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Une caricature de trop pour les Maliens

by sur 16 janvier 2015

Mis à jour samedi 17 janvier à 16h 30

Si le Mali, et particulièrement les journalistes, ont rapidement condamné les attentats contre Charlie Hebdo, la une du numéro sorti hier fait réagir la rue… mais pas seulement.

Et des charges sont féroces, allant jusqu’à justifier les assassinats par ceux commis par la fameuse colonne Voulet–Chanoine à la fin du 19ème siècle…

Sans aller aussi loin, sans être aussi violentes que les manifestations enregistrées au Pakistan, sans que le centre culturel français soit incendié comme celui de Zinder au Niger (au sud du pays, pas loin de la frontière avec le Nigéria dans la région tenue par Boko Haram), on sent un sentiment montant dés l’attentat connu : « Je suis Charlie, mais pas français » proclamait un édito.

Revue de détail des réactions… instructives.

Alors que le président malien a défilé à Paris, au premier rang, entre le président Hollande et le premier ministre israëlien, le collectif des associations musulmanes du Mali a appelé à une marche qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes après la prière de 16h, de la bourse du travail au monument de l’Indépendance.

Mali : marche des musulmans contre les caricatures du prophète Mohamed par le journal français Charlie Hebdo

Xinhua du 17 janvier 2015

Des milliers de musulmans maliens ont marché vendredi à Bamako, pour protester contre la publication de caricatures du prophète Mohamed par le journal français Charlie Hebdo, a constaté un correspondant de Xinhua.

Sur les pancartes et banderoles, on pouvait lire : « Je ne suis pas Charlie. Je ne suis pas terroriste. A bas Charlie ».

Dans une déclaration lue par Mohamed Kimbiri du Haut conseil islamique du Mali, les organisateurs « dénoncent avec la dernière énergie la haine viscérale du journal satirique français Charlie Hebdo, qui se cache derrière la liberté d’expression pour toucher sensiblement ce que plus d’un milliard d’individus gardent au plus profond de leur cœur, le prophète Mohamed (PSL) et l’islam ».

Ils ont par ailleurs « condamné le silence mi-complice, mi-coupable des organisations de défense de droits de l’homme devant ce déchaînement islamophobe et autrement raciste, devenu une pathologie politique et sociale qui touche progressivement l’ensemble des pays occidentaux ».

Le président du Haut conseil islamique du Mali, l’imam Mahamoud Dicko, joint par Xinhua, a condamné la publication « des caricatures ainsi que les actes de terrorisme perpétrés en France ».

Il a affirmé toutefois qu’il ne désapprouvait pas la participation du président malien à la marche républicaine de Paris.

Le président du Forum du dialogue islamo-chrétien, Mahamadou Diallo, a également condamné « tout acte de terrorisme ». « Nous ne sommes pas pour le terrorisme. Ce qui s’est passé en France (attentat contre Charlie Hebdo et supermarché) est barbare, un musulman ne réagit pas comme ça », a-t-il poursuivi.

« La liberté d’expression doit avoir une limite », a ajouté l’imam Diallo.

Aboubacar Yacoub Doucouré, islamologue, qui a, tout en condamnant les caricatures, lancé un appel dans le sens de l’apaisement.

Le guide spirituel de Ançar Dîne International au Mali, Chérif Madani Haïdara, également présent à la marche, a salué l’organisation de cette manifestation et indiqué que « nous sommes contre le terrorisme et contre les caricatures sur notre prophète ».

Par ailleurs, l’imam Mahamoud Dicko, a « dénoncés » les slogans hostiles à la France, proférés lors de la marche. « Nous restons reconnaissants envers le pays frère et ami, la France, pour tout ce qu’elle a eu faire pour nous, Maliens. On restera toujours reconnaissants à la France », a dit M. Dicko.

A son avis, « le monde a besoin qu’on aille ensemble ».

Cette marche, qui a mobilisé plus de 5.000 musulmans selon des sources policières et plus de 10.000 d’après des organisateurs, s’est déroulée sans incidents.

 

Religion : les caricatures du prophète indignent les musulmans du Mali

Seydou Coulibaly – Afribone – le 16 janvier 2015

 A l’appel du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), des milliers de personnes ont battu le pavé, ce vendredi à Bamako, pour marquer leur indignation contre des caricatures du prophète Mohamed (Psl) publiées dans le dernier numéro de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo. Le 7 janvier dernier, le journal satirique a été la cible d’une attaque terroriste au cœur de Paris, au cours de laquelle douze personnes dont l’essentiel des membres de la rédaction du journal a été froidement assassiné.

Les auteurs auraient déclaré avoir agi pour venger le prophète de l’islam de précédentes caricatures de l’intéressé par le même journal. Mais l’agression s’est avérée être une attaque terroriste revendiquée par Al Qaeda à la péninsule arabique (Aqpa). En réaction à cette situation tragique, les survivants du journal ont publié un numéro spécial, le 14 janvier, qui laissait apparaître en ‘’Une’’ une caricature de Mohamed, les larmes aux yeux, tenant une pancarte « Je suis Charlie » avec en surtitre « Tout est pardonné ».

En réaction à cette nouvelle publication, une indignation générale s’est emparée de la communauté musulmane à travers le monde. « C’est avec une grande indignation et profonde affliction que le collectif des associations musulmanes du Mali a appris la triste nouvelle de la publication » de ces caricatures, annonce-t-il dans une déclaration lue au pied du monjument de l’Indépendance en fin d’après-ùmidi de ce vendredi 16 janvier.

La direction dudit collectif était assurée par le Haut conseil islamique avec à sa tête son président Mahmoud Dicko et Chérif Ousmane Madani Haïdara. A en croire l’imam Dicko, l’appel à la manifesté a été lancé hier et la mobilisation des fidèles a été exceptionnelle. « Cela prouve que les gens sont attachés à leur religion », a-t-il souligné. Plusieurs milliers de personnes ont pris part à cette marche qui est parti de la bourse  du travail au monument de l’Indépendance.

Dans leur déclaration lu par le secrétaire à l’organisation du HCIM, Mohamed Kimbiry, les leaders spirituels dénoncent « avec la dernière énergie la haine viscérale du journal satirique français qui se cache derrière la liberté d’expression pour toucher sensiblement ce que plus d’un milliard d’individus gardent au plus profond de leur cœur : le prophète et l’islam.

Dans l’islam, toute représentation du prophète est interdite. « Il faut que ce soit la dernière fois », a menacé Chérif Ousmane Madani Haïdara. « Je ne suis pas Charlie », « Non à l’agression de l’islam », « Mohamed, le prophète de la paix », « Ne touchez pas à notre prophète » ou encore « Je n’aime pas celui qui se moque de ma religion, mon prophète et mon livre sacré », de multitudes de slogans inscrits sur pancartes ont agrémenté la manifestation et vont des plus naturels aux plus osés comme ceux-ci : « Charlie : Satan », « Je suis coulibaly Kouachi [en hommage aux bourreaux terroristes, Ndlr] », ou même « Merci aux feus frères Kouachi, Coulibaly pour nous avoir effacé ces sataniques (photos des journalkists assassinés) de notre vue.

Des écarts que les leaders religieux vont s’évertuer à rectifier. « Nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde que les islamistes mais nous ne voulons plus de caricatures de notre prophète », a expliqué Chérif Ousmane Madani Haïdara. « Les tracts en ville ne sont pas de notre point de vue », a renchérit pour sa part Mahmoud Dicko, qui a appelé les manifestants à ne pas « répondre à la provocation des adversaires de l’islam ». Avant d’ajouter : « Le monde a besoin qu’on agisse pour trouver dessolutions réelles aux problèmes qui nous assaillent.

