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IBK en « pole position » à Paris

by sur 12 janvier 2015

Mis à jour lundi 12 janvier à 20h30

 

Chacun aura remarqué, lors de la marche républicaine d’hier à Paris, au bras de François Hollande, la présence d’Ibrahim Boubacar Keïta, seul leader africain dans un premier rang très européen.

2015-01-12 La marche républicaine (Une VdN) 001

 

Nul ne peut douter du symbole : deux ans jour pour jour après l’intervention française pour stopper les narco-terroristes-djihadistes-salafistes à Konna, c’était au tour d’IBK de montrer sa solidarité avec la France à son tour frappée au coeur.

Un geste qui n’est pas passé inaperçu, ni en France, ni au Mali… où il est quelque peu critiqué, comme on le lira ci-dessous.

En fin d’articles en  revanche, la participation à la marche républicaine des Maliens vivant en France est sans équivoque ! Alors qu’au pays, on peut très bien se sentir « Charlie, mais pas Français« …

Ironie de l’histoire, si Coulibaly, l’islamiste assassin de l’épicerie casher, originaire d’une famille malienne, revendique une filiation avec Daesh, c’est un autre Malien, L. Bathilly, ex-sans papier, qui, après avoir mis plusieurs otages en sécurité, s’est échappé des lieux non sans avoir récupéré la télécommande du volet roulant qu’il a remis aux policiers en leur fournissant de précieuses indications…

 

Marche républicaine à Paris hier : UNION SACRÉE CONTRE LE TERRORISME

L’Essor du 12 janvier 2015 – Envoyé spécial A. M. CISSE

La manifestation à laquelle prenait part le président Keita a réuni une cinquantaine de chefs d’Etat et plus de deux millions de personnes dans les rues de la capitale française

Le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta a participé hier à la grande marche républicaine organisée sur l’avenue des Champs Elysées à Paris en hommage aux victimes de l’attentat contre le Magazine «Charlie Hebdo». La délégation présidentielle était arrivée dans la capitale française la veille de l’événement qui a réuni des centaines de milliers de Parisiens aux côtés du président français François Hollande.

Ibrahim Boubacar Keita qui fut l’un des premiers dirigeants africains à manifester sa solidarité au peuple français, n’était pas le seul chef d’Etat aux côtés de son homologue français. Devant la marée humaine qui s’est ébranlée sur les Champs Elysées, on pouvait distinguer de loin le couple royal jordanien, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président palestinien Mahmoud Abbas. De même que le président ukrainien Petro Porochenko et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov.

Participaient aussi de hauts dirigeants européens tels que Angela Merkel, David Cameron, Matteo Renzi, Mariano Rajoy et Jean-Claude Juncker.

L’Afrique n’était pas en reste. Les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, nigérien Mahamadou Issoufou, béninois Boni Yayi, togolais Faure Gnassingbé, le Sénégalais Macky Sall, étaient tous présents ce dimanche à Paris pour participer à l’événement. Le Tchad et l’Algérie étaient pour leur part représentés par leurs Premiers ministres.

Le président Keita a défilé à la droite François Hollande qui avait à sa gauche la chancelière allemande Angela Merkel. Cet ordre protocolaire est un honneur pour notre pays. « François Hollande a voulu signifier toute l’amitié pour le Mali pour le respect et toute la considération due à notre pays parce que nous sommes tous les deux – peuple malien et peuple français – victimes du terrorisme », a précisé le président Keita.

Pour Ibrahim Boubacar Keita, sa participation à la manifestation, était un devoir républicain. « Il fallait être ici pour l’honneur du Mali, sa dignité. Nul n’aurait compris si je n’étais pas venu », a insisté le chef de l’Etat en rappelant l’élan de solidarité de la France envers notre pays il y a deux ans jour pour jour, en nous aidant à stopper la progression des djihadistes vers le Sud du pays.

