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Après Nampala, l’embrasement communautaire ?

by sur 7 janvier 2015

La pression des groupes armés se poursuit. Après Nampala, c’est Djouora, à 60 km, qui a été attaquée et la mairie brûlée.

Se profile désormais un autre péril : celui de l’embrasement communautaire avant qu’on ait eu le temps de négocier quoi que ce soit à Alger.

D’autant que des intérêts financiers sont en jeu dans le contrôle des trafics divers et variés : drogue, hydrocarbures, tabac et aussi… candidats à la migration.

Nord-Mali : Le péril de l’embrasement communautaire

Abdrahmane KEITA – L’Indépendant du 8 janvier 2015

A quelques encablures de la dernière ligne droite vers un accord définitif dans le cadre des pourparlers du dialogue inter-malien à Alger, sa durabilité semble déjà compromise par un enlisement tribal et communautariste sur fond de règlements de comptes et d’intérêts peu avouables. Le processus en soi n’en connaît pas forcément un coup d’arrêt, mais il y a tout lieu de s’interroger sur les chances de consolidation d’un éventuel accord par une nécessaire réconciliation nationale.

A quelques encablures de la dernière ligne droite vers un accord définitif dans le cadre des pourparlers du dialogue inter-malien à Alger, sa durabilité semble déjà compromise par un enlisement tribal et communautariste sur fond de règlements de comptes et d’intérêts peu avouables. Le processus en soi n’en connaît pas forcément un coup d’arrêt, mais il y a tout lieu de s’interroger sur les chances de consolidation d’un éventuel accord par une nécessaire réconciliation nationale.

Les relents communautaires de la dynamique d’apaisement du septentrion se sont manifestés, dès l’étape de Ouagadougou, par des réserves des mouvements armés séparatistes et leur refus de reconnaitre leurs homologues loyalistes comme protagonistes des négociations avec la partie gouvernementale. Il leur paraissait notamment vicieux et insidieux de biaiser le dialogue entre un Etat et une rébellion en y associant les tendances dénommées milices pro-gouvernementales. La question a derechef refait surface à Alger et aura longtemps déteint sur le processus avant que la médiation internationale ne trouve une sortie laborieuse de crispation.

La solution a consisté à faire signer séparément les représentants des différentes coalitions communautaires, mais elle n’a pas empêché qu’elles s’affrontent sur le terrain pour asseoir leur influence et prétentions territorialistes. L’accord de cessez-le-feu signé après les incidents meurtriers de Kidal n’a ainsi point résisté à la bataille de chaque communauté d’être prise en compte et de compte dans la balance du processus des négociations. Face à la coalition MNLA-MAA-HCUA formée autour du séparatisme  arabo-ifoghas et alliés s’est positionnée l’alliance loyaliste de circonstance arabo-songhaï-imghad (GATIA). Les uns sont motivés par des prétentions territorialistes autonomistes, tandis que les autres forment une combinazzione où chaque communauté trouve son compte.

Les sédentaires préviennent une extension de l’hégémonie séparatiste à leurs platebandes historiques, les Touareg loyalistes une ascendance de la minorité tribale sur la majorité, les Arabes pro-étatiques comptent sur l’alliance avec un pouvoir régulier pour mener leurs activités lucratives dans la zones.

Quoi  qu’il en soit, l’alliance de circonstance réalise des merveilles dans sa résistance farouche à l’avancée de la vague «l’Azawadiste», quoique son avènement puisse être perçu comme une guerre par procuration entretenue par un Etat affaibli par la déroute de l’armée régulière. «Les pouvoirs ne font rien pour arrêter la violation flagrante de la cessation des hostilités par les groupes qui se réclament d’eux», note par exemple une source proche des mouvements adverses.