Dans la déclaration, l’on dénonce « une floraison effrénée et incontrôlée d’actes dont la vraie motivation est de susciter et entretenir la peur et des préjugés à l’encontre de l’islam et, de susciter la haine à l’égard des personnes de confession musulmane »

 

Des milliers de manifestants dans les rues de Bamako contre Charlie Hebdo

Abdoulaye Diakité – Par Malijet – 16 janvier 2015 à 22h

Le président malien, Ibrahim Boubacar Kéita, est-il sur la même longueur d’onde que ses concitoyens ? Pas si sûr. En tout cas pas dans l’affaire Charlie Hebdo du nom de ce journal satirique français qui a publié dans un numéro spécial les caricatures du prophète Mohamed (PSL) le mercredi dernier.

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En participant à la marche républicaine organisée en France le dimanche 11 janvier en hommage aux 12 journalistes de Charlie Hebdo tués la semaine dernière par des terroristes, le président malien avait déclaré être Charlie Hebdo. Mieux, de son retour à Bamako, il avait dit qu’il a participé à cette marche au nom du peuple malien. Faux, ont répondu des milliers de manifestants ce vendredi soir dans les rues de Bamako. Non seulement ils ont dit ne pas être Charlie Hebdo, mais certains n’ont pas hésité à dire ‘’A bas IBK’’.

5 000 selon la police, 8000 à 10 000 selon les organisateurs, en tout ce sont des milliers de manifestants qui ont marché ce vendredi à Bamako pour protester contre la caricature du prophète Mohamed (PSL) parue à Une du journal satirique français Charlie Hebdo dans son édition du mercredi 14 janvier 2015, c’est-à-dire la parution qui a suivi l’attentat ayant coûté la vie à 12 de ses journalistes.

A l’appel du collectif des associations musulmanes du Mali, les gens ont afflué à la Bourse du travail après la prière de 16 heures venant des 6 communes du district. Aux environs de 16h10mn, c’est une foule de grand jour qui était massée devant de la Bourse du travail. Une marée humaine qui a ensuite marché pour le monument de l’indépendance avec des slogans affichés sur des bouts de feuilles et des pancartes. Des slogans hostiles au journal français du genre ‘’ A bas Charlie Hebdo’’, ‘’la liberté de la presse ne veut pas dire liberté d’insulter les autres’’, ‘’Je ne suis pas Charlie, je ne suis pas terroriste, je suis musulman’’, ‘’ A bas IBK’’.

Les organisateurs de la manifestation que sont les dirigeants du Haut conseil islamique : le président Mahmoud Dicko ; son vice-président, Chérif Ousmane Madani Haïdara etc., croyaient pouvoir tenir leur meeting à l’arrivée de la foule au monument de l’indépendance, mais débordés par la colère, les manifestants ont décidé de marcher de nouveau jusqu’au monument de l’hippopotame avant de revenir sur leurs pas avec des propos du genre ‘’Allahou Akbar, Lahilaha Illalah’’.

Il faut dire que la foule était majoritairement constituée de femmes, habillées en noir. Au cours du meeting au monument de l’indépendance, des sommités religieuses comme le président du Haut conseil islamique, Mahmoud Dicko et son vice-président, Chérif Ousmane Madani Haïdara, se sont exprimées.

Pour l’imam Dicko, ‘’on est reconnaissant envers la France pour tout ce qu’elle fait au Mali, mais on désavoue ce qui a été fait par Charlie Hebdo au nom de la liberté de la presse’’. Quant à Chérif Ousmane Madani Haïdara, il a condamné le terrorisme, mais aussi les caricatures du prophète. Selon lui, un musulman ne peut admettre un tel acte envers son prophète lequel nous garantit l’accès au paradis.

Dans une déclaration lue par Mohamed Kimbiri, le porte-parole, le collectif des associations musulmanes du Mali souligne que « c’est avec une grande indignation et profonde affliction qu’il a appris la triste nouvelle de la publication des caricatures du prophète Mohamed (PSL) par le journal satirique Charlie Hebdo où notre prophète (PSL) apparait de nouveau sur la Une, les larmes aux yeux, avec une pancarte dans les mains : ‘’je suis Charlie’’ ».

« Se réclamant des qualités et vertus profondes du peuple malien, peuple de foi, épris de paix et pétri d’humanisme, respectueux de la vie et de la dignité humaine ; compatissant et solidaires avec toutes les communautés religieuses, opprimées, spoliées et humiliées en lutte pour enrayer une islamophobie institutionnelle particulièrement la communauté musulmane d’occident ; préoccupé de voir le monde progressivement assujetti à la volonté de quelques-uns, usant et abusant de la force du rapport de puissance au détriment de la justice et des valeurs universelles ; désireux de contribuer aux côtés de toutes les bonnes volontés à l’existence d’un monde meilleur pour le bien de tous et de chacun ; constatant avec une profonde indignation et amertume, une floraison effrénée et incontrôlée d’actes dont la vraie motivation est de susciter et entretenir la peur et des préjugés à l’encontre de l’islam et de susciter la haine à l’égard des personnes de confession musulmane, le collectif dénonce avec la dernière énergie la haine viscérale du journal satirique français Charlie Hebdo, qui se cache derrière la liberté d’expression pour toucher sensiblement ce que plus d’un milliard d’individus gardent au plus profond dans leur cœur, le prophète Mohamed (PSL) et l’islam ; condamne le silence mi complice, mi coupable des organisations de défense de droits de l’homme devant ce déchainement islamophobe et autrement raciste, devenu une pathologie politique et sociale qui touche progressivement l’ensemble des pays occidentaux ; lance un appel aux musulmans et à toutes les consciences pétries de valeurs humanitaires et universelles pour l’avènement et le renforcement de la liberté de conscience et du respect des droits de l’homme, les vrais », poursuit la déclaration.    

La manifestation a pris fin par la Fatia pour un Mali de paix dans un monde de tolérance.

LA DÉCLARATION DU COLLECTIF DES ASSOCIATIONS MUSULMANES DU MALI

C’est avec une grande indignation et profonde affliction que le collectif des Associations Musulmanes du Mali, a appris la triste nouvelle de la publication des caricatures du Prophète Mohamed (PSL) par le journal satirique Charlie Hebdo ou notre prophète (PSL) apparaît de nouveau sur la Une, les larmes aux yeux, avec une pancarte dans les mains : « Je suis charlie »

  • SE RECLAMANT des qualités et vertus profondes du peuple Malien, peuple de foi, épris de paix et pétri d’humanisme, respectueux de la vie et de la dignité humaine,
  • COMPATISSANT et SOLIDAIRES avec toutes les communautés religieuses, opprimées, spoliées et humiliées en lutte pour enrayer une islamophobie institutionnelle particulièrement la communauté musulmane d’occident;
  • CONSTATANT avec une profonde indignation et amertume, une floraison effrénée et incontrôlée d’actes dont la vraie motivation est de susciter et entretenir la peur et des préjugés à l’encontre de l’islam et, de susciter la haine à l’égard des personnes de confession musulmane;
  • PREOCCUPE de voir le monde progressivement assujetti à la volonté de quelques – uns, usant et abusant de la force, du rapport de puissance, au détriment de la justice et des valeurs universelles;
  • DESIREUX de contribuer aux cotés de toutes les bonnes volontés à l’existence d’un monde meilleur pour le bien de tous et de chacun;
  • CONSTATANT avec une profonde indignation et amertume, une floraison effrénée et incontrôlée d’actes dont la vraie motivation est de susciter et entretenir la peur et des préjugés à l’encontre de l’islam et, de susciter la haine à l’égard des personnes de confession musulmane;
  • 1 – DENONCE avec la dernière énergie la haine viscérale du journal satirique français Charlie Hebdo, qui se cache derrière la liberté d’expression pour toucher sensiblement ce que plus d’un milliard d’individus gardent au plus profond dans leur coeur, le Prophète Mohamed (PSL) et l’islam
  • 2 – CONDAMNE le silence mi complice, mi coupable des organisations de défense de droits de l’homme devant ce déchaînement islamophobe et autrement raciste, devenu une pathologie politique et sociale qui touche progressivement l’ensemble des pays occidentaux.
  • 3 -LANCE un appel aux musulmans et à toutes les consciences pétries de valeurs humanistes et universelles pour l’avènement et le renfoncement de la liberté de conscience et du respect des droits de l’homme, les vrais.