Le président Keita n’a pas manqué de faire le parallèle entre les attentats de Paris et les attaques de Nampala et de Ténenkou. C’est le même mode opératoire, dira-t-il ajoutant que son voyage de Paris lui permettait aussi de « réfléchir avec nos amis sur les modes de réaction possible ». « Nous ne baissons pas les bras », a martelé Ibrahim Boubacar Keita à son retour de la marche républicaine à la Place de la nation.
Interrogé sur les défis de la bande sahélo-saharienne, le chef de l’Etat a indiqué que le contact est permanent avec son homologue français qui dispose d’une force d’intervention robuste dans la zone. « Nous nous appelons très souvent et nous allons continuer. Sur ce plan, nous avons des agendas similaires».

LE JOUR FATIDIQUE. A Paris, outre les dirigeants du monde entier, s’étaient donnés rendez-vous toutes les composantes de la société française. Partis politiques, syndicats, groupes religieux juifs, chrétiens, musulmans, associations, personnalités, anonymes… tous étaient réunis pour exprimer leur attachement à la liberté d’expression et leur rejet du barbarisme, dans un esprit de solidarité. Ce 11 janvier fut un jour historique dans la capitale. Le rassemblement fut sans précédent.

Ce qui était au départ un hommage aux victimes du terrorisme islamiste (les journalistes de Charlie Hebdo massacrés mercredi, puis une jeune policière jeudi, et quatre autres personnes dans une supérette casher vendredi), est devenu progressivement une union sacrée quasi-planétaire autour du peuple français et de ses dirigeants.

Les deux assassins qui ont fait irruption dans la salle de rédaction de « Charlie Hebdo » mercredi dernier, ont tué 12 personnes de sang-froid. Les deux frères Kouachi, identifiés comme étant les meurtriers, ont été abattus vendredi au cours d’un assaut des unités d’élite des forces de l’ordre françaises, à Dammartin-en-Goële, à 40 km au nord-est de Paris.

Quant à Amedy Coulibaly, l’assassin de la jeune policière municipale et l’auteur de la prise d’otage dans un magasin où il a abattu 4 personnes, il sera lui aussi tué par la police.

La presse, au delà des frontière de France, s’est mobilisée pour soutenir l’hebdomadaire satirique français frappé dans son cœur par les ennemis de la liberté. Chez nous, après l’indignation et la compassion du président de la République, la Maison de la presse a ouvert un livre de condoléances.

L’émotion qui était lisible sur les visages des marcheurs, rappelle en effet qu’il n’y a pas de démocratie sans presse libre, sans journalisme critique, sans goût insatiable de la vérité. « Une plume brisée, une voix qui se tait, une image qui se brouille, c’est toujours un peu de liberté qui agonise. Terroriser la presse est un crime contre l’humanité tout entière, une atteinte à ce bien encore si rare sur la surface du globe qu’est la libre expression des pensées, des opinions et des faits », écrivait l’éditorialiste Denis Jeambar dans les colonnes de l’Express peu de temps avant le drame de « Charlie Hebdo ».

Parti d’un twit du graphiste français Joachim Roncin après la tuerie, le slogan « Je suis Charlie » a fait le tour du monde. Sur la Place de la Nation, la petite phrase se lisait sur tous les supports imaginables : T-shirt, banderoles, pancartes… D’autres slogans en arabe, en hébreux et en anglais prêchent « l’humour et non la guerre ».

Des autocollants sur lesquels pouvait-on lire : « Ils n’ont pas tué les artistes, ils les ont rendus immortels » ont été distribués à tour de bras par milliers. Une jeune femme brandissait une banderole montrant à quel point le peuple français tient au respect des valeurs républicaines de liberté d’expression et de laïcité : « Liberté d’expression, laïcité et antiracisme, nous ne nous tairons pas ! ».

Marche républicaine: six présidents africains présents à Paris

Par RFI – 11/01/2015 – par Christophe Boisbouvier

Le président François Hollande était entouré du président malien IBK et de la chancelière Angela Merkel, ainsi que de nombreux chefs d’Etats et représentants de gouvernements étrangers, lors de la marche républicaine, le 11 janvier

La marche républicaine à Paris contre le terrorisme est un rassemblement d’ampleur «sans précédent», a indiqué le ministère de l’Intérieur français qui indique qu’au moins 3,7 millions de personnes ont participé aux manifestations dans toute la France, dont 1,5 million à Paris.

