aucun intérêt à ce que les autorités légitimes et légales en aient le contrôle, de réaffirmer leur détermination.

La sécurisation de cette zone est donc loin d’être une promenade de santé. Surtout que le défi dépasse le seul cadre de l’Etat malien. Comme l’ont du reste relevé le président nigérien, Mahamadou Issoufou, et le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, il faudra s’attaquer à la racine du mal, résoudre le problème en amont. Il est en effet de notoriété publique, au stade où nous en sommes, que la source du terrorisme au Sahel se trouve, pour l’essentiel, dans le sud-libyen.

En effet, c’est cette partie du territoire libyen, sanctuaire des islamistes depuis la chute du régime Kadhafi, qui sert de réservoir pour les islamistes. C’est de là que partent de nombreux djihadistes et d’importantes quantités d’armes vers la bande sahélo-saharienne dont le Nord du Mali. Il est donc d’une impérieuse nécessité que le problème soit résolu en amont. Les terroristes doivent être combattus avec détermination et méthode.

La saisie des armes illégales au Sahel dont ont fait cas les autorités militaires françaises, doivent se poursuivre et se renforcer. Mais, c’est surtout le repère de « vipères »que constitue le Sud de la Libye, qui devra être nettoyé, autant que faire se peut. Et cela passe nécessairement par une action internationale concertée et bien menée.

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