Bamako, le 16 janvier 2015 Collectif

 

 

 

Vu du Mali : Mettre Mahomet en une de «Charlie», c’est tuer l’esprit du 11 janvier

Adam Thiam – Le Républicain du 16 janvier 2015

Le numéro historique de Charlie Hebdo s’arrache dans les kiosques. A la une, une caricature du Prophète. Cet éditorialiste malien regrette ce choix qui rompt un élan de cohésion pour faire face aux intégristes. 

Le prophète Mahomet aurait sans doute revendiqué sa «charlitude» après les insoutenables carnages de Paris. Car, si Lamartine l’a décrit sous des traits fidèles [auteur du XVIIIe siècle auteur d’un texte élogieux sur le Prophète], il n’aurait jamais ordonné de tirer sur Cabu et Wolinski. Il aurait même couvert Charb de son corps pour que force reste à la vie et à la tolérance.

Et si Jésus avait été de quelque conseil nous n’aurions pas eu ce matin la caricature qui barre la une de Charlie Hebdo.

Incompréhension 



Pourquoi ? Cette caricature amusera l’Hexagone, qui la couvre de sa Constitution. Mais elle agacera des centaines de millions de musulmans, dont la Constitution interdit toute image de leur prophète.

Parce que le droit des uns peut offenser les autres, l’islam véritable aurait dit aux survivants de Charlie Hebdo : «Pleurez vos morts, célébrez ces génies qui auraient dû être en ce moment avec vous dans la salle de rédaction, mais ne cédez pas à la provoc !»

Le droit des uns peut offenser les autres



L’islam véritable aurait parlé ainsi, aux antipodes de la doctrine meurtrière lâchée contre le journal satirique et qui n’est autre que l’islam des hordes paumées né de l’enfer des banlieues contre le paradis illusoire promis par les fatwas à des martyrs qui sont autant de froids assassins.

Donc, l’islam des Kouachi et des Coulibaly plutôt que celui de Merabet le policier abattu et de Bathily le sauveur du supermarché casher. Tous ces mots arrivent trop tard. Car 3 millions d’exemplaires [finalement 5 millions] de Charlie Hebdo sont dans les kiosques.

Leur message n’est pas blasphématoire, mais le principe même de la caricature pourrait enflammer la rue musulmane, qui s’était sans doute reconnue dans l’esprit de la marche du 11 janvier. Reste seulement à espérer que cet esprit survivra à une décision éditoriale dont la sagesse est tout sauf évidente.

 

Tuer l’esprit Charlie du 11 janvier : On n’est pas Charlie pour insulter la foi d’autrui

B/Daou – Le Républicain du 16 janvier 2015

La chaine de solidarité internationale, intensément manifestée à Paris le 11 Janvier 2015, pour condamner les assassinats d’hommes de média au siège de Charlie hebdo et dénoncer l’usurpation de l’Islam à des fins de terrorisme rampant, a été largement étouffée par la republication des caricatures querellées.

Faute d’avoir pris en compte une dimension de la mesure, cette solidarité légendaire, symbolisée par la marche républicaine du dimanche dernier, est en proie à une rupture inattendue et assez dangereuse pour la liberté de la presse.

Nous l’écrivions dans notre édition du mercredi, publiée presqu’en même temps que celle à grand tirage de Charlie hebdo : « Cette caricature amusera l’Hexagone qui la couvre de sa constitution. Mais elle agacera des centaines de millions de musulmans dont la constitution interdit toute image de leur prophète ».

L’éditorial de notre collègue Adam Thiam « Manque de sagesse », n’en a pas été moins repris par notre confrère du Courrier international : « Mettre Mahomet en une de « Charlie », c’est tuer l’esprit du 11 janvier ».

La rupture dans l’élan de solidarité, qui est liée à la persistance dans ce qui est considéré comme blasphématoire dans la religion d’autrui, ne profite à personne. Cette rupture qui est sans doute constatable aujourd’hui à travers le monde, ne sert ni la liberté d’expression au nom de laquelle lesdites publications ont été faites, ni l’esprit de tolérance et de liberté d’opinion qui sous-tendent la République et la laïcité. Car il est clair que ma liberté (exercer le culte de mon choix) s’arrête là où commence celle des autres.

Cassure

Hier, le ministre sénégalais de l’Intérieur a annoncé l’interdiction au Sénégal de la distribution et de la diffusion « par tout moyen » des éditions de mercredi de l’hebdomadaire français Charlie Hebdo, dont la Une comporte une caricature du prophète Mahomet, selon un communiqué transmis à l’Agence de presse sénégalaise.

L’agence précise que le journal n’était plus distribué au Sénégal depuis deux ans, mais seulement disponible dans certaines librairies. Le journal français Libération de mercredi est également interdit au pays de Macky Sall.

          Au Mali comme au Sénégal, l’opinion publique dans l’ensemble, tout en condamnant la tuerie, est autant choquée par la caricature du prophète.

La présence à Paris, dimanche à la marche républicaine, des présidents Macky Sall et Ibrahim Boubacar Kéita, aux côtés de ceux qui scandaient « Je suis Charlie » a été critiquée par leur société respective. Au Mali, certes la Maison de la presse a ouvert un livre de condoléances signé par les responsables d’associations de presse, les Directeurs de publication, solidaires avec leurs confrères assassinés. Et le portail est barré à la banderole, « nous sommes tous Charlie », mais au sein de la société civile malienne, les « je ne suis pas Charlie », sont de loin les plus nombreux.

Pour avoir participé à la marche républicaine, un leader religieux malien, Imam Ousmane Chérif Haïdara, a dit tout haut ce que les autres disent tout bas : « j’ai pitié du président IBK, il n’a pas le choix ».

Mercredi, date du grand tirage de Charlie hebdo des Mauritaniens sont descendus, dans les rues de la capitale Nouakchott, pour manifester leur colère après la publication d’une nouvelle caricature du prophète Mohamed. Selon le site d’Alakhbar, les manifestants ont été stoppés par la police à quelques dizaines de mètres de l’Ambassade de France vers laquelle ils se dirigeaient. Ils ont accusé l’Etat français de « complicité » avec l’hebdomadaire satirique.

Ils ont en revanche brandi des slogans favorables aux frères Kouachi les auteurs de l’attentat à Charlie Hebdo, indique Alakhbar. Les mesures de sécurité ont été renforcées au niveau de l’Ambassade de France et les axes y menant ont été fermés.

En Turquie, le Premier ministre islamo-conservateur turc Ahmet Davutoglu a estimé que « la liberté d’expression n’était pas la liberté d’insulter » dénonçant ainsi la publication par Charlie Hebdo d’une caricature du prophète Mahomet.  « La publication de cette caricature est une grave provocation … la liberté de la presse ne signifie pas la liberté d’insulter », a déclaré Ahmed Davutoglu à la presse à Ankara.  Sa mise en garde : «Nous ne pouvons accepter les insultes faites au prophète ».