Une marche historique qui a rassemblé autour du président français François Hollande des plus hauts dirigeants étrangers, dont six chefs d’Etat africains : le Malien Ibrahim Boubacar Keïta, le Nigérien, Mahamadou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Béninois Thomas Boni Yayi, le Togolais Faure Gnassingbé, le Gabonais Ali Bongo.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta directement à la droite de François Hollande. L’ordre protocolaire du défilé était à lui seul tout un symbole de la place que la France accorde au Mali dans la lutte contre le jihadisme. Deux ans jour pour jour après le début de l’opération Serval, le président malien était à une place centrale du cortège.

Présent également le président Nigérien Mahamadou Issoufou. Un autre allié important de la France dans l’action anti-terroriste au Sahel. Ou le Sénégalais Macky Sall. On peut citer par ailleurs le Béninois Thomas Boni Yayi, le Togolais Faure Gnassingbé ou encore le Gabonais Ali Bongo. Six chefs d’Etat venus marquer leur compassion avec la France. Mais venus aussi marquer l’importance à leurs yeux, d’une lutte globale contre le jihadisme.

Certains de ces chefs d’Etat avaient déjà appelé il y a quelques semaines l’Occident à intervenir dans le sud de la Libye, qui devient une base islamiste. Et tous voient avec inquiétude la progression de la secte islamiste Boko Haram qui contrôle des régions entières du territoire nigérian. Boko Haram qui affirme sa présence aux frontières du Niger, du Tchad ou du Cameroun. Un attentat à la voiture piégée en a encore fait la preuve aujourd’hui. Deux explosions ont eu lieu dans un marché bondé dans la ville de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria.

J’ai beaucoup hésité, deux choses m’ont finalement déterminé : la première, c’est l’extraordinaire mobilisation du peuple français dans plusieurs villes, des mobilisations spontanées, des citoyens, du petit peuple. Il est évident que tout le monde est touché, ressent la douleur du peuple français. Et pour moi qui ai vécu dans ce pays pendant plus de dix ans, j’ai compris que la France était touchée, qu’il y avait une douleur, qu’il y avait un désir de rester debout face à l’événement.

La France est un pays ami. Quand on a un ami, dans les moments douloureux comme ça, il faut être il faut être à côté. Ca c’est la première raison. La seconde raison c’est que c’est un acte terroriste qu’on le veuille ou pas. Et nous sommes dans une région où le terrorisme sévit. Pas de la même manière certes, nous le regrettons parfois que les réactions ne soient pas les mêmes, quand ces événements se produisent dans nos pays, au Nigeria, au Kenya ou au Mali. Mais je me dis justement, aujourd’hui c’est l’occasion d’être là pour que nos amis occidentaux comprennent aussi que c’est l’affaire de tous quand il s’agit de terrorisme.

Si nous reprochons aux Occidentaux de ne pas être à nos côtés quand il y a des attentats c’est justement l’occasion de venir à leurs côtés pour qu’ils comprennent que c’est le même mal même s’il prend des visages différents, même s’il prend des formes différentes que ce soit en Afrique, au Moyen-Orient, ou en Europe. C’est le même mal. Et c’est toute la communauté internationale, ce sont tous les Etats qui doivent se mobiliser pour combattre le terrorisme. C’est le sens de ma présence ici en France.

Le président du Togo Faure Gnassingbé

 

Attentat contre Charlie hebdo : IBK et la presse malienne ont participé hier à la marche républicaine à Paris

L’Indicateur du Renouveau – 12 janvier 2015

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, et une délégation de la presse malienne, ont participé hier à la marche républicaine hier à Paris en hommage aux victimes de l’attentat contre le magazine «Charlie Hebdo». IBK était aux côtés de plusieurs autres chefs d’État et de gouvernement.

En participant à cette marche, le président IBK et une délégation de la presse malienne composé du vice-président de la Maison de la presse, Alexis Kalembry, le président de l’Association des éditeurs de la presse privée, Birama Fall et un responsable du Groupement patronal de la presse écrite, Chahana Takiou voulaient apporter leur soutien à la France, dont les forces sont présentes au Mali pour bouter les terroristes hors du territoire malien.