La donne ne serait néanmoins pas un facteur bloquant dans le processus d’Alger, a confié la même source, prouvant du coup que le Mnla et alliés ne sont pas prêts à cracher sur les précieux acquis contenus dans l’accord que l’Etat malien s’apprête à signer lors du tout prochain rendez-vous d’Alger. Beaucoup moins rassurante, en revanche, la durabilité dudit accord en tant qu’instrument susceptible d’asseoir une paix définitive dans le septentrion. Et pour cause, l’enlisement inter et intra-communautaire sur fond de règlements de comptes est une réelle source d’inquiétude d’autant qu’il ouvre le chemin d’un laborieux processus de réconciliation pour ce faire.

Dernier avatar de cet enlisement, l’assassinat d’un des chefs de la tribu Oulimidane et Maire d’Anderamboukane, Aroudéni Ag Hamatou, un allié du Mnla redevenu loyaliste après l’occupation. Son meurtre intervient dans un contexte d’avancée notoire des forces loyalistes dans sa contrée et ne partait point étranger à la perte progressive d’influence du séparatisme dans la zone de Ménaka.

Dans celle de Tombouctou également, notamment à Ber, la tension intercommunautaire n’est point propice à une réconciliation nationale d’autant plus précieuse que la signature d’un accord à Alger n’est pas une fin en soi et pourrait aussitôt se volatiliser en cas de persistance des hostilités d’une dimension moins contrôlable.

 Mali : Les djihadistes d’Ansar Eddine menacent de commettre des attentats à « tout moment »

Maliactu – 7 janvier 2015

2014-08-07 Iyad Ag Ghalli ansardine

Iyad Ag Ghali, fondateur d’Ançar Edine

Le groupe terroriste, Ansar Eddine, a averti les populations de Tessalit de commettre à « tout moment » des attentats dans la ville et ses environs.

Des tracts datés du 18 décembre, dont nous vous présentons une copie, avaient été distribués par les djihadistes d’Ansar Eddine aux populations locales, les invitant à s’abstenir de fréquenter les positions « des ennemis d’Allah et de son prophète », autrement dit les français de l’opération Barkhane et les casques bleus de la MINUSMA.

« Ces positions peuvent être l’objet d’attaques par les moujahidine à tout moment », ont-ils menacés, en précisant aux populations locales « d’éviter les pistes qui mènent vers la montagne (Nord-Est et Sud-Est) de la ville, ceci pour éviter des incidents regrettables ».

Le 29 décembre dernier, une attaque à la roquette (au moins 9 tirs d’obus), revendiquée plus tard par Ansar Eddine, avait visé le camp militaire mixte (FAMAs-Barkhane-MINUSMA) de Tessalit, soit 11 jours après les avertissements du groupe terroriste.

Les mises en garde du groupe terroriste d’Iyad Ag Ghaly concernent-elles cette seule attaque ou envisage-t-il d’autres actions similaires ?

Le pire doit être craint dans ce contexte sécuritaire extrêmement explosif dans l’ensemble du pays. Depuis décembre 2014, les attaques meurtrières se multiplient au Mali. Tantôt les violences sont l’œuvre de groupes terroristes, tantôt ce sont les éléments des groupes armés qui s’affrontent entre eux.

Mali: Recents affrontements entre groupes armés du nord : L’enjeu paraît financier

Mamadou GABA – Soir de bamako -7 janvier 2015

Il faut dire qu’à propos des accrochages de ces derniers temps, aucune revendication précise n’est mise en exergue. Il s’agit plutôt d’un rapport de forces politiques, territoriales et économiques.

QUEL ENJEU?

A propos de la dimension politique de ces accrochages, signalons que le cinquième round des négociations d’Alger doit débuter sous peu de temps et ce serait probablement le dernier round, conformément aux exigences de la Communauté internationale avec la France en tête. On sait que dans les négociations d’Alger deux camps sont opposés.

D’un côté, les indépendantistes ou pro-fédéralistes qui sont la Mnla, le Hcua et le Maa et, de l’autre côté, le groupe de ceux qui rejettent toute idée d’indépendance ou de fédération et qui soutiennent la position du Gouvernement malien. Donc on peut imaginer clairement que les affrontements de ces derniers temps à Bamba, Zaro et Ber ont pour but de montrer la puissance et les moyens militaires des uns et des autres, afin d’influencer l’adversaire.