Par ailleurs, le pape François a estimé hier jeudi que la liberté d’expression était« un droit fondamental » qui n’autorisait pas à insulter la foi d’autrui. Il ajoute que « tuer au nom de Dieu » était une « aberration ».

« On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision », a-t-il dit dans l’avion qui l’emmenait de Colombo à Manille, a indiqué RFI. Le pape François était interrogé lors d’une conférence de presse sur la liberté d’expression des caricaturistes contre les religions, après l’attentat jihadiste contre l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo qui a fait douze morts la semaine dernière à Paris.

Charlie Hebdo publie des caricatures au vitriol sur l’islam mais aussi le christianisme et les papes. « Chacun a non seulement la liberté, le droit, mais aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider au bien commun. Il est légitime d’user de cette liberté mais sans offenser », a-t-il insisté avec force, appelant à la vérité, notamment en politique, selon l’AFP hier.

Car « si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s’attendre à un coup de poing, et c’est normal. On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision! »

« Il y a tant de gens qui parlent mal des autres religions, les tournent en dérision, font un jouet de la religion des autres: ce sont des gens qui provoquent », a argumenté le pape, qui s’exprimait en italien. Le pape a souligné que la liberté de religion et la liberté d’expression étaient « toutes les deux des droits de l’Homme fondamentaux ». Il a également condamné les meurtres commis au nom de la religion. Il a par ailleurs indiqué : « On ne peut offenser ou faire la guerre, ou tuer au nom de sa propre religion, au nom de Dieu ! ». Tuer au nom de Dieu « est une aberration » et « il faut croire avec liberté, sans offenser, sans imposer, ni tuer », a-t-il insisté.

Moussa Boubacar Bah, président de “Sabati 2012” : « Nous ne sommes pas “Charlie” et nous ne serons jamais “Charlie” »

Propos recueillis par Assane SY DOLO – Soir de Bamako du 16 Janvier 2015

– « Ce qui m’a le plus sidéré, c’était de voir le Président IBK au coude à coude avec le terroriste Benjamin Netanyahou »

– « Les Chefs d’État africains musulmans se réclamant de « Charlie » ont parlé en leurs seuls noms, et cela n’engage qu’eux »

L’attaque dirigée contre la Rédaction de “Charlie Hebdo” en France, et la publication, mercredi dernier, d’une autre caricature de Prophète Mouhamad (PSL), continuent de susciter des réactions. En voici, in extenso, celle de Moussa Boubacar Bah, président de “Sabati 2012”, une Association politico-religieuse qui a joué un rôle de premier plan à l’élection du Président IBK en 2013. Un Président IBK que Moussa Boubacar Bah écorche un peu de passage. Lisez plutôt !

D’abord en tant que leader d’opinion et religieux, je crois, que l’attaque dirigée contre la France doit être condamnée, l’islam est une religion de paix, de tolérance… Une religion universelle adhérant aux principes de respect mutuel, de la diversité d’opinion et de croyance. Vous savez, Dieu même nous interpelle dans le Coran dans un verset célèbre en disant que “La haine à l’égard d’un peuple ne doit pas vous inciter à l’injustice. Allah n’aime pas les injustes”. Cette haine, qu’elle soit dirigée contre les Français, les Américains au contre un tout autre peuple, ne doit pas nous inciter à l’injustice, à la violence, car Dieu n’aime pas les injustes.

Ce qui se passe aujourd’hui à travers le monde au nom de l’islam est regrettable. On tue au nom de l’islam, on ampute les gens au nom de l’islam, on détruit les droits fondamentaux de l’homme au nom de l’islam . Ces choses ne sont pas justes, elles ne sont pas admissibles. Ceux qui font cela ne sont pas des musulmans, ce sont des barbares, des imbéciles, portant atteinte à l’image et à l’essence de l’islam. C’est pourquoi ces actes doivent être condamnés avec la dernière rigueur. De même, l’attaque contre le super-marché est condamnable parce qu’elle était dirigée contre des juifs.

Pour ce qui concerne “Charlie Hebdo”, les choses sont différentes. D’abord je ne suis pas “Charlie”, et je ne serai jamais “Charlie”. Ce que je regrette, c’est la vie des innocents qui n’ont rien à voir avec “Charlie Hebdo” et qui ont trouvé la mort dans l’attaque dirigée contre ce journal. Je suis étonné de voir des musulmans qui se réclament de “Charlie”. “Charlie” a insulté le Prophète, “Charlie a blasphémé le Prophète. Que “Charlie” dessine le Prophète, c’est grave et blasphématoire pour nous musulmans, même si nous comprenons leur culture. Que “Charlie” aille jusqu’à mettre la bombe sans le turban du Prophète, là je crois que “Charlie” veut passer un message, à savoir que le barbare… Là je dis que “Charlie” a dépassé les bornes, et ça c’est inadmissible. Alors, comment un musulman se réclamant du Prophète Mouhamad (PSL) peut se réclamer de “Charlie” et de toutes les imbécilités de “Charlie” ?

En tout cas, nous nous ne sommes pas “Charlie”. Les Chefs d’États africains qui sont partis se balader à Paris et qui se réclament de “Charlie” ont parlé en leurs seuls noms, et cela n’engage qu’eux. Et il est important aujourd’hui que les Chefs d’États musulmans qui étaient à cette manifestation à Paris clarifient leur position. Car on ne peut pas être à la fois musulman et “Charlie”.

À la remarque suivante faite par “Le Soir de Bamako” à savoir que “Pourtant le Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita, que “Sabati 2012” a activement soutenu lors de la présidentielle de 2013, y était”, Moussa Boubacar Bah a répondu :

Si. Je ne condamne pas la présence d’IBK en France lors de cette manifestation contre le terrorisme, le Mali étant lui-même victime du terrorisme. Ce qui me dérange dans ça c’est que la France n’est la seule victime du terrorisme. La France a même un moment soutenu le terrorisme, car des soldats maliens ont été sauvagement égorgés à Aguel-Hoc par des terroristes du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (Mnla), qui bénéficie du soutien de la France.

Je dirai que le Mnla est lui-même un groupe terroriste. L’aile politique du Mnla était installée où ? C’était en France. La revendication des tueries et autres actes barbares du Mnla se faisait depuis où ?. Depuis la France. La proclamation de la République Islamique de l’Azawad, c’était où ? C’était en France ! C’est dire que la France a à un moment activement ou passivement soutenu le terrorisme. Alors, pourquoi le Mali n’a pas bénéficié de la solidarité internationale manifestée à l’égard de la France ? Pourquoi le Nigeria ne bénéficie pas du soutien international face aux massacres du Boko-Haram ? Y aurait-il deux types de citoyens dans le monde ? Le monde musulman n’est-il pas au quotidien victime du terrorisme ?

Le monde s’est mobilisé contre le terrorisme, mais il a aussi invité des terroristes en France. Le Premier ministre Israélien, Benjamin Netanyahou n’est-il pas le plus grand terroriste du monde ?

L’Israël n’a-t-il toujours pas massacré le peuple Palestinien ? Qui a dénoncé cela ? Enfin ce qui m’a le plus sidéré, c’était de voir le Président IBK au coude à coude avec le terroriste Benjamin Netanyahou.

La marche du Président IBK contre le terrorisme devrait commencer au Mali, ou tout au plus en Afrique. Enfin, je le dis encore, je ne suis pas “Charlie” et je ne serai jamais “Charlie”.”