Le président n’était pas seul aux côtés de son homologue Français à cette manifestation. Il y avait également son homologue du Niger Mahamadou Issoufou et plusieurs autres chefs dirigeants européens.

La France a été durement frappée par une attaque terroriste ce mercredi. Deux individus armés se sont introduits dans le siège du plus grand journal satirique du pays, « Charlie Hebdo » et tués 12 personnes. Hier, Les présumés auteurs de la tuerie ont été tués au cours d’un assaut des unités d’élite de la police française, à Dammartin-en-Goële, à quelques 40 km au nord-est de Paris.

Les journalistes maliens manifestent eux-aussi leur solidarité à l’endroit des confrères du Journal « Charlie Hebdo ». La maison de la Presse a ouvert samedi matin un livre blanc dans lequel les hommes de médias ont apposé leur signature pour condamner l’assassinat des confrères français.

 IBK : De Paris à Nampala

Par B. Daou – Lerepublicainmali – 12 janvier 2015 

11 janvier 2015, deuxième anniversaire de l’opération Serval, le Président IBK était à Paris pour transmettre au peuple Français éprouvé par les attentats terroristes la solidarité du Mali.

C’était normal, le Mali ne pouvait pas être absent d’un tel rendez-vous de la fraternité. Notre Président était aux cotés du Président Français et du Premier ministre Israélien.

Il était heureux, ça se voyait, par moment il jubilait même. Il était en première ligne, deux rangs derrière lui, les Présidents Béninois et Nigérien  mais il y’avait quelque chose d’incomplet à ce tableau.

En allant à Paris, IBK laisse derrière lui, les soldats maliens blessés lors de l’attaque terroriste de Nampala. Un petit geste à leur endroit, une petite visite auraient remonté leur moral et celui de la nation malienne.

Un petit geste à l’endroit des douze militaires maliens tombés à Nampala sous les bals des terroristes aurait grandi le Président aux yeux de son peuple. Les assassins de Nampala et ceux qui ont décapité Charlie Hebdo se nourrissent de la même haine de la liberté et de la démocratie.

Notre Président donne l’impression au malien que son émotion est sélective. Il donne l’impression au malien qu’il est plus prompte à se rendre à l’extérieur même quand les terroristes frappent les soldats au service de la nation.

C’était juste de marcher à Paris le 11 janvier 2015 mais cela aurait été plus juste de poser un geste à l’endroit de ceux qui sont tombés à Nampala une semaine avant l’attentat contre Charlie Hebdo.

 

Marche républicaine à Paris: l’Afrique représentée au plus haut niveau

Par RFI – Publié le 11-01-2015 Modifié le 11-01-2015 à 16:59

Près d’une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus ce dimanche 11 janvier 2015 à Paris. Il s’agit, pour eux, de condamner les tueries des derniers jours, qui ont fait 20 morts en France dont les trois agresseurs. Parmi les leaders attendus, plusieurs seront des Africains. Au moins six leaders du continent ont répondu présent, dont le Malien IBK, deux ans jour pour jour après le lancement de l’opération Serval.

Les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, béninois Boni Yayi, togolais Faure Gnassingbé et sénégalais Macky Sall, sont aujourd’hui ce dimanche à Paris pour battre sur le pavé. Il y a aussi le Nigérien Mahamadou Issoufou, allié majeur de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et dans la libération d’otages français ces derniers mois. Le Tchad et l’Algérie, autres partenaires de Paris dans cette guerre contre le jihadisme au Sahel, sont pour leur part représentés par leur Premier ministre.

Poursuivre le combat dans le Sahel

Malgré l’implication française et onusienne, le Sahel continue d’abriter des foyers nourris du terrorisme, susceptibles de déstabiliser les Etats de la région et de devenir des zones d’entraînement pour les apprentis jihadistes européens. Aussi la venue à Paris du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, qui a été l’un des premiers chefs d’Etat africains à annoncer sa participation, est-elle un symbole fort. D’autant qu’il y a deux ans exactement, la France intervenait militairement au Mali pour stopper l’avancée des jihadistes vers le sud du pays. IBK a déclaré à RFI que sa venue était « un devoir élémentaire de solidarité ».