Outre cette dimension politique, les affrontements récents revêtent aussi un caractère de rapport de forces territorial et économique. En effet, il se trouve que les localités de Bamba et de Ber sont les plus gros bourgs de marchés de bétails dans la zone. La localité de Ber est sous le contrôle du Mnla et de ses alliés tandis qu’à Bamba, ce sont les communautés sédentaires proches des groupes pro-gouvernementaux qui règnent. L’enjeu économique et financier lors des marchés forains dans ces localités, est très important.

En fait, compte tenu de l’absence totale de l’autorité de l’État malien en ces lieux, ce sont les groupes armés qui contrôlent les marchés hebdomadaires dans ces localités et perçoivent des taxes payées par les marchands et autres vendeurs de bétails.

Selon certaines sources sur le terrain, il semblerait que chaque semaine, ce sont des sommes énormes, qui peuvent atteindre deux ou trois millions de francs Cfa, qui sont collectées par les groupes armés. Donc le contrôle de ces marchés devient un enjeu majeur sur le plan financier. C’est là un état de fait qui dure depuis des mois, mais avec les derniers affrontements qui ont eu lieu en fin décembre dernier, c’est la Minusma qui a repris le  contrôle des deux localités et effectue des patrouilles en attendant que la situation se calme.

LE MNLA ACCUSE L’ÉTAT MALIEN

A propos de ces affrontements, les responsables du Mnla ont accusé l’armée malienne d’être derrière les groupes armés qui se réclament pro-gouvernementaux et comptent porter plainte auprès de la médiation algérienne lors de la prochaine reprise des négociations. Pour eux, les accointances entre les groupes armés et l’État malien risquent de conduire à une guerre civile dans le pays.

Ce sont là des allégations farfelues qui n’ont aucune  chance d’être écoutées par la médiation, d’autant plus que non seulement rien d’officiel ne prouve que le Gouvernement malien a des accointances avec les groupes dits pro-gouvernementaux, mais aussi lesdits groupes ne sont pas des groupes rebelles. Bien au contraire, ce sont des milices qui défendent la légalité et l’intégrité territoriale du Mali. Dans le cas précis du Mali, ces milices sont des groupes qui occupent le terrain là où l’armée régulière malienne a du mal à intervenir pour une raison ou pour une autre. D’ailleurs, cela n’est pas une première au Mali.

On se souvient que sous le regime du président ATT, il y avait des milices conduites par le colonels Ould Meydou et El Hadj Gamou. Le Président ATT s’était fortement appuyé sur ces milices arabes et Imghad pour contenir la rébellion de 2006. Aujourd’hui encore, ce sont les mêmes milices qu’on retrouve au sein du Gatia et du Maa pour lutter contre les rebelles indépendantistes. Il n’est un secret pour personne que depuis le début de la crise malienne en 2012, l’armée malienne s’est repliée vers le sud du pays et la sécurité n’est assurée que par différents groupes d’autodéfense qui ont pris possession de certaines localités du nord.

Au mois de mai dernier, suite aux événements de Kidal, un cessez-le feu a été signé entre les groupes rebelles et l’armée malienne pour éviter l’embrasement total. A cet effet, un comité technique mixte de la sécurité a été mis en place, sous l’égide de la Minisma, pour veiller au respect du cessez-le-feu.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation sécuritaire reste très fragile dans le septentrion malien, malgré la présence de la Minusma et de l’opération Barkhane. Il est vrai qu’officiellement l’opération Barkhane n’est plus au Mali pour assurer la sécurité des populations. Sa mission est plutôt de traquer les djihadistes dans le Nord malien et dans toute la région de Sahel.

Quant à la Minusma, elle ne dispose que 8.300 hommes pour une zone aussi vaste que le septentrion malien. Il va s’en dire évidemment, qu’avec cet effectif, elle ne peut pas être partout en même temps.