 Reproduction de la caricature du prophète Mahomet (PSL) : Grande marche des organisations islamiques, cet après-midi, pour dénoncer « l’atteinte aux valeurs de l’islam »

Abdoulaye DIARRA – L’Indépendant du 16 janvier 2015

Autant ces organisations religieuses dénoncent les tueries de la semaine dernière à Paris, autant elles s’insurgent contre la reproduction des images du prophète de l’islam perçue comme une  » atteinte grave aux fondements de la religion musulmane « .

Cette marche,  qui va regrouper plusieurs associations islamiques,  partira de la Bourse du travail au monument de l’indépendance. Selon les organisateurs,  plusieurs personnalités religieuses et certains diplomates de pays musulmans pourraient prendre part à la manifestation.

La reproduction d’une caricature du prophète Mahomet (psl)  dans l’édition de Charlie Hebdo parue le mercredi dernier et tiré à plus de cinq millions d’exemplaires a suscité de très vives réprobations  à l’échelle mondiale.

Le président sénégalais,  Macky Sall,  a pris la décision d’interdire au Sénégal la vente du numéro spécial de Charlie Hebdo,  incriminé et montrant à sa  « Une » , une caricature du prophète Mahomet (psl). Il se dit être contre  « toute forme de violence ». Raison de sa présence à la marche de dimanche 11 janvier en France, mais tient  « au respect de la laïcité et de la croyance de chacun ». Et d’indiquer que  « les numéros de Charlie Hebdo de mercredi sont une atteinte à la religion musulmane » .

Même réaction pour le pape François qui a déclaré qu’  « on ne doit pas se moquer de la foi d’autrui. La liberté d’expression est un droit fondamental et n’autorise  pas à insulter la foi d’autrui. Ceux qui font un jouet de la religion des autres sont des provocateurs. Chacun a non seulement la liberté, le droit, mais aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider au bien commun. Il est légitime d’user de cette liberté, mais sans offenser. Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s’attendre à un coup de poing, et c’est normal. On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision » a précisé le souverain pontife.

Le Premier de la Turquie a, lui aussi, déclaré que  » la liberté d’expression ne signifie pas la liberté d’insulter « . Le Maroc, comme le Sénégal, a interdit la vente sur son territoire, du numéro spécial affichant à la « Une » de Charlie Hebdo une caricature  du prophète Mahomet (psl).

 

Les répercussions de «Charlie hebdo» à Bamako et… Ces tracts inquiétants qui circulent !

B.S. Diarra – L’Indépendant du 16 janvier 2015

         «Puisqu’ils ont insulté mon Prophète ma raison de vivre… Puisqu’ils ont profané le Coran «LA VOIX DE DIEU DONC MON CHEMIN»… Au lieu de dire que vous êtes Charlie, dites leur que…»… Ce sont là quelques passages d’un tract intitulé «Je ne suis pas Charlie » qui circule désormais dans la capitale malienne et faisant implicitement allusion à la présence d’IBK parmi les manifestants parisiens.

Bien naturellement, pour des raisons évidentes, nous ne publierons pas l’intégralité du tract en question dont nous avons reçu copie.

A première vue, le document n’incite nullement à une quelconque action ou violence, fort heureusement. Il a cependant tendance à justifier les récents événements survenus en France non sans critiquer à demi-mots, la présence du président malien parmi les manifestants à Paris.

Signalons que cette visite est diversement appréciée à Bamako au sein de la Uhma (communauté musulmane). Quand bien même elle  (la visite)  soit d’essence surtout politique, certains déplorent cependant la présence du président IBK au sein des manifestants exhibant les caricatures conflictuelles en question. «Il n’aurait pas dû être là,  au milieu de ces dessins blasphématoires», soutient-on dans certains milieux. Une réaction qui fait suite au refus du Ministre Marocain, ayant pourtant fait le déplacement de Paris,  de prendre part à la manifestation.

Le Ministre chérifien des Affaires étrangères, M. Salaheddine Mezouar a en effet, été délégué par le Roi pour  marquer la solidarité du Royaume. Mais quelques heures plus tard alors que ses officiels étaient présents dans la capitale française, l’ambassade chérifienne sur place a rendu public un communiqué dans lequel elle précise que sa délégation «n’a pas pris part à la marche organisée à Paris en raison de la présence de caricatures blasphématoires du prophète dans le défilé».

Une attitude révélatrice du malaise profond dans le Royaume Chérifien où se trouvent en ce moment plusieurs centaines de d’imams maliens en formation.  En clair, la position du Maroc semble bien être partagée par une partie de la Uhma malienne. Ceci expliquerait-il cela ?

Il importe, en tout état de cause, de calmer les ardeurs et d’éviter surtout de tomber dans le mimétisme aveugle. La situation est suffisamment tendue dans le pays pour en rajouter.

Rappelons, à toute fin utile, que le président malien n’était pas le seul du continent parmi les manifestants. On notait la présence  de 5 autres  chefs d’État, un chef de gouvernement et trois chefs de la diplomatie dont le Gabonais Ali Bongo Ondimba, Macky Sall (Sénégal), Mahamadou Issoufou (Niger), Faure Gnassingbè (Togo),  et Boni Yayi (Bénin), le Premier ministre tunisien Mehdi Jomâa, et les ministres des affaires étrangères de l’Égypte, Saleh Choukry, de l’Algérie, Ramtame Lamamra, et du Maroc, Salaheddine Mezouar lequel s’est abstenu de prendre part aux événements pour lesquels il s’est pourtant rendu à Paris.

 

MASSACRE A «CHARLIE HEBDO» : La France paye les frais de son injustice et de son arrogance

Yacouba ALIOU – L’Inter De Bamako – 12 jan vier 2015

Les journalistes de l’hebdomadaire Charlie Hebdo tués sont au nombre douze dont un policier mort dans la fusillade. Combien de soldats et de civils maliens sont morts à Aguelhok et dans tout le nord du Mali depuis 2006 jusqu’aux derniers évènements de Nampala du lundi matin 05 janvier 2015 et de Dioura dans le cercle de Ténenkou ?

Mais il n’y a pas eu ce tapage médiatique de la presse africaine et internationale. Une douzaine de Français tués par des terroristes alors qu’on ne parle pas des milliers de Palestiniens, d’enfants irakiens, afghans, de Libyens tombés sous les balles des forces alliées de l’OTAN. C’est la France de Sarkozy avec l’initiative de son philosophe français d’origine juive, M. Bernard Henri Levy qui avait préparé la guerre de Libye et la mort du président Kadhafi.

La Libye est un pays indépendant et souverain, membre des Nations unies, mais elle a été agressée et son président tué sans qu’aucune personnalité africaine de premier plan lève le petit doigt si ce n’est le Gabonais Jean Ping qui dirigeait l’Union africaine. Aucun pays africain n’a été consulté quand la France et ses alliés attaquaient la Libye. Ce sont des Libyens qui sont morts mais pour la France et ses amis africains qui l’aident à pleurer, ces milliers de Libyens sont moins que les douze Français morts dans les bureaux du journal Charlie Hebdo.

C’est une honte pour le monde musulman quand des musulmans sous l’effet de la passion et du salaire de la trahison se comparent à des journalistes provocateurs qui chaque semaine mettent  en insécurité leur pays et son peuple en danger. Leur seule raison, c’est la liberté d’expression et l’expression des valeurs françaises.

Depuis le départ du président Jacques Chirac du pouvoir, la France est dirigée par des hommes injustes et arrogants qui n’ont jamais mesuré les conséquences de leurs actes. Si les hommes  peuvent s’exprimer  en toute liberté, pourquoi il y a la loi? Pourquoi il y a-t-il  le secret-défense ?