A Bamako, la décision du président de se rendre en France est plutôt saluée. L’homme de la rue rappelle que des militaires français sont morts pour le Mali dans la lutte contre les groupes terroristes et l’intervention militaire française de 2013 dans le nord du Mali est avancée comme un argument majeur pour justifier le déplacement du président IBK à l’occasion de cette marche, alors que la France est aujourd’hui visée.

Quelques critiques sur la démarche d’IBK

La France est aujourd’hui visée pour la lutte qu’elle mène contre les groupes terroristes, dans le nord du Mali et ailleurs. Indignés, solidaires, au sein du gouvernement comme dans l’opposition, dans le nord comme dans le sud du pays, tous demandent à la France de tenir et de poursuivre son combat. Les soldats de la force Barkhane sont aujourd’hui un millier au Mali, 2 000 dans les pays voisins du Sahel. Si les opérations françaises ont clairement permis de réduire la force de frappe des groupes jihadistes, qui avaient occupé le nord du Mali pendant près d’un an en 2012, la menace terroriste est loin, très loin même, d’être éradiquée. Dans le nord du Mali, les attaques terroristes sont quotidiennes. Plusieurs villes ont été ciblées cette semaine ; des bâtiments publics ont été saccagés à Djoura, sept casques bleus ont été blessés à Kidal et des tirs ont retenti à Tenenkou.

De facto, deux ans après le début de Serval, Paris et Bamako font plus que jamais face au même ennemi. Mais quelques critiques quand même accompagnent la venue d’IBK. Récemment, au centre du Mali à Nampala, une dizaine de militaires du pays ont été tués. A Bamako, certains estiment que le président aurait dû se déplacer sur les lieux pour leur rendre hommage. Autre remarque entendue au sujet du déplacement d’IBK : « Il va participer à une marche en plein Paris. Peut-être faut-il qu’il envisage de prendre ici la tête d’une autre marche pour dire non au terrorisme et oui à l’unité nationale… »

Maliens de France: « nous marchons pour les valeurs de démocratie »

RFI – Par Christine Muratet – Diffusion : dimanche 11 janvier 2015

Une marche historique, c’est ce que l’on attend ce dimanche après-midi dans les rues de Paris. Au lendemain du double attentat contre Charlie Hebdo et une épicerie juive, les Français sont appelés à descendre massivement dans la rue pour condamner sans nuance ces actes terroristes. Au moins 40 chefs d’Etat et de gouvernements seront là, dont de nombreux Africains. Des communautés étrangères vivant en France ont elles aussi annoncé leur participation. C’est le cas de la communauté malienne, majoritairement de confession musulmane. Mahamadou Cissé est le président du Conseil de base des Maliens de France.

RFI : Dites nous pourquoi vous avez appelé ce dimanche les maliens de France a à sortir et à aller marcher dans toute la France ?

Mahamadou Cissé : Tout simplement dans un esprit de défense des valeurs démocratiques et de liberté. La France est un pays qui compte beaucoup pour nos Maliens de France, par rapport à ce qu’il s’est passé en 2013 déjà. Il faut reconnaître que nous sommes très nombreux ici, que beaucoup d’entre nous ont choisi de venir dans ce pays. Tout ce qui touche la vie en France, nous touche et nous concerne directement.

Nous défendons ses valeurs démocratiques de liberté et de paix mais en même temps, nous défendons un pays qui nous a donné refuge, qui nous a donné un lieu d’accueil, qui est un pays dans lequel nous vivons, nos enfants vivent ici maintenant. On ne peut plus se permettre de rien faire, de laisser des barbares transformer ce pays en un espace de non-droit.

Les Maliens sont majoritairement musulmans, cette identité musulmane vous met mal à l’aise par rapport à cette revendication d’acte terroriste au nom d’Allah ?