Mali : nouvelle attaque jihadiste à Djoura, dans le centre

07/01/2015 à 18:12 Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Le centre du Mali a été mercredi la cible d’un nouvel assaut jihadiste, deux jours après l’attaque perpétrée à Nampala.

Des jihadistes ont attaqué dans la nuit de mardi à mercredi Djoura, localité du centre du Mali proche de la frontière avec la Mauritanie, deux jours après un assaut meurtrier contre la garnison d’une autre ville de la zone, selon un responsable municipal et une source militaire.

« La mairie de Djoura, prise pour cible, a été brûlée par ces islamistes », a affirmé à l’AFP un responsable municipal. En se repliant, ils ont tué un civil, selon lui. Ces informations ont été confirmées à l’AFP par une source militaire malienne.

Selon ce responsable, les assaillants sont les mêmes que ceux qui avaient attaqué lundi un camp de l’armée à Nampala, à environ 60 km au nord, l’assaut le plus meurtrier au Mali depuis celui perpétré début octobre dernier contre le contingent nigérien de l’ONU. L’agence privée mauritanienne Al-Akhbar a cité des sources au sein d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendiquant l’opération.

Nouvelle attaque d’une localité dans le centre du Mali, un civil tué

Par AFP / 07 janvier 2015 17h07

Bamako – Des jihadistes ont attaqué dans la nuit de mardi à mercredi une localité du centre du Mali proche de la frontière mauritanienne, tuant un civil, deux jours après un assaut meurtrier contre la garnison d’une ville voisine, selon un responsable municipal et une source militaire.

Les islamistes ont pris pour cible la mairie de Djoura, localité située à environ 60 km au sud de Nampala, dont ils avaient attaqué le camp militaire lundi, selon ces sources jointes par l’AFP.

Onze soldats maliens ont été tués dans l’assaut de lundi, selon un nouveau bilan obtenu mercredi de sources municipales et militaires. S’y ajoutent neuf soldats blessés, a-t-on indiqué de source municipale.

Le précédent bilan de l’attaque contre le camp de Nampala était d’au moins huit soldats tués.

Les mêmes islamistes qui ont visé le camp de Nampala ont attaqué dans la nuit de mardi à mercredi Djoura, dans le centre du Mali, à environ 465 km au nord-est de Bamako, a déclaré le responsable joint à la mairie de Djoura.

Ils ont brûlé la mairie de Djoura, puis ils ont fui vers le nord, en direction de la frontière avec la Mauritanie. Sur leur route, à 20 km de Djoura, ils ont tué un civil, a-t-il ajouté.

Ces informations ont été confirmées à l’AFP par une source militaire malienne, selon laquelle il s’agit du même groupe que pour l’attaque de Nampala, située aux portes du vaste nord malien où opèrent divers groupes armés, dont des jihadistes.

Les assaillants sont des islamistes. Ils ont tiré des coups de feu dans la ville de Djoura, incendié la mairie et tué à proximité de la ville un civil, a affirmé cette source militaire.

Nous avons envoyé mercredi un nouveau renfort militaire à Djoura et à Nampala, a-t-elle précisé.

Aucune des sources jointes mercredi par l’AFP n’a précisé l’identité du groupe des assaillants. Mais lundi, quelques heures après l’attaque, l’agence privée mauritanienne Al-Akhbar avait cité des sources au sein d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendiquant l’opération.

Al-Akhbar fait partie des médias privés mauritaniens diffusant régulièrement des communiqués d’Aqmi sans jamais être démentie.

Le nord du Mali est tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, dont Aqmi, qui en ont été chassés en grande partie par l’opération Serval, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France.Serval a cédé la place en août 2014 à Barkhane, dont le rayon d’action s’étend à l’ensemble de la zone sahélo-saharienne. Depuis juillet 2013, des troupes de plusieurs pays sont déployées au sein de la mission de l’ONU au Mali (Minusma).

 

 

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