En fait, la liberté d’expression est exprimée seulement quand il faut s’en prendre à l’islam et aux musulmans. La religion islamique est contre la transgression et Dieu, le Seigneur de l’univers, s’est interdit lui-même la transgression à plus forte raison transgresser quelqu’un.

Mais l’Islam ne condamne pas la vengeance. Nous répondons à M. Mohamed Bazoum qui taxe ces deux hommes «d’incultes», que c’est lui l’inculte qui a son esprit colonisé. Quand la France tousse, tous ses sujets africains éternuent.

Certainement que ceux qui ont versé des larmes parmi les hommes de presse ont reçu des enveloppes pour faire le travail. Comment des musulmans qui ne  jaugent pas leurs propos peuvent  se proclamer de Charlie Hebdo? Donc, quand on tue un voleur, vous criez, «nous sommes voleurs» !

Nous n’avons jamais entendu la France condamner les événements d’Aguelhok et dans  tout le nord du Mali. Quand la France a colonisé le Niger en fin 19ème siècle, ce sont des milliers de Nigériens qui ont été sauvagement exterminés par la colonne Voulet-Chanoine. Voici quelques exemples des massacres de ces deux officiers français : «Hamdallaye fut pillé et brûlé après que les hommes exaspérés eurent massacré vingt cinq femmes et enfants. Voulet systématisa la politique de la terre brûlée : le 25 janvier, il dépêchait Peteau avec l’ordre de tout détruire dans un rayon de quinze kilomètres jusqu’au moindre grain de mil».

«… A Kakou, les habitants hommes et femmes ont été déshabillés et laissés entièrement nus. Tout le mil encore sur pied a été coupé et brûlé pour ne laisser aucune réserve aux habitants… Dans le Tarodi, les cadavres des porteurs tués par ordre commençaient déjà à jalonner la route suivie par la colonne… Sur la rive gauche, toute la région a été mise à feu et à sang. Beaucoup de villages ont été brûlés… A Sansanné Haoussa … environ quatre vingt dix à cent vingt femmes et enfants furent assassinés à coups de baïonnette parce que les femmes étaient trop vieilles et les enfants trop petits pour suivre la colonne… A Hamdallaye, brûlé et pillé, vingt-cinq femmes nues noires et de petits enfants ont été massacrés à coups de baïonnette…

A Karma, le capitaine Chanoine fit réunir tous les hommes sous prétexte de faire un cadeau au chef ; il en emmena 40 et fit exécuter 50 autres… Quant aux porteurs, chaque fois que l’un d’eux ne peut plus suivre, on l’abat à coups de sabre ou de baïonnette pour économiser les balles… A Say, une vingtaine de cadavres abandonnés ont été seulement jetés dans un bouquet d’arbustes…»

Nous rappelons aux cadres et intellectuels africains, les hommes politiques et de la presse qui pleurent les morts français, qu’ils ont la mémoire courte quand ils oublient l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, celui de Patrice Emery Lumumba et des massacres  perpétrés du peuple algérien  en cent trente deux (132) ans  de colonisation française. Combien de Soudanais ont été lâchement assassinés par les colonialistes Français ?

La France n’a jamais fait cas massacres de ses deux officiers Voulet et Chanoine. Ils ont été protégés par le Parlement français et l’un des grands officiers français, le maréchal Marchand  n’a pas pu justifier leurs crimes sur les paisibles populations voltaïques, soudanaises et nigériennes que  de dire : «les meilleurs militaires sont ceux qui sont criminels».

Aujourd’hui, c’est une douzaine  de journalistes  français, provocateurs comme leur idéologue Bernard Henry Levy, qui sont morts et c’est toute une médiatisation de la  plèbe politique et d’une  presse africaine  qui s’agitent. Salaire de la trahison contre la liberté et de la dignité des peuples africains.

La France n’a pas mis le Mali au monde et nulle part la France ne sera indispensable pour le Mali. Seuls ceux qui ne croient pas au lendemain croient en un eldorado provenant de la France. Pour un seul otage français aux mains d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), M. Michel Germaneau, des Maliens ont été bombardés et tués dans la région de Tombouctou sous le régime du général ATT. Pour camoufler et justifier leurs crimes, ils disent que les tués sont des membres d’AQMI.

La plupart des intellectuels et hommes politiques français qui sont animés de justice reconnaissent le caractère provocateur des journalistes français de Charlie Hebdo. Certains hommes politiques et citoyens français ne sont pas pour la paix dans le monde. Ils suivent aveuglement la politique de libertinage de  leurs politiques et de leurs compatriotes. Il suffit seulement que des gens se lèvent pour provoquer l’Islam pour qu’il ait une unanimité des politiciens français.

Toutes la classe politique française  était derrière Nicolas Sarkozy quand il agressait la Libye pour ensuite tuer le président Kadhafi. Même une goutte de sang de 1 millimètre cube du président Kadhafi vaut mieux que ces douze têtes de journalistes français athées morts pour la France.

S’il s’agit de la liberté d’expression, il y a un an, jour pour jour que le Conseil d’Etat de la France avait interdit la représentation du spectacle intitulé «Le Mur» de l’humoriste français Dieudonné.

Un professeur émérite de droit public à l’université Panthéon-Assas, Serge Sur écrit à cet effet : «Un jour de deuil pour la liberté».

L’actuel Premier ministre français, M. Manuel Valls, qui  était le ministre de l’Intérieur  a promulgué une circulaire interdisant  le spectacle en vertu de la «protection de la dignité humaine». Le lendemain de cette affaire, le préfet de Loire-Atlantique signe une ordonnance pour interdire la tenue du spectacle de Dieudonné dans la ville de Nantes. Cela nous rappelle les écrits de Salman Rugdi, de nationalité britano-indienne qui avait profané la religion islamique dans son livre intitulé «les versets sataniques».

Lorsque l’Imam Khomeiny a pris la fatwa contre Salman Rugdi, la même campagne de médiatisation a commencé. Et le ministre français de la Culture du gouvernement socialiste M. Jaques Lang  lui attribua un prix. Ceci démontre que la religion islamique et les musulmans du monde entier n’ont aucune valeur aux yeux du monde occidental.

Seules les valeurs de l’Occident comptent. Et pourtant, l’islam est la deuxième religion en France. Même les intellectuels français qui ne sont pas des musulmans reconnaissent les dérives de leur pouvoir politique. C’est le cas de M. Gilles Munier, journaliste et président de l’Association de l’amitié franco-irakienne, qui qualifie l’affaire Charlie hebdo de «manipulation néoconservatrice».

Gilles Munier écrit ceci dans son blog : «La crise provoquée le 30 septembre 2005 par le quotidien Jyllands-Posten aurait pu se limiter au cadre danois. Il suffisait que des excuses sincères soient présentées aux musulmans du pays dans les jours qui suivaient. Mais c’est l’inverse qui s’est produit : les démarches des organisations musulmanes locales se sont heurtées à un mur de dédain ou d’arrogance. Le 20 octobre, le Premier ministre libéral Anders Fogh Rasmussen a fait savoir aux ambassadeurs de 10 pays arabes qui voulaient le rencontrer pour protester, qu’il n’avait pas le temps de les recevoir». M. Gilles Munier met surtout l’accent dans son écrit, sur la connexion française de cette affaire dite de la caricature du Prophète Mohamed.