Ça ne nous met pas mal à l’aise, ça nous concerne tous, [il y a] une bagarre qu’il faut mener. Cette bagarre c’est de refuser que des gens usurpent des noms, usurpent des titres pour se battre en notre nom. Nous n’en avons pas suffisamment fait peut-être jusqu’à aujourd’hui par rapport à cette question puisque depuis quelque temps, il y a des personnes qui se revendiquent de la même religion que nous et ce qu’ils font dessert complètement cette religion.

En tant que musulman, ce qu’ils viennent de faire [les trois terroristes], ce qu’il viennent de poser comme acte, nous interpelle… Il faut que nous remontions le temps, il faut que nous montrions davantage que l’Islam n’est pas ce qu’ils ont dit : être musulman n’est pas se comporter comme ils se sont comportés ces derniers jours.

Mahamadou Cissé, en tant que responsable de la communauté malienne en France, est-ce qu’il y a une vigilance suffisante vis-à-vis de ces phénomènes de radicalisation dans les foyers de travailleurs maliens par exemple ?

Cette question nous a déjà interpellés ce qui fait que nos foyers, nos lieux de prières dans les foyers sont tenus par nous-mêmes : ce sont des Maliens qui en sont imams ; ce sont des Maliens [qui sont] prêcheurs.  D’autres viennent prêcher dans la mosquée [mais] nous sommes attentifs à ce qui se dit dans un premier temps. Dans un second temps, je pense que dans les lieux de vie des Maliens, comme dans les cités et d’autres endroits, nous faisons le maximum pour que cette dérive islamiste extrémiste ne prenne pas le pas sur nos vies.

La plupart de ceux qui sont happés par cette gangrène-là, sortent de notre système, sortent de notre communauté : ils vont le faire ailleurs, ils vont vivre dans d’autres espaces, dans d’autres communautés, dans d’autres milieux. J’ai envie de dire qu’ils sont partagés entre notre communauté et son mode de vie pacifiste et laborieux, et d’autres espaces où on leur fait croire qu’ils sont plus libres, qu’ils ne sont pas obligés de faire ce que nous faisons, ce que nous disons.

Nous avons déjà pris conscience de ce phénomène depuis quelque temps mais chaque fois que nous sommes dans des cités, des quartiers difficiles, il y a quelque chose qui nous échappe.

Il y a peut-être à imaginer plus de coopération, plus de vigilance tout simplement ?

Nous pouvons contribuer effectivement à sécuriser, nous pouvons contribuer à mettre en place cette vigilance si nous sommes sollicités, nous sommes capables de participer à cela puisque c’est un problème très complexe. Il y a beaucoup d’outils qu’il faut mettre en place, et nous sommes prêts à mettre à disposition ce que nous avons fait dans d’autres localités, dans nos foyers par exemple.

Ca veut dire que vraiment la communauté malienne en l’occurrence peut être aussi un support de vigilance à toute dérive fondamentaliste ?

Exactement, tout comme tout le reste, certains dans nos foyers avaient commencé, par exemple, des lieux de trafic de drogue, de trafic d’armes. Toute la communauté qui vienne avec nos jeunes, ceux qui viennent chercher à manger dans les foyers, viennent avec un certain nombre de problématiques.

On a décidé de verrouiller les foyers, aujourd’hui ces endroits sont sécurisés par rapport à ces types de trafics. Il en est de même pour la religion : nos chefs religieux ont pris les affaires en main et il y a des comités dans chaque foyer, ce qui ce dit dans les prêches, les foyers, on peut vérifier, sont des choses claires et nettes qui procèdent de la foi, qui est une affaire personnelle et qui prône la coexistence pacifique, nous sommes prêts à contribuer, à participer à l’effort général qui sera fait jusqu’à un certain moment pour bien séparer les bons grains de l’ivraie.

Et finalement cette présence ce dimanche dans ces marches républicaines c’est cette confirmation de cet engagement à vivre en bonne intelligence ensemble ?