« French Connection»

Les excuses hypocrites de Carsten Juste, puis celles du Premier ministre danois, auraient pu calmer le jeu et l’affaire prendre un autre cours si France-Soir n’avait pas relancé la campagne islamophobe et, par voie de conséquence, ajouter la France aux pays «blasphémateurs». Comme Vebjoern Selbekk de Magazinet, Serge Faubert, rédacteur en chef de France-Soir, savait ce qu’il faisait en publiant les caricatures du Prophète.

Au Proche-Orient, ses amitiés sont pro-israéliennes et il est connu pour assimiler toute critique de l’idéologie sioniste à de l’antisémitisme. Pourquoi Rami (Raymond) Lakah, l’homme d’affaires franco-égyptien propriétaire du quotidien, a limogé le PDG Jacques Lefranc en lui reprochant d’avoir porté atteinte aux «croyances et [aux] convictions intimes de chaque individu», alors que ce dernier était hostile, selon divers témoignages, à la publication des caricatures ?

France-Soir et Charlie Hebdo qui l’a imité, ne voulait pas seulement faire du coup publicitaire pour augmenter leur tirage ou alors il faudrait qu’ils expliquent ce qu’a à voir la recherche du profit à tout prix avec la déontologie journalistique. Dans cette affaire, la liberté d’expression à bon dos et l’invocation des mannes de Voltaire parFrance-Soir relève de la crapulerie. L’incitation à la haine religieuse, c’est uniquement de cela qu’il s’agit, est le fond de commerce des néoconservateurs et des extrémistes israéliens qui entraînent le monde dit chrétien dans une nouvelle croisade contre l’islam.

Deux poids deux mesures

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a finalement porté plainte contre les médias ayant reproduit les caricatures du Prophète. Tant mieux, mais on doute qu’ils soient condamnés. En France, l’islamophobie se porte bien. L’écrivain Michel Houellebecq n’a-t-il pas été définitivement relaxé par la justice après avoir déclaré en 2001 au magazine Lire : «La religion la plus con, c’est quand même l’islam» ; et Alain Finkielkraut, «philosophe» d’une certaine gauche française, n’a-t-il pas dit au quotidien israélien Haaretz (18 novembre 2005), sans être ensuite ostracisé: «Malgré tout ce que la France a fait pour eux les fils d’immigrés islamiques la haïssent. C’est comme çà dans leur culture. […] Le problème est que la plupart de ces jeunes sont noirs ou arabes et s’identifient à l’Islam» ?

Le 31 janvier, Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, avait raison de déclarer que la presse européenne «observe deux poids deux mesures» envers l’islam et le judaïsme parce qu’elle «craint d’être accusée d’antisémitisme, mais invoque la liberté d’expression lorsqu’elle caricature l’islam». «Il ne faut surtout pas croire que les musulmans sont les seuls à partager cette analyse». (Gilles Munier).

 

Marche républicaine à Paris hier : UNION SACRÉE CONTRE LE TERRORISME

L’Essor du 12 janvier 2015 – Envoyé spécial A. M. CISSE

La manifestation à laquelle prenait part le président Keita a réuni une cinquantaine de chefs d’Etat et plus de deux millions de personnes dans les rues de la capitale française

Le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta a participé hier à la grande marche républicaine organisée sur l’avenue des Champs Elysées à Paris en hommage aux victimes de l’attentat contre le Magazine «Charlie Hebdo». La délégation présidentielle était arrivée dans la capitale française la veille de l’événement qui a réuni des centaines de milliers de Parisiens aux côtés du président français François Hollande.

Ibrahim Boubacar Keita qui fut l’un des premiers dirigeants africains à manifester sa solidarité au peuple français, n’était pas le seul chef d’Etat aux côtés de son homologue français. Devant la marée humaine qui s’est ébranlée sur les Champs Elysées, on pouvait distinguer de loin le couple royal jordanien, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le président palestinien Mahmoud Abbas. De même que le président ukrainien Petro Porochenko et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov.

Participaient aussi de hauts dirigeants européens tels que Angela Merkel, David Cameron, Matteo Renzi, Mariano Rajoy et Jean-Claude Juncker.

L’Afrique n’était pas en reste. Les présidents gabonais Ali Bongo Ondimba, nigérien Mahamadou Issoufou, béninois Boni Yayi, togolais Faure Gnassingbé, le Sénégalais Macky Sall, étaient tous présents ce dimanche à Paris pour participer à l’événement. Le Tchad et l’Algérie étaient pour leur part représentés par leurs Premiers ministres.

Le président Keita a défilé à la droite François Hollande qui avait à sa gauche la chancelière allemande Angela Merkel. Cet ordre protocolaire est un honneur pour notre pays. « François Hollande a voulu signifier toute l’amitié pour le Mali pour le respect et toute la considération due à notre pays parce que nous sommes tous les deux – peuple malien et peuple français – victimes du terrorisme », a précisé le président Keita.

Pour Ibrahim Boubacar Keita, sa participation à la manifestation, était un devoir républicain. « Il fallait être ici pour l’honneur du Mali, sa dignité. Nul n’aurait compris si je n’étais pas venu », a insisté le chef de l’Etat en rappelant l’élan de solidarité de la France envers notre pays il y a deux ans jour pour jour, en nous aidant à stopper la progression des djihadistes vers le Sud du pays.

Le président Keita n’a pas manqué de faire le parallèle entre les attentats de Paris et les attaques de Nampala et de Ténenkou. C’est le même mode opératoire, dira-t-il ajoutant que son voyage de Paris lui permettait aussi de « réfléchir avec nos amis sur les modes de réaction possible ». « Nous ne baissons pas les bras », a martelé Ibrahim Boubacar Keita à son retour de la marche républicaine à la Place de la nation.
Interrogé sur les défis de la bande sahélo-saharienne, le chef de l’Etat a indiqué que le contact est permanent avec son homologue français qui dispose d’une force d’intervention robuste dans la zone. « Nous nous appelons très souvent et nous allons continuer. Sur ce plan, nous avons des agendas similaires».

LE JOUR FATIDIQUE. A Paris, outre les dirigeants du monde entier, s’étaient donnés rendez-vous toutes les composantes de la société française. Partis politiques, syndicats, groupes religieux juifs, chrétiens, musulmans, associations, personnalités, anonymes… tous étaient réunis pour exprimer leur attachement à la liberté d’expression et leur rejet du barbarisme, dans un esprit de solidarité. Ce 11 janvier fut un jour historique dans la capitale. Le rassemblement fut sans précédent.

Ce qui était au départ un hommage aux victimes du terrorisme islamiste (les journalistes de Charlie Hebdo massacrés mercredi, puis une jeune policière jeudi, et quatre autres personnes dans une supérette casher vendredi), est devenu progressivement une union sacrée quasi-planétaire autour du peuple français et de ses dirigeants.

Les deux assassins qui ont fait irruption dans la salle de rédaction de « Charlie Hebdo » mercredi dernier, ont tué 12 personnes de sang-froid. Les deux frères Kouachi, identifiés comme étant les meurtriers, ont été abattus vendredi au cours d’un assaut des unités d’élite des forces de l’ordre françaises, à Dammartin-en-Goële, à 40 km au nord-est de Paris.

Quant à Amedy Coulibaly, l’assassin de la jeune policière municipale et l’auteur de la prise d’otage dans un magasin où il a abattu 4 personnes, il sera lui aussi tué par la police.

La presse, au delà des frontières de France, s’est mobilisée pour soutenir l’hebdomadaire satirique français frappé dans son cœur par les ennemis de la liberté. Chez nous, après l’indignation et la compassion du président de la République, la Maison de la presse a ouvert un livre de condoléances.

L’émotion qui était lisible sur les visages des marcheurs, rappelle en effet qu’il n’y a pas de démocratie sans presse libre, sans journalisme critique, sans goût insatiable de la vérité. « Une plume brisée, une voix qui se tait, une image qui se brouille, c’est toujours un peu de liberté qui agonise. Terroriser la presse est un crime contre l’humanité tout entière, une atteinte à ce bien encore si rare sur la surface du globe qu’est la libre expression des pensées, des opinions et des faits », écrivait l’éditorialiste Denis Jeambar dans les colonnes de l’Express peu de temps avant le drame de « Charlie Hebdo ».

Parti d’un twit du graphiste français Joachim Roncin après la tuerie, le slogan « Je suis Charlie » a fait le tour du monde. Sur la Place de la Nation, la petite phrase se lisait sur tous les supports imaginables : T-shirt, banderoles, pancartes… D’autres slogans en arabe, en hébreux et en anglais prêchent « l’humour et non la guerre ».

Des autocollants sur lesquels pouvait-on lire : « Ils n’ont pas tué les artistes, ils les ont rendus immortels » ont été distribués à tour de bras par milliers. Une jeune femme brandissait une banderole montrant à quel point le peuple français tient au respect des valeurs républicaines de liberté d’expression et de laïcité : « Liberté d’expression, laïcité et antiracisme, nous ne nous tairons pas ! ». 

Edito : je suis Charlie, mais pas français

Moustapha Diawara – Tjikan du 9 Janvier 2015

Avant-hier, le monde entier a vécu, avec tristesse, l’un des drames les plus sinistres de son histoire contemporaine. Cela, pas à cause du nombre des victimes, morts et blessés. Ni du modus opérandi des terroristes. Car ils ont eu à commettre des crimes aussi importants qu’atroces que ceux qu’ils ont commis avant-hier au niveau de la rédaction de Charlie-Hebdo.

Mais jamais, une maison d’édition, à fortiori un journal d’informations, de surcroit, satirique n’avait été la cible d’une telle barbarie. Il s’agit d’une atteinte grave à la liberté d’expression que rien ne peut effacer de l’esprit, d’une part de ceux qui se sont donnés comme mission de tirer le monde de l’obscurantisme par leur plume ou crayon, et d’autre part de tous ceux qui sont épris de la liberté d’opinion et de droit à l’information.

Sans aucun doute, l’incident du mercredi a suscité une véritable onde de choc à travers le monde.

On savait que chaque journaliste qui accepte de prendre la plume, le micro et la caméra s’attend à encourir un risque, que d’aucuns dénomment le risque du métier. Qui peut souvent être dramatique comme le cas de nos confrères de RFI, Gislaine Dupont et Claude Verlon, lâchement abattus à Kidal en plein reportage.

On savait que celui qui accepte d’exercer le métier de journaliste est appelé à être couvert de tous les clichés, traité de tous les noms d’oiseau et accusé de tous les pêchés d’Israël.

Mais, jamais, on n’avait pensé qu’un journaliste, plutôt un groupe de journalistes pouvaient être assassinés à bout portant des Kalachnikovs 4/47 jusque dans leur rédaction, dans un pays réputé pionnier de la préservation des Droits de l’Homme comme la France.

Par une simulacre accusation d’islamophobie, l’on vient de mettre fin à l’existence des grands talents, dont le seul tort est d’avoir choisi comme sacerdoce, le devoir d’informer les autres. Qu’est-ce-que leurs enfants ont fait au prophète pour mériter un tel sort ? Orphelins à jamais et de manière dramatique. Ceux qui estiment que les caricaturistes et rédacteurs de ‘’Charlie Hebdo’’ étaient des ennemis de l’Islam se trompent. Dangereusement.

Jésus, comme d’autres prophètes, ont eu leur caricature à la Une de ‘’Charlie Hebdo’’. Leur plume n’était donc pas dirigée contre une seule religion par rapport à une autre. Pour preuve, dans son dernier numéro hors série (Novembre 2014-Janvier 2015), Charlie-Hebdo, sous le titre « La véritable histoire du petit Jésus » a mis le dessin d’une femme (incarnant Marie) en train de mettre au monde un bébé, les deux cuisses ouvertes.

En clair, ce coup terroriste comme disait Sarkozy, a été une barbarie contre la civilisation.

Mais, il faut le reconnaître, c’est cette civilisation à la française qui est aussi coupable de ce qui arrive aujourd’hui à ses ressortissants, quand elle a donné de la nationalité à des Algériens pour combattre l’Algérie, quand elle finance des terroristes pour abattre Kadhafi en Libye, quand elle entend aussi pactiser avec des terroristes pour diviser le Mali et s’en sortir plein la poche des ressources du nord malien. Or, les terroristes sont les mêmes partout, ils frappent toujours au moment où on s’y attend le moins et contre des cibles qui créent du traumatisme.

Je suis Charlie, mais pas français.

 

 

Ligne de force : ennemis d’Allah !

Par Saouti Haidara – L’Indépendant du 8 Janvier 2015

Certes, Charlie Hebdo avait un côté agaçant, voire détestable. Il versait, en toute démesure, dans le racisme, la xénophobie, le rejet de l’autre, de tout ce qui ne ressemblait pas ou s’accommodait mal de la civilisation judéo-chrétienne, de loin supérieure, de son point de vue, à toutes les autres civilisations humaines. Singulièrement la civilisation islamique.

Certes, Charlie Hebdo avait un côté agaçant, voire détestable. Il versait, en toute démesure, dans le racisme, la xénophobie, le rejet de l’autre, de tout ce qui ne ressemblait pas ou s’accommodait mal de la civilisation judéo-chrétienne, de loin supérieure, de son point de vue, à toutes les autres civilisations humaines. Singulièrement la civilisation islamique.

Le journal, qui se voulait satirique, était bien loin du Canard Enchainé, modèle universellement reconnu et apprécié dans le genre. Il a accru son impopularité et cristallisé sur lui les haines de millions de musulmans à travers la planète – y compris ceux qui ne l’ont jamais tenu entre leurs mains ni visionné sur le net – en reproduisant des caricatures du Prophète Mahomet (PSL) sous les traits d’un terroriste du pire acabit.

Depuis, Charlie Hebdo était sous protection policière permanente, de nombreuses personnes ayant juré de mettre fin à son existence pour laver l’affront fait au Messager d’Allah et à son milliard d’adeptes dans le monde.

Ce sont deux de ces personnes qui ont réalisé leur dessein hier, en exterminant toute la rédaction du journal. Trois autres personnes, un invité et deux policiers, ont fait les frais de cette furie vengeresse.

Celle-ci ne saurait être légitimée en aucun cas. C’est un acte d’une suprême barbarie qui déshonore et avilit l’espèce humaine. Les hommes, qui ont commis ce massacre de sang-froid, ont prétendu agir au nom de Dieu. Ils ont scandé » Allahou Akbar ! » leur sinistre besogne accomplie. En réalité, ils sont les ennemis d’Allah. En ce que, par leur geste ignoble, ils contribuent à défigurer et, par voie de conséquence, à rendre repoussante une religion fondée sur la tolérance, l’acceptation de l’autre, la force de la persuasion et non la persuasion par la force.

Il faut espérer que ces sinistres individus, enveloppés de la nuit noire de l’ignorance (comme l’écrivait Hegel) et qui n’ont certes pas leur place dans le pays de la liberté et des droits de l’homme qu’est la France, soient neutralisés le plus vite possible. Et qu’ils répondent de leur horrible forfait devant la loi dans toute sa rigueur.

De façon à dissuader d’autres terroristes d’attenter à la plus précieuse des libertés : celle de la presse. Sans laquelle la démocratie est un vain mot.

 

 

 

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