On va aller témoigner que nous nous vivons en France, pour certains d’entre nous depuis plus de 50 ans et beaucoup d’entre nous sont des gens qui se lèvent le matin très tôt pour aller travailler, qui nourrissent leur famille ici et contribuent à aider l’Etat malien, …même à faire face aux difficultés qu’il rencontre aujourd’hui dans les régions nord du Mali.

Nous sommes cela, on va aller le montrer en très grand nombre, très discrètement dans une foule, pour que tous comprennent que nous ne faisons pas d’amalgame, que nous sommes des musulmans, que nous sommes des Maliens et nous avons confiance en l’homme qui accepte de vivre avec son prochain dans l’intelligence et dans la tolérance.

 

Edito : je suis Charlie, mais pas français

Moustapha Diawara – Tjikan du 9 Janvier 2015

Avant-hier, le monde entier a vécu, avec tristesse, l’un des drames les plus sinistres de son histoire contemporaine. Cela, pas à cause du nombre des victimes, morts et blessés. Ni du modus opérandi des terroristes. Car ils ont eu à commettre des crimes aussi importants qu’atroces que ceux qu’ils ont commis avant-hier au niveau de la rédaction de Charlie-Hebdo.

Mais jamais, une maison d’édition, à fortiori un journal d’informations, de surcroit, satirique n’avait été la cible d’une telle barbarie. Il s’agit d’une atteinte grave à la liberté d’expression que rien ne peut effacer de l’esprit, d’une part de ceux qui se sont donnés comme mission de tirer le monde de l’obscurantisme par leur plume ou crayon, et d’autre part de tous ceux qui sont épris de la liberté d’opinion et de droit à l’information.

Sans aucun doute, l’incident du mercredi a suscité une véritable onde de choc à travers le monde.

On savait que chaque journaliste qui accepte de prendre la plume, le micro et la caméra s’attend à encourir un risque, que d’aucuns dénomment le risque du métier. Qui peut souvent être dramatique comme le cas de nos confrères de RFI, Gislaine Dupont et Claude Verlon, lâchement abattus à Kidal en plein reportage.

On savait que celui qui accepte d’exercer le métier de journaliste est appelé à être couvert de tous les clichés, traité de tous les noms d’oiseau et accusé de tous les pêchés d’Israël.

Mais, jamais, on n’avait pensé qu’un journaliste, plutôt un groupe de journalistes pouvaient être assassinés à bout portant des Kalachnikovs 4/47 jusque dans leur rédaction, dans un pays réputé pionnier de la préservation des Droits de l’Homme comme la France.

Par une simulacre accusation d’islamophobie, l’on vient de mettre fin à l’existence des grands talents, dont le seul tort est d’avoir choisi comme sacerdoce, le devoir d’informer les autres. Qu’est-ce-que leurs enfants ont fait au prophète pour mériter un tel sort ? Orphelins à jamais et de manière dramatique. Ceux qui estiment que les caricaturistes et rédacteurs de ‘’Charlie Hebdo’’ étaient des ennemis de l’Islam se trompent. Dangereusement.

Jésus, comme d’autres prophètes, ont eu leur caricature à la Une de ‘’Charlie Hebdo’’. Leur plume n’était donc pas dirigée contre une seule religion par rapport à une autre. Pour preuve, dans son dernier numéro hors série (Novembre 2014-Janvier 2015), Charlie-Hebdo, sous le titre « La véritable histoire du petit Jésus » a mis le dessin d’une femme (incarnant Marie) en train de mettre au monde un bébé, les deux cuisses ouvertes.

En clair, ce coup terroriste comme disait Sarkozy, a été une barbarie contre la civilisation.

Mais, il faut le reconnaître, c’est cette civilisation à la française qui est aussi coupable de ce qui arrive aujourd’hui à ses ressortissants, quand elle a donné de la nationalité à des Algériens pour combattre l’Algérie, quand elle finance des terroristes pour abattre Kadhafi en Libye, quand elle entend aussi pactiser avec des terroristes pour diviser le Mali et s’en sortir plein la poche des ressources du nord malien. Or, les terroristes sont les mêmes partout, ils frappent toujours au moment où on s’y attend le moins et contre des cibles qui créent du traumatisme.

Je suis Charlie, mais pas français.

 

 

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